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Full text of "L'Organe, c'est à dire l'Instrument du discours, divisé en deux parties ..."

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.^.^.,/i«.),>^'EST DIRE, 

L'NSTR.yME^JT DV 

pISCOVRS, 

. .'. ^ 

U)imséene[étixfarties,ffauoireft, 

.ïw A ïA i-i, 1. i 1 ^1 V 



Pour difcourir véritablement» 
ET 

AD" 

Pour difcourir probablement. 



■ ^ a. ■ 

ÏALËCT.iaVE'r'^-\^^ 



ctottt ptti|e V f 'CZ^âne'b'5^;n^te» ^^bU nu Roy Treschre- 
riEN » par M. Philippes Canaye« 'feictiï ïe (^ae/ncd. 





M. .D. LXXXI5C. 
PAR I E A N D E : T O V R .N E Si 
IHPRIMEVR bv ROY. 



4 




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4* 




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AV ROY. 





L E s T de Pôr &: des perles beaucoup, 
dit le Sago, mais ceft vn meuble fore . 
rare que les leures de fcience> . Or fi les 
leures de fciencc font rares,rORGANE, 
par lequel îhomme apprend à les ou- 
urir, ôc difcourir de toutes chofèspar 
fcienccj ne left pas. moins.Cefl:,S IRE, 
ce qui me donne la hardicffe de le prc- 
fentcrà V. M. cftimant qiiun Inftru- 
mcntfirarcriappartient proprement quàvntrefgrandRoy,non 
moins admirable enfes difcours, que redoutable en fcs .Éùîhicô", 
me auffi il aeflé premierement*introduit en Grèce fous le règne 
dun trefgrâd M6narque,lcquel voulât inuicer fonprcccptcur Ari- 
ST DTE à rechercher tout ce qui appartient à fart du di(cours,Iuy. 
elcriak qiiil eftimoit eftre trop plus indigne de Ùl Maiedé de par- 
ler Se diicoùrir corne le vulgaire , que de Rhabiller comme le vul- 
gaire : Se quil eftoit trop plus defireux de parer fon ame de beau* 
coupdefçauoir,quedebràuerfon corps des plus riches orne- 
ments de tout fon auoir. Le difoours ne met pas feulement diitè- 
rence entre Phomme Sc labefte , ains il difHngue aiifll l'hommo 
dauec l'homme: comme les anciens Poètes Font tresbien donné 
à entendre par la figure de leur Dieu Pan, fils de Mercure,patron 
delà parole Scdu di(cours:Car ils peignoyent ce Pan en forte qiiil 
lembloit eftre compofé de deux pièces d'hommes du tout diffé- 
rents. Ils le fàifoyent par la poi(^rine , les eipaules , &c la tefte , iç^ 
plus beau quil eftoic poffible, auecvn œil plein de grâce Scfc 
maieftc, vn teint vif SC délicat^ vne bouche qui rauiifoit les dijuk 
&C les hommes : mais les iambes &C toutes les parties baffes, 
cftoyent dun gros ruftaut, i&ns &çon ny grâce quelconq^uervou- 
lant par la beauté des parties fîiperieures de ce Pan , reprefenter 
Excellence des grâces diuines que Dieu fait reluire és discours de 

5^ X ceux 



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A V R O Y. 

ceux quii veut cflcuer en dignité 8C mérite par deffiis les autrcs:8C 
par la deformitc des inférieures , fignifier le parler inepte & gref- 
fier de ceux qui ont fefprit aufïi bas 6c abied que leur condition^. 
Ceftdoncàbon droit que Platon maintient par tous Ces efcrits, 
qdii riy a rien plus digne des Princes &C de ceux qui veulent entrer 
aux charges de leur (cruice , que ce qui appartient à la perfedion 
dcfartdudifcours. Et cfcftpourquoy les anciens Grecs appel- 
loyent les Rois ôc grands perfbnnages Hcroas,que le mefme Pla- 
ton interprète Dialedicicns , ccft à dire excellents en l'art du di- 
fcours. Car à la vérité ccrieft ny la force ny la violence qui Élit 
régner les Rois,autrement les Tigres & les Lions porteroyent de 
belles couroiines : mais cbftialoy Sclaraiibn, laquelle fé manife- 
fteparledi(cour5. OrcÔbienqueles beaux mots bienageancés 
donnent vn trefgrand luftre au parler , &C que ceux qui les defciai- 
gnetit monftrent en cela quils tiennent du barbare 8c du rufliaut, 
fi eft-ce qucïon principal nerf confifte en ta vérité & aux moyens 
de la bien prouuer Se èdrc congnoiftre. L'Arc du difcours donc 
ne confifte pas à trouuer Ibrnement du langage , mais à fonder 6c 
eftablir la raifon par laquelle onpuifTe contempler clairement la 
vérité, qui eft tout le bien contentement de lefprit hunlain.. 
Cfeft quelque chofe de contenter Ibrcille , mais cbft bien plus de 
iâtisâire à l'intelligence : Car quand nos ames font fèparees de 
nos corps , elles perdent auec la langue luûge de toutes ces gen- 
tlUefTes &C artifices qui napparciennenc qiià lelegance : mais la 
fcience &C congnoifiance de vérité leur demeure à iamais. Vray eft 
que comme ceftecongnoiflance efl?dutout fpiritucUe &intclle- 
âuelle, aufii efi-elle tresdifiicile à acquérir tandis que nos ames 
font comme prifonnieres dans ces corps terreftrcs 6c fènfucls. Ec 
pourtant , toutainfi quencores que Thomme chante naturelle- 
ment, fi a il befoing d*apprendre la Mufique pour bien chanter 6c 
manier fa voix dextremenc,ainfi, combien que le difoours foie 
naturel , fi eft- il bon befoing d'un cresgrand art pour bien difcou- 
rir , Se par le di(cours paruenir à vn degré de congnoiflànce cer--' 
taine, immuable, toufiours vraye- Ccft ce que ce grand Roy des 
Philofophes Ariftote enfcignc en çeft ORGANE , lequel , à caufe 
dMonvtilité admirable, tient au iugeracnt de tousses dodesle 
prânier lieuv entre tous les liures humains. Or fi iamais il fiic be- 
foing detechercher tout ce qui peut ayder vn bon iugemenc à 
bien pefêr la raifon, la foience , 6C la vérité ySCzft dcliurer des té- 
nèbres delapafiîon^opinion, Sc^u^Teté, les horribles calamités, 

que 



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AV ROY. 

que nous fouf&onspatnoftre ignorance atieugleCitîous fpntbierl 
fcnar&: confcflcr qiiil en cft auiourifcuy plus befoing que ia- 
mais. Ceft-ccquima fiiiét entreprendre ccfte traduâion de fArt 
du diTcours , eCÎimant que s'il plaiiôic à Dieu nous rendre capa- 
bles de fçauoir que cbft que Science &C Opinion , par quelle^ 
e^reuues onpeuttugèrieuremem de Tune Se de lautre^comment 
ikhnt conduire pour confererperrinemment de quelque coh- 
oadiâion que ce foic,& ce qiiil faut faire pour confirmer ou réfu- 
ter dodement vné conclufîon , il riy auroit rien fi aisé que dkrra^ 
cher de no5 cœurs 6£ denosames ladeteftable racine de toutes 
Dosmiferes ^qui rieft autre chofe qdune perfiiafîon de fcience 
& vérité encre deux parties concradiâoires. Personne tiaplus 
dincerefl> S l R £,à fouhaiccer &C procurer la guerifbn de cefle pefte 
des corps 6c desames, que V. M. Toistle bien qui Ce confosnme 
5c (e pille fous ce prétexte, cbft le nerf de voftre autorité : le fang 
quifè refpand, cbftle £tng de vos enfans : les villes qui (ê deArui-^ 
fcnt, font les parcs des troupeaux que Dieu vous a commis. Si ce ' 
mal fi mortel ôc furieux eftoit incurable , il fe faudroit contenter 
defaddoucirpar la paticnce,qui guérit touche qui ne k peut gué- 
rir : mais sily a remède (comme ie nen doure point, vcû que les 
caufcsdu mal meûne font indice* trefcertains des moyens delà 
guerifon) il feroit feien temps déformais , voire & peut eflre plus 
que tcps, de scn fèruir,fî nous ne voulôs eflre à bon droit accusés 
par lapofterité dauoir cflé trop plus zélés à noflre ruine , quaflfe- 
âiônés à noilre falut. Il y a des corps en nature dune telle fblidité, 
que nulle véhémence de feu ne les peut diffoudreimais les Spagi^ « 
liques , qui par la recherche des ^^mpathies &C antipathies ont' 
trouuéleâ difToluans detous corps naturels, en viennent aife- 
mencàboutauecquelqurpetite graine, voire mefme auecdela 
rofèe toute fimple. Autant en cfl-il du mal de lOpinion/ II ny a 
force ny violence qui le puiflë dompter : mais auec ion diffoluam 
on en fiiit ce quon veut. Et ce dilToluant cbft, ûins doute, l'Art du 
diicôurs préparé ôC appliqué corne il faut, & comme il fe pourra 
difcourirpius particulièrement iquandk Clémence diuine tou- 
chera le cœur de V. M. Scdifpofera les efprits de vos fubieâsà 
vfcr des remèdes affeurés ôc necelTairespour eftablirvne vraye-» 
reunion en voftre Royaume. La necefilté,peut eftre,nou$ fera (a- 
ges, mais cbft vn fidcheux maiftre. Se vaudroit bien mieux la pré- 
uenir par prudence. C'eft vn œuure digne de V* M. S i R Ë , & 
qui plus ^a reluire Ikuguftefplendeur de voftre couroùne , Sc 



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A V R O Y. 

difltpera les artifices. de tous vos ennemis.Ie feppKe doc treshum* 
blement V. M.Jic fupporter pax la bonté le defir quefay eu dau- 
torifer parlagrandcùr4e voftrç nom laptihliçation dccefte tant 
nccerfaire fcience du difconrs en vpftrc langue,come ellea eftc dy 
deuant mife en lumière fous vpftçç mefine ;aotn en langue cftr'ah- 
gcre par celuy auquel noftrc fieçle doit le droit yâge des princi- 
paux lècrcts de lDrg;inc:ÔC auoir pour aggrcablc que comme en- 
tre taqt. de grâces diuincs qui rduilênten V.M.le fruiâ; de vos 
leures eftà bon df oit admiré par tout le monde , ftc entre tous les 
Rois &; Princes de noftrc temps Dieu vous a Orné dune âculté 
de difcours du tout incomparable^ auffi chacun congnoiilê que 
Tinftrumentdu diicoùrs vous eft particulièrement recommandé. 
Sire, 

ie prie Dieu , auteur Sc prç^âeur de voftrc autorité Royale, af- 
fermir de plus en plus voftre fcçptre paternel entre vos mains, 
fortifier voftre bras contre vos ennemis &: les fiens,Sc après vous 
auoir exercé par tant dbrages,vo.us Êureiouïr treflonguemencï 
dune bonafte bien allèuree, à la gloire defon lâinâ nom,' au 
contentement djC voftre Maieft^,Sc au ibulagement de 
voftre poure peuple languillànttaiit dedans que 
dehors le Royaume ftus h violence ÔC 
defprdre de Ces iiti^Uldentes di^ 

uifîons, Dei^aui^pnece v _ . 
a.8Febuiîeri585. 



Vofhvtm&wnUe & tref- 
oheï(fantftd)ieS(f ftrm- 
temtrefi^aiomé 

Canaye. 



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■I • 




AVX LEQTEyRS. 

■ i 

- . . -' .11. 

I tA per^âion6c Ic'iouueraSti bien de 
l'ho^m^ contifle en la cbntemplatioiïcttf , 
la verieci cdmme \& vedcc mcfme; k nouâ 
etifeigiie, dn rte peut tiier quil rty a labeur 
ny elludé plus digne de Thomm^ que la re- 
cherche des niôyend & inftrumtnts necef- 
ûircs pdiir la bien cdngtKriftre. -CaCjcdm- 
bien quebrnour de vericé fôic naturel à 
tout home, fî tfïl-teqaelibcpenôncc mon- 

, ft*e aflcBi , qiùl ny a rien tant eikyingné de 

by, & qui luy Ibit tant pénible à acquérir > qutf la' iouïfiànce d'iccHe , dc^ 
pais que par le pecho^ftuiâ du peredo mefifonge«il jibft efloingnédefea 
Didi, quieft la vérité mdme. Et ehcofes le comble deicuvnwhtfttr eftj 
que k corruption raueugtetcllemeneyqdilfc; perfuade que fës tenebreà 
font lumière , que Ton jgnoranceeflï icience^ & qu« les erreurs où il s'efga- 
le en foninfèlicité, font le droit ^rïciér pour fereridreâ fa félicité. Et de 
cecy /bntfoy trefTiïiRfànte coutes'lbs Êluilès reliions & Itô diuerfès iêdes 
de philofophici, ou le$ hommes fcf (bnt fôruoyesyfè perfuadans counours 
detrouuer leurfouuerainbien. Socrates fcmblé au<9ir efté le premier en- 
tre lesPayens , auquel Dieu a iàiâ la grâce de congnoidre & preichcr ce 
mi/èrable aueughflement de la vie humainejbdoingnement dc la vérité 
le moyen de s'approcher de la congn^danced'icéllev Carauparauânt loy 
ceux qui âppelloyentrages fàifoyent e(lat de coutfçauoir i Mais Socrates 
&iànt prorcilion de ne i^auoir rien, commença à combattre cefl orgueil 
dételle (brte, que perfonne depuis loy na ose prendre cc fuperbe iùrnom 
deiàge* Lepremio: déjgré deuncécHt de ièndi ion mal, àhn de recourir 
aa remede:& poutcant ce bon Socrates voulant cxdier les hom^ne» à vàe 
faàeufenieditadon&pourfuite de leur ibuqeraÎH bien; il leizrreprefên-^ Duy.nu.hk 
tokWarniî(èrable condinon ence(bibrtcJl'figiiroicvn^ A^' 
ce geocs habitent, ^ y viuenr en telle force quibne Voyent iamais le So* ^ 
let/nyaacrelamiere'quclc'onque,nnoa que den-ierceux-envn lieu fort 
loingtain & hauceflenié H y a vn feu qui donne quelque liidliereàla cauer- 
ne. Maîf iU font tellemenc lies ac^arrotés , qiâls he peuuent ny tourner 
iqrJiaa&r la teftc, 0c nepeuueoc regsrdèr qu'en terre d^euantleurs piied$. 
Erneaittinoins , diutancqiuk ibnc «ais de noonis m ccfte ^èruicude y elle 




ne 



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AVX LECTEVRS. 

ne leiir"eft''5iKunp^«: 



les eeiits 



ycniri^x^Ùi fi4r"i2èkiy des fig^b^ts:^c 

ntcm^cntcn îa poufliere dè leur cààenie : àcp^a:cc qûlls 
npnti3mais.veu ny ourpart£|: ^utfci chofe , ils cToytjp fermement que 
CCS ombres font le^ AoTes' Àeunès , & penfent qifll ny â rien au monde 
que cela. Or Dieu ayant pitié de quelques vns dëntre eux, leur donne les 
n)pyçnsidflifc.dp<fyrQ.4eis«r>i^©h»fcj&,^9urn^ la ccfte vers la lutniere d^ 
ceffw lpiisg^^iJ-l^^ltfflejhitironf apperceuë , qu'ils n'ont au- 

tre, dç^ ciquç çfcn approcher. foi^^ïf^aç à tracaffer ça & là par la caucr- 
ne^iîhfirjçp^inst^us mQyeBjs pouçyoai^iqç^ les ténèbres y font tel- 

les,qûelaplufpartîsf^efgftrçnçôç.pWs ils^pptifenc aduancer.plusils fetonr- 
niententp©HrinçRW::ôfjUy enaqtt'»tdi>i^^^ non\bre, auiijuels Die^ 
âit ki.^fiace.de tr<:>iH].er par4dlà!l9&haCaU( vn^eticfenûer fort peu hàncéi 
quik$*ça4uit ÀlailuiinièrejQÙits Joui^fleiK dîine félicite idiuihe ôc femelle. 
.::Ls' i<m:aUe^or^ue'i^^béiTotts La taueraq 

«OU6:ejQllvAiuer5jiLe^.'<:énebre«-.i}Qi>Sbirufquen^ fignorâncede 
Dieu qiii oft fuytuè de^l'i^aocAnce de. tPutesjchaT^^-* icdien^' dpoc cc$i 
iWblâ:âes>;h4btf^de^l^(»tternfij:;^^ touj,te$ bommQ^v^ni^fij 
eftcoitcerdentc igarxottpjr^ «^Xo bjC^le^ifoUcitode^^ s^iSàom. i> jk cupidités: 
corporelles,o»ji poijr;|>irler plus daircmen^îi ccïoncao^piechés, encores* 
que le bônk Sacrâtes jôe Le decjarepiaâi ^xpr$Cement.Iié&u baûceflmi (art 
Iping dcux,.cfeftDieU luy meCne & fârSa;piènce. . Laclpjèodcûr pnoccdant 
deccfeuj&illuinioantiq^ùelque piulk^auernc;, c^leSpleil'qui inpTO 
maâifen;e:t;outes lesia£ut^^cs vinblescdiàQiei}.' Léfchatfaut fur lequ^lKpnc 
eftalecs les figurés, ceftJibbieâ: de laicongnpiflàace humaine j &!kaiîguU 
re> foncier formes &:eflènce& de toutes Ces choses caduques^lerqUeUesEor- 
mes &.eflfiaces foncimpcicceptiblesau^^^^^ 

que par difcours &/inféUigénce»:;L<&0^bxes dèi(licies;figQres>ccAmut cé 
que nous vdytinï ôSi»ppcrceu!oos:par les tens^jcssoioxe ta grandeur , groC* 
ietir^cQule^j ôc^tuûesjaccidenti^.dff) çj^ofes iènfibles /lefquels&iuà bbâ ' 
droitâppellcsombvi4'pourGe<qulls^roAC^astfelHrencedp$xbô^ 
cotes queJes.groilficrft&ignDransJsWréftenc là ,^i3e di&ourenc point 
pks loingv Lestho]nca»qiieiDîeu doonè^quèlquerynspourfedeSaire 
de leursii^s, de touidei viiàge vers ia'lumiere» céftptmiêrenie^ 6t prinr 
dpalémeini3.congQoiâanôequilleurreuc 

Tes œlmrc^^ qtkef^Df iàpatolc, qui lesii^idire dertouc^&pçoièes icdS^&iota 
terreftres ,.ôc les.dfleus àU>coo|ceQ>phiè^ 

puis auin toutes: Ibsbobnpfdbsnàicàj^'dircipbpos qiûlosiacHctnàiKsçrcà'là 
vérité' de quoy iqtte^cfoit. Çeux qut^&miîàQyjînt^fQnt caïxiqaiii«!lcon;> 
gnoîiiIàmpointDSeiiictxntn(|^il:Ôiit^}&i eofioras^apreft Icoca viiobindeai- 
tions:âciaatafieijiieiiKurencda&s jÉtt&bâLotîdpfisnncibresikllga^^ 

non 



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A V X L E C T E V R S. 

îionobftaiM:toiitclei^rpbilo(bphie& Ûpience humaine. Ceux qui trèu- 
ucnc le droit fenticr, & arriueoc à bon port, font ceùx qui eftans conduits 
j)ar la^ce de Dieu en & vraye cotignoiilance , & yfkns des fciences hu^ 
maines comme il appartient! {bhti:«tirés des ténèbres de péché àc igno- 
rano^ ôcfàiâs partidpans du ûlué titernel. 

C B s T E doârine cft trop mieux difcounië en rEfcricare ùiûâcy que 
iunaislebon Soctaces ne Ik entendue : Car combien qull ayt congnu 
que le fouuerain bien de l'homme ne peut eftre ailleurs qifen la par&iâe 
congnoifTance de fon Dleu^dc que la vérité de cette cognoitTance eft la vie 
ctemeUe:fieft-ceqtAla ignore la v(^e qui conduit 1 nomme à ccfte vie 
te Ycriic, à (çauoir leiùs Chrifl nodre Sauueur, qui eît la voye , la vé- 
rité, fie la vie. Mais Autant que lènnemi du genre humain a tellement 
aueuglélapluspartdumondeiqueceuxqui congnoiflènt moins Dieu 
& fa parole, ibnt ceux qui ont plus d'opinion de leur (cience , iky mieux 
aymé ùite parler ce philofophe , qui a ycfcu dans les ténèbres de la cor- 
ruption humaine, aufli bien que ces mi{èrables incrédules, afin qiuls 
ibyent conuaincus par la voix dun homme uc^afle ^ puis qmls ne veu- 
lent pas entendre celle de Dieu viuant. 

Oft Socrates,apres'auoir monftreaux hdmmes leui^ tencbres^ôc com- 
bimils eftoyent loing de la venté, il leur a auflî trace aucunement le che- 
mia & les degrés , par lefqueb ils en peuuent approcher : leiquds ie pro^ 
pofe^ icy fommairement , à fin que chacun puiflè entendre combien il 
cft difficile en Ibb&urité de cette caueme mondaine,de discerner le blanc ^ 
dauec le noir^tombre dauec le corps^ là vanité ilkucc la verité;< 

D o N c le premier dâgré que 1 homme a à faire pour fordr de Tigno- 
iance,eft appelle par Socrates LE nom* Aulfi eft-il certain que quand 
i'iiomme fe propo(è de cagnoittte la vérité de quelque chotè que ce Coiti 
A doit commencer par U>de trouuer le nom d'icelle i àc i^achant le nom^ 
il fçait de(ia quelque chofc. Mais dés ce premier degré t le poure hommd 
iè trouue bien empefché : Car depuis qu e par le péché il a perdu lulâge de 
ià langue naturelle, ( c'eftà dire de celle que Dieu luy auoit donnée à(à 
création, qui ettoit dune telle efficace que chaque mot eftoit comme vne 
Icknce entière qui dedaroit au vray Ibflènce éc les propriétés de chaque 
choie, ainfl que Socrates en parle ) depuis, dy-ie,que l'homme a etté con- crdtyUÀi 
trainc d'inuenter des noms aplatfir , qui tjbnc aucune affinité naturelle pUtêm, 
auec les choies, il (èxrompe tort fouuencparCbn langage mefme, tant 
pource quele$ noms ne luy repre(èDtentpKislaverité,commeauffi pour^ 
ce qifii n'a peu eftre (i ingénieux à inuenter des mots , que la nature cft H- 
berale à produire des chofesrtdlement que iSmibiguïté, Tobicntité^ plu- 
îxom autres difficultés fe prefententi Thommc de^ ce^remio: degré , qui 
enfichent bien fort Ton acheminement vers la vérité. 

Le ièconddegréeftappellcparSocrates orai^oM) «litendant pat 
ce tfipx quelque defcription ou explication du nom de la cho(è que Inô- 
a^nçutiçauoir , qui luy donne enaeei recher^sh^ plus auant : mais cèft 
ciiçocepw dcchofe que cela. 

' L'hom 



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A ViX .L E C T £ V R S. 

.L*H o M M E donic^y uaucfi au troifiéme degro+ipié', Socrates appelle 
I M AG£ ou 1 D o.X'.E> pource quen ced^gré rhommetrouucdesreflcm- 
blaaççs de la vérité, fc/queUes, 41 n^ineru<uUeufcm^ guidé, il 
adore comme la vérité mcfme, ôc^'arxcfte là, pcnf&meftre au bout du che- 
min quil auoit èntreprms. Ccs refTeniblànce's fontlcs op i n i on s, tant 
des cîiofes humaines , que des diuihes , inucntees dans les ténèbres de la' 
cauerne, ôcautapt cfl^gnçes delà vraye & certaine çongnoiflanCe delà 
verité/comme là hwnuiâ; du mid^cçeuës neantmoins de la plus part des 
hommes comtne laviayîeyericé^^^uik alloycntchêtchana: tellement quïls 
ne penfent plus à pafler. outre, tant pource: que le chemin pour liionter 
plus haut efl; trefpe^ble > comme au0i pource que les erreurs qiuls ibnt 
ordinairementdé&le premier 5c (ëcond'degréjles rendent incapables Si-. 
ne plus parÊiïfte congnoiffancc. .Toute la région de cetroideme degré 
neilquuniâblon mouuant , & eft fi 'fulneâe aux tremblements de terre, 
aux iniures de l'air, Qc aux continuelles içditions de ies habitans, quil eft 
impQflible d*y iouïr diin feul iour debonrepbs. Oriny void rien que 
confus ôc exposé aux (jiângements inopinés de mille &c mille accidents: 
on ny oit que noife , débats , ôc difcordc. Tant y a toutcsfois que la plus, 
part du monde y habité :jÔc depuis quequelcun y aarrefté fon domicile, 
&seft.aflis en lieu qui luyfemblc commode, il le combat contre toutk. 
monde. Etces combats ontinuenté la dialectique, qui eftlkrt de défen- 
dre toutes opinions probablement: fie la fopiftiqueauiS, qui eft yne cer- 
taine addfefle deieder de la poudre aux yeux de fbn adueriàireauec telle 
fùbtilité , qubn Ip pleine par après ôcen &it on tout ce qubn veut. Ce de- 
gré doc eft bien cfloingné de la félicité où l'homme alpire par le moyen 
delà recherche de la yeritéunais celuy qui fuit après en approche bicfort. 

C E quatrième degré eft appelle par Socrates s ci e m ce & i i^te l— 
tiOENCE, ôcfèpourroitàbondroitappellerLes ides fortunées. Caria 
Paix ficla luftice y régnent perpétuellement': il neftfubieâ ny à trem- 
blement de terre , ny à inigre de Ëûr, ny à fedidon quelconque. On n'y 
void rien ^que bien ordonné, fie en vn élire fi atTeur^quU neuut craindre 
aucune mutation : on ny oyc quamitié^foy, & concorde inuiolabie. AuC- 
il certes, le nombre eft bien. petit de ceux qui pénètrent en cefteheureufè 
région j ôc âut merqeilleufement fiicc &c trauailler pour y auoir entrée : ôe 
quiconque nçft fortifié par vne finguliere affiftance de lagracediuine , Se 
neft muni dârmes & autres prouinonsneceifaires, il trouuetantd'enlpef'*- 
chements en la région del'Opinion , que force luy eft de quitter toute e- 
focrance de pouuoir pafler plus auant : Car il trouue dun cofté vn Hera- 
clite qui luy remonftre que toutes chofesTont en continuelle fluxion , te 

fartant quil eft impQ0iblc en ce continuel changement d'efchapper de 
incertitude de l'Opinion : Diin autre coftc il rencontre vn Democrite,^ 
ui luy fàit îiccroire qiûl kiy monftrera tout ce qiul cherdie , & la veri^ 
e toutes choies y dên^^^Q Royaume des Atomes : En viTautre endrok ' 
Ânaxagore.laccpftcvqtti Meure que la vérité qiiil cherche neft autre cho^ > 
fe.que tout ce qml luy plaira de slmaginer : Et non loing de ïi Protagore ' 



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A Y L E G T E V R S. 

lay remènft^e qui çft biecvde loifir 4e fèrCjnc tpauaillcr pour congnoirtrd 
lavcricç , ycu que luy niefïïîc eft la mefure dé toutes chofes.: de ipanjer» 
qae toacc«ï quil luy fcipbWi4ç <mpy çcfoit , cbft là- vpfitc mcfme 
sU{en\bte tout le contraire à yn autr^jceftla vérité aulO. Les^toïques .d'au- 
tre cotfe fe^refenteront 4 luy auec viurcoceoance mcrueilleu/emét^feue- 
te, ^ui luy 1 igniiieroni: que $ii veut paruenir à ce quil aipire,il fau c quil de^v 
fpoaille ùi proprenature Sc toutes lespaiGons iiAfkmités^&affcébpiqs, 
kmaines : &.en ce kiùjM luy promettent vne félicité quils né congnu- 
rentiamais que par fonge, 6ç dont pcr&nne de leur fedke ha iouï que par 
fiuï(èmblant. Mais (iir tout Epicure le vient aborder jiijcc vne ÎQyeuïci 
chère, qui luy coniêille de quitter là tout trauail& rolicicadç,nnon autatit 
queletraiiflement du corps en requiert, & ne chcDpher Iciefice ny vérité 
âutreque celle quil acquiert par Tes fens. Il rencontrera en vn autre en- 
droit vne bande chagrigne de Pyrrhoniensôcnôuueaux Académiques, 
qui le tiendront en ficure & tremblement perpétuel , luy nionftrans quïl 
sabulcquoy quilpuiflfe dire, foijc en niant ou afErmant^ôc que tout ce quil 
peut deUrer de fçauoir» cqft de fçauoir quil eft impoflible de rien fçai^oir. 
Maispourquoy mamufe-ieàreciter les noms des ennemis quil&utde& 
faire pour efchapper cefte malheureufercgion deTOpinion , veu que lo 
sombre en eft intini ? &j qui pis eft, chacun na point de plus forts enne- 
mis que ceux quil cache en fon (èin , ny ayant riea qui luy donne tant 
da&ires, que les illufjons defà propre fàntafîe , les tromperies de Tes fenjB 
mefmes.ôZ fur touc,la débilité de fon iu^ernet naturel) quil prefutnojcluy 
deuoir feruir dèfcorte en tous dangers , Sç luy donner ta iouïflànçe de la 
vente, quîl pourfuit, cefcmble,par vn inftin<St naturel. 
. Ce ncft donc pasdemerueillcsfila plus part du monde demeurecn 
cefte troifieme région , & ne congnoift la vérité que par opinion : Mais 
plafjtoà ccft merueilles que quelque petit nobre des habitans de cefte ca- 
Dernetenebreufè,ayt peu appcrceuou: que la vraye vérité n'habite point là, 
ains quil la faut chercher ailieurs.£t eft cncores plus merùcilleux,quils ayçt 
peu fe munir darmes proui(îons neceûàires pour combattre tanjc dén- ■ 
nemis , 6c trouuer le rameau d'or quil £iut auoir en main pour arriver au^ 
champs Ëly (lens delaSçiENCE ôc ImteuligeKce,^ remarquer 
le cours de la Cynofure qui les dfltit conduire par vnpaïs Ci folitaire ôc 
reculé detouc comerce ScfrequenccOr les armes donc ie parle ce fondes 
inftrumetits necelTaircs po,ur conuaincre dieuëmenc vne. fauffeté.; Lera^- 
meau dbr ccftvne refplendeur procc,dee d.ç la verjtc.pncfme pour condui- 
re les hommes à vne certaine ôcdenioriftrable congnoillànce de vérité. 
iaCynpfure c'eft lare quitnonftrela perfedion dUa.difçours réduit en , 
Scknçc nccetfairemcnt vraye & immuable. Bref, popr parler clairement, 
ces armes , ce rameau d'or , & cefte cynofure, céft mt du difcours , par le- . 
quel on examine toutes opinions par des e(preuucs ïj certaines , qu'on 
void clairement ce quil y a de doutevj^ç çu afleuré : & après ceft examen, 
il%dc.4e deuxinftruments du tout di^s, que çp mcffnc artfournit,fça- 

,BOtreft>XA PE,^ONSTRATiON ^ A* D,S f XNl T I O N ^ OU atteiltt 



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A V X L È C T E V R s: ' 

U degré de Sci£nçe6c Intblligencb, qui eftle plus haut où 
Fhonune puiflc amuer en cefte vie. Car quant au cinquieiAe degré qu< 
Sôcraccs met au delTus, où habite la vente mefmeen fà gloire Se magnifi'- 
éencc , rhomme ny peut arriucrtandis quil eft veftu dlm corps de mort| 
& eft 'teCmié itcax qui (èrohtains par deflus tous les deux auec noftre 
(èigneur lefus C^rift > où ils n'auront plas befoihg des ombres des chofès 
externes , pource quils verro nt Dieu race à (ace , & congnoiftront toutes 
chofes par vne (uppeditation intérieure de Ton ûàùâ &ftit , quand Dieu 
feràtout en tous. Or d'autant que combien que tout le monde alpice par 
vne indinatiot} naturelle à ce quacdeme degré, ôc neatmoins s'entroii- 
*;EfiHre4Hx ue fort peu qui foycnt capables d'y monter , Platon ,fuyuant Jadoârinc 
^unudcDion, defon maiUre Socrates^ adonué le moyen dëxaminer les é(prics, & con- 
gnoiftre ceux qui font propres pour vne fi haute cntrcjîrifcjàfin que ceux 

SueDieu y appelle^foyent a autat plus excitcs,ôc que les autres sen retirent 
c bonne heure,& en ce fàiûnt quil ny ayc perfonne d abufé. Le moyen, 
c^ft qu'il déclare haut ôc clair à tous ceux qui fe préparent pour acquérir la 
ScienceScIntelligencBj que Icricreprilè eft trclpenible & trcfla- 
borieufè. Carçéux qui font efpris dUn vray amouf de vérité, tant s*ea 
jfaut qu'ils s*eftonnent par te foing ôc la (ueur quïl leur propo{è,quau con- 
traire letir ardeur s'en enflamme dauantage 9 pour le plaifirquils prennent 
de fe fèparer par ce moyen de la multitude des lâlches & bas de courage: 
Mais ceux qui ne font pouilcs que de ie ne fçay quelle curiofité , la peine 
leur &it tant de peur , que (ans paflèr plus outré > ils quittentlà tout , de 
mefines defoouragcnt les autres entant qu'en eux eft. Apres ceft aduer^* 
tifTement delà difficultéj^laton prefcrit vne reigle,à tbbferuance de laquel- 
le il fautque quiconque entreprend de monter le quatriem^e degrc^saflub^ 
ieâiflè toute iâ vie. Ceft en premier lieu quil fuye toute oifiuecé , qu'il (t 
garde de toute volupté deshonnefte , qu'il domte toutes les cupidités qui 
lepourroyent deftoumer dun fi bon but. En après qulls'addonne à vne 
manière de viure fobre Se laborieufè , qui luy puifTe aiguifèr lefprit , ac« 
wyîffT^frfgf. croiftre la mémoire, confirmer le iugementrEt lut tout qu'il fe rende 
Dieu &uorablepar prières allîduelles. 

C £ s T E reigle neft pas bien longue , mais fi cft*elle bien (èn'erc , & ne 
mefoahi pas fi Platon l'appelle Ifexamen des eiprits. Car il sen trouue bien 
peu qui en veuillent faire profeflion. Tantyaque quiconque veutde- 
uenirfçauant, eft oblige à s'y conformer de tout fon pouuoir. Les déli- 
cats donc j qui ont bien la patience de fopporter honteufcment finfam^ 
ièruitude de leur ignorance 3 mais ne veulent pas auoir la patience de tra- 
uaillêr pour s'en deliarcr honnorablement,icront aduertis que ce quatrie-- 
me degré leur eft interdit, & qu'ils feront mieux de prendre vn compte de 
Bocace pour efoattre leur debcatèilè, que de &re deflèing outre leur por« 
tee. Mais, 6 vous amesde fin or> ames diuines & bien nées, à qui la peine 
ne fiiit point peur, ôcquiauez vnvray defir dbbièruer la reigle de Pla- 
ton, non tant pour le rcfpeâ de (on autorité, que pource quelle a tant de 
conformité à la Parole de vc^re Dieu,qui ,eft la reigle de toute voftre vie;, 

entrez 



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A VX L E C T E V R S. 

' entrez heoreuiem^ en la pt^fllon la £ g i s n c z; In t c lu i q e 
c E , où vous iouïree 4ttn contentement tel que l& içaadcz fouhaicter ett 
ceftt vit : entrecjdy-iejhaediment, car,lèntree vous cii cftouaertc par ceft 
Organé, i^*Atiflotcu«zprcfièment inuentc pour vous , & non pas pour 
vntts(&tnesdeplof»bi^de&r j qtti ne {(»icpas capables d'en pouuoir 
uuBiK&ireléurproffic . . ' 

S I vous TOulez fynokatie cifl que ceft Otgane , à& vne inftitudofit 
raiueiiftUe,par It moyen de laquelle vous examinerez toutes fortes de dis- 
cours en toutes iciences , arcs,dc diiciplines, les exaniinerez>dy-ie» en fbr- 
te>que vous trouuerez par tout ce quil y a de vray , ou &uz, ou vrayfèm- 
blable : ccft en vu mot , comme dit faind Auguftin , le (cul moyen de '* * 
bien cnfeigner 6c bien apprendre, ccft la difcipune des difciplines^^ms la-» 
Quelle nous n'aurions ny icience ny difcipline quelconque. Car par ce- 
ftcinftitution on recueille les prindpes propres de toutes fcîences , par 
icelle les principes font adftraincs aux concluHons , par icelle on trouue 
les dcfînidons de tous Subieds , & les Attribués aum qui peuuènt eftre 
demonftrcs d'iceux : Ccft elle qui fepare les eflènces de toutes choies, dk* 
uectout ce qui neft point eiTendel : Cëft elle qui enfèigne àdifpoicr tous 
traidcs de icience par vn ordre naturel » ôc à lier & égaler tous les termes 
du dilcours,en force que^de quelque cotle qubn le puiilètoorner/a venté 
fok touii ours immobile:Cbil elle qui apprend à contlruire la demonftra- 
Qon,qtti eft le dief d'œuure de tous les diicoùrs qui fe peuuenc £urc pour 
acquérir laSciËNCE^dcauifià réduire la demôicradon en vn poinâ ïn* 

■ diuifible»cbftàdîrcendefiniuon^ueSocratcsappdle iNTELLibENce» 
<{Lii eft la plus parfiùâe congnoiilance où Thomme puiiTe pénétrer. , le ne 
nâonuièray point à recueillir les grandes louanges que Socrates &tes au-» 
très grauds peribnnagcs de tous iiecles ôc de toutes profèifions ont don* 
ncà cefte diuine Inftitution du difcours , cftimant que Ton vtilité la rend 
aiTez recommandablc de ibymeftne. Mais ie Tupplieray tous les beaux 
efpnts de ce iiecle, àc particulièrement de noftre France» de s'addonner à 
bon efcient à leftude cle cefte tant vtile difcipline , de laquelle ie puis dire 
à bon droit ce que Platon dit des Mathématiques , ccft quencores quelle 

. ayt eftc meipnfee àc reculée de lUiàge commun autant quil a eftc pdilî- 
bie, il eft-ce quelle s*eft contèruee par ion propre mérite, & par la neccifi- 
té que toutes les autres fciences en onc^lefqueires demcureroyent inutiles, 
dmoumeuës de toute ccnitude & d'équité , iànsla dextenté de Ëut du 
diicoùrs. 

N o V s auons donc dequoy louer Dieu , de ce quil tuy a pieu au mi^ 
^ de nos plus profondes confuiions y faire comme renaiftrelUiàge de 
ce diuin ti^ument,duquel ( outre toutes {es vtilités ordinaires } nous en 
pouvons encores, à mon iugeméceiperer vne trefli^alce moyennant la 
graoedcDieu^c^quepariceluyil yauroit moyen de donner quelque 
allégeance ànosmaux incurables, voire (sll plaifoitàDiea nousreivdre 
capables dèn receuoir le &m(k tout entier) changer nos triftes fie damna* 
Ucs diaiiîons en vne treilàinâe Se tresbeureufe reiini(^ Car il ny a celuy 

3 qui 



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.?A:v'Xi xLiEX.T E y R s: 

qumcxDngnoïTcaçpic la fon^i die rputes'nos.ti^ntés. cfeftla jiuerfipé ' 

c^-çhofèfcure>qiwlEny:axicnquîipuiflc.tant; Daôocrer lordeur dcceftc 
fieurç i que lare qui cmcigne à diftinguoT' clàjretncac. & cercdiaement le. 
vra^du taux, &i'Ogitiion nîaiifondcetiauecjâ ^dc;acc cretài&ureje* -Car 
. quoy que ccn foit, cnacunïc propofe la veritc,& principalement où il va 
èc(on Mut etertlél^ ^mmeaû mâde laReligim, Tout lo^nal donc efl;, 
que nons ignorons lesimoyenspout'labiçndirtotner ëclcfprouuçr com- 
meilfaqt. . .,r . ; •. ' - . : < . . 

antre Cêîotes . . P L V T A R Qji racOHiptc : quuûé mcfnagere Laccdcmonienne, «ftanjt 
Xftvtàne^. ; , ^ ^jçg vifiter là Roine Bérénice' tcnune du Roy D«rotarus,.fi toft quelles fc 
forent approchées, lune & l'autre fc priât pacJûnez,& (è recula tout fou-. 
dain,nepouuantfupporterlune l'odeur du paifûm dç>laRpiuo,& Ikutrc 
la {ènteur du beurre de la Lacedcmouicnne. Nous reflemblons auiour- 
d'huy à ces femmes: nous nous puons les vns ;iuxûutresjô( ne nous pou- 
uons lùpporter, & neantmoins chacun (è fait accroire qizïlftotiorc bon. 
Quel moyen y a jl donc de nous rapprocher ? qui croirons.no^is pour 
fçauoir H la puanteur eft au parfîun» ou au beucre ^ Or en premier lieu il 
faut rccongnoiftrc que comrne nos pèches , nos. pèches, dy-îc , & les pè- 
ches de nos pères, font caufe de ccjque Dieu courroucé concte nous creP 
iudementj nous avincés de ceftefprit deilourdiifement & diuifion,auffi 
£uu^ilauànttoates choies que.£i grâce mifèricordebeibngbq puifiiim- 
menc^nnos cœurs , pournous en deliurer. Mais quand il luy plaira faire 
luire (à clémence fîir nous , en nous difpofancà vnevrayé tot^cordeôc 
vision; quand: iUuy plaiU) dy-ie> nous defsiller les yeux pour nous faire 
voir les playes mortelles que.nous auons receu les vnis des.autrês,& nous 
c^mouuoiràcompafiion de nous mefmes, Tofe promettre fur toiit cequé 
l'homme peut donner pour alFeurancc defoji direjquel'inftrument du 
difcours bien manié eft fuffilânt pour nous acheminer à vn bon accord 
dé tous nos difFerents,quclques irréconciliables quils fèmblent eftrervoir 
requilnyapointdautrevoyedebonaccord. Car par le moyen de ceft 
inftrument, ceux que lePrince des ténèbres ria point aueuglés , appre^r 
drbnt à congnoiftrc Ikttiiice du iàinâ Efprit en la. fainâe e{criture,qui eil . 
le fondement de noftre foy : & la feule confideration de ce diuih artifice 
leur apprendra comme il but prouùer ce qu'on veut (aire receuoirpour 
■Science indubitable:& les aflèurera que toute doârine qui ne poucra en- 
durer toutes les efpreuues de ceft art , { dont Icfçriture meÇne ne defU^i- 
gne point lëxamen» ) oe doit eûre creuë comme Science indubiuble, 
querque belle-apparence quellepuiflè auoir. Parrinftrumedc du. difcours 
cnacun congnoai9xa lëftroitte liaifon , analogie » jfic harmonie admirable 
ouieft requife^trç toutes les parties diine kience,par quels degrés il faut 
defcendnedepàis les pnnci|)^ iufques aux côclufions , copaime il faut, op- 
pofervnevenitcneceilàire a vlie &uilèté imipodible , comnie il/àut ùxr 
re comb^ttrevaeafErmatidn contre vne négation , en forte.que U vérité • 
fetrouue tooifioufs dun coft4t.Pàr ce m^o.in&:umefltS .oqûs apprcn- 
• • ? ; ? arons 



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A V X -L E C;T=E V'R;SA 
drons à ne ppint inueftiuer <)dieuiemcnt , ûy éftrîuer coptentieufemeBv 
ny cxcrauaguer malicicufcmcât;ains, au coiîtrairc,nous içaurons comme 
il Éiat intcrroguer modeftemenci & rcfpondre pertinempienc, pour dcfc 
couurir toutes les rufesjjôç.ceoiarquercoutesl^ mutes de ceux qui sefloin- 
gacmdc la vérité , ôcsabufent en leurs difcours. Et qui joe coîiFeflcra.qu'e, 
vo/ialcs vrays moyens po.i<rgqerir cefte pefte venimpuie d:erOpinion?- 
Que Cl on réplique qubn y a ia faifl: çe qubn a peu , que je Côcile y 4 pa&. 
£&:que tant de colloques iscdifpu tes tenues entre tan.t degiandsperloa-; 
nages ont pluftpft tbmençç.^c.augcneiiité le,A[ia]>quils nelont guéri otf di- 
fltiaué, re&ondi-ay, quil ne&uc point de^fe^erer que la médecine, qui' 
là point eu dç vertu lors que (eshumeui? eftoycnt cncores crues éein^ 
digeftes, ne Blcc vne opération louable lors que les humeurs (èrot mieux! 
préparées : 5c outre ce que le temps peuç beaucoup en cela « il n'y apoinc. 
ce doute qubn peut auili adioufter ençores quelque choie à ces meiines 
remèdes, &c les ^iccommoder plus diligemmecau mal,qubn na, peut e(be, 
&iâiurques içy. Car premiereméc>quant à vn Concile legitime^combiieti 
que (on autorité foie trefgrandeen tEglifeiG eft-cç que tous ceux qui ont 
parlé des Cpnçilés ont toudours recongnu que la vérité eft la melure de 
ion autorité. Levray moyen donc , pour faire rcceuoir vn Concile par 
tout, céft de le célébrer auec telle cquité,que toutes cho&s y eftanstrai-*: 
âeesauec deuë congnoinTance de caufe> chacun côgnoillè que le Conqi- 
leautorife la veriçé, &c que^ la venté autorife le Concile : Et, pour ce £ure». 
qui a-il plus aecelTaire que lart du difcours , qoi donne les moyens dbxa-* 
miner.toutes doârines? 

Qv^A N T auX;Cotloques , où il a efté diicouni àmpletheot de parc Se 
^uic touchant les principaux ^oinfb de nos diâèrents , combien qtiê . 
ies/raioaftrançesquj y ont elle Ëuâes,euflènt peu grandement feruir 
pour eiclairdr les matières , (i nous euiSons eu la pauencé de les cotinuër, 
au lieu de courir Ci chaudement aux armés » Ci eft-ce qiû mon aduis elles . 
acftoyent pas propre» pour bien vuider Qc décider vne qucftion , ôc ùkc 
voir ]a vérité nùëment , pource quil eft impoflible dèfplucher vn long- 
dî(cours tellement^ qubu la grâce ôc élégance du langage , ou la;pa(fion 
qui nous poffedej ibit de haine ou amitié, ne trpubk grandement noftre . 
ïogexnent..C€ft pourquoy Socrates àuoit decouftume en toutes fes con-. 
ferences, dcpricc ceux qui commuoiquoyent auccluy, de s'cftudierà brc-»^ 
iietcautantqiSi,ç,feircfepourroit:Car, dibit-il, cbfttout autre chofcdiî; 
dicrcher la vérité * que de seftudier à parler élégamment, LailhetoriqttCi 
cftbonnepoor parer vne bonne doftrine, & la ycftirdunc belle robbe, 
3, .£n (quelle puiffe eftrc receuc dun chacun,in^s clic ndft pas propre pour 
iuger fcinemenD de deux différentes dotSbrihes. Car, comme vue pu- 
nip jfepemyfcout auifi bien parer de riches oicoulibekneotSj quune.femmc. 
de bien^voire^ sèn fçauraîî bienaccomoder, quejcdQZ.^qui ne conghoi^. 
ftront n^iime ny jkutre/eroncpluftoft efpris âcla^beuuc de la pu»in,quei 
dckfoninc <iB bien : aul& ne niut-il point dpoter, qùune&uflè doâirincj 



ra 



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' AyX LECTEVRS. 

ra fduitent plus zifec à perfiiàifer') pource que le ù.m eft Ci cbuforme aux 
ténèbres qui nous enuironnent en aoftré corruption, qu^d nous eft com- 
me naturel»^: habite en noftre &m Se en noftre lèns : mais la vérité habite 
au Ciel, & peu ^e gents ont Ifcfchellc pour y monter. Il eft aisé à vn gentil 
e^rit, qui congnoift les affeâions Je Ces auditeurs, de leiir dire chofè ag- 
greable, 5c par belles couleurs leur defrobber les cœurs:mais de parler par ^ 
fôence , demonftrer vnc vérité ôccoauaincre h éauflècc > ccft vn meftier 
fius rare qu'on ne pen(è. 

Qv^A NT aux difpucesjfî elles font entre perfonnes qui ne foycnt con- 
fommees en l'art du difcours ^ il eft tout certain quelles fçronc efuanouïr 
la vérité par altercation , au lieu de la demonftrer parraifon. Et comme 
les Andabaces , qui combattoyent en ayant les yeux bandés , &appoyent 
plus {oHuent en 1 air ou fur leurs compagnons > que fur leurs adueriaires: 
din(i ceux qui Ce méfient de di&uter£insTOrgane,on les voidleplus foo- 
uent combattre cotre leur ombre, ou sbiïenur^x mefmes par la confît-. 
£on de leurs difcourscde manière que cî;ft en vain qu'on en attcd quelque 
fètme dedHon.!! Ëtut,pour bien entrer en difpùte,fçauoir en premierueu 
coucher le problème qubn veut trakleiTen termes lesplus propres que 
£iire Ce peut, & en Cone que par la contradiâion de lamrmation & neea- - 
tion on puilfe iuger en fin de compte de quel cofté eft la vérité il fiiuc (ça* 
uoirdiftinguer les homonymies de ambiguïtés. Plus il faut içauoir par 

3uelle méthode le problème propofé doit eflre difcouru , de aUoir ftir le 
oigt les b'eux pour trouuer tout ce qui sên peut dire probablement» Et 
pour conduire la difpute à bonne fin, il Ëtut fçauoir quel eft le deuoîr du 
demandeur & du défendeur , ce qubn doit accorder ou nier , & comme 
il &ut corriger les fautes qui Ce commettent contre les loix dime difpute 
bien ordonnée. Or il ny a difcipline quelconque qui enfeigne cela, que 
la Dialedbque, qui eft vne partie de TOrgane. Mais ce neft pas encores 
tout : car fi la diipute eft <hn poinâ de Théologie ou autre (aence^l 
après en auoir difcouru probablemenCile demonftrer veritablemencific le 
réduire en (cience fixe & immuable : qui eft vn tour qui ne Ce peut aucu- 
nement fiûre fans l'Analytique, qui eft la première & principale partie de 
l'Organe» qui contient les préceptes pour rendre le difcours a fil plus hau* 
te perfeâion.Or ie laiflèà iuger combien la plus part des di(putes qui ont 
efté tenues iufques icy , de qui (è tiennent encores auioord npy > voire es 

Ïlus célèbres Academies/ont efloingnees de ces bonnes addrefles quiAri* 
ote prefirrit en ceft Organe, ôe qui ne fe trouuent point^aûtre part. . 
qV^b fi les Conciles>colloques,& dilputes t^ues cy deuantfur le &i£t 
de la Religion nont pas efté propres pour guérir noftre fiirieux mal de Ib- 
pinion , que diray-ie de nos violences plus que barbares , par letqueDcs 
BOUS nous entremordons & defcbirons comme beftes ârouches , au litiM 
de difcourir enfemble comme hommes raifbnnables } Quel prod^ eft 
jEe de voir les hommes perdre tout v(àge deraifondcdifcours qui leur 
eftoit naturel, pour iè ruiner par les armes,que la nature, defiseutè de leur 
conicruation^eur auotc entiercmeflc dcfiiioei i Quelleiûrair, qtielle im* 

pieté 



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. A V'Xi ' l:i ;c t e v r 5. 

<^\A (ont Ttibftandéff ^lôtporelksjMiijai^les , peu uem^lles efirè ccm- 
traiwcsàrèceuôîrôtf ifîicftcrqûclâde'téhdfeparfotc^^^ -V 

Recongnoissans donc franchement d&uant Dieu & les hcmi'> 
ineS)^endUsàQôn^i(iii|ifei&icytF<)^ |ieu recherché les moyens conue-. 
sables p'buriKHi act^fttec'^e la vetî^ ds^ds diif^rqits^sc voyans pâf/céu 
fte &ute nos &miMes defolées, nos medleur^Ès cités ipeduites en cendre i-SS 
touxt ndftre naiiôï}> fouloft eftre la courcoifie , bonté , 6c loyauté dd 
fEuropé,trlsf6rm^een ldups>tigre^^ renards, commençon à repr^ndrô 
vne meUlcnre voyC) &'pour ce faire 4cniandûn premieremenrl Dieu vn^ 
viaye compondion de cœur pour nous humilier deuant ià fouuer^ifié 
Maiefté , ôc par cefte humilité abbattré Ibrgqeil de noftre ignorance, ino-^ 
derer lafiireur de nos paflions ^ ôsluy demander pardon de nos barbdiiesy 
indignes non (èulenientdu noble ncup François , mais d'hommes quels 
quilspuiflènt eftre, où nous nous ionmiesd longuement fouillés parvn 
raux zclc de vérité; Autrcment,tant que nos ames feront infèâees de hai- 
nes & rancunes mortelles,ilfaut tenir pour tout afTeuré quenous nepou- 
uons eftre capables de (cience ny intelligence quelconque j comme le Sa- ùutedtUfé' 
gc le dit expreflemetu. Mais aptes qutÔicu nous^aurafàidla grâce d a- 
uoir en horreur nos excès j & defirer à bon efcient les moyens légitimes 
pour addoûcir nos aigreurs, puis qu'ainïi eft que nous faillons tous pat* 
difcours en nos opinions, addonqon nous (èrieufement à cultiuer, ejter-, 
ccr, & prattiquer le diuin arc du difcouts : & pourueu que nous y appor* 
ùons la modeftie requifè ien ceux qui veulent philofbpher purement & ^ fin fifhine. 
jaftementyaufqueb feuls^comme dicPkto, l'arc du difcours apparcienCj ne 
Jouton point que Dieu ne bénie nos fàinâes nô feintes incentiôs,fic ne 
nous tace la grâce de voir en peu de temps la cdùrone 8£ TEghfe Gallicane 
deliuree de tous les maux que luy ont produit nos opiniaftres côtrarietés. 

C2^E sil femble à quelcun que ie me promette trop de cell: art du dif- 
cours, principalement en matière de Théologie, iele fupplie de contide-* 
rer comme les anciens pères & doâeurs de l'Eglifè ibnt heureu(èn)ent 
pratciquépar leurs efcrits immoncls contre les hérétiques de leurs temps, 
contre lefquels ils nont iamais combattu auec autres armes que de ia rai- 
fon. Et sil veut recueillir les louanges que ces iainds pcrfonnages onc 
donné à cefte difcipline,il trouuera que lainft Auguftin nonnore ceft ex- 41, premier 
cellct Apoftre fainâ Paul,ôc noftre fcigneur ïefus Chrift mc(mes,du nom «« f»»^« crc~ 
4cDialcâ;icien,& quîl réfute en vn liure entier vn certain Donatifte qui 
anoic ozé meidire de la Dialeâique » & abuibic de quelques paiFages de m iMundeU 
fE&riture pour condamner vn arc fi neceflàirc. Il crouùera que le meftîie ^^^^f ^^7j" 
^nâ Auguftin en olufieurs ancres paflàgesmonftre par viuesraiibns que cr 37. V^ 
les qaxSd&ns des Elcritures {àinâes ne fe peuuent doâemçnc décider ûn^ '^fflf^J^l^ 
lïnwanAâitidu difcours. Il crouùera que fainâHiorofine aflcnre b 
HÀcSàc^ peut venir à bo^it de toute uaflè doâxine^quelque force qU'el- saU^ Hitn. 
k&inble aMA>irydc que cbft vn feu deuoram toutefauâetc.Il trouuera que ^"^f"'^*'^* 

fff Tert 



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A V X iL E C TE/VvR S. 

TertuUienplus ancien que cesdrâxyloucjlrênçej^ lesauoresperesfqliilli- 

""^^ uoycntprccedç,dkuokeftévciféseHt0.uié U pW^^ 

ea Tare au difcours , moi^draf^c bm q&lCi quil çti vn autre endroits 
que lesjphilofophes (ont les pa£Ciarches des bpreàque^ ne s'entend pas dii 
vray yfigc dclaphilafophic* . : - 

E.STANT donçfortilîc par l!aut<^i«dçiQes, grands perfonnages con-^ 
fommés en toute Sapienc^ diuine <8c hum^aihe>ieprendray la hardieiTe c^ç 
m^ddreflTer à tous les Sftats de cefte illuAre Monarchie Françoiie^ & lei 
fupplier bien humblement d^oelatC^ pluscroupir ce dtuininftrumenc 
en'Upouflierefciiolaftiq.uecomm&pacle palIe :ains,au çontraireje ché- 
rie $Crçn &ire cas , comme de cholc-qui leur trefneceflàire i tous pour 
s'acquitter fidèlement du deu de leurs charges de vocations. Carparice- 

xTimath c i W ^^^^^ ^'^'g^'^''^"^^ ^^^^^ ^^"^'^^^^ 

>. ic. z. c«- fors iàccés de (à parole , apprendront à trancher droitement cefte pafture 
rh^tkcx.-ytrf cclefte, (ans la fophiftiquer ny maquignonner^dc à la dempnftrer par Vn^ 
fher.^l-^erfet tcllc foUdité dcdifcours , que; leur». troupeaux ne loycntpluscnfans flot- 
14- tans ,eftans démenés ça ôc là à tous vents de doctrine parla piperie des 

hommes, ^ par. leur ru(è à (cduire cauteleulèment. Par ce meime inAru.^ 
ment la noblell'e conduira heurcu(î;mentfesa£Uons,foit de paix ou de 
guerre, au chemin d'honneur 6: de vertu : &c euitcra le blafme de légèreté 
que toutes les autres nationsrep'rochentàlanoftre,ny ayant den qui 
meurifTe tant le iugement, &c qui fàcé pluftoft acquérir la prudence, que la 
congnoifTance de la vérité. Ceuxaulquels le Roy a commis la diftnbu- 
tion de fa luAice , retrancheront par le moyen de ce glaiue conduit par 
vne bonne confcience, la racine de toute chicanerie, diftribueront àcna- 
V cun ce qui luy appartient, égaleront equitablement les peines aux crimes, 

iugerontdetous différents, auec toute la certitude qui fe peut apporter 
pour contenir l'incertitude des cho(ès humaines,ôe dlabliroht par tout le 
Royaume vne police fondée fur les préceptes immuables de laiufticedc 
équité. Quant aux Médecins, ienentreprendray poiiit de leur recom- 
mander celteftudeL particulièrement: leur Galien le leur recommande 
^ affez en toutes Ces œuures , voire il ne leur reconamande rien tant. Mais 

.^^ ^ iediraygençralementàtousamateursdetoutesfciences ce que Platon de 
tr^mede^ Ariftotc out diteu mcfmcs termes,queftudieraux(ciences iànsTOrgane, 
Mttâfhyj, cr ccft courir après les papillons , cbft à dire fe trauailler pour néant : pourcç 
^o^^JtJ*tm que toutes les opinions des hommes ne font que crotcfques voltigean- 
fin Mtnên» tes en Tair, ou bien ( pour vier de la Hmilitude de Platon) font fèmblables 
à ces pedtesi images de Dedaius qui trompoyent les fèns, & changeoyenc 
de face audl fouuent qubn iettoit la veuë deffuSyiufqués à ce quelles foyet 
aifubieâùes aux reigles de l'art du difcours,par lef quelles on vient à feparer 
la paille d'auec le grain, & à Ce former vne £iculté Critique en toutes fcié- 
ces & difciplines. Car combien que par ie ne fçay queue prefcription,les 
Granunairiens sappi;Qprient le tiltre de Cndques,fi eft-ce que laCenfure. 
des fciences tûppartient propremenf qUa ccluiy. qui peut c^demest fon- 
der les raifons iur lefquelles dles font eftablies ,llc [es méthodes par lefl 

quelles 



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A V X L E C T £ V R 5. ' 
quelles elles font di{couracsd.eGramDiairien Ce doit contenter dlinËdaé 
de vdec de chambre cii la maifon de la Science, pourluy tenir Ces accou- 
ftrcmcnts bien nets, ôcluy ofter les ordures que Ictemps y pourroit ap- 
porter. Mais la iouiïTance accomplie de la icience,nappartient quà celuy 
<^vii î la clef pour ouurir tous ks cabinets plus {ècrets,qài ne fe laiiTe trôper 
nypar artny par fard , àc qui eft iuge compétent de Tes beautés de perfe- 
Aons. Or côut cela ne icpeut Êiire par autre moyen que par ï Organe. 

VoiRB mais>diraquelcun,dbu vient donc que les miracles de ccft 
Organe ne font plus fréquents, veu que tant de gents Ce méfient de le ma- 
nier } le refpon quÈ ce nell: pas tout de le manier , mais il le faut bien ma- 
nier. Onracompte de ce vaillant Scanderbcg d'Albanie, qiâl auoitvnc 
efpce dontil fàifoit dés coups Ci eliranges^quele grand Turc en ayant ouï 

Ëarler la luy enuoya demander en don , & que Scanderbegla luy donna 
beralement: mais ny ce grand Turc , ny aucun des Hens , nçn peut ia- 
mais rien faire approchant des coups de Scanderbeg. Ce neft donc pas 
aflcz, que lëfpce foit excellente , il faut auflî que le bras fou fort & vigou^ 
roux : auuement vn petit bras ne fera iamais quun petit cpup. Or quant 
à la bonté de ceft inurument, il a eftc efprouuc par tant de fîecles, quïl eft 
impoffible d'en douter: & quand les hommes de ce temps nen (croyent 
iuges compétents , le confemement vniuerfel de tous les do£l:es Grecs, 
Arabes, ôc Latins de tant daages feroit luffiiànt pour nous en affeurer. Et 
les (èules œuures admirables d'Ariftote montrent affez ce que vaut TOr-^ 
^ne aux Sciences.Il refte d5c que ceux qui otit les reins àffez fortes pour 
ceindre cefte belle eipee, ne demaignent point dbn apprendre lëfcrime, de 
nek&cent point porter à leurs valets. Xenophdn tefinoinsne que lors 
quela terre efloit cultiuee par les Rois & grands (cigneurSieUe rendoit au 
cefltuple:mais depuis quil ny a plus que les vilains qui s'en meflent,elles*e(i 
monfireefterile &ingratc. Autant en eft^l de toutes bonnes Siences. Les 
bonnes lettres, dit Platon, reffemblent à des datnoifelles de bon lieu, lef- ^tfixUme 
quelles fè voyans mefprifèes des grands qui les deUoyent rechercher , ont 
cfpoufé des valets & genCs de vile condition : & pour le defîr quelles ont 
de les mettre en honneur &: les (aire valoir , elles font ce quelles peuuent 
polir les parer & accommoder à leur aduantage : mais ces genrs ont fi 
mauuaifà mine,quil ny a parure qui puilîe cacher leurs imperfedionsjef- 
quelles mefmes continuent en toutçleur lignée. Il ne faut donc plus per- 
mettre que ces belles bc nobles damoiièlles fbyent contraintes de s*allier à 
tdles gents. Il faut que les grands les efpoufènt,8c alors nous verrons com 
me elles feront reluire leur grandeur quand les Philofophes régneront, ôc 
Ic&ILois philoiopheront. OrlePhilofophec'elib celuy qui f^ait examiner 
la venté : autrement fans cela, quelque icâure ou expérience quil puiffe 
aiioir, il eft philodoxe, non pas phiTorophe, cêft à dire,il demeurera en la 
région de l'Opinion, & ne montera iamais à la Science. 

QvANT à Ibrigine de ce diuin^ infbument du difcours , fçauoirfî 
Aïîftoce en efl le premier inuenteur ou non, il fèmble qml y a grande oc- 
cafion dën dout» , encores que nous ne le deuions à autre qui luy. Car 

f f f * çefl 



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• A V X LE C T E V R S. ^ 

cfeft chbfc fcurc quil a'cftc incongnu en Grèce iufques à Socrates , auquel 
^}Ime't^k Ariftote mciînc rcd tefinoingnage dâuolr eftc le premier qui a recherché 
autant quila peu les définitions é(£bntielies, lefquelles ne (c peuuent trou- 
s»fi)t cr4tyle ' *î^^ P^*" ^ Analytique. Et Platon confeffe que de fon temps les Grecs 
eft'oyent encores tous nouueaux en la philorophie, & que les plus grands 
Iccrets leurcftoyent incongnus. Or il dit luymefine en pîufiéurs en- 
droits de Tes efcrits , quil ny a rien de plus cache en toute la. philofophie, 
que ce qui co.ncerne lârt du difcours. Et tous fes liures font foy, quenco- 
res qu'il ne louë rien tant que ceft art, & qu ilcn cuft appris quelque cho- 
fe en Egypte, fi eft-ce qu'il a ignoré 1* Artifice des Syllogifmes, llnucntion 
des vrays Antécédents & Conftquents , les inftruments Critiques , & les 
reigles delàDemonftracion,quien{bntles principaux fecrcts. Il eft donc 
difficile à croire qu Ariftote fi toft après euftpeu inuenter tout cela de fà 
tefte,& le rendreà la perfection en laquelle il le nous a laifle en fon Orga- 
ne.Monaduis donceft,qu*il eft à preUimer que les Hebrieux,qui cftoyenc 
inftruits en la vérité eternelle,& qui auoyet en la loy l'info^niation de rou- 
^«.lt-.». te parfaiâe congnoiffance & vérité , comme dit îainilPaul, ont efté les 
premiers inuenteurs de ce diuin inftrument » lequel ne peut auoir efté re- 
cueilli que par vn Salomon, ou autre rempli dh'ne iàpience admirable, 
pour auoir fceu borner l'infinité du dilcours humain «arrefter fon incer- 
titude, foudre (es doutes ficdifficultcs, & par ce moyen eftablir cefte ha- 
bitude de congiioifTance toufiours vrayc neceffaircment ôc iihmuable, 
qui Appelle Science. Mais Alexandre ayant fubiuguc laludee , il eft ai(c à 
croire qu*il a enrichi (on précepteur de fes plus prccicufes defpouilles, le- 
quel eftant dun elprit tel que fo œuures le font paroiftre , a fort bien fceu 
faire fon proffit des reftes de la Sapience des Hcbrieux,com me les vcftiges 
en font tous apparents en fès œuures. Et fuis confirmé en cefte coniqâure 
parla confèflion d* Ariftote mefme, lequel en vne fienne lettre récitée par 
>Ai^i^SnM £Q{^be, aducrtitvnfien ami, qu'il auoit conféré quelque temps auec vn 
luit, ôcauoit trop plus receu de luy, quil ne luy auoit donne. Maisiay 
encores vne raifbn trop plus fone que tout cela , ceft quîl eft impoffible 
de donner des exemples de toute la doârine de TOrgane , & trouuer des 
demonftrations accomplies félon toutes les perfeâions des préceptes 
Analytiques, ailleurs qu'en la vraye Théologie, voire que fans le fonde- 
ment de la Théologie, ces préceptes fèroyent inutiles à toutes les autres 
\jotfnm^U' Sciences. Car Ariftoteditouuertement,qmlny apointde demonftration 
me des.pêSer, dcs chofès carruptibles,ains dcs éternelles feulement. Et quelle fcience 
.yùiéljfA'iu traiftedeschofcs éternelles ofteela Théologie? Premièrement les Ma- 
thématiques (qui tiennent le plus haut degré entre les fciences humaines} 
netraiftent que des nombres & magnitudes, & de leurs afFedions. Or 
quelle vérité éternelle peut on trouuer en ces accidents , sils ne font con- 
^riflêtedu fidercs en quelque fubftance éternelle , Veu que la vérité de chaque 
^dluZef^k ^^^'^ P^"^ eftre autre quefoneftre , duquel eftre les accidents ne 
font participans quentant qulls font en vné filoftance ? Pour le regard de 
la Phyfique^ les mutations infinies des corps naturels font fi manifeftes, 

quon 



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A V X L E C T E V R S. 

qubn ny peut rien imaginer de ferme &c perpecueL ëc Ci on dit que les 
comipûons Se mutations des indiuidiis , choses fîngulieres de la natu- 
re, riempcfchent pas que laPhyfique ne puiflTe èftrc traidtecparDcmon- 
ftratioii, pour ce que la Demonftration eft des chofcs vniucrfelles , icrc- 
fpofl que ccft vniversel hayant cxiftence quen l'homme , il eft periC- 
labié auec l'homme y nonnetrouuelemoycn de rendre Thomme non 
pcriffable,ains éternel : ce que nuUcautre fcicnce nenfeignc que la Theo- 
logicj par la conionâion de Thonmic aaec lefurchrift ion chef & perJSs'^ 
âion. Quant à la Médecine , qui traiâé des maladies ôc autres affeâiohs 
contre nature^ il eft tout euident quelle eft-éncores moins propre pour 
donner des exemples des demonftracions éternelles » que laPhynque. Fi- 
nalement la Politique & lurifprudence ne nous les peut fournir non plus^ 
pource quelle ne sellend point hors çefte vie monelle. Et fi on confidere 
coûtes les loi; ôc conllitudons de toutes les Monarchies du monde i on 
trouucra que tout cela eft muable ôc periftabie aufli bien que les Eflats & 
. Empires^ pourlaconfèruarion defquéls elles bntefté inuentees , ny ayant 
quelafeuieMonarchie du fils de Dieu quiffbit fans fin. Il appert donc par 
celle induâion^ quil eft neccflàire que ceiuy qui a inuenté les reigles de la 
Demonftration,ayt eu congnoiflàncc de la vérité éternelle de la parole de 
Dieu , puis que les parfaides demonftrations ne fè peuuent trouuer ail- 
leun. Et c eft, à mon aduis, laraifon pourquoy Socrates appelle ordinai- 
rement la TheologiCjOialcdique, ou art du difcours,pource que c eft la 
proprement où il faut contempler l'estcellence & perfèâio'n du difcours: 
&cto^tes autres fciences ne font fciences quentanc que i^rs Principes 
ioQt eftablis par les Principes de la Theologie,& leurs Subieâs vnis auec 
les Subieâs de la Théologie, comme il fera déclaré Dieu aydant aux Po- 
ilcrieures Analytiques. 

2 £ fuis contraint en ceft endroit d'interrompre ie fil de mon propos^ 
pour £itisfaireà quelques vnsjefquelspourroyenteftimer que iebleÔèla 
Maieftc de la Parole diuine, quand ie dy que ceft là quil faut chercher les 
demonftrations,pource>diront-ils,quil ne faut point demander de raifbn 
àDieu qaandilparle, ôcque fà feule autorité eft vn fondement trop plus 
aficurépour appuyer noftrefby, que toutes les reigles & préceptes delà 
demonftration. le leur déclare donc que ie rccongnoyaueceuxqueles 
reigles de la demonftration ne font pas la mefure de la parole de Dieuja- 
quelle iuge de toutes chofès , & neft iugee de perfbnne : au contraire ie 
çrc cette parole pour reigle infàilhble dé toute vérité, & mefmes de la cer- 
Èoide detous les préceptes de TOrgane. Maisfî faut-ilrecongnoiftre que 
comme noftre Dieu seft accommodé à noftre nature , en parlant à nous 
en langage d'homme, aufS nous enfèigne-il auec vne telle méthode, que 
no5 propres cofciences nous rendront yn iour tefmoingnage , que nous 
nepounions eftre enfèignés ny plus fidèlement ny plus certainement : 6c 
que fe>bfcuntc de cette fciéce ne peut eftre imputée à aucune faute qubn 
pitiflè rcniarquer en la doârine du fiaeinâ Efprit , mais^ â Ibndurciflèment 

des cœurs innddes, Se aux malins artifices du prince des ténèbres* Car il 

^ ^ ^ * 



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A y X L E C T E V R s.' 

l&y a condufion en la ûmâc Efcdcure , quine foie demonftree û «xàâe^ 
mentj que toutes les fubtilités dcTOrgane ne fontpoint encor affcz fub- 
tiles ny fuffifintes pour déclarer larcifice admirable du lâind Elprit/ Mais 
dan tant que ces condufîons font jfpirituelles, auili bien que les principes^ 
la chair le £ing ne les peuuenc comprendre iulques à ce que Dieu be- 
fbingnanten nous par la grâce de Ton iainâ E(pric engendre en nous la 
fby de l'intelligence de cefte do(ïlrine celefte. La toy donc noÂe rien à Ibx- 
cèllence des micours de la parole de Dieu. Et ceux s'abuiènt qui penfèhc 
que ce que nous croyons par foy ne puifiè eftre traiâé par demoftration> 
ou que la foy ne Toit point nccelTaire pour comprendre vnefciencede- 
monftratiue. Car combien que cela puifiè eftre vray es fciences humai- 
nes> Ç\ eft-cc quen là Théologie il en ell autrement^ pource que ùns la fby 
nous ne pouuons congnoiftre les principes de la Théologie , (ans la foy 
nous ne {^aurions confèntir à Ces concludons y fans la foy nous ne (^au- 
rions comprendre commetïcla iuftice,laraindeté, labeacitude^ qui nap- 
partiennent quà ynfeul Dieu^peauent eftre demonftrees delnommc 
plein d miufticc dés fa naiHance , de toute pollution & infèlicité : bre^ la 
Théologie a cela par delTus toutes les autres {ciences , que tout homme 
bien nay, ôcqui na point Ibntendement ofFenfé , eft capable par nature 
de l'imelligence des principes de toutes les {ciences humaines , là où^de- 
pul^ la cheute du premier nomme , les plus beaux efprits du monde ibnc 
aueuglcs par la fplcdeur des Principes de la Theologicôc ny voyent gout- 
te , iufques à ce que par la foy ils en foyent rendus capables , eftans fàids 
membres de lefus Chriil noÂre Sauueur,en qui les threfors de {cience &c 
(àpience font cachés. 

Or puis quainH eftyque les parfàidtes denionftrations ne (ètrouuenc 
qucnla Thcologie,petibnne ne crouuera eftrâge G prefquepar toute l'A- 
nalytîqueie nay point vfé c&utres exemples que de la Théologie, attendu 
que ie ne ^y point ÙÀÙ. pour forcir des bornes de ma vocacion^mais feu- 
lement pour apporter de la lumière à ceft eftude^lequel aucremct eufl efté 
fort ténébreux. Car ie ne penfe point quAriftote meûne euft peu pren- 
dre ailleurs des exemples fuifiiàns pour cautionner la certitude de fes pré- 
ceptes Analytiques:ôc fi ic nen trouuoy en la Theologie,ie diroy quil au- 
roitprins plaiur à forger vneldee imaginatiue de laperfeâion dudif- 
cours » qui ne fè trouue nulle part. Mais ielpere que chacun iugera que 
mes exemples font catholiques , Ôc ne pcuuent eftre contredits de nuls 
Chreftiens : aumoins autre na efté mon intention : Et m'affeure que par le 
moyen d'iccux les plus grandes difficultés de ceftœuurciètrouueront tel- 
lement eiplanees, qiâl fera dorefhauanc uop plus familier quil na.efté. 

Mais i'ayà refpondreen ceft endroit a quelques vnsquimévou- 
drôyent cenfiirer » pour auoir mis entre les mai ns du vulgaire vn outil & 
dangereux , que de tout temps on a eflimé qiul ne deuoic eftre manié 
quauec tresgrande caution , & par ceux tant feulenîent aufquels il appar- 
tient dènfèigner les autres :j>ource que le vulgaire en pourroit grande- 
ment abufêf, ainfi que Plato meimelerecôgnoift au fixtemc 4e fà repub. 



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A \î X L E C T E V R s; 
oùil cafcheauffi deprenaic i ceft incoauenienc, en çjioiGiSznx.les dftxts 
propres^ vntel cftûde, & ne permcctanti pcrfonnc de s'addonn^àla 
dialectique auant &agc de trente ans» ny< descn ayder auatquy 
die cinq ans entiers. Or iàns marreftec à ces cautions Ilatoniques ^ ie i!e- 
&oii<lrayaueciâin(%Auguftih, que l'abus qui (e peut conunettre dune ^tJU«m» 
dioic necellàire , ne doit pas £aûre cond^ner ceux .qui en monftreoc lc/'**^'i^^- 
èM vâge. . On ne laiflè pas d'armer te foldat contre lenncmi , encores . 
qae la licence des armes puiiTeappondr^beaucoupde malaûx citoyens. 
. H ny a rien dont l'abus foit plus cmgèreux que de l^Elcriture iàihâe » 6c 
Deantmoinsilnyarien qui doyueeftreplus.manié détoures perfbnnes. 
S'ilfêpouuoitfaire que nous peufSons viure iaris difputes^ ie ièroy* bien 
d'adaisdefupprimer l'arc de dirputer: mais puis quilapleu à Dieu nous 
diuifer par la contrariété de nos doiSbrines , lequel vaut mieux, ou mettre 
le fer & le feu en la main du peuple , & lenoarrir au rang.6c à toute impie- 
té pour défendre (es opinions , ou bien luy enfeigner les moyens dese- 
fijaîrcir doucement ôcmodeftement de fèsdifFo'ents? Ay demeurant, 
quoy que ceft Organe foit eTcrit en langue vulgaire, ôc que iy aye ajppor- 
tc toute la facilité qiul m'a efté pdf&ble, Ti ne &ut-il ia craindre que le vul* 
gaire en abufe. Il faut vne patience non vulgaire j>our manier ceft inftru- 
mâjU outre la patience il y &ut vne viuacité d'efpht & maturité de iuge- 
mét,qui ne fè trouue pas cômunement au vulgaireiEt fànsfela toutesfois 
on ne fçauroic faire fon profEt du moindre traiâé de l'Organe , pource 
qae^ôme Platon dit trefbienjl' Art du difcours ne €e peut enfeigner Ci iide- ^ » l'e^p. 4»x 
lcment,qudncfalequcchacunyapDorte beaucoup du fîen parfontra- «»ww(Jez>wff. 
oail & ioduftrie, pour Taccomoder afa capacité. le diray plus,ccft quileft 
prerqueimpoftible à qui que ce foit dabufèr de rOrgane.Car ce neft autre 
cfao/êquerinftrumcncdcla vcrité:or la vérité ne peut eftre tropcongnuc, 
trop maniée, trop diùulguec. QUe fi queicun entreprend diimployer ceft 
inftrumcnt contre la vérité , il ne faut point douter quïl périra par fon 
propre glaiue : & au lieu que fans l'Organe fon erreur éc ignorance paffe- 
roit par tout librement fous le nom de fcîence te vérité , FOrgane ernpe- 
Ichera le cours cfùne ijpernicieufè tromperie, apprenant à chacun! exa- 
miner & iuger fâinement de tous efcrits, Etparcempyenplufieurs , à 

3ui les doigts démangent perpetuellèment d*efcriuafrer,feront contraints 
y penf<:r de plus près, & eftre plus retenus, après qulls àuiront appris pat 
tOrgane combien eéftvnc cho'fe làborieufeque de bien difcburir , & cû 
combien de manières vn erreur fie fiufTcté peut eftre conuaincuë. 

Qv^A N T à ce qui étt du mien eh ceft œuuré , combien que ie ny aye 
pas apporté la pcrfcdion que ibuffe bien defirc,fi eft-ce que Dieu m'eft te- 
^oingqueiy aytrauaillédebonnefoy,nayant rien mis enauantdont 
ie nayc vcu lutilité manifcfte,& meftant fur tout eftudiéJe rendre vn cha- 
cun capable dimedifcipline tant neceflaiicl Icn attcn lacenfure de ceux 
qui prendront la peine de conférer ceft Organe auec le texte d'Ariftote, 
ayant^ute ma vie &i6t profeffion dapprendre, & non dcnfeigner. Mais 
ieibpplie les Icâeurs de fupporter quelques termes inufités , dont &y ef^ 



contr 



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A V X L E C T E V R S. 

coàa;aiflt &s&x qaelbuesfiHs en ceftemadete cont&noaueDesl noftrelm- 
gae, confideraac 'ipm eft diffidicdc polir cdlemient da premi^ coup yne 




& pour le defir que iky ea de m'accommoder à la cao^xé de toates per- 
ibnnesyuy par fois v& de redites àc de beaucoup dexerpples^ qui pour- 
ront eftre ennuyeAx aux dodes^ Idqoels ie {î^pUc nîexcufer en cela & en 
toute autre chofeen Ëiueur de noîa bonne intention, qui neil autre que de 
{èruir félon mon petit ponuoir au bien gena:al, âcau contensementde 
tous ceux qu i font vrayemcnt ^leftreux -de fcicncc & de vérité. 
Or ie prie Dieu , pere Qc auteur de toute fdence , qui nia mis au c^ur 
ia hardiefTe pour 'entreprendre vne betongne Ci laborieuse ^Bc qui 
ma fài6b la grâce de la mettre à im,y vouloir eftendre ùiùia- 
âe benediâionàia gloire de fon fainâ nom>au 
xepos &rcuniondemapatrie,dcaubié 
vniuerlfil de tonte la Chre- 
- iIienté.Ainn(bit-iL 




Extrai^fc du Priuilege du Roy. 

^ HutKCt^ ^ufiCc^uc$^ ^'itni^mwtjfmtc imf»nH<ir> (»g C£p«(cv 'vente ic^ii. 

i$ti^«fsifff,fit peine 9c t9nfi(catifff 9c^> <»ktc^,$ Aiifrc 4mctf9c ^itmivc.c^cdif. 
fnui%c (ignéf'éttM Ce ^^j^^^truafitc 4^M^ o^uMWt jjMi^ ^ci|iic^^ 

." . " ■ ■ 1 ■ ' ■ - 



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P R E F A C E. 




'Estant propose de <îecktef lulage de iMéntiaJ^ 
l'Organe d'Ariftote , non point tant pour 
entreprendre fa deffenfë contre ceux'qûi fe 
font vainement efforces de le reprendre & 
lïipprimerjquepour proffiter àceux qui de^ 
firent d'apprendre le diuin aix du diicours, 
qui eft 1 cllude le plus 'cxcell'ént,voire le pliis 
neceflaire, auquclrtiomme fe puifreaddon- 
ncn î'ay ellimc que te deûois prendre garde 

_ _ _ à deux chofes,l'uned'eaitcr toutes que(ho5i 

Â^ccaUuouâ inuciies, l'autre de n afïeâer point tant la brieuetc^ que ie 
neta&he'principalemenc de m'expliqncr en toute âcîlitc, fans rien ob-^ 
mettre de ce que ie pehfèray dire neccfEurc pour fc fcnrir commodcmcnc 
de ceft admirable inftruni«it, léqud.f ufques icy à eflc fi mal manié par la 
Wbariépedântcfquei quelaplus part des beaux çfprits de noflre tenipi 
Votvteflimé du tout inutile & de nul vfage, combien que ce fbûrœuure 
kpîusneceffaîrc&leplusaccomplidctouslesliurcsliùmainSj&quîi^^^ v 
puiSc cftre ab oli, fans la perte & ruine de toutes les fciertqes. le retranche- 
ray donc tous les grands préambules, dont ceux quifc méfient d'enfci- 
gncr rOrgane ont accouflumc de faire paradCi & m'abfliendray de tou- 
tes queflions inutiles,inuentees en lapoudre desEfcholesjplus pour rauir 
la ieuneffe en admiration d'une vaine fùbtilité , qui trouue des difficultés 
partout, &qui difpute de tout, que pour vtilité qu'on enpuiflereceuoir. 
Et-fteaticiAoins , d%litat que l'Organe cft fore incdgnii enFrance>5c prin* 
c^alëtfidtten la langue françoife , il ne m'apasfcmblé expédient de (aire 
totamt Ariflote , lequel n'ufe du tout point de pre&ce en cefl œuure fï n'ttfi 
cxceUèâiïôfcfetetedepremicrc abordée dans les Catégories, qui erifontf ^/^jlf//'^' 
• Vs premières pièces, fans aduertir pourquoyil commence par 12, ny ce 
ç'il en veîftmre , foie que l'ayant déclare de viijc yoix à Ces auditeur^il 
n'ïytvoulu mettre parekrit quelc fommairedefàdoûrine:foitquccon- 
-/îdcimt que toute la beauté de l'Organe gîfl en la pratùque, & que plus 
vn infiniment eft portatif, plus il cfl eflimc, il layt voulu tcduire au plus 
petit volume qu'il a peu r foie que, comme aucuns vculerit dire, il a'ytpris 
plaifîr à bailleràdeuincrà ceux qui vièndroycnt après luy, pour le com- 
mandement que luy auoit faidl Âlexârtdrey dé ne rédrc lès liures familiers 
àtoutes pcrionne^Car quoy qui layt induit à cela,dautat que ie n ay pa^ 
^ / A cntrcp 



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X . PREFACE. 

entrepris de traduire faptextCjinai? d en tirer la mouëlle, s'ilm ^ft poflî- 
blc , & faire que la France s*en puiflc feruir en fa langue > ie meftudieray 
pluftpftàrepreiènternaïfiiementrutiUtédefa dodriné^qu'à imiter la bric- 
ueté de fon ftyle, où il (emble bienlouoent auoir plus regarde à répu- 
tation, qu*au bien & contentement de ceux qui manieroyent les ccu- 
ures.A fin donc que le lecteur foit adiierti de ce ^u'ilirouuera en ceft Or- 
gane,& qu ilvoyerôrdrequ Ariftote y aobicrue, (qui luy feruirano feu- 
lement pour entendre plus facilement tout ce qu'il verra cy après ,mais 
aulTi aidera grandement memoire,quand il viendra à la practique,) fen 
.propofeixiy icy brieucmcnt, ôc comme en vn mQdelie,toute l'architeau- 
7- . - ^ diipoCtion. — . " 

j>tMijtm Je Lo^RGANE Contient dcux patçics dutoutdiftïntâes&feparecsd'unc, 

./ Organe. ^ ^j^^ cxcellentc,s'appelle ^^nalyn^f^Xamrc s appelle T>idhÛi^He^o\x les 
Topi^ueu Ces deux parties font vulgairement comprifes fous ce mot de 
L(g/!^ji^,comme qui airoit,IÎ)ifciplinç du difcours,ou rationnellcToutef- 
foisic netrouue point enÂriftote qu'il donné cè nz>m à tout fon Organe, 
ains il appelle particulicrementLtf^i^i^f, la ïècondc partie deTOrgane^quc 
nous appelions autrement A* 2?if/p^/^»f, o^ les Topiques^ où il enleigiie les 
lieux & arguments pour difputcr de toutes rhofes probablement, tant 
pour la partie afErmatiue , que pour lanegatiue. Suyuant donc Ariftote^ 
pluftoft que rt)pinion commune , nous diuiferons l'Organe en ces deux 
parties, qui font tellement {cparees, qucn vain on s cfTprce de W com- 
prendre tous vn genre qui foit copamun. également à Tune & à Vautre, 
ainfi qu il eft aise de congnoiftrc parla rotnparaifqn de Tune aueç Tautre! 
CêMfMfi» çatr r Analytique regarde prindpalemcht la icicnçe , qui eft vhé cpngçoiC 
^^'/« î^^^ chofes par leurs caufes,conguoiirance,dy-ie,immuable,intaiUi- 

DUUai^M, Ble^tbufiours véritable. MaislaDialeftique nemonte pas à cefte perfe- 
ction, ains elle s'arreÛ;e.à ropinion,^& pourtant ell variable , incertaine, 
toufiQUCs douteûiiê. . 'L'Analytique difcourtpar des principes du tout 
^dftraints'ôc appropriés à fes conclufions , ài^auoirpar les vrais Antece^ 
dents &Conrequent$,comme nous verrons enTlnuention des principes 
. de tous Syllogifines Analytiques,^: par ce moyé pénètre iufques en la na- 
ture & eifencc des cho^ : mais laDialeâique s arrefte fimplement aux 
accicfjsncs, fe conduiiànrpar quelques maximes générales, qu'elle ^àit fer- 
ait comtne de fellcs à to.us cheuaux. L'Analytique nous monftrc vn che- 
min court) mais difficdc ôc peu hanté, qui nous meine droit au port defi* 
de fcience & veritc,oùnoftre amç reçoit tant de content-cmec^t,qu elle 
rie fe trauaille plus de pafler outre pour {çauoir d'auàntage Vmais la Dia- 
' leftique nous promcine par vne mcripacieulè d'opinion, aucc vn qua- 
dran fi incertain , que nous ne (çauons bonnement comme nous y fier. 
Ceft doncà boti droiç queiM.Claude Aubry ( que ie nomme par grand 
honneur , pour auoir ççgçichiiiûftre ficelé ôc noftre nation de l'ufagc de 
toutl'Organe, qui eftoitincongnuppur lapluipart, & pour auoir rendu- 
famiUer le texte d' Ariftote, lequel onn ofoit approcher,non plus queles 
poriunes d or des. Flcipcrides auaiit Hercules ) accomparcles Topiques 

oula 



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ou bDialctlique à Tare de nauiger desrâaciens'i ^uirfduetyCTit-poînt fui- 

iagedu quiidràn, &ne congnoifloyenc pas jncfoes latSyfidîu^ . 

reg^ardoy ent ieulement la grande Ourfè V lac^UeUe les 6^ 
C:vnent , à cau{c du grand ciccait qu elle aVçntourdu pôle. M^is il âc^ 
Cïn^parerAnalytiqiieàrarnle nauiger d'aixiourd'huy/quiaicouadran 
iuy inollre coulîours {a ligne mecidionale-ccrtaineniefnt:, & a u charte 

/i iufte ) ô^ibn compas ii aHeuré, c^u aiï milieu des plus e&aiflès cenebres 
tetTîpeftes,il monltrc toufîourslabù l'on doit tirer. Ariirote montrant 
la diflcrcnce qui eil encre ce$ deux parties, dit^n quelque endroit que 
l'Analytique ne diipute point, mais elleindruitâc demonftre :1a Diale- 
ctique au contraire ne demondre pas i mais elle di{court;ôc efineiitUs 
douces ôc difEculccs quiiepeuuenc CLircfur toute matière propo(èe,&£aic 
combattre deux opinions probables lu ne contre l'autre. Donc^touc aihfi 
quelaicience^ropinion ne^e peuuent mefler enfètnble (comme il fera 
dit cy après vers la nn du premier liure des Pofterieures Analy tiques}auffi 
l'Analycia ue (qui eft la manieFe d'acquérir la fcience ) ne fc peut auciinèi 
ment meflerauccles Topiques ou Dialeâique,quine fèrtqUepourtrou« 
uer les opinions probables. Ceux qui ont confondu ces deux paitie^ ét 
VOrgane enfcmble > fe font embaraisés en telles difficultés -, qalls n'ont 
iamais iceufàire leur prdffit de l'une ny-de l'autre i n'ont receu autre ■ . . 
vtilite deUur eilude^u'imè inquietudeperpetudlej^l^r entendeménc 
Mais eftansàiuertis de Ixdiâerenceqtrtèft entre ^s^ ndUsnousaydâ'» 
rons commodément del'une pourdàputer-drdouter^èrtinemmentySC 
de laucre pour décidée certainement., Or dàutànt qu Ariftocea inuenté fTt**''*^ 
(onOrgane principalement pour les fcienceS ) ceft aûëc grande tâiibn ju/^J^im^ 

qu i\tnecla partie Analyriquelapremiere^comme laplMs excellente, dé ^\ 
qui contient Japer&âion de lart du difcouts, encores quèn l'uiàgc il (oit 

Cius expédient de cortimencer par les arguments Tôpiqûcs , finir pâ^ 
:s Aiulytiquçs jaihd qu'il fera remaL:quc en autre ueu. Quant à ces 
«oms d'Analytique^ôcDialeâique ouTopiques ;itsièrobt interprétés*^ 
expofes chacun en leur Ueu. Ayant doncaiuirénoftre,Orgaàe en fes^âr* \ \^ 
des,ac monftré la tfiâei^ce ^u il y a de l'une à Iluitrê, iti^t^eclareriont-i 
mairementle cofixtentixie chacune, & preîfni^ementde-l* Analytique^ qUi 

proprement padyjfiM^ra^artâU^^i^^ 
qu'unrombreôc imagé;;- , 

I^yii KPïj ' de r Analyfe!<p^ cft d^dnl^ig^er la manierp de difeoifrir vëntaf smmahf dt 
Uémertt, pour paruenit à vne fciGnce- i»atfâi<ae.>Ei1edife<^ts n*^ /-«Mfr/ifi^ 
diofè qu'une conclufiç'ntiree de quel<jttcs ^r6p<^ÉtÔrisdifodfcei dcifdle 
fotte, qu'elles ayent la forcé de! produire ladite toBrfûficm. Eh vti taot 
ccft cexjti'Axiftote appelle fyllogilrtie^Orlc difcours ou Syllogisme éft co-i 
pose (tepropcfitions/cout ainïi qu'un triangle ell G»mposé de lignes: ôfi 
commcies lignes font compofees de plnfieurs poin^bs connues Se ioind* 
cnfemble, aîiifilcs- propofirionSjôc toute orailbn, par laquelle nous expli-t 
cjuons nos conceptions, font compofees de quelques notions ôc termes 
limplci alîemblés vriis cni'emble. C'çll podrquoy noftrèPhilûfôphç cti 
^ " ■ Al foo 



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4 PRBFACE. 

guis • er4 J^^®"^ liurcjdc TAmci voulanc moftrcr diftinibement comment U 
tiêiM i^/CwT j^^- pro^s noftre^amo di^ourttil dit qu elle ùk trois operacion$:ia 
pi^eQÙere c dVqa'dile conçoit ' 6£ appreheade les termès fimples ou no- 
tiohs,qailuyr-epf érentent;chaqùechô(c à part: laiètonde c cil quelle ai- 
icHlble cej {ôrmçs fimpks,poaircnJ&irc vnc cnonciation affirmatiue ou 
iîegà^iie-, ôç Jft'cf^>ilîcmç acjdefniere opération dcl'ame, c cft leSyllogi- 
/iHQ^qae nouï appellcîs^forc proprement en noftre laïque, Difcours^ pour- 
ceqttejceftçoinniP.YiiÇîCouclc q«c fàitnoftre ame partant dune extrc- 
|i)it4q^i luy:Q(tcQngmië>àiçauoirlaxiome,pour j^aruenirà vneautreex- 
^'^u" ^" ^^^^^ luy.eilinco.ngnué,fçauoir cû la conclulion.Ariftote donc,fuy. 
"i" linli^tl- uant.l*ordrçqjie la nature luy enfeignc, il met deuant , ce, ùxks qupy tout 
le reftehepeutfgb^ifter, à fçauoirles termes âmples, quelesfchôlaftiques 
j^ppelknt.pr^icrçs.notions , & apprendà les colloquer par- bon ordre 
Cdte^mes. £ous dôx genrcsibuuerains, quil appelle Citr'^^r^^; tellement queicpre- 
ji^i^U^rcderOrgane ne traitte pas du difcours, mais des poinâs du di* 
i$ôHÇ%i]&^kn^>3£ÏU>' cVft à dire des termes fimples , dbht tout difcoiirs .cfl 
inttrfrttatun, ^^^i^^. dçu;tieme Uurc> intitule Je /Vweyrffrfi/iïflaioiire; Pbilofophc 
j^inpii^ncc à aiTembler ces poinéU i ;âc:eu faire djesib^es, c*e(t 4 dire des 
imçinciailipns ou p^dpbGtiônsi^paclêrqjLtelles nousdedarons nosconce- 
i»r;«ww^- |>0Xwnii^affermWQU )riiant quelque chofe.: 'Am^Priciircs'Aoaly tiques 
bri^uts, ^-tdi^^p «ï9 lignes ejL ffiangles y, ç efràdircilbaffitle^llagifme Analy ti* 
qtl^qni ell la vur^ye ^aiatufcUeicirnur^àilaqaell&to^ bon difcours iè doit 
jf^^fiiE'^i^p^^l^ ftf uûmTÂi.çotnpDlitiondu:fj4log^ nKarftrelïn. 

toiiti^àtiprey & oçriime il Éiudaa3yfer tc^s dcrits, . pout ilee reditirren 
fcri¥i^iyll.ogiftifl^uci. Ixsm il.dqnfiP les inftmmentè'critLqtïcsjipour exami- 
Siçi*'^iugpf d#"XyilQgi3tme Analycitiue , ô$ jsfi(cign<i.aulli comme toutes 
^ire? ioEtej dediicis^orsicomme V}nd»fhonJ^EiCf?ftfU4^Enthym€mei ^o\xx^ 
f^pÊe^re: rçduipç-àfcSjJjiïnft Aprp 

fl|ii^^qçb}ri<ïiÂdÂrc0urt peut pânieniryç dit }9f:$0ç!)ce>il déclare aux Po? 
fêfietùnrts A^eijr^j AÎo^dqu^sqiiie ç <eli; que Ccienc^^^leji qualités & codifions re- 
ij^^auxi jpifocif fyllégîfoiCi .'pj«:lf^|«el nwftiU |>ouuéas^içqttcrir, 
9l0^9if&m:Mtf¥'0m trois 

ce parfaiâe , & deparuenir à ce repos d'efprit , qiM doit auoir çiçltty qui 
f^fvrayomài§u4lq^^çhoft::iS^,î^ ^ppris,pa*^liçfti<?Nyç.d*îfditïC3 risi^cs, 
,»^w^MrK.\ ^q^^i^^t^}^^ nousycr- 

à'.igW/?flfc^,ÏRft{>rfls.4U€iitt4iCc!0^ d^ toutççL-q^i pem ?t^tpnir^la 

fj^figiOSnoMlt^U^ 

j8iufeft€çitréAX^fji%lft^mpo^^^ 

j(te«^pduit;l^i9onftratioft.«ft.^fipitio ûc perfe-i 




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PREFACE. ^ 

ladite Ixabitude : qui eft le plus riche ornement de noftre ame, qui plus 
nous affeure de Ton immortalité, 

Laseconde partie derOrgane^ue ûous âppellôsDiâleâique^ou stmmiiride* 
les Tcpidues, cfl: de beaucoup inrcrieure en dignité à FAnalytique, d'au-: ^j^gj 
tant au eUê nemônte pas à ceplus haut degré de congnoi(Iànce,quenoas- 
appcUos ldence,ôc mefmâ elle ne trouu e pasjtoufiotus le vray. Mais tou- 
xesè}is elle eft d'un trefgrand viage:car lakienee nkppartient proprement: 
ga*aux chofcs eterndles ôs immuables , comme nous verrons aux HurbS' 
de la demonftràtion : mais quant aux choses caduques & tranfitoires, 
caoiê de leut incenitude de mutation perpétuelle ,.il.eft impoflîblç de les 
Eeduirc en idencetôcfbinmes contraints en plufieurs matières de nous 
coûrenter d'une opinion probable» ôc mcfmes ceft le moyen de parûe- 
niràlalciencc flti u vcritainfailUble, qiie de commencer par la recher- 
che de ce qui eft vrayfèmblable. C'eft pourquoy la Dialcélique fiiit l'A-' 
n^ytique»^ commtf la fcmàrîtû ù. maiftreilc, quand il eftqueibon d'eniei-; 
gncrles préceptes de l'une & de l'autre, & de donner à chacune le rang' 
qui luyappàrcienttmois en lapractique, on fe Cctt ordinairement de w 
Dialciàique laprcnlicrc, pour cfbaucher les matières, &di(putervDpro*! 
blême de part. & d'dutrc,-auant que de fe refbu drepar TAûaly tiqua Dçivdi Pin de U dUU 
lafiadelaOIaleâiquoc'eft detrouucr toutce qui (èpjsuî: dire probable- ^'7^'' 
mentde quelque miatficare que ce idit>tanc pourlapartieaffirmattuqsqu9 
pour la negtf iuè:&: pour âe(^ eâeâ^tftote a trouué qiiato infthuàeilh^ 
par le moyen de{qael$ il 4cfi:30uure yne abondance, incroyable dc libux^^ 
d'où il tire l^ argiwenCs;p0uridi{putQr>de.c6iitescho{ès vra3^^ 
mencJBt doutât, que coutprobleme:(cefl: à dire tout ce. qui (e'.pjeut jxiiôttio 
ea^putie>)re reduiti qiiçIcujQ de ces quatre cke6iàiçaiiinrj;^axâ^m^pf»H 
fipy frofrty Se ïï)éfifmmiiC9x tout ce quik peiitt nier ou afFermetr de quélqnc 
iûbied^c eft ou/on gehre, ou Ton pr(%p3'ê>.ouià définition» ou bteapVàr 
quelque accident comnigtnî ) Ariitetenou$ dooa^ lesnietbodes pour 
dilputer de chacun deiHics cbeÊ à part, de nouspropo^e les lieux de:cba<^ 
cune d'icclLss p^r va ordre noninoins ncceflairé pouclcfaulagçiùeiii idq 
caoïçnipixc.j.que Cdnueadbkàkjiature ije chaeiinerdeidites mechbdra} 
^apres rinucntioa- (quieJftjà prijacipaleparde dielaJûialeaiqûo i&qii4 
contient Us:i€ptpremierxliurcs des Topiques ) idti&i^àte le iugemsnc 
de la CXialeiSUque au hM.it^icmeLlùzrCy qui iron{it{b:prm<^li^ent.ib^- 
ooir bien ifiterrogu^r Jtetpoadre Se conigec les âucoi qniaurdyipt eflé 
commiies enladift)utepupo|i£br£ncç Acoshi&é^ Topiquesi 
Xnftoce adiouile deiixAurca de» Elenbhes fopbiftiqufis, c eft à dire des 
Êox lyllogifines , DS^/Ufquels Icsf fopl«Aes> npi]$î';AbuIenc, pouf nous* ' 
âirccroire que le ^ux cfttyX9^»'& lovray JâaXi» & deicouure premiè- 
rement les lieux 6c magazins ou priftiient leurs Ëmfles drogues rpuis 
il nous donne les moyens , pour le^ongnoiftre , ô£ nous en garder : de 
manière quetout ce qui peutaiderà bien diicourir,foitveritablement,oii 
pcoboUdment, Se defcouurir toutes tromperies Se âuflècesytant enla di-' 
âion, que hors la diâion > eft compris en ceft œuure, lequel ne fera ia-r 

A3 mai$ 



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6 P R E F A C L 

mai? hy aflez loué ny afc prattiquc. 

T o V s CES liurcs ainfi ranges & difpofés Tous ces deux parties^cam- 
mcdidteft, ont cftc cous enlemblc depuis le dcccs d'Arillocc compris 
Cirante, par lcs.gcnts doâes Cons le nom d'OrganCipourcc que de toutes ces par- 
ties eftrompoic ladmirable inth'umcnt , par lequel, celuyqui laura bien 
en mam > -ducemera le vray d aucc le iuux en toutes chofes y craictcra le s 
iîicnces ôc toutes di&iplincs comme il appartient > èc & conduira en to: t 
difcoùrs par bonne raiâ)n: nous voulant monftrer par ce nom gênerai, 
fous lequel ils ont compris tous lefHits liiires, que quiconque en veut 
retirer proffit, il les doit tous courir de bout à autre , Ôc non pas s'arrefter 
alun ou àl'autre. Carcommcvncefpeeell forgée de pluficurs morceaux 
de &r , & pour s'en (cruir il y faut encores la poignée & le pommeau ; Qc 
riuerlçtout bienfèurementiaînfi cc^A indrumencintcUeâuel efl compo- 
le de plaideurs petites pièces , Icfquelles edans prifes à part auroyentîbrc 
peu ou point d utilité. Mais iointes enfèmble Iclon qu Ariftoce Uia agen- 
cce$,c cil vn glaiue,deuant lequel nulle faufletc ne peut fubfifter : c'eft vne 

Eierrc de touchepour difcerner Torpur & affine de la vérité, de tout mefl 
ngçôc &lfilication:brcf cellà nollreamece que la main eftà noflre 
corps, à Tçauoir imftmment des inftr uments , fans lequel elle ne {çauroic 
&ire feurementfièsplus belles opérations. Il ne fe kaxt donc degouiler , fi 
on ne trouuedupremier coup tout le fiuiâ qu'on s'attend de receuoir de 
cefl efhide, confiderant que la vérité, comme dit Heraclite, eft cachée ait 
iSbnds d un puits, & quily va beaucoup detenips U de peine iladefcou- 
urir'fic incttre en euidence: Au contraire le menfonee ôclaÊiuflètceflfi 
con&rme ila conoption de noifaré nacure,& a vne teUe accointance auec 
nos {èns(qui Com les inftruments par iefquels nous commençons à c«n- 
gnoiftre fie apprendre^iandis que; nous fommes reueftus d'un corp$ mpr- 
tel)qu iln'ya rienplus difficilea l'homme que des'en garentir.Mais voicy 
le&ill inftrumét, par lequel nous enviendros à bout heureufèitiet,fic ap- 
procherons dés celle vie au plus près de ce diuin degré decongnoilTance 
pàrÊûâfiydont nous jouirons enia vie étemelle, quand Dieu fera-tout eâ 
toû&Or attendâcque quelçû plus heureux dc|>lu$ruf}ilânt quemoy veuil- 
, k predre la peine de polir ce diuin ouurage a per&âion, ie prie le leâeur 
amateur deveiité de le receuoir tel qu'il apeu partir de mes mains^de me- 
•Imeaffeélion que ie le con&cre à Fud^é pub^ùe. Car combien qu'il 

' • puiflèellrc beauièoup'embdh' fie enrichi, fi ell-ce qu'il elV 
:o r ' V tout entiéiT: &■ efpew que ceux qui prendront la / 

/ , .prifc-dclcvoiTjlettouucronttort ailc, ' 
: '"^ : . , .'.$'a$y apportent i'attentioh^qui 
- V " ; 1 .cftneceflkireivn elbade 

" ' Cimcdienx. - - '- ■ ■ 

1 ■ ■ • ■ . ■ / 



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IN D l C E D E S 5 E GTi q N,S 

ET C H À pi f R E s!'j,p^,5 . 1. 1 V,R.ES\ " ' . 

qui erilafrcmiere partie dçl'Organe. ' ^ ' • - " 



C A T- E G 

PREMIERE PARTIE. * 

antécédents des Catégories. 
Définition des Homonymes oh 

EcjHiuoijueé, \ 
Définition des Synonjmeâ oh Vhi^ 

DefimtiSdes ^arorijmesoU jbe- 

riués. ' ' r 

^imfion de t ont ce ijpèt f èHt efifë 

<fe. . '. ' . 
Dmfim lo^qnede totîtèsxhofes^ 

ou de tout ce qui efi:. 
%ei£leiFia jlh^e €5* ordre c^e^ 

gortque îhi chacune Catégorie, 
Secmkie reigle pour diftingtier les 

Catégories. 
BmtrHeti^^iù Catégories. 
Brteue ex^oÇition des genres fis- 
fremesdes Catégories. 



Ô RIES. 

'^t£m\cèquïeft dii fans cohpfi^ 
■ ' tionM n'y à point d'affirmation 
nj de négation. ^ 

SEÇqNDÇ PARTin^ ' 
Câ4egoriedela Stil^^larice..\ . 
Ùaté^rie de y ^jmntité.^ . \ 
Cat€gme,dç^/Rélatrfs. ■ ■ ; 
Catégorie deja ^^altte, . ■ 
Categpnes de it/i^r *jP4tin 
(^ate^ope Quand. ^' 
Çdiegoriè Oii.^ . . 
Vat^ortè $Flre fifte. • ^ * 
CsUegpric ^jduoir. 
TROISIEME PARTIE . 
Deiconjequentsdes Categmes. 
^esOppofites. 
Tireceaentj» 
Snfembk^. . 
T>H Monuments. 
Auoir. 



: DE L INTERPÏIETATION. ;/ ; 

^^Cjcé ^t; . Detafihrmatiimypie^ion^ton' 

PilEWIERÇ Pii^RTIE. . tmtû^on. . . V* 

Dunonu, ^. CHAP. l SECONDE PARTIE* 

Dwuerhc^: IL. Des enonCtamt^^&mMterfeOeSyin^ 

Detoraifon. - ÏIL - definies^fdHicH&eru^^fin^ 

De tenonciatigjh , . ïHL : lieres,o deieHrsoPPBfitios.Vh 

" ' De 



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I 



.8 

tifpo/iHon contmdiâôire /s 
emu:iatimsé$t€ps futmt^ II, 

TROISIEME PARTIE. 

De t ifp^opntm, des enonciatiêm 
comfofe^ 4e noms £5* "verbes 
infinis. '' ' \ Viit 

^2<? tenmciatitd doit iSire njné 
fimph > de ùt çpmon^ 



âiôn ^ dii^fim des enmcU- 
tùm. IX. 

qVÀT&fEME PARTIE 
Derenûmmiàntmo^fiees. x. 
Comfferaijondes opfofittonspom' 
conffwiïîre quelle ejf la pUss 
necejptire pour dlfcerner le 
waj dame le faux. XL 



PREMIER LIVRE DES PRIEVRES 

Ânalytiques, ou du Syllogifine. 

Prefaccjf. DesJ^llogiJmes neeejpthresmxtes 

PREM. PARTIE> DE l'ÀR- ' en la première figure, XIL 

tifice £5* flnéSuee^dn SjHo^- Des^llogtfmes necejjaires mixtes 

fine^Ânaljtique, en la féconde figure. ^ xill 

Definitu^ de la Vn^efitum^dà DesfjUogfmes necejj^es mixtes 

Tirmedu S^o^me^ 0* d^ enïatroifiemefiffsre. xilit 

fondement deSome ratiocina': 1^ t artifice des Jyllo^nes Con^ 

tion. CHAP. x fingents. xv. 

2)^ trois genres de Propo/kions^ %4rt^ce du QUo^fine qui a toutes 

e/ilfi?mè's,Nece^ire^,&€on^ " les deux propofitionscomingen- 

tingentes. IL tes en la première figure, x V L 

2)&f conùerfions des Propoftions <tdrttfice des fjUopfines contin- 

\Mfolu€s ^Neceffaires^^ Co- gentsmxtes en la première fi- 

tingemes. IIL gure. XVIL 

n)es figures. 1 1 1 L" Art^e des fyOo^fines contin^ms 

De la première figure. v.. en la Çecande figure. XVIII. 

'Artifice des fyUo^nes ^bfoluts en Artifice des /yllogi/mes corain^ms 

la première figure, v L en la troifiemefigure. x ï X. 

2>f la fècondifimre. VIL Rejgks principales de t artifice dsê 

^Artifice des jyllogfines sdffib^s ^hgfim.^. XX. 

en la fifcimie figure., yiiL secon. partie, de l'in- 

Die latro^eme figure. 1% uentiandes principes de tous 

eArt^edes fi^E^fimes akp^s SjllefffmesAnaljtùjttes. 

mtatre^emefipsre. X. Louange de tinuetionAnal^tique. 

De t artifice des/y&^jfifses ne- De lamethode ytant Analjti- 

c^kes. XL que,queTopique,Pourquoyla 

memode 



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9 

méthode à^^ ^lâ^ami &mfi^ k$fymei^.^fk\fe^ 

fks en t Imémian ^ue^^uir^:. :^W0i^efiW i'tme: en i'a^ 

- jir^e^traiâéï^Jtt^de'- De^Si^:^.^eJ^ de ^\ 
Kont t Inuention, Tomt^^ trof^emepkrtki : v X X v«L 
l'Iméentio»^^ii'etfeime)i^^ i Càm^fiàfiJfifam'cùn^ 
nèfiposnteàmmmeÀ tkpsà^z^ m wm moIj^ queUpêè,S[^ 
iîAnalytique î^xomcTcpiptes. — . jcri-jÉ 

'^DmftodeUmettMideiàA^^ l>eh^l4je$aleff^ \ 
•■ ^tpêe/Pom^ùoy ktermèiJm^ DuSoritèi* • - X X K i. 

tfffeneft a^feÛ^riàife^isAK ^^^€lui^mem^s^M$né1k'' 
Des Cmfeqtients ^3i4me€idpik\ rei^ Wl'arûfiie dufyti^' 
^%e^ugfMm. i^%VL\ fine..- XX3^iL. 

%e^esdel*Jnmn^nd(4fiîm-:^ De/a^e^^iiicaiiçn. XXXUl 
pes^naljtiijues. XXIII* De l*ctkrtfcle y deUnotedek 
%e^ qmifaut obferuer fom Quantité. XXXilïL 
'fra^nqmrrirùtHiondùprïn*'' Obfèrmtioh huchâkti.Jes de* 
cfes Jînaljtiques. . XXirÎL fHoftfttaHQnsHe Adathemati'' 
les reigkê de llnuetion ma-- que^, XXXV. 
tique feruet àuft pimpTroé-- •■ ^ue tes SyUopfmet Topiques^ fè- 
■ Uet yne tànchfion ùarl'Ab- peuuentaup'd^f^fit^yijx^ ' 
duâtùn à Vmpùftme. yi^iM- Cmmerà Us Sylhgj[mes hy]>dri 
^uMùpfinJTypothétiq. XX ihetiqkes /e do^nè^t analj- 

Dek&mfion: XX VIL fit. ^ \' xxxV^ 

TKOlsiEME PAR^TiE, CÔM- DeUrèdt0iondesjigm4sdeL*H"' 
memil faut amly fer tous di^ neàhatùre, xxxvin. 
fiaiirs & ar^ments pour les Obfêruatïon touchante les noms 
mettre en figurey^ comment jnfims & Prmatifi.\ xxxix 

SECOND , LivkE , DES PRIEVRES \ \ 

Analytiques; bu du Syllokiin^^ , ' ^ ^''-'^ ' 

UEMIËRE PÂRtii ; ' '^^ qui (appelle Cercle^. iïL 
a^ilfauttoUj 

kaux 
' â^felspour iugsr 

Bh 'çombien de inaniefés on peut ^utroij^iminfirumentx^^^ 

\ J^è vne conclufion 'veritabk quis^i^iilk jSdiî^oti àr^ 

, \ffàrikis^iuxprtnc$pfs. Il po/$ble. ' ' v. 




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10- 

^Duf»4triemH^I^^ JecepHoiimefi^enVojnnim. DC. 

'^è- r^ui t*^p^^^ff^dîim Duirùifome mo^ tbéiiégement 

far les OffK^tes. -JV"-!. ^^df^fyttqtte ^von^emrtt^ fix 

Di 49u:t^kujdml'mfi^àm^\ f^xs tMûèat lu tiifiours im- 

•^.pia 'és ùrenuu dk^eâa^'^-'t^ {Jf&^uesi x» 

' ti$mre es akiiiâiq/i^}â£v9^ef^ S ï ^c ô N D E p A HT i H. 

fifk^^: \ \ ■ ' * *• Ra^det ardre quair^hfè4ieni 

^^itfaut monfirer ie frmàer .emèfiendroit, ' 'XL 

fAHx , €3* lujopfiftm Hmfré^ DtlihduSim. * XI L 

Hufeeonà moyen du it^emef^^ De l'Entfrfmeme* . - x y k 

Va : .... ' -MX'- ' ' • ' ' ■ • 

PREMiElt: Xl-VRE^^^^ POSTER.IEVRES 
-* ^Analyti^ùe5j(Ou,delap9rpoaftration, 

p R E M IE e AR X ijE, v J miu, aff ellee VniuejrfeL v 1 1 

le dijèû^ : de /^««W^,^ ^De jr<HS ^rr^ms , dont, Ufif^ 

■ borner ^toutefiienci & garder fom jfe iien ajder de. 

^fiipime efi fondée fùr qml- . reîgle de iuflice , ot^ égale-- . 

tjue^ notions ^inticip^es » ment^ , viit 

L ^artam qt4Ùl y a Demonjha- Que non feulement U canclufîony 

\ tiotk CHAP. L maisauftlesfrineifeâiSfro^ , 

Sjffic'eftqkeDemonfiramn^^ po/àiom de la demonilmtiony 

quels douent efire fes prinà- doyuent eUre pâr foy , & eau- ' 

fe$, t IL , fèé de la cqncbtjîon^ ^ 

^efumion des erreursjcqnirdires ^l^il n eft hiféle d^eHiamber 

à ce quia eSté Si dé là De- ^ d'une fàence en 'Vne amre. X. 

mm^nftm de^^ frimh S^f. ^ demonflration eft ferme^ 

.. f^' . ;> ■ k ïïï- iff^téabU^f^ éternelle, yiù 

î>ts trok rà^.^^ l^^^ Q^les frindfu dojuéta i^firei 

\ Jlration» ; ; . fUï* prçfresÇ^ oi^ntints àtac&n^ 

De la ïoj ik l'ordre^^^^eflef De , ç&^n , (f qùe nullejciéncefw 

tout. \\ -v.v^ r , V. \ frouuefèâfinc^es. xii 

De Ureigle d^flêce^ei^feSee ^efimiom p dit^iomdespin^ 

- Parfoy. vi. dpes^ xiii. 



V 



€pêe. §lu€ls moyensjfetontj €f ^^Jp4^ ^ metojens far 

. ttmâés four exammdïi^lde' bon ordre. 

àmilfiJhmNÀftenir/.envonr. iK79im«lr> 

irietie refe$^mtki i^mffcftii G^fVfaM^ ^de ia demat^a^ 

ifâer ime bonne dem^ufifa- ^Mjmé^mneicYontfai^yiiLy» 

tionTpotirvhemk^aMfidi^r Vsmfuit^ndelademor^^on 

^imdutmnèA:^::0pêe4^o^ ^^maAuedmcUjug.xà^i, 

, ^^esdes demonfirMionsfidoit Comfaraip>ndelademon^aHon 

exanànerf0,Ties\offofit6S\ oc v.' . ^eâe auec eeUequift fan far 

Premier mQjeisti^.iH£emeni^afû^ tatdnâiûn à t imfopibk.'^MXh 

éâufm ipoHr:t^€€rner Ude- CùmfutKoifm dss faences fbés 

. fm^a^k9.^our<:[\xoyyd'diii exaScs 4iéec.ks\Moim exa- 

. ï, G^mme oh feutcoÀ^iciftte^ la 



^nf l4dem&r^mon.fi^.dûk:^i^ 
refhkfr^méfi^m^vth 
Dts ftifofitimspt^ediatt^kie^ 

Secondmtrj/eiid^ ii^emeni^dpch 
i téâique far toffofiti<ài de la 



fiiettce efi nmè. , 65? ijMe le 
. mars- afodi^qUee^ *uny& ne 
• dqtkèftre dimsè. jtem^ comm^ 
.ftfm nieJif^efcience oH tm me- 
difèour^'i apodfilùfue feut 
^^^hù^ienflufiet^rs fardes 



• . dethor^k^^mbcfyllag^i^ ^ ou fUtfimrs d^imfratto^Ji- 
,}[d\ ignorance. ic'ix. . uerfevl \^v;/:.\■.v.V.■.;^.■.'■xx^x. 

T;R o I S I Ë M E P TlEb 1 v ( \ C^i^o^^cHfûpi rié^fii- 
^Profqfitionde ce q$d efi traiHé res auec celles qui aduiennent 
mcfiBèfMié. ; : .. ^ r j jfxwM. le*fki^{mùem\^ Usfinrtui- 
%dfçaêmrfi le^JfdièBs^diif'^V^^^^^^ , xxx. 

monftroHow fora finis ^ji les af^^omfaratfin de la fcience auec ce 
trihêésforapm-^ ^ fi later^ quifi cognoitfar les fins.xxya, 
mes metojens font finis, xxr.- ^MtomSfcomrsafodsâiquesne 
^i^bttiondesqHeftiomyrotàifi V^fè^nt auoir me/mes frinci-^ 
at$chafître frecedent ij.MrJm^^u if^\\ xxxir. 
queUedaffert^quele^^i(^imi:^ de la fiience auec 

Jfrations font bornées j^él^^^-' Hoflimon. x x x 1 1 r. 

pas infinies. ^^m^$reParat.auUmefmuaU xxxiiii. 

— ^ 2 % SEC 



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vu 

. Préface^. ' laieft. ïlll. 

PREMIERS OAUTIE. - S0Ùtdm'^/i^3i»d^CiééSéV. 

Q^Ja^effiâ^ndekfiiencegfi SECONDE PARTIE. 

enUdepnkknt f^qi^Jade- SfOreeautraiil^descatffes. yi. 

fiàtim 'sjt vn terne metûyèn quatre gemU des caufis i^ 

afod$Siqià:\^ làfml pm^M a comme eUes fement efh-e re- 

: tottsdomtif^ demaiUs^ C^.t dmU^ en firme Sy^iti- 

SfOHoirfilad^milratim^ la qiK^. VIL 

■ .J^limonfirii nmemefme tho^ ^/mrè ài^m da €a$^ ac^ 

fe.JtemfiUdefimrioneftcrnn^ etnmtmke i la demor^im^ 

p'tfifimUdemonfiratianyOu ûàn. Vlii. 

la demmfttntionfaM la defim-- TR Ol S I E M E 'PAR TH. 

. iion. II. ScmfnakedeceqmeJlcomem$dk 

Sçautwrfila^Jimêionfe pei^de^ - demearanfJeeeliure, ix. 

nfof^rerpat. la ^àprocaiion !Dùfriemier mojenptmr trmuer 

\ ! tm Dm/kn^ou iien par argu- - . '&f defoùHom desfiihie&s^ 

. . mcntsT'^iqfêes. lit Dujecond moyer^ pour trotter 

Sp$e de.laqmïii&th fiamar fila Sifi àtfifàmns desfit^iiu 

d^mHon fi pem denumflrer Commem il fauf AreJJèr les pro- 

par quelque mojenly & fi on ékmes qt^ofin^ tnàfler p^ 

peut fitisfidreaux deux que-'" . demonftmtion. x jl. 

flionsyQup cela dt , & Que 'Difimûufn des problèmes par le» 

. c cft , par nmtrnefinedemort^ cassfis. X ïl L 

ihratiohou dèfimtion z ou fi Di^niUanducsU(fisp^leslPro* 

. Udefamion peut déclarer. K^e, . ilemes. H^ÙII- 

c ^fi^ .nm^ee^.xpiz cc¥ Des PrmcqM. - <^ Vi 

. Fin dés &ûxpu$ & chapicre^.des liuixsapparccnansàrAnal^dqiie». 

qui cft la prcn^icrc partie del'Qiga^-. \ „ 

... '.. "^v V'\ . A 




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C A T EGO R I E S. 




P k Ë F ÀCE. 

O MM E lé poinâ efl le premier principe clâ< 
UGeôinetric,ainfilcs Catçgoxies ïbnt les 
premiers principes de tout difcours & ra- 
ciûcinacioii. Cclt pc^urc^uoy ie ne me puis^ 
afTez efl)abir de ceux ^ qui peniènt pouuoir 
deuenir Logiciens , & discourir iolidçment' 
de quoy que ce foit, fans içauoir la doâru 
ne quiéft comprife en ce liure. Car c'eft 
comme qui voudroiicfaire vne ligne fans 
poinÂsJlËuitdpnciçauoir. en premier lieu 
qucd^ft'que Catégoriel ' ' 

Lb MOT de C^^tesprkvient^dùn verbe Grec c^teimi. 
attribuer^ ou dire quelque chofe de quelque fiibieâ* Les Latins pm efté 
v\£ empefçhés de le traduire en leur langue « que moy de Imprimer cd, 
Unoftie, layant appelle dun mot afjlèz barbare t Tr-^Mcamrnnmé Et pouz'^ 
nèa (oTgiv quelcun auilî fàuuagc. ficincongna m là langue françoii^i. 
ia/ retenu le mot Grec « efperant que quand la flgnification (èrà vne fpis 
entendue^ il fera receu if immauiculé en France > aufC bien que fymme* 
trie, fympatbie, & infinis autres mots Crées: , deiquels nous vfons com^ 
munement, encorcs quïls £è puifTçnt, traduire en bons termes françois; 
DoncCattgorie en proprç & première (ignifiçation > ceft tout ce qui 
peut eftre die £lc énonce de quelque chofe : combien que U& Rbetori-, 
-iicQM vient apcremenc do cf mo^^ appellent CénffrU vne accuûrïon ou 
dénonce e^ Iû{Uce:cbçntn,e aufli ils prennent Cdteggfm^oxxt accjufènmais 
cnccft endro^t^ çç^ot^ tout vne .9Mtxei^gnifica^^^ caricy nquj^,app^r>. 
Ions Catégories cmzxÀs gerej Lo^qûes; oui lûnt conmie Indices>a|iiqueW 
i(at rapporter les gç^rç^. detqute^, cbofes , 6c. Ipus Ic^fquels on Ip^ut 
raag^r toutes les première^ notions ou termes Hniples^ a^vçis. touçc^ 
paéttïitSt comipol^e. Ôr pour^fjo^^^cf^femmairenient ceguèiious sttmtMirtJêet 

^Ï)tac9&.^uî {pnc.çptqme dix chefs ou poinâto genaça^x,lQu$ ipfcuie^il 
nous apprelhd a ranger ô£ di^pofçr toutes autres (Û;ai^gorie$ fubfi^rii^es 
écinfcrieuresjôciufques aux cnofes fingulieres & infïiuidues,parvn tel ox:* 

' B j fou» 



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û4- GATE g' O R I E s: 

fous qiîclGUnc derdités* Ç^tcgQnçSv J&gpcUe notionl imî(^s^ co*ar 
tftttêiu» — • j^j. lefquclles nous congnbtiipns les chofès : com'nle quand iç 



è dfccfi.çual , il faut qu'il y ayc quelqueimage en mon entendemenci 
qîîi niie facc:€Ôgooillr« ce que figniHe ce moti(JiÇf*^^ & ceilc image,ceft 
ce que l'appelle icy notion. Et fi on demande pourquoyie rapporte pluf- 
toll les notions aux Catcgories'i qlie-.lcs chôfes lnefmes,ou les mots: 
ccft daucanc quen l 'Organe on ne confidercr pas les chofès en leu eftrc 
comme en la Phyfique , & autdiï;^if^li%5 j mais {èulement encant que 
l'homme les conçoit en Ton entendement , & en difcourt auec vérité ou 
faufTeté. Et quant aux mots , ils tipnx efl^ inuenfés que pour exprimer de 
reprefentcr lestaotions ou conceptions ^de Thomme. Nous pouuons 
bien dit<è toucesFois que taqtè paLrole i fait ifcrite ou proiioacee ^ appar-. 
tient aaxCàtcgorics;niyscclt entant ^juelleexpâm quelque notion, 
&î non pas entant que c^cll vri fti'otXîTèi: ou Latin Allemand, en- 
tant quelle eftefcriteaUiptononcee, mais' feulement pûurcc quelle fi- 
g'nifieq^uelque chofe qui cil enréfprit Car leslîttigagès font diiferents, 
mais lés rtôtions foricftnibkblcs mtotishbfi^nLfcS j|C^^ les nor 

fions font naturelles , tnài's le làngâgc neft pas h'aturcl j^'c^j^.mc 4^ fçi^a.diC' 
ailleurs: & pôurtant'Ti diucrfité dn parler n'apporte point" de diuérficéy 
en la notiôri quieft eh'lèhtendenïent. Car il n'y a pa^i de doute ,'que 
que le grée. appelle hifpos^ &ie ktin'^^«/<f,ôc lallcmand m,ô:tefran- 
çois chenal y encores que cous cçs mots fbyent trefdilFcrentsi fi eft-irb quc 
ccft vnèmHmenoriôri;çèfl:à dife'irsïj^arentFirh dune mèïniecho- 
fe en léntéricïernerit tWiires ces ' pâtrpns là. Nbtr^ i'aj)porter6hi donc' 
defte nonoh; afa prëtniiérb' Cacè'gptie ; a fin de trouuer loh geiwè Ôc de-! 
fmîtion,*^po'tir en iç^ùoir parler te idifcourfr (èlon lès pre'ceptcs 'qùe.noas^ 
verrons cy âpres. Autant en faudrait faire de toutes autres n6tlbn5.'Mai$ 
line faut pas penftr qtrè ces dix gehctàles Catégories foyent les vrais 
gchres de tout cé qui ell:/compris{bu$icelies. Car nous cohiprenons^ 
plufieurs chofes fous YrtÉr mefmç Câtegoric, quinepeuuenc auoir va 
mcfme genre : ^^lais 'les 'tâtçgdriésTious ferueht comifie d'fndiçcs , quL 
housmonftrcntbriebèni'éric ce qpi pèbt eftre ditlde cHiquè etioie ; cri 
nous àppçcnantàràngéi* leséfpciîès fous' les gèntés'pair hàk'ôiaïc^"^ 
ceux , qui sy exei*cent diligctiimcnt rroqucnt les' Antecçd^nts'6: Cônr-' 
fequcnts dé toutes thofes , <^Uiêft'envn motto'ut éé quîljfàaiTchçrcKcr 

pourbiehdiicourit^'iàbtïimje nou^ vbrronspluÀ'à blein en lliïuentibii! 
Analytique. " - n^"» .np...:-;- .^-r ^ " ^ " 

^ Si dokc nous voulons appeller les Catégories genres >'Hàus' di- 
rons que ce font genres, non pas dé IfefTence des chofes, mais jl^eUÏèmcn^ 
" .'u ' genres de l'attributiôh : dkutant que chaque Catégorie monlliPe^ce àuf 
peut eflrc.airtrib'uc^D'i fuBiecSts oui foht compris fûuS icelté , en ail? 

' ' î " quérir 



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CATEGORIES. tj 

quérir en fOrganevlie exaâe cbngnbiflance de toutes chofes titrais ce 
fcraafTez quïl fçache ce qui eft neceflairc pour le difcoursj qui cd en iom- 
mc, ftjauoir cequi peut eftrc attribué à chaque chofc , & comment les 
dioCes ûmples le pebucnt cômpofef ou arfcmblér -pour faire vneafEr- , 
xnaùon ou négation. Mais pour Êiire vne bonne Afnrmation ou Nega^ 
ùon,iI£iut premièrement congnoiftrc chaque partie de l'Affirmation 
^Negacion^ciftà dire "chaque notion (impie a part, aumoins autant 
qâât necefiairepoor sen &rutr par après en vne oraifbnaffirmatiue 
00 aegatiue. Et ceft ce que nous apprendrons en ce liure des CategorieSj 
âns lequel il eft du toatimpoifibte dbntendre tàs préceptes pour ùite 
vn bon Qrilogirme,ny deiçaudir examiner vne vérité ou vne (àuflecé exa- 
âcmem : àc encre toutes les belles inuentions des Philofbphes ^ celle des 
catégories eft. admirable, qui comprend coûtes choies fous autant de 
chefs comme l'hommea de doigtsaux deux mains , tellement que nous 
ayons roufiours dcuant nos yeux comme vn abbregc de tout ce qui 
pcuttomber en difcours. Et eftpre(que incroyable > combien ce petit 
abbregénous apporte de lumière à la conenoiÔance de toi^ces cbofes, 
pour trouucr lesvrays principes de tous dik;ours> ôc les définitions Udi- 
Qîfions de tout cequi peut tomber en fcience : & panant il ne faut trou-^ 
net eftrange. Ci ceux,qui ont voulu retrancher les Categoriçs de la fcience 
du dilcours^nont du tout rien compris aux diuins fècrets deF Analytique* 
Or pour Ëiciliter lUIage de ladoârine d'Ariftote en ce liure, nous le diui- 
ferons en trois parties. La prcmiare contient les Antecedets des Catego- ^^^'^ ^"^ 
tics, qui (ont quelques DehnitiQnSiKeigleSy&Diuifionsnece ^categ»- 
om^oiftre & diftinguër les genres des Catégories , & pour voir la fuite 
dcsuoûons qui font comprifes fous chacune^ En la féconde fbntle$ 
Cafi^orics. Ecen la troiflemeies Conièquents des Catégories. Etcom- 
bienque ces commencements fèmblent rudes & mal plaifans , iî eft-ce 
qaeliuàge en eft fi aggreable, vôire fi neceflàire, que lëfperanre du proffic 
nous y doit &ire prendre plaifirEt ce qui du premier coup femble eftran- 
ge, fè rendra incontinent &milier à qui aura le courage de palTei! outre, 
de courir vne fois fon Organe de bout à autre, fans fe laiiTer eftonner des 
diiScultés qml pourra rencontrer. Car oanc le fçauroit courir 
fi légèrement, qu'on ny proffite beaucoupcdc n^ a endroit 
fi diâiciie,dont le leâeuf^ attentif ne fbneà fon 
contentement, sll prends la peinc^ 
d'y retoôrntrpour la fef 
conderois, ' - 

. .: . i?REM 



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Fff CATEGORIES. 






P il E M lE R E P A R T I E. 

' ^ûj^fUeçedems des Catégories. 

Ô V R ndu$ donner entrée aux iCacegories^ nous apprbn^- 
dre comme chaque nocion sy doit rapporter , Ariflôce vfè 
comme d^in àuanc-diicours , où il cratâe dix poinâs^ lef- 
quels bien encendus.nous feront congnoiftre & diftinguer 
les genres des Cacegories &; leur vfâge. £c pour cefte cau{è 
nous les appelions Antécédents des Catégories, lefquelsiont diipofcs en< 
forte, que toufiours les plus généraux vont deuant , pour nous. Éiirede- 
fcendrc comme par degrés iufques aux genres des Catégories. Et corn*: 
bien que pour le commencemccnoiis ne puiflions pas bien voir le prof- 
fit que nous rcceurons de ce que noûre Pnilofophe nous cnfeigne en ceft 
endroit,ficft-ce que fi nous auons la patience de pourfuyureiulqucsaux; 
liures du fyllbgifme, noiis verrons en brefque ces commencements font 
tre(hece({àires^ & que ceux qui les fneipri{ènc ne-viendront iamais à bouc 
de Élire vnlyllogiune Analytique. - : i ■ 

PREMIER AKTÉCE1>ENT. 
• DeJînmo^âèslf<m0nJfhes m EifuiùoqUes. ; [ - ^ 

E à MOTS: doytiènt eftre notes ou inarques poi^r figurer 
ôcreprefèriter Icstcho^es T'Mais TEfprit delhornmcnapeu 
cftre fi fertile à it>uentef d^ mots, quil ny en ayt beaucoup 
moins que di? choies: de fi>rt.e qu'il aduient fouuent qubn 
donne vil :mefiné nom à chofes qui (ont du tout différentes 
en leur eflciice. Et de là wient vne ambigiiitc & confufiori , qubn appelle 
Homonyinie ou Eqiiiuàqu^i laquelle] niellant point de(couuerte) nous 
empefche de congnôiftrQltoa feuklQe^ les vrays; genres , mais meiî>ies 
les Catégories desnQei:erDsJîmpl^!^ Qar:nou;S appeliprisHomQnymesles 
chofès qui nom rien di$ CQà:MTiut3..qu€; lejiçm, ^u; demeurant la défini- 
tion de leur effence^mèi^cIdRCdQ^ qi»; çe j>om leuf .^ppartient^eft du tout 
differctexômcypobr exepfeJa peihwtiduQ Hâi!pe>& vn Homme,cobien 
que de hin & de l'autre vous puiiS^ dife.que ceft vn hommejfi eft-ce que 
il vous venez à confiderer cornent nom d'homme leur conuient,vous 
trouuerez que leurs définitions font du tout différentes. La première 
mtnjn^efimi î&of«^nc que doit faire celuy qui veut trouuer la Catégorie de quelque 
fi U frtmiere. mot , ccil doller toute Homonymie:autrement tant quillèra en doute de 
la propre fignification du mot,il luy fera impoflible de trouuer ny le gen- 
re, ny meûne la Catégorie. Car fi le mot ne fignifie vne feule & cenainc 
chofe> il ne fignifie rien. Comme, pour exemple, fi on demande à quelle 

Catégorie 




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Citegôrie ^pattiehc ce mot Ch^fi, H êluc rdpoifjre (jué ce niôt f& fi bd^ ^ 
mônyme»qutl:eQ; impoffible de le réduire à aucâhë certaine Catégorie, 
Car ufignificatiôn eft fi vague* ôiïîinciîrÉaine> qifcIlc rie pcutéftrere- 
fttautfeà aucune nôtidri i ôtpourtant^îurqua-'ceqûSôn IkytdelpôuiUédé 

ccfte homonymie 'ôc-quon ayt dëclaréqué pariceloyon entend cecy ou 

tdinous dirorlS qUilne figràflêrieni 
Or PO V r riôus gàrentîr dkutanc plus aifèmdit Jés ërtéufs aùf^uels 

/Homouyrftie nous cnueloppe,lei Phiiofôphcs en rétnarqucntpluiieurs 
iôncs. Laprcmiereccftquandchofcsdu toutdiûerfcsiôtent;relefquôl- H^Mêi^tmiié 
Jcsilny a aucune fitriiUtudc,sâppcllcnc Jun fnefine nom : commcietl nd- firtftni^ 
ftrc langue cempt de Ci?»</i«rwffigriifievn homme dkrmcs,&figmfi^ âuf- 
û vne paille en vn diamàncSi: qu^vdudroic chercher laraifbn pourqudy 
les lapidaires ont AxA appelé cefte ihiperfeâion dû di!imant,^^il sy trdu- 
uetoitbienempeÇché. Arift^e appelle cefte Homonymie;Hombnymîd 
defbnune.commeau0t quandnous appelions quelques eftoile^, chiens, 
dragons,ouries,aiglcs,courpiihes, &c. Câr,6fteeslcs fidii 

quelle {imilitude:y a il encre ces eftoiles & les chofe aufqucUes tcfditi , . ! ^ 
nomsappftrC'ietitnent^'&qiijâUe autre raifbn peuCon irndre dscc^ap ; ' 

pelkuonsquëk'forFCune&adueriture ? GefteHomohymie noûscmpç^ . 
Ichera de rapportcrlémotàïàCàtcgoriejConiméiladiéditcy dcuantdd • - 

cemotr/r^y^^fi nous ne diftlnguonsTes Hgnificaciônsdiucriès. I^utrefor- jtmtt^ikUJt 
te d'Homdnymie,cbft quand il y a quelque fimilitudfc entré chofcsdu fi^*^- 
tout diucriès , qui eft cauîe ^udn leur donne vfi friéfmo nom, Comme es 
Métaphores. Comme quandHoniereàppellcfonAchillesLion^ourcô 
<uieceft animalfurtQUs autres eft eftimé généreux. AinH on appelle vn 
vlccrcqui vient à la-iiambc vri loup ,pource que ce mal deuorc la partie!, 
fouraihfi que feroit vd loup. Les maçons appellent vne grucvn inftru- 
menc dont ils fe feruenc à guinder êc leuet les picil'esypôurceqiâl eft haut 
monté, & a vn long bec comme vnegruë. Ot(\xt toutiliè Ëiutdonnei' 
garde de cefte Homonymie qui viènC'de la Hmilitudâ. Caf il eft (Quelques 
fois fort aisé de sy tromper par lapparehce des Telliblables accident^ qui 
le crouuent en qhoiès du tour diOTemblables. Comme pour eséemple , vn 
fimplchomme prendroitaifementvn diamant d'Alençon pOurvn vray 
diamant orienté, à cau{e delà iimilicude quil voi'd entre lun Ôc ikutre, qui 
k fait penltr que ce qui ncft qlip icrhblabfç apparence idit vne mcfeie 
diofe. ^nfi aii/fî il y a des foufflèurs d' Alchymië,qui s'abuiènt infiniment 

?r cefte homonymie : car qiiand ils^çauentfixér làLune,&luy donner 
teintSure du Soi , ils penlent auoir tranlFuèftantic les hietaux , ayant 
^né le poidi, la couleur, & autres accidents du Sôlàla Lune : en quoy 
is fctrompenc: car ils nbnc altère que les qu^és , ôc non pas la fub- 
iZaace. Et ordinairement les Sophiftes nous trompent par ccftcHomo- 
nymiede £mi&tude^nous donnant ce qui atkppài^erice de quelque cho- 
fe, au lieu de la chofe mefme. Et ce qui ait qûe àyfemént on sy aDufe,cèft ^ 
ttielo/âge commun autdFifè-c6»Hdmonymies.. Comme pour cxetri- 
^oo^ppfltElK^avn. corps mdjt Vltl honime j &vnfoyedeveattquife 

C vend 



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i8 - C A T f G Q R t E Si 

vend^àla boucherie onxiej^tppelie point âutcçmencqu'tti) Ç>ye)ëombien 
qmine puifTe dite appelé; toye que |>^!HpiPionymi^^^ que la 

vraye forme intérieure (ic eflencielle ny tfk plus , tqùc ainH quune iambc 
de bois neft iambe que paf Homonymie de fi^ Ces e^empie^ 

ffêmMjmie fiiffiront pour aducrtit vn chacun d<? s<îi;i «Jo^ner. gwdcr Item TAnalo- 
'd.AH4Uiit» ^jj quelquefois câufe de rHômpnyniie > comme quand on dit qu<î 
rAmîB void j celle Homonymie approche fort de la Vcrit^ i, caf en<ores 
que lame; ne voyep^s cpmme Vocil', fi cft-cc que çonMil^j'œil Void'kïJ 
couleurs'} ainfi lame comprç^^d iîès; ùf>v^ps.\Âit^i vn.Alit^tAè(jciea4i^ 
r^^quex & 4,eft couç vn que de X X ^.dkuunt quil y a 
entre x 6c 4, quêntre ç f 2^ &.yn G^m^tre dln^ quil9 triangle oU 
quarrc, qud aura Êûâ (\x% Ton p^kr»ce^iYae grande pi^p^ 4ç terr^^â CW-^ 
qujly a proportion dejuna lautire* :,ir pyT.Bs ces homonymies nous 
empefçheroyent de rapporter le'moc hom<»nyme à ià Çategpçie^mais U y 
JuTim^m ? dkutrcs OU Thomonymie ne confond point les Caçegôj:içs,à {çauoir 
qui éi^fdrtient quaod vn mot fignifie plufieurs chofes , lefqucUes lont tejlement difFcr 
fr$mctf4Ument rcHCcs quellcs lont toutcsfois participantes en quelque manière dune 

première- * „ . i ^ -\ r i i r 

meti^neeht- roimc qui apparocnt proprcmcnt & principalement a vnc iculechofc, 
fe,t^^e«mmw Çomme pour exemple^ce mot Efprit çll homonymcji dautant quil peut 
^me s Àtih- attribué à Dieu & aux Anges & Dcrripns , mais celle homonymie 
^ némpclche pas que noutnc rapportions ce mot Elprit à la Catégorie de 

la Sul>ilance,encores quil;sattriD|tieà:cbolê$ tant diâèfrentes.Ajnfi le Syl? 
logifme de Dialeâique c^); appelle Syllogirme,: &: les Antécédents 6c 
ConfèquentSyderquels {pptcppiporâ^ki^arguments pr9,bablesiibnt ap-» 
pcllcs.Antecedents & Conséquents, comhwti queces mots du Syliogi-*' 
une, Antécédents» de Con^uentS:iappartiennem premièrement 5c prin^ 
cipalemei^c àrAndytique , ^,ne foyenç communiques aux argument? 
Topiques,, quentant quiû lèmblent approcher de la nature des argu-» 
ments Analyjtiques. Ainfi ce mot 4iW»r peut fignifier.pk^çurs choies 
fort difFerences>6cpeuc eftreattribué à cpqtce queThommemange,com- 
bien qu'il nappartienne proprement qua ce qui ie digère bien en feOio-? 
mach, & fe diftdbue parla chaleur naturelle à tout le corps : de forte que 
le vin,quun yurongneaqale outre mefure, ne peut efbre Appelle aliment 
que par homonymie. A^t^ la fby, qui efb (éparee des ceuures derepen-- 
tance ôc chanté, neft foy par homonymie. Et ce mot d'E^lile Cnre4 
{tienne j, ne fignifie proprement que la vraye£gli(c, $c tputestois on ap- 
pelle Eglifes toutes affemblees de Chre(Vens,quçlquescorronapus 6c dc^ 
praués quils puiiTent eftre,ppurueu q\uls ne foyct poiilt chi tout infidèles; 
mais U y a bic de ThonikpDymie en plufijeurs.Tant y a quua jLp^çje;! %^pn 
portera à vne mefine Catégorie ces chofes^qu^ participes aucunement 
formjes,auiquelle^ leurs noms appardcnnetpropremét:cpnie jpbur exepl^ 
l'Elfe impureamefixie C^c^oriequeUpure, laviaodeiid ^gereeame-* 
fine CategQfie queUiUgffl-cf}||9^.Fmal^ encoresyne ^ece d'hà- 
Hêmênymitèt moàyinieptuscacbec quec;^cy,carnoièùlemenc 
imrtUffiHt. l^catego;:^eiJnaîsauffi eÛe^pprpcheWpiSQS dttvraygcccjdclacholèJBt 

pour 



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. C AT EGOR î ES. 1? 

pourtant cfcft au Metaphyficien ou àii l?hilojfophe naturel i s*en dontleif 
pidcs&c non pas au Logicien. Càr^quand il aura fa Cacegorîe, il y crou^ 
ueravn genre lî approchant du vray, quil nelaiflcfa pas dcn parler & di- 
fcourirpemncmmenc, auflibien quesîl âubicle vray genre. Comme 
pour exemple , sîl faut définir la fleure, le Logicien fe contenterâ de cefte 
définition, ceft Vne chaleur naturelle altérée ôc rendue bruflantcMais vn 
Piyficien ne scn contenteroit pas : car deuant qiie de définir lafieure , il 
confidcrerOit fôn fubieft. Et trouuant que la fieurc peut eftrc ou aux 
dprits, ou aux humeurs, ou en la fubftance , il feroit trois cfpeceS de fie- 
nte, &feroit mention du fubiedt en la définition de chacune efpece. Et 
ainfi en la logique plufieufs chofès lont lynOnymes, lefqucliGs aux fcien-» 
CCS, oà ion recherche le$ canlês ôC le premier fubîe^, font trouue^ ho-- 
monymes:ce que pour cefte heure il fiifEt dkuoir remarque en pat 
(ànc. Et {èra bien aflez, pour le commencement, de içauoir diftinguef 
tHomonymie qui confond les Catégories- 

SECOND ANtEÊÉDËNï; 
Ùeftrùtion des Synonymù ou Vnimqueii 

Vand nous nous ferons defueloppés dé rHomohymié,& 
que nous aurons trouué la certaine fignificationdiinnom, 
alors nous paruiendrons aifement à la vray e corignOiffance 
de cha&uechofej ôctrouuerons incontineriÈ{â Catégorie^ 
en aduilanC & prenant garde à ce qui luy eft Sy nonyme.Ôii •Ô'»"»'"»'* 
îççdle Synonymes, leschofes qui nbnt pasfèulèment vn nom corit- 
mun^mais auiu la définition de ce nom leur conuient également. Com- 
me pour exemple Thomme èc le cheual iont fynonymcs , dautant que 
l'homme eft animal, ôclecheualeftauifi animal. Etcetn.ot ^nimalicSi 
ditfynonymementde Thomme 6c du cheual, céft à dire que là définition 
& eflfence danimal câuient & à l'homme 6i au cheuàL Et ainfi tout genre 
eft dit iynonymement de Tes eipeces , U les eipeces des ihdiuidus : com- 
me ce mot homme, qui eft nom dëfpece , conuiem également à lean , & à 
Pierre £c à tous les hommes du monde , que nous appelions îndiuidus, 
pour-ce que ny leurs noms , ny leurs définitions , nepeuûent eftre com- 
muniquées à nulle cho{e qui foit au deffous dfcux, comme ils font aU deC» 
fi>us de lèipece, & lèlpece au deffous du genre. Donc quatld nous trou- 
erons des Synonymes , pour les ranger par bon ordre, nous prendrons 
gttdequecequieftauddfuspuiflcellire attribue Synônymemehtatouc 
cc(pi eft au defibus.comme quand nous ferons à la Catégorie de la Sub- 
/lance, pour la ranger par bon ordre nous mettrons tout jiU bas les indi-^' . 
aidas : comme Jean, 9serre, Cmlldume , ôcc. car c'eft comme le fondement. 
Au dcSm nous mettrons lenom de lèfpece, qui eft H»mme:^ùûtCc due 
lean, & Pierre, & Guillaume , àc tous les hommes du monde font nom-' 
n^3& la définition d*Homrne conuient également à tous hommes. Item 
aadeiFas de kfpecenous mettrons legeture, qui eft ^nimaly pour k me-' 

C X fine 




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iô C A T Ê G O R I E S. 

frne raifon : Car tôut homme cft animal,ôcladefinkiondanimalcon- 
uient à tout homme* Au dèfliis decegenre noUs en mettrons vn plus 
général , à fçauoirw)/';. & ainfî nous monterons par degrés iu{q lies à U 
Juèlfkhcty qui eft la fupremc Categôric. Et tout ce qui Ct trouuerà en Ibr- 
drô de cefte Catégorie feront tous lynonymcs j ^ourcé que les noms ôc 
les définitions de ce qui eft au defluî couiennent a tout cà qui eft au dcL 
(bus. Car leah àt Pierre font hbmmes ôc animaux ôc corps iùbftances^ôc, 
qui plus eft>les définitions d'Homme, d'AniinalyCorps^ôc Sublianceap-. 
partiennent auiC à l'Homme, de ibnâ que quand nous difons que lean 
cft homme ou ànimal> nousnenteâdons pas que ce nloc ^19;?^ ou 
walCoit quelquô accident qui ibit en ce mbieâ : çàr leurs définitions ne 
pourroyentpaseftre{êmblables,dautantquelcs Accidents dés chdfèsne 
lontpâs les diofes mei'mes. Comme quand on dit, Ceftefèmme dlblan- 
the, alors ce motJfUncheydcnotc vn accident qui eft en cefté femme, dku- 
tant que Ci ie définie la blancheur, ie verray que ia définition ne peut au- 
cunement co^uéniràla femme. Car la blaricheiir eft vue couleur, & la 
couleurcll vue efpece de qualité, làoùiafenune eft vncfubftance,de for- 
ce que la blancheur & la femme ne peuuent eftre rangés fous vnemëfme 
^ Catégorie. MaisrHomme &rAnimalj ccftàdirclcgcnre&lc(pece, le- 
fpecc & Tindiuidujfont aucunement vneniefin<; chofc ,àfçauoir comrtic 
la partie &C le tout (ont vhc mefme cbofc. Et combien que nous ne trou- 
uions'pas toufiours levray genre de quelque chofè, fi eft-ce que fi la défi- 
nition delà Categotié, fous laquelle nous la colloquerons, luy conuient, 
nous ne ferons point de difficulté dé dire que ce genré, que nous luy at- 
tribùôs, luy eft lynôiiyn(le,cêft à dire^quil eft de fà natiifé & de fbnefTence. 

¥&ÔIâI£M£ ANTECEDENT. 

Aronymes font ceux qui ont prins leur dénomination 
de quelque autre,dont ib retiennent le nom j auec difterece 
de términaifon toutesfois, comme, lufte eftParonyme dc- 
riué de lufbcJe, ôc Beau éft Paronyme de Beauté , Logicien 
de Logique, Tempérant de Tempérance, & c. NôuSattri- 
^'cU^nT^a buons ordinairement ces Tafonymes aux chofès>quaikl nous voulons 
UefiU thfi> déclarer leurs qualités, comme fi on demande quel eftoit Ariftidcs, nous 
Ze^!fu€7tp refpondrons q^l eftoit iuftc, tetîipefant, ôo:. Mais les Synonyihes n^)-. 
^n/Uelfêfe, partiennent pas àla qualité, ains à refTeiice delà chofc: comme fi on de- 
mande , dueft-^ce quAnflicles? nous dirons que ccft vn homme : queft-cc 
que laluftiée^ c'eft vne venu^ cârla defiiiition à^VHontme cdnuicntà 
itt P^nymei C^riSHdés,uh 4efinitidn de vrrflwà la luffice. Or ces Pardnynlcs appartien- 
nent aulii aux Categoneâ , Se iont prins pour noacîn^ fimples ,éncores 
qùibfbyenc composés d'Un fubieâ: de aiin âcddéiit. Caf quand iedy 
luJ^e » ie dénote quelque homnle ou quelque autre fîibieâ qui eft orne 
de iuftice. ^ quand ie di^ tUnd &ntcn quelque fubieâ où eft la blan- 
cheur: 




trtts 



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C A T É G O R I E S; li 

chcun autrement ces accidents la hé pcùùent pas {ubfifter dbux mefmès: 

mais quarid ie dy la iufticé i la blanchéufj alors ie {cparé ces accidents dé 

tout CubicdjiEt pourtant lés Philo(dphes appellent les Paronymes Concrets^ Noms cocrets. 

comme qui diroit ioirits à qùelqué fiibiedl les Synonymes j dont ils 

çrennénÈiéur derioniinatioh^ ils les appellent ^hHraiBs,^6mcé quîls ex-: ^firéUlsi 

primeticle^ accidenté lèj^arés dé toute matière. Mais quelbefôin eftoit 

lUcpàrlctf des Paronymes en ceftétidroit ? Ccft pourcé que les Parôny- 

ioes appardéniicnt à niefiné Catégorie que tèiirs nonis primitifsjdefquéls 

k fôns d^uésicâmé iufté^libéraljtépérànt, a^articnnec au premier gen- 

icdé laqûalitéidkutanc quelàiuflicéylibéralites&témijerancerdnt vert^^ 

qui ippattiennent audit genre dé QualitéjComnie nous vérrdnsi Et fem- 

blableméiicces Parohymes, grand; long, largé , ddyuént eilré rapportés 

à/a Quantité; (^utànt que grandeur, longueur, largedr^fdnt Quantités. 

Vray cftquïly àeri cécy quelques exceptions. Gar eBre Jtttdéit deriué dé 

ce nom SmMonyC^i eft viie qualité de làfdrnié extérieure : ôi toutesfois 

ctvcr^iBIh-e fiué, z (à Catégorie à part, comme il (èrà déclare cy après: 

Chacun donc voiddetià cdinbierî ces trois Antécédents font neccflàires 

pour bien ordontier àc eftablir les Catégories. 

. ^iuifion de tout ce qui peut eiîre dit. 

OvT ce qu'on fçaùroit dire eft cohij^^ins en céfte diui- 
fipiij c'cft que ouilcft fimplé^ ou il eft compofé^ La cdm- 
pofîtidn&ictorâiron ouetionciation: comméqUand on 
dic^Dieti eft tout £Îùi(&iic, rhomme eft mortel Ôfcequi 
eft ainfi dit auec compontioii dé pliifieurs mots i nâp- 
psmcat pas aux Catégories , ôc reirietcrons à en parler au liiirc fuyuant. 
Mais pour cefté heure ndus cdiiOderons iculemenîtce qui eft dit fans 
compofition : comme' qûarid on dit , homme , beuf , blanc ; court, niar-:- 
che, ôcc. & ainfi chaque terme & chaque nidt a part:- Gar cfeft ce que lés rtemietêi «- 
Philoibphes a|>pellent premières notidris j dautant.qùîl feut que noftré 
cntcndeitïént conlprenrie & appréhende lés mdts à part Ôc leurs fignifi- 
caridns , déuant que dé les pouudur âffémblcr pddr en faire vné dràifon 
continué. Or celte diuifion eft mifc icy fculénient, pour nous aduertir 
que les Catcgories apparcicancnt à ce qui eft dit fzns compofitiqn. Ces 
quatre premiers Antcccdccs apparciennént à la diftiriétidn des niotsPar- 
\ons maintenant des choies, & de leurs differeiK:esf,auiinrqtïll eft heceC 
bepôtir bien eftablir nos Catégories. • : * * 

CÏNQ^yiEME ANTECEDENT^ 

âxisiyViqûàn€ntiçi^ duquel il veut 

pàridcàéuCi^toe^n£^'^^(^ ce mc^én it cdngtïoiftra incdn- 
^^iââi|itotic cé-^iieiivifiiat j^re-dit' Pa^^^ que tôutes 
r:.:r.r" , C- 3' chofè» 



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runs: 




XX CATEGORIES. 

choCts doyuêc eftre copriniès en nos Categories,ilnou5 faut auoir queU 
<}ue côgnoinànce de toutes chofes]! au moins auunc comme il c(t necef^ 
lairc pourpouuoir diftinguer les genres de nos Categories,& voir ce xfii 
peut appartenir à chacun. Car il n'eft pas queftion de tranfcrire icy tou- 
te la PhyliqueSc MctaphyHque, aufquelles la contemplation Se con- 
gnoilTance des chpfes appartient proprement : mais en l'Organe nous 
nous contentons dei^uoirla dinerence quil y a entre la fubftance Se 
laccideni;, de entre la fiibftance vniuerlelle, & particulière , dcentre làcc^ 
r/d^e ia detit vniuerièl , de particulier. Car içachans cela, nous diftinguerons ain 
tectjenrs. fement nos Catégories, de côngnoiftrons en quoy.gift la diipoiitionna-. 

turellede toute propofîtion , qui eftvnechofe tremeceflaire pour bien 
difcourir.Etpar melme moyen nous commencerons âcoinprendre dbù 
vient la torce & necelfitc dune conclufion de confequence. Or combien 
qu Ariilote wfc en ceft endroit de termes alTez obicurs» & quipourronc 
degouiler ceux qui veulent entendre tout du premier coup toutes chp- 
fcsjfi eft-ce quïl ma (èmblc ncceflkire de le traduire mot àmotjtant pour- 
ce que les termes,dont il vfe icy, font forts fréquents en toutTOrgape, 
comme aufli pourcc quapres quïls feront expofês , nous les trouuerons 
fi propres, que ne les voudrions pas changer à dautres : & admirerons la 
bricueté inimitable de ce grand Philofophe , dauoir peu comprendre 
tant de dodrine en fipeudemots. Ariftote donc nous voulant enfci- 
gner en ceil endroit huàge de nos Catégories en toutes choies^ il réduit 
toutes choiès(cbft à dire tout ce qui eft, foie dedans ou dehors noftreen- 
rendement) fous celle diuifion: 

K. Les vnes font dites du (ùbieé^ Se ne ibnt point au 
fubiea. 

t.Lcs autres font au fubieâ, ôe ne font point dites 
De toutes les cho-l dufobieâ. 
ks qui font, ^3. Les autres font dites du fubiedl , àc font aulfi au 

fubicO. i 
4. Les autres ne font point au fubicâ, ny ne fonc 
point dites du fubiedt. 
Ces ;&nigm£S font mal-plaifans, ie le confèflc : Mais comme les 
Moines veulçnt que ceux qui entreprennent de Êireprofeflîon de leurs 
reigles, exercent leur patience vn a;i parauant,ainfi il elt befoin que ceux, 
qui veulent apprendre rOrgane, £icent preuue de la leur en ceft endroit. 
Les pommes dbr,qui eftoyentau iardin des He(perides,ne fe pouuoyenc 
auoir ians combattre le Dragon. Le £ruiâ de TOrgane eft trop^usvcilo 
& plus {àuoureux que celuy-là : il meçite donc bien qu'on combatte 9c 
trauaille ^pour làc^ueriç. Et ceu^ qui fo rebuteront en ceft endroit, 
ils (e pourront xuger eux-mefmes/dc recongnoiftre que ceftè èntrepriiè 
eft de.trop longue halaine pous eux » & qtuTvauc mieux qiîils s'en atifi- 
ftem de bonne heur^ que de-sy embarquer plus aoant. Mais ceux qui au- 
ront le courage de palier outrer éc brofièr.itraaeis<x haiier e^ineuz,ils 
fepQurront^eurer c&uoir ^happc vn des plus ennuyeux pa0ages de 

* tout 



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tomieurchémin^ àuqueI|>ks2ljlâdii^eètoht, âcbîus y trôuueront ilscic 
plaifuL&'cômcntcmqitc.Or^biir'èntcn^ 

noir ce que figriife tcmot de Subieêh lie que cèft à dire Eiirt dit du StAïeB^ 
, & MHSutflèS->, Car: fouS tcfte def eft i:âchce , hoh fèulérriènt Tintel- 
ligcDccdc tt pàflagc ^ triais auifi vnc grande partie des {ècrets de l'Organe. 

Il sVBiÉcf êftvrim5tforthomdnyrtie,&quifejprcndênî)lufîeurs 
fifonKihais il y en à dÊujd prihcipales. Car il y a SiAUB if lnheréHcetSc Suh i 
ù0i^tthifiiéû», Onajibdle fubiead*Inhercnte ksSubftancesl^^^^ ^MeâttiÀM 
la ont Vnc cxifténcè ^dïe en nature > & à elles preiriieremenf princi- 
pafcméntappardentccvct'befubftaritiF'.^fcr,' Mais les Accidents, à par- 
Ktpropf etnent,iibnt point d'Eftte,fiii6a fentant quîls fubfiftent en quel- 
quefàbftance. Cômmepotircxémplè^la biancheuTilaion^ueur, là bon- 
té, la vereui k vicé, &teUes autres cno^ > qui ne font pas mbftances , el- 
les xiùnt point d'é&tt d'eiles-ttieimes Hors limagination de Tilomme , fi 
cenêft qUttUââ Coyéût îoinâe!i a quelque fubitance, pai'^le.moyen de la- 
quelle la blancheur feverra en quelque ruperficiejalonguéùreri quelqué 
corps^ia bonteen quelque choie bônc, le vicc,la Vertu en qilelcun qm fe- 
ra vicicu* ou vcrtueui. Lâ Subftance donc eft le Subied de tous les Ad 
cidents, entant qucllelcs reçoit tfn foy, & leur commutiique fon exiftcn- 
ce> kquelle autrement ils nauoyent pas d'eux-^mefities. Cârquivid ia^ 
mais vne blartcheur ou autre accident {ans quelque fiibieft ? voire mcfine 
comment fc peut on ima^ner la blancheur (ans prefîippofèr quelque 
diofe blanche? Dautantidonc que la Subftance ell comme lefondément 
Acs Accidents : (c^r tout ce qui eft , ou il A Ion cxiftencc de foy-mefîne, 
IceCt fiibftancé , ou il la en la &bftancc > ôceft Accidenté ) riOUs âfligne- 
rons nôftré prcmiei^é Catégorie aux SubftâncéS, & le* luyuântcs aiix Ac-* ^f^î^, 
crdcnG^cs diftitiguânt entre eux félon que nous verrons cyâpfes. Mais 
kSubieébd'Attribution^duquelprincipalement nous auons àfaire pôur 
leptefént, cfcil toute autre chofc, Car il peut eftfe âuflï bien Aeddent 
comme Subftance. Et pour dire en va mot^y eft ce à quoy dd attribue 
quelquechôfe^ Comme pour exemple^ (^mûdic dk, l*/iôi»tmeefi mml: 
l'Umtme eft le ifi^/Vtf^ auquel uutribuecefte qualité quM eft -mm^ Ëtfi 
kdyyLegm e^vnéielle comeuryJè g4s eft le SM^^m^^A iattribue cela 
ç^tccfi"^neWhcàuleu.r^t^\\i(\ eâ toute eitôiiciatioii Ouprdpoficionilyîl iuUtQ. 
deux parties, le S ubied 62 l'A tttibiic. Le J")^/**? cèft ce a quoy on attri-i ^tr^nS, 
W,&/**^/m^«/ceftcaqaieftenonccdeceS'ubi«a.Nôusnoterônsicy, ^ „ 

Ïc tout ce qui peut cftrc attribue a queiqiic Subieft que ëeldit , cëft ou y*»/ / amfU~ 
Genre, ou TEipecti ou là pifier encc, ou WPr^ê du Subie^a> ôu bien '^"'^f^"' 
qniqaè Accideiit cortimuii. A fin donc de neQii*evn liure à pattde ces '^'«^CTi^î 
cmqvoixi comme a feid Porphyre, il via df a mieuli les déclarer brieue- r»fnct(s,i^H'U 
mcntéftceftcttdrûit, àilcxemple xJe S, Auguftin en ies Categdriçs. Car ^/JiX"xt 
ccfanous âxdeiugrandetrientiônccndtfece dtujuimiê Antccedfe^^^ où féMf k frefint 
AriftotB nous Veut enfeigner en peu derilôfcsNrc qui ôeik eftfc attribue, ^Jlf^^J^^'^^i 
&fttt'ciUement (^quon Uepeut attdbuk^4u£unSum^ Doflcipour hrieut txf»^* 
Icèaeconrti Crw^ ccft cév^uiCômieneplafiiË'us^Ëfpece^fi^ 'j^^^ 



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C ATE GO R IT S. 

mt ^nmdl contient l'Homme de laBefté^qui font deuzdtfFçrentesEfpe» 
ces^ aufquelles le nom & ia définition d'Animal appartient égalemenccar 
vn cheual eft AnimsJ, aulîî bien comme THomme. Efece en ceft endroit 
-céîl ce qui eft oomprinsious le genre > & comprend' plusieurs indiuidus 
fous Iby : comme cemoc//tf«i«»f fignifie toute rË^cce,car chaque hom* 
me cil comprins fous ig:luy. Ainfi cheual, aûîe,boeu^font noms dcfoe- , 
Digèrenee, ces> qut contiennent tous les indiuidus de ces efpeces. 7)iffèrèmce dtfl ce 
qui diuifè le Genre , Ôc conftitue TEfoece. comme quand on diuifè l'A- 
nimal en Raifbnnable & Irraifonuabte: chacune de ces différences ioin- 
âe auec le genre fait vnc efpcce: c3Lr ^Jimm^l rdifinsatU cçft t Homme: 

vne efpece : combien quauf^ard desefoeccs^quilont comprifèslbus 
ce mot ce foit vn genre. Car toutes les emeces des beftes à quatre pieds 
ôc volatiles âc.aquacique$ font compris fous icêluy. La Différence donc 
tient comme lieu de formé en la confliaition- del'Ëfpece, &le Genre 
Prt^rt. tient lieu comme de matière. Trûjfre , ceft ce qui ne peut eftre attribué 
qua vne leule efpece, & conuienc a toute l'Eipece, ne peut eftre défini 
fans faire mention de l'Efpece à laquelle il ell propre.Conime,£/?rf cdfd^ 
lie de rire, eft propre aTHommcrcar tout homme a cefte faculté de pou- 
uoir rire, ôc entre tqatesles efpeces d'Animaux il ny a que THomme qui 
acculent puiile ritc. Rendent ccmmitmy ceft ce qui peut eftre ou nëftre pas en qucl- 
fmmun. ^.^^ Subicd fafls raneanciffcmentd'iceluy :comme,Eftie do(3;e,Eftre ve- 
fta, Eftre debout ou afSs, ce font Accidents qui ne font pas de Icffencc 
de l'Hommccar foit que l'Homme fbit doâe ou non , foit qiûl foit nud 
ou veftu , ilnelaiQéra pourtant dêftre homme.: Nous nous contente- 
rons dauoir ainfî brieuement déclare ces cinq mots , aufquels il faut 
rapporter tout ce qui peut eftre attribué à quelque S ubieâ que ce foit. 
Et fi cefte digrefllon fèmble,ou fùperflue à ceux qui entendent défia ces 
termes , ou hors de propos à cedx qui me voudroyent aftraindre de 
fuyure le texte d*Arillote.pa$à pas : ie prie les vns de me permettre de 
maccômoderà ceux qui hen i^auent pas tant comme eux,& les autres de 
confîderer que mon intendon eft de ne hen obmettre qui puiffe appor* ' 
ter quelquclumiereà c&que ie voy effare dé foy foabreux ôc ténébreux* 
Conpnoiffant àoticleSubieB J Inhérence ôc leSHkteBtt ^ttrAuttên^KMC- 
nonalcxpofitionde noâi:e.diuifîon, laquelle nous fora claire ôcfàcileyft 
premièrement nous confiderons ce quAriftote entend par ces mots,^iir# 
. ditduSulfiea-yUEfireaifSuIfteB. 
Efriét dit ^ **^^ ^ Subicél,en ce lieu,cencftpas fimplemet eftreattribuc: 
suht^. mais ceft eftre attribue Anonymement: cbfta dire; ceft quand le nom ôe 
la defiiticibn deiattnbué conuientau Subie£l:.comme quand on àxtyCmU 
laume. ejl, hmm^ : ce mot h^mme. eft dit de ce Subie£l ÇuHUume , pource 
quele nom ôc la définition de Phomme conuient à Guillaume : donc ce 
qui eft dit du Subie^t eft. de léffence du Subieâ. car la définition de 
Inomme eft deleffoncede Gutllaume.Ces mots àonCyEfiredkJttSiJnêB^ 
ne fo.prenneni; pas icy> eu leur commune fignification » pour tout ce qui 

peut 



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CATEGORIES. ij 

peut eftre attribué à quelc[iKi Subicft, çrtais doyucntcffe'é réftraitites a éé 

3m peut eftf e tellement atcribuc,quïl foit de IcfTcnce mcfirie dé cd à quoy - 
eft amibué. Mais fi ie dis ainfi, ÇutUaHme eft tUna ok ^andy encdres que 
ces qualités blanc,grand,€ouienn6ntà Guillauttlc,fi eft-ce que,pour par-* 
1er comme Afiftbtei nous dirons qaé hUné grdnd ^ ne peut eftre dit dtf 
Ce kbïcù. ÇuilUmU^ dauÉânt qiié ees qualités lont accidentelles en Guil* 
lacm^ & déclarent ïeulemént quel il eft j & nOn pas ce quiil eft en fon ef- 
jcflce. Car fi ie vien idefinif la Bianèheur U là Gilîindeunie trouuetây in- 
continent que leurs définitions nappartiennét pas ï Guillàdi11é.Breftout 
ce qui neft point Synony mâ au S ubieâ^eft-point dit du Subieâ, enco^ 
resquiKoit'atthbuéauSubiedt - . 

EfhedmSfAieBiék tout autré chofe c[ue te ^ui e(l dit <lu Subieâ. Car i^Av M* 
ce qui eft dit du Subifiâ, eft de lèflèncô d'icduy : mais ce qui eft au Sub- , 
icây ncft pas de lèflènce , ains eft accidentaU Car> efire m SiAïeB^ ou eBri 
en aueLjue chofe comme en fin S$iiieB,ck(i quand vne chofè ntf peut dlré fins 
celle en laquelle elle eft, ô£ neantmoins neft point de {bnelTtfnce, & né 
nulle panied'ic^e. Exemple, la blancheureft en là neigeôjen quel- 
que autre corps comme tn ion iubied y d'autant que fans ce cOrps la 
blancheur ne lijbfifteroit pas. Car ce neft quun Accident qui na eftre 
quéncant quîl eftioindà quelque Subftance : ài iieancmoins Ll btan-^ 
cneur neft aucunement partie de la neige ou autre corps* Car TAccident 
ne peut eftre partie de leÏÏènce, encores quil foit infeparable. 

Ayant Icx^ofitiondcCcsmotSyEJfreJitduSulfieBjàcEflreauSutieBi 
noftre diuifion^ qui nous fembloit du commencement fi difficile^ fe ren- 
inÊicile comme icfpere. Voyon donc ce qui eft cOmpriJisi en châcunô 
parde. Cefte dfliifion a quatre membres , lom lefqueU Afiftoté com-' 
prend k différence des Attributions Synonyme^ dé PfU'oAyhies , cèft à 
dire eflèntielles ou accidentales. ItemladifFerence des S ubftances& Ac- 
cidents vniuorlels & particuliers en ce qui concerne les'Categories. 

E s T-c E donc qui eft dit du Subieft, & neantmoins nVft p<5int Mj/dH^eMni- 
au Subicft ? ta première condition, Içauoir eft, EB-^ dit du SuiieB,nons ""fi^^' 
monftrcquc cêftce qui eft fynonyme ^ quelque Subicdl:, «îommeila 
eftc expole. Et la féconde condition,lçauoir edynhjlré ffmr^u S/dieB^dc^ 
dare que ce neft pas T Accident : car tout Accident eft en quelque Sub- 
ie£L Or eft-il queles Subftanccs particulières ne peuuent eftre dites d'au- 
cun fiibied , pource que ce qui eft dit du (ubied , ou ccft lefpece qui eft 
4ite de fcs indiuidus , ou ceft le genre qui eft dit de fes efpcces. Mais Un- 
àuidu ou fubiedt fingulier, n'a point dautres fubieds au dcflôus de foy,. 
dcîi^uels il puifle eftre die Ce premier membre ^donc de noft're diuifion 
nepcut conuenir ny à aucun Accident, ny aux Subftanccs particulières: 
nww ccft vne brieue définition Logique des Subilances vniuerfelles i les- 
quelles font dites des premières iùbftances,ôc ne:^ntmoins ne {bnt point 
enicelles. commequand on dâtySeçratesefihommey ce mo^AiwWjcftvne 
Subftance vniuerfelle, car àSt le nûni de Teipece , 8c eft dit de cçfte Sub- 
ftance particulier^ Socrstes-,^ neantmoins ce neft pas vn accident qui foit 



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%4 CATEGORIES. 

eaSocratcsvmaisxcftIçnciicemefinc déSocrafes. \ .' 

L E S E c o N D membre de r-oftre diuifioh jCcft tout le rebours du;prc- 
ticulier, hoier, à fçauoir. Ce qui eft au Subieâ & ncft point ditdu Subieft. Donc 
ces mots Eiire auSulit^, nous monftrent^ue ccll ce qui neft'poirtt de IcC 
fênce du Subieâ:> mais eft AccidentJBt ces mots 'Nelfrip point dtt4iéSulne&^^ 
monftrent que ceft Açddens ^ particulier:, &nën apoiilt dkutreâ (bus 
foy , deiquels il puilTe eftrc dit, comme Ib&eçe de Tindiuidu, 

legenre eddic dç leipece;> Çes deux^,conmt;ionsdQpc,.^&r>«j^i/'.^,j&: 
^kpffâjm dudu Suhie^y dcictiucnt. les Accidents particuliers, Çpinrnç 
pour exemple, le blanc eft vn Acçiderît qui ^éi^ quelquefubieâ, mais.il 
ne jieut eftre dit d'aucun fùbieét , d'autant quil nâp^wnt défpeces fous îby, 
deiquelles il puifle eftrc dit. Mais Eflre colore , ccft vn Accident qui eft 
enfonfubieâij&peivaufll eftre dit dequelque iùbiect^fçauoireft dece 
qui eft blanc, ou noir , ou vert ; ou de quelque autre eipece de couleur, 
Ainfi lart de Grammaire eft bien vn Accident en lefprit de Donat & de 
Prifcian, comme en fbn fubie6t,mais toutesfois ceft accident ne peut 
eftre dit d aucun fubied. Car la Grammaire nell point diiîiièe en autres 
cfpeces 3 defquelleS elle puirte efti*e dite. 

Il sembleroit doncparl'expofitionde ces deux premiers mem- 
bres, Eflre ditdu Suiîeâ, & Elhe auSuiieélXoyQnt tclLment & fi cbn- 
tradidoirementopposés,quetoutce qui eft die du Subied ne foit point 
au Subieâ, Ôctout ce qui eft au Subieâne puifleéftre dicdu Subied. £t 
de Bdâ en la Catégorie de la Subftance cela eft trerLiray.Mais es autres Ca- 
tégories ceftc çdntradiâion cefle,cotnmeil appenpar letroifieme mem- 
bre de noftre diuiflon, qui eft , de ce qui^ft dit du Subiedt, de eft.auTub^ 
^ccUtnnni- îcâ. OÙ ttouucrons no^js dorjc ces deux conditions cnfcmble, quidq 
"'^■''^ prime face femblcnt eftrc contradidoires > Certes ce ne peu t eftre en, au- 
cune fubftance.Car ceft yne reigleinfailliblcjque cesmots Elht atéSutieffj 
ne conuiennent à nulle fubftance ny vniuçrfclie ny particulieve , mais 
feulement a TAccidcnt, Et cefte condition , EBrc dit du fuheéfy ne peut 
conuenir à l'Accident particulier , ainfi quîl âeftc dit au membre précè- 
dent. Refte donc que nous rapportions à ce troificme membre les Ac- 
cidents vniuer(cls,c'eft à dire ceux qui ont des efpeces fous foy. Comme 
la couleur, la fciencc, la vertu, &c. Car ces accidents font par neceflitc 
en quelque (ùbieâ:,& feuuent eftre dits dautres fubieds comprins fous 
iceux. Comme, lacouleurftraditedu blanc, ôcdunoir: lafciencefcra 
dite de la Grammaire^Rhecorique, &c. la vertu fera dite de la iuftice,tem-. 
perance, libéralité, ôca 
Sidfi4Hctfar~ Qv^AN T au quatdcme membre de noftre diuifion,àf^auoir,ce qui 
uatUm. jj'çfj pioincau Subieâ^ ôcneft point ditdu Subieâ, il ne peut eftre entea- 
du que des Subftances particulières, cbftà dire des indiuidus. Caries 
Accidents, tant particuliers, commevniuerfèls,peuueiit eftre au Subicâ^ 
comihe nous auons veu csfliembres précédents : & les Subftarices vni- 
uerièlles peuuent eftre dites du Subieâ:,fçauoir eft TElpecc de llndiuidu, 
Scie Genre de iXipece. Mais lès Subftancfs particulières, elles ne Conc 

point 



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pôiiit au Sùbied: , d*âutant quelles foiic iîibftances : & ne font pôinc dl-» 
tesd aucun Subiedj d'autant quelles font particulicres. Mais ce font les 
• Subiedts defquels toutes chofes dôyuent cftrc diteS , ainfî qiûl fera plus 
cVaâxement exposé en 1^ Catégorie de là S ubftàncé. ' . 

' SIXIEME ÀkTECÈDENT- 
^B^gk de I0 fmte ardre Catégorique en chaame Ç^f egmé^ . 

Y A N T diuîsé voMt^ choies en S^ubftancesf U Accidèriti?, 
ôcles Subilances en vniuerfëiles & particruheres , item les 
Accidéts en vniUerftils &partiçuliers:nôûshe lesfçaurionS 
encores rapporter chadiiniff à leur Catégorie^ qu'au prealla-^ 
ble nous ne içachions difcerner telles qui font de niefme 
genre, d'auec celles qui font de diuers genre. Et pour ceft effe6t Ariftoiè 
nous donne deux reigles, dont la première cft telle , Quandy>ne chofe efidke 
iune autre comme de Jon StAieB^toutce qui peut ejire dit de ladite chofejferafareiUe^ 
ment dit de jon fuhieB, Ces mots nous doyuent dc/îa eftré ramiliers par 
réxpofition du précèdent Antécédent : mais l'exdmple leS nous tendra 
encores plus faciles. Nous auons deilaveii que rEfpeceeftidit&^.dcsIndi* 
uidus, qui font comprins fous icelle : comme ce txxotHomnu^tfk dit de 
Itémy^ de*Pierretàc detouslesindiuidusdecefteeipece,ua(qùelïôclenoiiï 
&la définition d'homme appartient. Donc par hoftre rd^ 4;out' èe 
qui pourra eftre dit de rhommcfera pareillement dit de leati dËPi^re> H 
de cous les autres aufquelsce mot/^iw»^ péut a^parceninOr de Thothme 
on dit quil eft animal , que c«ft vu corps anime j que cHl Vne (libftanc& 
l^mefine donc peut dire dit de lean , Pierre , &c. Mais fouuenon nous 
que CCS mots, ejhr '£e^ s'entendent de lattribution ^nonyme , c'eft à dire 
c/Ièntielk 2 autrement onpouc roit dire beaucoup de choies del'hotnme 
engeneraUquineconuiendroyentpas à tous les indiuidus enparticu^ 
Lcr. comme on dira de l'homme, quîl eft craignant Dieu, do<ilc, libéral: 
mais ces attributions ne font pas fynonymes , ôc pcoircant elles lie con-> 
uicndroyent pas nccçflairemcnt à ccftuy-cy ou oeftuy-là, qui pourroit • 
eftre vn athée , ignorant, ôc auaricieux. Mais Ci vous nattribucz ricni 
l'homme, qui ne foit de fon efTence , voi;s trouuerez que le meftne con- 
uiendra par neceflîté àiean, & à Pierre , & à tous les indiuidus de ccfte 
cipecc. Donc,pour prattiquer nos Antecedents,3i par le moyen d'iceux 
drcflcr nos categories,voicy comme îiduS ferons : Nous commencerons Dipfitien de 



a 



toufiours par les choies fihgiilieres pluftoft que par Us vniueEfcUes,pour- ^ 
a quïl riy a pas tant d*homonymie,& les gcnres-fedifcernct trop mieux rT^j^^T* 
csdioics fingulicrcs,quaux vniucHélies. Comme,pour dreflcr la catego- 'îg*"'^' 
iie de la iùbftahccjiliaut commencer pluftoft par^ indiuidu^, que par 
/es genres. Caries indiuidus font conlinç^l^ racine des Catégories. Nous 
propolântdonc lean Pierre, ôcceftuy-cy & ceftuy.-^à, nousrçgarde- 
ronis ce qui peiit eftre dit de tous ces ftibieàs e(IèjMl<^kmcht>'5£ par ce 
moyen nous trouverons lenom deleipèèëyàfçauoir Hwntm^ qui con- 

D X tienc 



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8 . e A;T;ErG OîR r;E S. 

tient tous ces indiaidus^ &c i'cicrirons au de0u5 d*keut« Içst^ ,coQ/I4e- 
r^ntles éheuaux .les beuÊyles moutûns9.1e$.oUeauX|;&c. nous<berché- 
rons vn nom qui puiite eflxé dit de tous fyootiymementj à Tçauoir J&. 
En après ndus verrons ce qui peut eftre dic d^ çes, ;e(peces Iiome & bçftç> 
& trouuerons leur genre,^ui cft ^mmdl , que nous efcrirons au deflus. 
Derechef nous coiihdçreronsxx^ui peut eftrc dit e& 
mal , & trouuerons encores fpn gcnre^ui eft Corfs dnimi : & continue- 
rons ceft. ordre de degré èn degré iufques aii genre {îipreme-, qui eft la 
SuhBance^ au deflùs de l^qjielle nOu? ije^pQuaiQns^plus chercher dautre 
genre plus generalaôcpar cç moyen a ous difpofèrons par bon ordre tout 
ce. qui appartient a la Catégorie rde la Subftance» 6c verrons tout ce qiii 
appartient à. ce genre catégorique, & tout ce qui peut eftre attribué fy- 
nonymement aux prerpjers fub'ieidtSjpar le{quels nous auons commetxcic 
noftre çrdre. Autant ça h\xt ili^ire en toutes les autres Catégories. 

SEPTIEME ANTECEDENT. 
Seconde reigle pour diHinguer les. Catégories, 

EsT ^ (cconde reigle-cft pour nous garder de confondre 
nos categories,ôc mettre en lune ce qui appartient à lautre: 
& eft telle y Les chofes qui font de diuers genres j qui ne font fotnt 
:dmfrins Im fints tdutre^onedufi leiârs différences ^eafiques diuerjès. 
Exemple , Animal & Science font deux genres du tout di^ 
ùers, &c defquels lun heft point comprins îbus Ikutre. ConHderez les dif- 
férences de ces deux genres Se vous trouuerèz que les diftèrences de l'un 
ne peuuent conuenir à loutre: Se* panant, comme les geixres font diuers, 
les efpeccs feront auftï diuerfes , & appartiendront" par confequent à di- 
.uer{ès Catégories. Or les diftcrehces d'Animal quelles font elles ? Cèft 
que tes vns font terreftres Jes autres aquatiques,6c les autres volatilesJtem 
les vns ont deux pieds, ôc les autres quatre : & pas vne de ces différences 
ne peut conuenir à la Science. Mais u les genres diuers eftoyent fubalter- 
nes,ceft à dire s'ils eftoyent comprins lun lous rautre,alors ils pourroyent 
auoir mefmes différences. Car les différences des genres fuperieurs con- 
uiendront auxinfèrieurs,comme on pourra voir en cefte figure: 

. 2?#- 
Corporelle 




Anitnc 



Seniîtif 



Raifbnnabk 




rences. 



corporelle. 
Inanime. 

ntible. 

Irroifonnable. 



onune. 



Cestb 



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G A T' E G O RVÎ Ê s. z, 

C È STB figUte nous môtiftre cjué çhai|U€gcni?eiôin£t auec VHë àe 
{es diiTcrenCeâ Éàt vile e&<ô(^ iCcmmé^Sutïhint^ cêrfâ^èiltM^ cefte elpéde 
dcSubftîlncôtJaisappdie ^Vjj^j* Çt'£Sôijb/-«WW&tccfe Corps ^ 

qui s* appelle vi^Mw^j fous liquielletidas toifl|ffëtiôns tant fes ckôi^s ani- 
mées, que les inanimée^, qui Qntqudquè Vegçtatièh Se àcci'oiflemcnti 
comme les hdrbe^ arbrèâ^ fiâ^felati âa<:uniS3 les pierres a£ miherab!i£. Pui^ 
t/mdne fenfttif €mJ*:iy(pirMi^ qui napp^dent qUaùx- choies qui ont Cèntu 
tfenL Ôc âirdl dA tasàjXTén maint Caraft côilimehçànt pâ^k genre Capté-- 
me, qui efl: cout au deflu^nôuâ appelions tout ce qui &k au deflbus eipe^ 
ces: mais fi nous commenciôns par le bas, nous les appellerions getlre^^ 
Car tout ce qui eft entrele genre fupteme iS£ là dernière cfpece , s*âppelie z« genres fuè~ 
genre au regard de ce qui eft au deffoUi , ôc efpeCd au regard de ce d ui éft àUernesfintgê 



iom eux tu 



audefliis. Mais le genre filpfeme ne {c peut appeller que genre , daucant iejfà^ 
quîl iiy a rieruâu delTus. Etîa dernière eipece ne fe peut appcller quefpecej «"i"- 
&ucant quilny aplus dautre elpeceqUenotts puiflions ïnetcfe au dcubus, ^cesTe^^à'e^ 
& au regard de laquelle elle puillceftreappdlee genre:' Mais feulement *ad<fm, 
nous meccroiis au deOTôus dellc (es indiuidus. comme, au deiTous de ee 
mot Honm€y nous y mettrons hdn-i T^urre^^nJré y ôctom les hoitimes 
du monde, d autant qiùls loat tous dune elpece,& ne la diuilènt pas,com- 
meicipece,ou,pour mieux dire;la di(Ference,quicon(bcuelëipece»diaiifi 
Je genre. Ec.cecy roit;dit pour rintelligencc de celle figure feulement 
Donc pour xeuenirà noftre propos, H Vous prenez eh cqfte figure deut 
geiires lubalcomes»commeÔ>jpv &C ^Mw^vdustrôuuetez queladiife^ 
lence de celuy 'qui eft au deiTu^ Cônuient à eeluy qui eft au deftbus. Car 
v^aiWeft différence de ce genre Cerfs y 6t zfpsxùctit zn^ii t i^mmat, £c 
nouCculemendej genres uibalcernes, mais auifi ceux, qui tle fôntpoint 
/ûbaJfcmcs , peuuenr auôir mefines différences : comme Animal rerrefirt^ 
Se ^Mmal -volanle , (ont deu^ genres, dont Fun nëft point comprins fou^ 
fautre, & neantmoinsvous pouuez trouuef vne différence qui conuieil^ 
dra à hin & à l'autre, comme Hifeie , ccft a dire , ayant deux pieds^ Car 
J'Homme, qui eft AnJmalterreftrej n'a que deux pieds , non plus que les 
oiicaux. Mais celaaduient d'autant que ces deux genfeà Terrestre ^Vo-- 
léole font comprins fous vn meCnc genre Commun ,1 fçâuoir Animal. 
Toutes ces différences donc des genres ou iùbalternes du comprins fous 
vn genre commun, appartiennent à vne melme CategdriCj tout ainlî que 
leurs genres fonccomprins fous vn mefine genre (upreme> cûmnie en ceft 
ciemple^coutesces différences font fou$ la Categorieidè k Subftance. 

HVICTIEME ANTECEDENT.. ' ' 

SnumtrMion du Caiegmu. , , ; . 

V AN D nous aurons ainfi affembté cou« lej^em^Sjcfpedeïi 
ôc différences qui peuuenc eftre comprihs(oti$ Vn méïthe 
genre fupremc ou Catégorie» nous trdiinerons que pour 

[)ouuoir rapporter toutes chofeànos Çat€?gpries ,ilnous 
e& £iut diftribuer en dix genres fupfemes/dûs lefquck hdus 

D 3 difpof 




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p GATE GO RI ES; 

dilpofèrons ai{èment,par le moyen des fiildits Anccçederits jTout cequi 
eft , ôc tout ce qui peut cftredit, Tenten cie qui cft dit fimplcment &fans 
aucune fuite de paroles : car nous ne parlerons point deioraifon , ceft à 
dirCj delà compoOtion de plusieurs «iots>ia(<{aes auliurciuyuant. Donc 
tout ce qui peut eflxe exprimé iàns compoCtion^il iè rapportera à quel- 
çune de.dix Catégories. Caril Agnifie ou. Subftance>ou C^antîtc , ou 
Qualité, ou R.elation, ou hienilUgnifie>Où],ou Quand:, ou Efïtcfitaé, 
.ou Auoirioû Agir^ou Patii;. Ces mots donc nous repreièilLCetontles gen- 
res faprcmes des Catégories, ' 

. NEVFiEME ANTECfDENTi 
' ^rieue expofition des genres fupremes dté Catégories. 

Vawt que dcntrer en plus grand dtfcours de chacune Ca*- 
tegorie, ilfera ban dcn donner icy quelque brieue expofi- 
cion. Donc SuhBance en ceft endroit, c'ell ce que nous ap- 
pellions cy dçuantSubicdî d*Iahcrencc,&à quoy toutes les 
autres chofes, .qui ne font point Subftances, fe loingnent 
pour fubfirtêr en elles : comme l'IiommCile cbeual, vnc pierre ,vn arbre, 
Ltl Quantité y çéi ce qui eft caufoquela Subllance corporelle peut 
.efl:re diuifee, ou nombree, ou mefiiree, comme quand on dit trois pieds 
de long, deux^ieds deUrge, ôcc. Lz^eléUmn^ ccftcequi déclare ce que 

Sielquechofè çft au regard dune autre: comme quand on dit, le dou^ 
. éjamoitié. EtceftereUtioQ nepeucefbûenyniciJfabieâr^ainsiliaut 
deux {ùbie£b pour reftablîT; La ceft ce qui déclare quelle eft la 
•chofe: comme, blanc »içauantj dur, liquide^^c. Ces quatre premières 
Catégories font les principales. Car on peut déclarer la nature détou- 
res chofcs par icellçs. Mai^ les (uyuantes cohfiderent quelques circon- 
ftances aux chofe qui,ieront reuoquees à ces quatre premières , lefquel- 
les circonftances ne font pas Accidents permanents ou internesxommc 
quand on demande. Où eft vn tel? ôc oh refpond. Au temple, ou au pa- 
lais : celuy duquel oh parle eft bienvne iubftance: mais dautant que 
nous ne confidclrons en cefte Iubftance que le heu où elle eft,nous en&i- 
£bns vne Catégories j)art,qui s'appelle Oi. Q^a?tJ, eft vn autre genredc 
Catégorie, qui fignifîe que quelque cho/e a eftc faide en certain temps: 
comme quand on dit , vne telle chofe aduint du temps de la guerre 
de Troye ; ou , le Jferay cela demain matin j &c. EJire yW , eft vn autre 
genre, par lequel on exprime iadiipofîtion des^arties de quelque Tout: 
comme , Eftrc debout , Eftre aflîs , Eftre couche, &c. u^^mir, c c/l Auoir 
quelque chofè à Tentour de foy : comme Eftrc afmé, Eftre habillé , Eftre 
,^a|nllc. ceft comme bruflçr,coupper,romprc. ?*<ftr,commcÉftre 
.braflé,couppe>rompù. - 

DIXIEME ANTECEDENT. 

^^en ce qui efidit pins çompojhion^ Urij a point do^^^^a^ 



non 



/ 

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OvT ain{l coipmç^^ U$ gçaçes £apreme^. des Catégorie 
nous font propoics ians ' luiter & compoflciojn de i^ludiÉurs 
paroles, ny âut il rapporter que W /impies termes ^ 6ç 
non pas vne oraifon enciere. Car Toraifon ccfl: cottime U 
ligue, ôc la Catégorie ccft cof^me j^poinft : ccft à dire c'efl: 
ysclêule nbàotf : comme quand on dit; chenal ^ oifèau^aller, vemr>&c< 
les Philofophes appellent ces termes fimpjesr, ainûprin&àpart^P^emic- ^f"»"''^ 
ics nocions^.dkutant quen çoniiderant de pres les opérations de noftre 
ame^s ont trouué, comme il a eftc dit en la pre&ce , quiuiant que pou^ 
uoir parler ou difrourir , il eft neceflaire que noftrc intelligence ayt ces 
premières notions, lefquelles puis après aQemblant les vnes auec les au- 
tres, ou les diui{ànc,elle vient à fàfre les affirmations & négations. Com- 
me pour exemple, ce nîoc/»i?f , prinsàpart,fèra vnepremiere notion, 
damant que (ans aucun difcours noftre intelligence comprend ce que fi- 
gnihe ce moc/«i?f, letjuclluy reprefente comme vne jdee quelle appré- 
hende tout à coup,£ins qubn luy puiflc rien adiouiler ny diminuer.Item 
ctxsioi Hommey prins à part > eft vne autre première notion. Mais fî vou? 
ioingnez ces deux mots en(èmble,en difant l'homme f fi iuSieiOn (i vous les 
diuiiez liin dkuec lautre, etî difant l'homme ncfi iuHe j îilors. vous faites 
^rmation ou negatiqn.Les Catégories donc n'affirment rien,&:ne ni^nt L*^m4^*i^ 
tienauffi. Car quand on dit, hommc,chcualiOifcau,allcr, venir, courir, T 
il ny a point dktSrmauon ny de n^ation en cela* Et par conlequent il Rem & Céte^t^ 
ncÊiut chercher ny vray ny fàu^ es Catégories. Car la vérité ou taufTetc 
vi^Y^ aux chofes, mais elle eft feulement en nollre difçours, félon que 
ÏJO05 compofons bien ou malles premières notions enfcmble, ainfi quïl 
fera die aujiure derinterprctation. Mais deuant que de venir à la diiudi- 
cation du vray ôc du &ux , il faut congnoiilre Icsnouons fîmplesj deC 
quelles toute oraifon eft compofee. Venon donc aux Catégories i fous 
lefquelles il nous faut rapporter toutes ces notions fimplcs,pourcon- 
ghoiftre le vray ôc le faux en toute oraifon^ foit efcrite ou prononcée. 




SECONDE PARTIE. 

Categôrie^ de la Subiîame, 

AsvasTANc«eftlc fondement ôc 1a b*di 4e toutes les pomt^m^j u 
autres Catégories. Caries Accidents ne pçuuent fubûller fj'^"^,f^l^ 
nyeftrcquenla Subftance:ôclesfçpitr<fr4'iccUe,çeitnQn det»mtsitscé 
feulement leur oftcr l'Ertrc; mais auflvh moyen de fçfeirc ''«S'^'"' 
congnoiftre. Et combien qa« les Mathématiciens fçpareot 
iaQiuncité de toute matière en leurs demonllrations j fi nç&ut-ilpa$ 

penfér 




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3^ C A T E ^ O R m Si 

penfer que ia Quantité puifle fubfîfter de (oy , & àupir exiftôhçe , fi elle 
ncft confiderec en quelque fubieâ:. Mais ceft accident a céla dexccUenCi 
qUÏl peut eftre congtïu, & lès prôprietcspèuueht eftre denionftrces, làns 
les attacher à aucun {tibie(5b. Tant y a toutesfbiSjque cefte (cparation ne Ce 
fait quen Icntendemcnt de imagination de rhomme, & eft chofe impoflî- 
ble en nai:ure,queles Accidents puiflent eftre reellemct Icparcs de la Sub- 
ftance. Ceft donc à bon droit que nous commençons noï<];ategories 
Dimj!»»4€s par la Subftance. Les Philofophes prennent ceiiiot en diuer(ès H^nifica- 
^hf4»cts. jJqjjj . ijjj^jj ^ confondre 1 Organe des fciences aucc les (cienccs, 

nous-nous codrenterons de ladiuii(îond*Ariftote en ceft endroit , qui 
eft, que les Subftancés fe diuiient en premières & fécondes; ' 
Brfmiercsfuy- PRENtiERÊs fùbftances \ aufquelles ce nom de &t)ftance ap- 

filets. partient principalement, ne font dites de nul (ubied, & ne font en aucun 
lubic^t, comme il aeftéditau cinquième Açitecedent: ma!s ce font les 
fubieâîaufquels tous accidents, & mefincs les (ècondes Subftances,sàt- 
tribuent. Coihmc lean, Pierre,ce cheual,ceft oifeau,ceftc pierr^& autres 
indiuidus. 

secmdtssuh' Les SECONDES Subftanccs ne (ont pas Subftances fi propre- 
menti mais ce font notions vniuerfèHes , lefquelles nous tont congnoi- 
ftrelcffencc de ces premières Subftances:& en vn mot ce Ibnt les efoeces, 
genres, & différences des premières fubftances. Et ces fécondes Subftan- 
ces ont cela de commun auec lespremieres, quelles ne font en nulle cho- 
bifference d ^ comme en leur fiibieA. Car elles font delles-méfmes , & ne font pas 
fremitres ir cn auttuy commc Ics Accidcnts. Mais elle^ ont cela de différent, queles 
fécondés fi^~ premières ontvne e3tiftencerccllchorsnoflrcentendemcnt,mais.lesgen-' 
fi^*' différences , ôcefpeces font Amplement notions, qui n'ont exiftencc 

aucune qu'en Icfpritde l'homme. Item lespremieres ne peuuent eftre 
attribuées à pulle chofè : mais les fécondes peuuent eftre attribuées aux, 
premiercs.comme quad on dit que lean eft Homine,& Animal,& Corps, 
X 6c Subftance. Car fous les fécondes Subftances nous comprenons tout 
ce qui eft au deflus en l'ordre ou fuite de celle Catégorie. Et fi on de- 
mande , pourquoy donc les Accidents ne font aufli bien appelles fé- 
condes Subftances, veu vquils fontaufli attribués aux premières? comme 
vigneneedes quand On dit, vn tel eft bien dofte, ou riche, oubeau , &c. la raifon y eft 
fenndts su^- apparente : ceft pource que les fécondes Subftances fout dites des pre- 
*y€ccid€Hts, micres iynonymement. Car tant le nom que la définition des lecondes 
Subfiances conuienc aux premières : mais les Accidents ne peuuent eftre 
attribués aux Subftances que Paronymement , d'autant que leurs défini- 
uons ne peuuent conuenir à la Subftance, encores qiuls puiffent conue- 
nir de nom. Comme pour exemple , on peut bien dire que Socrates eft 
blanc ornais on nepeut pas dire que Socrates foitvnemefine chofe que 
Blanc : car Blanc«ft vne couleur , & Socrates eft vne fubfbnce. U n'y a 
donc autre conuenance entré Socrates & cefle couleur, finon que So- 
crates eft lefùbieâauqiiel i'appcr^oy çeftc couleur: mais il y a grande di£. 
fèrence entre co qui eft la choie mefme , & ce q ui eft en la chofè. Les ac- 
cidents 



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C A O R I È s. H 

ddents (ont en la choïe; & lïcjfbnt pas la chofe. Les fécondes Subftanees 
ûc (ont point en la chofe, mais elles déclarait la nature de la chofè , ainfî 
quïlaeftc plus amplement traiftc au cinquième Antécédent. Etneant- 
momsjCombien queles fécondes Subftàncesibyentfîmplement notions, 
(l cft-cc qubn ne peut, pas nier que ce ne foit à bon droit quelles fonj: 
appelées Subflanccsxar elles ibnt âuffi bien fubieft des Accidents,com- 
tnclcs premières Sûbflancçs. Comme pour exemple, dn peut aufli bien . 
(fa que l'Homme eftmorteljCommeSocratesefl mortel» Maishorsles 
dpcces & genres des premières S ubftances,iliie faut plus cercher de Sub- 
Hance qui puiflè eftre fùbieâ des Acddencs : èc tout ce qui eft en toutes 
les autres Catégories hcft qu'Accident. Et fi on demandé fî es autres Ca- pmtquiytes 
tcgories il ny a pas àuffi bien des chofès fîngulieres queti ccflc Categorid autres c^rr^»- 
icrcfpon quily z bien voiremcnc des Accidents fîngulicrs en toutes Ca- ^'^,7m*' «" 
tcgories : mais qui vonyroit diuifèrles Accidents en premiers & féconds miJ^'^fJfi. 
comme les Subflanccs,il apporteroit vne confufion aux autres Catego- 
ries, quinousles rendroit inutiles, & ny aquela feule fubftahce quipuifle 
eftre déclarée par cefle diuifîoH, pourcc que c eft le principal & fcul fon- 
dement de toutes les autres "Categoriés. 

Av D E M E VR A NT, quand nou? diuifons lès Subftîces en premicrcS ix^Hcdnon de 
& fécondes, il ne &ut pas penfèr que celoitvn genre que nous diuiGons ^^^^^/''^ 
en fês efpeces : car vne éfpecene participe point plus dè fbn genre que ^emitreso'jk 
l'autrexommelc cheual nêft pointplus Animal que rhomnte,ou le boeu£ 
nuis les premières Subftancôs font trop plus Subllanccs que les fécondes. 
Et fi la Subftancc eftoit prinfc en ceft endroit pt>ur vn genre , ce feroit 
Tûi parler de la diuifer en premières & fécondes efpeces. Car entre les 
efpcccs tfun mefmc genre û ny a ny premier ny dernier; " Mais Arifloté 
prenAccmot dcSubftance commeCategoricougenrcLogique.Etccfte 
Cucgoûcy dautant quelle efl homonyme , il la diuifè en premières & fé- 
condes Subftances. Et en cefle diuidon il y a du plus & du moins. Car 
lespremieres SubAaces font appellees Premières, tant pource quelles font 
le fondement des Secondes, & que fans icelles nyles Secondes Subllan- 
ces,ny le^ autres Catégories nepourroyent fubfîller,& quepar icëltes' 
nous commençons roiàrc'& fuite de la Catégorie, comme aullî pource 
quelles font plus Subllances que les Secondes. Etfèlon que les Secondes 
Subftances font plus ou moins eflongnees de ces Premières Subllances, 
ainfifôntelles ou plus ou moins Subllances. Car TEfpecc efl plus Sub- 
lance que le Genre, & le Genre prochain de l'Eifpece eft plus fubftance 
^ celuy qui en efteflongné. Làraifbn de cela ceft pource que ces Se- 
condes Subltançes ne font point fubftances , quentant quelles déclarent 
icIIcQce des premières. Or fi ie demande à quelcun, quclfc-ce que Socra- 
tey?Jline déclarera trop mieux fon eflTence en refpondant par le nom de 
I*d^ce,difant,que c'cftyn homme,que s'il refpondoit par lçgenre,en di- 
fânt que c efl vn Animakitem ce fera mieux refpondu de dire que c efl vn 
Aninvali que de dire que c efl vn Corps.. Et ainfi à mefurë que les fécon- 
des Sdbflances' «ïflohgnent des premières , elles font tôufioufs d'autant . 

£ moins 



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' }4 ÇA T;£ G 0:il il E S. 

UMP^!mo^ Premières 6c Secondes neft pas cfun genre jcxquis en fes cipçces, mais 
jhe ciétrement c cft vnc diuifion dim mot Homonyme, ou terme logique, en fes diuer- 
VuefiX'^f^ fès fignificacions, SemblaUement suffi qiund on diui/e les Subftances 
flmgriit ry?f- en écemelles & corruptibles, ou bien en coipprellcs de incorporées, il ne 
^>'litti€ffii' f^^^ penfèr que ce foycnt c^ces comprifes fous melme genre. Car 
il eft impofllble dereduire.ee. qui eft cterncl,i5c.ce qui eft corruptible,fous 
yn mcfine genre : autrement, tout ainfi que Tbomme & la belle font vnc . 
mefine cho{è,entantquelun & iaucre eft Ànimal,aiiifi Dieu ^l'Homme 
fecoyentvne mcfine chofepour raifonde la Subftancctqui eft vne abfiir- 
dite horrible ôc du tout impoifiblcEcneammomsiious difons que Dieu 
eft fubftance/que les Anges,for)tiubftances, que Thomme-eft fiibftance; 
combien qu'entre le Créateur & la Creaturcsentre llmmortcl ôc le Mortel 
il y ayt vne diiFerence trop plus grande,quentre cbplès de diuers genres. 
Cecy donc nous monftre quîl y a bien à dire entre Genre ôc Catégorie 
ôc que la Catégorie eft de bien plus grande eftendue que le Genre. Mais 
à fin que l'Homonymie ne nous abufe, ilJ^ut diuifèr la Catégorie en iês 
diuerlês lignifications, ôc puis defcendre iufquaux dernières efpeces^ou 
pluftoft iniques aux indiuidus , qui (ont le commencement de noftre 
congnoifTanceccartoutenoftrecongnoiin^nce commence par les iêns, 
rjkit dti prp- ÔC les fcns ne congnoiffent que les choies finguliercs. Or à hn que nous 
T'I^J'^^*' puiffions Éicilement congnoiftre queUes notions le doyuent rapporter 
a cefte Categûne^lâuclçaaoir Tes propriétés. 

La PREMIERE prpprietç^cftquelaSubftaiiceneftpointenaucun 
frietideUfii fubic£l , maîs au contraire ccil le Subieâ qui reçoit tous les Accidents. 
fi*^' ' Quant aux premières Subftances, il eft tropmanifefte quelles ne font 
point en aucun fubieâ : car mefmcs elles ne peuuent eûrc attribuées à 
aucun lubieâ:. Mais il femble qu'on pourroit douter des fécondes Sub- 
ftanceSjlçauoir fi elles font pas aux premières Subftances cômme en leur 
Lrsfenndes fubicdl, dautant qucUcs leur fout attribuées. Comme pour exemple, 
fuhfl4Bees ne qu^nd on dit Socrares eft hohime , il lèmble que Socrates ( qui eft vne pre- 

fint Pttnt 4UX T. r ' r \ ■ n r k r i^i 

fremieres fut- miete Subltance ) loit vn lubiedt qui reçoyue qn loy celte ieconde Sub- 
T" /ivff' ftance,homme. Mais il nous faut foauenir de ce qui a elle die , que TE- 
M *r> I . ^ej;ç,j»ç(yjQjjjtgjjj'jjjjjyjdyj.5jnecn{bn fub^^ 

fence melme deTlndiuidu : ôc pareillement le Genre neft point én TElpe- 
vJredTr^i- cequi fignifie Icllcnce de lëlpecc: car non feulement le nom 

^uesfiraente» de l'Elpececonuientàrindiuidu, mais aolfi la définition :ôcfehiblable- 
iww»r^ *^ ment le nom ôc la dcfiiàtion du gçnre conuient à lêlpece, Et ccft en quoy 
les Secondes Subftanceslbnt différentes de tous Accidex^ts , quine peu- 
uent cftre attribues aux Premières Subftances que de nom feulement, ôc 
non pas leur définition, ainfi qull a défia eftc expolc , là où les Secondes 
Subftances, Ôc leurs différences mefinesjfont fynonymes aux première». 
Car comme ce genre^»ftW4^ eft fynonyme à Ion elpece, au lu eft là diG- 
fcrence ,à fçauoir Raifonn^hU^z t homme, ôc IrrajfofmahUy à la ielh. Car Ut 
différence du genre eft comme la fi>nnc de lélpece qui conftitae fon cC- 

fence« 



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Çaice, de fon;e quc,fi lcgfpEe,pj^ po^^ lelpcçe comme en vnfubicdî: . 
qui foit en (^f. quçlque ajU^ij fPP^^ ^ P^^t > {?PP'^c^ ^ reflencc de^ 
Telpcce, & i:epi;e.l!ente co^my^lk matiçre d icelle^, à. plus forte railon di- 
rons nous le mefine de la çW^?çncc> «qui^e/lJU rormc dç Tefpece. 

Mais .^çijçy^ynepbijsi^icmqi^^ Si a^n/teft que toutes ùsft^nktJtt 

Subfianccsd^yuent 2ipo]rçc4ç^^ en nulïubic6k,dsen- 

doc donc i[]ue le& f^^nicsi. 4es SubfUnces ,,comcne le pied ou k telle de Z t^mm'lm 
quelque animal,' jie font.pas S utift^çcs.ny premières riy fecondcsxàr on Wyi^wtf. 
oc peut nier quelles np {pyent en quelque {ubieâ , à Içduoir es 5ub{lan-> 
CCS defquellès çUes font pvti^. Çcfte obieéiipn eft gentile pouir refucil- 
kr reibri^ ^ le rendre attentif a ce qiul lit. Mais (i ne âut il pas quelle • 
nous uce conféilè^ que lespurcies des Subltances foyetic en quelque Sulp'^ 
icd,ou quelles ne foyent pas Subftance?. Car encore quilîdit vray que 
les parties des Subftac^es font en icclles,fi eft-ce quelles ny font pas com- 
me en leur fubiedt, mais elles y font comme en leur tout. Or il y a gran-' 
dément à dire de lune à lautre. Car ce qui eft en quelque chofe comme 
en fon fubieâ:, il neft point de icffence de la chofe, & ne fait nulle partie 
dicelle^ainfiquil aellé amplement cxpoC au cinquième Antécédent: là 
où Us parties iontde.lcfrencedu tout^ & ne font point accidentabs, mais 
eiies conllituent le tout , lay donnent eftre , foit quelles foyent coniî- 
derees comme parties 'eflètltiellesy qui font matière & forpie, ou comme 
parties qubn appelle ir^tegrantosjcq^me le picdja mainj^c de forte que ' 
ceûe obicdîiofi nempefohe ^oint que, celte propriété ne conuienne aufS 
auxpartiesdes Sabit^ncesjafçauo^quellçsiie font point en vnfubieâ.. 
Cociuon donc que toutes Subj(lîçai,tant.premiercs que i(ecodes,& leurs' 
pmlcs aufli , ont celle propriété quciles ne fpnt point en aucune chofe 
comme en vn lubied qui ayt fon.eftre dé foy,& qui les face fubfiftenains 
aucontraire quelles font lcsfubie<!î;s, en l'inhérence defquels tous les àc* 
cidencs re^oyuentcxillence, laquelle ils nauroyentpas dbux-mefmes. 

T G vT E Subft^nce a.îufli.cela depropre > quelle fignifie, ou pour le secéaitfn-^ 
moins fomblç fignifier,vn certain fobie6t,aulieuqueles Accidents %ni- ^'«^''^^y^* 
fient vne chpfe qui eft en quelque fubie(fî. Et quant aux premières lubr 
fbnccs, cefte propriété y , elt tpute euidente: car elles figniiîent toiifiours 
vn indiuidujc'eftjàdirç vn certain fubieâicpmme quand on èx\.Socrdîes^ 
lÀriBête^ cefi&ip4tft.,cf cf^euaL Mais quant aux fecondes S'ubftanccs, enco-* CtntmentUs 
res que rcgarçjantles mots ilç fembfcntfi^nifier.auflî vn^ certaine chôfc^ {«"^^^tî 
comme quatid on dit t Homme ^ ou / Jdmmal » fi éft-cc que ny rHoniîri'è -var etrt4m9 
||VÀ|iinial n*e|lpats vn cçrtaip ft^bicit. Carlayèritc eft quel^ Genres '^^'f'' 
^ccs ce ne fopp qiie qualités, par lefquelles. noftre entendement cïcU-^ ■ 
gMiftin(îlemço||a.j^^ & font pluftoft iio ' 



no- 




igulieres. 1 outesrois,dautant qt 
nom & la définition des fécondes Subftanccs conuicnc aux premières , il 

Uiff " E i choie. 



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j<f C À T É d O R I ETSJ 

choie, & non pas la qualité : comme duanil, 6il die tLmçi bf^i'iûBe^ ôcç. 
cela ne fignifîe rien quunc fimplc qaaiitéiolâfriès Sccoûdès Subllancés 
fepàrent les Premières S ilbftanccs de tôus ÀCfcjdents , & font congrioiftre 
leur efTence, de forte quencof es quau regard it riollrè ehtendemeilt elles 
- , fignifieht quelque ijualité de la Sjùbftancé , fi eit-ict quellant Confidèrècs 
aux cho^es'mc^les, on neics peut confo^di^e iucc les Acci^dtrtts , ôc&ut 
confeÏÏcr quelles fignifientaucuhemehfc ^ 

Accideht qui foit au fubicâ^ Gar puis quelles ne (ont poatit aux Premi^-' ' 
réSjSiibftahcès, comme en leur fùbieâ;, ;ùnn quïl apjiertpàr làprcccdcntô 
propfietcjil s'enfîiit quelles ne peiiuct rien fignifier de ce qui cft au fiibie^, i 
ains elles figriifient le fubied mcfme auffi bié que lei Prcmierts Sùbftanccs; 

rrp'ijteMepro- C* E S T auflî vtte proprictc inftparable de toutes Subftances, quelles ' 
^Xf*^^^*^ nefontpoint contraires entre elles :ccft à dire que nulles chofcs ne font 
contraires par leur fubftancc, oupour raifon de la Subftancc.' Carnous" 
veiTÔhs cy après que les contraires font elpecésfousVnmclmègenretreC. 
cfloignccs l'une de lautre^ôc qui sentrecnafTent lune lautrc dun mefmc 
fubiccL Comme pour exemple, Le froid & le chaud fbntefpcces dun 
nicllne genre de qualité, & sentrechaffent lUnlautre dbn mefme fubieâ. 
carvnemefme cnofè ne peut pas eftre cHaude ôc froide tout enfemble,' 
Et tous contraires ont cda, quîls font en quelque fubieA. Etparcan;nul- 
le fubftancencft contrairç , autrement il tàudroit que la Subftance dc- 
uinft Accident, Uoùla Subftancc eftie fiibicébqui reçoit les Accidents. ' 
Comme vn mefme corps ïcra tantoft chauds te tântoft froid, tantoft 
blanc, tàntoft nÎDir- Quoy donc? dira'i^ijelcûn, Icfèu n eft il point don- ' 
traire à1êau> le irefpon que Àon , quâtnta Ùl Stibftance, ouy bien quant à 
qualités, à fçauoirpource qu<ele&uetl chaud, ôc Icau <?ft froide. Se par 
ces qualités contraires leurs àdionsôc paflîons font contraires. Autre- 
ment le corps de Icau confideré en ioy & (eparé de (es qualités , n'eft 
point contraire au corps du feu confideré en foy, & fcparc defcs q aalités,* 
. Autant en dirons-nous des bons ôc des mauuais Anges,àlçauoîr que 
- . leurs fubftances ne font point contraires, mais feulement leurs qu'alités.' 
Car (î leurs fubflran'ces eftoyént contraires, il faudroit que Dieu euft créé 
Icsmauuaifeslubftances. OrtoutcequéDicuacreé eftbit.bon Maisle 
J)eché ôc la corruption eft fùruenuedepui^ la création f lequel péché n'eft 
.. .\ pas {ùbftancc:car il nâppartient qua DieU fcul de créer yne fubftance: 

*• / mais ccft vne mauuaife qualité, laquelle à corrompu çefté intégrité natu- 

. ; rèlle, de laquelle Dieu auoit orne toutes chofes. Car tout ainfi que quah'd 
vn honimé deuiçnt ma1ade,ce nêft pas quîl (e crée quelque iiouûelle fub* 
ftàtiçe en luy : car cêfE coùnours ceiuy mefine qui eftoit ati' parafant eti 
iàpté, ôcla maladie n^ft pas fubftance, mais c elt vne altération délafab* 
iftançejjaqiiellc altération fe fait en la fubftance comme cri fon (Jibieâ-, 
kfeft ^às le fufejcû mefine, * Ainfi eft il du|>cché. ccft yne miJâdie.qui a pe- 
iietre dans nos os 8c dans nos ames nieilnes, ^ nous a tefiemçnt in&âcs^ 
quellcnoùs Âieine a la môrf'ô^ première ôc féconde , fipiéu ne nous nçt^ 
toyeau{àngd6'{bnfils:mâi5*àÂty à'q^^ fiibftance 

qui 



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CATEGORIES. . 37 

qui eft ittalade^ êcn'eft qu'unacddent en Ton iûbie<^.Et dkutant quef Ac- 
ddene lifeft point de l^flènce'de Ion ftibieâ, le péché aufG t&ù point de 
fellènce de l'Homme, ny de feflèace de Lucifi»: U de fcs Anges : lefquels 
au£ ne fepeuuentpkindre de learCreateur,aihs{èulementdbux-me- 
fines, pour nkuotr voulu fe maintenir tels qiâlsauoyenteilé crées. Con- 
duon donc que nulle {ùbftance nëft contraire à vne autre fubflance. 
n^premierenyieconde. Car que I^uroit on dire quiibic contraire à' 
momme ou à TAnimal? ou au bois^ou au fer? 

Mais cefte propriété de nkuoir point de contraire n'appartient pas 
Seulement aux Sublrances : car les Quantités ont aufii cela , quelles ne 
font point contraires en elles, comme pour exemple,trois nbll point con-^ 
traire àqu5trc,ny dixàvingt. Et fi on dit que peu & beaucoup font con- SfdUêitfiPeM 
traites : premièrement il feudroit difputcr fi peu & beaucoup font quan* ^^^^JJJJ^*^ 
otcs: vcu que ce mot Quantité s'entend dune quantité définie & terminée, 
éomime 10^10,30: là où ny peu ny beaucoup n'expriment point vne cer- 
taine quantité: Item les contraires font extrémités compriics fous mefine 
genre. Or la quantité na point dextremité. Car le nombre fc peut au- 
gmenter èc multiplier infiniment j ôc la Quantité continue fo peut dîui- 
1er infiniment. Et ce qui cft infini na point de boutny dèxtremité, &par 
conlêquent il eft aufii exempt de contrariété. 

De c e s t e propriété délire exempte de contrariété il sen cnfii it vne , ^/rW 
autre, quen la Subftance il ny a ny plus ny moins : ccft à dire que chaque ^^TJ''''^*^ ^ 
Subftance pour raifon de fit forme eft tellement parfaire & accomplie, 
qu'on nepeut dire quauiourd'huy elle foit plus ou moins Subftace quiiier^ 
tiy que cefte cy foit plus fobftacc, que celte là. Car toutes les mutations* , 
«pie font en la Subftance , viennent de la matière & des accidents qui 
font ioin6ts à icelle : mais IcfTence en foy demeure toufiours de mefine: 
delôrte quun enlant eîl tout autant lubftancc , comme celuy qui eft en 
fon aage viril : ôc vn Pygmee eft tout autantfiibilance, comme vn géant: 
& combien que hin foit plus robufte que Ikutre, & que les opérations 
du corps àc de lâmefoyent plus par&idles en laage viril qu'en lênlànce, tac 
y a que ce plus'&tre moin-s ndlpoint en l'efiènce , mais il eft en hilàge des 
fiicultés delkme @c du côrps^ le{queUes facultés font attachées à la mati»- 
re, & font par cônlêqueiit fiibiedlès à tous les accidents que la màtiere 
peucreceuoin MaislÛTence eh foy eft'parfiûâe&acconlpue»on rfy peut 
ricaadioùftarny diminuer; Etfi la Subftantccn foy cftoititiâabk com- 
me a penfê Heraclite; d^quelle fiift fiibie^^e à.perfèâiot^ £C4mper&âfon 
^uant à fon eftrè'j elleferoit au$ Capable de contrariétés Cafr etii fin elle 
iefloigncrôittàÂÉ'dè kperfeéHonj qtfdle'âWein 
idàon. Puis ddncqtfdlecft ^emptie d^ contrariété, 22 quelle né s^feere 
-^8cpou^rafe'h>de^aeddétwsratifij^ eft lubte£te, lliîenfiiit 

aliiïrqi^cÂ'Ia'fiibftaÂceil n^ a ny plus nfy tti(^ki^. Vrfty-'èft qullfefiiAK'g^- 
do: de skb^r en cecy^ ^Càr nous auons défia dit qûiâ^feffpremiâfes Sub- 
ftinctes fohÉ=pl«%? SublfenccJ que Ifes Secondes :;fiC'tÇ¥ttfclts Secondestel- 
Icsqâf ibncplus proche^ des mIm^és^fôiK plus Soblb^çes, quec^les 

■ ■ £ 3 qui 



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38 G ATE G OR 

qui ehfont plus éflongnees. Mais U &ut comparer les Sul^bi;çes.4un , 
meime degré encre elles , a fçauoir les Premières auec.Ies Premieces , les 
E^eces auec les £ipeces,$c les Genres auec les Genres. 
ciftfuiemt M A I s - la priiicipalc propriété de la Subllance,ôc qui n'appartient qiû. . 
pnpriet/ iUU h jSubftance toute ieule, ccft qutine meime Subftance demeurant tou£- 
sm^fi4»ee, iours Vttc 6c mcfinc en nombre , pour reccuoir des qualités -contraires. ^ 
Comme^vn mefine homme> de blanc deuiendra noir j .de icune il k Scxz 
vieil j d'ignorant il fe fera (çauant : ôc.fi fera toujours le nicj(rne homme" 
quant à & iubftance. Mais vne meime couleur ne peut pas eAre blanche 
ôc noire, ny vne mefîne aâion ne peut pas eftre bonne & mauuaife. Et 
la raifon de cela , cèd dautant que la mutation k fait en la matière ^ U-, 
v . quelle eftconioinifl:e auec la forme eflcntiellc des ch.ofès. Les Accident? 

donc, Icfquels n'ont point de matière, encor'es quils foyent en la matière, 
ne peuucnt receuoir mutation en eux Car quand v^ie couleur blanchq 
devient noirè, ce neft pas qiie le blanc deuienne noir, mais le blanc sen 
va,Sc le noir prend fa place : ce ricft donc plus la mefine couleur, l^siàs b 
Subllance elle reçoit mutation en ia matière, & fidemeure tounounla 
Al'ftttilrIL mclmc Subfl:ancc:la mcfme,dy-ie,en nombre, non pas mefiiie en quali- 
ure its T»fi- tc. Car ccluy qui cft vicil maintenant,ccft ccluy-là mefme qui cftoit ieu- 
^' ^ ^ ciaquante ans , encpres que depuis il ayt changé de qualité, de 
^^r^rt,. ieune eilant deuenu vieil D'autant donc quil ny a que la SubAançe qui 
' foitcompoiee dematiere&defornie,ilny aauflique laSubftancequi 
puiife receuoir des contraires en demeurant coufiours yne mefine cho^ 
.en nombifc. 

oiieSûn. MaïSj dira que!cun,vne mefine oraiifon, vne mefine opinion peut 
elle pas eftrevraye & feulfe ? Comme pour exemple, fi Socrates eftant 
' -^fiiSi ie dis quîl eft aflis y i' aùray dit vray : & s*il eil leuc, iauray dit feux. 
Jcefn,fi iay opinion que Socrates foit à Athènes, mon opinion (èra vrayc 
.t jnt quil^ fera , mais sil en fort , cefle mefme opinion Icra fàutfe. Cefte 
.prQprietc donc ne fèmble pas appartenir à la Subllacc feulement, depou- 
,uoir receuoir les contraires en demeurant vne mefine chofe. Reiponfc, 
sUuMH. .Quand vne Oraifon ou vneOpinion de vrayedcuient fàufTc, ce ncft pas 
quil feiace aucune mutation en TOraii^bil ou en TOpinion : car on riy 
.cb^Luge rien : mais la mutation fè fsdt en la chofe qui ell iigniike par l'O- 
raifoO) ou de laquelle on a Opinion. On ne peut donc dire que TOrai- 
J^O ou l'Qpinion reçoyue mutation en foy» mais fèulemçnt enfant qùet- 
Je ft rappprteà la chofe fignifie0 , ou à ce de qupy on ^ opin}on4 .G'«ft 
,4onc par ^çidcnc qiie rOr^pn^ft v/aye pu &u(Iè. fn;4s U Subflapce rç- 
oit la mutation en Q>y y çp^mè qo^nd vn bomrne de biep deuient tne- 
i^hant, ou vn bon çheual deuiçht roiîç. Ccfle mutation fe/ait en rhoiti- 
:me,ou au cheual mçfme,,$^npp pasen<qiielqueautre:cb^ C^ftedcr- 
.nierepiroprietcdcwaçpfl trç;Ç>rppfe Ôcpanicufiere àla SabftancJîjr&nlip- 
partieo^à nulle 9futxechofç(|u^^ Toutes Jksnp^otis donc» 

où nous verroUsjes propri^ç^ ^fdites,ou 1^ dernière ppui: le jQpii)Ml<(3!y* 
.lieocefberappQii^çsàlaÇaix^wediel^;^!!^ > , 
I - . . j ' Catégorie 



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N T Kï tâuslcs Accidcts ilny en a poinj qui ayt plus gran- 
dcaccointancc à la Subftance,& qui âyrplus de propriétés ^ 
cômmunesiiuecellciqucla Quanticc. Car premièrement ^^^^'^^ 
toute Tfubftahcc corporéllc, & tout ce que nous congnoif- UsutfiMit^ 
fons parles ïèns,{è nombre & diuife & mefore par quelque 
qoantité. Et quant aux* fiabftances incorporées ôcfèparees cfe toute ma- 
ncre, combien quelles foyent exemptes de diuifi6o,'târit y a qua peineles 
pouuons nous meftnes comprendre ennoi^re entendement, lans leur 
attribuer quelque Quantité , ou quelque chofè qui en approche. Entre 
tous les Accidents donc la Quantité fcralapremiercàbon droit.Et com- 
bien que ce vnotjQuanntey (oit homonyme èc equiuoque, cefte homony- 
mie toutesfois ne nous empefcherapas dcn faire vne Categorie,à laquelle 
nous rapporterons tous termes & notions fîgnifiàns Quantité. 

P o V R comprendre toute forte de Quantité en cefte Catégorie, nous ^ 
la diuifèrons en Quantité difconunue & continue. La Quantité difcon- 
tinuc ccft le Nombre &i'Oraifon. Caria Quantité difcontinue, cêftcel- ^;tf»fit/di^ 
le dont les parties ne font point conioindtes & continues par aucun ter- 
me commun, tellement que la fin de fune foit le commencement de lau- 
tre. Comme>pour exemple, les parties de ce nombre, dix ^ ce font deux 
dnqimais ces parties font tellerhcnt defioinftes,qubn nypeutremar- ^ 
quer aucune liaifon ny continuation de luneaueclâutre,ains chaquepar- 
tiefeit v'n tout à part. Autant en eft-il de tous nombres. Car de deux à 
trois il n'y a nulle liaifon ny continuation,ny de trois à quatre. Le mefmc 
amffifevoiden TOraifon. Caries parties ce font les fyllabes longues ôc 
breuesjlefquelles fyUabesfont d^toutfeparees entre elles,&nbnt aucunes 
pâmes communes Ôc metpyenncs qui les conioingnent lune à lautre. 
Mais la Quantité continue,cèft celle dont les j)arties font ioindcs & con- 
tinuees Tune auec lautre par quelque terme comun , encotes quil foit in- 
diuidu : comme la ligne,la {uperfide,le corps:& melmc le lieu ic le temps. 
Car en la ligne il ny a nulle ièpai*ation entre les parties^ dautant quelles fê 
continuent parvn terme commun qui eft le poinâ,. &ne fçauroit on 
remarquer endroit en la ligne où les parties ne sbhtretiennent par quelque 
poindfc. Ainfî en vn plan ou fuperficie toutes les parties font conioinâes 
par vn terme commun , à {çauoir par la ligne. Et toutes les parties du 
corps font auflt continuées les vnes auec les autres par le moyen des li- 
tties ou fùperficies, Semblablement les parties du temps s'entrefuyuent, v 
«futur eftant toufîours ioinâ au paifê par le prefènt : Et le lieu auffi« 
entant qml contient quelque corps , (es parties font continuées ôcioin- 
^csenfèmblepar le mefîne terme qui ioint les parties du corp«.qui eft 
contenu en iccluy. Toute Quantité continue k peut appellcr Magnitu- 
de, & la difoontinue Multitude, Car le nombre ueft autre choie quuse ^«w^w. 
multitude diinités afTemblees en diuerfes formes. La Magnitude a cefte ^^fg^, 
propriété, quelle k peut diuifer infiniment^ & hy a partie de Quantité 

. contin 



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^4o C A T E G O R I E Si 

continue qui ^efc puifTc infiniment diûifër en plufieurs parties , autre- 
ment elle nefêroic pas CQtinue. Maisle nombre par lar4iuifi on cftfinalc- 
mcntreduit à lunite,&.ne fepeutpas infinimét cliuifer.Etcela nous mon- 
ftrc clairepient que ce mot Quantité eft homonyme : car ce qui fe peuç 
diuifer infiniment, &ce quineie peutcliuiferinfininient,ront deuxgen- 
f*^' w '^^^ ^^^^ difFercnts , & ne peuuent eftre compris fous vn mefme genrc- 
eji u -yrdj ir exquis. Et toutesfois ïun ôc lautre eft Quantité par foy,ccft adiré par Ibn, 
^Ufi^^'u'nlt ^ point par Accidencicdmme Dexippus la dodemenc fou-v 

u^nnMtte. ftcnu contre Plotinus. 

mm^rt A N T aux nombres,ccft.à ceux ceruinemencà qui çefte Cate^ric 

hrMt, de Quantité appartient ptemierefnent. lênten les nombres (eparcs de 
toute matière , & confidercs ç:a.eux-ïncfiTiês , comme rÀrithmetif^ue les 
confidere. Car quand on parle de trois beu6 ou fix moucons,ce nefont 
pas nombres à parler proprement;,CQme dit Ariftotc : mais ce fontParo^ 
nymes de nobres,quiîbnt attribués à des choies qui ne font point nom- 
bres.Mais le nombre de l'Anthmecicien sappelie nombre hobr^nt,ôciièfi: 
attaché àaucun fubicd:, ains cëftlefubied mefrnediinefcience, laquelle 
auiugcment de Plato tient le premier lieu lur toutes les autres fciences 
après la Mecaphyfique ou Théologie , d'autant que les fens ne {cruent de 
rien pour congnoiitre le nombre icparé de toute maticrcjjôc ny a que l'in- 
telligence qui le puiflè comprendre & demonftrcr toutes fcs propriétés. 
Et Icxcellcce de ce nombre eil telle,quArift9te nà peu mieux exprimer le!» 
formes & eflences des cho(ès,entarque noftre intelligence les comprend, 
.quendilant quelles font {èmblables aux. nombres. Car toutainfi que 
• cnaquenqmbrecnfoy eftvntoutfiparfaiftqubn ny peut rien adiouftcr 
hy diminueryautremènt, fi on y adioude, ou qubn en ofte>ce ne (èraplus 
. le mefme nombre : ainfi ell il de Icflèncë des cnofes. Ceftvntoutquine 
reçoit ny addition nydiuifion. Et pour ceftccaufe Ariftote dit en quel- 
que endroit, que la forme^idee, ouintelligcce dele/Ience de chaque cho- 
k, qui cft declairee par la definicion,ell corïlme vn pçinâ : pource qucn- 
coies quen la définition il y ayt plufieurs mots, fi eii-cc quils nçxprimcnt 
tous eniemble quune {èule efience, laquelle noflre intelligence vietit à 
comprendre entièrement tout à coup^oii ne lacomprchd point du tout 
Mais les Pythagoriciens, & quelques Pbtonicicns aulH, iè ibnt abufës en 
cela, quïls ont confondu le nombreauec la Subftance, & ont penfé que 
ces mots Effencè & Vnité èftoyent tout vn : qui eft vn abus quAriftote 
réfute aux deux derniers liures de (a Metaphyfique. Pour cefte heure 
nous nauons que faire dèntrer en>cefte difputcôcluflSt de fçauoir quSlnc 
fiiut pas confondre ce qui appartient à la Catégorie de la Subftance aucc 
la Quajjtité,encores quïlyaytqu^uesproprietéscommunesà ces deux 
Catégories , ôcquïl y ayt quelque umilitude entre le nombre feparé de 
toute macierepar Imtelligence, & la Subftance, entant que côme la Sub- 
ftance eft le Subieâ de tous Accidents, ainfi le nombre eft le fiibieâdu- 
D\ti^»n in queirArithmecicien cotifidereles accidents propres & afiëâions. Donc 
hm'*^*^ la Catégorie du Nombreferadiui^eeparrÀrichmeticienerïnombre,p:ur 

' «c 



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GATE G O R I E S. 4?. 
^impair. Et le pair & impair iè^iubdiaisc e^ilo^plemeilt/pajr G^ im"! 
jaÀtféc non nmpieraencpair q^impair^iclon cp'pi^rpeut vQirjmièptieme 
Ûuce des Eletnencs d'^HcUde. Puis i,o;iis çes 4çr;)ieres efpet^c^ foq; cqus ]es 
nombres quitîenïipnpiieu^'indiaidus ^ chol^f G^gulieres^nTArithme* • 
ncjuc^comine vn^f u;Wois,&:c. Ium4ixaine>c^nt^ne«qu^ 
& tels aucrçs noo^b^es^qui ionc ^bftFaiâs de tout autre uibieâ.&c matière. 
Donc tout notnbrç cpnfideréen ibyeft pu pair ou impair a les. au- 
m aifeâions & propf içtés qui fe d^onftrcnt en TAritllmetiquc* Que ^^^^ ^^^^^^ 
iivous appliquez le npmbre à quelque fubie^ , comni^ îique Ikp-. 
plique aux fons j &.l*A(b:onomie ag mouucment des corps cçieiles,alors, ' 
i&utan^ qye le nombre nefl: plus Hmple, aihsil êft composé aUec quelque 
âutre forme ou matière » il ne faudra pas Amplement conHdercr les pro- 
priétés du nombre, mais aulli celles de la forme ou (ubiedljauec lequel il 
cft compofë. Car le iubieâ: defdiçes (çiences nefl pas nniple^ains ed com-* 
pôle : comme le fubiedt de la Mudque, cefl le ion auec le nombreile fub* 
ieâ de r Agronomie , ccdle nombre auec le mouuement des corps cele- 
ftes. LeNombrc donc efHitcs fcienccs,sappelle Nombre concret & com- 
pole auec quelque autre fùbiecl , & non pas nombre (impie abltraidj 
comme en l'Arithmccique. - ^ ~ \ 

Qv,ANT aTOraifon ,Plotin l^vouluoûer deçefte Caçegorie,difànt ^ei^orAifcn 
quelle neftoit quantité que par acddenc » pource que de (ç>y ccft quelque ep Qu^ntitL 
autre chofè que quantité : tout aind qye dix hommes» dix cheuaux font 
nombres par accident, à f^auoir pource qiuls né (pnt pas nombres flm- . 
pkment^ôc defoy, mais fùbflanccs. Mais Dexjppusafidpâemencde^ liure^.ifs 
Isnda Ariilote, quefopinion dePloçin .eftàbon droit reiettee de tous les §7nf^r% 
.dofîtcs. Oràf]aqueléquiuoquedçcemot,Grfrj^>nenQus abu{c,nous Cdte^.d'^i^ 
ferons aduertis quil a diuerfcs fighifications , félon lefquelles il peut auflî fi*f^>^^^*^<^ 
dire rapporté à diuerfes Catégories. Car ii TOraifon eft prin(c pour mar- Diuerfisjtgni' 
que&ugnc de ce que nous ayons enlapenfcc, nous la rapporterons a " 
la Catégorie desReiatus :pource que le iigne,i^ta choie isgninee logo 
relatif) tout ainlicjue la mefure ^ la choie nicjfuree. Mais l'Oraifon 
eft confiderce emant que cëll: vhe.voix & vn. ù>n qui fc fait par la pro-^ 
noDciation,& qui frappe les oreilles,elle appartiendra à vn genre de Qua-, 
Htc qu e nous appdLerons Qualiu f a^ikle çy aprcs,dâutant que Iç Soï) affçd« 
lefcns de l'ouïe. Et fi on vouloir définir l'Orai^pn, entant que;c<ft Viné.. 
e(CTiwrc,ondii:oicquecbftypej^/f;if ,qui,€Ûypautre.genrcdc^ ' ^ 

Item G on prend l'Oraifon pour làâton qui it,f^it parla langaeje palais, 
kgofîcr y & autres inûruments du parler S^ de ht pj^ononçiatjpnj elle ap«r 
patiendra.àla Catégorie de TA^^ion. Cè ncft.dpnc ppir^ren toutes ircs rH^ueUejt^ni. 
figpificationsl^^ujç.Ariftpte dit que ceft vpç;Qgantitc difcphtinue : msu^Sj A-^'j» ^'^w- 
ii/ttcndicytOç^rqn.pourf^ de laWi^" '""" 

gue,du palàis,SQdf^fier ep^arla^^^^ paM^ln 
ubes longues &,j^iqaes. Et«/4rift6te euftpçu tfwuçt", quelque aut;rft 
nom pour expiimçr-cq non:)bre.(,noîiibrc,<^^i^quitneft p^^^ 
notnoranc de^Arithmet^^e.t mais ceft vnnoiïibre.çoBtkbr^ paç fyUar; 

" ' ■ " F ' bes 



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4i e ÀI'T E G O R I Ê S. 

bcs longùiésf bteiicsJ^^ftMne le norribre da mouuement du premier 
mobile a trouué vfi îïprS\'8i s*2Lpfc\\&t^Mf^yV\6tm ne fe fiift pas abuse en 
ccft en'drbit. ■ Màis ^Is jètfè"iT0us'aùôtts fa'iité de raots,^ que nous fom- 
mes contraities- <Jfeh ftire fëhiftvîft à pltffieurs chofcs , il&ùt prendre gar- 
dé foingneofemetit aUîc (îgnificati'o^ii'àutrenient nous ne trouucrons ia- 
mais la' Catégorie ,'ôc faillàtt^4£ri lateàCegbrie/fi^ à 
bourde Sire Vfie 'definîfeicirt -fty vrie dèmôflftration comme it àppar-' 
tiefctc. VoyUpôùrqu6y ilhéfe&tît j[)als éfbahîrfitopte^les fciencesfônt 
auJourd;hu}^réûet(feè!ï 'pàr éés noùùèpux di^leftïdësyqui les manient (ans* 
lacongnoiUàfléq des Gàtcgories /iSc'fi ori napprcnd qucdu babil cri leurs' 
cfcholes j ad lieu iy àc^uetit vh (çàtfWr'felidc. Caria Câtegoriléinous fait 
trouuerittcôhtin^ntles Vraj^ Cofecjljcht^ & Antccédé^^ 
fe, parlé m'ô^éh deiqiïéb hôuséhùikis^thlacogno deleilt naciirc,! 
flcen difeourôhs ànalyrfqùéfttentî^drtihîc nous verrotis Cy après, Dônc,^ 
poù^ reuenir à rroftpe prôpbs>rOraifoh eiVccfte Catégorie eft vh nombre; 
nabrc pariyllabes lôgùe$ & breircsr&fiPlocin dit quelés fyllabes ne font' 
longuesï&'brcUes qUe paratcidènr , à fçauoir pour raison du temps qui 
semploye en le\^r prononciation > nous refondons àuec Dexippùs quel 
la longueur ou brieueté du temps ne fait pas la fyUabé longue ou brcûé:* 
.. mais pourde que là fyllafet 'eft^é foy Idriguc ou breuc ,voyla pourqu'oy 
■ elfe,(eptohonce en tenjps lo'ftgioù breC'Et qui voudroit dire qu^ 
fôri ne fuft quantité que par àccidfeflt, il&udrôit dire aufli que la Pocfic^ 
ne ferôitpO'iht Or^Ubù qûe par accidéiit. Car la Pocfie ncft aiitre ciiofc- 
/ que quantité"; 'èi rtcft o'càffiin ôu'parolè' qu'entant que foraifonotJ parole. 
. -v \ . dd-qUantite. Dohcpôùréliifir tèrreut^dé plbtin,naus noterons qud non- 

'^lefilèiiieritlinombréhoitnb 
Komùre MOT- qu'^iï^tité par foy & en fôh'^flfchife: ihaii àuffi le nombre nombre, qui eft,' . 
ifh-:- '-ou'brailô!\;'quatîdilcft'W(i/iÀbrc parla prononciation des l^llabes,ou 
.. ; - 1 % -Sènvps, qiianài.il éft norribfc^^àr les parties du mouuement. Mais Jcycho-' 
icfrnombteey,^m ncfompàEinombféSjC^ dix cfcus^trOis mil hom- 
• lïléSf, tout cela neft nombre que par iaccidéht. Donc tecy foit dit quant 

aux Nombres &âl*Oraif&^idbfqûéls^ilfant rapporter tou^e qii^^ 
continué. Gartôùt éë''<5jui ' neft pointuombre ou oraifiui, ne peut éffrcf 
uMngedeU ^liautité di&ohiiimae. Or-qùâîidcèfté Catégorie ne contijÈndfoit que cés- ^ 
ilMnmc dif- Jeux AccideOt^, kNortltï^e&rOraifôh , nous en deurions foire grande 
eftimé/ Car entreto^s'léi'àht^naux il n'y à querhomme'qui puifle parltr* 
& nôniibrer fahs laipiàrbtè il tfy aùroit iiulle focieté entre les hommes^ 
n}j aucune do<ftrinedë rrfgtqh pour côhîoindre l'Homme aucc Dieu. ^ 
' Q^AN 1^ at^tnombresy cfecun fçàittrbmbien Ibfege en eftneécflatrçi 
^ en la vie de lIiothmcJ'^Lck-^Plicblogicnshé pourfoyentoftfcèndre les Pro;^ 
; ! phédies dcDanîel àatrês Pi*6phe^cs,éùi ont prédit létèmpsdic&duéhiei 
nlcinfcdenoifttéSëî^Hàtlèfir^ lurifcotiïuîi 

ons, PréfèrrptiÔTis &Rëfti- 

tueidns'fa'ns iét^i'rtyiWNfc 

Brefiij^làgiidifcîùiré, hy'Iàf hâdigatioti , ny Ikrt Hiflitairc , tiy atf cùh artmié: 
' ' chaniqu 



c»nt$nut< 



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C A T È G O R I ES. 4J 

chànique, ne {c peut paflçr dés nombres : 5c eft impôffible de s'addbnhe'r 
à vocacion quelcoque^qui n'éiiayc bdfoingén quelque &çon.Voilapoari 
quoy cefte Catégorie ell decre^rand vfàge. Car tous les termes,dôrit on 
fe peut (èruir pour ea difcourir^appartiennent àla Quantité difcbhtinue. 

RcvENoef maintenant à la Q\ianticé continue, ou Magnitude » la^ ^nfltir/cêu- 



JucUe ncft pas vne quantité fi fimple que le Nombre , & poiir ce auf- 
luy auons nous dtùdc le prtmicr lieu en cefte- Catégorie. : d'autant 
que cette Quantité continue le trouue es choies corporelles , & nell pas 
Amplement mteUcftuelle comme le Nombre. Toûtcsfois les Mathéma- 
ticiens la feparent de toute matière, & la cofiderent en rAbftrâAion,tout 
âinfi comme les nombres. Or nous auons défia die, que cette Quantité 
continue, ccft U ligney U [uferficiey & le corfs. Et quant à ces trois efpcces de 
Quantité continue^ elles font allez congnues:car chacun (çaitque/irL/-' 
en Mathématique cbft vne longueur iàns largeur. La Superficie cèft ce 
qui a longueur ôc largeur. Z^r Corfs a lôgueur,largeur,& profondeur. Tou- 
tes ces magnitudes, dy-ic, ont vne continuité manifjfte de toutes leurs 
parties iointes par vn terme commun, comme il a efté remarqué cy àA- 
lus.Donc tousles termes delà Geometrie(qui traittc des lignes èc des an- 
gles & figures compofees d'icelles , & demonftre toutes leurs propriétés 
& affections ) appartiennent à la Catégorie de la Quantité contini^e-Çar 
tout Anglcjtout Trianglc,tîout Quarré,roat Cercle, breftoute figure co- 
pofee de lignes di:oices,oucourbes,foitquïlyaytplufîeurscôftcs,ou peu, 
cft Magfiicudc. Vray eft que ce mot de. figure fe prend en deux feçôns: 
ou pour la forme extérieure de tout corps ; & en cefte fignification la fi-i 
gHc fera appellee Qualité : ou pour vneMagnitude compoièe de lignes; 
comme en ceft endroit.Mais outre les Lignes,les S upcrficies,& les Corps, 
nous appelions auffi Quantité continue le Temps ù le Lieu : en quoy il y 
a quelque peu dbbfcuricé , fi nous n'entendons bien en quelle ii^njiHcà- 
tion il faut prendre ces mots , pour les rapoorter à/éftc Catégorie. Car 
combien que le Temps (èmble eftrc vne cnolè fi euidedte & (i conghuë ~ 
de tout le monde , Ci cft-ce que fi Ariftore ne nous euft apjpris fon genre, 
àpeine vn autre lêuft il peutrouuer. Û dit docquelc Temps eft vnnom- 2>«7Vm>^i. 
htCy non pas fiirtplement nombre , mais nombre nombraolë , cèftà dire 
(|ui peut eftre nombré par le nombre Arithmétique, duquel il a efté p^- 
Ic cy deuauL Carie Temps neft autre cho{c qu'un nombre qui diftingue 
les parties du mouuement du premier inobile, par lequel puis après tous 
autres mouuemehts (ont mcuirés. Et pource que fes parties du temps 
fant contirtues , ôc que le temps prefcnt conioint le paflS auec Ikductiir, 
vne Quantité continue. Donc tous mot;s,qui fignificnt temps,com- 
indes ûiforis de lannce : Ikage de rhommc,ieuncflè,yieilleUc,adole{cçn* 
ce : les heures, iours, (èmaines, mois , & le? ficelés, ficics moments , ôc les 
minutes,& les quartiers delà Lune, 6c toùteautre portibÀ de tibmps , Cdit 
g ande ou petite, tout celà appartient à ceftè Catégorie. Le Lieu aulEj-en-' 
uat que fes parties sentrctjennent ôc font ifootoiriteipatr vn terme boitt- 
mon, ccftaimiQuanmé continue. ToUsmOà d6nt,^ài'fiigmfiéii!^kèài; 
■ W ' ' F X pourr 



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44 C 'A T Ç G O R I E S. 

p.o^rr9ntcftrei'a{>poaé5 àcefte.CLcegonCyàçaufe dcUcodauitcdeleurs 
parties; cDmme,vne niai{bn>và cabine^ vn coi&e> vn àrmoire>vn nauirc» 
yae pnTon^vnc chaire^echâmp debacMçJaplacedeUm9nibe>leinar* 
chcjla boucherie. 

^trtMmftn La ojantite*^ ièpcut aulfi aijtTcineûtiliuiiibr qu^^^ 
JtkjiMMtùé^ Diicontinue : ccflLquîl y a des Quantités , Ie$ pa|xips defqucïlcsonc vna 
certaine ûtua;ipa pu pontiQn> & y en a dautres qui n'en ont point : corn* 
melaLigne, laSi^er^cie>le C,orps, 6c IcLièu ontiituation ou poûtion. 
Car dâutant qyc leurs parties (onf ^rmaneqtes , il f^t queliës loyenc fî- 
i^uees.ôc difpofees ielon que leur iorme ou figure Le requiejrt, Mais U 
Q^mtité^de laquelle les panies ne (ont point pennanenres, il eft impof« 
^ble quclleaytucuationtcommeleteinpsjonne.peut pas dire que iès par- 
ties jfbyent fstuees enqueli^ue certaine taçon. Car à mefùre que le futur 
vient j le pa(fê s*en va ôc seluanou'it. Autant en eîl il de rOrailbn. Car fî 
toft que ie prononce vne lyllabe, le Ton de lautre Ce perd. Les nombres 
aufli, dkutaut quilsfontpiu-ementintelleauels^nbnc point de ficuation. 
Mais ces quantités , qui nbnt point de lituation, au liek d'icelle dles ont 
vn ordre, parlequcl jeursparties font diftinguees ôc ordonnées :comme, 
le Temps pafle va deuant, le ptefcnt fuit après ^ & le futur viendra encores 
apres^AmitenrOraiibnlesfyllab^'sôcles mots ontIeurordre:ôcles Nom- 
bres aufli le leuï: car ie deux va deuant le trois, & le trois deuantiequatre» 
& ainfî de tous les autres. 

* V o 1 1 A donctout ce qui appartient proprement a la Catégorie de la 
NtmsieQHi^ Qu^ntiçc, Maispuy pcut aùfli rapporter tous les mots qui fignifienc 
Mer0iurtte, nombre de quelque dipfe que.cc-KÙt , cpmme^ Troupeau , Aflemblec, 
Sénat, Cour dcParlement, ConfeitÇompagnie, LegionJlcgiment,Cor- 
uette,Annee,Peuple,&:cToutesfoi$cesmotsngtùiîencQuatitc concrète, 
c*e{t i.di^e qu'ils; expriment vn tiombré ioinâ à quelque autre (ubieâ : ôc 
en cela ils diiferent des vrays nombres , dont H a elle difcouru cy de- 
uant. Item les mots quifïgniiieilt quelque chofe qui a vne quantité con- 
tinue coiiderecauec1amatier,e,doyuent auifi ellre rapporeésicy:çomine^ 
Perche» Arpent, Pôle, lieue, MiIe>É^pace , Interuallc , Chemin, peuuent 
eftre rapportes à cefte Catégorie, comme de(Ia nous en auons touché cy 
deffus en parlant des fiibiedb composés aueç le nombre ^ïefqùels il &uc 
diligemment diftinguer dauec les chofes qui ne font Quantité que par 
accident. Car tout ce qui nbft point comprins fous quelçun des genres 
fiis-nommcs ncftpoint proprement Quantité. Mai? il ny. a chofe au 
mpndequine puifle eftre Quotité par accident .: comme quand on dit. 
ycUd yne g^Mnic tidftcheHryOa ype lovgéç fteurcy ou 'Mn femfla^r. Car ce ncl^ 
pas que ces cbofes foyent de.foy ^andes, ou longues > ou petites : mai^ 
çeft pource que la blanchew occupe yn grand efoace , ou ppurce quel^ 
fieure dure long ^emps, ta leplaiGr pafTe bien toft. Mais çefte Quandce 
neft quacddontj^e.Car la Bl^t^pur de (by ne peut eftre appçllee Qj^aor. 
tijcé^;iy la jSeure aiïflî, ny lepiwr- Toutesfûis nousleuratcribuonsquan^ 
tité^dç toutccqvù conutcmprppirm^ & ejirenadlksnçiè aux yrayes 
/ . *' quant 



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graû<i> pçcic, s^cz,» ^p^çs ^ cr^ i»^^9â,.mcnu> itc. Ëcmt 4uiG tiot^;^ . 
cdl endroit ce que dit Âriftpte etl Phyiiquie > <)u,e i^anii ûtl c^^ iîiîo . 
homn^. Ou dix bret^is> dça ce not^jre iie db( ;{^;iio;xiji>tç p];|i)nijÇ]9S 
xnaiscèllvn Paronyn^dunombxeaambrant. 

Ayant ptoppsccoaccequiapparcieacàcefleC^cegorie>reÛ;eil con* ^"^j^j/^l^ 
gDOiftre (es propriétés. La ptçmier^.cfi^ que Comme nous aupn^dic ^uM»r/. 

U Subftanceilny à point de cûncrarietCy ^uffi en a ilpoinit U 
Qoantitecc^ft à dire,nuil6s choies ne font contraires à cautè de leur quan-> 
dtç : deux iiëft ppitu cip;Qiraire à qujtcre> ny ^ à i x. ketïi vnc percluta^ft 
p<»nt contraire àvn arpent» ny vne heure àvfl môi^s ou vn<aa«M$i^i4ita 
quelcan, la Quantité du plus grand homme du monde niïft ellepa^ con^ cr^^mV 
traircà la Quantité du plus petit homme du mondf;? Iç (p.on que Grand 
^ Petit proprement ne Cbnc p2^s contc^if ci abiblummc > aiiis ièulemcnt 
font oppontes relatif : cbft à dire. Nulle choie de foy- 9f 4 ny ^ande ny 
petite, unon qi^^nd elle eft comparée auec quelque aùtrccomme le mpnt . 
Sion eft petit au regard du mont Senis qui eft plus grand i ^ vn grain de 
mil eft grand au regard dun autre qui eft plus petit. A cela donc appert-il ' 
que la Grandeur ôc la P^teiTe nfeft quune relation; dUne chofe à vncau-^ 
tre: autrenient fi petit te giand eftoiit quelque chôiè de foy, nous ne di- 
rions iamai^ quune montagne fuftpetite»ny quun grain de milfuftmnd. 
Autant en eft il de peu ÔC beaucoup,ce font termj^ deRelatipn, pluftoft 
que de Quantité. Car les termes de la Quantité esfpritnent vne certaine 
Quantité : commc> lo, to, 30, vn arpetUj vneliçu<, deux pieds, trois toi- 
&&,&c niais ny peu ny beaucoup, ny gr^wd tvy peut^ie dénotent aucune 
ccrtaii^ Quantité. Etdefaidtnous dironsqtiily^beaU^oup deperfon^ 
nc5 à tablci encores quilny enaytquei9,ou2«o:.^quilyapeudepcr^. 
ibnnesau ièrmon,cQcores qmlyenaytSo^ou iù<>* M»sâ>it qupPeu 
Beaucoup, Grand & Petit, foie Quantité pu Reliafloo j tant y a qirïls ne 
ibot point contraires, autrementil&udrotc dire que deakcptrairespour-. 
royent çilxe enfèmblc en vn mefinc fubie^ce qui .e(t dU;Cout abroide U 
impoiCble. Carvnemefinechofenepeuceftrediaiidefic&oidetOMten'- * 
^ble, ny blanche 5c noire en mefme rdnps., Màis vnc mcfinc choGsie-' 
la pedte 5c grande tpu t enfembletcomme vn en6inc fera appellé ^rand àtt 
regard cfun qui {eraplùspetit,^ (a:a petit au>reipeâ<fiin autre qui ierA 
^ grand que iuy.Il ny a donc poin^ de contrariété ahfolue entre Or^nd! 
bPeat,entre Peu de Beauc<nip,enare Gouix£( Ijong^eàtije Vifte B^U^^ 
çni^aislèulement vnêoppofitipnrebiciiieiquil«^pas ceUe quejEkÇtuK 
exd»pns,de la Quantité. 

S'il Y A qudque contrariété en la QjjaûMté, (il èmblç q«e& x^Wr/W 
^fiiKipalement au Lieu, que tKuis auônstnisj;:yîifi0iis ^tre W Qganti^ 
^ continues. Car fi ainii eft queles conttàises UmtJes extremicés'leiplus 
^Q^.ees de ce qui eft comprizu ùmrh miofinc géni3e> ainfi que noiis 
liitOQS cy apm, il lémble qou ny a rica dcrpbs coàirâttâ en tutute quf le 
Hfttt^qoi eii auplusiU9zt m cieux»^Q bai« qni tSbm^bnd du centre 

F 3 delà 



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- n 



c À r E g:o:r te s. ' _ 

' d6jbl têft«f. ^ il W}^ a poinc -dbxtreinitésplus eflohgnees en nature que ce 
hfliuc U ce bas :<{e Çôitt oue ia defifticion des contraires fèmble eftre prifè 
decefte dUlancedu plos nautlie}! âapttis bas* Toucesfois la vérité eft que 
le lieu -haut de foy h eft point contraire au lieu bas : mais leur contrariété 
procède des contraires morfuemcnts des corps contenus en iceux, à iça- 
. udip'^kùtant que les corps légers gagnent le haut les pefans de- 
fccndcnt en bas. Autrement ce heu cy de foy neft point contraire à celuy; 
là: Le lieu du Soleil, neft point contraire à celuy de laLune,ny le lieu de 
deflbqsaulieude deHus: mais la contrariété ellaux qiialités des corps 
contenus aufdits lieiH^, qui leur fait anflï auoir des mouuements contrai* - 
\\.r-î , rés^& neft aucunement en la Quantité. Car quaijid on ditfimplemcnt 
/fLw*, -on entend vnei'uperficic contenant quelque corps. Mais quand 
' on ditVï?L/fM^4M,onyadiouil:evnedifFcrence,bquelieeft prifedulubica 
qui eil contenu au lieU , & nkppardent pas au lieu comme Liep^mais 
comme lieu dUn corps pc&nt. Ceftà différence donc des lieux, à (çauoir 
haut ou bas, nêfl qu'une différence açcidentale. Etpour reipondreà ceux 
qui penfent, que la définition des Contraires foit f^fe delà diftance quîl 
y aentrelehaut&lebaSy'iUaut noter que quand on dit que les contrai- 
ctmmtntles font extrçniitcs Ics plus eflorigneçslune dclautre quîl eft poflible,ce-- 
^trafijhngnéJ scuteud oas dunc diftance locale. Car le feu Se feau ne font pas con- 
entitttx. tr^ires pour dire trefcflpngnés lun de l'autre localement:au contraire,plus 
ils4bnt près fun delaurrcôc plus ib monftrent leur contrariété ; mais ceft 
eflongnemcnt eft en la répugnance des Qualités , comme nous verrons 
quand nous ferons au premier confequent des Catégories, 
ste»n4tpro- La SECONDE propriété dc U Qiuntité^&quiluyeftcomuneauec 
frUtt dt U la Stibffcaiceauffi bictique laprecedcnce, tcft quelle ne reçoit point plus 
& ntoins^ cornnic, vne aulne n*eft point plus aulne qu'une autre aulne: 
vn arpent de bruyère eft autant arpent comme vn arpent de la meilleure 
terre du monde. Ah^ le temps de ^nainteuant eft temps toiicaufli bien 
que le temps iadis. SembUblement aux nombres le deux & le trois ne 
Kvnt rieii moins nombres que le 4, fickj. Bref toutes ôcquantesfeis 
' quune certaine effpece de Quantité eft comparée auec vne Quantité dfr 
mefme dpcce:commeJé hombreauecleiïombre, le temps auec letemps* 
le lieu au^c le lieû, Sc aiiniî des autres , il eft vray de dire que cefte]:cy neft 
point plus quantité quecefte-là^ ny moins aufli. 
Trcijitme pr^ ; > . L A . D E R M I B 11 E & principale propriété de la Quantité-, c'eft que k 



^mimtiré, caùfé d'icelleics î;hofes lotit dices egtdes & inégales : comme> les lîgneîï^ 
les Superficies, les côrps^ les nombres yles temps^ les beux, bref tout ce qui 
eft C^iantité , eft cgal ou inégal, & légalité ou inégalité ne peut eftrc at- 
tribuée à aucune ciiofe caufo de & auatuité. Car ^our parler propre- 
. ment, il ne &ut pas dingue ceftcbiancneurdlegaleaceUe4à,oaqU 
iuft:iced*Ariftides efteg^e àxrelle de Caton : mais pluftoft on dira()uelto 
cft femblable. Car^ il y a vnité de fimibtude , & vnité d égalité. Gale-là 
appartient àla Qualité ^commc^iKyus verrons cy apre^ , fie cefte-cy à la 
Quantité. Il ne Êuu donc smribuèc Egalité ou ïnegaiké à choiè^uelcon-^ 



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C A T E G O R I E S- 

que,quinefoicK^ncite;^Gfv^ûfrairon(SélaC^ = ' ' 

V I C o M Qj B' ctonficferera diligcmmêtles'œuures dcDici^ ^,7^4 
enianatore, il verra que toiùcsçhjo{&s font di^pofècsâs tUnmfnm 
cqnidÛDtcs parvn tel ordre , fymmetriç, & amitié mutucUei 
q^lrp'yarffieiidefolicaire en Kinîuers y tellement' qUe ^oJit 
ScoaghQtftreqadipe chofe £bic au ciel, ou en là terrej ilrnd 
le &ut pas absolument tcohudi^er'en ellefmeBïie i mais il faat fçauoir ou 
quelle proportion dlea auec:vneia£re, où la^puiflànce quiHle a dagir fis 
eâcâruer fur ce qui eft àuffi ordonhc pour receuoir fon.aâion > ou bieti 
cequeile mefurc > ou par qupy elle cft meiurea Car il y a infinies çholb 
CD UL nature, delquelles Icftre dépend entièrement de la relation ôc 
redondance quellefe ont enno. elles , & ny a rien en tout liminers qiii ne . 
lère&reenquelqiacnianiereà quelque cholei II eft donc bien aeceffiui;e . . y 
de £ùre vne Catégorie delà Relation , â laquelle neantmôins nous nem ^eUésyiitmi 
tendons pas rapporter toutes icbo(ès,encof es que toutes clioièsfoyetit 'Z*'* 
paixicipances de U Relations-mais celles feulement qui ne (è péuuent de* ^fïotll^wu! 
finit que par laRelation.Car œ-quilépeur congnoiitredé foy-moimejne 
doit point eftre appdlé Rôlâtift mais ce qui Ae fè peut ^tondre fans lé 
comparer & rçfèrer â quelque chofè. Commé>.i^ douile^ U mfltyioxxx. Re^ 
latiâ : car nulle cboÛ neft double py. triple en foy , mais: au regard de ià 
moitié ou defàtieiic&p^ie: éciUmoméic lM tierce furne {bntpsu^Uement 
Y^^aa3& àxi douiie^ 4»mfli,^ Bf ces rela|:iÉs ibnt tdlemoitJics enièm^ 
ble , qiAl'eft impolGble de congaoiftre lîm laas Ikutre. Car commenj; 
ifwroy-ie que cefle fomm&tcydilè dbuble.df cclle-là,Gienéi^y comx. 
liendy aen cbabanb? £>oncl*Mimimcnëft:pas'vn Relatif» puis c^uea 
ia définition de TluNÀnïc.noiirsj ne confiderons aucune Relation. Mais 
lePcre.eft R^aiifjcarJePeiceftPctedn Fib,6(lleFibeft Fils du Poce: 
& le Pere ne peup'Ofttieiq^ Eifs^ny^lé ^Fiklàns Pere, Ecces mots>?f«tr 
ne declanent pas-ce^tLe l'Homme cft- (jq^foy, mais feulement 
ce qiul eft au regard dun autre.: JËt celle Baifiia , qui éSk entréle Pere àc le 
Fils , entre le Double de |a Moitié'^ bref cmré; tous Relatits.^ c^d ce qub 
nous appelions Relation. Car la^Rilàtiooc cëftia J^aifpn quiiembrafrp j^eUti^n, 
W Relatifs qui (c- rèferemr cmrc '■cm ::jcomàic.hemvt \(jênfd^ <kik • . 

URclatioa qui eft cntrepluikarSJCompagnoDs qai font tous 
«OTceuîicariecapagnort'eftrampagnon defonfcopagnbn>ûi perfonnc " . 
JS(Aica|>agbon à^fqyxrieâne, :maisil 

^omcôme le fibeft fils, pourcé quil a vn'perec&> le pere reoproquemcnt 
câpere^poutee qiâlavn'fils. ■ EtMpfi lé perp dtilrâlsi iùm comme, dèuk 
«xtremitésyleiipelles eftansicoçipadffes en^mblofimi: laR^k^^ LiRfl- 
btion'donc nfeft fas^^na acdée^ Accidctttlabfolù ce 

-qui&péucvoir ^iconguoifbeen'tbftifubie&tens-i&icane' fth. 
ny rapport àaati«^oto. CotnmQ>podrléxemplé^^ qudnclnous^otis pai^ 

lédc 



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48 ' O A tr E G O R 'I E S. 

' le de la Quantité, iii;>us r4upns contidereeGi?ipIetnçntçnjeQe-mGfme..£c 
cy après auflî , quand nous traiterons de la Qualité, nous verrons qiïet 
lefèpeuccongnoiAre d^emeipie^ Mais, la Relation eft vn accident R 
débile, qml ne peut fubnÂet de foy-me(mé 'en vn fubieâ) ains il âut quil 
prenne fon fendemeht fur quelque autre C^gorie : comme quand ie 
dy qu'une coife ell plus grandevqinine aulxie : ce mot y plus grande , dénote 
vnc Relation dUnc Quancicé a vue aucre:dc quand ie dis quAlexandre eft 
fih de Philippe :.cc mot,//f,prcfuppofe vne Qualité , àïçauoir vnc puit 
fenee&achon quia efté en Philippe pour- iengcndrerfbn fils. Orla Rela- 
tion^ ce ndl pas la chofe reiatiue , car la Relation ne rapporte à rien: 
mais ceft: la campraifon 4es'choIes relatiues : comme cemot, Cçmpd^^ 
il ne fè rapporte à rien,mais cefl: la Relationquî eft entre les compagnons. 
C'e[tpour<|uoy Ariftote appelle cefte Catégorie des Relatifs $ & non pas 
de Ja Relation.. 

s 4ueir s il A V A NT quc dcntrct^lus auant en difcours , il eft bon de fçauoir que 
fttt faire -yae quelque5vns«>nc diipuccfçauoic G la Relation deuou eftabhr vne Cate- 
*^'^r'* gorie à part :dâutant , difoyent-ib, que le fondement des Catégories ce 
^ lont les cho(ès fînj^icres 2c (cnfibles : carfi la Quantité,la Qualicé,&au- 

, très Accidents^ne ie voyent en quelque certain fubieâ: > il eft certain que 
nqasnc leur affignerions point de Catégorie : Mais la Relation ne fcm- 
ble eftrc quunepure fidtionyqui na aucune ilibnftéce:comme,pour exvm*- 
ple, ces mot&i£gdlJnegdly'PlmgrémâyTlmpemyMmUi7)^ 
primer rien qui ie^uiflè comprendre par les ièns. Car quand en confe* 
ranc vne Quantité auec vnc. autre, ie vien icongnoiftre que liino eftega- 
Icralautreyou plus grande »ou plus petite^ cefte egahté ou in^atiténeft 
pa& vne choie qui fè voye des yeux,commck Quantité votd,mais ceft 
^ vn nom de proportion qui refulte leiilcment de la conférence que iay 

£xiù. en mon entendementdé ces^dcuz quanticés. Semblablement quand 
k dy , Socrates eft fils dim tel , perc dùn tcd ,.mari dune telle, maiftre dim 
tel feruiteur^ mon œil ne me monftre pasjce^a : car ie napper^ oy rien en 
Âocrates qui mefacecongdoiftre quil (oit fils^ou poro^ ou mari, ou itiair- 
jftre : comme ie puis.appefceuoir (à grandeur, la couleur* & tels autres ao- 
xidents yiHbles. Oautantdonc que la celacioanç sapperçoit point par 
les ièns exterhes , il aiccnblc à quelques>viis que ce neftoic rien quune 
pure fiâion» laquelle nisînerieoic c&Uoir place.entre les Catégories. .Mais 
i^Mjkàceux -^cux-làiçiont iortiabidc3.Car tx9t mal argumente^de dire,cela ne fe voil 
qui -ênt ^poaac , ergo il neft pas. Au coaccaifieies jchôies les plus, efloiognees de la 
*C^l^!cJt ^c*^»&dcs autres fcns externes, font celles qui ontvne cxiftenceplus 
gtrUs. excèlléte^onimcDiei|,)9£(les Anges bicn-heareux.£tquanta kRdâdoiHb 
xombienqueOencfCjiefcouurepasi r<eil,neam âpper^oiepar 
Jefens commun Ôc ixlterne^ qui eft comme ]e cencre.auqud les (ens exter^ 
nés fe rapportent.; ËciloËiat pôintdireque cefôjïfftù:n<£^nf ou iraâgi- 
^ mtiOii^dferiiômme^tiuio&beftes dieâaK^ 
;&it congiQK>iftro Se difccf nécles:reldtk)ns. Ecpounam quelcun s«ft mo^ 
que de ce quEuclide aiàiâ.ifa Tjbeo/eme pour-demonftcer que lès deux 

coftés 



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G A T E G O R 1 ES; 4^ 

cdftéS diin triahgic prins enfèmble font toufiours plus longsé[iiële troi-^ . 
iîtmc : dilànc quil ncd point befoing de demotiftref ce qu'un aCie yoid 
&: congnoift : Car, diroit-il, mettez vn afhe au bout d'une place triangu- 
laire, &luy prèfèntez dufbinàvnautrebout, il i^aura bien prendre le 
p\us coure peur venir aufoinj&nes'amufera pas à tournoyer les deux cd- 
rtcA Puis donc quun afne fçaic difcerner ce qui eft plus court & plus 
long, ôc vn chien femblablement chbifira le plus gros morceaa de paiii, 
ôcmdeTa le moindre , le loup Ccrz plus hâfdi sil ne void qUliin chien au- 
près du troupêau,que sUen voidplufieursjon nepâutpas dir^que lesRe- 
luions {byencpu.r0s fiâions.Carplus court ⣠plus l0ng,plus gros &c plus 
menu, vn ôs piufîeurs Cant Relatih ) mais àu lied £[ue les autrds Acddenos 
^blbkis, comme la Quuntitâ& la Qualité, s'appe^çoyuent par les Cens 
externes, laRclation sapjwr'çoit parltf fens interne principalement. Vray ^«'^^^i* 
cftquclefens externe y lertauiTij mais, c'eft par accident. Comme^ievoy fât'ufiZ^n- 
bien quim homme efl plus grand quun èn&nt: mais cbftpourco que ie 
voyla quantité de lun&de lautre: mais la cdmparaifon delunaueclîHi^ 
trcfcfaic parle lèns interne. Car les? ^èrts externes ne comprennent que 
leurs obied:s, & ne font point de comparaifon ny dèconferenceçluntf 
cbofeiim^c vn::: autre :ainslai(Iènt cela afaire au ièns interne, ou àla&CiuU 
torariocinitricc:de forte que quelques Philofophes, vdyaris que les beftes 
inefmes ont congnoiffance de quelques Relations , comme il appert par 
les exemples cy dcflus déduits , ils'ont cftimc quelles auoyent quelque 
viâge de raiiotii Mais p ù\xt le prelênt il fufSt d'auoir mon%é que les Re^ 
Utions ne font point iî61;ions , & que ce (or^t Accidents, le(quels «happer- 
çoyuent par vn Icns interne^ Il faut donç difcourir plus partieulieïcmcnt 
dcccsRelatifs , pour fçauoir ce ^ue nous dcuronsxa^portcr à cefte Ca^ 
rcj^onc, fufàge de laquelle elltrdneceflàire en toutes feienccs ôsdiicipli^ l^a'^jl^l^é 
nés. Car premièrement toute la Théologie , voire tout luniuos dtf^touc C4r«^«n>. 
ce quil contient, dépend delà congnoiflàncede^troisperfônnes envne 
eQ'ence, ce qui ne ie peut exprimer que par la Relation qui efl entre le Pe^ 
re acle Fils ôcleS. £fpnc:cornbien que cTelle Relation fcSit toute autre 
que celle des choies créées. En la Politique les peines & Us loyers^^ toute 
adminiftratidn publiqi^e^oit eftre rei^ee de ordonnée par quelque pro- 
portion &C iymmetrie, qui ncft autre chofe que Relation- Les lurirconful- 
tcs^ auifi ne içauroyenr trouuer la luflice ny TEquité que* par k Relatiort 
des cbofes & des perfonnes. Semblablement le Philofophc naturel & le 
Médecin ne fçauroyentcongnoiftre les vertus & propriétés des corps ila- 
tnrdsj les remèdes, les poifons^ les antidotes, les compofitions y les âu- 
gmos ôc declinaifons des maladies/ la mefurenecenâiredU'irianger& du 
boire, ny tout le refte de leurs fcienccs,s\ls nbbfèruent les avions des cau^ 
fesefficienwis ag^fTantes en ce ^ui ed capable ^erectiiudirleutetfeâ, lesf 
proportions entre diuers degrés de froid & chaud , ièc ô£ bumide^ entre 
u vertu concoânce de Ibftomacb & la viande, &c telles autr« Relations,' 
i^quelles ils ne {çàùroyent bien enrendreyque par le moyen de ce qui éfk 
contenu ca celte Categorir. laquelle anlfi nbftpas moins difficile quene^ 

G . ceflaire^ 



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^ Q A iri£cs ©anr ES) 

4^£itfi^r}^4bfie> t)0)efii^al1ofeolfl3l(]Mcii£kcsvâ^^ cé^drcAife^ iè plus 

"Jîffîbjîcntip*^! dits dkitaruy;toîjic ce lqullîrli)nc;. & qua kui cAcc pe 3cpcni 




fÀ^çfiùmi IttS.eié^^ t^j^&txi^ ï^iKcmïi^xmdom p^tTmn 



pfjB^a-dïUsMilikudes dei Aoscôcdu corps,4^''^PP^^^^^V3£acaaprèipiiçD 
g^ti dfiiU Oml^éi CQinn;^j!i€!U^ veirrom:en kiCaccgbck faymnce^mais 

cmvfidci^iac|ej>o(lèdaR{iOM^^lîayAn^ : cjamme péur çxcmple, les honnears 
ô{;dîgnitGï:lont tjabttiujçs.dp ceux qui fQDtjellcué5^.cii;dicnité.c cooiraq 

Qo&iliif^Syindii^t^jtcQoi^tettn^^ 

.o;:J}33 font 



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d À t EGO RI E & 51 

font les propres mots d* Arifîote au liure quatrième de fil MecaphyC Celon . 
ks Grecs cfhap.i 9^Difpofition félon lelicu,cbft comnie vne armeerangee /«ïî^*"^ 
en bataille : cat la difpofition eft âc Ikrmee ainfi difporee^ôc Ikrmee rangée 
enbacûUe^ccftcequieft difposé par telle difpofition. Item, (édition e(l 
vncdrfpofition départies bandées lline contre lâutrc: comme quand le 
peuple Rommain le retira en haine des nobles au mot Aucntin:& quand 
leroboam fepara le peuple dlfracldauec Roboamrtellement qu'en ce mot 
I4j^/»»,<^ettcparticule2?*fdenotcdiuerfitcdepofidonjaquelkdiuerfi^ 
iccft vocelpece fous la Dilpofition prinfe pourgenre. Aceftedi(pofi- 
don donc , qui eft {édition , eft oppofèé la paix & concorde entre ci- 
toyens dun meimeeftat da Republiquexoméà la guerre,quieft vne Dif- 
pofidon contraire entre Princes eftrangers» eft oppbfee la paix, qui eft 
vne Di^ofition dlinion entre lefdits Princes. La Difpofîtion lèlon la 

Eui(rance, eft ou naturelle ou ciuile». Nous appelions Oifpofition (èlon DiMtunfe^ 
Lpuiflànce luturclle, comme lautoritc du perefur les entans : les degrés ^««^"èJl*». 
des puiflànces fuperieures iùr les inférieures, comme les influences fie a- 
^eâs des corps cèleftesfur la terre, & chofes cetreftres. Item la Dilpo(î- 
tion naturelle queDieu dôneà quelques vns de pouuoir commander aux 
autres,& les eOeue par ce moyen en degré plus exceUentl Item laDilpofi- 
don lupcrnaturelle que Dieu donne qu^nd il lûy plairt,comme aux Apo- 
ftres, aux Prophètes, Euangeliftes & Dodteurs, par laquelle ils font en de- 
gré d'Apoftolat , Prophétie, Doctorat, ôcc. Car tout cela font mots de 
Diipontion, comme aufli S. Paul les range & di(po(è par ordre en fon 
tçiftre aux Ephefiens,difant qnc Chrift eft monte en haut par deflîis tout . 
((^ieft la difpofîdon du chef de]*Ëgli{è,tant félon le lieu,qUe félon lapuif- 
fance)Sc que de là il donne des dons aux hommes. LaDifpofidon félon 
hpuiilàncc naturelle eftaufll en nos corps & en nos membres;car la Dil- 
pofition des parues félon le lieu , nauroitpointde force fins la Difpofî- 
aon(éloa-U.puiflànce: car n k chef] qui eftefteué furie réfte du corps , ne 
iiippcditoitpariàpuiflàncelemouuement &féntimèntàtous les mem^ 
tw^Liic^t^ifposéslocalementfbus luy, le corps ne féroit plus corps, 
im^vnecharoagne.La DirpofidonfelônlapuifIànceduile,c*eft vneDip- 
~*^^"id»doâitie:commelautoritc du RoydePolongnc, & des Magî-i 

éctoutes charges clcâ:iues. Et cette Difpofîtion ciuilet'epùgneqiiel- 

(]Desfois à la naturelle : car tel bien (buueot eft maiftre, qui deuroit eflr^ 
*Jct, & tel obdt, qui eftoit nay pour commander. * Et. tel règne, foit par 
dc£tion, ou fuccefllon, qui féroit plus propre aàutrechofc. La Difpofi.- Dif^fiti^nfi^ 
uon félon la forme,ccft quand nonféulementlapuiflancey eft,mais que 
cette puiiTanceeft formée & cftablie: comme quand'çcluy que Dieu â 
doué de puiffance pour fçauoir commander, eft efleUc en ce dégrc, & efl 
Roy régnant ôc exerçant coutcoqui eft ébhuenable àlaforme aime telle 
chargCjComme le rcgne de Dauid ôc de Salomon,ôcc.A cçfteDiiÇ)ofîrion 
donc félon la forme on peut rapporter toutes charges, oificés, &dignités, 
en commençant depuis les plus hautes > ^ défcendant iufques aux plus 
bafilés. Voila donc tout ce quîAritlote c6mprend fous ce inot Oilpoïï- 

G 2, tion. 



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,i CATEGORIBS. 



Stttnee. 



tion! Quant à la Porition,elle cft encojr plus^cncralc que la Di/pofirion: 
car la Pofition peut eftre dune chofe feuCcôcians .conridcration daucunc 
pluraUcé. La Pofition cft toufiours Pofition de ce qiïi eft pose rcpnime Vû y 
poind, qui napointdc parties, ne laifle pas dauoiriaPolîtion,mais la di- 
Ipofitionncpeuteftrcquilnyaytplufieurs parties difpofees. Ariftotefàit 
trois efpeces de Pofition. La première eft Accubatiqn, qui eft vne certai- 
ne fituation que les anciens aaoyent eftansà table. La féconde sappeller^ . 
Station, qui eft quand on derpeurc en vne place. Etla.tr0iûeme,sap- 
pçlle Chaire , qui ne fignific toutesfois vne cbaire. de bois ou de quelque 
aiitrc matière: mais ceft vne forme dcPofitiopi. de degré & dignité : com- 
me nous difons la chaite de Moïiè ^ la chaire de S. Pierre, le throfhe du 
Roy, le tribunal duluge , lefiege deRomme. Toutes ces Pofitions donc 
& Diipofinons feront rapportées à cefte Catégorie. Mais les paronymes 
defdites Difpofitions ôc Pofitions, comme^f^^i^^ atnfi diSjxtséjEfhe en tel ou 
tel degré , E(ïre Roy ,Eftre9afe ou EuefaueoH Téjleur you Eftre\MagiShéU,oto 
Efireàraile, ouEHredehouty ouEBre offiàerylout cela, & tous tels termes,qui 
fignifient eftre di(posé ou ordomié, ou cfleuc en charge, en honneur, &ç. 
doyuenc eftre rapportes à la Catégorie Z^iïy^ yî>«f. Et comme Eftre ficuc 
ou posé cft deriue de fituation ou pofitiônj ainfi ^uoiry qui eil la derniè- 
re Catégorie, cft vn Paronyme deriue de V H4hmony<^\ apparcienc à cefte 
Catégorie. Item Ariftote mec la Science entre les Relatiis : cor la Science 



Stns* 



eft fcience de ce qui fe peut fçauoir, { qubn appelle en Latin Scholàftiquç 
SàlileX findemieux noter laRelation:)Et»yc/w/feftyafe^ 
4 dire,çêftçc.qui fe peut fçauoir parScienccJFxnalcmct le lèns eft Relatif à 
ce qui eft Senlible, ùSi adiré qui fe peut perceiioir par le Sens:car le Sens 
eft lêns de là chpfe Senfible , & le Senuble eft Senfible par le (èns. Ces 
exemples donc nous monftrent qull y a infinies choiês qui peuuent eftre 
appellees Relatiues. Etquife voudra exercera rechercher ces Rel^ti^^ 
feleruira de ceux qui ont^é proposes comme de genres pour y rap-« 
portertous les autres. . ' 

Or COMBIEN que cefte defcriptipn logique comprenne tput cé 
quipcuç s^ppartenir à cefte Catégorie, neantmoins,à fin decongnoiftre 
plus diftindement nos Relatifs , il fera bon d'expliquer clairement la dir 
uifion quAriftote en Ëiit en iâ Mataphyiique , où il les diuiiè en trois 
genres. 

lîf'T^i^ . Le PRjEMifeJi genre desRekd&eft de ccHJX qui font 
Metâfhyfm fiomire, oufdrUs t^eBions dunonJrre : conime^ ^ottile « JxConii: Tnfleî TUHi 
des ^Urifi. Qjffadrf^le, Qfurt. ôc gcficr^cm^aj: tour ce qyj & réfère parproportion,qui 
pftauffiaffedion du i?iop:ibfe : comvç\çMulnfle,Stferfrdrnent, Suft^rtU 
çuliery àc autres tels noms dç nombres proportionnaux familiers aux Ari- 
thméticiens Géomètres. ' Item tout ce qui le réfère par plus dtmpins? 
çovamçflttf grandyflmf€àfiflii$ lùngy fl»fs amûyfl^s hdutjpbi^ téi yùlmkedtt-» 
ffi» cher; flmnche^ ôcc. Tout cela, <^-ie, exprime vne Reiatioa félon quel-i- 
queafieé^ion du nombrç : caçplus ôc itioihs appartiennent proprenjc^nc 
aiix nombres. ^tnQn^ukn^entWuslesR^aôafelonknombrcou^^^ 
. 1 ' ' étions 



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C A T E.aO R I.E & 5$ 

âions du nombre appartienneat à ce premier genre, mais audi tous Re- 
ktifi qui expriment quelque vnitc encre deux ou plufieurs choies : car lu- 
nité e lephnci^e du nombre 8c détoure multitude. Et pour cefte cauiè 
lesKclaciÊ» qui lont relatifs àcaufc de quelque vnité qui eft entre eux,fonc 
rapportes àmefmc genre que ceux qui font relatifs lelon le nombre , ou 
èfon quelque afieifïion du nombre. Qr cefte vnitc peut eftrc ou en la , 
Qaaniit4comme entre chofcs égales ( c;u: égalité nèft autre chofè qu'uni- £^M. 
te de quandtc : ) ou en la Qualité ^ comme encre chofes ièmblablesi car 
fimilicudeproprement ccft vnitc dequalitcrou en k Subftance^comme 
entrechoiesquirQntme{nies:&cefteviiicésappëHe.identité. TousRela- '^'w'"' 
é& donc , où nous verrons quelcunc de ces vnités , appartiendront à ce 
premier gçreu:omme, cqrr^aff^n5yjreresfdrents,dmisi dlUisiCOf^nSyColLueréitXy 
€9mferes» cm^rtres^ eohmàersy conforts: tous ceux-cy, dy-ie^fbnt relatif ièlon 
le principe du nombre: car ils Ibnt conioinâs enièmbleparquelque vni- 
té de compagnie, deiàng> de parenté, dkmidc^ dalliance, de comper^^e, 
^ ou de droic : qui fait que le-compagnon eft compagnon de fon compa- 
gnon, le frère eft ftcre de fon frère, le parent parcni de fon parent^umi 
ami de fon ami, iallie alké de fon allie» le couHn coùfrn de £on côufin, 
Ic^coUateral eft collatéral de fpn collatéral &aihfi:des aatrcs'. kein non 
feulement Qcnx-cyiEgdyMefmeiSemkldhU3^diri{ontiAzti£s dect premier 
genre, mais aufli Int^U i^utre^ Diners^ Dijfemèldilej; Contraire^ Offojttty &c. 
Car il y a aufli entre ceux-cy quelque vnité, qai &it que l'oppofite eft 
oppoHte à.fbn oppofite, le contraire eft conaairc â fon contraire, le diC- 
icmblable eft diflcmblable à ce qùiluy eft diffemblable,&ainfr des autres. 
Ces exemples donc nous feront congnoiftre tout ce qui doit eftre rap- 
porte à ce premier eenre des Rdatifr,que nous appelions HeUtifs feUnU 
mminmé^éhons £tmméreyûu feUnUfrmcwedumimire, 

Le second genre des Rclatiè eft de ceux qui & réfèrent par quel- see»nd^enu 
que puifEmce Aâiuè &: Paâiue/oit que cefte puiftànce foit naturel!^ ou M^tuf^faut 
duile. EcencesRelatiÊilfàat.obièruerletempsdekdtion,{bitprei£nt, iUt^Utip, 
paâe, .ou fiitur. Les Grecs ont des participes fort propres pour les expri- 
mer par vn ieul mot, mais noftre langue nen ayant point, nou5'fr>mmes ' 
contraints de les déclarer parpenphra(è,envfancdcplufreur$ mots, qui 
•bit que laRêlattonneft pas fr amparente, & na pas tant de grâce. NoW di- 
XOOS donc que cebp^ ijui fait^ eft Relatif à ce qiàl £iit: prefèncemçnti Celfiy 
mà ét fitt3,dï Relatifs ce quil a au temps paftci ' £tceky ijui fera^cQ: Re- 
.utifà ce quil fera au temps futu£.bem ( pour e:^primer, comme nous 
fourrons Je texte d*Actftote} ce/jmvhitf^é,&cce<^ûi^e^^h4f^ffark'el/fi^^^ 
KclaciÊ,par puiâànce Aâiiie & ]?aftîue au tempq prêtent. Ce auichdujferd» 
eft Relatif Ï€ef^i jird ckd/^ au ts^mps futur. Ex câ ^fn^i. a chau0,e&, relatif à 
€ejm ét eBi chdt^zu temps pafle. * Autrement, qui refèreroit vn Agent qui 
agit prefentemencà vn S?atient qut ncft plus patienii, in^s la efté ou le fe- 
la^ laRelaàon fèroit vicieufè. Ces Relatifr du recoti^ genre font fr>rc fre- 

Jaencs cnIaPolitiqae:& Iuri{prud«K«/Csu'?r^<Sr*^^ 
r,Xff^ &SMbii9tfaBeur&Trouft4éi3)emmdeim& 3)efendmri^cctifdteur 
1- G 3 



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54 C AT EGO R I ES. 

^^ccusl^ font Rdacib par puiffance aâîue & pafliue. L'Accujfateur ccft 
celuy qui a la puillànce aaccufcr,6c i' Accuse celî celuy qui reçoit ôc endu- 
re IkccuÊidon. Autant en eft-il de Demandeur & Défendeur. Ainfîle 
Paileur^ced celuy qui a la puiflance de nourrir ôc conduire le troupeau,ôc 
le troupcaujceft vne multitude conduite& nourrie par lePafteur.Lc Perc 
ccft Icfficicnt du fils, (car ceft cchiy qui a engendre le iils,) & le fils cèlî ce- 
luy qui a eftc engendre par le Pcre. Doncle grand pcre & le petit fik & 
tous les aicendansau regard des defcendans en droite ligne ^ rontR.ela- 
cifs par puiflànce naturdle, pource que cefte defcentc commence à quel- 
cun qui a engendré, ôcfiiic aind par tousl^ degrés de génération. Mais 
la difficulté cil grande cntretOnck Se lc7iffteu,dc autres tels degrés dccon- 
iànguinitc mellés de la ligne droite auec la collatérale. Car pour com- 
pter les degrés du Neueu iufqiu rC)ncle,il faut monter iufquâ l'Ayeul en 
droite ligue, & puis defcendie à TOndc, ^ui eft frère du Pcre ou de la Mè- 
re. Etain/i ces Relatifs ièmblent élire meflés du premier & du fécond 
genre. Car les Frères lent Relatifi du premier genre : mais le Neuea 
deicend deaun des fircrcs ou fœi|rs en droite ligne. Item dnJre & Sedu- 
fere ibnt aufli Relatifs par puiflànce Aâiue & PalCue. Car le Beau-pe- 
rc ccft celuy qui a baillé fa fille en mariage , & Gendre ccft celuy qui l'a 
prinfe. Donc cous les degrés d*affinitc appartiendront à ce fécond genre. 

. . Car ils (ont tous fonidés fur le mariage de deux perfbnnes,qui eft lefncient *- 
de laffinité. Laplus p^ des termes de lalurifprudencè doyuent auflï eftre 
rapportés à ce fécond genre:' comme, ^«wr^^ ControBdnty VfufruiB Z^fié- 
Jrié&ifr, TeB^nunt Te^ateury Dûndfi»» i)ondte$tr <Sr T^ondtairty Légat Lega- 
Tdire, Item Senefider^ Tkulairf, Offidery ^htefiient, ÇonfesUer, ^^uocdty *Procù^ 
reur, Itèm Cafita'me , Lieutenant y Enfeigne, Soldé», Ite^n Syndique , ^curg/te-- 
ntdiStreyMéùreyThrefineriMdrdfdndi Çovii tous noms de RelatiB par quel- 
que puitTance duile. Car leurs ofEcesles obligent à quelque aâion, d où 
ils prennent lefHits noms. Item Dffofiy L^camny'Prefiy tous contrats, ' 

. reterent par le temps ou paflc ou prefèm. Car tout contradt» cëft ce qui 
eft Qu R.efté contraâé par celuy qui contraâe ou qui a contraâé. Mais 
les .Grecs ont desparticipes qui demonftrent ceileRelation fort propre- 
ment, & dénotent rAgeiit& le Patient , âc quant ôc quant le temps (te 
r Aâion ôc Paflion. Mais noftre langue nêft pas fi heureufè en cela que 
la Grecque : car nous iiauons des participes que du temps prefènt , com- 
me Contraâant, Donnant , Stipulant, ôcc..& encores le plus fouuent ^ 
uons^nous faute de participes pafliÊ pour exprimer fours Corrclat£. 
Ceux donc qui entendent la langùe Grecque auront en cecy quelqoe 
auantage. Toutesfois, poimieu que nous (fâchions prendre garde a la 
puiflànce aâiue & paâiae>quidoitre{be en tous moçs qui fignifieWA- 
géntôc Patient, foitnacui:ellementQU ciuilemeoitynoaircmarquoronsai- 
iement cesRelati&XcPhilofbpheiratarelconndere auifî fouuent l^&e- 
hx& de ce fécond genre: clr il ny a'prefque chofà en nature qui tragifiè 
en quelque autre cnofè,ott qui ne reçQyue.fic endure de quelque chole.£t - 
comme routes les Mathématiques â>nc fondées fur les Relatif félon le 

nombre 



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lin(m,<juiridleRbyi?e^ nom & Wj)bliidïate,ô£lé^'b¥6^ 

eux'-me- 

rien'.* Orcé$ exemples nousférQnc aift- 
mcnt cfohgnôjiîh'ietôut'ce qui àj>p.iiTient àcefecotid gerire desRcfacifs. ' 



tritjienitgtn' 
redeUdimiJttn 




âfefànr garJ-erdbconfaiiJrecïc ttôifiérne eïenî'e' didifiorl'ISÏètàtliv-T 




fiGpc^auecWfecôhdmembredèfày^^ 

gcneràlcment ro^îsIcs'Rclanits '^Uïfe^tfcnm côntmenfjue ce'^oit. ' Clr nous 
ràp^ôrtons l'ii^bitàd^r'au (ecorid membre de ladiéè diuiïfô;i , &: toucef- 
/ois ]'/iabicudeneïè cefere 
h diuifion prinfc 'dëM 

ré^iiémmsR9^^}^dfM ^ ^ 

la^^Pitlà vMifîgi a'riè'nM^^ 

fm côgnoiff i-d Ar nàrurè : cptùc cèà nomsà^Hft feWle^^^ 

.:/fî^-.-L ^.â. viij -^ " ^^^^^^ 



Agèrit,ôc1autÉ-ej 

«:?atiehr.- Ercn cfctroifieme genre ilfiriit pVcfridrt gii^^e fi jT'c'dtii eft en 
q&::î<jue chofc, fe rapporte ii quelque autre'çHofe qu'à ce crt'qitdy il eft; 
Comme nous Venons de dire que la vedë,qiii èft enrœiljfercfcrcl la cho- 
iévi/iblc. Pourefclaircir dauaiicage celle Catègoric,'lac^Lielleautrcmcrt'c 
àî'aflez obfcurc àc diffiale, ic meardy icy cncorbs vne autre diuifion des 
RHatifi priftfc-dti-quamemeliutt'ddsiTb'i)?qii<a A,WA«r... 



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\yc s G A T E G O R I B S. 

UpUpaHUon en ce quieft difposc : U proportion en ce qui cft propor- 
uonnéjapoflcion en ce qui ell posé. Les autres Relatifs peuuent eftre en 
leurs Corrélatif, niais ib nyTont pas tounours» ny neceflairement ; com- 
me, pour e3templc,nôus aqons dit que la Science eft vn Relatif du troific- 
me genre delà diuifion Metaphylîque, & l'on Corrélatif ceft cequife 

f)cut.fçauôir, qupn appelle aux Efcholes tout en vn motySakle : & entre 
es cho(ds<^ui{epeuuenti^auoir,lTlpritdciHomnieeneftauiIi. Donc 
l'Elprit de 1 Hontmcj entant qu'il edjcil'iU , ckH à dirC) entant qu'il eft des 
chofès qui fepeuuent fçaupir, il eftrelatifàlafcience, &par ce moyen la 
Scienceeft en fon Cpf relatif: car toute Science eft enl'Elprit de l'Hom- 
me. Mais excepte ITiprit del'Homme, la Science jie (è trouuera iamais 
en fbn Corrélatif Car ellericft ny aux chofès celeftcs , ny aux terreftres, 
ny huile part hors de l'Esprit de l'Homme. Finalement il y a^cs Rclatiis, 
Icfquels né peuuent eftreaucunemct en leuns Corrélatifs, comme lecon- 
traire ne peut eftre eii Ton contraire,lePerene peut eftreauFils,ny.le Mai- 
ftre au Valet. Et ainfi des autres. 

Ayant exposé tous les genres des Relatifs>venon à leurs propriétés, 
lelquelles aideront grandement à les congnoiftre. 

Première f>rô' PREMIEREMENT tOUS Relatifi Ont Ccla , quils foUt dits tCciprO- 

friendu j^e- quçmenc dcleucs Correlatifi. CarleDoubleeft double de la Moitié, & 
la Moitié eft moitié du Double. Le pere eft pere de fon fils , &c le fils ell 
fils de fon pere. Le Roy cft Roy de ics fiibicds, & les Cibie<£ls fubie&dc 
leur Roy, le firere eft frère du frère ou de la (œur, & le fiere ou la lœur eft 
frère ou {çeur de fon frère ; & ainfi de tous les autres. . Vray eft que quel- 
quesfpis la reciprocation ncftpas apparête, ôc principalement es Relatifs, 
commt M efurt(^ MeCuriy à caufè de la grande diucrmé des noms , cpm- 
me entre Aifle & Oifeau, il ny auroit point de Reciprocation : car it y a 
plufieurs choies en fpifeau qui ne &, réfèrent aucunemenià laine: comme 
chanter, auoir deux pieds, eftre dUne celle ou telle couleur : mais la Rela* 
tion e^ft entre ^iflej&^^ifiixçzi oftez albifeauceftc propriété dcftre aifle, 
il na plus aucune relation à laifle : ainfi le Relatif de cefte, ceft teftu. Don- 
nant ainfi le nomilu RelatifauÇorreûtiÇils feront perpétuellement dits 
réciproquement lun de lautre , aifle de VuArjlly Se l'^iflé^ ^'Jl^J^ 

VuAipy Xz TeHéy teSk du Teftit : k Te^teHn de UTefie : & ainiî des autres: 
sectndefr»- Tovs Relacifi ont auffi çcfte propriété, quils font enfemble par na- 

frUti des turercéft à dire,quîls ne font point plus caufc lun de l'autre entre eux,com- 
me le Pere ncftpointplus caufè quele Fils eft fils, que le Fils eft caufc que 
le'Pereeft Pere. Et cefte propriété eft indubitable és Relatifs du premier 
& du fécond genre delà diuifion Metaphyfique : car il ny apoint de pere 
fans fils ou fille, ny de mari làns femme, ny de Roy lans fubiedb. Mais es 
^ Relatifi du trbifieme genre, cefte propriété ne leur conuient pas : daucanc 
que lun eft iamefiire de l'autre: or la mefure précède par nature ce qui eft 
mefurc. Et de (aide , long temps au parauant que les {ciences fuilenc in- 
uemees , les choies, qui ont efté iceuës & congnues par le moyen des 
iciences, eftoyent au monde, ôc auoyent eftre, &y auoicplulieurs choies. 

fenlib 



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CATEGORTESi^ 57 

kt£ki\cs aumondej comme la terre> h mex.y les herbes^ arbres Se plantç$> 
dciianrque rAnimal fenfitif fuft crée. Or les chofès qui font cnfcmblc 
par namre,font telles^ que lune eftanç oftee > làutrç ne peut fubtifteF» & hl* 
ne pofee, Vautre fuit au0î. Comme, fi lepçre eftjefîls ell: H le 61s nèft 
point, leperc nbft point- auffi. Mais U fen/fl^ley ccft à dire ce qui (e peut 
congnciitre par le fois, peut ef^re {ans lejenpnf^ céft à dire, fans ce qui eft 
doùc«ie/êns. EtrAnimal {èn(kif ellantolléyles choies fenfibles nelaiflè- 
ronrpas dcftre pourtant: comme quandla pe(le pu autre çalamiteacel* 
fanent deiblc vne^ maifon ou vne vjUe, qu'il i>y çft depieprc ny belles ny 
comme on dit, toutes ks autres cnofes, tapt meubles comme im- 
meubles^qui font toutes expofèes aux ièns,ne laiffent pas deftre pourtant. 
Pour cefte caule ces Relacif5;da trpifieme genre ne femblent pas eftrd en- 
femble par nature , d'autant que toudours. lun eft caufe dc mefure de fon 
Corrélatif . 

Il Y A quelques Relatifsjqqi ont a^ffi ce(}eproprietédauoirvncon- ^^"f^/^^ 
traire. Coriimela Scicncca foncontrairCjàlçauoirrignoranccEgala Unfi, 
fon contraire,àfçauoir Inégal. Etainfi depluficurs autres: mais celaneft 
pas en cous Rplatifi : car le doiible na rien qiiiluy foit contraire, ny le pè- 
re, ny le lils : &: mefines pluficursRelacifs du troilieme genre n'ont point 
auiE de contrées. 

Il Y A auffi quelques RclaciÊjlefoucls/cmbientfe référer par plus & 
moins. Car onpeutcfireque ce qui eftlemblablc ou ega^ ou contraire, t^!^*^^'^^ 
(winegal( qui font tous noixvs de.RçlatiÊ ) eft plus ou moins ièmblabl^ 
^usou moins égal ou contraire ou inégal, &a mais il n'en eft pas de mç^ 
ikccncous Rdtatii^. Car ie double ouïe triple ne' peut eftrcny plus ny 
moins àouble.pii frîpl^,,je.mari &la feminç ne peuuent eftre ny plus ny 
mQinsmm. ôcfecnme. Ctautant en êft il <fune infinité dautres. 

Arist oTia fait icy vnequeflion, içauoir fî la Subfiance , entant s^tmnrpu» 

3uclle eft Subft^nce,peut ciflre relatiue àquplqne ehof^, Cefte queflion ^j^*^*^,,^ 
e première abordée femble cflre fans tlifficuké: caria Subfiance , com- ftnt i^ïîamtî, 
me il a elle dit , aloiiclb cdc Iby , &: ne lubfiftc point par le moyen d'au- 
truy, la ou les Relanhj ôc principalement les vrays Relatifs , tiennent leur 
élire mci'mc & leur cllence delà Relation qu'ils. ont auec quelque cho- 
fc Et dcfaiclon ne dit. point qu'une Subilance, comme vnhomme ou 
vn cheual , Toit homme ou clieual de quelque autre, chofe, comme on 
& que le maillrc eil.maiilre du valec, & le double cil. double, de la moi- 
#»9cainfi tous Relatif (ont ditârrec^prjoqj^çfH^cù^lie tçuf:$yCpj;rçI^çi&^ ^ } 
fi Qi^ dit. quu ^ çç] bp^yhiÇi XQhl^ ifeit: Wwjmfne pu M 

oit pas dMlfei^^^pUHSh^^ifsm^O^S ^pûlîïjçfwflpas icefluyrlà- 
inais ceft feulement à caufe quU^flrf^^ ypUiflàrice ou pofTeflion de ' 

maiflre :la'oii le&RelatiÊ ne ^^yspçiçHf ^ti, çe^q^ls, fpntfàns leurS; 
Çôrrelanfs. Ilny apointdeDouble f^ns Moitié, ny.deRoy, fjns Subieâry 
de Maillre f^ns.y^|e^^ ^^^|V)E[ic2:t^iS$ ^i^^l^ ^j^'cfl quencore^ 

\ * ' *^ H panics 



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CATieORIES. 

f^àfties cfcs SuKftahcês ferhbldfiÉ eftre Relâtiuéâ à leuf tout. Car la tcfto 
c pJè^lâHi^>cft telle, piedySé main de quelque ânirftàlî èt ces parties 
folk dites rédptocjùetiïeht de leut tduc> ôc le tout aufli eft dit dlccUes. 
DétiCi péur idrtit dé cdtâ difE^ùlté, il &uc entendre que lés parties des 
Sitfeftatuiéisf «efontpoint proprement reladues à ce.dônt elles font par- 
ties. Càt Ci elles efloyenc reladues, il s'enfiiyurôit que & tpd que nous 
verrioris Vne pâtÉîé dé quelque Subftance, nous Congndiftrions aaffî 
fantoUfrtout ainfi que fi toft qiie nous içauons que- cent efcus éft lamoi- 
tic de quelque fomme, nous (çauons que ccfte (omme eft deux cents cC- 
cus,^Ui font le double de cefte moitié. Et fi tôft que nous (çâuons quie 
Agéfilitf? ëfè Roy dés Lacedémonieiis, rious fçàuons aufli que lés Lace- 
demoîîierisfbntlésfubieâsd'Agefilaus^ Etfitoft queie Içay que Philip- 
pe eft pere d'Alexandre, ie (çay aufli cjuAlexandreeft fils de Philippe, ôc 
ainfî de tous autres Relatifs. Mais fi ie voyoys par vn trou le pied ou là 
tcftc de quelcun que ie ne congnoifle point ,ie veriray bien que ccft vne_ 
teftc ou vn pied, mais pour cela îe ne fçauray pas à qui appartient <:ell;<î 
tefte ou ce pied. Puis donc que la partie peut etlfe conghuc, fans le tout, 
elle ne peut eftre proprement .appelleé Rclatiue. Et fi on dit quen voyant 
lateftp ou le piediOndira àûflî tort que ccft la tefte ou le'pied dun hom- 
me ou dune letnme , ou dline telle ou telle befte :Ie reipon que U partie 
me donne Voirement quelque congnoiflànce du tout, mais cefte ton- 
. gnoiftknce de la partie 6c du tout eft inu>ârÊiiâe.Car en di(ànt que cêft 
là téfte dUn hotnme ou diine befte,ie con^tdere cefte tefte comme iêcoit-' 
de Sii&ftàitcéy néh pas -éèmnie {^emièïé Sûbftancet ccft à dites' ie U 
corïfidêre come appatcénant à (on elpecci mais ie iie la côjgàoy pas goiï^ 
nie vn iiidiuidu qué ie Vdy èi que ie touche. Car fi ie congnôiflbyefa 
partie comrne piériiiere lubftance , ie congnoiftroy' aufti- fa premicr-it 
Subftance dont elle eft partie, 06 dirdy • , ceft la tefte ou le pieddunteL 
Mais i*ignore ce tel, & ne fçay autre chofe, finonquc ccft la tefte dun 
homme ou dune befte, qui foiït noms dfefpeces qui ne fe perçoyuent 
pointpar lé fensj- ains feulement par l'int^ligéricé* Ces paréids donè n<J 
font point proprement Relatiues, finoneftans prifes pour fécondes Sub-^ 
ftanCes, ^ ehtant quelles fi>rtt congnucs parle tout, duquel .elles fontpar-î 
tics. Arïftoté à eftimé- que-céfte ^ueftion merifôit d'cftre cdnfidefee de 
• plus près, àuanr que de la ïefpondre. ■ Or pour defcrire euta^aernent les 
ftlflf-^T^t Relatifs, nous dlîbn^ que les-vïiiys Relâtife font ceux ilcfquels l'Ettre nîA 
KeUtifs. âutre êbéfequeie (apporter aiautruyi • Et p^f té moyen noûti exelurrodâ 
ks pàVâéâ de» Subftàntès>&t<9ufi-R.âatifi moin$ exqu», . i^âis iapremic^ 
re défcription que àous^ auQtiS-niifê aâ cot^mencement dé^ce^e Caie-* 
gori^>éftpluj génère, plusaccomodeeàkt doârinedes C^légoriesl 

A. cL^ A 1 1 1 É- eft Vh^'Catcgoric de trefgratïde cftcriaué: tar 
tdàt '^,^àî éft Éignifté pâi'tîequi exprime quelle eft quelque cK<$ 
fe qiiV ce fbit , eft ^Q;u^é. Ariftote en fa Meiapnyfique met 
ceftfe'CatégbhedéîïàntSéêUedesRdatifs, dkutahtqué la Q^a- 
-î lité 




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C A T . E G O R I E S) 5 5* 

Ikceft vn acci4ent.âbicllu comme la Quancité i ôclacon^oif&npctdtt: 
cefte Catégorie i^rc de beaocpùp pour congnoiftre celle des RelaciÊîtoui- 
tesfoisiay retenu Tordre qi;ul:&icëii.ceft endroit» pource qutl lunaporre,' 
pas beaucoup delà piettredeûant ouApre9>&icmblç qulteftoitit^i^i^ 
{àircdc mettre les Rclatifs.incofitinent après la Quantité, dautant qiif f»-, 
àite, qui eft le.prtncij>e du Nombrej^ôc neft point nombre , demeyroii 
ùas CaEcgorÎQi ii^fques à f c qiie nous laitons, niis entre les RelatifijCoj^i- 
mc^efure ^•Mefunyïçdi!a& que limité ell la mefure de toute multitu- 
de 6c de tout nombre. Voyon donc maintenant ce qui doit eftrerap^ 
porte à cefte Catégorie. - , 

T o V T E s Qualités font coinpriTcs fous quatre genres : Habitude & ^îiifi»» ^ U 
Diipofition» Puiflànce ou tnpuiflance natureUe, Qualité paflible, fit For- ^ 
meouFigurc. Le preniierg|cnrc comprend l'Habitude &IaDi^po^icion: Premier jenre 
car combien qu'ily ay t di&rcnce cnuc Habitude & Di{po{]çion,fi eft^ce. 
Quelles ne conltituent qu'un (èul genre y comme dit crefbien Arifl;o.te>au pfitien, 
ieptieme liure de ies Ethiques chap« où il dit que la patience âc la con- 
tinence ne font pas vertus, ccft à dire Habitudes par&iâes,fic neancmoins 
font Difpofitions comprinfes fous le genre de la vertu,ccft à dire de iHar- 
bicude parfaire. Car entre Dilpofition ô£ Habitude il riy a autre diflFe- z>ipj:M»* 
rence, unori que laDilpolîtion neft pas tellement confirmée , quelle ne 
(èpuillc changer : comme le Continent ccft celuy qui a la Difpofition à 
la tempérance^ & toutesfois luicte encores contre la concupiicence:mais 
l'Habitude eft tellement con6rmee par fréquentes aâions fie ^)s de 
temps, quelle a prins vn pli arrefté,ôc eft dcuenue immuable. Or ces Di- 
(poddons & Habitudes font tant au corps comme en làme. Aucorpj» 
comme la fàncc,la maladie./Car la (anté ccft vne dilpofition qui neft pas santé. 
aisément offenlèc par les caufes des maladies : 6c toutes maladies fontdif- j^^^ 
portions contre nature^qui empcfchent les fondions naturelles* Et les 
maladies inùeterees fie incurables , comme les fieures,. qu'on appelle pour 
jfxfte ,caufo|ieâiques; foàt Habitudes tellement enracinées,, qubUes ne (è 
^quent ^y^guerir, ny reccuoir la, venu des caufès fàlùbres. Les Dii^b- 
£cions âcHabiïâdes de lame font,ou en lêntendement, ou en la volomo. 
Ën Ibntendcmeut , comme tous arts fie fciences, lefquelles à force dbfttt- 
dp dé^iperience deuiennent Habitudes en nous ^ foie queUes foyent 
bonnes, o^mauuaiiès. Car généralement toute &îence*touce d^ipline, 
toucart^.tout meftier, eft Habitude,fi^ eft coqatpritas (ous ce mdt d'Habi- 
tttde, comme Ibfpcce fous fon genre. Eâbvolotfïccfontles Dilpoûnjons 
IcHabicudes à toutes les vertus & à cous vices pareillement. Car vne me- 
ftne vertu & vn niclmc vice fera di^>oficion eû cdily quioiy eft pas en- 
cores tellement addonaejC]Lul ne puiftc changer 'oSc , fera Habitude en ce- 
luy qui y eft (i bien confirmé &: accowftumé, quïl cilhûrs des dangers de 
toute mutation. Car l'Habitude eft la perfediqn delà Difpofiuon. Et 
iàns rHabiWdejqui arfiçfte ie cours dejîkçratioûific-jnftutation^cradite 
âurqit.eiî raifon' 4ç d^^ç que touçes^cheEfesfoiHîehperpetudleiluxion, 
it quç. la in^iej^e defoy eft exposée à tQUs AccioàKs eft'cîHiiè du 
' ' H X mbuuem 



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^ catégories: 

moauement& mutation ^erpemèlle , qui (èvoid és dioiês caduques àc 
ekmemjures. Mais il »^abuséen€e<}uiltà' point congnu les habitudes, 
qui^ôm comme les bornes de rarbeft de çe mouuement. Car il a penfè 
quecdte fluxion eftoit fans fin , & a ignoré -que tout mouuement a^ire 
îtqac^[ite fin &àquelque bornecommel<miant>depuîs quil eft au mon- 
déÀi ne crôift pas toa(rours, mais , efbnt venu à; vn certain aage, il prend 
{kpjeiièâion,laqueUê luy demeurele refte de (à vie : U ainfi és autres ani- 
miauï.Ctfle perteftion de nature en chaque chofc,monftre quil y a quel- 
que arreft qui borne & finit le mouuement ou alteradonxe qui fe faic 
en deux manieres.Carily a vne fin qui borne tellement lalteracion,qucI- 
len^iuyuie dkucane autre alteratio,ny neproduitaucuneaiftion, com- 
fiïela taiUe, la grandeur, lagro(Ièùr,& ce qui appartient à la forme exte- 
CMore, qui eH iequatrieme genre de Qualité. Mais il y a vne autre fin,qui 
oerditide tellement Aération , quelle produit des aâions , Se nell point 
oi^iR^ainseftaâiae : & cède fin cëft rhabitude,laquelle tait que les ËicuL 
tés^qih'défoy eftoyent muables, deuienn^nt immuables, comme quand 
vn nomme aacquisla fcience des Mathématiques, ou la Médecine, ou 
qudque art Mècnanique , cela luy demeure toute ià vie. Et ces Habitu- 
des, èc Difpofitions ibnt aulfi bien aux beftes brutes, comme aux Rom- 
mcï. Car tout ce qui eft doué de quelque faculté naturelle pour faire 
quelque adtion, pourrapar le moyen de ladite a<5tion paruenir à l'Habi- 
tude, comme nous auons des chiens & des oifèaux, qui font drefTcs^ 
rioairis i telle Ou trfle chafle , Ibn pour le héron , lâutre pour la perdrix^ 
ïtfri pour tfe ccif, hiucre pour le heure : fun courant, lautre couchant : fufl 
^our la pleine, ^uae pour le bois, de lâutre pour lëau : & tout cela fotft 
Habitudes ôc Oifpoiltions tant aux chiens comme aux oifèaux. Autant 
«n eit-il des chenaux, les vns font dreflcs pour manier terre à terrc,les au- 
tres pour aller haut, les vns pour la bague, les autres pour la chaHcyles 
autres pour le combat, àc les autres pour la charue Se pour le bafts. Les 
beufs auiS acquierencla diipofition de trainet le ioug. Bref,ia perfeâion 
aâudte de toute faculté & puiflance naturelle, cbft ce premiers principal 
genre de Qualité que nous appelions Oifpofition ou Habitude, félon 

Sielte t& plus ou m<»hs confirmée. Car elle neft Habitude, qile quand 
le eft hors de toute-alteration , & quelle a atteinâ le fbuuerain degré de 
fa parfcfâionjfoit quecefle qualité fbit bonne ou mauuaife. Et ccm per- 
feâion derHabitudei^cquiert parexercice,accouflumance,meditatioti» 
Se efïude. Donc les choies inanimées, encores quelles ayent leurs facul- 
tés dcinclinadonsnacurelles , ficantmoins on ne leur peut attribuer ny 
Difpofition nyHi^bkudc. Comnve pour exemple. Le feu a vne faculté 
naturelle de brâflcrt&efchau&r,mais on ne peut pas dire que ce fbit vne 
DËfpofîtion ny vnë Maibifude au feu de brufler & efchauffen Car il ne 
: chauâe ny par exercice, ny par adcôuftumance,ains feulement par nani^ 
re, La dûlttirdonc^iHl pas vneQ^ahréaufeujmaisceflfa forme eflcri- 
tielle^ fans laqijieUçtl'nëA point feu. Autant en eft il des auttes facultés 
edmcidlks des cbûfèa^inafûmees î car elles font déterminées à vne feule 

chofèy 



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C A r E G O RIES. 6t 

chofè, corne le feu à bruner^reau à humeâer : mais les âcaltés de THom*' 
nie& des animaux ne font point déterminées. Carikpeuuenteftreega-' 
Icmenc addonnés à chofes contraires ; comme Ibifeaupeutvoléri &• 
peut aufli fe tenir ferme Int le poing ou fur la percheJe chien peut côurir: 
&sarre(lenrHommepeute(b'e fàin ôcefbretrndade.VcMlapourquoy nou^ 
n'attribuons Difpofltion ny Habitude quaTHomme ^aàx autres ani- 
. inaux.£c combien que la ânté.&la maladie nés acquièrent ny par esïef^ 
dce»ny par éftude ou accouflumance, ains elles procedçnt de caafé&na^- 
tureUesincantmoins nous les appelions Difpoiidons Hab!icades,pour^ 
ce que l'homme ncft pas touuours fain , comme le feu bmlle touudunv 
mais il peut aufll eftre mîdade. A cauiè donc de cefte incerticade des 
cultes naturdles^nous appelions la &nté & la maladie Diipofîtions 8c Ha^- 
bitudes, qui font les bornes de cède incenitude, âc le ièiour quelles font 
quand elles sarreftent en vn mefine eftat. Or, par ce qui a eftc dit cy del- 
fus, il (è void clairement que la Diipofition &: THabitude ne font point 
deux efpeces différentes , comme nous ^uons dit dés le commencement: 
mais ccft vne melme chofe : tellement que quand la Di{pofition dénient 
Habitude, on ne peut dire que ce (bit altération ou mutation. Car l'al^ 
tcration ccft ce qui change & abolit i'eilre & la nature de la choie , là oij 
iTlabitude nabolitpoint la Diipofition : mais au contraire c eft ià borne 
& dernier accompimcment, ainfi quil a eftc dit. 

Le second geme de Qualité comprend toutes les &cultés&puif' ^^"^tfZi% 
ânccsnacureUes,8c les impuiflances naturelles aul&. Et cespuiflànces ou éUs ^iféncer 
împuiflànces font naturellement en toutes chôfès compoiees de madère ^* l^^^j^ 
&tae(bnne.Car cëft le principe del'Ââion ou Paifîon en toutes chofes. 
Cooune quand nous voyons vne pierre dure & difficile à tailler j d&bt 
que cefte dureté vienne dune faculté dcpuiflàncé naturelle quieften la 
picrre,^e refifter à ce qui la peut rompre ou tailler. Et au contraire^nous 
dirons qu'une pierre molle, comme lapierrede S.Leu, a vueimpuiffancc 
naturelle de reufter à ce qui la peut rompre ou tailler. Car il xiy a neft au 
inonde, (oit animé ou inanimé, foit homme ou belW , qui nayt quelque 
âcuité & puiflànce ou impuiftànce naturelle : comme la viande a ceft^Ëi- 
culté de fe digérer en lèftomach, -& de fe cuire au feu. Les fruiâs ont la 6- ■ 
culte de le meurir, ôc Timpuiffance de fe garder long temps hors leur ûi- 
fon, ôcparccfteimpuifranceilsfcpoufriflent,Breftoates ces qualités,qUe • 
nous attribuons aux chofes , en diiànt quellcs-fc peuuent ou rompra,- Ou 
coupper,ou cuire,ou roftir,oubruflerjOU digcrer,ougarder,ôUc6n«ipife, 
ItWcontraire àulTi, comme ne fe pouuoir ^ottlpre^ ou coUpper^oU û^é. 




peu 

— *- -- -ÏT 



^nldpnt.C0mnieu tacultei^arelleque inomiileadeFéi4t^a<^èfî^ 
peut onenferlà£uitc, lè conduit à la diipûfidon bonne &fel<>n Hatôlfe, 
^: "-aàppelle làntc : Au cônÈRirc", celuy qui èfl? affligé dUfié haturelleifh- 
puiifance de redfter aux înîunîs de cé quipeut nuire à la lànté ; tend à-\Qie 
di^oâdonvicteufe,& feraiù^îËfcdi£ Ainlt celuy qui eftfort&bien fourni 

H 3 defrs 




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€i C AT RGQR I es: 

de fc£ tti^brés^ & aies muicles ôc les nerfi vigoHreux^paruiendra&cile^ 
mène àJU difponcioxi de.boja luitceiu bt bon homme de trauail. En Ibfprit 
tout dé meimf i c^x qui ont.yne &cukc naturelle de bien apprendre & 
piofficer aux letcres^qhi^ent incontinent les habitudes des Iciences. Et 
aiLCOticraire, ceux qui ontvne impuiflànce naturelle«qui les empefche de 
cQmpcendrefcreFenircequonleuren(èigne,perdencleurtempsàIbftude, 
&{àcquerrQii£ iamais rhabicude de fciepce. Çar Thabitude préfùppofe 
ncceflairèment quelque ^culcé ôcpuiflance naturelle. Voila pourquoy 
nul hommtvdçpu^s le péché d'Adam, excepte vn (èul lefu^ Chrifl, na eu 
leslwbitudes:des vertus telles' quAriftotc les dcfcrit en fès Ethiques. Et 
Ai-iftôtc luy-m^fme en demeure daccord,& confefle que toutes les vertus^ 
qui font aux plus vertueux du monde, ne font quimages & ombresdcla 
vraye vertu. Et la caufç de cela , ccft qu'à cauk du pechc originel nous 
allons vne impuiflànce naturelle à touc bien, ôc inclination à fout mal, 
ittlques à ce que Dieu de pare gracç nous illumine & nous régénère par 
lafoy en noilre Seigneur Ie(us Chrift. 

: Oii CES facultcs Se puiHànces naturelles, &(èmblablement les di& 
ficultcs êcimpuiflànces, Gajien dit quelles procèdent de la cra& âc tem-f 
perament des corps.Car eUes ne font pas la nature & Ib^Tcnce mefme de la 
-chofè^mais ce fontaccidents qui naiflent en quelque (ubieâjdc font aaa-^ 
chés à là nature.Comme pour exemptée n'eit point la nature ny lèflèncc 
; ^ de l'homme dé içauQir cliônter ou elcrimer: mais en Icllence de l'homme 
. ily a vne qualité natureUe qui le rend apte à fe rendre Mufiçien ou Efori^ 
' meur ,fic celle qualité çeft vnc &culcé naturelle. Et ainii eft il de toutes les 
.autres. Etièlonqueles temperamentsfontdiuers, les fàcultésauffi font 
diuerfes. Et.ppur cefte cauic Platon difoit quîl y a des hommes d'or ôc 
: datgent & de cuyure defcr, voulât par cefte diiierfité des métaux figni- 
; ficxla diuerfité des facultés n^tureHes qui font aux hommesrcntre lefquels 
U différence eft telle, que çefl à bon droit que le prouerbe dit quel'hom- 
i soe ell Dieii à l'homme, & efl: auflî loup à rhommc^fêlon quil çft orné de 
.bptuies ou, mauuaifcs fàçjLilcçs,par le moyc defquclles il sâcquiert de bon- 
nes ou mauuaifes dilpoHiips ou habitude^. Or il faujtnoterdiligemmei^ 
ilyddesfaettU mot faculté tik homofiynae : cat il fignifie quelquesfoislcfTence^ 

'iTfl^ultls 1^ çhofç ,.cQmnie nous.appellons les &culjcés de npfbe ame4es^^art^es 
âeciikiUéUs, eflib{Uielles.d*içelle :c;'ç(ta dir€, noftreâjnè âaefoie. Item la&culte dkt^ 
jX^ç le&r eft yoc faculté ei^tielle de l'aimant ou calamité : Icau a lafàcul- 
^ ce de réfrigérer, & le ^eu.d^b^^uffer par^fon effence ôç.p^ia forme : ain(î 
rlc;ftomach^)a&çulté de çHë;e la viaadet&: chaque chqfè avne &cûltéeïf. 
t. ^cielle, l^uj^le ne fèpèut abolir ny clianger en vne ^àculté coni;raire,(i- 
. noQ auec Ikbolitioii^ «pcjtiof^onde^ii eflence. TcUes^ultés n'^ppaç- 
r;iiennent,pasà ;çç{lc Catégorie : çàr çe font e0cncqrOH fiibftancçs , non 
, pas qualités^, iSc doyuenç eftre rapportées à la Catégorie mefme de .^a 
Subflan<pe ; comme u on; demande la Çsxegorie delà Çpr^ience,par là- 

3uclle, çp.mmcditrApQ(lrc, hpuç-*ipiî5^pcufons pu cicufpn|>iip.u«^e 
iron$ pas que ce foit U QiÛ^té >ainf.çb^.yne facul^é^entielte^ei^il^ 



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rhomme : & pourtàhc ëlléâppârtiéntà là Càtegoriede la Subftâhtef ûtâis 
les faculcés,qui apparfietinent à ce fecond geilrè dë Qualités, ne font 



C A T E G O RIES. ti 

r 

les . _ ^ _ 

ço!nt cfl'encés,ains font feulënient qualitcs j <|ui p<îiluenC.eftfë chàh- 
gecs en leurs cohcraires^ fans labolitiôrtôc âneirttiflîînïent de lâSubftân- 
cc. Coninie,î)our exemple, il féVold plufieurs ieutics enfant i qui |>^o- 
mettent tnefueilles, tant la faculté de bien apprendre & cdthprendré'tcïu- 
fcs choies eft grande ôc^ehemcnte en dui : mai* la plus part perdent cîc- ■ 
ftcfiiculcérur laage, foit pour nauoir voulu trauailleri ou par qticl<Jùeàii- 
trc Âccidentj de iaçon quil y eni peu qui pafaiennënc a- l'habitude de 
laicience. £t cela monUre bien que ces ^cultes ne fon£ pdint tBtntitU 
les. Iteni .l'hônime ôc la femitie lûnt conipi'ins fqu^ viiefnéfmé eiptice: 
ils ne différent donc point en leui" effeiice ny en leurs facultés eflenticilcsi 
mai^ feulement ils font diAingués pailles Ëtcultcs ûU pUiflances & impaif^ 
fances naturelles, qui font qualités. Et pôurtànt Ariftote dit qUe h fèni- 
me eft vn maflc bleffé &imparfai6t.Ain(ilecourfier de^aples,&le couf- 
taut d*Allcmaigne,6ntvnemefniecflèhce,nlàisleurdifFerenceeft aux fa- 
cultés naturelles procédantes de leuts tem^eriménts^ Ainfilbyefàuuàge 
ôc foye domeflique cftans dune mefruè eflencë, ont diOeffès ficultésjqui 
iàitque l'une {èpeut appnuoifer, & l'autre ne peutl Et ces facultés font 
qualités procédantes du tempérament de là matière, Qô ttôn pas dë lâ for- 
me effenticlle : car elles fc peuuent charigef, fans que la formé eiJentieUe 
fè change. Ces facultés &c Impui^fanc^s>que tiôus rapportons à ce tecoild 
genre de Qualité,nontpointde ndm p'Otif k plus patt > fînon quon les 
tiprimepar les paronymes defdites faciultcs. Cottinie quând ie Voy vn 
\iommc ihaiadif; le luy ddnn&ce nôtH |tàt<)nynldà càufè de riùijpuiiunce 
qui dl eii luy de refifter à ce qui offetife là ântéi Aitifî vn bon luicteur» 
vnbon efcdmeut,c^eil(ccluy qui alàfÂ(?ultédebiêiiluitter& efcrifne^ 
& ctô facilites ne fe peuùent expriniet' que pàr lisCivà pàtonynieSi/iMmir^ 
tfcnmeur^àcc, ' ■■ M-" 

Av TRotsiÈMÊ genre des Qualités font leS' Qualités Pï^blts 6^ 
Pathétiques , léiquelles font a.infî âppeUees, ou p'ôutcÀîdu'elles ttiôuucnt 
ti afrcïftent lés féhsioù bource qutillés prôccderiCdê qu Ajués Vehemch- ^^>/ 
tey affections ôcperpefhons- Premièrement dohe leà obiééts deToai les p^^U, 
Icns font Qualités Paflibles, à Cq^ùùitiéscùuUuri^ ksfôHs^Ui femeurs, les p* 
ikurs, & les quatre premicres qùalitésElëmentàirey, q'iii appartiennent au 
fcns delattoLichcmenC, (çauoir eft chauJjJroiJ,fec,^lmfniï&~: combien que 
CCS quatre Qu.ilucs Elcmeacaires natFe(Slenc pas {èulenKint nos (eus, maii 
toffi elles àgiircnt £c paciffent mutuellement en leurs fubiccls hors noftff 
fcnsî comme quand le chaud chade léffOid;& le fèc Confomme ll^umii- 
de. Et ce combat de ces quatre premicres 'Quàlités fe void maniteft^mcnt 




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GooqIc 



V4 Ç . A 'T E G O R I E S. 

dç.&|>ron\e(reâ de Dieu ^ de Ci iainéfce do6trine reHouïc 8c confole lame 
fidèle. Il y a vne autre forte dë; Qualités Pailibles^à (^auoir celles qui pro- 
cèdent de quelques perpefGons ^ affeâions véhémences enracinées en 
tvoUre nature, loic quelles concernent Je corps comme vne iaUnilTe ou 
tpu^eur de vifàge, ou bien lame ^ comme lafùrieylamdancholiej ficc. 
C^riles Phyficiens ôc Médecins ^ribuentla caule de toutes ces Qualités 
au tempetafnét des quatre premières Qiulitç Elémentaires, chaud,froid, 
iec^ §c humide : & di(cnt que-par la proportion pu difproportion d'icel- 
lc$, noftrç corps ( oui eiir^rgane de noftreame) eft habile ou inhabile à 
toutes chpiès : tclfonenc que ces Qualités Paflibles font les femences &c 
fondements des puiflances Ôc impuifloiices naturelles , tout ainfî que leC 
dites pujfïànces & impuiflànces font les {cmenccs Ôc fondemccs des DiC- 

Jïofidons & Habitudes , foitdes rilocurs Ôccomplexions, vices Ôc vertus, 
bit des arts, fciences , meftiers, vo.eationî & profelTions. Et voila com- 
■ me ces trois genres de Qual|té sentre{uyuent, & nous meinent de lim à 
loutre , iufques à ce quayons atteindt l'Habitude, qui.ell la borne & pcr^ 
fèclion des. autres : pçwir cette raifon Arillote la mife la premierc^nais 
deuant l'Habitude ouDifpofi.tiç)n il faut auoir lapuifl'ance ou faculté na«^ 
- Wrçlle: $c celle faculté naturelle procède de la (^alitéPaffi 

Xfi du' tempérament des Qgalitcs élémentaires : Car nèftoit la diucrfitc 
-du tempérament 8c meflinge defdities Qualités , il liy ^^uroit mille diffe-. 
rence^ntre les hommes. Çc ne &ut recercher autre raifon de toute celle 
grande àiytcxCttç qxii^y ypid^ tai^t je^tçrne comme interne , que la diuerfè 
^onflititcion & .temperatcirç dédites. Qualités Elémentaires. lappeUe di- 
wr^téexterne, comme de ce que les. vns font roux; les autres blonds,les 
,vn5 noirs^s -auq'ês blançs,les vns grands, & les autres petits^ les vns mai* 
^es, les autres gr^is, Je^ yns pafles, ôç les autres de bonne couleur. Çt la 
diucrflté internc,ccll Ifi diuerlité des mceurs &; complexions : comme de 
ce que les vris font ioyeux, les autres melancholiques , les vns hardis, les 
- ftijtrps couardsilp? ynp jtirueils, les Vautres mifericordieux , les yns libéraux, 
les autres chiehcs^ Çax comtn^ les fèns externes font afFedés pai: Iciirç 
y : ^ ;^ obieds, ainfi noftrie amè eiî affcdteê, troublée, & agitée par fes paflîons, 
qûij>rpcédenç t^ute& de lî^ conflitution nos corps : autrement lamç 
fôn eflçnçc ae fçroitppint fubieiie àtçUespaffions. . , : \ 
: Or coMM^.npus.diftipgHPWcç? Qualités Pa^ 
<^ec le$ &culté;f naturelles, .auill faut-il les diftinguer<j^eç.leS;PaiIu> 
ilféutt Jifii»- ouPetpefliom>,l9rqiïeÛeS:.h$>us meta^ ync^ Çjitt^gpfij: ^ 

/Jrr^^ «tf?qui cft WHr^çmfinç çfeçfe^ fubicdau vin , ;pu à quelque 

fiw, <wmdahcholiç,;Cçfly4éifnp<u^^^iiqui 

çojïicij^çc e|ï f^ï^mtjf^pAr^^i^ ^g.4cnt û viôlçvot» qiul eilpalé en nx- 
tuiç. : ç<^rntt)e .^^d: iqi^^uç gri^diûçxâdetxi; rend qUelcunrnielanchoU^ 
oUe toute â. v»:* 0a qudque,çoop;rqçea;àlatefle r^^^^ rho;nn^e oi^ in-r 
unsç ou inhab^:àlagfU)e|au^:J^^ tfluy ^^qui eil natur^Lcniçm pafe 
Oitr^^ge, t'oftte Ç9^ipieçjpîi,qiii§^ 

* • * perm 



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CATEGORIES.'^ 

permanente cojlime la Qualicé Pa{Cble>^s cëftvnaccidentmomehta-- 
ne^ & qui procède June caufê excerne : comme il aduiendra queiquef' 
fois queceluy qui nefl: poinc cholefe de (à nature, fe courroucera pour 
quelque iniurequbn luy aura fàidté. Et celuy qui eft pafle naturellement^ 
pourra deuenir rouge sil a grand chaud » où fi lubicément il eft eÇ* 
meuàrougir par honte ou autrement. Toutes ces mutations Tubitès font 
pa{Iiûns. Mais ce qui a aâeâé noftre natureljsaj^pellefa Qualité Pâflible^ 
W quelle foie au corps, ou eii lâtiie. Et corritne ces Qualités paffiblcs, 
ft/enous auorispropoices,come IamcIancholie,làiôye,la fiiric,la crainte, 
la cholere,ont desfîguré & difformé noftrc àme : ily a aufll dautrcs Qua^ 
litcs paffi bles,par lefquclles noftre am e cft mife en vn ellat excellent, defi- 
rable,& qui luy apporte perfe&oft. Mais celles-cy'font dii tout diaines,ôc 
non naturelles ny procédantes daucuti tcmperàmciw des Qualités Ele-: 
mentaires, ainfi que nous enfèigrtelà Théologie. 

Av QjrATRrEME gcure de Quolicé Dous rapportons Ics formesôc ^^f^T"!^/" 
figures matérielles & externes de toutes choies: comme.quandon dit,v» te^fimtcrfi' 
fUty vne apettCy'vne tour^ chajleau, v» liBï'i^ne efcdhlie, V» mamed» : car tous l**"^' 
ces nomsfbnt noms de forme &figute. Ittmyi^nefcu^'pnnSloni^nJHcati ^ 
toute forte de monnoye : d autant que leiirs noms.nexpriment ny leur 
valeur ny leur matiere,mais feulement Ixnfcription de iigiire qui y eft em-:* 
prdnte : tous npms d'inftruments ôc outils peuuent auifi eftre rapportés 
içy^commcvnâfdeyyne chdrrufyyne f^fet&cc. On peut rapporter aulli à ce 
quatrième genre de Qualité lés tiltres* d'honneurs & dignités , Méicflêj 
^AheffesExceUenceilUufire^ J^dgnifijue., &c. pource qiûls fignifient quelque 
apparence extérieure. Item DâBotaHy Opfdaty Sy^m^ âc lemblables, fî on 
tegiide aux ornements &: apparat deldites dignités : autremoit ces noms 
ic rapporteront àla Catégorie des RelatiiS, comme noug aupns die Ap 
demeurant , ce mot àt figure ne fè prend pas. icy pour quelque efpece dé 
fiiperficie , cppitne" en Mathématique ; ( car en ceftè ugnificationce fc- 
roicvne Quantité: ) mais cëftvhe (^alité,qùidcternMr>e quelque corps 
ma:chel,commc il appert par les exemples proposés; AuDrement les-^^u^ 
res ôçles corps mefmcs composés des hgures., sils foiir ^ebirés de la^ ma- 
tière , &confiderés enabftradtion , cornmeles çorps:rBgiuiei;s d'EucUdc, 
ç^^ont Quantités , non poinc Quêtes.' Mais tés firmes & figures 
^npuiï prenpns icy pour Qualités, font on queiqiic fahiea' palpable ' . 
8t.materiet3L^înA&aç point {èpareçs d'ieeluy. Z^^ hkamija Usdeur Zffat-^ 
ùasuifmaJù^i^ & figure extérieure, kem tous les -Paroayincs^ 

ic)a;6guré q\iQa attribue i quelque fubioâirx:ômmc qiiahd oh dit, ym 

t$hcàsrhey cr^^fy^mlin, crUngulîàrey ne ièpoenacncpas iojrrpour dimrcn-r ^ 
ces dé la ligne, ou de langle, ou autre qtianÔcé:jmais>pôlâ;qualicé'<fiine 
forme qui (e void en quelque corps. Or- çe quftti?;eiwft'éû'dcnner .gehro 
de Qualité eft en cela difFerenc des crois ^cedepfcs , ijtutjxe: produit !5p 
^ cauiè. da^^un^ ^âion.Qy lailjQPyÇQamke (t^id^ 2aiàros;; .Car lafori- 



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66 CATEGORIES. 

nicexterieure des membres deiioftre corps neft pas caufè de leur aâion: 
comme de bX& il (ê void quun bras ou vne iambe eftanc retranchée du 
refte du corps» perd tout mouuement,encore que la forme extérieure luy 
demeure. Tputes&is ceftc forme ou Egure externe aide àËiâion,tanc 
aux inftruments naciirels,qiùiix atdfide^. Mais cdle coopération ne (è 
peut pas appeller énergie procédant de la figure ny de la romie : car l'a- 
âiôn 6& lènergie gift en celuy qui mànie l'imbnment , & qui a la Êiculté 
de sen aider, & non pas en rinfmiment Voila pourquoy vne raquette ne 
icrt de rien pour bien iouër àla paume, ny vne e^ee pour bien âcrimer» 
ir elle i^eft bien emmanchee en la main de quelque bon ioueur ou e(cri- 
meur. 

T o V s accidents doc^ngnifians Qualité/onc comprins fous les qua* 
tre genres luflics, & ce quiny pourra eilrc rkppoftc , ne peut eftre Qua- 
lité. Et pourtant ces mots ^étre» ESpdisy TpH, XdhmuXiCncotcs quils 
(byent attribues paronymemcnt corne qualités, toutesfois» dâutant quils 
nappardennentaauçun des genres fùrdits^ce ne font point Qualités>ains 
pluiloll apparriennent à la Catégorie Efhe Situé. Car ils ne (ignifient au- 
tre chofè que la poHtibn ou fîtuadun des parries au regard du tout. Car 
nous appellmis vn corps rare» quand Ces parries font ouatées pour raifon 
Mfi4ir, de la mariere : 6c au contraire u (cra.eipais » Ci Ces parries (ont ferrées de 
prefTees. Et fi ^parries fbnc tellement applanies, que ùl fùperfide foie 
M- toute ^ale, il fera poli & vni : que fi fês pardes font difeolees inégale-» 
, men^ & queks vnes (byent hauÂes> les autres fbyent baflcs, il fera rabo<» 
teiur. Puis donc que ces mots ont place en vne autre Categorie,nous les 
exclurrons de ccfte-cy* Et fi quelcun eft en peine de f^auoir à quel gen- 
re de Qualité appardeniient ces mots jTrém^d9rnr, Lmmneux , TeHelrmx, 
quil cerche au troifieme genre les Qualités Pafilbles qui affeâent la veuë. 
Car k lumière de les ténèbres nagiflènt quau regard du fens qui eft en 
Toeil) non plus que les coûleun. Bref, y prenant garde de pres> toutes les 
Qualités , ôc du corps, de de Ikme, 5c des chofès animées 6c inanimées, 
ic trouueronten ces quatre genresJeTqucIs ibntdune tellceftendue,quila 
efté befbing de les déclarer ôc donner a entendre vn peu au long^pour en 
rendre fufage familier. 
Ltt juMs T o V T £ s ces Qtulités font attribuées paronymement à leurs fub« 
'^ ^m JsT * c&utant qt&lles déclarent feulement quels ib font » de non ce ouïib 
font: comme ft on demande ifi^dnSes , on reCpondiz^fllyMmi 
chêkre, Bierél: dc ces attributions font paronymes : mais fi on demandoic 
ipteàBjiL^chiSesyûùxiâsoitt^pondtc parle Synonyme, àf^auoir par 
le nom de Ibipe» de cefl i|idiuîdu,en diutu^ v» h^tme : ou parle genre 
6c\xA\^mocytaàâ£xcitfàfiy^ : car nous auons défia 

vcu dés le comméncemcnr de nos Catégories, que les genres de efpeces 
font attribt^ fyqonymcment i leurs indiuidus. Mais il y a quelque di^ 
uerfité entreces Paronymes» par iefquels nousexprimons^ Qualités dé 
quelque fubiedL Caries vnsoat leurs fynohymes en celte mefine Caté- 
gorie : comaktJt^^tmfitémjMftrél^ ce fbntparonymès oii nomt coh* 

crets» 



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GATE G O RIES. <?7 

çrcts, qui ont leurs fynonymes ou noms abftraids en cefte Catégorie 
xnefme, àfçauoir, UlufhceJaTep^eranceyULiheraluii Ôc toutes autres ver- 
tus, que nous auôns dit eftj;e comprinfesious le premier genre de Quali- 
té, Mais il y a vne mfinitc de Paronymes , dc/qucls les Synonymes nodt 
-point de nom : tomme quand à caufe de quelque faculté naturelle nous 
appelions quelcun hdBeur^ c&urtUK^ id^eur^mufmen , &c. ie dis mefme au- 
parauantquil ayt acquis rHabitudedeidits arts par ellude ou exercice/ 
Joutant, que nous voyons ^ua Ton namfel l'incliné a prendre piaifîr à 
kcux : mais les (acuités na<-urcUes , qui luy dptment cefte inclination & 
d'où ces Vzronymc$y LfHité»ry-Q$M!nur^M^cieni font deriués , nbnt point 
de nom, cncores que les arts, que lefdites hicultés ont produit, ayent leur 
nom, comme la (jH^e , ULmte , UMttfiipte, ôcc fly aauffi des Synony- 
mes en celle Catégorie, dont les Paronymes ne font point vfités,commc 
Icxemple sen pourroit donner en la langue Grecque & Latine de ce mot 
Vem^ Car le Paronyme, à Içauoir Vertueux, neft point en vfàge efdit^ 
langues : mais en npilre langueie penfè que toutes Qualités qui ont vn 
nom, ont aufii leurs Paronymes. 

V o Y o N mainceiiant les propriétés de la Qualité. Premièrement la première pra- 
Qualité a cela, quelle admet la contrariété, ceft à dire que les choies font frietideUsiH4 
contraires'par leurs Qualités. CarlTniuftice eil contraire alaluftice, la 
tempérance à l'intempérance , la blancheur àla noirceur : tellement qu'à 
caufe de ces Qualités contraires, les fûbic(Sts,bù elles fc trouucront, feront 
auiS appjsllcs. concrair-e^ : comme le feu 6c Icaùjcombien ouils ne foyenç 
aucunement contraires par leur fubftance , fi eil-^ce quils lônt contraires 
par leurs Quaktés. Âinu vn drap blanc & vn drap noir fêrout appellés 
coDi^aircs à caulè de leurs couleurs. Mats dkucant que liss contraires (ont 
extranicés comprinfes Ibus mefmes genres, tout ce qui eft entre lelHites 
extrémités n'aura point de contraire : comme le rouge , le verd, le gris s de 
toutes autres , coiuçurs compoièes des deux extrêmes , à fçauoir du blanc 
Sçdu noir, ne ioni^OHtraires à rien, mais ils font coihposcs des contrai- 
res. Et (i nous femmes en peine de quelque notion, '^ôniriçauoir a elle 
eft Qualité,,ilfàut.chercherfon contraire: carfifon contraire ell Quali- 
tCjil ny apoinc de doute quelle feraaufïi Qualité : comme, (i ie doutcfi 
l'ignorance eft Qualité , ic prendray fon contraire, quieft la Science , &: 
voyant que la Science appartient au premier genre de Qualité , Se que 
cHl vncDifpofitionou Habitude, ie rapporteray l'Ignorance au mefme 
genre :toutesfois il y a de deux fortes d'ignorance: comme nous verrons 
iux Poftcricures Analytiques. Item fi ie doute de la Catégorie de ce mot 
icché, ie regarderay a ion contraire, qui eft la lufticc en Théologie. Çar. 
puisque lalufticeeft Qualité, le Péché IcraferablablemcntXj^^ié^i'f **^' 

S;a c o ND E M E N T , diMiWt quc les piemieret QualitcsPaffibleÇià zdfecMdrf^rt^ 
<ça0(âr çhaudJiUjmidc^piAi&ft^^fi^ friet/,^uiefl4, 
génération, Gr^ija[iMNOft& ZZ7necZ 
KitixyCidtnsy^tputp alteraÙQtljiftfnDauementrifiijaiioâtna^ Mie»e^4t*M» 
qudiquefniiwSM^^ 

I 3 ^ comme 



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6% CATEGORIES. 

comme quand on chaufFc leau , elle fera plus ou moins chaude.- Item 
-on peut dire quun drapcft plus ou moins blanc: & auflî vn homme peut 
eftreplus ou moins iufte. Maisleplus ôclc ffioinsne void ques paro- 
nymes ou concrets. Et quant aux abftraidts, ils en {ont du tout exempts. 
Car la blacheut neft point plusjay moins blaicheur, & laluftice nëft poioF 
.plus ny moins luftice. Seiiiblablement les Qualités du quatrième genre, 
.ai^auoirlesformcs&figurcsjncrcçoyuentny plus ny'moins. Carvnbà- 
ilQnrond,ûuile(lroutrond,dùilnelbfi:pdinc du tbut : dcencelailny 
A ny plus ny moins vn cercle dcfer tft tout autant cercle, qu'un cercle 
dbr. CarouceftvncercleparÉu6t,ouce n'eftpointvn cercle , mais' Ccft 
Seulement quelque choie approchant du cercle. Iteth ccfl: vne maxime 
trefccrtaine^ que ce qui na point de cbncraire , ne peut reccuoir ny plus 
ny moins. Car le plus & le moins vient du progrès de l'altération ôc mou- 
ucment. Et toute altération & mouuement vient de la eontraricté. Sënî. 
fuit donc qubiïil ny a point de contrariété, ilny a point de mouuement, 
& où ilny apoint de mouuement, le plus &: le moins n'ont point de lieu. 
Trôificmepro- M A I S la principale propriété de la Qualité , ccftqueles chofes font 
^g^Utt femblables ou difTcmblables parleurs Qualités. Comme quand Euclide 
demonftreles nombres & magnitudes lèmblables &: diflèmblables, illc 
fait par les qualités. Car toute proportion & analogie eft fondée fiir quel- 
que Qualité. -Ainfi les aâions ôc paillons , & tous autres genres , font 
Semblables par la Qualité. Au demeurant, il ne iàut point trouuer eilran- 
ge de ce que pluiïeurs Qualités ièmblenteftre relatiues 8c appartenir à la 
précédente Categorietconune la Science, iHabitude U Di^oiitîon. Càr 
^es motsièconiiderenticy abioluemênt^ lion pas auecRelationiComiiic 
en la Catégorie des Rclatifs.Et dauantage,c6mbien que ces genres ibyenc 
Vclatifij fi eil-ce que leurs efpeces ne le ib nt pas. Comme, pour exem- 
ple , la Science eft reîatiue à ScOe : ccil à dire,ce qui ic peut fçauoir : mais là 
ÇrMmmaïrey la fhypi^ue , ny autre elpece de S cience neft point rclatiue. Eé 
pourtant il a eftc befoinp de leur aifigner leur Categoric,àiçauoir au pre^ 
mier genre delà Qualité. Car pour eilreappèllé fçauanc, ilfautauoirquel- 
cune de ces fciences particulières ràiçauoir ou la Phyfique, ou là Mathc-' 
matique, ou autre: autrement ce mot de Science prins eh gênerai néfc- 
roir iamaisvnhommeiçauant. Ces Qualités donc font comme eipecc^ 
compriniès fous lés quatre genres de celte Catégorie. Et cccy fuiÈra pout 
cnraonitrcrluiage, .< \ - » ^ 

Es qjtatjCe' Catégories prfeccdctcsfpfit les principàlèsr 
Car (ans icdlesies fuyuantès^ iie (c pourrbyent aucunement 
eiicejUdre iJiSxaaoM que la-nature de toutes choies dépend 
dc-leurEfledce^Quantité^Relàtionjdc Qualité:& n*y a^6^ 
iè au inonde oà^es quatre Catégories neie'tirouuerit. Mai». 
stuiteJuCMn* les fuyuantes font de beaucoup moindre con(èqueH(^V& plus indon- 
jÇ#rw. liantes ôc de peu de durée» i5i ne les feue il pas cxclurrie'du rang des Ca - 

tegori 




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C A T E G OR I E S. 

tegories. Car ce ne feroic pas aflTez de fçaaoir' que chaque eholê a fon et 
Icnce, & eft définie par vne certaine Quantité, & eft ioin£tc par le lien de 
communion 6c correfpondance auec quelqueautrechofc, & quelle a fes 
qualités qui la rendent telle ou telle , fi nous ne venôns par après à con- 
fiderer que par les qualités elle vient à produire {ès'aâions & tStùs en 
cenain lieu & temps, & auec vne certaine difpofitiôn de ks parties , & ce 
pour finalement au oir & obtenir quekjiie cbofelfl noiis fautdorïc pour- 
iffvure nos Catégories iufques à cefte (ih,mds bneuement,d autant quen 
ces lix dernières Catégories il n'y a rien de fi arrefté & perdurable comme 
es quatre premières. 

N ov s prendrons l'Aâion & Pailion cnfemble , combien que ce 
foyenc deux Catégories diftinâes , pource iqùe lune ^îde à bien entendre 
fautre. Et pour bien diftinguer ces deux Catégories , Ariftote dit quil 
vaut mieux dire Agir & Patin que Aâibn &: Pallion. Car quelquesrois 
tAdtiotî & laPaffion auront vn mefine nom , comme en Théologie ce 
mot de /«/?^ri«;("tf»,fignifietantlenergie de Dieu iuftifiant, que la perpeC- 
don de l'homme iuftifié. Et ce mot "Nourriture y fignifie tarit radiion de la 
faculté Dutritiue, que la pcrpeflion du corps qui elt nourri. Mais lesver- 
besmonftrentla différence de ces deux gfenres trop plus cxprefTement : car 
Ittjhfer^ Efire îuBifii ne fe prendront jamais lunpour l'autre. Autant en 
eft-il de l^ourrir & Ejîre nourri. N ous appellerons donc la cinquième Ôc fi- 
xieme Catégorie, ïuTXc^giry & l'autre '/-f//r. 

N o V s auonsefté deua aduertisquil île faut pastrouucr eflrangcque 
ÏAgent&lcPatientfoyentRelàd6,&queMâion âfPafsionnele loycnc 
pas. Car il ny a point d'inconuenient quils (byenc dé diueriès Catego- 
ries, tout ainîi que la ToJftionëUXelariùe ,,QcEfircfosej àppartientàla Cate- 
goïicEfirtfimii 

Po V R faciliter fulâge de ces Catégories , nous noterons quelques di- 
ftinétions desAâions ôc-PaïTions. La pretnierc ccftqùilyades A (fiions ^^^^^^^ 
Par&i<5):es,ôcy cflaauffi d'Iniparfàiâes. L'Aâion parhtiâ:eeil celle qui fe farpu&es^ 
âittoùtdua coup, & ne fcpeutdiuifer:commc>w'^W>;r,vw,w»^/iîfr^. 
L'Aârion imparfaidlc ell celle qui fefait auec traitft de ternps: comme 
l?aHirypla}irerJdboHrer,cot*dre,ftlery^c. L'Aétion fe diuifé aufsi en Imma- ^^^^^^^ 
nente ^PaHantc. Les Philofophes ont appelle Adlion Immanente celle ntnte crf^" 
qui agit en roymcfmc,&: fe contourne en foy,& efl propre àDieu ôc a no- Z^^'- 
ftre ame. A Dieu , dy-ie , comme quanciileft dit quîl a engendré fbn Fils 
Eternel : car toute celle action efl: én fbn éfTence. Ainfî aufsi noflre Ame 
agit en foy, quand elle entend & co'ngwoiftôc contemple. Quant aux 
Âàions des fens, commo^^otryOuiTy fliùm ^ toucher ^gouSier ^ on difputefi ce 
ibm Adions, ou Pafsions : mais ce nèft pai. icyfc lieip3fc vuider celle que- 
fiéa. ^ L'^^)iftî«i^PallÂnte<feil celle qui coiiièÉn» i^ri euMgenf ^5: fe termi-> 
Bçatt Patialbi ^ ceft à aAe-of propremfïfJquappÂlÉIm^cefte éatego- 

pas po«r;Vimfimple energk confidereeabfbluemenMl^y , coinfl0i^ 
fecpod Se troifieme genre delà Qualité: soôai^cl^ comme orï 

îfv:!' ' * : I 3 parle. 



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70 CATEGORIES. 

{)arle en Philoiophie, le fécond zâc procédant de lènergie qui efl appel- 
ée Aâc prcnûer. Comme, pout exemple^ce qui âic que ie me puis ref- 
iouïr ou douloir, cëft vne énergie ou faculté naturelle:mais quad aâuel- 
lemenc ie me plain ou merefiouï> cëd vneaâionou pafsion. Eclaâc 
premier ou faculté naturelle ^ eil .toufiours permanente en moy : mais 
rAfStion & Pa£ion ny eft pas toufiours. 
i,iucrfes fisni" Qv^A N T au mot de Pafsion ou Perpefsion , il efl forp homonyme. ^ 
fic4ticns £ ce c^t Ariftote appelle les notions & congnoiflànces^Palsions^pource quel- ^ 
affedent l' Ame^ sïmpriment en icellc,cQmme les couleurs en la veuë. 
Pafsion fè prend aiifsi vulgairement pour quelque peine & torment 
Nous appelions aufsi Pafiions toutes afFeiStions qui troublent la tranqui- 
lité de l'Eiprit : comme auaricf, anthition, cholerty luxurcy enuie, crainte y hdine^ 
Sec, Et quand ces afFedions font cngrauces fort auant en la complexioa 
& au naturel de quelcun , ce font Qualités permanentes, par lefouelles 
nous qualifierons celuy qui les am*a, ôdappellcrons ^uare,ou .^^htieuXy 
ûuCholere,Scc.commt il a efté dit en la Catégorie de Qualité. Mais quand ^ 
ces afFedlions ne font point enracinées bien auant , mais quelles furuien-r 'f 
nent fubitement par quelque caufe externe , alors proprement font elles j 
appellees Pafsions, fie appartiennent à cefte fîxiçme Catégorie. j 

N o V s pouuons rapporter à la Catégorie de TA^tion la guerre ôc la 
paix y combien quen autre eigard nous les ayons rapportées ala Catego- " 
rie des Relatifs. 

Qv^ANT aux propriétés, de l'Adtion & Paf&on,Ariftote ncri cotte ^ 
que deux, encores leur font elles communes auec dautres Catégories^ ;^ 
L'une ceil que T Aâion & I4 Paffîon reçoyuent plus &c moins. Car on ^ 
peut frapper plus fort Se moins aufIi,on peu^ plus chauffer ôc moins auflî: ^ 
& vne Action fera appellee plus iufte quune autre:6c vne douleur eAplus 
forte quune autre^&c. ^ 

Ua V T R E propriété , ccft que TAdlion & Paffion reçoyuent contra- 
riété : ccft à dire quil y a des Aàions quifpnt contraires entre ellesicom- 
me chauffer & refroidir. Et dçs Paffions fèmblablement : comme eftrc 
chauffé ôc refraichi. Vray eft que la contrariété neft pas proprement én 
TAdion ny en la Paffion , mais aux qualités de TAdion & Pafiion. Car 
les Qualités font celles qui introduifènt la contrariété en quelque Sub- 
ieaquccefoit. . 

Cate^me ^uand^ 

.0 vT^c B quipout eftre attribucaux chofèsy^ntaotquèUçs 
font^dditûes par cmain temps^ app^enc à céfle Catego- l 
iiev _Commc Jfier» dmuntbuy , JeuMbier^ jfttf dmutm 
lmi&,iwrs^ doHS'imx ^umisans > «m commencemmtlHimis » oude 
/4 WïiScc; Item quand on dit ainfi., tellecfnfi édtmftJuumfs ' 
4fldff^errtdes^nghisy duxfremieri tméUeSylan de n$Bn fei^nwt'^iit, ily^n^ ^ 
» defmfe». df trfffs , ôcc Bref toutes 6c qiunces iois-quon Ëiii^ ' 
«oçniiQndu ccni|)!Sj:oa de^qUcAquepanie dutempSifoic pa(fé,'pre(ent;,oift 

futur 



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ATg G ORIE S. 71 

fiicur : comme, 4u mdtin , at^Jiir, aftes Mjkir» emre chien tsr loffi iU didne , au 
frmtenfs»en>enidf^és»enefie^^c. Cette Catégorie donc ne ^pcuc enten- 
dre ÙlÔs le téps:mais elle ne confidere pas le temps Amplement en foy^car 
<^àâtreàUQuantité, commeilaeftédicmais elle côrifidere les dioiès 
auec vne aifeâiion & détermination du temps. Car le temps & toutes Tes 
paides nom point dautre Catégorie que la Qtiâtité: mais fi on àit^Ufe 
pmulmfSyW fifr"^ témt démets en telle feifcn-^ccs attributions 
remporelles feront comprin&s fous cette Catégorie, laquelle auisi ett ap* 
pellee de cemot de ^4»i/,pour monttrerqudk appartient à tous les ter- 
mesypar le(quels nouspouuons relpondre fi on demande Quand? Com* 
me, Quftndjtra en ytnddnges^QHondaunns n$m Ufaix ? Quand rellexhofe aduint 
eSefâcc. 

Catégorie Ok 

O M ME la précédente Catégorie neft pas temps, mais cêtt 
le genre qui détermine en quel temps la choie ett faide, 
ainfi cefte-cy nîett pas le lieu fimplement, mais cctt ce qui 
déclare en quel lieu la chofe ett > ou fè £i!t. Car le lieu con- 
fidere abfofument, entant que cdl vne fupcrficie qui enui* 
ronne quelque choie, ett Quantité : mais quand on demande , Où ellce' 
e^yêucela? on rcipond en nommant le lieu oùlachoièeft. Bref tous les 
tcrmesjqui peuuent reipondre à cette queftioH Ou, doyuent dire rappor- 
tes à cette Cat^orie. Commej enhaut, en^at,enmeryenterre ten^uemat^ 
^ , en France y au iardin , en la chamtre , dans k ceffre , au marché, a ta rue ^ an 
tmfkt en formée j ^ la cour, aux chants ,à la Vde, au falaû, au firmen ,àla leçont 
&c. CaTj comme la précédente Catégorie détermine les chofes par le 
teaip% ainfi cette-cy leur ataibue quelque a&âion locale. 

A POSITION ou ficuation a etté mi(e cy deuant entre 
les Relatif, pouFce qucUe exprime quelque Relation des 
parues au regard du tout. Mais les Paronymes dénués de- 
ce mot Situation , ou de ies efpeces , ce {ont accidents abfo- 
lus, qui appartiennent à cette Catégorie : comme, £^ dé* 
W, ou aps y ou couché : regarder >ers Orient ou Occident, ou à droit ou i gauche: 
& quana on dit que la Lune efi en offopàm ou conion8ion,^c, A fin donc de 
Bc confondre cette Catégorie auec laRëladon , Ariftoce ne l'a pas voulu 
aommer Situation, mab EBre fttui. VL le &ut auffi ^der de la confondre 
aoccla précédente. Car cellelà regarde le lieii où le £ut quelque choic,& 
ceôc^ exprime comme la choie cft fituee. Sous ce mot donc, Efirefi* 
tué, il faut comprendre tous ces termèSi Effre dehut,ajSh , couché , de cèm» 
Efre Str le dosjurle itentre, &c. Et és choies inanimées, EBre mis dehour, ou 
mtM^tmdroit. Item, EBneendegréihonneur,ou ^ice,tCtous\tsV9^,- 
nymes en gênerai qui font tirés à^ofmn ou Di^ojition. 

Cattg 





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7z C A T E G O R I E Si 

Catégorie Q/4uoir. . - 
E MOT ^iwir, eft fon homoDymc , comme il fera dit <v 
après ;mais icy ^uoir fignifie amr quelque chofe à llemourde 
j foy : comme, Eitre ^eBihEShe drmi , Efirc chaup , Elire loge» 
E^e riche : car ccft autant comme ^ucir des yeïîememsa 
<^uoir des armes > des chauffes y ^ne maifin, des hiens,- Quant au 
Pritnicit de cefte Catégorie , cpxcSltHalfitHde m //tf^io^/i^^ a defia elle, col- 
loque fous la Catégorie des Relatif. Et fàu^ noter i<y que te Paronvmç 
^miry neft pas tire du premier genre de la Qualité , mais dudit Relatif ' 
c^mCi^mfLcHdhmon ouTojfeponde l'^yaitty comme il aedé dit. Quelques 
vns rapportentàcefte Catégorie tous lesrmots qui figniiîentnauoir point 
quelque chofè : comme, E^he foure^ désarme, deSpouilléMfi^e^ orfheliny han>- 
nh yacabohJ, ôcc. pouice que ceft autant à dirccommc n'duoirfûtnr de kenSj 
n'duoirfoint d'drmes ,foi?tt d'hahits ypoim dëfemmeyfointde fere ,fomt de fatrUy 
fo'mr de domicile : mais ils sabufènt, fous correâion. Car comme ce qui 
neft point fubJtance,nepeutefl:re en la Catégorie de S ubftance, & ce qui 
riellpoint qualité, ne peut appartenir à la Catégorie de la Qualité, ainfi 
wf^ww ne peut eftre rapporté à cefte Catégorie /w^«<ï/r. Que fi ou 
dbiedte que l'Iniuftice, qui eft priuatio de Iuftice,eft en la mefme Catégo- 
rie que la luftice. A cela ic re(pon quïniuftice ncll point oppofee au genre 
de la Catégorie^ à fçauoir, à la Qualité, com çne contraire ou pnuatif, ains 
cftoppofèeàvneefpececomprinfcfousvngehre qui appartient àladitô 
Categoriè, à fçauoii: fous t Hahieude ou 2>iSpojttioh, Mais nduoirfoim eft con- 
traire au genre mefme de Ja Catégorie. Tous ces noriis donc , qui fîgrlt-i 
fient nkuoirffointyfcront rcieftcs au premier Confèquent,qui efl des Oppo-i 
fîtes, d*autant quils font opposes comme négation pu priuation. Aritbo-^ 
te aufsi,au liuredetinterpretation, n'appelle pas noms ces iiQhis qui fi- 
gnAçnt comme non-aHoir", non-fubfiance jnon-quannté y &C. pourcc quilsnc 
pofent aucune chofè, mais il dit quils (ont indéterminés. 

Ari s T o T E amis X^uo'tr^ont la fin dcrCategories , <&utant que 
toutceque nousfaifons ,toutce que nous trauajllons , foit du corps oa 
^.ejefprit, tend à cebut enfin^dauoir-quelque chofe , & acquérir quelqué 
bjiesr^ > commodité, :Ou contentement. E|i celle fin donc nous finirons 
rfige descà^ nos Gategodes, fans npusyeftendre dauantage. Çar.nôusny deuon^' 
te^9rits, pas ççrcher y ne«aac congnoiflànce des chofèszruais elles nçus foîK prp-; 

pofç^cs au commeacementderOrgane , à. fin de pbuuoiî jfajre des £non^ 
. datipti^ ou Proportions, dejcoute&çhofès^^ucxiQus conduire quand 
ilfè^^queitio^aecerjcherlegcni:aptU ladificrçace de qi^elquechofepoiiç 
la4efinir.,$c auCùpourtrouuer nos arg4mfnt;s An%.tiqu,esî ain/i q^è 
nous verrons çyf^p^'çs. , De manicrçquïl c^dtt,tp}^ impofsibk dfiyenir.j 
bo^t dàucunc opération de TOrganc, fànsxe fonckmçnt djS^ Çacegori^sj 
&^e^(^e que ceux^qui prendront jii) peine^p ypir bifagp ^liujçes Ansi^ 
lytiqut$, ne regretteront ppifit la peine qiuls aurpjcitprifèàJçs entcndr<3i- 
Èçc<»;n.bienqu€pourlecomnip^qetuêt ceft.^nde foitdutt?utmal-plai- 
fant, fi « ft-ce quenfin il appqu^te yn ^ai(jcÂ;ÇQX^ii£emeuti£icroyahle. . 
^ O " ' . . ' f ROI 



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vÇageâes Con' 
fi^nets dts C4' 
teg»ries. 



TROIS lEMË PARTIE. 
Des Confequenti du Catégories. 

'Il Y A chofedifBcile,&quât& quant neccffairc en l'Or- 
gane,lufage des Catégories cneft vne, voire des premières, 
ôceH: beloin^ dun grand exercice auanc que de s'en pouuoir 
(èruir bien a propos en toutes chofès. Attendant donc 
que nous ayons acquis celle perfedion de pouiioir pene- 
aer en la nature de quelque fubied que ce foit par le moyen de nos Caté- 
gories , Ariftote nous donne en ceAe troifîeme partie cinq poincls ge- 
Deraux,ie{quels nous ieruiront comme de Catégories : car nous y pou- 
uons rapporter toùces choies. Et pour cède cau{e nous les appelions 
ConfèqucntSydaucancqmis fontencor plus généraux que les Catégories, 
car Confequent ccft ce qui eft de plus grande ellenduë,que ce à quoy il ctnfi^utmr. 
cllconfèquent: comme le gcnreeflconfèquentàfonefpece, Orlufage 
dcxes Conlcquents fè verra principalement en la Topique. Car comme 
les Catégories nous meinent aux vrays arguments Analytiques prins dans 
la nature ôccHence des cho{ès,iclon que nous verrons en rînuencion 
Analyiique:aufli de ces confequents nous tirerons des Maximes,& Axio- 
mes en la Topique, pour difcourir probablement de toutes choies : vray 
clVquils nous feruent aiifii en l'Analytique comme, daddrefTe plus groi- 
terejôc au défaut des Categories,commenous difions cy delTus des noms 
iûittcrniinés, opposés aux genres des Catégories : comme mn-fub^ance, - 
Jtm'tjumâréi non qualtté, & lelquels, pource quils foi\c exclus des Cacego- 
xreSj nous receuons au rang des Oppofites comprins fous le premier 
Confequent. Donc les Confcquentsdcs Catégories, quAriftote nomme 
ky, Offojtm» Xieuanti Enfemile, Momementi u^mît^ font G vagues,ô£ dune 
tdle d[lendùe,quils peuuent fèruir comme de genres à toutes choiès,pour 
tfonucr tout ce qubn en peut dire auec quelque verifimilitude. Mais dau- 
taacquepiuneursen ont ignoré luCtgey ils les.onc voulu du tout retran- 
dier de l'Organe, SLaûi bien que les Catégories : &c Ce fondoyent princir 
paiement iur ce quils voyoyent qu'Ariftote parlé icy du mouuement. 
Car ils ont pensé que ce neftoit pointa celuy qui cnièigne lart dudif- 
cours , mais feulement au Phyftcion,à en parler. Eaquoy neantmoins ils 
fcfont fortabusés,fous corredion. ' Car il cetuy^qui enfeignc làrt du dit- 
coarsjxioit parler delà cQrrarieté,ilneic doitpasdutout taire du mouue- 
incnt , dautant que pour paffer dun contraire a laucre , comnie du chaud 
afiBoidy&c deTignorance ala fcïencèjle mouuemcnty eft ncceffaire.Et en 
-vn mot lc:mouuement ne peut eftre fans contrariété , ny la contrariété 
lins moûufentent. Or que la congnoiflance de la contrariété ne foit du 
tout ncccllaire en TOrgane, non leulentenc pour le regard des chofes na- 
Tttrelles /mais aufsi pour diftixiguèi-'les chofes de diuers.genres par leurs 
- ■ • . K di^feren 



PourqmyleU- 
gtc'tcn farUd» 
moMHcmtnt, 



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74 CATEGORIES. 

difTerencesjôcpour congnoiftre laforce delà concradiâion, &&ire cou-, 
tes les autres opérations que nous verrons en TOrgane , ie croy que pcr- 
fonne ne le peut ignorer ny difputcr. Voicy donc l'ordre que nous fiiy- 
ordre JeiOn- "^0"^ lexpofition dc ces Confequents, uiyuant toufiours l'ordre 6:1c 
fe^Hcats. texte d'Ariftotc. Prcmiercment,pourcc que rOpponcion a lieu en quel- 
que forte en toutes les Catégories , nous verrons combien il y a de gen- 
res d*Oppofites. En apres,pource que nous auons dit que la Subllance 
précède les AccidentSj 6c que les Relatifs fontcnfèmble par nature, nous 
expliquerons ces mots Dtumt ou Trectiem, & Enfemhle , à fin de con- 
gnoiftre les chofcs qui font enfemble ou non. Et congnoilfant TpppO- 
fition, & ce qui va deuant ôc après & enfemble , nous parlerons du mou- 
uement, entant que le Logicien en doit parler. Et finalement>comme ce 
mot^«tf;/*a efté la dernière Catégorie , nous en ferons auflî noftre der- 
nier Confcquent , & verrons comme, à caufè de fâ grande homonymie, 
il peut élire attribué à plufieurs diuers genres:Et poureuicerlaconfunon^ 
nous diftinguerons coûtes fès diuerfès lignifications» 

Le premier cotifeqmnt efi dù Opfojkes. 

O V T E Oppoficion eft encre deux chofesjefquelles ne peu- 
uent eilre eniembleen vn melme fubieâ par meftne raifbn. 
Mais dauunt que ce mot fOppofitcs eft homonyme, 
pour le bien définir & expliquerai! le &ut premièrement di« 
uilcr : car il y a quatre genre* d'Oppofîtcs , à fçauoir les jE^- 
Imp , les Qomrdires^ les friudms ou 9riuanfs^ & les Q^mradiBdins : Et pour 
en donner quelque exemple Ibmmairement, Ics Ttelditfs font opposés 
comme le doutle i U mùini : les £ontraire$ , comme le bien m mal : les 'Priud- 
r^, comme la )>euê rdMeuglifjement : les ContradiBotres^ comme Homme, 
mrh-hommey qui font Opposés comme affirmation & négation. 

Qv^A N T aux Relatifs, lun eft tellement opposé à lautre>que tout leur 
cftre dépend de leur relation > ou fè rapportent lim à Ikutre comment que 
ce foit : de forte que l\in ne peut eftre entendu fans Ikutre. Et pourtant 
entre tous les Oppofites les Relatife font trefeftroidtemcnc conioinéls 
entre eux^voireparvnetcUeneceffité^quelunprefuppofetoufioiu'S Ikutrc: 
comme il fè void en Pere & fis^ doMe ôcmoitié^ mari & femme , & autres» 
delquels il a efté amplement difcouru en leur Catégorie , & neft befbing 
de repeter ce qui en a efté dicVenon donc aux autres Oppofices^pour ex- 
pliquer leur nature & propriétés, comme nous auons cy deuanc exposé 
tout ce qui appartient aux Relatif alfez au long. 

Les Contraires fonc oppofites comprins fous vn mefme genre, fie 
efloingnés par vn trefgrand interualle hin de l'autre : car ce font comme 
les extifemités fie les deux bouts de leftendue de tout le genre : & fbnccel- 
lement opposés, qu'ils s'encrechaflent naturellement de leur fubieâ;, 6c ne 
p$Hr^M0jiinj pcuuenty compatir enfèmble. Etfi on demandepourquoy ilny a point 
4 pùnt Je Cd- de Catégorie particulière de la Contrarie(é,comnie il y en a vne de laRe- 
tegme dt^ U lation , lataifon cn eft manifcfte : carles Catégories confhtuent teffencc 

5cla 




CMtréures, 



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C A T E G O K I E S. 75 

& la définition de <^uelque e^pece. Et pour cefte caufè la Relation mc- 
fiiic a Cl Catégorie a part, dautant cjucfle donne eltre aux Relatif. Mais 
tant &sn faut que le Contraire confticue lêflcnce de fon contraire , quilla 
ddlruit , & luy feit perdre (ôa eftre : tellement que deuant que de con- 
gnoiilre la Contfatietc, ilâtoi congnoiftrece en quoy ellcçft : car com-^ 
mettf^auroit on que le froid Se le chaud font contraires, fi on ne voypic : 
leurs cffeéls en quelque. cbofe>Cèftpoarquoy les Contraires ncftablif- f 
(êntaucune-Cat^orie : mais ils iè trouuent en plufieurs genres > comme, 
il 2 cftc note. Or il y a vne contrarietç qui fe trouue en toutes les Catc^ ctntfét^ietf 
pones, à Içanoir entre les différences qui diuifcnt quelque genre que ce^ entre ies diffi- 
toit, comme quand nous auons diuisc la lubftance en corporelle & in- 
corporelle-, ôcle corps en anime & inanimé > ô:le nombre en pair & im- 
pair,ôc ainfi en toutes les autres Catégories les genres {è diuifèntpar leurs 
différences , Icfquelles conftituent les elpeces,&les diftinguentlune de 
lautrc : car en alFemblant toutes les différences, depuis le genre fouucrain 
& plus efloingné,iu{qucs au dernier, on a la définition parfàide de lèfpe- 
cc, laquelle na rien de commun auecles autres eipeces que le genre. Com- 
me pour exemple,en la Catégorie de la Subftancc, ie trouuecay la défini- 
tion de l'HommejCn prenant les différences de tous les genres qui font 
comprins fous icelle, en dilant t Nomme efi vne SukBance corforelle^ ammee, 
Jêueedefem ^ de raifon. Et pal' ce moyen cefte efpece fê trOuue feparee 
de conte autre e(pece:car routes ces différences enlemble conftituent (on 
cflènce , & foppofèntà toute autre chofè, dkutant quelle ne peut conue- 
nir à aucune autre chofe qua leipecede l'Homme^ôc aux indiuidus com* 
çiins fous icelle. Mai$,pour ^re cefte oppQfition>il faut toufiours prén^ 
iitla dernière différence fpeciHque. Autrement les différences des gen- 
res tabalternes ne pourroyênt pas définir lc(pece, & la fèparer de toutes 
autre;: comme fi ie dis feulement , SuhUance cotforelle ammee douée defensy 
tomes CCS différences ne pcuuent fèparer l'homme dkuech bcfte,fiie 
nadioufte>Çrf/^»»rf^/f, qui ell {à différence (pecifique. Vray eft que Ibp- 
pofition eft toufiours parfaide entre les différences pour le regard de leur 
genre- Car en fin il faut que toute Subftance fbit corporelle ou incor- 

iïorelle, & que tout corps foit anime ou inanime , & que tout nombre 
bit pair ou impain Et ainfi chaque genre eft tellement diuisc par fes dit 
fcrences oppohtes,que tout ce qui eft comprins fous icelaypaixicipe ne- 
ceflairement de lune ou dé lautre, Cefte contrariété donc des difterencés 
oppolîtes femble eftre treflimple ôc precife, dkutant qi^es diuifènt vn 
imoiediatement : cçft à dire quelles ne laiflènt rien entre deux qui 
oc participe à lune ou afautre. Car il neft pas ppifiblc mefine d'imaginer 
^que nombre qui ne foie ny pair ny impau',ou quelque fubftancc qui 
i3c^t ny corporelle ny incorporelle. Mais à la vérité ces différences ne 
doyuent pas eftre appcUees contraires, cncores qubn les mette vis à vis 
We de lautreu Caries contraires font comme les deux extrémités d'une 
ligne, tellement qubn peut pafler de lune à lautre par le moyen de Icipa- 
. ce^ui eft entredeux. Et pour cefte caufê lesPhyficiens difent quela con- 

K % trariete 



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7^ CATEGORIES, 

trai>i«cc*'èft caafe que la matière eû; en perpétuel tnouuement&aicemion» 
dautànt quelle ell également difpofee à receuoir les contraires, ôc paflfc^ 
aifemetit dune extrémité à Ikutre. Ainfi la fuperficie. peut eftre blanche, 
& puis noire : l'Homme peut eftre iàin &4>uis malade. Mais les difFcren-- 
ces,<^i diuifchtlesgenrcSjfont tellement {eparees,qmlny apbint de pa^- 
fàge {entre deux pour aller de lune à lautre. Gar ces diiFcrenccs conftituent 
les efoeccs , & les diftinguent l'une de lautre par leurs formes, tellement 
qud l'homme ne peut deuenir Ange , ny hchcftif oifèau , ny arbre, ny 
■ M poifl'on : dautant que les formes (ont immuables. Voila pourquoy aux 
\ \] Ëlcholes ces di£Ferences ne font pas appellees concntires , mais. CûmreJi^ 
HkBts : ch& à dire quelles diui{ènt également le genre , & font vis à vis 
lune de Tautre, comme on peut voir en la figure qui a eftc mi(è au (èpcie-^ 
me Antécédent. Autrement, fi elles eftoycnc contraires , la beftc. brute 
pourroit deuenir homme, & Thomme pourroit deuenir belle brutcy 
comme léau chaude peut deuenu'iroide , &c la froide peut deuenir chau- 
de : & feroit i:àux ce que nous auons dit cy deuant, que la Subftance ôc 
la Quantité font exemptes de contrariété: ce quincantmoins cft trefueri- 
table. Voyon donc ce quon doit appeller Contraires. 
ifejinitutt dts -CONTRAIRES font Accidents (fpcjites, comfrim Jous mepne genre , 
ConcrMres. trcjejlomgnis l'm de l'dutre, lefquelsnefeuuenteSheenfemlfle en V» mepne juhieEt 
formefme rdijon ^ en mefme re^eB, comhïen que le juhieB fm egdemem diSposi 
à receuoir lun ^ ikutre tour à tour. Celle définition a deua efté aucunement 
expliquée cy deuant. Car premièrement cëft vne chofè treicertaine que 
les fubftances ne font point contraires entre elles par leur eflènce : mais 
feulement par les qualités defquelles elles font fufceptiblcs. La contra- 
riété donc ce neft pas vnc certaine forme & eflènce, comme les differen- 
finf^^^Hts ces Ipecifiques , leiquelles conftituent les cfpeces & leur donnent eftre, 
€9mfrins fim mais cé fout iimplement Accidents,Ie{quelslont comprins mediatemenc 
mefiwgtnre. qu imnicdial.ement fous mefme genre : comme le hUnc & le noir font im- 
médiatement comprins fous vn mefme genre , à fçauoir fous la couleur: 
mais Id frodigaliti & U iiierdlité ne font pas immédiatement coprifès fous 
mefine genre. Car le g&nze de id li^rdlité^ccA U yertu^ôc le gsnrc de Ui^ro^ 
digalité , ceftv/V^ :& montant encores pluS haut le genre de Arv^r/w, ccft 
médiocrité, & le genre du v/ff ccft excès. Mais finalement ils le trouueront 
l'un ôc lautre fous vn mefine genre , à fçauoir fous le premier genre de la 
Qualité, que nous auons appelle 2>5^o/&w» ou Habitude, Vrayeftqueles 
Contraires ne font pas quelquesfois comprins fous mefine genre ny mc- 
diatement ny immédiatement , mais ils font les genres eux-mefmes fous 
Jcfquels tous contraires font comprins. Comme , le Sien &c le M'ai y ne 
fonccomprinsfous aucun genrercarmcfines ils font fi généraux, quils ne 
peuuent eftre rapportes àaucune Catégorie. Mais il fe peut dire que tous 
contraires font comprins fous ces deux genres tranfcendans Sien & Mal, 
Car en quelque Catégorie que foyent les contraires, (i lun cft bon^l'autre 
fera màuuais. 

Trefejlttngné EST âdioufté cn la définition que ces Contraires font/r<f/f^tf/;7W^ 



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f 

II 



CATEGORIES. 77 

tm Je /*4W/rr;&,comme il a eftc die ailleurs,ccft efloingnenient ne fè doit 
as prendre localement. Car, au contraire , plus les Contraires (ont près 
Un de lautre, & plus ils fc monftrent contraires : comme il (è voidenla, 
poudre à canon,ou leioulphre chaud & le falpeftre froid font meflés eri- 
iemble : Mais cèll ppur.monllrer que les Contraires font deux extremi- 
tcs-.Sc comme les deux bouts de la ligne font plus efloigncs lun de l'autre 
que tous les poinfts qui font entrcdeux,ainfi les contrairesfont tcllemenc 
dloingncs,qml neft pas poflible de plus:comc, poux bien oppofer îa Cm-; ^ 
tt& U maladic,qui lont comprilcs ibus le premier genre de la Qualité, il 
oppoièr vne diipofition laplus faine qui] eft poflible à vne diipofi- 
tion la plus maladiue quil eft poflîble : & pour bien oppofèr le froid au 
chaud^lfaut oppoièrce qui eft froid au quatrième degrc a ce qui eft chaud 
au quatrième degré. Et ainH de tous autres contraires : autrement ce qui 
neft gueres chaud ne fèroit pas contraire ace qui ncH gi^ieres froid , mais 
ce (èroic quelque choie meflee des extrémités contraires. 

Or povr cntendrcla nature des Contraires^cericft pas aflez de di- ^" contraires 
re qiuls font comprins fous mefmc genre, & font trcfcfloingncs lun de pXv^" 
laucrejmaisjqui plus efl:,il Eiut qu'ils agiflent en vn mefme fubiccb. Com- 
me, pour exemple, la couleur eil vne Qualité paflible : le fon pareillement 
cft vne Qualité paflible : & neantmoins lune ncfl: point contraire à lau- 
trc,dàutant quils ont leurs fiibie*5ts difFerents:mais les contraires doyuent 
auoir vn meime fubicfl:. Comme le hUnc ôc le noir , qui font couleurs 
contraires , ont vn mcfrne fubiedl , à içauoir la fuferjicie : l'amer & le doux 
ontvnmefinefubicâjàfçauoir legoufi. Mais ils ne {cpeuuent pas trou- 
ucr cnfemble en vn mefme fubieâ : car vne mefine {uperficie ne peut pas nepeuHtt epe 
tfee cnfcmble blanche ôc noire, vne mefme eau ne peut pas eftrc chaude '"fi'^' 
ficfroidc tout à coup,encores quelle ayt la (acuité dereceuoir les cpntrai- 
resjêc dèftre tantofl chaude &c tantofl: froide. Et voila ce qui nous mon- 
ûrek contrariété &c répugnance de ces deux Qualités : car iî elles pou- 
uoyent compatir enfcmble en leur Subic6l,elles ne leroyent pas contrai- 
res ^çomm&le chaud nefl point contraire à l'humide ,ny le froid au fcc, 
pource quun mefme i'ubiedb peut eflre.ôc chaud Ôc humide tout enfom- 
ble.ôcfcÉôc froid tout enfemble. fl faut cncores noter vne diftinéiion -..^ 
en CCS contraires j cclt que les vns lont médiats , ôc les autres immédiats. tHdfs im^ 
le ne fày point de difficulté diifcr de ces mots,encores quïls foyenc rudes, ' 
pource que noftre langue ncn a point de plus propres. l'appelle contrai- 
res médiats, ceux entre lefquels il y a quelque interualle metoyenxomme 
neje eflle milieu entre le chaud Ôc le Jroid.&c égal entre f lus grand &c plus petit, 
ktntxc Iflanc&c noir vous auez leiaune^ le vert Je rouge , & toutes les autres 
couleurs qui font meflees de ces extrémités. Et ainfi tous les accidents^ 
^uifont caufo que les fubflaceslè changent ôc altérer, ils fe font par quel- 
queprogres , ôc p^r quelque milieu , qui eil le chemin pour paflec de lun 
à lâacre: autrement ce qui eil froid ne deuiendroit iatnais chaud,ôc cequi 
cft blanc ne deuiendroiciamais noir , s'il ny auoic des degrés pourpafler 
^mc extrémité à^tx&Mais quelqucsfoisces degrés idont point de.nom, 



Les contraires 



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78 C A T E G O R I E S. 

êc ne {è pcuucnt autrement exprimer, que par la négation des deux extré- 
mités : comme entre tuBe & imuBe Ariftote y trouuc vn entredeux , quîl 
appelle mfte,ny imuBe : car il prend la lufticc ôc Iniuftice pour habitu- 
des qui ne font pas naturelles en Thommcmais s'acquièrent par fréquen- 
tes atSions & auec letemps : dcfortc quun enfant félon fa doftrinc ncfl 
ny iufle ny tniufle, dkutant quil na encore acquis aucune habitude ny 
bonne ny mauuàifè > mais il a quelque &culté naturelle pour parùenir à 
Kineêc à lautrejau moins félon Ariflote. Car les Théologiens parlent de 
la iuftice autrement. Ces contraires donc feront appelles medim, & ne 
fera pas nèceflàire que toufîours lun ou lautre fbit au fùbieâ qui efl fufl 
çeptible d'iceux : comme il neft pas necefTaire que la fuperficie foit blan- 
che ou noire: car elle peut cftrerougc,ouverce,ou dequelque autrccou- 
leur. Il ncft pas neceflaire que touce fàueur foit douce ou amere : car elle 
peutauoirvn gouft entredeux. Uncll pas aulli neceflaire que Icau foit 
chaude ou froide, car elle peut eftre tiède. Mais les contraires tmmeiiats font 
telsjquil n y a rien dentrcdeux,& faut par neceflitc que hin ou l'autre foit 
en leur fiibiecl:. Comme pour exemplc,il faut que l'Animal foit fàin ou 
malade Et quand l'homme eft en aage d'auoir acquis les difoofitions & 
habitudes morales, il eftiufte ou iniufte, ou vaillant ou couara,ou tempé- 
rant ou intemperantjôc n y aplus rien dcntredeux,d autant quil apris Ion 
pli,& apafle l'aage auquel on pouuoit dire quil ncfloit ny fun ny l'autre. 

bifftrenct des fort aîsc dc fèparer cc fêcond gcnre d'Oppofîtcs, à fçauoÏT 

antrsires les Contraires dkucc le premier, qui font les Relatif. Car les Contraires 
M€ciu9^fi' lont en vn mcfme fubici^ où les Relatifi ce font deux fùbieâs du tout 
feparcs. Item les Ri^latiÊ ne peuuent eftrelUn fans Ikutre^ny mefînes efire 
con^nus fun &ns Ikutre^là ouïes Contraires font bien lun Êtns lautre (car 
aufli ne peuuent ils eflre enfemble ) fie quand Dieu dit , que tout ce quil 
auoit faift efloit bon, il ny auoitpoint cncores de mal au monde. Ainfî 
quand il ny auroit point de guerre au monde, la paix ne laifferoit pas d'y 
eflre, fi£ quand il ny auroit point de maladie, la fànté ncn feroit que meil- 
leure. Les contraires donc ont toute vne autre nature que lesRelatiÊ. 
Venon au troifieme genre des oppofites, que nous auons appelles Pri- 
uatiâ. 

prinétifi. Les Oppofîtcs Priuatifi , qu'on appelle Hdbituie fie friuattony ne par- 
ticipent pas dlin meline genre comme les Contraires,mais ils participent 
feulement avn mefme fubied, lequelefl naturellement fufceptible de fun 
Hdimde êj^ê fie de lautre. Ce mot Makitudc fe prend icy pour ta forme naturelle de 
fetjiUprtué- quelque chofè , ôc cefle forme fans doute cfl comprinfè fous quelque 
prif$4r$0». genre de nos Catégories. Mais U friuamn ce nefl point vne forme : car 
au rebours cëfl la négation de la fbrme:fic pounant on ne peut dire quel- 
le participe dkucun gerure , mais feulement elle eft déterminée fie limitée 
par fbn fubieâ:. Comme UcecueoHamuglijfement^ ce nefl quune négation 
de la forme eflentielle de l'œil, qui eft la veuë : fie cefle négation eft déter- 
minée en Tœil, qui eft fon fubieâ: car on ne dira pas que Iknimal efl 
aueugle,pource qiâl nevoid point du nez ou de la main , daucant que Iç. 

iicz- 



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C A^T E G O R I E S. 7P 

nezny la main ne font pas le fiibieâdeiaueu^lifTement > maij l'œil fênlc^ 
mcnLOr ce mot de 9nuamn (e prend en pluficurs fâçons* Les Phyficicns priudii»» 
appelléc Trmdtion M){ence; delarorme^qui donc cftte aâuellemenc àcou^ 
tes choies. Car il ne pouubic trouuer fa première matière fuicepcible de 
toutes formes» que premièrement il ne feuftfèpareede toutes formes par 
k moyen de la ^riiumn, Ccfte Priuation Phyfique donc rieft limitée 
d'aucun fubied:, mais cëd la négation de toute forme généralement. Il y , K^mtrtfimJk 
avnc autre Priuation, qui eft telle, quelle nbftçpas lâ puiflance de tcuc- ^Mti»»' 
mï. la forme. Comme les ténèbres, ccft vne priuation de lumière , & le 
repos eltvnepnuation de mouuement: mais la lumière &lemouuement 
ne doyuent pas eftre appelles Habitudes : Car les Habitudes s'eftcignent 
tout à faid par la priuation, comme la veuc par raueugliflcment, là oùla 
lumière vient fuccefliuement après lei tenebres,ô£ après la lumière reuien- 
nent les tenebresxommcauffi après le repos le mouuemenc recommen- 
ce, & après le mouuement, {bit action pu paflîon, le repos recommence. 
Item il y a vne autre Priuation , qui ne regarde point le fubieâ , mais le ^mtnfirttde 
genre {eulcmcut : comme les différences dont nous auons parle cy def- ^'^ti»»- 
lus. Car mcoynfriile neft autre chofe que priuation de cprn^Me , imfdir 
priuation Atfdir, Et ainfi tous cesnoms,qui font composés de celte par- 
ticule in , ont vne fignification priuatiue : Imwrttl, InmfiUey Infenpilei îm^ 
féuféict» ïmfmffanty ïndoile ,.&c. Mais toutes ces priuacions là ne confti- 
tuent pas noftretroKieme genre d'Oppofites.La paf&âe Priuation doc, 
ccft celle qui nie non feulement la p re&nce de la fbrmej mais âuili oile la ei^dU PriiuH 
Acuité &c puiifance de recouurer iamais la forme : comme raueugliffe- 
ment ofte non (èulement la prefence de la veuëimais auffi la faculté de re- 
couurer iamais la veuë. Autrement,fi la veuë fe peut recôuurcr par qUcU 
que moyen, ce ncft pas aueugliffementrcomme quand on ferme les yeux, 
cncorcs qiie la veuë foit abfente pour quelque temps, Ci eft-ce qubn neft 
pas aucugle pourtant. CeftePriuation donc requiert trois conditions- CênâitU»4i 
La première eil, que ce foit priuation non feulement de Thabitude , mais UprimuiM. 
aufli de la faculté ôç puiilànce de recouurer l'Habitude. La (econde , que 
cefte Priuation foit en fon fubied naturel, & qui eft fufccptible deThabi- 
tude : car ce fcroit mal parle d*appcller vne muraille ou vne bufche.àueu- 
g^e. Lacroifieme, cêft que la Priuation foit en (onfubieâau téps ordon- 
ne par nature. Car on ne peut pas dire qu!itn petit chien foit aueugle de- 
oant le neufieme iour , d autant que par nature il ne peut voir pluiloft: 
tdlcmenc quauant ce temps-là ce feroit aufH improprement parler de 
tu>peller aueugIe,comme qui diroit quun6efcabell^<ki-vii'banc fuft aueù- 
|e. Âirid vn enfant nefl pas edenté^èncores quil nayt point de dents,s\l 
lùpafle làage dauoir des dents. De ces trois conditions donc nous tire- 
fOAs la définition de nos Priuatifs. 

Priv ATI F s font OffofitiSidefiiféels incertéintemfs ordonne far Unécith z>efinitiên dfs 
ètnché^e tautre de fon ftdieB fans retour. Ils Ont donc cela de communauec ^2iffi^nfeJef 
les Contraires, quils fe placent en vn mefiîié fubicû : mais ils ont cela de 
^^tfEçreat j que les Contraires font comprins £bus nxéfme genre t là ou és J^^*" ^\ ^'^^ 
■ ■;. Priuat 



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8o C A T E G O R I E S. 

Priuaciis on ne regarde point au genre > d'autant qu« la Priuatîon lïen a 
point. Etcesniots,y^wmtf«r,lesdiftingucntencordauantage. Carie 
chaud reuient après le froid, & le froid après le chaud:& celle viciffitude 
eft perpétuelle. Mais laueugle ne recouurc iamais plus la veuë 3 le man- 
chot ôc eftropié ^e recouure plus les membres qu'il a perdus : la vieille 
edentee ne peut-plus rauoir Ces dents. Bref, foit que les Contraires foyenc 
medidtSyOn immediatSyAsiont fort dififerents dauec les Trmdnfs : car s'ils ibnt 
j>iffertHcedei immcdiatsjun ou l'autre fc trouuera neccflairement en fon fubied:com- 
uêcUs Cotréî- ^'^^^ animal efl foin oh malade , tout nomhte ejî pair ou impair. Mais il nèll 
r«. pas npccfTaire que lun ou Tautre des Priuatifs foit en fon fubie(5t , iufques 

a ce que le temps prefix foit accompli : comme lènfanc nell encores ny 
iuftc ny iniufte, combien quil foie capable pour eilre le fubied de la iu- 
fticeôc delmiufticejcommeilaeftédit. Et au rebours, les Contraires, 
médiats font difFirents des Prinacife, d'autant quîl neft pas necelfaire que 
lun ou l'autre foit au fubiedfc. Carilnefl: point necélfaire quen certain' 
temps la fupcrficie foit blanche ou noiirc , ains elle pourra eftre aufli toft 
verte ou rouge,ou de quelqueautrc couleur. Il néft point neceffaire que 
ce que ie gouile ou iâuoure foit doux ou amencar il peut aufli tofl auoir 
quelque aùtre gouft : m^is depuis que le temps prefixjordonné par la na- 
cure,e(t accompli , hin ou lautre des Priuatiâ ^ neceffairemét au fubieéb 
comme après leneufîeme iourle petit chien verra clair , ou bienil{êra 
aueugle : &: vn enfant parlera a Taage de fept ans, ou il fera muec : de ainfî 
des autres. Non pas que précisément lun y foit, comme le feu eft nccet 
fairement chaudi& la neige efl neceffairement blahthe : mais lun ou lau- 
tre,fèlon qu'il ferencontrera,oa aueugle ou voyant,ou endentc eu eden-' ' 
té : cëfl à dire, liin des deux aduiendra, & plus toil lun que l'autre; pourcc 
^ que l'Habitude eft naturelle, ôc la Priuation eft contre naturel caria naif- 

tance ôc exiftence de toutes chofes le fait quand la matière fédefpouille 
de la Priuation , pour fe reueftir de quelque Habitude : là où l'Habitude 
; {èchangeantenPriuation,ceftlamort &aneantiflement detoutescho- 
fes ;) mais tant y a qui! peut aduenir que laPriuation fe trouuera au iùb-. 
> icftlors qucPHabitudey deuoic eftre , comme cela fe void fortfouuent, 

Itcmles Contraires pour la plus part ils scnttcfuyucntrcciproqîiement,ôc 
ô6 feront place tour à cour, comme il a eftc dit du chaud & du'froid,âc 
comme nous experimétons tous les iours en la fanté &en la maladie,qui 
.fe iouentfdc nofcre vietopr àtour : aux mœurs fèmblablement Tincer- 
jçyftideeft telle, q^il^c. faut. parler ^'homme de bien que pour le iour 
_(icxccpte icy les Contraires qui f ont attaches par vn principe cffcntiel &: 
immuable à leur fub'iedt , cpmmçle chaiid aufèu,&lc blanc à là neige.) 
Mais quand l'HâtHfude scftypefois changée en priuation, il ny açlus de 
moyen de reuenir à l'Habitude, fî Dieu par fa toute-puiJiance ne tait mi- 
, ; racle,comme fàifpit noftre Seignelir Icfus Chrift quand il rendoitla veuë 
aux î^ueugVs. Il y a bien quelques contraires, qui ont aufli cela y que de- 
puis queïuna ciiaflc l'autre vpe fois de fbnfubied, il n'y a pliis de retour: 
comme pour exemple^depuis quelc vin a perdu fà cbaleur,ôc qml a prin^' 

."^ lafroid 



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C A TË Q O R f Ë S. 8t 

la froideur du vînaîgrei il ne peut plus dcuenîr vin : fout^ind que depuis 

Îue le &oid de la mort a chaifé lâ chaleur naturelle du corps dtf l^ninial, 
n'y a plus de retour. Mais la raifon de cela> ccft pourcc que cefte cha- 
leur naturelle cft fi eflcntielle en Tanimal &au vin, quelle ne s'en peut de- 
partir,que Ibflence & nature du fubieifè ne periffe aulfi toft : comme le vin 
deucnu vinaigre ncft plus vin. Etpourtantcnceftecontrarictcily avné 
priuadon phyfique. Mais quand oti dit que les contraires pcuuent reue-- 
nircdur à tour en-leur {ùbied, celasentend des Contraires dont la muta^- 
don ncfteind point la nature du fubieâ : comme vne meime eau eft tan-* 
to/lfiroide & tantoft chaude. 

Il ËST auilt aifê de diftinguer ces Priudcifs dkuec les RelatiB tcat 
combien que la priuation ne fe puiiTe entendre iansThabitiide, tûuc 
ainfi quun relatif ne & peut définir làns Ton correlati£n cft-ce que les pri" 
uadÊ ne peuuent pas élire dits lUn de ^utre en la manière que les relatif 
font dics réciproquement hm de lautre : comme pour exemple, on ne di-^ 
ra pas que Taueugle fbit aueug^e du voyant , comme on dira que le peré 
cftpcrcdufils. Et tant sen faut que Icftre dclun des priuatifs dépende 
Ai lèftfc de raufrej(commc nous difions desRclatits, quïls (ont d'autruy 
toutce quils (ont,) quau côtraire la priuation ne pquc aucunement com" 
patir auec fhabitude. 

En ceste oppofîtion,& aux précédentes aullî, il feutoppofo* les 
fynonymes aux fynonymes , commcfeueugliflcment à lavcuc, lafàn* 
te à la maladie soûles parohymet aux paronymes, comme Ikueugle au 
voyant, le fain au malade: non pas lesiynonymes aux paronymes : car 
tuieugliflèment neft pas Ibppofite du voyant > ny le malade nelt pas Ibp-^ 
poTue de la iânté. 

Li Qjr A TR I E M E genre des Oppofiteif , Ce font les Contradiâoi- ^M*ift^* 
x¥5,ccftà dire les mots opposés: comme F Affirmation te Negatiomcom- 
itiCy Hêmntti 'Non^hûmme, Cefle Oppofitionefllaplus excellente detou-^. 
tes. Car comme foppofition de l'AfErmacionôc Négation ncflbdmee 
ny de genre, ny de lubieâ, ny de temps quelconque , ainfî Ibppofîtionf 
qui cfl entre ces motSyNemme 'Mm^hâmmes S$JfBanct l<[on-fuhBa?icei & feni-^ 
blables , a lieu en tout genre , en tout temps , 6£ en tout fubie(5L Car en 
toutes chofès du monde EfiSc'Nùn^e/l', ûsfy àcnânXont tellement opposcî, 
<pic l'un cftvray , àc l'autre &ux par neceffitc, Etneft pas poffiblc que Km 
«d'autre fbit ou vrayou faux toutenfcmble- EcpounantAriflotcdir, 
^e cefle oppofition cft la première lumière de noflre entendement : éc 
àc&i<5tilnaautrefondemecde fonOrganeque l'axiome prins de l'Op- ^/'"^^^ 

t J^trmamn efi -praye^ou U^€gamnLiùxi% ce principe il fcroit cntier«ànec «y*''/*^ 
/njpoflîble de diflinguer aucunement le vray du faux , comme ArHlott IHZdi- 
fcprouueparplufïeursraifbnsenftMeraphyfique. Il efl: donc fort aisé /cerntrUT't^ 
de diflinguer ce dernier genre d'Opppfites d'auec tous les précédents. 'jJJS^j^^J* 
Caries autres ne peuuent pas touliours de en toutes xhofes diflingaerte U MnàMiti^ 
j^lïy du J&ux,d autant quils font bornés par va certain genre,ou parqtrel- 



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8i C A T, E G O R I E S. 

quç fubieâ habile nasurçUemenc à les receuou; > de forte que sils fônc at- 
tribues à quelque cho(c hors leur genre ou hors leur Tubied, toutes les 
d^euK parties de rOppofitipn feront fàuflcs. Comme, pour exemple, fi 
tun dit ijùunemurdilU ou quelque autre chofç inanimée efi^ mdUJe^&c vu m- 
ttç <ht jttelleejljkmc ,to\xs les deux zutq dit faux, encores que iàin &; 
maljide fpyent contraires. Et ce , d autant quils ue font contraires quen 
leur propre fiibieft capable de les reccupir*, qui efirAnimak ^utaRt.en 
c.ft-ilësl^riuatifijfi lun àkqMmaufeficheufky^^mttcàiiqMleJlfeUoià 
chft^uf^uxi ^XzMtxt dira£uix » jpource que ces oppofîtfôi nepeui^enc e(^e 
en ce fubied. Le mefme fera a on appelloit yn verm » ou quelque autre 
aiiimal imparEiiâ aueugle ou voyant. Item .es contraires Priuaci&,& 
Rclatife , encorcs qlibn les attribue à leur vray .ful)ictl , Çi \on nç prefup- 
pp^ que le fubicdl ibit en ellre,ôc aytcxillence, ils {èront aufli bien fàuspj; 
commefi onlesattribuoita quelque iùbieâ étranger. Comme pour 
exemple , fi lun dit , Socrdtes efifam , & lautre dk, Socrates rft maUie , tous 
les.deux diront fàux,d'autant quil y a long temps que Socrates nefl plu^ 
au nlonde,de fortequbn ne peut plus dire quil (oit fàin ou palade^aueu- 
glc ou voyant, do<ile ou ignorant, pere ou fils , fi ce ncft qubn parlait par 
lé temps palTé, en difànt, ^juilaeBi, Mais les Oppofites Contradictoires, 
ccil a dire c|ui font opposés comme la négation & affirmation , ils nom 
rert» ddmira- çfgard ny à tcmps, nya genres ny à fubiedt ouclconque. Car en tout 6c 
hU4eU ctn- p^j^jQ^. ^ cemps , foit que la chpfe fbit , ou quelle ne foit pas. 



foit.qubn oppole vn mot tout feul a vn autre, ou vne enpnciation entie-* 

Îe^ VAe autre, lune des parties fiçratoufiours vraye^&rautre fadflè, sUs 
PAC opposés contradidoirement. Car cette Oppofition ell tellement 
iràmediate,^ue toutes chofès font comprinfès fous lime de fès partiesXa 
. contradiâipn des termesfimplcsnefèpeut exprimer que parlesnpms 
iijjjecerniinés : comme Homme 'Mon-homme, arbre non-arhre^ feufU mn-feu* 
fl/ifôçjc^Çts chofes donc fontappellees Oppofites comme contradiâiotBw 
Car ( excepté riiommefeul) tout ce qui etl au monde , & ce qui ay.eft 
noit^t,5c ny fera onques,peut dire entendu fous ccmot'Non^ûmme. Ain- 
U toutes cnofes,hors mis Tarbre ^pcuucnt cftre entcducs/bus ce mot w»- 
frbre, Cccy s'entendra plus clairement au liure fuyuant. Mais la vrayc 
contradiâapn eft en vne oraifon ou en^onchtion entière : comme fi tua 
y Socrates eftdoBe y & l'autre dit, Socrduinefl fds ioBe j foit que Socrates 
^ foit au monde, Pu quïl ny foit pas, il Êut que lUn pu lautre ayt die vray: 

car$)l neftplusaunipndc,ilndl donc pïus dpdte. Mais ceneflpas icy 
le li^u de parler de ceflc Oppofition des Enonciations. Car nous ne par- 
lons en tout.celiure que ocsteimesfimplcs, lefquels sbppofcntfun à l'au- 
^ tre iàns comppfidqn d'autres mots,comme il a efté déclaré par ces exenfir 

jtvf feiiûmemt N G v S , afiiiiotis affcz parlé desCotrairjes, fi tou$ les c6traiires eftoyeiit 
^çj^ g ceux* dont nous auorts parle cydeuant , -mais il y en a encû- 
ftfitreUs ex- res. d'auttes qui otic des particularités & conditions qqil faut reiparque/, 
'^IL' ^ ^ o\}Xxe ce quLa défia, efté die de la nafire des Contrées. Car les C^iigrpi* 

rcs. 



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CATEGORIES. *5 

rcs j dont nous auons parlé , comme n^ir^iLme, Jmx te mer ^ &c iônc 
extrémités comprinfes fous Vn mefîne genre fie extrêmement oppofces: 
& quant à ce qui eft entrcdeur^il eftpluftoft .meilc des extrémités, quQp-^ 
posé aux extrémités : comme le gris eft pluftoft meflé de blanc fie denoir, 
qu'opposé ou au blanc oU au noir. Mais en la contrariété dés vices entre 
eux 8c auec Ja vercu>il en eft autKmeat. Car non {culcment les vices (ont 
cQiicrairos .e&ti^eUx,œnune extrémités videufaoppofè^ entre elles [om 
dîners genres prochains,(commelaprodigalitc,qui eft comprime fous Ibx- 
cfZy eft contraire àrauarice , c|ui eft c<!miprinfèu>us le de&ut ) mais auflî 
Sïoe ôc l'autre de ces extrémités eft contraire à ce qui eft au milieu , Çi^i 
uoir eft à la vertu,voirc plus contraire que le vice nfeft au vice : cëft à dirCj, 
quefune des extrémités vicieufès à lautre extrémité vicieafe. Il y aauftî 
d'autres contraires , qui ne (ont comprins (bus aucun genre , mais (ont 
genres eux-mefmes , voire genres (i tr£tn(cendans » qûtls seitendcnt par , 
tout, fie (ont conièquents de toutes chofes : comme:?0f» fie MmmaU, Ceft 
pourquoy le Metapnydcien met ces deux genres par deilbs tous les.autrçs, . 
cdlcmeot toutesfois que le Bien cfldeuantleMal par nature, comme; 
auffi laparole deDieu le nous cn(èigne. . 

D B c E difcours nous pouuons recueillir quU y a trois (brtes de C.on- 
traites. Car ou ils diuifent vn me(me genre , comme fdkrbcnmféàr di- 
uiièntle nombre: ou ils font comprins Cous me(me genre, comme /r 
iùnfc& U mir(o\x& la couleur : ouiIs(ont les genres ettx-me(mesy comme 

P o V a bien congnoiftre les Contraires , il (è faut trauailler ï cqh- 
cioiftre leurs premiers (ubiefts» autrement nous nên trpuuerpns iamais 
Icsvrayes définitions: comme, pour congnoiftre laluftice fie Vlniuftice^. 
ccneftpas aflfez de (^auoir que l*Homme eft leur fubieâ :,mai*^ il faut cer- 
cfaertaoantagc, ôc trouuerleur (iegc en TAmo deTHomme, fie cncorcs 
ncft ce pas aflez,iu(ques à ce que nous (çàchions que la (acuité de l'Ame, 
uc nous appelions CorKupi(cible, eft leur premier fiibicd, comme au(^ 
de tous vices fie vertus. Semblablement,pour congnoiftre la Santé fie 
la Maladie , cencftpas afTez de (çauotr q^eVAnimal eft leur fubieâ: car 
l'animal neft point leur fubieâ^entant que ceft vne (ùb|lance,fie quil a va 
corps , fie qui! eft animé > mais entant qiâl a en (by quelques Accidents, 
comme Quémtiyfigmey comfopmnyfemferément', ficc. lelquels peuuent eftrè 
partidpans dëxcez défaut , ou médiocrité. Et en çonfideration de c/ss. 
Accidents , l'Animal (èra le premiec fie le vray (ubieâ de la (anté fie de 
maladiccar la médiocrité de(Hits Accidents rendra l' Anixpal habile à tou 
tts&s fondons naturelles , en quoy condfte la(ànté : fie au contraire. Ibc- 
ctz 8c le de&ut empe(cheront les fondions naturelles, fie ceft empe(che- 
mcflt cbft la nukme. Mais les plus (çauans font (buuent bien empe(chcs 
àtrouuercespremicrsfubicâsjfiedelà vient quenous allons à taftonsen 
la congnoiflance des cho(ès naturelles. Car lesplos dotées di(purent:en7 
corcs du premier fubieét du dormir fie dcplu(ieurs autres a^Fedions na- 
. -tafdlcs^ £t ny a per(bnne qui puiiTe dire ^ui eft le premier Tubieift du. 
' . - ■ : L 11 blanc 



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«4 C A T £ G O R I E S- 

Uanc &dq noir- Mais il &ut en approcher le plus près qucfon peut Et 
Icsliùte? Analytiques nous èn frayeront le chemin , fi nous aùons la pa- 
tience deies nous âmiliâïKèr;. . . 

Second Confeqtéç^ ' \ 

Ovs AvoKs clitcyde(ïùs,cnpiàrlantdesïfomraM:cSrquc' 
le bien cft déliant lè nialj)arnaturc,& es Rdaafcqucla me-' 
fure eft deuant le mefurç: & en pluiieurs autres chofcs nous > 
fommés contraints de confidercr ce qui -vadcoânrïj^iu* 
il après, ou enfemble, comme eh la diftindion des parties du' 
mOuuement^efquellesàcaufe du tà)s,lomdiftin^ 
& lès Vrays Relatifs au contraire font enfemble, comme il a cftc dit civ 
leur Catégorie. Il faut donc^fç^auoir ]en combien de fortes vne choie peut 
elEré appéllee pFecedence au f^^rd dUne autre, & aufli quand on peut di- 
re quelle foit enlemble auec vne autre. Car ces tùoxs^etMnt, & £nÇemkU^ 
peutîent rhefincseftre prinspourConfèquents deplufîeurs choses, doDc 
hôùsTerions ch peine de tr'ouuer la^Categorie. Et ceux qui font bien 
verses en laMetaphyfiquc trouuentdcs fecrets adniirabtespar la cdA^ide- 

' \ ranon de ce qui eft au deuant,ou enfcmblcjou après*: ôc ibfc dire quelU- 
rrç d'csprincîpalèsclefiï des iciences,ceft rintelligcncc fie confideration dc- 
cesjiéâts mots icy > lefquiels toutesFois ie me cdntcntcray dëxpofer fom- 
mâtrèlhent', comme'a&idl Ariftoteen ccft endroit, re&ruant au McGa- 
phyficien à en parler plus amplement. 
prccedentfdr 'Gif- M €) T, ?>'f«?fi^»r,feprend cn pkifièurs fiçotts- La première ficplus 
Utemft* cotTithtine>tcft âUr^garkldu tcmps:comiae quand on dit que la Mohar- 
diiç des Aflyriens a précède çellè deS Grecs, que ks choies antiques ont* 
précède les môdiernes l^hommetft chÊmt deuant que dcftre vieil : car 
précéder de temps ^ degéneFacion ; *çëft tout vn. Et cefte première fi- - 
gnification eft la principale, pourcc quelle eft eonfideree es choies fingu- 
uères & premières i(iibiïanees:,lciqueUes ôntvn eilreplus euidentquclcs 
vniucrfeUés. 

preeeJcHtfdT SecondembnT) OU appelle ?>vcir^<rxtf,cc qui peut cibe iàtïs ce qui 
jefaùfstH. 3inrG^ , cncorcs que té qui fuit ne'puitlè eftre iàns ce qui précède. Et 

eh cëfte fignificatioh tlÉnîte va déuântle deux fi£ le trois^fic l'ammal va de- 
uant l'homme. Car ti quelcuïl a dcut oïl trois eicus, il s'enfuit quil en a 
vh \ ôc s'il eft homme , il eft animal : mais celuy qui a vn efcu nën a pas 
d^ùx poàttânt,âc ce qui eft animal il ne s'enfuit pas quil foit homme.Puis 
dohc qtiëlcftre dc c\s choies neft pas réciproque , il s'eniîiit que cel- 
hr qu! jpetit èftré iàns que l'autre foit,^^ deuant,6cfeta dit eftre deuant par 
freeedtnt fifi" nàturc; Maîs oh-appelle auifi 'Précèdent faméture^ çt qui eft cauic dUne 
ndtmre, àutrc choic, encores qu'au regard delà définition & de l'eftre il foit réci- 
proque aucc ladite choie. Comme^pour çiLcm^XcyMefure fie MefuriConz 
reHtifs réciproques, qûï ne ic peùueht définir mn iàns Ikutre, comme il a 
efté dit énla Catégorie des Relatifi^fic toutesfois la Mcfureva deuant par 
nature , dauunt que ccft là caûiè du Mefurp : autant en eft il d'mreBgence 
- - • 6c 



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C A T E Q.O R IE S. Is, 

O R 1 1. faut noter que ce qui va douane par nature , nç v^.pte:;to)ir* 
iours deuanc pour raîibn du temps': car es choies qui icibnc ppurqriel-; 
lue cauiè;finale >'laBn eftuit caufe > va deuaot pac^nofi^re, encQi7^qu<pi(e 
oit.toucerladertiicrBpourraifondu temps : commcpour.exeeîpjçi Qe- 
luy qui baftit , Ce propolè en premier lieu cette fia, de faire vijc mai/bnj 
5: pour y parucyniril aflemble les matières , Se les taille èc les afTcm'ble, àc 
&it tout ce qiMVÔld ettre requis pour àccoàiplir {àtrt^font^tout cela, 
/êloa l'ordre du temps, va .deuant la majfon » laqaep^ ^utes^j^ 
tout cela par natuce;dautat que cëft lacauiè poui:i^i|^!l^ç qi^l I 
fte:ainfi la cité, comme dit Ariftote en fes Politiques, ettpar.^ 
aant la famille, voire déliant touslesparticuliersycncores c^^c•^ 
dre du temps Thomme ayt eftc au monde tout {euj;,4euânDj|^^,^,^^_^^^ 
mille., ôdaramille acftc deuant la cité :Maispource..que les particuliers 
& les familles ne peuiient auoir leur fouuerain bien hors la cite tellç que la 
delcrit Ariftote, voyla pourquoy la cité va deuant par nature : comme . , 

auffi le Tout ett par nature deuat la Partie^ laquelle ne peut ettré ians Ton 
Tout:comme,pour exemple, vne ïambe (èparee du corps nëftplus iambc 
que par homonymie. Ainfi au (fi l'homme eft par nature deuant toutes 
choies. créées, voire & ïoCc dire deuant les anges mcfmcs , en.çores, que fé- 
lon l'ordre du temps l'homme fbit le dernier onur^gp de Dieu en la créa- 
tion : car touta eiîé créé pour Thomme , & rhomipç çft la fin deioûtes 
chofcs créées: ôc les anges mefmcs, ainfi qu'en parle l'Apoflrc aux Hé- ekM^^i^yttf.i^ 
brieux , font tous efprits fcruahs enu.oycs. pour le fc;ru^C): de ceux qui lier 
itteront lefàlut éterneL Etfî rhommepenfoit bien à cette Priprité de na-r 
torejaquelle met toutes chofès au deflous de luy pour le conioindrc tref- 
elhoiacment à Dieu par noflre Seigneur lelus Chrift, il auroit honte de- 
ilre tant afFeâionné à cette vie animale & terreflre , en laquelle lêxcelleîî-^ 
ce de cette Priorité ett cachée, voire fubuectie parla corruption de nottrè 
nature:& afpireroit <fun defir trefuehement à la vie à venir, en laquelle les 
temps ettans abolis , cette Priorité de nature fera manifeftee , de par icelle 
Tbomme fè trouuera auoir les formes des.formcs de toutes choiès,com4 
me dit Arittote en fes diuins liures.de l'Ame: mais ce difcours nappâr- 
tient pas à l'Organe, 

C E y X qui voudront ettudier en Ariftote,noteront quil appelle quel - 
qucfbis ce qui cil deuânt f3inz.tuï:c,I>euanrfdrle^ece on fétrlijfence. Item 
ilscrouucTontvni/f«rf;ï/^^rfr <^f^«//w«lequeleftqueIqt^csfoisconiointa * 
leicuanrfdr nature : mais quclquefbisiauflj il en eft (çparé : comme, pouf 
aemple, encores que l'unitc ioitf4rnatf^e deuant la multitude ouplura- 
liic, Cl cft-ce que la pluralité cil: deuant limite par définition, pour çç qu$5 
funitc ne fe^eut définir fans faire mentiondelapluralité, . ' 

Item, il yadkutres maniées de Prioii^s coibmuiies &vu|gaire$^ fnceéUMf^f 
comme ce qui va deuant pour raifbn de fordre qui eft requis en quelque ' 
chofe : & autant quily a diiiçrfès fpr^^ dordre,fbit naturel oii ci(ii1, aUr 
tant y ail de f^^xc^-di&Ja^ & ^jp^f * C9^n\9 9^ ^MliV^i 4c^anp par dégr^ 
^> L '3 âc 



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U4tmt, 



%c C A T E G O R I E S, 

de dignité , ou par quelque refpeâ deu pour quelaue cauic que ce iaic 
jf^ifnew. M^s telles preieances ionc tore muabies & mcertames , la ou ce qui pré- 
cède pour raibu du temps, ou de la deiinicioniou de Ibrdrc naturel,pre- 
ccde toujours » fie ne perd iamais fbn ning. Or congnoiflànt toutes les 
ngnifications de ce motPreceJeHt, nous Içauons par meiine moyen ce 
qui eftpofterieur fie va après. 

Tro^emc Conjcquem, qmeJlappclUExSenAAc. 

^'^f£^^^ N s E M B L E s'entend par la priuation ou négation de de. 
EnfemiUfarle ^^^^Ps^ "^"^ ^ aptcs. Premièrement donc,leschofcs,quifcfont ou 
ttmfs, ^^^Sl^ engendrent en mefme temps , font dites ehre Enfemble, 
^S Ê ^ ^^s^ Comme le bled qui eft femé en mefme temps en deux pie- 
SS^ISj^Î ces de terre:deux entes fài& en melme iour fie à mefine heu- 
re : degx iumeaux, $cc. ix cette fignification cft la plus fimple 6: la plus 
EnfembU fétr proprc. Secondement on appelle Enjcmhk farnamre les choies dont r E- 
lire fie la Définition eft réciproque , fans que lun puiflc cftrc pluftoft ap- 
pelle caulè que Tautreicommetous lesRelatifs du premier fie tecond gen- 
re. La Mûmécd enfemble par nature auec U 7)9!Ale» fie le I>ouhlc auec U 
Moitié \ caria Moitié neft point plus caufè du Double^ que le Double de 
la Moitié. Autant en eft il de ?fw fie /ïfr, -af-a£^ Mais les 

Relatifs du troifieme genre ne font pas eniêmblepar nature : car lamefu- 
peut eftre définie {ans Ëdre mention de la choie meforee : auffi auons 
nous dit quelle va deuancparnature. AinHvn fobieâ peut cftre défini, 
lâns parler de fon Propre réciproque : commcrHomme peuteftrc défini 
fans ce mot H-ijible y combien que tout homme foit riuole: céft àdire« 
doué de la faculté de pouuoir rire : fie réciproquement tout ce qui peut 
rire cft Homme. Ce nonobfbnt, dy-iô, i Hommc va deuantpar nature. 
Et pourtant nous difons que le Propre nëft pas deléfTence de (on fïibietft, 
mais il la fuit infèparablement. Us font donc enfemble pour raifon du 
temps, mais non pa3 par nature. Ainfi toutes caufès, qui ne font iamais 
J[àns leurs effedtsXont enfemble auec eux pour raifon du temps. Comme 
Cl coft que le Soldl eft fur noftre Horilon , il &it iour : mais iamais la 
caufè fie IcfFeâ ne font enfemble pa2r nature. Car la caufè va toufiours 
deuant. 

MnfimtUféT Finalement, les difièrences,qai diuifènt vn mefmc genre,font di- 
UpirtififétiM ces efltc enfemble , comme TerreSre , s^qudnque , ZJotdtile , pource quel- 
participent également ce genre , ^nwud. Et en cela il ny a ny deuant 
ny après, fie lUn nfeft point caufè de l'autre. Or comme lés différences font 
enfèmble par nature, aufG font les efpeces dUn mefoie genre. Mais le 
genre va deuant Ibfpece par nature. 

Ariftote ne parle point icy des chofès qui font enfèmble pour raifon 

du Ueu : comme v»f wyîw^ ci'4»»^rp , ^» >» /;'^ : fie la raifon, 

à mon aduis , cbft dkutant que deux corps ne pcnucnt cftre proprement 
ërifèmble en vn mefmc lieu, ains chacun a fon lieufcparé, fie eft enuiron- 
né de Ikir qui le contient. Car ces lieux, qui contiennent pbfieufs corps, 

comme 



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CATEGORIES::- «7 

comfflevnechafnbre>v]nliâ>vneejH:abkj ècCéticfont âppcllés lieux qi&C'^ 
cidencalemenpllny a donc que ces trois ngnificâcions d'Enremble^pouir 
raifbn du teirïps^par natut'«,& par légale participation d\in meftne ganF& 

Quatrième Corj/e^uenfj du Momcmcnt. /, /. 

Emovvement ù trouuÊ en aucànc de Catégories que 
la Contrariété, Car les fubftances ncfçauroycntreçcuoir 
les Contraires fans mouucmcnt. Il efl; donc neccflairc de 
faire vn Conlcquent du Mouuement^ aufli bien que de 
rOppofîcionmô paspour entraiâcr àf<^nds decuue^com- 
mcfcroit le Pbyiicicn , mais feulement autant qui! eft befoin pour l'Or- 
gane^comme nousauons&idtdela Subfiance & ancres cbofes^dontlexa^ 
âe congnoiflànce fe doit cercheren la Phyfîque Oc Metaphyiique/ • 

Or XL Y A iix genres de Mouvicmciizi^ewrano» de Cûmftionen la 
Subllance , ^^uffnentdmn U ^mm»$tti$n en la Quantité , ^kerdtiéh éti la 
Qualité, fiC Mûuuement de Meù » <^\ii appartient à la Catégorie Où. Il eft 
ais&<[ediftinguer ces genres les vnsdkuecles autres. Carplùfieurs chofès 
croi{Iëïitôcdecroi({ènt,quinesengendrent&nere corrompent paspo^ur^ 
tant:comme vn ieune garçon croift j de nesengendre pas toutesfois en 
CToifTant: car il a eftc vne fois engendre. Laccroillcment auffi peut'cftre 
iàas altération des Qualités. . Comnie,poui: exemple, ^n petit qu^é le 

^ ^ , ^ Géomètre en fait vngpandjcn y adiouftant vne fiÊfûfe abu 

. ' - pdlee gnomoxii comme Ifcnleignc Euchde au fecôd de les 
; ; Eléments tâi en-ccla'ilny a nulle altération des QUalicéil 
. : [/carccft.toufioursvnquarréi Amfi l'Arithméticien adiôti-i 

V^^^ ^ fiant quatre,qui eft nôbre quarrc,auec cinq,!! iàit ncuf,qul 

dkaafli aobibré quarrc. L altération auffi peuteftre fans generatidil 
âf-corrupdpn , & làns accroifTement ny diminution : comnie qi^and ^ 
^rcc dêftude Ô£ de trauail vn ignorant deuient f^aaaat j ou quand dé^ô^ 
ure on deaient rkhe^ou de ioyeux on douient trille^en cela il ny a ny gci^ 
i»radoinyiijiïcbn:iiptron3nyaccroi(j[èmient,nydiminuc^^ Itémlenloui , 
uemencpcMirpaifon du lieu,e(t leparé de tous les autres^ ;Car pouf^^iàti^ 
gcf de placcil neft pas necefSlire dèilrc engendré pu^btrompu, ny crdi^ 
âzraujdeforoUlre^nysUterereniês (^alâ r.;;/)/ . * .>-: 
' TTiA y demetirant t le Repos ^ oppoii" Priuaciucrtïent'ài tout Mouùé- is^'' 
msÀz. CatiR^osneftautnîchoiê que'^AiiatioA de Mo^i^efnent /(bit 
cnlaSidD^tmoê^énila Qigancité^da Qualivé^OuaU'LieUi Maiis cii^ue 
Mouuemenc jsftfopppfê cbhcrùremenc^aa^Mouiïetriïeht't^ luy èÇt con- 
uaire. Conime>la Generationà^la'Coiruptjon , i'Acct\)iii]in}cnt àla Di- 
nunutionj l'Alterarion de:bJah(;en.itoir:à TAiterafioil de noir en blanc, 
&leMouuementde bas en haac^ celuyjtie haut en bas, le Mouucment 
ea derrière à celuy en deuant, ôc le Mouuement à collé droit au Mouue^ ~ 
ment à cofté gauche. 

Qv i v<^|(£rfçaii6ij''4t| Moûucment cè'qiaïl en feutV^fâuoir tout au 
loogTIe pourra apprendre m ^iàquiê^liù^e de la PhyHque d'Anftocej» 




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8S C A T E G O R I E S- 

& de ceux qui ont efcritfur iccluy. Pour TOrgane ccft iffez de cccy, Ari- 
ftoçc iiayant icy Gàâ. mention de ce Confequent,que pour y rapporter les 
tfçrjîies qui appartiennent à la Catégorie Agir ou Patir: car attendant que 
nous puiffions nous refoudre à laquelle dps deux nous les deuons rappor- 
ter, pour en parler Analytiquehient, nous les réduirons à ce Confèquent, 
& par le moyen d'iceluy nous trouueroAS les lieux Topiques pour en 
parler pxobablement de part t&utrc. 

CinqmemeCpnfequeni^Axxoix. 

O M M E LA dernière des Catégories sappelle ^mirt aulfi 
fait le dernier Côfequent. Et ce qui ne iera point oppofite, 
ny ne fepourrk rapportera aucun des autres Côfequents» il 
fe trouuera appartenir à ceftuy-cy en quelque manière que 
ce ioit.|Car J^jvtfir ne iè prend pas icy pour vn genre fcparc, 
comme en la dernière Catégorie y où nous rapportons feulement ce qui 
fê -définit par Auoir quelque chofc autour de foy. Mais icy u^uû$r ccd 
yn genre efpandupar toutes les Catégories. Nous nauons donc autre 
chofeàfàireicy qui remarquer les diuerfêsfignifications de ccmot,pui$ 
que nous ne le confidcrons point comme Catégorie. Il ny a guercs de 
xnots tant homonymes que ceftuy-cy. Ariftotc en remarque icy (cpt 
principales fignifications. Car ^jwirfignifie quelquesfois eftrç doué dc 
quelque diipoHtion ou habitude: comme, Auoir quelque Icience ou ar<« 
cifice : de forte que ce mot Sfduanr, ^rtifan^ ôc femblablcsy qui appartien- 
nent à la Catégorie de la Qualité, pourroyencauiE eftrécompnns (bus 
ce ConfequenL Item les noms qui ugniâehc auoirquelque quanticé:com« 
mç "^n^rfent de tem^ yne aulne dedrdf, &;c. Item ^nfeHier, >» hijfeau^ fera 
dit auoir du froment ou autre grainç,comme le.lieu a en fby Ja choie qui 
eft.au lieu, & la meftire a la chofe mefuree : Itemle tout a fès panies- Item 
on peut auoir quelque chofè en quelque partie,conuneV9 4»»f4»«<jVi/«^r, 
V» cdtftereiUidmie, Item on dit^ixmi ^éMêirvne maifo» ou autre kefùdge: 
Item duoir\ne fenme : mais ccfl improprement parler. Car la femme peut " 
aufn bien dire quelle a vn mari, comme le mari peut dire qud a vne fem- 
me. Il £x\it donc dire qu'ils habitent enfemble pluftoft > que de dire que 
hm aytlâutre. On pourroit encores remarquer quelques autres fignifka* 
tionsde ce mot i^uoir: mais voila les plus fréquentes. Nous finirons 
donç icy ce premier liure de TOrgane y duquel nous congnbifbrons hi£à^ 
. ge de vtilité à tnefîire que nous aduancerons en Icftude & pratti* > 
- . .que de ceftinflrumenttantBecefl*aire. Mais quiconque mefl, - ' ' 
prifèra ces principes» ne £:raiamais (on profGt du 
demeurant ; fie fiir tout de Ilnaencion 
. Analytique» 

«. - . 

. --DE' 




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DE L'INTERPRETATION. 




VKE V A CE. 

E c^y E nous auons dit au conîmeUce- 
ment de celle œuure, de fordre qu Adftotc 
tient en fon Organe, fufEr pour ciitcndrc 
comme ce liure De l'Interpretaciôn fîiit 
crefbien, & par vnc difpoficion du tout na- 
turelle , après celuy des Catcgdrii;s , cclt à 
içauoir, que comme noilre entendement 
comprend premièrement les termes Am- 
ples, cçll à dire chaque mbt à part : & puis 
après il les compofe, & en fait viie orailbn, 
pour exprimer les conceptions, auilî noftre Philofophe nous ayant pro- 
pofé cy deuant les termes fimples ( en Tapprehenfion defquels gift la çre- 
nuere opération de lame ) il vient maintenant à la compofinon defdits ' 
tennes'fimples, qui eft la féconde opération : Et de cefte compofition Ce 
fomcrarAffirmation ou la Négation , laquelle ne fe trouuoit point aux 
Catc^ries, ainfi quîl aeftc défia remarque, pource quâprendre chaque 
morapart , il ny a ny vray ny faux : comme , pour exem.plè, ce mot Che- 
ifncerf^ encores quil lignifié quelque chofe , fi eft-cc quîl ne peut fignificr 
tout feul ny vray ny fàux,fi on ne le ioint auec quclqu c autre m ot , com- 
me en dilânt quîl fe trouue de CheurecerÉ en tel païs , ou quîl sy en eft 
trouué autrestois. Ariftote confiderant les diuerfcs opérations de l'Ame 
appréhendant bu conccuant premièrement les termes ihn pies à part,puis 
fcsioingnant enfemble pour en faire vnc ôraifon, ilcite ttes à propos ces 
Jeiuvers d'Empcdocles: ' ■ 

ïàfferceu { cas mmeau ) force reHes couplées, 
Quiji^rent far^mour à leurs corps rattachées. 

Car cnaquemotprinsàpart, ne peut non plus exprimer vne oral- 
ionpar&ifte , quune telle ou autre membre ieparc du refte du corps re- 
psÊnter TAnimal entier. Mais conioingnant les noms auec les verbes, 
ccfteliaifon k trouue fi plailànte,quïl femblequc cesmcbres,qui cftoycnt 
comme morts , eftans icparcs lesvns des autres, commencent "alors à * 
viurcj&à scntredonner ce quïls liauoyent pas chacun àpart foyj,àfçauoir 
hvcrtu d'exprimer vnc oraifon vraye on j&uflTc. Nous pouuons aufll di- 
ic^iuui iiure précèdent nous auons monfbc lapierre & autres matériaux 

" " M propres 



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90 DE ^INTERPRETATION. 

propres pour faire noftre baftitnét,qui eft le iyllogirme:niaîs ils nefloyent 
point encores mis en oéuure : Maintenant donc nous commençons à les 
tailler & aflTemblcr, ôc à drcfler nos murailles. Et ceft aflemblage sappelle 

înterfreMitn. /«^''/"'''^^^-pOurcc que Ibraifon compofêe en vn {ens par&d eft le tru- 
thement ou interprète de noftreame > ioit quelle foit pfononcee de viue 

j.uT^myUs voixouefcritc. Or nous noterons en ceft endroit, que combien que ce 

ccce^nons fint , li- l r n 1 • J b 



femïùlus^ en ttuchement parle diuers langages , fi eft-ce que les conceptions de famé 
"^•^""'"2' ^^^^ Temblables en tous hommes, & n*y â point en cela de diuerfitc entre 
Zn^â^Jfijent nations : commcpour exemple, fi vnHebrieu,vn Grec, vn Arabe^vn 
dijfkrents. Allemand , vn Polonnois , vn François conçoyuent quelque choie que 
ce foit en leur cncendement,comme vn chien, vn cheual, vn oiseau, il n'y 
a point de douce quilsle conceuronceneuxmefmes toutduneforte:mais 
sils veulent exprimer leur conception ou de voix ou par efcric , alors ils 
le crouueront cous différents : ôc la caufe de cela, ceft dautant que le par- 
ler ou iclcrip neft pas naturel à l'homme , comme lapprehcnder & con- 
ceuoirehfon entendement eft naturel procédant dune faculté qui eft de- 
meurée en noilre amc , meitnes depuis que le péché eft entré au monde: 
mais la diuifion des langues(ainfi que nous tefmoignc l'Efcriturc faindle) 
a eftc vn fléau de Tire de Dieu fiir les hommes» à caufè de leur arrogance, 
lefquels ayans eftc frappes de lëfprit de confufion au parler,qui les cmpe- 
fchoit de sentrfencendre,furent aufli pouffes par le mefme efprit à fe forger 
chacun (on langage hc ion efcriture a part, failànt élection de mots ièlon 
quils eftoyent particulièrement induits à vouloir quun tel ou vn te! mot 
ijgnifiaft vne telle ou telle chofe. Il ne (ë Élut donc non plus efbahirdc la 
diuerlîté des langues , que de la diuerfitc des accouftrements : car ny lun 
ny lautre ne vient de nature : ains de la particulière élection des peuples 
ôc nations. Et combien que lëfcricure nous tefmoigne quauant le péché 
l'homme auoic naturellement luûge du parler > voire d'un parler tel que 
chaque mot eftoit comme vne parïaidfce fcience de toutes les chofes qui 
eftoyent en nature , fi eft ce que ibxperience nous monftre que le pecné 
nousapriué de ce bienauec plufieurs autres. Car vn enfant nay enFran- 
ce parlera Allemand, sileft nourri parmi les Allemandszdc voyons tous les 
iours que le langage fe forme petit à petit tel quon Ikpprend de ceux auec 
qui on conuer{e ordinairement. Et fi vn enfant eftoit nourri parmi des 
beftes,commé il eft aduenu quelquesfois,il nauroit quune voix inaiticu» 
lee, 5c ne parleroit aiicun langage d'homme. Et pourtant les Egyptiens 
& Phéniciens nauoyent que faii:e de difputer laquelle, des langues eft la 
plus naturelle. Carlaveritéeftquenousnenapportonsaucuneduven- 
tre de nos mères, mais feulement vne aptitude & faculté c&pprendre cel- 
le qui nous bat le plus fouuent les oreilles. Or à fin que nous puiffionS 
dautant plus facilement comprendre ce quAriftote nous veut enfèignec 
en ce liure, il fera bon dèn faire icy vn petit abbregé. 
grefrecaeiUe svBiECT, duquel A s*agit en ce liure,ceft r£nonciation,cfeft à dire 

ciliure, vne propofition contenant vn fens parfait. Ce que nous cherchons en 
cefte Enonciation , ceft de fçauoir congnoiftre & difccrner le vray & le 

faux. 



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D E 'I ai LWiER P R E T A T I O N. 91 

ù\it7 Car ccftq..pr'opdcEé conijii^atpfemtefenicnt à rEnonciation d'eftre 
vriyeou Êiuflre. .;^-:rccondçm^-3u(Ii elleeft attribuée au Syllogifhitij 
cjtnmc nous v^rçrvs ervCon li^. Mais nulle oraifon vc peut exprimer 
vneveritc ou6tifleté, quine "loitEnonciàtion compdfee d'un nom 8c 
dun verbe. EilanEdo^^^J^^^^^^i^^ pour congnoiftre fet.outide congnoi- 
ftreiès parties, nous commencerons ce liurc par le nom isc le verbe , puis 
nous définirons famifo-n , lëkoâmtiôn ,1âffSïïnanon & négation qui^i^? 
fontcompoifee»» - * . : : . . , - ^^vf^ 

- Èjs A p R fe S i daiicaQt quê le moyen pour difcerner le Vray diè^ 
kùuXt ccft rpppiofîtion, lîàûs'fen trotterons amplementj ôc la conÇj^ 
ferons en toutlfs 'forces d'Enohciatioas, tant yrtmcr(èllc5'que fitigii-fere^ 
doiK les nonïs à verbes fcrOrit finis :& don feulement au temps pafi'c ^ 
pre{ènt,maisauiS au futur. Çat iànsrOppofitiohsil eft imponible dc^ 
congnoillrc le vra^ daùec le faux en vne Enônciâtion. 

It e m, ayant parle de toutes les fortes d'Enonciations finies , nous 
viendrons aux infiniesjfoit que le Subied fbitinfini,ou l'AttribuéjOU lliri- 
& Ikatrc. Etayant le tout efpluché , fî bien qubn ne puill'e mefme inia- 
gincr aucune efpcce- d'EnonCiation qui ayt elle obmifc , nous confire^, 
rons tontes ces diuerles fortes d'Enonciations les vnesauec les autres, 63' 
confidererons quelle conipiratiort & contentement ily a entre elles, à fin 
de congnoiflre celles qui font cnfèmblc également vraycsoUfaufTes. ■ î 

Cela ÉdÀt dâutant qiie pout bien&ire tios oppofttion5,âc pour re-* 
marquer auffi les conipirations^ il £iut que i'JBnonciadon fdit umple de 
mcy dc&. à dire, qu'on attribue y ne feule cnofè à vn fèui fùbieâ;, nous ver- 
rons comment vne chofe efl dite cftre attribuée à vn feul fiibiedk, enco- ' 
icsque le fubieâ, ou ce qui luy eft attribué , fôit exprimé par plufîeurs 
mots. Finalement, pourcc quu ne &ut pas confondre ce qui eftparticu- 
iicrà lâDemonflration, ( àfçauoir comme il faut congnoifhe & exami- 
ner ies propofitions necefTaires,) auec la doâriûe des £nonciàtions,'fans 
nous arrefter icy à congnoiflre vne matière ncceflàire , nous parlerons; 
de quelques termes qui nous reprefenteront les Enonciations qui fbnt- 
nccefTaires ou non : comme ,ilefi neceffaire tjue ceUfoity ilefi 'tmPo^tble ^ihfi' 
f^Uyil eflcontingent: & examinerons Tes oppofîtions & conspirations de 

tous lefHits termes. Et, pour laconclufionduliure, nous moUf- 
ftrerons quentre toutes les OppofîrionslaContradidion 
cflla plus excellente, & qui a plus de force ôc y ercd 
pour difcemerlcvray clauec lefeiixcn - 

toutes Enonciations. • < : - --..-n. 

■ ■ • •. :;..;■■!... 

■ ,., -- ...) lit • ) 



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DE L'INTERPRETATION. 




PREMIERE PARTIE. 
Du7s(om, CHAR î. 

O V T B incerprctation,(cç(tàdire, toute pârole expliquant 
quelque cocepcion delbncendeméc de ThoniOrie^par laflèm* 
bUge de quelques mots neceflàires pour faij;ç vne Orailon 
oiiEnonciaçion entière,) eftcopofee de deux parties poh^' 
cipales, ainfi que nous auoos deHa dit y donc lune sappeUe* 
' [autre D'rr^. Et dkutant quela plus partdelartde bien difcoa-» 

rir dépend de la conflderation de ces deux parties , il faut traider decha-^ 
cune d*iceiles à parc. Nous commencetons donc parle Nom. 
DeJînitUnU- . Le Nom €^ v»f >tf/x Ordonnée four Jignifitr quelqtte chofi fans t^mifs^^ 

ExfUcétUn de - Ie D I S Ordonnée, pouicc que icNom n«I^ pas vn inftrument naturel, 
ia dçfinifu», ainfl que nous auons monftré en la préface : mais ceft comme vne mar- 
que ôc vne note ordonnée par Tinititutiou des hommes , pour exprimer 
& reprefènter quelque conception de Teatendement : Et ce fétns tenfs^ 
Et en cela le Nom elt leparé du Vcrbejoui fignifie auec temps : comme. Il 
àûmetdcnotelctcmfsfïcknt'Jlifimerdfle temps futur : &ainn des autres. 
Mais ramour » la crainte , & gener^emenctous autres Noms^nexprimenc 
aucun temps. M^s quoy> dira qudcun, quand ie dy y»e be$tre, eu-ce pas 
vn nom qui (igniâc temps f Item, >w dm^ee, v» moUi^n moment f Re(pon- 
fè: ces noms là iignifient temps votrement^mais ils ne fignifient pas aucc 
temps : ddOt a dire, ils flgnifient (culement quelque portion de temps , fie- 
rien autre chofc : la où le verbe, outre fa fignificacion, il exprime encores 
le temps : comme quand on dit Fdxme^ outre la (ignification de ce verbe, 
cela dénote encores le temps prefcnt:là où nul nom ne fignifie aucc 
temps. Et quantaux exemples allègues, quand on dit vn an, vn mois,vn 
iour, vn moment, tels noms expriment feulement les diuerfès appd- 
lations du temps, mais ils ne (ignihent aucun temps,ny prefcnt, ny pafle, 
ny futur. 

Il s'e n s V I Tcn la définition du Nom que fes fémes ne pff$Xentrten, 
Etcêftia raiibnpoiirquoyenrOrganeon ne parle point des fyllabes ny 
des lettres, ainsjaif&nt c^e confidcracion-là au Grammairien, on com- 
mence pai' le Nom & le Verbç, Idquds non (èulement font ie tom Syllo- 
giCne, mais auf& lontfarfirf de tout SyllogiGne ^ainfi que nous verrons 
cy après, quand Arillote nous aura apprins que ceft Elire JitJeTomôc 
fÀrfy: Or il y a d^ Noms , dont les parties ne lignifient rien du tout, 
çomme en ce mot TeBdment,cc&c fyllabe ^ment, ne fignifie rien du tout, 
non plus que les autres : mais il y a des Noms composcs,dont les parries 
femblent bien lignifier quelque cho{c,Ôctoutesfois eftans prifcsàpart, 
elles nontfâs la iignificationdu nom composé. Exemple, ce mot Ckar~ 

hudnt 



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DE riNTERPRETATION. 

bàM eftatic diuiic^VôuS y trôutiéz Ce ttiot clîdt, qui a bieti fz ngnificâtidtl 

Earaculicre,mais elle ricft point cônfîderee en ce mot Chdéudnt:c2iX com- 
icn que la Compoficiott de ce rru>c declairé auCunemenC les qualités de la 
chofè quïl fignifietfî eft*ce que les parties à part nëxpriment pas la chofe, 
ains imut prendre le nom compose comme fiïyiple j pOuf ce qull ne 
fig^iifie quune feule chofe, non plus que le nôm (impie. Ëcneàntmoim^ 
voicy vne différence quïl y a encre les noms, donc les parties ne fignifîenc 
rica du tout , & ceux dont le^ parties Ont quelqqe ngnificatidn t cbi^ que 
IcLogicien ne fait tiy mife ny recepte de ces parties qui ne Ggnifient du. 
tout rienjà où il peie cônudere diligemment celles qui fembleiit âuoijr 
à parc quelque fignificdcion : de forte que s'il trouile et mot J'EmménUei^ 
ou ^€lcf9^edtc } ou te! autre nom composé,il prendra garde foingneuiè-' 
ment à ladgnification de toutes leurs parties , non pas comme fexoic vit 
Grammairien, mais pour iuger dkutanc mieux de la Vertu defEnoncii^ 
tion où il trouueroic vn tel nom , iHon quil conuienc à la fcience en la- 

SucUconsenlcruîroit- Carilny apointdc dôuteqmm Théologien cOn- 
dere les noms autrement qu'un Phyncien ôu Medecin,& le Médecin au-» 
trcment que le Grammairien. Et le Logicien doit auOirceftedifcretion* 
dufcr de termespropres à chaque fcience , à fin que quand il manie la 
Théologie , il en parle en Théologien, non pas en Grammairien, ou au- 
trement impertinemmenc , & ainii de coûtes aucres iciences. Voila donc 
pourquoy il doit prendre garde à la propre fignification & vertu de cha-< 
que mot. 

Av DemevrAmTj la définition du Nom, que donne îcyAriltote> £nl'org4»^iji 
xnonflre affez quîl ne confond pàs la Grammaire auecl'Or^ane: car il en ]^^^/'^ 
urkbiendime autre forte qubn ne &it en Grammaire» ou On seiludie i^tmo'UF'er- 
îoAemcnt à parler congru, & à obferuer les reigles de la ^ntaxe, là où Tart ^^nf^^ntfùtU 
da di/courâ ne sarrcfte point à la diftion, âins il regarde follement les di- 
uer<ês manières de nier ou affirmer, & ne traiâe des parties* de l'Oraifon, 
que pour monftrer leur vertu &; diipofition naturelle. Donc tous les ter- 
mes HmpleSi donc nous auons parle aux Catégories, c eft adiré toute pa^ 
rôle fignifiancc quelque chofè> eft fun de ces deux, à fçauoir ou Nom ou 
Verbe. £tparcemocdeNom,ilfaut entendre la parcie de l'Ënonciacion /v^^ 
quon appelle le Subieâ , auquel on attribue quelque chofe , de manière 
que ce qui eft verbe en Grammaire, eft bien louuencnom en l'Organe; 
comme fi ic dis,rfy? yne chofe fort faine que de iextrcer mierentent : Ariitoçe 
prendra icy ce verbe sexmerii^owt vn nom, dautant quen çefteEnprtciar 
tion il tient lieu du fubieft, auquel on attribue cela, que àfi vne chofe fort 
[me, Ëc eft à noteri que pour obièruerla diipofition Catégorique 6c na^ 
aucllcjc Nom,qui eft le fubieâ:,deur6it touliours précéder le Verbe,qui 
eft ion attribué : mais en tangage commun cela ne s'obferue pa$, ainfi 
qubn peut voir en ceft exempic,ôc ^c prendre garde à figninca(ion^ 

Aristotb Élit de deux lorces de Noms , Içs vn^dic-il, fonc finis «Su /^/w c 
termincs,qui font ceux qubn appelle proprement Nonis:comme quand 
oa dit, homme, femme^icc, Lts autres fbntappellésNomsinfinisj ou iade- 

M 3 termii;! 



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5,4 DE L'INTERPRETATION. 

tcrtninés,quand on mecvne négation au deuant de quelqtreNomrcom- 
me quand on dit 'Non-homme,l<[on'feupleyl>l0n-arbre,bcc. Tels noms font â 
bon droit appelles indéterminés , ou tf^nm : dkutant quils nefignifient pas 
vne certaine chofè, ains (c peuuent dire généralement de toutes chofès 
qui font au monde, & de celles mefines qui ny furent oiic, ôc ny (èront 
iam^is, fors àt ce quils fignifieroyent fi on leur oftoit Icur-negation:çom- 
me ce mot ) peut eftrc entendu détoures cholès du monde 

fore que de V homme, Lafainde Efcriturc yfe quelqucsfois de ces Noms 
Àïfinfis : comme en Olèc , Vd^fellèra^ 'Non-fHonfèufle monfeufle. Et enco- 
res quen noflrelanguecela.ne (èmblepas auoir tantdegrace, fiëA-ce 
qu'il y a vne grande efficace en ces Contradictoires. Car dt&, à dire que 
les poures Gentils, qui ncftoyent rien moinsque le peuple de Dieu,voiEC' 
qui pouuoycnc eftre toute autre chofe, fors que cela,deuiendroyent peu-' 
ple-de Dieu. Les poètes Grecs fc {crucnt aufli de ces Noms indéterminés' 
de trefbonnc grâce : Comme Lycophron dit quelque |)art,ex/w^«w non-" 
amours . Sophocle mn-femme, Ariilotc a cfte le premier qui a 

nommé tels noms compofes dlinc negatiue,iW^ffrw/»w,pource que ce ne 
peut eftre vne oraifon entière : car il taudroit quelle fuft compose dlin.' 
nom ôc d'un verbe : ce ne font point aufll négations ny affirmations , ils- 
fignificnt fans temps , & les parties leparees nbnt nulle fignification red 
fèmblanteà celle du compofë. Et pourtant ce font Noms, mais indeter-* 
mincsi dautant qtfils nexpriment proprement nulle certaine choie. - 
Or povr.ce que le Nom auecleVerbc doit Élire vne EnonciatioHj 
c'cft à dire vne oraifon endere,ilÉiùt prendre le Nom droit^que les Gram- 
mairiens appelléncle Nominaci^comme VhomfHe^lt cheualytatire. Car âd^ 
iouftant vn verbe, TEnonciation fera entière : cônimc en di^ànt , Vhommè, 
Jffcourty le cheual co$trty larlfre croifi. Chaque nom auec (on verbe fait vne 
oraifon entiere,qui exprime vnicnsj^arraidt: mais les autres cas,qubnap- 
j^elle obliques , comme Je t homme, 4 1 homme , &c. ceux là ne fçauroyent 
faire vne enonciation auec le verbe , & iiexpriment point vn Cens parfeifl:, 
Cat'quefcroit-ce à dire 2?f l'homme ej?^ ou a l'homme ejli Le Nom donc, 
duquel parle Ariftote, ccft le droit : c*eft à dire qui eftant ioint à vn verbe 
peutâire vne enonciation^foit affirmatiue ou negatiue. 

DuVerie. chap. ii. 

* A V T R E principale partie de l'Interprétation , ccft le Ver-- 
htjâjui efl y^ne yoix orJoneepourJtgnifier auec remfs,^ ejl toujiours^ 
attrïhiH'k quelque fuhieB. Car le Verbe fignifie toufiours ce 
qui eft dit du fobiedl, ou ce qui eft au (iibiedtde forte quen • 
cefte ciionciation,Z/*Atfww^ efi animalyce nom c^»#wrf/,ioint 
auec le verbe fubftantif {èra verbe félon cefte définition , dautanc quil eft 
attribué à ce Gibie& Nomme, Et fi on demande pourquoy Ariftote ap- 
pelle T Attribue Verbe, ccft d'autant que tous verbes généralement figni- 
nént quelque choCe quifè doit confiderer en vne autre , Ôc ne fè peuueiit 
bien entendre (ans quelque fubieâ. Car qui diroit Efbt Jie, Courtyôccon 

^ dcman 




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DE . LINTERPRETATION. 9$ 

demanderoit aufli tort Qui?Quoy? Mais quand on dit, le/tneBudieyl^Urre 
mn, alors ce Subied arrefte ccft Attribué, lequel autremcc voltigcoit en 
lkir,& le nous fait comprendre incontinent.Dkutant donc que tout Ver- 
be a ceftc propriété, quil veut eftre attribué à autruy,Arift:otc s*ert fcrtfort, 
proprement pour exprimer cefte partie de TEnonciation , quil appellera 
cy après Attribué. Mais pour cefte heure il retient ces termes deNom ôc 
icVerbe,pource que ce font les parties principales de TOraifon quil dé- 
finira au cnapitre {uyuant,&; font plus faciles àcntcndre pour le commen- 
inent,que$il difoit SutieâôrC^nnlfue.Orzfinc^ucnous nenous abufions, 
en pcnCint que le Nom ^ le Verbe en TOrgane foit toufiours vn feul mot> 
aum bien comme en Grammaire , nous lerons aduertis qubn exprime 
fouuenc & le Nom de le Verbe par pludeurs mots:comme en cûfle Enon- 
àzùpny^ tous ce$éx qmaimem^ieu tomes chofisrournemeny$en:tou^ mots 
Toutes chofis tournent enhien, expriment vn ic\xl Verbe^ dautant quils expri- 
ment l'Attribué, & cous les autres mots, ^ tous ceux jui aiment 2)ieUyticn - 
ncnt icy lieu de Nom,cefl: à. dire de Subiedt. Celuy donc qui voudroit 
examiner cefte propofitionpar 1 art du difcoursjl ne samufera pas à con- 
fidercr toutes ces parties àpart, àfçauoir que £lgnifiet>/,puis tom.èc ainfî 
desaucres dictions, comme fcroit le Grammairien: mais il prendratout 
cela cnièmble,^^ tous ceux qui dimentT>ieuyCOVt\mt fi cèftoit vn fèul Nom, 
d'autant que tous ces mots nexpriment qu'un feul Subie(îi,quïlfàut con- 
ceuoir en îentendementjcommevne feule chofe : ô: ceft Attribué fembla- 
blemêt. Toutes chofes tournent en l>ien, il le prendra pour vn fèul verbe:pour- 
ce que tout cela riexprime quunc chofe feule, félon que nous verrons cy 
après, quen toute Enonciation il faut attribuer vnc feule chofc à vne feu- 
le chofe. Donc fî ie dis ainfi, Tout animal raijomaile efi hùmme , ces crois 
moxsyTûut a?ûmdl rdijonnaile^ qui contiennent vne définition entière , ne 
tiendront heu que dim fèul Nom , pource que tous enfemble ils expri- 
ment le fubief^ de cefte Enonciation : encores quils ayenc chacun leur 
figniâcacion à part, & fi on les fèpare, ils ne fignifiéront point ce qtuls fl^ 
goiiîent eftans prins tous enfemble. Voila donc comme le Nom & le 
Verbe fe prennent en ceft endroit. 

Les Verbes font finis ou infinis, âuffi bien ^ue les Noms :car flic dy ^ ^ . 
2s?*«<yîj?^o»vW,2N?tf«Vi<,celapeuteftreattribuéàvnhomme, àvne chi- ^ '^V"*"* 
mere> brefà tout ce qui eft, & atout ce qui neft point au monde. Mais la 
fignificacionde ces Verbes infinis eft obîcure, car il fcmBlc quïls nient au 
lieu d'affirmer infiniment. Donc, pour plus de facilité, on les tourne en 
Participes : comme au lieu de dire lean mn aime , nous dirons lean efinon 
ttmant. Ceux qui ont quelques petits Rudiments de Grammaire,(çauenc 
(jue tous Verbes ont trois téps,k Prefènt,le Pafle, & le Futur, ôc ont a,ufli 
pliifieurs 'modes , l'Indicatif, Impératif, Optatif^ Coniondlif^ Infinitif. Or 
comme cy deuarit nous auons dit que l'art du difcours cofidere le Nom 
droit, pource que celuy-là fèul peut feirc vnc Enonciacion eftanc ioinâ: à 
foa verbe , reietce tous autres cas obliques : ainfi il fe fèrc principale-- 
ment du temps prefent, pource que ccft le plus précis pour nier ou affir^ 

^ ^ mer . 



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DE L'INTERPRETATION. 

mer direftetncnt quelque chofe : & ppur cefte raifon toutes les demon- 
ftrations en toutes fcienccs fe fonttoufiours par les Verbes du temps pre- 
fènt : ôc quant aux autres temps 6c modes , ce font pluftoft Cas obliques 
de Verbes, que Verbes. 

DeTOraifon. CHAP. IIL 

.Raison efi yne ^oïxpgùjidnt juel^jue chofe y dont les parties fe- 
^parées ont aûp leur fignificatton, Cefte définition monftre quel- 
le d ifference il y a entre TOraifon & les parties de TOraifon, 
qucnous auons appcllees cy deuant Nom âc Verbe. Car les 
Iparties de ceux-là nefignificnt rièn,commeil a eftc dit:mais 
les parties de rOraifon,à fçauoirlesNoms &les Verbes,dont elle eft com- 
polee, ont leurs fignificacions chacune àparc. Or il y aplufieurs genres 
d'Oraifon,comme fçauenc les Rhetoriciens : mais nous ne parlerons que 
,diin Icul en cé liure, à fçauoir de TEnonciation, qui eft le plus parÉiiâ: &c 
le plus excellentjôc auquel le vray & le faux appartiennent premicremcjic. 
Nous ne parlerons donc point de toutes autres, fortes d'Oraifon , com- 
me de Pricres,ExcIamations,ôc telles autres manières de parler,qui ncxpri- 
m^nt pas precilèment vray ou faux : comme,pour cxemple,{î ie ày^Tleufi 
à T^ieti que U France fufi en bonne faix: ceft bien vne oraifon qui fignifie 
quelque chofe,mais ce neft pas vne Enonciation. Car cela ncxprime di- 
(ertement ny vray ny faux. Item fi i*interrogue zmCïy .Qmahrujîile temple 
tfSphefe? cela ne sappelle point Enonciation. Nous ne parlerons donc 
point de toutes ces oraifons , qui font inutiles poUr dilcerner le vray du 
faux , ôc nous arrefterqns feulement à congnoiftre les Enonciations, & 
comme ilfàutdifcerner le vray d'aueclefaux en icelles. 

De rSnonciaiim. chap. nit 

*En\^çiation donc ceft vne oraifon parfaide, qui af- 
firme ou nie quelque chofe. On lappelleaufli Propoîition: 
mais ce mot d'Enonciation eft plus propre pour ce lieu cy, 
où nous confiderohs TEnonciation {èule , & hors le Syl- 
logiftne. Mais ^uand nous ferons aux Prieures, nous J^ap- 
pelleronsalorsPropofition^acaufè de la forme quelle acquiert quand 
elle eft «mployce en vn Syllogifmc. Mais il nîmporte,foit que nous Ikp- 
pellions Enonciation ouPropofitjon , pouraeu que nous içachionsque 
çeft vn Tout qui eft coniposé des deux parties intégrantes , dont nous 
auons parlé cy deuant, à (çauoir du Nom & du Verbe. Car il efb impof. 
fible de Ëiire vne Enonciation , quil ny ayt vn nom vn verbe pour le 
moins. Et la plus courte Enonciation qui fèpuifTe taire, cëft quand on 
ioint le Verbe Efi^z quelque Nom : comme quand on dit, 2>ieu eH:t Hom- 
me efi. Ces deux mots font vne Oraifon parfàide : car ce verbe , Efiy 
tient lieu d'Attribué, lequel nous affirmons de fon Subie<fl : tellement 
que le Nom , lequel fèuf eftoit comme vne tefte couppee, ainfi que par- 
loitEmpedocleSj eftant ioinâauec ce verbe {ùbftantif> vient à faire vn 

corps 




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D EHÎ^'INTERPRETATÏON.. ^ n 

c^s éntfer d'Orai^bn parfejâ:p.> Etparcanr eeft Ainouï dïrupedodçsi . . ^ . 
^ui tàUoic reliure çç$.t.eftes traachççs> nScft aïKrc chofe que ce Yorbff fiiiifJtf t^-^ 
Ou: il eft.ioipQfljhU rfake yne EflQncîatioii , ôç ioinîdrevnNom auee. "««r ^ui cm- 
vii Verbe, «àtiifditjeyn Subi«âiauecYn Attribué x-cjueeeY^rhîe-nViQit,- ^'^ItUr^tu 
ou expreffifmQaîjOtttacitçrnçjQt. Expreifemeititi, comme en ces exemples^ 
eflj /j/?.;t^citGment ,,^Qmme qa^nd QjR.dic y^ierre çkemine\ 

Uân eïhénkty <~:àrpotîr entendre-comm^ ce jpint îtucç. çç Vcc-be 

pour fairev.çw Qraifon parliide-, 5c quel çft Icj lien qut vnit ôc cohioint 
iàpartiesj il fàudroic.ainlî rtsfoadce çes Enohciabipns*î^/>rrir ^/î chemmmty 
hdn efl e-Budi'Ên(\\ic^x$ yèrcon^ que;cesN,onis fQnt.coîiioinis à- 
feurs Attribue?! p^ la liaifenidc veibe fubftantiCjg^ , lequel aufli alors ' 
nous n'appellerons p^s VecbA.màis àmour,ou lien ôc copule iotngnanties. 
membres de rEnonciatioij lun auec.lautre. Ec quand celle amicic bu liai- 
foncft boniïCjÎAffirmàtîorf s'en'fehfuit, comme quand on affirme quel- 
que ckotèqui éft vcntable. •. Et au contraire^ quand il ny a point darfiiué 
entre les membres^ de l'Bnondation ,&.queic Noffl tie fe peut ioindre 
auecleyGr|>âr^dû4a,viencla.N£gation,ainrrquil{eraditcy après. Ande-^ 
çieuran^ceioy quiferveiztiianiter garde de toute rophiilcrie, dcqui VeuC; 
que toute Enonciation foie preicifèment vraycau fàuflè, il ^ndra gar-" 
de que le Nob & le Verbe de TÉnonciation ne fignifiènt chacun qu'une 
ièuie chofc : âc ^1 y a^e rMomonymie ouafl^Mguité yfoitau Nom,ou au 
Verbe , il la corrigera : comme, pour exemple , fi on difoit ainfi,Lf chien 
efifiJf^fftXi^tfXMaUJes ri dira qne.ccftc Enonciation eftvideufeàraufe 
del'hocàénynMc de ce Nom Chïtn:czx il fè peut entendre du chieh terre- 
ftre, ou duchien cdefl:c,quiefl:vnaftre,oa du chien de mer. Itemfi on- 
difoit ainfià efiaue 'ùgle ': il fâudroit demander comment on lentcnd, 
fiôftdefiycnicjcorporelsoudelcntendement. Car il pourrait cftre'xray' 
en vn fens ^ôc-fàux en lautre. Et-fi quelcun difoit ainfi, V Espérance- èji tûut\ . . .. . 
/w^w;^/?, ily'aui^oit ambiguïté , tantauNomjeommeau Vcrbci/Car. ' v 
rS^erançe figriific vne ipàlEon de l'Ame , & peiu auffi fignifier vnefem- 
mty qui sâpp.dle ainfi. Et ce mot de confort iè peut entendre du plaifir 
& récréation i tant de lëiprit , que du corps. Doue , pour bien difcerner 
leyray daueclefauK;etiitaute£nonciation,ilfàiiit euiter celle pluralité, 
defigotfiçaidbn,^:^ aififmer.ou niervn fèul Attribue dun feul Subiet^^- 
comme il fora dit cy. après. Or non feulement il &ut reietter toutes ho^ 
moay]?lics Ô6.'an;ibigi»i'teSjqai font les attrapoires des Sophiiles,maisauifiy 
{t on ep^a^Toîc plufieurs nomSenfcmblc, ou plufieurs verbes ensemble , il 
iixiàxx dcfliec (oat cela^ôc confiderer particulièrement chaque verbe auec 
fcn nomtj rCoïïime qui»"diroit i Tout homme vaillant , qui a combattu 
pour patrie,& a employé fon bien pour le public, & seit opposé aux fa- 
(3imxi. e wferué laucorité des lôix., ôc.eft amateur des bon nés lettres* 
&qui filt auec cela officieux cnuers fcsamis,bonpcrc defàrni]lej& qui le 
comporte djg{iement>tant en charge publique,qucn la vie partixTuliere^ 
peut dire bon cicoyeti.( Pour bieae(plucher la vérité , il ne faudroit pas 
permecq'e4ejfagotte;r tQUt.ceU.en vneEnonciation ,paurce quilfepeut 

commet 



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j,8 pEV L'INTERPRETATION. 

commettre vne infinité de tromperies en ces amas : ains il feudroit con^-' 
lîdercr'touscesfubie<5tsà parc. îccm , fi^uclcun difoic ainfï, Alexandre 
.eft amaiccur de la Philofoph'ie , inuincible en guerre , prudent en confeil, 
conftanr eh amitié,&e. pour bien iuger-dhne telle oraifon, il-en faut fàii?e 
autârd'Enonciations comihcil y a de Verbes,ôc les ioindre particulière- 
ment à ce nom Alexandre : autrement, fi on admettoic cefte pluralité de 
Noms èc de Verbes, onferoit par ce moyen de toute llliade Sff de coitté 
vne Bible vne Enonciacion. Nous retiertdrons donc que noftre Enon^ 
ciation doit eftre vne èc fimple, comme die eftmeantmoins nous verrons 
cy après en la troificme partie de celiurc,Gômmenc cda fe doit entendre, 
. & comment TEnonciation ne laiffera pas dèftre vne Ôc fimplie , encore^' 
quefepartiesfoyëritcompofeesdeplufieursmots^-. 

T>el'Jffirma^tmJSt€g4tiofh^ Corar^Bion.. c H a p. V. | 

O v T E Enoaciation eft Affirmation ou Ncgadoh : & pas 
l'Affirmation & Négation noiK difccrnôs le Vray du Faux; 

L*Af FiRMAT ION, cbft yne Enonciàdbfi quî ictribuc 
quelque choie a quelque fubied : commie quand on die; 
i>ieu ejl auteur de tome home fàence, . . . ' . • 

La. Negation,ccft vne Enonciation qui fèpare quelque chofè de quel- 
que Tubiccï : comme quand on dàt» Les foillards nemrerm fsm m rt^a»* 
me des.cteux. ■ ^ 

La PREMIERE &:laplusfimpleEnonciation,cèftrAffirmation,Prc-i 
miere, dy-ie, pource que lèftre précède le nomeftrejcomme IsMecaphy- 
fique lènleigne. Car Dieu,qui eft eternellémcnt,va deùant toutes choies^ 
^ a 6i6t que ce qui ncftoit point a eftc. Or l'Affirmation reprefènte TE-" 
ftce, la Négation le Non- eftre. L'Affirmation donc eft aroon droit la 
LUffrmation Première. Eue eft auffi la plus fimple, pource que le Nom tout fèul ancc 
efi flm fimple ion Verbeffàitl'Affirmacion: mais pour nieT^ily^fàut adioufto'Japarticu- 
yMf /* is^fjrffw. \q negatiue:& auffi pource que l'Affirmation eft la mcfurc dclaNegation, 
comme parlent les Metaphyficiensiccft à dircjfi toft que ie congnoy l'Af- 
firmation, ie congnoy quant & quant toutes les Négations. Exemplc,(i 
ie fçay que le Cicleft vne quinte eflènce , ie fçay quant & quant quilneft 
composé ny dëau ny deièu,ny (&utre corps élémentaire. Mais^combien 
que ie fçache la negatîue, ie ne (çauray pas pourtant Taffirmatinexomme 
cncores que ie (çache que le firmament n'cft ny de terre , ny deau , ny de 
feu, ie ne fçay pas pourtant dequoy il eft. Donc toute orailbn énonçant 
fimplement quelque chofe, c'eft premièrement vne Affirmation, ÔC puis 
auffi vne Négation. Et toutes autres Orai{ons,où il y a plus d'une Affir- 
mation,ou pTùs d'une Négation, ne peuuent eftre appelées vnes ^ que par 
ce quelles feront copofees de^lufieurs parties ioinàes en vn corpsicom- 
me vn Syllogifine fera appelle vne Oraifon,d*autant que (z forme eft con- 
ftruitedetroisEnonciationsdi^ofèesen certaine figure , de forte qùe 
toutes ces parties ne font quun tout. Semblablement la Demonftration^ 
laquelle le plus fouuent.eft compofee de plufieurs Syllogiffiîes , ne Ëûc 

quune 



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DE L'INTERPRETATIQH 99 

quune oraîfbn : mais cela scntend vnc par compoGtion, & non pî$^fin3-' 
pcment vue comme TEnonciarion. :S«mblablemcnt laDefidicion auffi, 
ores quelle foit compofee de pl^^ie^ïa mou, c'eftîieahcm oins vne prai- 
fon qui jie fignific qu'une feule chofe, Vioire vftçftdlc lubftance/ Mais 
nous rientrcrons pointplus auant tjx cepropos.de lU Pjefii<iuon en ceft 
endroit :fiftqlemc»Eil\aiis retiendrons qiie U Définition toute lèulc neft. 
potttt£nôttciarion.Carr£iiQnciâtion peut! eftre^rmatiue & riegatiucj 
xnaif)la Définition ne pjÉutiamaiseftre ne^atiue. , ) - 

•iDe i.!affirm.ai*ion ôcNcgationfeformclevray ôclefauxxaril ynQvféHsèi 
A certaintque le vray ny le faux ne conGfte pas aux chofes , m^is il gift 
Amplement «n nofhre cntendcmet affirmant ou niant quelque chofe. Or 
' il y a deux manières de dire vray^ & deux manières de dire &ux. Car quâd otuxmmieru 
on affirme que ce qui eft;eft: comme, ^f^/^/y ^3 ou quon nie eftrc ce 
qui neO: point izomviityQuetâuaj'ktrkPfasUtkthUy on dira vray entoures 
ces deux ia^ôs:ôc ncil poilible de dirq^ray qu'en l'une de cesdeux manie- 
res. Semblablemem.auili on peut dire £iux en deux façons 3 ou en affir* 
nunt ce qui ncft point: comme qui dirpit iQue Virn efl créature: ou en 
niant ce qui ell : comme qui diroit, Que^ieutikfifM^ ieudnt toutes chûfes.Et ' 
toute laiauffeté du mojidc sexprime en Tune de ce« deux manières. Vray 
cft quon peut énoncer non feulement par le temps prefenc, comme es 
exemples propofesy mais au(fi par le temps pafle & par le futur. Donc,fi CMtréUtW»», 
quelcun dit que ce qui efl, ncft pas : comme, pour cxctnple,fî vn Epicu- • 
rien àitjQuet^me nejffds immortelle, éc vn Chreftien fouflient au contrai- 
ïtJ2uer^me efi immanelleion bien fî le Chfefljea fbuflient cefle negatiue, 
Que t^mene refo[e f oint en U terre duec le çorfsi & quelque fintafquje défend 
\AfEnhaaue : nous appellerons cès Ahtithefes ou Ôppofîtions'Contrâ- 
èâionSy^faudriparheceiCtcqueiiuvdievray&Uiutre faux, â caufède 
ce^nncipcimmuabl^ & indubitable, fur lequel eft fondé tout TOrgane: fnnetftfmrU'^ 
à/çauoir qien toute chtfe /sUmmde t xAffmutiùn efi-ineritahle ou U 'Négation, Et J"^^^'^^^^^' 
quoy que les Pyrrhoniens ôc Académiques fçachent dire au contraire, / orM»* jine 
celaeft auifi certain, comme il efl çertain que quand le Sôleilluicfur no- f**^'' 
fbre horizon, il eft.iour. Et eft impoffible de n^er & affirmer vne mefme 
c(ioie,qa'on ne dicvrayeniyjmt ûuenlaflirmantxommefî lundit/ ^me 
qîwrfifZJr, Ikutre au contraire Çou&ieinqixe t^me nkfi fat mortelle , A faut 
par necef&tc que tdn des deux die vray, & lautrç faux , pourueu quil ny 
ayt nulle homonymie ou ambiguïté aux mots , & que fun nie preciie- 
menc cela mefme que l'autre affirme. Et ne 6ut point foufler,en difanc, Il 
) a apparence,il peut eflre. Car tous ceux qui parlent ainfi ambiguement, 
cafaifant fêmblant de ne vouloir pas affirmer vne faufleté, ou nier vne 
écrite témérairement, ils ouurentla porte à tous erreurs , & pallient leur 
i^rance dun mafquc de modeftie, en difànt que l'homme ne peut rien 
fçauoir ny congnoiflre certainemencêc quil ny a rien de vray. Majs ie leur 
demande, il ie leur accorde cède ncgation,qu'on ne puiflè rien nier ny a£- 
finncr,fi,dy-ie, c^la cft vray,la cpntradiâion donc fera 6uflè,Qubn puif^ 
fe nier êc amrmer quelque chofcou fi cefte contradiâion ncft pas fàufle, 

N X leur 



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loo de: L'INTERPRETATION. 

leur propôfîdoh donc neft pas vrfiy^ Et qui eft Icfpric au monde ft gro£- 
fier, quinaduouc ^ue sll cft vray dédire qulleft iour quand leSoleuluit, 
il fàutNpai' neceiCceque celuy dicÊiax,qui diroitquilned pas iour q^uand 
lefoleilluic. lenemeiftendraydkuancageàconfîrmçr cepnncipe>leqa<d 
melèmble plus ccrtaift <jue toutes les prcuucs quoft enpourroit donner, 
à G^stuoityQue de ïmeechofe Ju mndé out^jprmatim eflwiiahlè-^m U "Nega-- 
tion> Etdè ce principe dépend tout ttoftre difcdiri &iugetiiei!C.-Eircux 
qui ont voulu le reuoquer en dout6,comme vn Ancifthcnes &<|ûclquc$ 
autres^nefaifoyenc pas petit outrage à l'homme. ' Câr.ce principe tenuàr- 
il faut perdre toutvuige derai(bn,;ôc mettre Thomme au rang des béa 
ftes brutes, voire meimes an dëflbus. Car ces gents (otx fi pleins de dou- 
te & d'mcertitude y que mefines ils ne Veulent pas qu'on affirme ce qu'od 
-voiddeuantiès yeux. Or qui voudra voir toutfcs leurs ràifons Temtecsr 
tout au long, quil life-Ariftote au qnatneme de iàf'Metaphyfique. Mais 
Autant qu'en VOp^ofition dei' Affirmation & Négation confifte touc 
hi{age de noftre Organe, nous en patleronf plus àmpl^ent en la fécon- 
de partie, où nous allons entrer. 





SECONDE PARTIE. 

■ • ■ • ■ ' ■ " • ' - ■ v; ! ■; 

Z>à Enonciafioris VniuerfèUes ^ Indefimes^ Particu&erei Gf ' 
' ' Sinffé&erèéi €3* deUtirs Opfoftions. ç H A P. V L 

OvR kiEyx congnoiftre toutes les Oppofitions,&leut 
d£ vertu>pour cufcerrier le vray du i&ux, il eft neceflai-i 
re ds içauoir , que comme il y a des chofès vniuerfclles > à 
fçauoir les genres &elpeces, & dkatrcs fingulicres, comme 
-Sôcrates,PUto, ce beuÇ ce cheual, cecy, celai ainfi ily a des 
Enohciàcions vniuer^es'&fingulieres. Mais les chofès vniuerfdles se- 
noncent en trois &içons. - C:ur qudquesfeis on adipufte à vn fubieâ vni- 
uerlêl vne marque vniucrfclle,& quelquesibis on y en mettra vneparticu- 
y liere , ou bien on ny en mettra point du tout, l^ppelic marque vniuer- 
''^ felle; quand on v{è de ces mot&tTout, QmconijufyT<luly^ fèmblables : com- 
me fi on dit, ToHthomme iulh , 7>Iul homme nefiiuBe, Car combien que 
ces mots , ToMy t^ut, ne ugnifient deux mefincs rien duniuerfcl,fi cft-ce 
quils nous moftrent que le fubied de renonciation , où nous les voyons, 
cft prins vniuer£èllement : comme fi ie dis , Tom homme ejl menteur y ccfte 
nott,Tout,mç monftreque ceft Attribuéj^w^Wjne conuient pas fèule^ 
ment à ceftuy-cy ou ceftuy«là,maisàtouthommevniuer{èllement.Donc» 
nitter/tUe, pour plus defàcilitc,iioiis a|»pelleronspourcefteheure£nonciations vni-i 
Ueiielles celles ièulement ou nous vérrofis ces notes Totét, "Nuly ou quel* 
que autre de pareille (ignîfication. Mais celles qui nauront point de No- 
te, 



M4r. 
Mtrjii 



En^nc'mttêfrt- 



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DE L'INTERPRETATION. loi 

te, & dont toutesfois le fubiedl {èra vniuerfêl, nous les appelleronslndefî- '^définit* 
nies : comme H on àxtJthùmmeeJiiuBe^ct fubied, Homme^ç^, vniuerfèlxar 
çèftvn nom dbfpece : mais dkutant que ie ne voy point de noce auprès 
de ce fàbicâ:,qui me monftre qml foie prins vniuertellcment» iappelleray 
cède Enonciation indéfinie. £c sll eft énoncé auec vnenote particulière» 
lï.nonciation s'appellera auflî particulière : comme fi on dit, Qufhpée, hûm^ fmhtUtrt, 
me tft^duéniy Quelque hùmme lùfi fds fçattdne.. 

Av L lËV donc:que cydeuant nous auons coofideréia fubftance 
defËnonciation, quand nous difions quelle doit edre vne ^fimple, ôc 
k qaâlitc,quand nous auons dit,queile^ft affirmatiue ou negatiue,main*<i 
tenant que nous la diuiibns en Vniuerièlle, Indéfinie, Pairciculiereiôc Sin- 
gulière, nous confiderons là quantité, dautant que de ces diuerfes quan- 
tités fe forment aulli diuerfès Oppofîtions, Iclquelles il faut diligemment 
remarquer, pource quil n'y a autre moyen de (cparer le vray du faux que 
par les OppoGtions, lefquelles ne font pas toutes dune forte, nont pas 
vue mefme vertu, tellementque fi Ariftote ne nous en euft monftré lufa- 
gc,il (croit aisé desy abufcr» Voy on donc par le menu comme ces Enon- 
ciationsfèpçuuent oppofcr entre elles. . ■ \ 

Premièrement quand vne Enonciation Vhîuerfellc eft oppo- 0f^»fitUn cU 
fcc à vne autre vniuerlcJlc, ccftc Oppofition sappclle Contraire : comme 
fi ic dy, Touthomme efl menteur, Qc vn autre dit queNjv/ homme nefi menteur^ 
voila vne Oppofition Contraire, 

Mais u on oppofè vne Enonciation Particulière à vne Particjjiere^ o^êfiù^sii^ 
rOppofitionsappcUcra.SubGontrairc : cotiame,Qtfel^$fe homme efijç^mm f'^^Mire. 
Quelque homme ne^ fds Ççduant, . , ,; .î 

Et si rindefinie<eft oppoièe à rindefinie,l*OppofitioniêraInde- offt^Hm nt- 
ia^yCOtttmc L'homme efimâe : L'homme nèfif as iuBe, defime... . 

Et si la Singulière eft oppofec à la Singulière, rOppofitions*appel- of^ifitUnsm" 
Icn Singulière : comme Jean efidoBe : lean rifi pas âoBe, luUcre* 

Et SI iVniucrfclle eil: oppolceà la Particulicvcjl'Oppofition fera off^ftUn.cu 
Contradiâoire, qui eft la plus excellcte de toutes, ô: de plus grand vfage. tr^d^m. 
Car en toutes Contradiftoires, de quelque matière que ce foit,tunc fera 
toufiours vraye,& lautre îxMSçxcommt^omhomme êjimUe : Quelque hom^ 
meneflpasiuBe, llj^ut par nece0ité que Tune de ces deux Enonciations 
foit vraye, & l'autre fiiuife. Et pourtant cefte Contradidion eft dUn mer- 
udDeux v{ase, quand il eft queftîon de fèparer le vray du fiiux. 

Mais iOppôfition contraire nk pas telle vertu. Car quelquesfois jytftB^fti 
deux Contraires iêront tbiites deux iàmiès : comme, Tûmhomme efiriche: ^ ioffjitUm 
^dhemme nèfi riche, fune & Ikutre eft fimflfetde manière que pour trouucr ' 
VDeverité,cdfteoppofition{êtrouaeroicde&Aueuiè, pource quil peut 
adsenir qtibn traittera de telle matière , en laquelle , ioit quon prenne 
l'Affirmatiuc, ou la Negatiue, on dira toufiours £iux : comme il Ct void 
par ceft exemple. 

L*0 pp o s i t I o N Subcontrairefctrouuemanqueauffi en quelques i>ej^(îu»fité 
Enonaations,pourccqucrAfBrmatiueôcIaNcgatiucferonttoutcs deux ^^J^^^^^^ 

N 3 vrayes * 



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1 



loi DE L'INTERPRETATION. 

vrayes : commcQue l^fue homme efl riche-.Quelque homtnei^ftpds riches 
j)fiterfisfimi' L'i N D E î I N I E fc prend quelquc fois pour Voiucrlèllç , ôc quelque 
jic4tiSsJeT£- fois pour particulière. Car quand TAEtribu. eft delfeflêncedu Subicd, 
XM'"" ^^^^ ^ ^^^^ Genre, ou TEipecc, ou la DiiFercnce,ou le Propre , ou 
la Définition entière du Subieâ , l'Enonciadon Indéfinie aura pareille 
force, que fi elle eftoit énoncée yniuerfèllement. Car fi on dit , L'homme 
eft animal, ce& autant comme qui diroiz^To/ft homme eft afumal. Mais fi 
l'Attribué hèftde lëfTence duSuDieâ,& quece-foit feulement quelque 
Accident qui fc paiffe ftparer , alors l'Indefiniie fera priufè pour Particui. 
" kerexommc fi on dit, L'homme efi richeyic prcndray cela comme sil eftoit 
énoncé particulièrement, Quèli/ue homme efi riche. Or combien que quant 
à la fignificatibn l'Indéfinie ie doyuc touuours résoudre ou en vniuerfellc 
ou en particulière, toutesfois il a cftc ncceflaire de la diftinguer de lune & 
de l'autre , pour bien former les Oppofitions. Car fi on demande fOp- 
pofite de celle Enonciation, L'homme efimfie, il faudra nier ce mefhie At- 
tribué de ce tnefme fubied. L'Oppofite donc fera, V homme neft fas tuJie: 
autrement,/! ibppofoy* cefle vniuerielle,^/^/ homme nejliuBej iâltercrois lô 
fubie<5t. Câî l'homme neAp:is rour homme. Et de faidl llndcfinie pourroit 
biencflie vraye, l'Vniuerfelle ne Icftant pas : comme il peut eilre vray 
de dire que t homme court y & (croit &ux de dire que tout homme court , & 
qui conf ondroit Tlndcfihie auec l'Vniuerfelle, il s'enfuyuroit quune ièule 
Afiîrniation , comme, L* homme efi iuBe, auroit -deux Negatiods^ oppofitcs 
en mefine degré, à fynoïCiL* homme ne^fas iuHe^ & 'Nul homme nefi iuBe : ce 
qui ne peut pas efhre, pûurce qUune mefme chofè ne (è peut niéî- ny affir- 
mer <fun mefinc Subieâ: en plus dune fone. 
^MftkBfim' A N T àrOppofition Singulière , elle a par tout meCne force que 

^ la Contradiftoirc , & faut par ncceffitc quand on dit , Cela efi Même , Cela 

nefl foi hlam , quune de ces deux proportions fbitvraye, 6c lâUtre fàufl 
Mxct&enettU La Contracii6lion donc enu"e toutes les Oppofitions a vnefôrce ad^- 
Udtrâdiâi»», mirable. Car deux Contraires peuuenteftreenfemblcfâufres, &deux 
Subcontraires peuuent eflre enlemble vrayes , comme il appert par les 
exemples que nous enauons baille : mais entre les Contradictoires la 
guerre efl irréconciliable , fi elles font oppofees , & , en quelque exemple 
qubn puifTe simagmer, lune fera toufioun vraye,& lautre ûuffe. Il fc faut 
donc exercer à bicformcr les Contradiâions:comme fi on affirme ainfi, 
Touthomme efiiuBe , la Contradiâoire fera. Tout homme nefifas iuBe : ccfl à 
dire, QueLjue homme nefi fas iuBe, Et fi on nie ainfi, N»/ homme nefiiuBe , la 
Contradiâoire fera , Quelfte homme efiiuBe, Nous verrons cy après lu- 
fàge de ces Oppofitions , quand nous parlerons des Inftniments Criti- 
ques, qubn nomme Antifbrophe & Abduâion à llmpoffible. Nous re- 
tiendrons pour cefle heure, que noftre Axiome, qui dit, Qufen toutes 
chofes l'Affirmation ou la Négation eft véritable , s'entend proprement 
de la Contradiâion. 

De VOffofiim Cantraé^tnre és EnoncUtians du temps fkur. 

GHAP. 



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DE ^INTERPRETATION. loi 

CHAP. VIL 

J^ttjl^pj L n' Y A nulle doute que des deux parties de la Concradi- 
^^■^^ ikion, unt Vn^uer^clle, comme Particulière ,lunc eft deter- 
^^ ^y ^l minement & precilçmenc vraye , & Kwtre fauffe, quand elle 
^jME^ eft çnocee par le temps prelcnt, ou par le temps paiTérCDm- 
'^^AâMtaJû. me fi on dit ainfi, , // fatt beau temfs , Une fait f m beau ten^$ , il 
eftrout apparent que l'Affirmation ou laNegationeft precilcment vrayç 
ou fàufle, pource que défia cela eft ou néft pas. Itçm^JinBUes a eBiïuke: 
.yiriSbdes fik fM eSti îuHe : pource que défia cela a efté , ou na pas eftc. En 
cescontradi6tions,dy-ie, il nya nulle difficulté quenoftre Axiome ne foit 
trefccrtain , Que la Négation ou l'Affirmation eft precilèment véri- 
table, Ibit que le fiibieci de l'Enonciatiox) fqic vniuerfel ou fiogulicr: 
pource que ce qui eft , ou ce qui a efté j entant quil eft , ou quil a défia 
cfté, il eil necefTaire qwl foit,ou.quilayt.efté , & ne peut eftre au-» 
tremcnt. Mais quand on énonce quelque cbofè d'un lubicâ fingu- 
lierpar le temps futur ,cbft vne grande queftion «Içauoirfi lime des par- 
ues de la Contradiction eftprccifcmcnt vrayç, &" l'autre fàuflc. le dy <fun 
fubieâ fingulier j dàutant que quand noujs (èrons enla dernière partie de 
celiure , nous parlerons des vjiiuerfêlles contingentes au chapitre des 
Enonciations Modifiees.La queftion prcfènte donc eft touchant les Con-t 
tingentes fingulieres : comme fi on à\tyT>emdm<md0nnerdUbatéùlle:De.'^ 
mdmon n^iotmera fas U bataille , (çauoir fi l'Affirmation eft prccifement 
vraye, ôcla Négation precifement fauflc. Anftote réfute en ceft endroit 
tcois opinions touchant cefte queftion. 

Là PREMIERE opinion eft de ceux quipen(cnt que toutes choies ^rcmUnéfi^ 
iè font & aduiennent par vne fatale deftinee , laquelle de toute éternité a 
ofdonné,& déterminé toutes chofès, tellement queà leur dire il ny ariea 
decontingent & fortuit. , ains toutes choies dépendent dune fuite de cau- 
fes neceftaireSy âc fè font neceflàiremçnt. Ceux cy donc veulent quejcs 
parties de la Contradic'lion conceuë par le temps futur fbyent tout aihfi 
precifement vrayes ou ÉluScs > comme fi elle eftoicenoncee par le temps 
prefént oupafle. Car , difentils , fi te deftin a ordonné (|ue la bataille fè 
donne demain y cefte enonciation eft necefrairemenc vraye , Ld béOdille fe 
donnera demain. Et fi la deftinee a ordonné le contraire , il feraneceflàire- 
ment vray que la bataille ne fe donnera pas demain. Et cefte opiniona 
cfte fuyuie des Stoïques depuis Ariftote. 

La seconde opinion eft femblable à la première, en ce quelle veut st^êfaùên* 
que les parties de la Contradiction fjiftcs par le temps futur foyent pre- 
cifement vrayes ou fauffes : mais elle ne fè ronde pas fur la fuite des cau- 
fès neceflaires ordonnées par v ne fatalité eterneIle,comme ceux de la pre- 
mière opinion:mais elle sarrefte du tout à ceft Axiome,Que toute Enon- 
ciation eft vraye ou Éiuffe , pour raifbn de 1* Affirmation ^ Negationxëft 
à dire qu'en toute Contradiction vne partie eft vraye,& l'autre fiuffe^non 
pointpource quelles dépendent de caufèsneceffaire^^mais pource qu'une 

Affirmât 



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,ô4 DE L'îlfîTERPRËrAriON.'' 

AfSrmâdon de vne Négation joppofees Contmdidboirement ne peuuen^ 
dire ny enfèmble vrayes, ny enfcmble fkpfles , ny enfcmble ny vraycsny 
feuflësj mais par ncceflîté mnc cft vraye & Iku crc fâufle neceflaircmenc 
îy0ifem€9pi~ TROISIEME Opinion cftdu toUt Contraire aux dcux prcceden-. 

miêMé tes. Car untsen faut que cefux qui la tiennent croyent que lune des par- 

ties de laCôntradii£tion cdnccuc au temps futur foit neceflàircmét vraye,, 
&c lautrc ncceflaircment Êu(re,^uau contraire ils veulent que tune & lau- 
çre foit également fauflc. Si on dit, Vemain on ionnera. la tataiUt, ils difent 
que cela cft faux : Ôc fi oviàity3)emain onne donnera pas la bataille , ils difent' 
que cela eft taux aufli:pourautant,di(ènt-iIs>qubn ne peut riçn dire veri- 
cablement des chofes avenir. Or deuant que de dcclairer ce qUil faut «e-j 
nir touchant cefte queftion , Ariiloce réfute brieuement ces crois opi-' 
nions. Car cela nous ouuriralcntendement pour cohgnoiftre tant plus: 
fàcilemeut la vérité. ' " - . .. . ■ 

i^ut^Un de - a i4 T \ la première opinion , qui cft de ceux qui imaginent vne 

fww»r'"^' " ^"^!^ continudle àt ^aufes^çceffaires depuis ces chofes inférieures iu-^ 
fques àDieu,& çuidarispar cen)oyen àUoir eftablivne neceffité immua- 
ble en toÎJtcs chofes, veulent que chaque partie de la Côtradiâion con- 
ceuë au temps fiitur foit auffi^neceflàiremét vraye ou neceflàirenient &uC- 
fe, il eft fort aifé de leur ofter Ce fondement. Car combien que la proui- 
dence & prcfcience éternelle de Dieu embraffe toutes, chofes , & que fes' 
eonfcils ioycrit trcfimmuables & neceflàires , fi eft-ce que fa Prouidencc^ 
& prcfcience nëft pas ^<fr^ caufe déroutes chofes. Autrement elle feroit 
auifi caufè du Mafjqui eft vrie impieté autant horrible comme elle cft ab- 
fùrde & impofïible. Car ce Souuerain bien ne peut en aucune maniereî 
eftre par foy caule du M^l. La lumière ne peut eftrè caufe des ténè- 
bres, & la vie ne peut eftfe caufe de la mort. Il faut donc recongnoi- 
flre que Dieu, qui eftlauccur delà nature,ne violence point Ibrdie de na- 
ture par fà prouidèncc. Et encores qud regilfe & conduife toutes chofes' 
de tdle feçon que rien ivaduient, rien ne fe feit contre fà volonté, tant y a 
quil naboht point les caufes fecondes , il ne peruertit point la nature , ôc 
nbfte point u volonté. Comme, pour exemple , Encores que le confèil 
éternel de Dieu euft ordonne que les os de noftre Seigneur lefus Chrift 
ne feroyent point rompus, fi eft-ce quil ne les auoit pas tellement endur- 
cis, qtùls ne pcuffenteftcc rompus. Et (a robbe pareillement , encôres 
quelle nkyt point cfté defchiree ny diuifee, dautant quîl auoit efté prédit: 
il cft-cc que cefte robbe ncftoit point tellement changée de naturcquel-J 
le ne pcuft effare defchiree, ie dy quant à fà naturexar quant à Ibrdqnnan- 
cediuine, il ne pouuoit aduenir autrement. Mais cefte prouidence neft 
pas caAikffarfiy des euenements. Carfi ainfi eftoit, ilfaudroic melme di- 
re que l'homme nauroit du tout point de volonté non plus quunc bu- 
Ichcj & quîl ne feruiroit de rien de délibérer & confultcr,comme font les 
hommes prudents,quand ils fe veulent refoudre à faire quelque chofe ou 
ne la faire pas. Donc,puis que Dieii nous a donné vne volonté, & nous 
a donné aufti la prudence la raifonpôur régir & conduire cefte volon- 

te. 



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DE L'INTERPRETATION. «05 

té, il &ut rccongnoiftrc que toutes choies ne Ce font pas par des caufcs 
ncceflàires,& que le Fatum de Stoïques , & ceftcfîiite de caufesfarfoy quils 
simaginent,eft vnepurerefuerie. Carchaque choie ne peut auoirplus 
dune càukfarfy, ccll à dire caulè formelle & ncceflkire : & celle caufe 
f^fry ncil point attachée à vne autre cauiè par foy , corne il c& aifc de le 
declairer par vn exépleiâmilier.Si quelqu'un a la pleurene,le Scoïquedira 
queccftlefetum qui agit par vn ordre &vn progrès decaufcsparfoyôc 
Dcccflaircs. Et qui eft donc la prochaine caufe par foy deceftepleurefie? 
Ccll vn làng pourri attache au colle. Et qui eft la caufc de ce faag pour- 
ri ainfi attache? Cëft que le làng eft lorti de fcs vailTeaux, & seft amaffé là. 
Et qui eft caulè de cela? Ceft ^ue quelque veine seft rompue oii tendue. 
Etquienaeftécaufe? Ç'acftc vne trop grand* repletion. Etquieftcau- 
fede cefte repletion ? Trop boire & manger: Pourquoy ? Pource qu'il 
cftoit riche, ne trauailloitgueres. Et pourquoy? Pource quil a recueilli la 
fucccllîon diin tel. Et qui en a eftc caufè?Ceft que ceftuy-!à fe laiffa mou- 
rir. Cefte chailhc ne fineroit pas en dix mains depapiec. Mais ce peu fuf- 
fit pour môftrer que ce progrès ne peut eftrelicpar la reigle de la nccefli- 
té que nous verrons aux liures de la Demonftration. Et eft impoîlible de 
simaginexvn progrès infini de cauiès neceftàires > ibit aux choies à venir, 
otl aux prefentes, ou à celles qui font deda paiTceS. Car toutes ces caufes 
externes ne font que caufes accidentdes^ôc non pas caufès nece(raires,que ^ 
nous appellerons caufès fdr foy quad nous ferons aux liures de la Démon- * 
ftration. Et comme ces caufes ne font que par accidept , auffi les cScSts 
au regard d'icelles ne font point necelfaires. Mais les caufes neceflàires Se 
f ir foy , elles font aux chofès mefmes dont elles font caufes , & ne pro- 
cèdent point d'autres caufes neceflàires : autrement vous entreriez en vne 
fuite inhnie & ne trouueriez iamais la caufè. Car,comme dit Ariftotc,oà 
iln/apoint de premier, il ny a point decaufe du tout. Or en l'infinité il 
ny a point de commencement. Ceft donc à bon droit que pous reiet- 
tons le fatum des Stoïciens , & leur progrès de caulès neceflàires. Et aa 
lieu de cela nous recongnoiflbns vne Prouidence éternelle ordonnant Ôt 
regiflant toutes chpfès , mais tellement quelle nbfte point les caufes fc- 
condes,tant naturelles comme accidentales, lefquelles font caufe de Tin- 
certitude & inconftancc des chofès. 

Ayant renuerfe le fondement fur lequel cefte première opinion i^efumi»» 
cftoit fondecj venon à la féconde opinion , qui eft de Chryfîppus & au- ^ f'^"^ 
tres,qui ont rccongnu que toutes cnofcs naduenoyent point par des eau- " ' 
fcs neceflàires,maisfondoycnt la neceflité delà vente ouifeulfcté (xxiXKî- 
firmationôc la Négation. Orileftaife dcmonftrer que ce fondement 
cftencores pire qne l'autre , ioinr que cefte opinion eft fubie6le aux me- 
fmes inconuenients que celle des Stoïques , voulans que toutes chofès 
aduienncnt neccflairement,& oftans entièrement toute contingence. Car 
telles font les Enonciations, telles font les chofcs fignifiees p^ricelles^cëft 
adiré , fi cefte Enonciacion eft neceflaire, Demain Ja bataille fe damera, il 
Enfuit donc que demain I4 bataille fè donaera. XKïC'Qflairemenr : ^ ainfi 

O de 



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106 DE L'INTERPRETATION. 

de toutes chofës : de ibrte que les mefines abiiirdités que nous auons al^ 
Icguc contre les Stoïqucs,lèraent auffi à réfuter Chryfippusjequd eft en- 
core plus ridicule que les Stoïques^en ce qud attache la neceffîté des cho- 
fes à l'Affirmation à la Négation, Se non pas aux choCes mefines : teUe- 
ment que (1 quelcun dit que dicy à cent ans ceux de l'Amérique vien^ 
dront piller l'Europe , ôc vn autre le nie : cette Affirmation & Négation a 
(on dire apportera vnetdleneceifité à lune des parties de cette Contra- 
diâion, quil ne (èruira plus de rien de coniîilter ny deliberer,pource que 
lime ou lautre ctt vraye neceflàirement, &: ce qui a efté énoncé par la par- 
tie véritable, foie affirmatiue ou negatiue, aduicndra neceflàirement. Or 
il ny a confèil ny prudence quipuiflc combattre laneceflitc. Il faudra 
. donc laifler aller toutes choies à fabandon , comme nous difions cy de- 
uant. Et par cette ridicule opinion T Affirmation & la Negauon fcioit la 
mefure & caufc des chofes , au lieu que les chofcs font la mcfure & caufe 
de l'Affirmation & Négation : ccftà dire que nous nions ou affirmons 
quelque chofe, pource' quelle eft,ouneft pas. .Mais l'Affirmation & Ne- 
DifiinSfùnJe pacïon nc peut pas eftre caulè de ce que la chofè eft ou neft pas. Car 
uine cr hit- nous parlons icy des Enonciations humaines, non pas de la parole de 
ffi^»' Dieu, de laquelle feule il ett vray de dire que foit en niant foit en affirmât 
elle ett cauie, voire caufe neceffaire de ce quil aduient ainH comme Dieu 
]j3L prédit par là parole. C omme> pour exemple^il auoit etté prédit que les 
os de nottre Seigneur lefus Chrill ne (èroyent point rompus , & que ià 
robbenè{èroit point diuifèe : pourtant il ett aduenu ainù. Voila pour- 
quoy quand les Euagelittes ôc Apoftres citent les Prophètes, ils diiènt ces 
choies eftre aduenuës,à fin que ce qui auoit etté prédit fiift accompliCar 
ccttDieuièul qui détermine precilement & neceflàirement les choies à 
venir : de manière que quand nous lifons en l'Efcriture quelque Prophé- 
tie des chofes fiitures,nous les deuons tenir tout auffi certaines quefi elles 
ettoyent défia aduenues. Les Enonciations diuines & Prophétiques ont 
cela de particuher, quencores quelles parlent des chofes à venir,elles font 
neceflàirement & determinement veritables,poarce que ccft la parole di- 
uin^ qui définit ce qui de fby eft indéfini, qui ofte toute puiflance à la 
matière de receuoir autre mutation que ce quelle a ordonné , & qui agit 
^ar vne caufê qui ne peut eftre iamais empefohee ny fruftree de fon e£- 
feâ. Voila pourquOy les Prophètes parler des chofes fiitures par le temps 
paflc. Si donc Cnryfippus eutt interprété fon opinion de ces Enoncia- 
tions diuines , elle lèroit trefuentable. Mais dkutant quil la entendue de 
l'Affirmation Négation humaine , cëtt à bon droit quU a efté reprins 
par Ariftote.Car qui eft Thomme qui puiflè parler certainement des cho- 
ies fiitures, fi ce neft,comme dit fainâlaquesUbus le bonplaifir de Dieu> 
Concluon donc que cefte Iccodc opinion eft trefinalfondeéjpource que 
l'Affirmanon ny laNegatio ne peut apporter aucune neceffité aux choies. 
j^fitt4ti»» Je A N T à la troifieme opinion , il ne faut pas grand difcours pour 

Utrûfeme •fi \^ combattre : car cela eft meftae contraire au fcns commun,dedire que 
l'Affirnution ôc la Négation foyent toutes deux precifèment &uires:ôc 

ne 



m»» 



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DE L'INTERPRETATION. 107 

ne Ce peut faire , fi lune eft vraye, que l'autre ne Coït fàufle. Cefte ridicule 
opinion (èmble auoir efté fuyuie des Epicuriens, lefquels ont prins tout 
le cocrepied des Stoïques;& an lieu que ceux-là difeyent que toutes cho-> . 
fes eftoyent liées par vne fuite decauiès neceflàires , ceux^ au con^ 
traire vouloyent que tout fe fift à Ikduencure U fbrcuitemeat. Mais ces 
pooies gcntsj en voulant ofter la neceflité ; ils aboliffoyent mefmes leur 
fortune & contingence. Car fi tout ce qu'on dit de laduenir/oiten niant 
iôiccn affirmant^lt&uxjil efl;&ux de dire que quelque choie pui(Iè eATe^ 
te puiflè au{& ne pas eftre. Et fi cefte condition contradidloire de pou« 
Doir eftrc de pouu^ir neftre point > eft niée, il nV a point de doute qubn 
ofte quant & quant toute contingence , laquelle ne dépend & naduient 
aax c^ofcs qua caufc de la fuldite fubicdion à contradidion. 
. Ayant monftrélabfurdité de ces trois opinions,nousconclurrons if^&f'^^'^ 
cefte ditputc par la do6trine d'Ariftote , laquelle eft en cecy du tout con- ch2tUc»nt^4 
forme auec la vérité Chreftienne : cèft que des Enonciacions Contradi- M^Hm ftnceut 
doires conceucs au temps futur l'une ou lautre partie eft véritable. En ^•''f^-/*'*'' 
cefte Contradiction, La hdraiUe fe donnera demaïn^La kataïUe ne fe donnera^ as 
deméàn^oxx T Affirmation eft vraye, ou la Négation, Mais cefte verice eft 
ind^nicpource quil ny a homme du moiide qui puiffe déterminer pre^ 
cifemenc lequel aduiendra des deux. Car (i nous nous voulions fi?nder 
£2r iescauiês naturelles , elles peuuent eftre empefirheeS', comme nous le 
voyons tous les iours aduenir : fi nous confidérons fa matière de toutes 
àaoÇss creees,elle indéfinie & fubieâe à toutes mutations:fi nous^vou-* 
Ions prendre garde aux caufes accidentales, lefquelles gouuernedt la plus 
çartdcs euenements humains^elles font indéfinies, & ny a prudétice ho^ 
nuine qui les puiflè toutes preuoir. Bref fi nous regardons à nousme(l 
mes, nous verrons quil ny a rien de plus inconftant & muable que noftre 
vo/oatc. Puis donc que nous ne pouuons Higer des chofcs que parleur 
nature, & qucn toutes chofcs il y a de rincertitude , foie quelles aduien - 
nent naturellement ou par accident , il faut recongnoiftreingenuement 
que tout ce que nous pduuons dire de la ContfadidHon conceuë au 
temps fiiiurjccîl que lime ou lautre partie eft véritable , mais il ny a quun 
icul Dieu qui pumè déterminer laquelle ccft. Ariftotc donc fuit en cecy 
vn chemin milieu entre les opinions réfutées. Car contre ceux qui di- 
foyent que toutes les deux parties de la contradiâion font fiiudcsjil fou- 
ftient que fune ou ^tre eft vraye.- Et contre ceux qui vouloyent quune 
partie mft vraye dr^tninenaent, & Ikutre &uflc determinement, foit par 
vne fatale necefficé dépendante dune fiiite de cauiès neceflàîres inv- 
snuables ,foic par la propre vertu de i'Afiirmation Négation , il veut 
que nous nouit gsirdions cEUTeurer^ vérité à vne paniedetcrminement^ôc 
que nous recoQ^oiifions que la Contradiction ne peut nous monftrer 
levraynyle faux preciièmenc es choies à venir : qui eft certes vnetreC 
belle Philofopbie , qui nous apprend à nous humilier fous lamain de 
celuy qui {eut congnoift,diipo(e, ordon ne les <tauiès ôc euenements de 
toutes cboâss. Nous conaurons -Jonc contre la première &:icconde 

O % opinion. 



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,o8 DE L'INTERPRETATION. 

opinion , que plufîcurs chofesibnt Contingences : ccft à dire , elles nàd- 
oininâUn dit uiçnnent pas neccfl'airement. Et de ces choies Contingences les vncs font 
c$nmitnt. tellemeni; Contingentes , quelles aduiennent le plus fouucnt: comme il 
aduientle plus fouuent quil fait chaud aux iours Caniculiers :il adulent 
ordinairemcntque la viande nourrit: ôcainfi toutes chofes qui fe font 
par quelques caules naturelles font contingentes le plus fouuent. Mais 
elles ne font pas necelTaircs : car quand il plaiil à Dieu , nous tremblons 
aux iours Canicukers , & la viande ne nourrit point,siI retire fa bcncdi-. 
dion,& s'il rompt le bafton du pain> comme parle le Prophète. Il y a auflî 
des choies Contingentes, qui naduiennct point le plus fouuentrcomede 
crouuervn thrcfor en labourant vne vigne, & tels autres accidents que 
nous appelions fortuits, daucant que nous ncn voyons nulle caulè natu- 
relle. Et finalemcntily a dautres chofos Contingences,le{quelles nepari- 
chent non plus dun cofté que d'autre , cèft à dire elles peuucnt auili toft 
aduenir, comme ne point aduenir : comme, il eft autant contingent que 
ic me promené deuant fouppcr, comme il eft contingent que icne me 
promené point. Xutant en elc-il de tout ce qui dépend de noftre volon- 
té. £c comme contre la première Sclèconde opinion nous fouftenons 
la Contingence ,auffi contre la troifieme , qui eft de ceux qui attribuent 
tout à laFortune , nous maintenons quau regard de Dieu rien ne fo hxt 
fortuitement : car û prouidence domine fijr toutes choies. Mais au re^ 
gard de nous il y a des chofès contingentes,commc celles dont nous ve^ 
lions de parler. liyen a dkutres,quenous^pouuonsiippeller fortuice^ 
comme celles dont nous ignorons les caufes. Il y cn aàuili dcneceflàires, 
xpmme nous verrons quand nous parlerons des pEopofitions ncccflsù-- 
ires. Et pourtant il {èiàuc garder de conf ondre ces choies. • ' 




T R O I S I E ME PARTI E. 

T)e l'OpPofition dès Snonciaiions connpofees de !N^oms 0* 
Verhesinfink: ; CHAp. viiL ,^ 

Ovs AvoKs veu en la partie précédente ^comment 
Contradiction nous £ut dilcerher le vra^dkùec le faux cA 
toutes, fortes d'Enoôciàtions, foyënt VniUêi^iles , Indefil- 
nies,Particulieres, oU Singulières! Mars nous n'auôns enco- 
res parle que de celles qui font cqmp.dlïas noms 6c ver- 
bes finis : à fin donc de nbbmettre aucune eipece^d^Enibnciatibn, il feut 
aulTi voir les Oppofitions des Enonciations compoièes de noms ou vert- 
.bes infinis, defquels nous auons fàiâ mention aii cofnniéncàpênt de ce 
Uure. Et combien que tels noms & verbes infinis foyent-de peu ou point 
dufkge en nos propos familiers , toutesfois^ie nay voulu obmécttc'ceft^ 
partie, laqu^e^comme icfpere^ne ftrapas itiutile » principalement à ceux 




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DE L'INTERPRETATION. lo^ 

qui manientles bons liures.Hebricux, Grecsj & Latins, aufquels onren- 
concre de ces noms & verbes infinis, ôc fur tout en TEfcricure fàinde,ou 
vous trouuerez lS[0n-feufle^o?^atmee, l^on-genr, ô£ plufieurs autres exem- 
ples de tels noms composés dlinc ncgadoû,qui ne peuuenc eftrc bien en- 
tendus de ceux quincn ont ouï parler, & qui ne côgnoiHent leur vertu en 
VOppofîtiondesEnonciations. £t H cefl endroit (èmble difficile ou maU 
plaiiiànt àquelcunjieleprie de bien penser à la valeur du threforquilcer- 
dîc en ccll Organe. Car comme la conuoitifè de Ibr , & Icfperance de fè 
£ureriche,afàiâ: bazarder les auareSvË(pagnolsà aller cercher vn monde 
nouucau &c patienter au' froid & au cnaud , èc endurer mille peines en 
mer, en terre, par bois, par montagnes &; defcrts, fahs fc rebuter pour in- 
conucniencny trauàux quelconques de leur entreprit, ainfî lame gene-. 
rcufè , & touchée viuement du deHr de la fcience & de la vérité, doit 
brofler courageufement à crauers les e(pines &fàfcheux padag^s quelle 
rencontre par fois en ccft Organe. Car lafleurance queUe doit auoir d'un 
fi riche butin, voire de n'en pouuoireftre fruftree , fi elle pourfiiit iufqucs 
au bout, la fortifie en ces difficultés , quelle doit aimer meimespour celle 
occaflon, c[ublles rebutent ceux qui ont le cœur bas,ôc les empcfchent de 

tamciper a ce direfor, lequel , encores quil Ibit expose à la veuë de tout 
ïmoitde sd eil-ce quil ne fè laifle toucher ny approcher quaux plus ver- 
tueux,^ que Dieu a particulièrement ornédelesgraceSypouren fçauoir 
vlèr àfon:nonneur &c ^ire, & au bien Ôc vtilité du genre humain , & de 
ronE^ife/particulieremcnt. Dpnc,pournous acquitter de ce que nom 
auons deiibârc de traitter en cefte troifieme partie, dkutànt que nos noni$ 
%c verbes infinis ont toufîdurs vne négation adiointe auec eux , il eft ne- 
cc(&ire,pour bien entendre les OppoTmonsdesEnonciationsinfiuies,de 
commencer parles propriétés de celle particule negatiue,2Vfl». Car cela ^gj^^^""^' 
1101/5 apportera vne grande lumiereau refte de tout ce difcouri. 

La PARTtcvLE negatiucfèpeutcoafidererouenvnfculniotjou 
cnvnc Enonciation. En vnieulmot la particule negatiuc naffirmc ny 
ne nie proprement : comme quand ie dis '^on-hcmmfPSlm-feufle'Xdcc en- 
cores que tds mdts ne fignifict quepriuation dune certaine fbrme,fi cft- 
ce que, cefte priuation noLis reprcfènte aucunement quelque forme. ^ 
Quantà rErionciûcion , lanegatiue sy trouucen quatrefà<çons , pource 
qucUçpeut efirciointe ou au Nom,ou au Verbe, ou àla note de laquan- 
ttcc>Daaûinodë.. - , 

La- ' s-B G J^tr I V £ icMnce au Nom , cbil à direau Subietf^ , change ia td negmMt 
propre nature en vne contraire : car clic ne nie pas>ains elle affirmc,ôi fait 
que le Nom efl infini : c^omme en ces Ëoonciations ^Le "Ron-ftufU Çera le 
feufle : Ld 'Nix^dmee fird ht iièn dûmee. 

La NEGATIVE jointe au Verbe es Enonciations qui font compo- y,;»,*^^ 
(ces cfun feulnom & dtih fcol verbe,nie toufioars : comme , ban nefisédie tt. 
fm : L'hùmme ne yole fat. Noftre langue d cela iquelle met deux negaâons 
pour vne : car ct^f^^ eft fiiperflat mais tant y a que cefle double negatiue 
fe doit ioizidce au veibe,ôé non pas au nonî^ / 

t / G 3 La 



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110 DE L-INTERPRETATION, 

La NEGATIVE auffi iointc au Verbe fubftancif en vneEnoncia- 
tion, où ledit fubftancif eft prins |>oiir la lîaifon qui conioint le Verbe 
auec le Nom, ccft à dire rAccribue auecle Subic£l>fait rEnonciacion ûe- 
gaciue, comme en ccsEnonciations,?tfiwvr/*f/? >ice:Métl fitrmétltikfi 
famii & (èmblables. 

Mais (ïlaneganuc eftioince au Verbe en vne Enondation où le 
Verbe fubftantif fe trouuc entre le Nom & le Verbe, alors elle ne nie pas, 
ains elle affirme Ôc déclare que ce Verbe ou Attribué eft indéterminé: 
Comme en ces Enonciations, Les Çemils font le nm^fet^U : Vdbment ne 
nourrit fomt ejl non-dliment : Les émottrs Jmejles fine non-émours : toutes ces 
Enonciations,dy-ic,{bnt affirmatiucs. 
u nesatiue La NEGATIVE lointe à la note de la quantité de TEnonciation fz.\t 
stinte^umre. l'Enonciacion ncgaciue : mais ie ne puis donner exemple de cecy qu'en 
Latin ou en Gv^cpston omms homo currit : OvTmç ofôe^ç '?éxi* maisie ne puis 
dire en François, 'Nonrom homme court: ains ie mectrayla négation auec le 
Verbe, Tourhomme ne court f m. Cefte obfèruation donc eft inutile enno- 
N ftrc langue. 

iêimN^m^ La NEGATIVE lointe au mode nie auffi : mais nous attendrons au 
chapitre des Enonciations modifiées ï déclarer que ddk que mode. 
Maintenât, ayant remarque toutes les diueHès Htuations & fignificadons 
de laNegatiue, il nous &ut reuenir à noi^re propos, & parler des Oppo- 
/ fitions&Contradi6tions des Enonciations infinies. Nous commence- 
rons donc par les plus brieues dcplusAmples, aufquelles le Verbe fiib- 
ftantif tient lieu d'Attribué. Etpour tant mieux congnoillre les Contra- 
diâions és Enonciations infinies,nous baiUeros auffi exemple des Enon* 
ciations finies, à fin de ne les confondrepas enfèmble. 
ofbtjititn êHle L' o P P o S i T I o N des Enonciadons {ans npte de quantité fera telle, 

fju^ltfiinfi- Vhommeef, L'homme neft pas, 

Ainfi ces infinies font Contradidloircmcnt oppofces, 

T^on^homme eft, l<lon~homme neft.f4s, 

Ily a >» mn-peufU, llnya fomt de nmfeufk. ■> 

Tay couché ainfi ce dernier cxcmplc,au lieu de dire Le non-feufle efi^e 
mn^feuple nefi f4s , pourcc quil malemblé plus intelligible de cefte feçon 
en noftre langue, & auffi pour remarquer que ces mots, //^ tiennent 
lieu de Verbe fiibftantif enFrançois. Ces concradiâions donc içpare^ 
le viray dkuec le faux : à dire, vne partie eft vrayc, 6c àutre £ui&i tooc 
ainfi comme es Enondadons finies. Autant en &ta-ce,fi nous énonçons 
.parle temps pafle ou fiinir, . . . 

VhonmudeBi. Vhêmmenàfmteffi. 

T^on-homme d eHé. 'Non-h^mme fMfomteMe* 

Lefetflefird, Lefetflenefirdfmt, . 

Lenem^fes^U fird, Len«Meuflenefirdf9mt, 

Item auec la note vniuerfèlle rOppofidonlera telle, 

Tom homme efi. Tem homme neft pde. 
Tout "Non-homme efl^ TomMt^hwme neff fdt, 

Vbnom 



fU. 



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DE L'INTERPRETATION. m 

Ven o N maintenant aux Enondations où le Verbefubftancif dentle 
troifieme lieu : cbft à dire, où il Icrt de coniondtion pour lier le Nom & le 
Verbe enfèmblc : comme quand on dit Vhcmme eJlmSh: & Aroyon les 
Oppo/îtions de ces Enonciacions, tant finies, comme infinies , à fin que 
puis après nous puidions congnoiftre quelles Enonciations compofées 
dcNoms & Verbes infinis peuuent conipirer Ôc auoir mefmc fignifica- 
tion que celles qui ont toutes leurs parties finies. Premièrement donc 
l'Oppofition {èra telle fans aucune note de Quantité^ 
Affirm. I V homme eJifuJfe. L* homme eJînon-iuSîe* 

Negat, r Vhomm£Tk^fasiuSle./\j^ V homme nepf^smn-iuBe, 
La PREMIERE & féconde font Enonciations finies: car le Nom ÔC 
le Verbe eft fini: mais latroifieme & quatrième fontinfinies,pour auunt. 
que le Verbe, cèA: à dire 1' Attribué,e(l infini. Or rOppofition eftaifeede ^'^<r«i^^ 
l'Enonciation finieaffirmatiue auecta finie negatiue , & auHi deTinfinie 
aflSrmatiue auecrinfinie.negatiue. Mais ccqui eft plus difficile, ccft de fw'f**' 
bien congnoiftre les confpirations &c eonuenances des finies auec les in- 
finies. Et Ce garder dcCc mciprendre 5 en penânt que la finie negatiue, & 
làffirmatiue infinie, foit tounours tout vn, comme. 

L'homme nefifés iuHt^, 
V homme efinâfhmBc^* 
Car encores quen ccft exemple toutes ces deux enonciations foycnc 
véritables, fi eft-ce que nous verrons quil y a grande différence de hine à 
laucre. Et ccft pourquoy nous ne deuons point mefprifçr la dodrine 
qucnfèigne Ariftote en ceft endroit: car il nous monftreraen ce chapitre, 
que iouuent deux Enonciations , qui de prime face neièmblent fignifier 
quune mefine choie , font fort difiei êtes entre clles:tellemcnt quîl eft fort 
abc de sy me{prendre, fi on ncntend la confpication de ces Enonciations . * 
Enies&c infinies , ceft a dire , comment &c iniques où elles peuuent eftxe 
enicmble vrayes,ôc enièmble fàuflies. 

Et SI on demande pourquoy nous nkuons point parlé de cefte ftmr^MtyiUy 
conlpiradon es Enonciations compofees de-deux mots tant feulemenCi ^f"»' 
à fçauoir eiquelles le Verbe fubftantif eft prins pour Attribué, céft d'au- utiumct tnnt 
tant qml ny peutauoir nulle confpiration, accord, ny conuenance entre ^^f'w«^«)fx 
deux Enonciations delqucUcs le fubieâ eft diuers. Car lelubied eft com- y^^^^^fi^s 
me la matière de TEnonciation , & l'Attribué tient lieu de forme. Tout de deux mtn 
ainfi donc qu'entre chofes de diueric matière il ny a nulle tranfinutation '^'i^*^''- 
detune en l'autre , mais feulement entre celles qui (ont compofèes dune 
mefine matière, Ôc ne différent feulement quen la forme : ( Comme diin 
baflin d'argent on en fera vne efguiere d*argent,ou des cuilleres,foit aife- 
ment , d'autant quîl n'y a que la forme à changer : Mais dune barre de fer 
ou cuyure en faire vn lingot dbr ou d'argent, ce feroit chofe impoflible» 
fi ce que tant de grande Philofophes Chimiques ont efcrit neft véritable, 
àfçauoir quêtons les métaux font composes dune mefine matière , & ne 
différent quen leur forme,laquelle eft plus partaiâe es vns,ô£ plus impar- 
£iiâe aux autres.) Ainfi es enonciations il tiy anulle conuenance ny cor- 

refpond 



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mes 



.,1 DE L'INTERPRETATION. 

refpondaïlce entre celles qui ont le Subieâ différent : comme en ccft 
exemple, Vhomme efi^ lSlon4}omme efi: le fubieft de hine eft fini , & le fub- 
ieû de lautre ell infini. Non feulement donc ces fubiedts font diuers, 
mais contradictoires. Il ne faut donc cerchcr nul moyen de les accorden 
car il eftimpoffible du tout que ces Enonciaciôns fîgnifient vne mefine 
cho{è,& quelles pu iflcnt eftre prinfès liine pour feutre. Mais ^uand deux 
Enonciations onc vn mefmc fubicd , encores que TAttribuc, que nous 
comparons à la forme, foit différent , alors il y peut auoir confpiration & 
traiifmutation de Tun àlkutre : comme entre ces deux que nous auons 
mifescy deuant, 

Negat. U homme nep p4s tuHc^. 
Affirm. V homme eji mn-iu§tc^. 
Ces devx Enonciations onc vnmefincSubie£t,qm eft L'fiomme: 
& combien que T Attribue foie différent ( car il eft fini en l'une, & eft infi- 
ni en lâucre) cela ncmpefche pas quil n'y ayt quelque accord entre elles,& 
puiffenc eftre quelquefois enfembje vrayes & enfemble fauffes , mais non 
ctmparaifin coufîours. A fin donc de nous garder des tromperies & fophiftcrics 
tLTv^'7ffir' qui fe commettent en cecy, nous ferons aduertis que rEnonciation ne- 
matiues infi- gatiue finie eft de plus grande eilendue que l'AfErmadue infinie. Car 
tout ainfi que tout ce qui eft animal ncft pas homme ,àinf]*tout ce qui 
nèft pas iufte nëft pas non-iufte. Comme» pour exemple > nous pouuons 
NM-iuSîe. jjj-e j»mj arbre quu nefbpas iufte,mais nous ne pouuons pas dire quil foit 
non-iufte, comme vn enfant pourroit eftre dit non-iufte : car Non-iuftc 
^ft celuy,lequej,combien quil ne ioitiufte^toutesfois il peut deuenir iu- 
fte ou iniufte par habitude. Puis donc que la Negatiue tient comme lieu 
de genre au refped de l'Affirmatiue , (i nous voulons monftrer lunion ôc 
conuenance qui eft entre elles, nous mettrons TAfiîrmatiue de;uant , foie 
finie ou infinie, pource que fi elle eft vraye , la Negatiue le fera pareille- 
ment: comme, 

Si t homme efi dnimal, • Donc Vhomme Tufijosnon-ammaK 
r \ttm Si Vhomme efi mn-drlfre, U homme âoncrkfif as arbrfL^. 

Mais nous-nous tromperions fî nous voulions iuger de l'accord & 
vnion de ces Enonciations, dont lUne eft finie, & l'autre infinie, en com- 
mençant à laNe^puepour venirà l'Affirmatinc. Car la vérité dcl'AfHr- 
matiue eft touuours plus eftroittfe, que la v'erité de la Negatiue. EtHiuc 
noter qiûl y a vne celle proportion entre l'Affirmation infinie, l'Affirma- 
tion priuatiue, & la Négation finie, i:omme entre ces trois: 

% Nomme, 
3 ^Ammal, 

Le dernier efttoufîours vcritable,fi les prccedctslefont:car toutFran* 
çois cfl homme, tout homeeft animahautant en dirons nous de ceux-cy» 
I EfiirmBe, qui cftl'Afiîrmation priuatiue. 
% Efinopi^mBe, qui eft l'Affirmation infinie. 
3 i<[efif4smSh, qui eft la Négation finie. 

S'il 



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DE L'INTERPRETATION, 115 

S'i L eft iniufte, il e(l non-iaft«: s'il eft non-iufte, il nefl pâ2i iufte : tnait 
nous nepouuons pasargutneatexdu dernier ao fécond, Jiy du (ècondau 
premier. Encores quil foie animal, il neft pas homme pourtant : & en- 
cores qu'il foit homme,il neft pas François pour cela. Ainfi,encores <juu- 
nc choie ne loit pas iuftc,fi eft ce quelle neft pas non-iuftc pourtant,com- 
sncnous auons dit de larbre. Et encores quun enfant foit non-iufte,fi cft- 
ceqml neft pas iniufte. Icntenàlamode desPhilofophes, &parhabi^ 
nide : car autrement il eft iniufte par le péché originel félon la Theo^ 

N o ir s lùuons baillé exemple que des Enonciations indéfinies , cMl 
2 dire où il ny a aucune note de quantité , mais autant en eft il des vni- 
ucrlèlics. Exemple, Ci cefte vniuerfèlle affirmatiue finie eft ventaUé, TVwf 
htmme efi iufle^^ Negatiue Vmuerfèlle infinie fèrif auffi vraye,ôc confpirera 
7SXQcJ\c^lS[ul homme eflmn^uBe, Item fi TAffirmatine Vniuerfclle infinie 
dl vraye^la Negatiue Vniuerfèlle finie le fera auffi. Tout homme eft non-iufte, - 

homme neft iuBe, En cecydonc les Enonciations vniuerfcUcs ne diffé- 
rent en rien des inddinies , ceft à dire de celles qui s'expriment fans aucu- . 
ne note de quantité. Mais voicy en quoy elles dmerent, cclt qucnon- u 



tnits* 



çant indéfiniment TAffirmanue finie , ^cTAffirmanue infinie , pcuucnt des EMHcior- 
eltrctoutes deux vrayes:commc en cclt exemple: - fiScs^cr^siti^ 

L* homme eft tuBe» tUfr 
V homme efinon-mBe, 

fxE M la Negatiue finie & la Negatiue infinie confpirerontpareille- 
mcntcnfemble,ôc feront toutes deux vrayes: - . - , , . j 
U homme neftféu iuBe, 
VhommeniftpMncn'it^BiM 

La raison de cefte confpiration,cbft pource que ces Indéfinies fe 
rdoluent en particulières , lefquelles ne peuuent eftre teltenleht oppo-^ 
ièes funeàrautre,quelles ne puifTent eftre enfèmblevrayes : carcêift autant 
comme qui diroit, Quelqiée homme efi mïie : Qt^lque homme eft hon^uBe. 
Mais es Enonciations vniuerfelies 1* Affirmatiue finie £c T Affifmatiué infi-^ 
nie ne peuuent eflre enfemble vraycs>Sc £iuc qui^lune ou IkUtré foie ^uflè; 
comme en ceft exemple: / • i . . 

To$it homme eft iuBe» ■ ■" '-^ ' 

Tout homme eft non-iuBe* 
Qv^A'NT kuxnegatiues VniuerfeUes,il£u^ bienregftrder conîméc^cs 
iûnt exprimées. Car fi onxlitainfi: . 



N«/ homme nèftmSie* 



■:'\ r.î 



'hfùlhommimtflmn^mB», j .;;î 'j: ■ .. ' '* : 

Cbs dbvx vniuerfelies ne confpircrQné iâpidiS) pouFCeiqtf6^k^ 
gnificatioane peut eftre autre quuniucrMe. Mais fi vous cbtes'àlâfi: 
; .Tom homme fsikft f as mBe, • * 'y. 

. Caiia»iEl:3.qaeccB£aonfmionssSippd^ 

0/?=; ' . ^ P cefte 



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114. DE X'INTERPRXTATION. 

ceftenote 7>«f, fi.eû-cc quelles ont la fignrfication particulière j de ne 
lûem que parciculiesement Car ceft autant comme qui diroit^ 

QtuUtu homme fikpféUmfie. ' . 
Quelque hùfHmé t^fifas non^iulk. 

ctnpratio Jes y o I L A douc conuiic îl ûuC examiner la colpiration & concordance 
^uUcres %tci des Indéfinies & Vniucrlèlles finies, auet les infimes. Quant aux Singu- 
cr infinies, lieresùlûut iuget deleur accord ôc vnion ÇQut au rebours que des autres. 

Car es Indéfinies & YniuerfèUes nous auons dit qiul faloit commencer 
par rA6Srmation,laquelle eftaot vraye,hou$.fehon$ aSèurés que la Néga- 
tion tèroit vraye (emblablement : mais es. flngulieres nous commence^ 
rott5 pâf la N egation. S'il^ft vray que Socratts nefifds mSte^ il eft aulli vray 
ç^c ^pcr^res efl mn-Mfie, ^ Çcftc conlpiracion donc fè trouue {culemcntcî 
Singulières Enonciations : ms|is elle na p.oint de lieu es Vniuerfelles. Car 
cncores que cefte negatiuc foie yraye, Tour homme nefi fas iuBe , cefte affir- 
matiue nelbftpas pourtant. Tout homme efi n0n4uiie. Nous congnoi^- 
fons .donc maintenant quïl y a grande différence entre TAttribuc 
infini , la Négation.^ Car cefte Négation , Tout hotnme nefi fd tu-* 
fie > ell particulière s Si ne vaut non plus que fi on difoit ainfi , QueL 
que homme nefi fas iuBe, Et pour cefte caufe cefte particulière ne peut 
. pas confpirer auec l'infinie qui eft vniuerfelle , comme quand on dit, 
Tout homme e fi non^iuBe, Ces petits exemples nous monftrent au doigt 
3 ToEil quïl eft aisé de (è tiomper , & prendre vne Enonciation pour vnc 
autre,'nbnt ignore ces prcfcepccs. Car qui eft-ce qui de prime face ne iu- 
geroit que ce fuft tout vn , TÙHre fas iuSh 6c ejhe non-tuBe ? É;t toutesfois 
nous voyôs que fun iera vray, & Ikutre ne le fera pas. Si donc nous auons 
de la peine à bien comprendre cefte doârine de la conlpiration ô£ con- 
uenjip^e^ 4f s f rionciacians finies fie infihies^cc trauail ne nous doit point 
degoq|ler, puis qui! neft pas infruâaieux, voire quiI eft impoffible de (t 
g^dèr ^es. troitiperie» dj^r'SopHiftes , £ on ignore ces reigfes. Et auons 
grande pccafion certainement de bien ^raer& admirer Ariftote, dkuoir 
eAc A.e^a<À à dircerner Jk.vray du Ëiux>& ilous en auoir laiiTé vn art fî ac- 
compli. (Quant à ceux qqi veulent apprendris la Icience- du difcours en 
trois iours>ïïs feront bien de ne saddreffer pas à Ariftote , mais qusls fça- 
chent neantmoins, que tous ceux, qui leur promettcntdèieur monftrcr 
vn chemin plus court ou plus facile, les abuicnt. ' 
; A y. .^fiSi^urant, qMÎeOftqw^ô aura leaacGcntiuemcnt ce chapitre y con- 
férera que ce neft pas ians caufe que nou&]kuans commence piar-cc qçual 
feutobferuer touchant la fituation de la particule negariiiercar ellcne 
peut eftre tranipoice, quelle ne change m'èroeilleûfemenckfigtiificacion 
dfïs £ç]fc^^ia|iO!m«aji|Urqi^iiappm mis <^ deîmsX^uànc 

àtoll^at^^fjsf^Qts» lokjNPaX^iUiVeitiip pk'tranfpofitiqnnônriflposifi 
dangereufc. Car foit que ic die thyuer efifi^indifO^^fioUefi rhyuir'^ cëlttouc 
vn, toutesfois quand il eft queftion-dbianaûier quelques'^ , il âac 

; . .:> *i fclub 



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DE L'INTERPRETATION. x i, 

le fubied tienne le premier lieu , & T Attribué le fécond. Car qui fc veut 
girder deftre trompe, il doit auoir toute obfcuritc ôc tranfpofition pour 
Tufpeftc, Or dautant qu'entre toutes les Oppofitions nous auons be- 
foing principalement de la Contradidion,il nous Êiu.t prendre garde de 
nefeure vue oppofition contraire au lieu dune contradidoire, comme fi 
nous oppofions ces notes vniuerfêlles lune à lâutrc Touty Isiui Car l'Op- 
poiîtion fera contraire, ôc toutes les deux Enoiiciations pourront efure 
fau/Ics : comme en cell exemple. 

T^our homme ejl fçduanr. , 

'Mul homme nffl fçaudnt. 
Donc, pour faire l'Oppo/Iuon contradiitoir€?,nous pettroçis laNe- 
gation auec le Verbe fùbftantiÇ 

Tofêt homme ejl Jfauanr. 

Tour homme nefl fé$f ^dthtnr : ccftii dire. 

Quelque homme ncfi fas fçdfttMt, 
Nous auons cflé défia aduerds de cecy au chapitre précèdent : cecy 
foit dit feulement pour vne brieue refbuuenance. 

Mais à fin de nbbmettre aucune forte d'Enonciarions , il faut noter 
que comme nous en auons proposé cy dcuant, lefquellcs ont l'Attribué 
infini,ily en a auffi qui ont le Subied infinii&dautrçs qui ont &le Sub- 
ied: & r Attribui infini. Quant à celles qui ont le Subiedt infini j,nous 
auons defia dit quelles ne peuuentian^ais auoir correi^ondace ny vnion 
aaec celles qui otit leur Subied fini, &nepeuucnt iamais fignificr vne 
mcCuc chofc, dautant que leur Subied eft différent : mais nous compa- 
tctons CCS Enonciauons icy entre elles:comme,pour exemple,cefle Affir- 
manoD, T^om non-homme etlnon-rijikley sàccorde & confent auec cefle Né- 
gation, tJul non-homme nejlr 'i/tkle : ÔC ce dautant qucle Subicd eft fcmbla- 
bleen lùne dcenlkutre. Mais combien que ces Enonciations, qui ont le 
Sabied infini, ne s'accordent iamais auec celles qui ont le S ubieâ fini , fi 
cft-ce quelles n'y répugnent pas fi precifèmcc comme la Négation à TAf- 
firmation contradiâoire : & ce d'autant que les Noms & Verbes infinis 
ne fignifienc rien determinément Ôc precilèmenc. Donc ces deux Enon- 
dations^ 

T^ûiét homme nep fés iuSie: 

Tout non^homme hefl fétf mJh: 
CCS deux Enonciations,dy-ie, combien quelles foycnt oppofècs en quel- 
que manière, pourcc que l'une a vh Nom fini, & uutre infini, ôc pourtant 
elles ne peuuent fignifier vne mefine chofcrtoutesfois celle anutnefc nefl 
pas certaine, ôc neferoit pas bonne pour difcerner le y ray du faux. Car 
toutes ces deux Enonciation-s font enfèmble véritables. Semblablement 
auflil'Enonciation,dont le Nom ôc le Verbe efl infini -, ncftpas prccifc- 
ment oppofee à celle dont le Subiedtant ^ulement eft infini. Car toutes 
CCS deux Enonciations font vraycs, 

ToHtnm-homme efi non-it^He. 

^idnm-hommenèJliêêBe. 

V % Item 



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lie DE L'INTERPRETATION. 

Item, Cl TAttribué feulement eft infini, rOppofîtion ne fera pas precife 
ôc définie. Car toutes ces deux Enonciations fontvrayes. 
Tout homme efinon^tuBc^. 
l<lulhopmne f^efi iulk^ 
Mais encorcs que ces Enonciations foyent enfèmble véritables , fi 
eft cê quelles ne fignifient pas vnc mefine chofe : & nous faut garder de 
les prendre lune pour l'autre , à caufè de la différence que nous auons re- 
marquée cy deuant entre la Négation finie ficTAfErmation infinie. Ces 
chofes font J&ciles, quand on y penfè de pres,niais qui fongeroic ailleurs, 
sy trouueroit empe(ché. Or ayant traittc des Enonciations finies àc infi- 
nies/oit quelles ayent Je Subiedôc l'Attribue infini, ou l'un des deux, 
nous pouuôs direque nous auoiis atteint les colomnes de Hercules , au 
delà dcfquelles nous ne pouuons plus rien imaginer. Car ny fol ny fage, 
ny dode ny ignorant, ne fçauroitforger efpecc d'Enonciation, qui ne fe 
redui{èà quelcune de celles-cy : mais dkutant que ce que nous cerchons 
principalement, ccft dccongnoiftrc la forcederOppofitionen toutes 
(ortes d'Enonciations , & que pour bien faire vne Oppofition, il ùm at-. 
tribuer vne feule chofè à vn lc\n Subïcd: y il nous faut expliquer plus am- 
plement ce que nous entendons par ces mots Enoncer ^ne feule chofe dm 
feulStihieBi & en combien de manières cela peut faire. Car fans cela 
nous ne pourrions iamais bien dieffer nos antitheiès cotradiâoirement. 
Et quand nous entédrons bien que ccft que^»,nous congnoiftronspar 
melme moyen comment pluficurs chofèsconiointes ie peuuent feparer, 
ôc comment les fepareés {e peuuent conioindre, qui eft vne dodrinetrcs 
vtile-;Sc neceffaire, pour fe garsntir des tromperies ôc rufes fophiftiques. 

Sue tEnonciation doit eHre.vne 0* fimfle^^ deiaconion- 
dion^ MmfioniUé Enonciations. chap. ix, 

Ovs AVONS dit cy deuant, que TEnonciation doit eftre 
vne &: fimple, &: n'exprimer quunc feule aflSrmation ou vnc 
feule négation , pourcc qu'autrement , fi Fon attribue plu- 
fieurs chofès à vn fubieâ;,ou vne chofeà plufieurs fubieâs, 
non feulement on ne pourraiamais bien difcerner le vray 
dauec le faux parle moyen delà Contradiâdon , mais auffi on fe mettra 
dans les filets des fophiftes,lefquelsfbntcouftumiers d'alfembler plufieurs 
chofês en vne Enonciâtion , veulent qu'on leur refponde ouy ou non, 
comme sils ne propofbyent qu'une ièuie queftion, 5c par ce moyen il ny 
aabfurdité quils ne concluent ôcnetirent de la bouche de ceux qui ie 
laiffent ainfi abulcr. Donc, afin que nous nous en puiflîons garder, nous 
apprendrons icy ce quAriftote a entendu quand il a dit cy deuant que 
TÈnonciation doit eftrevne Ôc fimple. En après nous verrons comment 
Vne Enonciâtion fè peut diuifèr en plufieurs , ou bien plufieurs fècon- 
^ - ioindre envne fans aucun inconuenient. 

7V#jf jortes • r m r \ 

Y A trois fortes d'Enonciations vnes ôc (impies. La prcmiere,& la 
Çm- plusiîmple de toutes, cèft quand on dit qu'une chofèeftçe qj^'dleeftr 




comme 



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DE L'INTERPRETATION. 117 

comme quand on dit <Jué T>ieu efl 7)ieujC^^ VhorHme eji hommeycmt Le mal 

ejimaly & Celles àutres Enonciacions j quon appelle aux efchples IdcntU titlTi^uLT^ 

ques , lefquelles font treffimples ôe trcfucricablcs ; & pourcefteraifon, 

quand vn Philofophe di(putc contre quelque rgnorant,il cafche de Ikme- 

ncrlà de luy monûrcr quil nie quelque propofîtion identique ; qui eft 

vncignorance la plus lourde qui {è puifle imaginer. Et de cecy nous en 

parferons plus amplcmflnt.ôc plus clairement àut Prieures Analytiques. 

M A x^, -diraquelcun» ces Enonciations font elles pas du tout ridicu- 
/cs, quând .on répète vn mot deuxfois,comme quidiroitpoires font poi- 
reS| ôc figues font figues ? ie réipoû-que non. Au contraire ce font les plus 
vraycs & lès plus fjmplcs de toutes. Car telles Enonciations lie fîgnihent 
autre chofc,lmon que chaque choie eftindiuifible en fon efTence & cnfà 
définition. Et encores quon répète vn mefme mot deux fois , fi eft-cc 
quonnclactribuepas deux fois à vnemefme chofe, qui fetoic vn vice ri- 
dicule^ô^du tout ineptexomme qui diroit que l'homme efl: homme ani- 
mal raifbnnabletcarcèll tout autâc cônie qui diroit,rhomme eft homme 
homme, qui feroic vnc pure bcftifè. Mais quand on dit que l'homme eft 
homme , ccft comme u on difoit. que leffcnce ôc la définition de l'hom- 
me conuienjc proprement & par foy à l'homme : qui eft vne vérité fî ccr- 
taine^quil cil impèflible de dire rien de plu$ vrdy. 

La féconde forte d'Enonciationvne & fimple en fbn eflence , cefl 
cuand on attribue la définition à la chofe définie : comme q uand on dit, , .... 
LJnmmeefi4mmaltéftjûnmtkle, Car encores que la denmcion aytpluueurs tfl-ynftm&M 
parties, canty .a que toutes ces parties ne reprefcntent qu'une feule cfpece 
iaoilre entendement. Et tout ainfi que vous ne pouuez tien adioufter 
nydiminuer à vn nombre^ que vous ne lalteriez du tout ^ ainfi eft il de la 
dcfinkioli, les parties ne nous reprefenterttpoint la chofe defiiie,& les 
fiufpar neceflité prendre toutes enfembic, comme fîceftoitvn fèul mot: 
& ny faut auftî rien adioufter>qui ne foit partie effentielle de la définition. 
Et, quand tout eft dit, cefte féconde efpcce d*Enonciaciort fimple eft tou- 
te pareille à la première. Car foit quon die que Uhomme efl homme,o\i bien 
V homme ejt animal raifonnable y ceft toufiours toutvn:&; nyaaUtredif- 
rercncc, fînon quen hme nous exprimons Tattribuc par fes parties , & en 
lâutrenous fupprimonslcs parties,& exprimons feulement leipece com^ 
pofee d'icelles. 

La TROISIEME fqrte d'Enonciation vnc & fimple i cctl comme 
quand on dit. Que le double efl le double de fà moitié , Que le pere eft 
pere de fbn fils :bref quand on attribue à vn relatif du premier ou fécond 
genre Ton corrélatif! Car dautant que lUn ne fe peut définir fans laucre,ô£ 
que léflre delim dépend de l'eftre de ^utre, il fèmbleque ces deux relatifs 
oifcmblc ne (bycnt quun. Etpourtant ces Enonciations font mifcs en- ^it"tfuifint 
trc celles que nous appelions vnes & fimples en leur effence. receuës pouri,^ 

Voila donc toutes les fortes d'Enonciations vfaycment & effenticl- ]",^^f^f/^f) 
Icment fimples , & ny en a point dautres : tellement que pour attribuer nafptickér de 
vne cbpfc 4 vn fèul Subieâ: >il &ut approcher le plus qiûl eft pofTible de ^^7^^^/'^' 



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ii8 DE L'INTERPRETATION. 

ia (Implicité qui {èvoidefditesEnonciadonSt Et pour ceft e^Tedl il&uc 
en premier lieu fùïr toute homonymie ôcequiuoque, tanc au Subicâ 
comme en T Attribué. Secondement il fe faut garder dkttribuer plufîeurs 
accidents à vn mefme fubied : comme qui diroit, l'Homme penieîparle, 
cfcritj& marche. Carencores que tous ces accidcntsictrouuentetfVn 
mefme (ubie£t, fi eft-ce qu'ils ne font vn , quentant qu'un mefme fubieft 
les reçoit tous : mais cefte vnion neft que par accident , & neft point et 
fcncielle.Nous rdettcrons donc vne telleEnonciation,& nous garderons 
d'y re(pondre par vne feule affirmation ou Négation , pource quelle neft ■ 
pas fimple, & nattribue pas vne feule cho(c à vn (cul iubied. Mais quand 
on attribuera vn ^cul^accident à quelque fubiett:comme fi on dit, A^A^w- 
me efi dejireux Je fàence:Iean étudie, cncoxcs que ces Enôciations ne foycnt 
pas fi parfàiCtement fimples,que celles qui diicnt que l'homme cft hom- 
me, ou que l'hommeeif vti animal raiionnable j ouquelepere^l pcre 
de fon iîlsjfi eil-ce que nous pourrons aulE refpondre par vncfcùle affir- 
mation ou négation (ans aucun inconuenieni, quand, dy-ie,on attribue 
vn (cul accident à vn (eul lubiect. Et partant nous ne ferons difficulcé de 
mettre telles Enonciations entre les vues & fimples , & en Êiirc vne qua- 
trième efpece. Et combien que l'accident quelquefois ne fe puifFc expri- 
mer par vn (èul mot» ôc qull (oit befbing d'u(er de plufieurs paroles pour 
IcxpUquer , TEnonciation pour cela ne kiflera pas dcftre vne & fimple: 
comme quand on dit , Le ChreSHenaPdix enuers T>te»f tous ctsmot%yaMir 
' fdix emers Dieuy ne fignifient qu'une feule cho(c : & pourtant l'Enoncia- 
tion eft vne & fimple. Autant cn-fera-cc fi le (ùbiedt eft exprimé en plu- 
fieurs mots : comme fi on dit , Tom ceux quifojuUuis de leurs péchés far le 
fang de lepts Chriji^fomfaums : tous ces mots, Tôi4<$ ceux qui font Utéis de leurs 
fechis far le fang de lefm Chrijl,tit doyuent eftre prins que pour vn,c^utant 
quils ne fignifient qu'une feule chofè. 
Udiuifr» ^ de congnoiftre clairement combien iUmporte de con- 

c0»ipnâiùn gnoiflre les Enonciations vues Ôc fimples, ii£iut parler de la compofition 
^ww^""^**' ôcdiuifion des Enonciations. Car tout ce qui ellvray à part &feparé- 
menti neft pas vray eftant énoncé coniointement : & au contraire auffi, 
tout ce qui eft vray coniointement,ii!eftpas vray eftant prins (eparémcnt: 
comme pour exemple , on pourra dire Séparément, que Sacrâtes efiJoBe: 
item que Sacrâtes efi Mu[fcien:m^^ on ne pourra pas conioindreces deux 
Enonciations en vne , en diiànt (^çSacraus ejldoBe Mufider^KvL contrai- 
re on pourra dire conioiiitemen^que Catilinaefi kon Qafitame: mais on ne 
pourra pas (èparer cela pour concfurre que Qa^maefihanSx qui neft ad- 
uerti de cecy,il ne (è pourra iamais défendre concreles trOmpeiies bc eau- 
teles des Sophiftes.Il faut donc foingneufèment retenir les reigles quAri- 
ftote enfèigne en ceft endroit touchant la conionâion & diuifion des 
Enonciations qui dépendent de la congnoiflànce des Enonciations fim- 
. plesjdont nous au ons parle cy deuant. 
vtUcmM' Et PREMIEREMENT quant à la compofition ou conion£Hon , il 
nou^ faut garder de toute répétition inepte & ridicule: comme, pour 

exemple. 



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DE L'INTERPRETATION, 119 

cxcmpIe,on poufrâ à\ttki^zxè\\\cuS6crdtesejlhldnc:ltcmy^ 
Uanc* Ces Enônciations,dy-ic,pronocéesà part font bones & yraycsîmajs 
(i vous les afl'enlblez, en difint, Socrdtes eflhUik hûmme Uéénc : çc ftroit vh 
parler du tout inepte,ôç qui nemeriterpicle nom d'Enoncîacion» Donc 
coures ôc quanres fois que nous verroiis quen voulanç conioîndre plu-» 
fleurs Enonciations nous tombcrionscn telles ridicules répétitions, il 
nous faut garder de telles conion<£lions. Et fi la toniopâion peut fài- 
refans aucune ridicule repeticîon,pourcelailnes'enii:iitpas encores queU , 
Icfê puifTe faire. Mais,à hn de ne nous y abiifèr iamais, hoiis prendrons ^^gg^ jp»,»^ 
garde (i ce qui eftactribu'é au Subieit en toutes lès Enoiiciation? (èparees^ cUti^sfifeu- 
cft de léflence du Subied & de fa definition.ou bien sllluy conuicnt feu- '^^^^^^ 
Icment par accident. Car tous les actribuçs"quifont'deleflence& défini- fmty rtpn~ 
tionduSubicd, fepeuuent conioindre &"a{lèmblcr :commc>Z.*)^(?wwtf jf^^^'^J,^^ 
tpdmmdly V homme ejlratjonmhie j ic pourray conioindre cela en vnc con- neiatUn, 
clufion5& dire, V homme eji animal rdifâmahU ; daiitaiit que ^mmal&c Ttai-^ 
fcmtaUe (ont de leffence ôc de la définition dé l'homme : ^ tout cela en- 
femble nëxprime quuneiêuleeipeceiôc fàltrEnondadônauf& fimple^ 
comme qui AiïoitiV homme efi homme. Mais fi les Attribués ne font eflen- 
ticls, 8c ne conuiennenr au S ubied que par-accident, ôres queftians attri- 
bués ièparement , les enonciations {oyént véritables , nVancmoins npus 
nous garderons de les conioindre : conime, pour exemple, il cftvray de 
dircquc iHlïdnV^pôfiat'eïïôîe trèjmdmais\: ïiknx c^it it eHoit: 2hetoriàen: 
mais il ne Icroit pas vray de dire çoniointernent ^w/ èHm^refmdmdis Rhe* 
ttTMenrcâx au contraire il t^ftoitjgrand RKetÔiicien & verse èhT^ de b^c)^ 
dire. OrteqUrnoûs rnonitrd quçla cotfio^ de cès Enonciations 
feioit vicieufcjceft quil ny;àriulle.connexrte eîTentielle eritire ççS,^tçribuçj 
Trtjmauudis & ^hetorkïen^ 5c qûç i^e neît <^uépàr acçidctit qmls fe rencort^ 
trcnten vn mefme .fiibied , fie ne primons pas dire qu'ils expriment en- 
/cmble vnelçijrcellehce : pomriie quand nous difons ^mmal ra'iJonnaUe^ 
Voila donc là reigle delà cqnibhftionjàrçaupi ne conioiiidreiamais 
plufieurs acddenÉs,.m^is ièu ce qiii éllx^cjcfTence & définition du 

Subie<Sfc:àlâqùelte neaxitnioins^howsadioï ^ ' ' "' i' ^ ' ■ 
bues fepaté^eft'delèflcrkfc'fcdêé'm^^^ 
dent mncrentau SuDiect, nous.les pourrons aulk coniomdre : comme li 
onditj L homme efl dt^mfl : L homme ^ ^/^»^hiou^^(^yrronstiifçpomom^ 
tement IJ homme ef^ndmm^'Ua»c^ <^^ dy-ie,doic cftre 

receuë comme vnc & fimplé,dautàçip que nous nattribuons quuli feul ac- 
cident au fubiedjà fçauoir SAi^r ; â^lkutre Attribué, à (cauoir «^^u^Tf^/^ eft 
eflçnjriçbdefoae que ceft toutdomelme, comme qui airoitfimplementj 
qtfe iJftmime ejl hUnc, 

Qv^ANT à la diuifion,la reigle dépend femblablement de la con- QueUes ÈHêt^»- 
gnoiflance des Enonciations fimples. Car fi tout ce qui eft attribue con- f/éfUnsfife»- 
iointement eft de la définition & elfence du Subied, il ne faut point fai- "^^^^'f^- 
te difEcultc de laccorder aufli leparément : comme ccfte Enonciation 
conioince , V homme ejl dmmdl rdtfomdtle ^ & pourra (èparer en diiânt, 

Uh^mme 



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ito DE L'INTERPRETATION. 

V homme ep4mmdl: L'hemme ejl raifonnakle. Item fi liin des Attribués eft de 
Icflfcncc du Subic6t, & l'autre eft vn accident qui na nulle répugnance ny 
oppofition auec ledit Attribué eilèntiel, ils(c pourront aulli diuifèn 
comme Cl Sûcrares efl hûmme Joêide puis dire {èparcment que Socraresefi 
hommCi^ que Socrares efldoBe, Mais (i fun des Attribués eftoit oppofite à 
lautre, ccft àdire quîl y eull quelque répugnance' entre eux,alors la fcpa- 
ration feroitvicieafè: comme, pour exemple, dune peindureie diray 
coniointemcnc que eefiyn homme feinB: & du vinaigre que àft yn^in cor- 
rompu : mais ie ne puis pas dire (èparcment qu'une peinâure foie vn hom- 
me>ou qucdu vinaigre (bit du vinrpourcequc le iecod Attribué répugne 
& anéantit te premier : car vne pein<5bure ne peut eftre homme,& ce qui 
eft corrompu ne peut eftre vin. Semblablementladiuifioneftcaptieufè 
'^•^fi' es Enonciations où le verbe fubftancif £y?,néft attribué que par accident. 
Exemple, encores quil foit vray de dire coniointement Homère eft foete^ 
fi eft-ce que ce feroit mal conclud de dire, Ergo Homère eji: pource que 
quand ie dis Homère ejî, ce verbe Sfi fignifie Icftrc d'Homere : mais quand 
ie dis Homère eflfoète^ alors ce verbe nèft attribué qaepar accident, ôc ne 
fert que dune liaifon pour joindre ceft Attribué 'Poéreï Homère. Orcêft 
vn abus manifcfte,quand on prend fimplement ce qui neft attribué quac- 
cidentalement & en vn ceirtain refpecl leulernent. 

Et comme il (èfeut dpnner de garde dune téméraire diuifioncs 
Attribués, auffi faut- il obferuer le melGiie aux Subie<5tç. Car ccquifc 
pourroit attribuer vrayementàyn Subie6i: modifié & limité par quelque 
condition, ne ie pourroit pas attribueraumefineSubieâprinsnmpie- 
ïiient: comme , pour exernplcj encores quïl (bit vray de dire que Tom 
dnimal farptiByoidXi eft-ce qûdnbft pasvrây de dire cpcToutétnimdhûùl: 
car la taupe ne voidjgoutë. Item, combien quil foit vray de dire que Tûus 
hommes qupjom mSifîes f^rU-joy en lefm Çhrifi fomfauuisy fi eft-ce qubn ne 
peut pas dite que Tous ho/nmes jiyent fauués. Car il y a bien à dire entre les 
nommes qui ne font rien qulionîmes , & les hommes iuftifics par la foy 
en lefus Cnrift. Ces exemples donc nous monftrent combien il eft nc- 
ceflàire de cônghoiftreles^noticiations fimplès,ôc desapprocher le plus 

qifonpeût aê la peiîfèdi^ion des plus fimjples , pour euiter toutes ca- 
ptions,5C pôur diïcefnèr p lé vray dkiiec le &ux 

' ' , par vne^'uté négation ou âffi];n)auon en toute 

Éiiôhciac^n par le moyèti de la 
Contradiâiqn. 

r.r . ; , ./..!;îîr'.',- - ' ' ' 



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DE L'INTERPRETATION. m 
CtVATRIEME PARTIE. 

Des Emnciatiom ^iùàjku. . c H a P. X. 

I TovTES chofes prjoccdoyent de mermes caufes , & 
quonpeuft dire abfolunietit que tout ce qui efl:> eftHni' 
^lementfàns aucune modificadon» nous nàurions plus rien 
aadioufterà ladoârine des Enoaciacions, laquelle a efte 
crefèxaâemâit rtraiâee és parues précédentes. Mais dku-> 
unt quil y agrande diffi^rence en lêftre. des «hoies , les vues eftans necefl 
iàires Jes autres non>ce qucnous auons dit <^ deuanc ne peut fufiire pour 
Qous faire diTcerner le vray du &UX en toutes Enondations,fiuousne 
coagnoiiTons la diiFerence quil y a entre ies neceflkires, & celles qui ne le 
foncjpaf. Autrement nous nei^tendrions iatnais comment il faut parler 
des (cien^es pertinemment, ny en quoy conHUe vn içauoir folide & im- 
inuable. Ce qaAtiftote con/iderant» il a adiouilé celle partie aux prece* 
dentés, pouf nous apprendre ibien.congnoiftre les contradidions ô5 
confecucions ou conipirations des Enonciations tant heceiïaires que non 
jieceflâites. Et ppur m. confondre la dpârine de l'Enonciation ( qui efl 
le fiibicâ de ce liurc) auec la Demonilration qu'il traittera aux Pofterieu-* 
ics Analytiques, il ne nous veut pas cnfeigner en cefl endroit ce quil lùut 
pourfàire vne Enonciacion necelTàire : car il ne le pourroitfairc fans nous 
apprendre les reigles de Necellité & egalûti qui Icroit confondre ce qui 
dt propre & particulierà la Demonilration. ^c l'Enpnciation : Mais il 
nous baille icy certaines marques^ qui nous répte&fiterpnt les Enoncia* 
tions necelTaires & non necclTaires, iufques à ce que nous ayons appris 
p^iiçs Uufes. de Ift^'^JÔollFatiôaÀleiii coipinoiftrc£iiîs leldites marques, 
<\^ff0JCit^/Ajpfire,f^0k,£opi^ daataiu que quand on 

jitmilcâocceffairccgrti p](i^ 0« cdd fait ,;ec 'Neceffaire ou 

%90U tfk yne modtficatiQivq^Pn sulioufte a Icftre dcladite choie. Nous 
Apppljpndcfdite^ }mt<\ws Jk94ff ; )8çjlciiÇnà'nçt3itoiïs,-OÙ elles fc trou- 
,Wi|*iOPij?le6 appelions mii^fiteu'pw^i^&^xctàM'^ ecHes dont nous 
auotl^.p4dé.tyqe^ât^lftfij«^^cllo)5Cfità^ * - ' 



-«'Vi-» rt ~. 1-^-= .r- r-r , T-j-1 «-r»» . - - - . - — •£ , — ^ \y / V' I l 

^5»mifiy[npuioc p^flqçftHf ply^i aioÛi*bljcAdwl=»rt »^ nous y adtotdfcc^ 
WfilqH^ttfte. dcwxw^omom.f^diiQ^-Il'^^^^ ou 
^Ç^fefîqûe cçla/toit*. ;fces:Sf h^iÛiqu^s-'îCWK ççlléii^^ brouille &l cm* 
tiljçia, ^^im qwriproppfeiçy Arift^ jqwPrri jk}'tpdl«! oxdinai* 
^reifij^'e^'^s: Eft^e^^^^^pi^m 4ux alW^ ppus:c« fijmkjearigb wtu lufagc» 
iLoM • ' &ncn 



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Ht DE L'INTERPRETATION. 

ôc nén peuuent forcir à leur honneur. Mais il ny a rien de fi dî^çile,qui 
ne fe rende ^dle^quand celuy qui efcrit tafcheàre bien expliquer^fic celuy 

^uLctLU.u qui lie prend peine aufli queSexcus Caecilius ne luy puifle reprocher que 

r^yao.^ ^ lafauteviennedcfbn'coftc. 

\ Ce Qj^ E nous apprendrons doncicy>ce^èraenpremiel^lieulesOp- 

poûtions des Enonciacions Modifiées. En après nous verrons leurs con* 
lecutions ôc confpirations. Et dkutantque le Verbe fubllantifeft comme 
^me de toutes Enonciations, ôc que iàns iceluy il cft impoflible de con- 
ioindrc TAttribuc auec le Subieâ:,comme il a eftc dit cy deuant, Ariftotc 
nous donne lëxemple des Enonciacions modifiées par ledit verbe fub- 
ftancif feulement, tant pour eftrc plus brief , comme aufli pour propofer 
les préceptes plus clairement. Et combien que noftre langue ne puifle 
exprimer le texte d'Ariftpce auec ià grâce naturelle, ôc que ceux qui n'ont 
iamais eu les oreilles rompner de la barbarie des Ercholes, auront occa- 
Cxon de grincer les dents en quelques endroits de ce chapitre^y trouaans 
des duretés du tout eflongnees du commun langage : (i eft-ce que iky 
mieux aime ofFenfer la ddicaceflcde leurs oreilles, que de les priuer de 
lUtilité qui eft cachée (ba^cefte dureté, laquelle eftant confiderce depres, 
fera trouuee non feulement fupporcable > niais neceflàire pour la par£u- 
âe conguoiiTance du vray iSc ou £iux. le propoferay donc en premier 
lieu ièxemplc d'Aridote traduit mot à mot> pour £iire entendre fes pré- 
ceptes, depuis icn adioufteray .vti4iatre cn langage plus Êuxnlier,pour eft 
monftrcriufage. Ariftotc donc nous pfefentê en ceft endroit toutes les 
Enonciacions modifiées » cane neceflaires que noanecefTaires, fous ces 
exemples» 

// efi fofthle Jejlyç^. 
Ile fi cominient dcSfyc^. 
Ilefinectj^ire defht^. 
Il eft Mifù^k JhSir<L^, '■ ' 

Il NY A chofeaumonde^ny hors:dumonde^fbicetemeftéoacadu*. 
que , foit fimple ou compofee^dé laquelle rËflte ne Toit ou NecefTaire^ou 
Contingent» ou Poffiblc> on Impoffible. Ces Enonciacions dont ^ôûs 
reprefenteht toutes fe>nes d-Eâb&ciadonsinodifiees. Et poùf difceéner 
le vray dkuec lefaux én iceUe£,'iltious Êut apprendre à congtioiftre le^s 
Diffirence de Contradictions » puis auffi novà verrons leurs Confecutions. Or il y à 
ttffftUn dtt grande différence entre ces mddiffee^ & lés Ënonciations abrolueS* Car 
^Safih^r'c^ es Enonciacions abfôlues>cift à dire qui foni ej^rimee^ farts lefHittJSî^io^ 
<r des MOê- diiicAxions jll efi fofiile^l eftpitctJfah'^,ôcc\zCofittAdié^n fe faicen adidû- 
flanc la négation au visrbtf^ibftahtif : comme pour nier ceflc afSrmitfUc^ 
U homme efiy nous difbns L'h&mmi nift f aé. Car fîdOUs adioulliônsià-ttc^ 

fadon au nom^cn difanc,^?^«^^flww^y?j nous firionsvne affirmâcibhtn- 
nie, au lien d'une negacion finiè,de fbrtt: quil ny auroic nulle repdgkatl- 
ce entre , ces deux affirmations ^ Vhê^hme tft > n^-'hùmm eft. Màis' hos 

Modi 



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r 



DE L'INTERPRÎTATION. 1^5 

Modifiées , icçft tout le rebours. Car fi nous adiouftqns la negacion au . 
verbe,lEnonciation ne fera pas negaciue, mais infinie afErmatiue. Exem- 
pic, La negatiue de cefte-cy,// efifopthle d'elhcy ce ne fera pas ccftc-cy, // efl 
pythie de mBref4s, pource que celle eijçiacigtion neft pas negaciue , mais 
aSirmatiue infinie : c^inefas efire^ ou nm-efire^ ccft vn verbe infini : com- 
meM»-v/W».w»-^»i6f^,.(^ui vaut autant à dire comm&x^flre^r^-yi^ant, 
mr^^udiÂHtDoncyi^oixi mer cefte affirmatiue^ous rfadioufterons pas la 
negacionaM verbe,mais "ilamo4ificatipn<& ihovà.zinÇiy Jlr^Jl pas f<^ihle 
Jfjlre, Aptreipent'nogs. npus tromperions lourdement, perdrions lu- 
ûgede noftre Axiome,quivcut que lune <fes Cotradiâoires foit vrayej& 
J^tttre fàu(fci Car,exceptees les cnofes etemellcs,lefquelles,à çaufedeleur 
excellente energtejfont couiiours de £dâ &.par aâç,&: iaitiais par puifTan-r 
cefèulement,rEftre^.ieNon-eflxe(è peut affirnier véritablement detou- . 
tes autres choies : comme, pour exemple , il ièra vray de dircéjuilefipop- 
ile fft U pùx fe face M- eft auflî vray de aicc,tjùil efl Pofihle que la faix ne fi fd~ 
afas.'lzcjl efifôphk l\homtn€ chemine:llejlf»jsme que t homme ne chemine. 
f4s. En cecy donc les modifites font diâerentes des Enondations Gm- 
ples,que pour nier i'AiSrmatiue ilfaut adioufler la négation au mode ou 
moditîcacionj $ non pas au verbe. Les Oppoûtions donc le formeront . , 

Oppofîtes* 

tteffofsilhdeStre.' ' lUeJtfasfofsihleiepe. 

Il eji contingent deBrel • — ^ — // neji pas contingent deJhe» 

llejlimpojsihledefire^ llnejîpasintpofsiUedeBre. 

lléjtnecejfaired^ftre, ;- Ilneflpas neceffaire etefirt^. 

Ces Oppo(ïtions nous mon(i;rent, quau beu qucs Enonciations 
^ fimplesôc modifiées le verbe fiiblbntiftenoit lieu d' Attribué, & la cho- 
lè,à laquelle il efloitattribué,eftoicle Subied, corne quand on ditiV hom- 
me ejt: icy au contraire le verbe fubilaptif tieht lieu de Sub jedr,& la modi- 
fication eii l' Attribué qui détermine ce Subiedt , fie monftre ïa vérité ou 
^ulTeté par laffirmatipn ^.négation.. Ëtpour nendus^bufer taniais es 
Oppoiitigns des modifiées, comme nous auons proposé les Contradî- 
ûions de TEftic, il faut auiC propofer. celles duNon-eftrexar ileft tirelàisé 
de sy âbufèr ; comme, ppur exemple , fi pn deniande fa negaciue de c.efte 
^xmaxxoviyilpeutne pas ejfre , quelcun fàns .y penferpourroicrefpondrc 
que c eft çefte cy , jlne.feutef^re: en qqoy 'îl sabujèroitgranJement. Car 
cefte Enonciation,///'f«r«f pas fi?rf,a laiîgnificacion partieulierejd'autant 
quelle ne nie pas que k chofe nepuiflc; iam^is ^ft.çe , mais'fculement elle 
affirme quelle peut qudque fois ou tn quelqûe temps ncftre pas.' Mais 
quand on diutlne peuteffre,cc&, vne vniuerfcfle negatiue : car cefteEndn- 
ciation ne peut receuoir autre interprétation, finon que cela ne peut ia- 

X mais 



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,x4 DE L'INTERPRETATION. 

niais dftrê eh aucun temps. Donc lesOppontions du Non-eftre fèroné 
telles: 

Oppofîc»» 

// Pùfsiile àeiif fas-eShty — Ilnejl fasfùpibk de ne fM^efire. 
Il efi C0nt'mgentjenef4s*eftrey ~Hnepf4S cânhngentJe ne fju-efire, 
. IleftimpûfsAlêdenef^'ejlrey ^Ilneflfdfim^^fsliiefle'nef^tS'efhr, 
' llefineveffandinefdS''eBre^ '-^Ilpkfiféùnecij^^^ 

Bref, les Oppofïtions des modifiées fcfonttoufiours en adiouftant ; 
la négation au mode,fins rien changer auverbe^ &enccfài{àntelles fonc 
fi concradidoirctnentoppofees,<jue(i luneeft vrayejl'autre eftfaufle indu- 
bitablement. Voila donc comme il tàut oppoièr nos modifiées. 
vtsc^nfku^ Qv ANT à leuts con(ccutions ou conuenances, voicy comme onles 
titns ies En*» reîglcrav En premier lieu le Po/fible 8c le Contfngcc ccft vne mern^e cho- 
^'^'s^*'^ le, &riyaautrediffcrençc,finonqubnappelleproprcmenc?^/f ce 



qui 



nueremtnt pcutcllre, cncores qull ne {bit pas prefentement Se de fàift w/ngwau 
P0fi&u trcm contraire c'eft ce qui pouuoit nfeftrc pas, cncores qud foit aducnu : mais 
mffnt. onprendfouuentfunpourVautre, de forte que, tyV/^/^/^/f^Mjwïf teUe 
choje Jotty il ejl aup, contingent quelle foit : & s il efl poJSMe quelle ne foit fdS , il efi 
di^i contingent quelle ne foitfds.ltem^S'il f^ft fdi pofihle quimc telle chofi fiit^nefi 
fds dupcmmgem quelle foit^ silnkjlf/ufo^k queUene fiitfasMn^pfM du^^ 
c*»fiemtiMJe ^^^^'^ fi^^f^' Mais la çonfequence dc^^ù ôc IntjfojSii/e çft 

r^fibUtrim- âutre. Car dautant que leurs fignifications font oppofees, pour les &ire 
f^fiiU, conlecutiues h;ne à autre > ceft à dire quelles foyent enfcmble vrayes ou 
fauffes, il faudra pendre leurs Contradiâoires. Car laContradiâoire de 
7^oJ?ike, vaudra autant que Infojiihiey la Contradiâoire dlmfoSihle^ aura 
la mefine fignification que To^ihte : car qui ne void que quand on dit , // 
Un »i^/'4fi»ri'^^/r, ccft tout autant comme fi on difoit//f/?/'^^Zf. Quanti 
ïët ^ lï^poffible ôc Neceflairc, dautant que leurs fignifications loni contres, 
pour les faire confècutiues il Siut adioufter la négation au verbe,non pas 
au mode. Garces deux Eno^ciations ont vne mefme fignification, i/^y? 
Ctt^ecHhtnit intf^yiequeceUfoity ileflneceffdirequeceldnefoitPdS, Pincement, pour ti- 
Ttfihïecrîit-^ ter confèquence du Poflible au Ncceflàire , il faut quil y ayt oppofition^ 
tant au mode, comme au verbe : Iccfl à dire, fi le mode ou modification 
de hsfiè eft afiirmatiué , l'autre foît negadue , & fi le verbe de lUn eft affir* 
.maiiÇ celuy de Tauttefoit négatif: comme, //^ f»^le que celdfiitiUçon^ 
ièquehce fera honntcnàifkni^nhfifdsnecejfdire qtteceldnefoitfae. Donc, 
pour foulager noftrè mémoire , nousreprelenterons toutes ces confëcu- 
tions & oppofitioht des Enonciations modifiées en cefte figure, & en vn 
exemple plus fiicil^ à comprendre,quededirefimplen>ent,Eilre,Ôe Non- 

M 



CtnfitutUn 



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DE L'INTERPRETATION. .ï, 

A D 

Befineceffdire que qudtrefok Conttobktoim.^ Ilfi^fmtnecejfàre fte^Mé^ 
nomkre féàr, m Çmnonàre féùr. 

foitnâmirefdir. trt neJêirfâmtnonArf fuir, 

^^ff9mc9ntp^ntqi^qu4~ tttficmumgentqueéptdtnnc^ 

trtnefoitfésnonmtfMr, . ^ jiitfoifit nombre fdir. 

lliiiffomt fofiUe que^dtre ^ ttefif^k wée ftaire nefiù 



^ (S* 



4V 
% 



B 



V C % 

jUfinecejfdireijue qudtren^ ^ \, Ilnefifomtneceffdire tfue qud- 

fôir^M nomhre fdir. ^ ^ trene [ouféis nombre fdir. 

Il efi imPù^ihle que qudtrejiit Ilneffomctmfij&lfle que qud' 

nombre fdir. tre fistnombre fmr. 



Il feint contingent que qud^ Il ejl contingent que qudtre Jiit 

tre foit nombre fdir, nomtrefair» 

Ilnèfifomt PojSikU que qudtre M ejl fopUe que qudtre fok 

foit nombre féàr* Cofttta'^ktcitcé* nombre fdir, 

C E s T B figure nods reprefente brieuemenc tout ce ^1 içauok 
touchant les Enonciations modifiées. Car en premier lieu celles qui font 
vis à vis lime de l'autre font contradiâoires. C^es qui font rainées hme 
fouslàacrc confpirent cn(èmblc,de forte que fi la première eft vraye,tou- 
tcslcs trois autres le font auffi , encores que celles qui font au deflbus de 
la première foycnt de plus grande eftendue. Et celles qui fc regardent 
CQ biais,ou en diametre/ont pareillement con(ecutiues,tellement toutef* 
ibis que la dernière de celles , qui fè regardent en diamètre^ eft de plus 
grande eftendue que toutes les autres : comme , // ep po^ible que quatre Jiit 
nombre jfdir icc&c Ënoiiciation eft de plus grande eftendue, &plusge-* 
nerale beaucoup^ que la première du premier rang, à {çanoir^ Jlefinecejjdi' 
te que quatre fok nombre pdir. Car poflible s*eftend plos loing que necef- f^fitkfimgt 
(aire,dautant quetoutcequiellnâceflàireeftpôftlbleymaistoutcequieft 
poflible ncft pas neceflàire pourtant. kem,ce qui nëft point poflible nëft 
point neceflàire , mais ce qui nbft pas neceflàire ,il nes'enfuit pas quil ne 
foit pas poflible : comme^pour exemple, il nfcft nas neceflàire qu^nlabou- 
tant vne vigne on trouue vn threfbr, de tôutes(ois il eft poflible. Et pour« 
tantnous appelions ces Enonciations confècutiues , & non pas recipro* 
ques. Car pour eftre reciproquesâl Ëiudroit queUes fuflent toutes de pa- 
reille eftendue. Item les quatre Enonciations qui font marquées A, iont 
contraires aux quatre autres qui font deflbus marquées C. le di,c6ntrai- 
rcs non pas concradiâoires: car elles peuuent eftre enlèmblefàuflbsen 

3 niatic 



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^xtf RE .L'INTERBXETATION; 

matière contingente. Car fi quelcun dit, // ejl neceffétire que touthomme foh 

•ficl^e^cch fcfafaur: &fi vnautrc Ait ^Ilffttftcejfùre que nUhorHmrne fntri^ 
che, cela-fera feux a]am. Item,// efiimpo^ihle que t homme marche, , îleji im^^^ 

-Ueqat thûmmemmérçke fâmr, tout cela eft fsrnxj &; WiCi 4es dçux autres. 
Mais tes quatre marquées D j font fubcontraires auec. t:eUes qui^ font 
marquces B: Car elles peuuent eftre enièmblevrayes en matierecpritin- 
gcntfr: comme, pour exemple , il eft vray de div«> qml n^S fm nece^ai^ 
requsthamme marche^ û eft aiiifi vray à^Axt&iqmL nkBfas necejftire quc\ 
t homme ne marche f4t. ïtcm , // nefl ffds trnfojSible que f hnme ne marche, fûm^ 

s auflî nefl-il pas mpofthle quel' homme-marche , & ainfi des autres. Mais celles 
qui font oppofees vis à vis lune delautre : comme, // efinecejfaire que quatre 

'jiirynmomhrefairyllnejlpomnecejjaff'e que quatrt piryn nomire pair, de toii^ 
ces les fuyuantes , font tellement cootradidoires , quen quelque ma- 
-tiercquece foit, fi lune eft vraye , lautrelcra faufli. Or de pcar.dcn- 
Auyer-le ledteur , ie eb m*àrrefl:eray point aux difoucôs quAriftoce a eùës 
Wccqâdiqucs anciens Philofophes, quidifpofoyenitçcsEnonciations 

■ modifiées dâutre façon^ leCquels il réfute, en leur monftranc les abfiirdicé^. 
quisenfuyuroyentfi onvouloit changer les confccutions fic contr^di- 
(âioBS fuidires. Car iecraindrois^en marreftanti c^ diiputes, de laiTerle. 
le£leur pai-mi ces fobtilitcs, le me contenteraydônçdauoirdeclairéen 

vteft endroit ce qui eft neceflaire pour lufagejUiflànc à chacun dexaniiner. 
ces Enonciauons ,.&confidercr combien il eft aisé de sy abufcr ôc pren- 
dre lune pour lautrejfiAriftote ne nous en euftaduerti. Et quiconque fo 
donflçtalc lôiCr d'entrer en cefte conîfideration , iëfpere quil ne plaindra 
poiûs (k peine, & côfeffcra que de prime abordée il ncuft pas pensé quïl y. 
euft.tamdc difficulté à côgnoiftre les vrayes côfecutions & côcradidtions 
de ces Enonciations modifiées, defijuelles neantmoins iiilàge ell tel, que 
toutes chofès,. tant djuines quîiumaines , fe doyuent rapporter à lune de 
f"rt'tilnnlnt ^^^^ moà^vmons^eceffairfyfûfsthley ContingentJmpofsiUe, Les cho- 
iJfrem'JJueM. fcs neccilaîrcs tientienc à bon droit le premier lieu : Car , comme il- a cftc 
dit ailleurs île vr^y neceflaire , cëft TËternel , auquel TEftre le pouuoir 
eftrc, eft tout vn , dautanc que ceft vue énergie crefpure & trefiimple jdu 
tout exempte de cefte condition contradiâoire/qui eft en toutes choies 
çreeesjde pouuoir eftrc, & pouuoir ne. pas eftre. Et quâdon dit que Dieu 
ne peut pas ne point eftre, tant s'en &ut que ce foie blalphemcr contre & 
toute-puiflance , qubn nefçauroit autrement expliquer par paroles hu- 
maines lêxcdlence & la Durecc de fon Eftre ^ quen diiànt quiCne peut ne 
point eftre. Car cëft à dire que la nature & les cieux , & tout ce <jui eft 
comprins en iceux,nc peuuent eftre nyfiibfifter,silny au oit vn Dieu eter- 
nel,.quiles feit clVe Scies fouftient. Mais Dieu peut eftrç lèul lâns toutes 
(ts créatures. Apresles choies NeceflTaires ( que nous appelions Dieu, & 
par fon ordonnance les eflènces ô: intelligences celeftes ) font les chofos 
naturelles & caduques i aufquellesJeftre & lepouupir eftrcfoncfoparcs. 
Car l'homme a peu eftre dpuant qu'il foft réellement & de faiét,çQnibien. 
qucparnaturerAûepuÇnçrgiepreciede.lapiyflànçç. Eç toutçsces cho- 
. : ■ ^ ■ fes 



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DE L'INTERPRETATION. 117 

fcs caduques & morcelles font comprifès fous ces mots.fifsiik êc Conrin- ^^kéfitt^dt 
fcnr. Quant au Contingent, il en a elle parle cy dcuant. Mais le Tofsièle fùt^c^tting, 
le prend en diuerfes façons, & mérite bien deftre expliquera fin que iho- 
monymie de ce mot ne nous empcfche decongnoiîlreles Confecutions. 
& conspirations de nos Enonciations modifiées. Donc ^ pour entendre 
ce que îignirie le mot de TofsAle ,il faut fçaubir quil efl deriuc diin autre 
mot,quiTignifîepoflibilité ou faculté. Les Philofophesfont deux cfpeces 
dePofiibilitcs ou facultés y & appellent les vues Raifonnables , & les au- 
tres Irraifbnnables. Les facultés raifonnables fum,comme la volonté de , 
J'iomme &: ion intelligence: & ces facultés font telles , quelles nbnt pas 
vnièul obie£t, ains elles (ont tellement difpofees , quelles exerccntlcur 
énergie également en choies contraires:commela volontéhumaine eftant 
codideree en fon cffcnce , elle veut peut vouloir également le bien U 
le mal Car ce neft point par fon eflencc j ains par accident , fçauoir eft 
par le péché originel>quèlle cil afferme au mal. Ainfï noftre intelligence 
contemple le feu & )ëau,la médecine 6£ le poifon^ôc peut également s'ad- 
donner à la congnoiffance des çhofes bonnes ou mauuaifes, Mais les Éiu p^^iff, 
cultcsirraifonnables ne font pas toutes tellesiquellespuiffent chofès con« fi»»Ms, . 
traites, ains elles nont pour la plus part quune feule énergie. Comme le 
feu a naturellement celle faculté de pouuoir efchaufFer,sîl nefl empefchc: 
le ventricule a la Êculté de digérer : 6c ainfi les facultés naturclfes, qui ne 
dépendent point de la volonté ou du difcoufsr, fontquafî toutes defti- 
nccs à vne'fcule énergie, pource quen ccfte énergie confîftc leur forme ôc 
cflcnce. Carii ie feu ncfchaufïbit > il ne fèroicpas feut & fî feftomach ne 
àigere, il rfell plus re qiul doit eflre. Toutcsfois les facultés irraifonna- 
k^es, qur dépendent de la matière, &C font quahtés,non pas <ff!ènces,cclles 
ià, dy-ie,ne font pas dcftinees à vne feule énergie, âins elles font capables 
de routes mutations ôc contrariétés. Comme, toute fupcrficie a ccfle fa- . 
cj/té de receu^ir toutes couleursdeau a la faculté de pouuoir effare chau* 
de Se froide : & aind des autres. Voila donc les efpeces ôc différences de 
ce genre Famlfé ou'Pûfsiiiùté. MatintcnanC pariott de Thomonymie : car ^'^«^l'^kni- 
cemot, comme il a cite dtt,fe prend en ptuiieurs mamercs. En premier 
bjca il y a vne /W// ou 9âfsAmti^ laquelle iê déclare ièulemenc par Ibner- 
gie. Car <|aâfnd nous voyons que quelque chofè e(t;nouscongnoifrons 
Quelle pouuoit élire : voire il y a eu des Philôiophe^ ^i oncdit^que rien 
ifefloit p<>Aib]je que ce qui cftoit défia adtuellcmerirï'af que tout ce qui 
Acjlok^iip:, ni'pouuoif eftic : ce qui efl faux tieîintmoinSjtomme Ari- 
Ifotc le dettïéttftr^Jèn Mecaphyfîque. SecOflîfcment ce mot de fMculti 
©u-î^^yîi^^feft'dtftout diftingùédc TAdle ou^netgie ! conimitqaaTid 
nous difoft!!Si*^e^ qui neft-point, peut eflre : qué^eluy qui ne chemine 
pas,peut ébétttirfeit*.- Et ceflefr^nlfication dePofffWé'léeardcvne'enei^e 
fiftur€f& ilo ^àJj^efen^^ôc a lîcu és-chofes^mqbifcfsi^ fu6i 
TiercéiHèrifc^î^lAS^ ât^^pièiè siô^omnfodciftiffi aMî^ chofes éternelles- ôa 
cxcrilptlStdt'éèUtdiki«tiotlif!fe«h<^^^ nomdij 
^t<é>^i^jfi!k^fr^rèfdl p^ffibk i ïndi^PoiHblç^^ de|Hus grân^ 



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tz2 DE L'INTERPRETATION. 

de eften^uê. Car tout ce qui cil neceflàire eft pofllble » niais tout ce 
qui eft pofGble ncft pas neccflaire. Nous prendrons donc ncceCTairc 
pour Anteccdenc, ôcPoflîble pour Confcqucnt: comme. Homme eft 
Anteceden|:;,& Animal Conftquent. En ccftc dernière fignification nous 
argumenterons duNecertairc au Pofllble. Orcecy foitditpar digret 
fion,pourlcxplicationde c^moty? ofsihle. AuqueLainfi que nous difions, 
nous rapporterons toutes chofès naturelles caduques & mortelles. Mais 
dàutantquily a des cho{ès qui font toufiours imparfaites, & demeurent 
en la Poflibilitc,fans pouuoir iamais paruenir à l'Energie , Arifl-ote leur a 
voulu donner vn rang à part,& les rapporteàrimpoflible,comrae la der- 
nière diuiHon de la c]uandté commue, la dernière adition du nombre, la 
iymmetrie dudiametreauecle codé du quarrc, la quadrature par&îâe du 
qercle,& telles autres chofes^qui ne peuuec cftre aiStuellementaâc nêft pof- 
fîble dcn parler quecomme depuiflànces impuifTanteSj&qui ne peuuent 
eftre acbuellement. Ces choies meritoyent bien deftre ditcourucs plus 
amplement : mais ceferoit entreprendre fiir les limites, du. Meiaphyfi- 
cien. Ce peu donc fuifira pour entendre les OppofitionSjConiècutions^ 
U Reciprocations des Enonciations modifiées. 

Comparaifin des Oppofitions, four con^oifire quelle efi la plus 
necejfaire pour difcerner le vraj du faux. C H A P. X I- » 

O V T c E quAriftote nous enfèigne en tout cp liurc,pour 
difcerner le vray du faux en toutes Enonciations j tant ab*' 
foluës que modifiées, eft fondé lut ceft Axjojuç, qui ell 
comme l'oéil de noftre cntcndement,& que ijQu^AUons rci 
commandé tant de fois, Quentoures chofest'K^jJirpuUion ouléii 
"Negarion efi y>erkahle, ht pour celle caulenous auons.apprjs-xoppofer ài 
toute Affirmation fa Négation contradictoire , pour 6irç.vnç ïincithefe 
telle, que iàos aucune reftriâion ny limitation de tempis, de geurç, jiy d© 
fubiedjVinîSpartic deloppoGcion foit toufiours vrayc^^j^siire^ou/ipurs. 
^eiUfinfet/ fauffo. Mais, pour congnOiflrc d'autant mieux IbppoficÂQçi du vr^y ôc da 
eji flmtpf'fec Éiux,il eflneceflaircdefçauoirqueUcfaa/Tetceft naturel!jçipentô£ïdireâ:Cr» 
mcntoppoiceàla.Yerité jôcU diftingucr de tout© autïç-fauflppQ. qui luy! 
peùteftre oppofeepai: accident ou indireâement. Caroa^petttop}>Q^r 
diucriiesXôrtes de faAiflètc5càvoeme(meveritc;commepouFpi(;Vmple,ce{l^ 
afiîraiatitteiZ.f kf^Jkiim» fc peut contredire ou en ni^qç giw^Wioiçn fpic 
bieh>ou.en a(fii;tT^t que bienfoit nialll âut don^ç iç^.qir.qiKç^.de ce» 
dieux opinion? &Uïfo eftUplùs efloingnèc de lalHrm^^otvi^yiQjCcft à di- 
re qa^lecûi fa çontrikire. Car nous ayons defoile conti?Mrfe*:e qui eft exr. 
tremeniec.efloragnp. Doncpour traittcr;&<ïi|eçifw* cçfile-q^<îftiôf^cn Ut 
quelle Ariftoceaeft monftréauifli fgbtil quieh- aaçunaut^^i^^^Çt^^ 4s^ft«^ 
terfes cpu'urcs j nous.U ffropefcrom en yn e;cç3p^lç!;fen^lif r^ $i qu.cNcaA 
dit 3iix£^,^riStçrçl^j4^([ytiç^^^^^ fyatl^t fe?tf¥$>jhÇQ{¥rajfg; 

comiïkenc lai dmi e}^prim^^çà^^#-;?Pffa^^>am:.c«fe;î^^^ ' 

. .! * -ftote 




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nidle difFèrencc eittrfe tjes 'deiik Tïiaîïiér«^è%rè,-fi eft-i'^^ Phflofoi 
phe, qai cxain!n<lcs môts {dus âiligénï'#f<èifit,quon^hi{p*^ Ib'r'riy Ikr^ 
^nt, il veut <çauô/r iuf^^ dernier -fiôîii(a quéllé drfFeretice il y a de fcix • 
abiôttô/poftfr pdauoit'^ippttfcr lé coifitrafrè àfofi coinf^fre/- Car,côinTÎic 
lottKligtfeïia;que dCrtSTOUts , âulïî ny a H que deux extféftiités côtiîïât- 
tcseiitotftà€bdfe»:&; éotrrimerdutç*' tuteurs fontjtWc^ées deblaiic. & 
Jenoirja^^tOHwfs lE^ttîqh^ depcndem ckine première? Vfïidé"& prénïîe- 
/tfaufleté^i^yôn^;lttj^ê^Éfaires eiitrè'élles. Or ceficîff fcàypea 'dfe'-tho- • .«^^ 
iedc it^imip e^MigWèiftpd lefftïrc piyièufs opiniotw^ÏBfiffR/^ucllè cff belle ' '''^ 

qui eft cmimîHrî^ld Vrâyc opimôÀ. ' Car eeft le prfeWiïe^ qàii faiitfça^crôi? 
pourréSiteïîla'^feufré ^opinion. ' Là décifiori de ceftè qùeftioiVeft j^qué IS i*?'-» ^f/'^T^ 
coittri«icdetAfflrmationt?êitlaNegàcioit,noh ^lXi*f-%ft 
irairc:Comïïï^kicortcrair4-'dê<:efte Afîîrmation,^Wifô/i^ r^^/o^^cfeïFcfcfté motion cr 

IheeefiinJûSle. Cëu*^Uilc>eôhteAtent défçàuôir cèqiiîieàrcft nèijfflâiré 




Mais ic les prie de'mepôrrrtfet* decontencèr auffi ceux! qui vfeulèfic'i^uorl 
leur rendè raifdtt dd^ïOUt^e qifon leur propofe , poàf qulls ni Moier-i 
cbent pas la fei^r^ce feulement pouirlufagé^ cbmnrè'cfeùx qui' Hfcnfë^W 
dent qu'au profiiïc vrtiais ils cerchem prindpalemcht'''fewntêrTtfe¥rijtH^ 
leurs c^)H«s vrftyemell^^entïcux,'ôc qtM nç ièpeU!^ qrfi^viïtf 
raifon afsC^istm^ntd le m'efforcetay d^ht dé léùtpîbporèr'^cy fe^ drgfai 
ments d* A» iftoté le plu^' fecifc^rtrjent <\\M mt fètâ"'péffible. - Gar cbiiibrén 
quePdlitian ayc dcfuté fi Ariftote etV^it'-^JàUfeûi* dèdû^chdpitre, à èaûfe de 
la giand&oblcuritéquil y ttouuoii,^ (ïfeftMie que fi ié pQis VégîV â Bout dè 
fei-p/iquer comme lelay côAtfeiïj'iëi^érè' que te lèiï^eur y trottùer^'t^?ïî 
de foliditc '&c vîuacitc,qu e non (eulcrnerft il' dèmea^eyà ftctsfetd dt faijikc.-^ 
ftion propose , mars auflî il re{pondrà a-P'obnân ,'qne tant'scii'}iut*qtrb 
fobfcuritc nous doyue feire dcAitér ces pavfehi font "d'/i-'rfïôtt , qûaii 
concrauefcHcnious ert^doic dwMwt scfleulrèr, puii quéceqiii éft^cbrHpiini 
fous icèll&eftiSfVray '« If «fomm^^^ 

entendre:- -Dotiejî^'atîifiïfiir-fep i^&àvit aFguhienc'v.pïr*ltqfféf mU\^l P.rmicrar^^ 
prouue qu'ilccorttrairede tAffiffii^ft^^ft^lâWe^a^i'cMii'i.l titit|Rë\î'fëi menr. 
tcmeflttîôïîgfitïirt^^e queUfe <i(M*AHRfnatîôn lâ plus vràyc di^^cbU^é/tSït 




que celles des EnpriciâfiOnsIdcrttiqafeSj e^là dfrePq'tMnd^h'dk'^jCôîn'è '^^fj^ 
dïoie eà ce^u-elleelti* tomme quafid'pn di6qiitî'^<«r9/?Wfflrii^iifêî'^)î ^^f" 
efihien. Car b vérité- nêft autfè elvbfrqubn:eipf rfaîdèjT^KHionîe i&'âyçcrfd 
de no-ftremteliigmce a^ée la<?hff?fëi èncendue, "Or Mt-ëftî'fc 
pius grande encre lkedft«fept4t3A>ile-poiteewttî^ 

ccuë ^ue.quandiUy>ftuU0diffàôtW^0Ht^4te G-elife Afl?fffiS- 

R tion 



Digitizecis£)y 



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130. I>E riNTERPREXATION, 

r^ftrfijif tion donc, Lilientfiksen, eft^fbuaeraînement vtzytfdrfcy x pource qùblle 
nadioufte rien à Icflence de la chptè, & dit Hniplement que ce qui cil,efti 
£c combien qiûu commencement de ce Uure nous ayons die i qmly a 
deux manières d'Enonciations vrayes : lune quand on die que ce qui eAj 
eft ;i'^cre quand on die que ce qui neft pas , neft pas , comme quand on 
die que thommi nkjlféiynef iirre :ii pll-ce que celle qui affirme que ce qui 
eO*» eft; eft bien plus vraye que la rxegacion vraye« Car quand on die que 
U bien efl tien , que t homme efi homme , vous exprimez la chofe par fon ef- 
rtityper^ei- fèncc,ôc ccla eft vray fdrfi^Msiis laNcgaeion vwyc que par accident: 
d€»f, comme quand on die* U homme nèfifjis >ne fiem ^ ilÉ^uc cnercher la vérité 

de cefte négation en la comparaifon de re(rence de l'homme à celle de la 
pierre. Et cefte vérité eft vnc vérité accidcnule. Car la vérité cflêntiellc, 
cëft celle qui declaire la choie telle quelle eft : mais conHderant yne choie 
auec vnc autfe & hors foy^nous venons à-dire que ce qui eft en foy & par 
Iby neftpas , citant connderé auec quelque autre cho& : comme fi notxs 
ne condderons rien en l'homme que Cott eflence , nous dirons que fhm- 
meefthêmme:Qccc&c&xecfk affirme de /'J^^mKv^ eHènciellement. Mais.d 
nous confîderons ceft homme auec quelque autre {ùbieâ, comme auec 
vne pierre, nous dirons que l'homme neid pas cela. Donc la vérité de 
çeftè Négation eft vn accident que nous trouuons en fe&nce de l'hom- 
me cpmparc à lefTence de la pierre. Or ce qui eft vray par foy , eft plus 
yiay que ce qui neft v|:ay que par accidentOonc cefte AmitnztioniL'hom-' 
eft plus vraye que cefte Négation, L'homme nefif4f inife fiem. 
Pafibn outre maitKenant : Puis que nous cerchons les ojnnions contrai- 
res , il faut que la contraire dune opinion vraye férfv) loit.vne opinion 
Éiuflè fdr fiy:6chL contraire dùnc opinion vraye par accident , doit cftrc 
auffi vne opinion Ëiulle par accident. Car ce leroitmalopposc^non 
prend vne opinion vraye par accident pour contraire d'une opinion £tuf^ 
fc par foy. Or quelle fera fopinion &ufle fdr foy & eflèntiellement oppo- 
fce à cefte Affirmation vraye efTentiellcmcnt ôc ff^r foy, V homme efi homme? 
Certes ce ne peut eftre quela Négation, à G^znoii V homme neft f4s homme, 
'Car toutes les Affirmations que vous f^auriez donner , L'homme eft vne 

{ùerre,ou du bois, ou di;i &r, tout cela eft ùux par accident. Et celuy sef- 
oingne trop plus de la vérité , qui nie que l'homme {bit homme , que 
celuy qui dit que l'homme ibit quelque autre choie que ce qiul efl;, com- 
me u a cfté dit. Concluon donc, ^que comme la fupreme vérité , ddi 
dedireque cequieft,eftcequ'Ucft,au(Blainpremenui(reté,dbft quand 
on dit que ce qui eft akà pas ce qui! eft : èc dkutant que cèfte extrême ve- 
nte & extrême ËtufTetc ne le peuuent exprimer que par l'Affirmation ôrh 
Négation, il senfiiic que toutes opinions contraires doyuent eftre oppo- 
ièes par affirmation Se négation , puis que nous appelions contrariété les 
dernières extrémités de répugnance. Ce feul argument bien entendu 
fuffit pour nous reibudre touchant laqueftionpropofeeimais Ariftote 
en adipufte encores quelques vns , qui Icickirciront dauantage, Premie- 
• remenc, dit-il, l'Enonciatiionnmi^e'efttoulioursplus fàuftcquerEnon- 

ciation 



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PREMIER LIVRE 

PRIEVRËS' AbîALt^ 

T I Q_V E S, 

O V, 

DV SYLLOGISME 

. ^ • 

PREFACE- 

Yant expos b' aux liures precedenta ctmtimuétim 
cout ce qui appartient à.U congnoiflàncc ^f*^'^^^^ 
des Enonciations , U des termes fimplcSi 
nous traicteronsjtiiaintcaaitt du SyUogifine 
Analytique ^ qui eft kdifice pôuc lequd 
nous auons cy deuam prépare noi taaaic* 

resificcommencédeHaalestailler dcaflEem-» - 
bien Mais , auant que paiTer. outre , il &tà 
bon dcxpliquer Qcvndt:^cc»*>inél^utsi 

_ lequel nous auonsretenu,commepluuears 

aucres,elltmans que nous ne deuons point (aire difficulté dfempruatcr des 
termes nouueaux de ceux qui nous eniêignent vne {cience nouuelle 
du tout incongnuë à noftre langue maternelle. Ceux qui ontvoulu &ire 
parler Ariftote en Latin , sarreilans à la commune ûgmticacion du verbe 
^naèyferyC^xxi fignifie DiiTouldre ou Re{buldre,ont tourne ce mot d'Ana- '^tn^tifutu 
lytiques Refolutions y pource que, comme les Chimiques dcfnouent Icp 
métaux > 6c tous autres corps naturels , les {èparent en leurs premiers 
principes , aind Ariiloce cnfeigne en ces liures Analytiques la' didbla- 
tion de tous difcours ôc {yllogifmes^à fin quaufli tpft qubn nous propé» 
k vne conclu(ion> nous en recherchioas les principes pour pouiKNuriu^ 
ger fi elle eft valable ou non, & fèpacer Ibr delà vérité par & affiné , dé 
tout meflinge fie fàKification. Or combien que cela (oit vray , û efUce 
que le but premier ôc principal d'Ariftote en ces Unres Analytiques > neft . 
pas ladiffiuutiondu fyllogifme, ains au contraire il fè propok prind- ' ^ 
paiement dcn cnfèigner l^fice & alTemblage : Qc quant àla diflblutioJuts 
il nen parle qiienla troinemepartie de ce premier liure des Prieures Ana- 
lytiques , pour nous faire dautant mieux congnoifttc: la fiacce de Iknificie 
te ftniâure du fyllogiime. H ny a donc point dSipparence de donner ce 

nom 




à 



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{ 



ij*^ PREMIER LIVRE DES 

nt^M^é^luHons, cjiii' ne peut conucnir qua ync partie paiticuliere de, 
ccîliirré, à tons les liures Àiialyti-cjucs ,(i;ce ircll qubn priait ce mot de re- 
falut^nj^.'pi'i'init^UAiJsÊ^^^ eivaoffrçl^u^ yne fçrmc 

vfede cc mot ^nai^r^i^t^crcj:l^l^ g^Cjpyu^dillbudfc: tomme 
ckap.^, quand il dit au premierliurc des Pofterieures Ànalyciqucs,j«f /;/ efiottim- 
pofSihl^Je faire yne conclufton yraye fir àe?propoJlrions fi^ff^^ 3 fl f^^oit jorr facile 
a^naXfèr.cS cd^ff^Ztoi^Adl dQtalifjqu^aly^f^ ne GgâiHej^s-jdiT- 
foadrff mîttr-il-ftgmfiÎB aifromr foMehtént^rvcrftaWcihertt l'&rpodr- 
*^bps, cane ic penfe que ce mot ^na^s tûp<méi^^ai^^/fie eft deriuc) ne figni- 
£filjifis. fie en ceft endroit ^èfiluttdh , n\ais-tomitic Èpilyfts vaut autant à dire 
que Interprétation ou Enonciatioû ; àinfi o^w<«/ï//j (îgnifîe vne oraifon 
côpolee déplus dunetlion'cçiçipfijcaSrejp l^gu-jr(^cçque celle di<flion 
ana^w compoficion fignifiereïteratioq,tellcmentqueccmot,^;7^/)fr/(^«('i', 
' qui eft deriué de ce primitif^ •^'^^bf&i monftre que Ibraifon, de laquelle 
nous parlerons en cesliur^, neftpas vne Erionciatioii toute [culc_, com- 
meauliurc précèdent , mais x^uclic ëll compolcc de pliilicurs cuoncia- 
«<aiin^..--.o . ziotihv>\»t^^SinaliJkXtgnifv^ cohuyic Ep/fj//s fignifie i'Eiion-^ 

ciasfo-o-j'ijim^iniereî quece feultikre mon'lreîa concinuatJoa de ces li- 
uras-fwatîole^piîecedènc. Or cobien-quèa celle iigiiihc.ition ce nltie.^/^MJ 
^«^*;?/cbaÎAiiètidRS^ tous fyHogifnics, contesiois, dautaiu ^iicjcs lylio-, 
ytûpw des^Tjopjqtid! oitDi^lctiiique. ntf fout que coiRjrnèvn^^iBi^ç des 
Vïijrsi^tagirmqsjTSj ïji/on^ny obfemc pas Ie3f"aftai:t5|^^i^^ 
ytHéfytijues. gpoQucifc Ce liiate.5ice.m de ^i^ndytkjues- ;eft i|Ê>hî^^fjy éft^ aiife 
Huâds<qaii(tonàttx]ient?le& prec^t«s'iapparc&a»s|i]'x fyll^lra'és qui ne 
• iônt pas t^obablcs :&Qlement , mais fonotol^Êts vcri^^^j^^ ne iont 
dàrput^W'<le(p,rt.'& daucre. Ëc poûrcefte,^ 
uonr; que Jes-Uuxàdcs taregorifis'pc de ilntirprctation apparciennent 7i 
k piàitie Analytique ( encores qtÈAriltotc nples ayt pas appelles Analyti-î 
ijncsijpGorc«'T:}uen iceuk il iie parier point'éncor de ianalylJs , cfeft: à dire 
idtiyUcfgiftnej.) Cartraitter analyciquemcnt quelque chôfc'vuuc' autant 
.o.Yv ^ diki qucn diftourir. véritablement & par vne méthode trclèiaciejpour 
|druenirivnc.cettàine' refokition, au lieu quedifcourir Ibgiqaement, 
> xofirpjtrierfeulementauec quelque probabilitc.de railon. EcpiiisiquAri- 
4}36d}è! parlé ainip,t»n:némepeutrcprendre.dkuoirt:omprins fous la| partie 
^nil)^qiic dclîQr^àne tous CCS liuxes qui cnfeignont tes pTaceptcs pouc 
JÎKMMariroanJytto^Hïîcncnt , ' voire les" Categorres mefiaficsi j vcu que {ans 
flbeUèsii eft impqluble dcslùder d&tinuèntion des principes ilos SyUogi^ 
&ai5s>Aiïa}ytiquck^iiafixjue:nôûsvcrrôns.cyaprci^ ^ ..f i 

i>«w>»>«/- fi'j'CE'» [fiures^SOTlyiiques'foncvWgaîktnemdiuK^ 
^""^^ -Ijriiiiqjups Sc^oftfzàèiiresiAinalyciques^ 6c onert^cigne comimmémem aux 

cmfaràlcs,.i:}uckiiaâ^ Prieurés dt commune àtoutjfyU 

Jjogtfinoijtant Aiialynqneqae Topique : Gacils diuiTenc T^rgane en Vne 
^i3j^e!tdBimicii<c^'âcfahr^rtic pacticubece: -S-aus-lapardejccmmunerili 
3a3ta|«ciiy>datArsLCaqB^ |niTe iiar(nrbrprccài^a, ^ lès deux iiure^ 
rnoa des 



tre 



,Digitized -by 



FRIEVRES ANALYTIQVES. 137 

des Prieurcis Analytiques , prenant tout cela comme Vn genre qui eft di- 
uile par après en deux eipeces contenues en la partie particulière de i*Or^ 
gane,à l^auoirles Poftcrieures Analytiques, ficles Topiques. Mais, fbus 
correâion ycefte diuifion ne (c peut (ûpporter: car il ny a point dégeh- 
re qui foit également participé de ces deux cfpeces , à Içàuoir de la De-»- 
monftration ou Pollcrieures Analytiques ; & dîes Topiques : ainslcs.fyl- 
logirni6s;de laDiak€kii][iie ou Topiques ne (bm quune ombre dés fyllb- 
gilmes analytiques : & en icomparaifon Jiceuxne peuaent eftrëtf|>pellcs 
iyllogifmes,qu8|)ar eqninoquc: car lesfyllogifmes de la Dialeétiqtit ne 
font pointfigurcs.ealcufc'amfice, ains font hypocHeti^uiss feulèniéhf/& 
quant à^lltiuention de leurs: principes èc au iiïgernem didleâique,cèk ha 
du tout rien de commua aoec Tinoention & le iugemieht An*aly£jquè:ôd 
ôc nçantmoinsjifi la doctrine des Prieures Analytiquesîeftoîtcomrnunèi' 
tant aux Poftcricures Analytiques,quc àuxTopiqaes,il feudïôitqiiefin* 
utrntion & les inftrumcnts Critiques, que nous verrons erf ccs Fritures, 
appa^niTeot également. à laDemoinfliration èc au fyllogilme Topique; 
cilani certain quunee^ece ne participé point plus lëgenïè. que llurrc* 
c(pece:.conme,pour exemple Jabefle'irraifbnnîtblenelV mèib» ani- 
mal que Thomme c mais il ny a perfonne qui puifle nier que le Syltogi^ 
fine Analytique,qui a fon principe compose du vray Confeqiicnt déiSiï 
fubkdi & du vray Ariteccdcnc defon Attribue , nc.foit biien plus iyllo-; 
giAneyquo.lé iyllogifine Tôpique , qui neft que vrayfemblable ^ non 
pas vray purement & fimplement. Or tant scn làut quAriftote fok aa^ 
teur de cefte diuifion des Analy tiques,quau cotraire il conioint les Prieu- 
lîs aucc les: Pôllerieures ;âés le beau commencement dé ce liutre i^a;di- 
Lntquëion but jftdetraidcr delà Demonftration, encorer^ qtfil nëh 
paric qu'aux Poilerieures:& au chapitre penultienie.dMrfccond des Po- 
ItcaedYcs il dicquilamonftré que ceftque le fyllogifine & la demonftra- 
r:Oii , & cpn^me fefàît lun^ôc !*^atrf. .Et combien" qiulaommele {yllogi- 
fine/implemenc. Ci cft-ce qu)l faut entendre le lyllqgifme Analytique fcu- 
Jenîcat, comme dit eft : pource qu'à vray dire le nom du^Uogifnie nap- 
partiént qui celuy là, àc ne fe doit communiquer aux difcoUrs de'la'Dia- 
IciStiqMe ou Topiques, quentartt quïls reflcmblct & appfdchcnf èn quel- 
que manière du (yllogi(me Analytique, prenant leurs arg^iin^s dé cer- 
tains antécédents 6c conrequehts généraux : aiijlicu que TAnalytique 
pren d les fieiis des vrays antécédents & cpnfcquents de u cohclufion : çev 
<jae ie fuis contraint He repeter fôuuent , â fin que le ledlear foit adujçm* 
de ne confondre l'Analytique auec la Dialeâiqué , commcF i^^t^^^^^n 
nairement. CVcombieh que pour ces raifons iehc puiflc aucunement, 
âpprouuer cefte diuifion triuiale de l'Organe en vnfe partie communc,ôc 
vue particulière, & que ie fepare entièrement la partie Analytique dàuec 
les Topiques, comrtie deux genres du tout (eparés , & qui ne font cpm- 

Eris Coas aucun genre commun, neantmoins iay retenu la diuifion des ^fl^^l^ ^ 
urcs Analytiques en Prieures Ôc Pofterieurcs Analytiques , pource qu'es pnetms.o'S» 
deux derniers- liures , qubn nomme Pofterieurcs , Ariftote parle particu- 

S lierement 



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138 PREMIER LIVRE DES 

keremenc dune excellence elpece de fyllogiGne Analytique, qud appelle 
Vemonfiramn : mais aux Prieures il parle généralement de tout fyllogi- 
fine Analytique: qui efl: auffi la raifon pour laquelle il cite quelquefois 
CCS liures Ibusle titre iu fyll^ifff^ ' tellement que les Prieures (ont comme 
vn genre^duquel les poderieures font comme vnc e(pece:mais quant aux 
Topiques,elles ne font point c&ece de ce genrerôc celuy qui veut traiâer 
vnc matière par les méthodes des Topiques, nâ du tout quefaire dfeftu- 
dier &s Prieures Analytiques, ains il fuyura tout vn autre chemin , com- 
me, chàçun congnoiiîra aifement» quand il aura pafie cell Organe de 
bout, à autre. Ayant donc déclare comme les Prieures font diftinguees 
dautîç les Pofterieiires , il faut propofer fommairement la diuiHon de «ne 
premier liure des Prieures , à hn que nous puiflions dautant plus facile- 
ment retenir & comprendre ce que nousy verrons , pour nous en feruir 
commodément en toutes occafians. 

Ce LIVRE a trois parties principales. La première traiûc de lartifi- 
ce de tp,us fyllogiûnes Analytiques, lequel cotififte en trois figures. La fé- 
conde enièigne Tinuention des principes de cous fyllogifmes Analyti- 
ques. £c la troifîeme monftre comme tous difcours & ratiocinations 
(e 4oyuent réduire en fylIogifmes,{èlon lartifice de quelcune defHites 
trois figures,& comme iliàut analyfër & refondre les fyllogiimesen pro- 
ppfitiomyQc les propodtiotls en termes (impies. Et aufli commeteldites 
^g^^es.^ petiuénc réduire de lune à ^utre. Venondonc à la première 
par^ict,:! - . ■ ■ ' 




1>RËMie^È PARTIÈ. 



1 V'v-ir' 



DE L ARTIFICE ET STRVCTVRE DV SYLLO- 
GISME ANALYTIQ^^E, 

Définition de ia Tropojùiony du Terme, du Syllopjme , €9* du 
Jbndement de toute ra^iocinaiion, chap. L 




m, 



Ovs commencerons cefte première partie par les défini- 
tions de la Propofition, du Terme,& du Syllogifmc , tant 
parfaidb, que imparfàiét. Apres cela nous monftrerons le 

f)rincipe & foncfement de tout fyUogifine , & les conuer- 
lons des propofitions. Car fans cela nous ne pourrions 
i»r#^/ft«. comprendre Artifice des figures. Trof option ejl >»f erdijon affmatifêe ou ne* 
gatiue , & eft cela mefine quau liure précèdent nous appellions Enoncia- 
tion:mais nous luy changeons de nom,dautant quelà nous confiderions 
lEnonciation toute feule hors du {yllogifme, mais icy nous la prenons 
DiMtJiwde U pour partie du {yllogifhie. Lapropoation donc eft ou vniuerièlle, ou 
fttfjinm. particulière^ ou indefmie. Quanta laOnguliercnous nen parlons point 



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PRIEVRES ANALYTÎQTES. 139 

icVi ppiircè que ce qubn vpid 6c ce quon touche (comme les chofès fin- 
gulieres ) iie vient gueres en diicours de (cience. Nous {çauons de(ia que 
luniuerièile cil celle où nous voyons quelque marque vniuerièiie « corne, 
Tmtt nulx ijHÎcon^tfes y & la particulière a là note particuliere,comme,^if/- . 
^ue y ou ijuelcun : ôc Tindefinie eft celle qui na aucune marque ny vniuer- 
ieUe ny pardculiere,comme quand on di^^^/«-/ contres dffomemefui 
mepnefàencejam AitCyToHS cmn^ainuonhitnyQt^l^s contrdiresl^ ^treditàjtm 
po/icion eft ou Analytique ou Dialeâiquc. L4. fropêfimn dndlynque , c^sft ^Ufffêfau, 
quand oh exprimelèulementtaparEie.vericabledelacontradiâionxom- 
me quand ondic,Q^f Vieu d créé le ciel & larerre , Queirfits QhrtfieBMedU' 
temr entre Dieu &■ tes hommes. La propofition Dialectique , cfetl quand on 
donne le choix des deux parties de la contradiction, pour en difcourir 
probablement de part & cfautre, comme, s^'fçauàtrji TOrgane efi y>ne fcien^ 
ce ou mn. LUn fouiliendra la partie afErmatiue > Ôc lautre ia negatiue par 
arguments Topiques ou Dialectiques. Mais qui en voudcoit parler ana- 
lytiquemcnt , il ne pourroic pas foullenir le pro &: le contra , ains feule- 
ment la partie vericable:ôc pour celle caufèla propofition Analytique ne 
£e propoi'e point par interrogadonxar.il ny apointi. cboifinmais la pro» 
pofitionDjâlediquesexprimeparnïaniercdmtcrrogation,pourcequcn- 
cores qml ny ayt qu'une des parties de k concradiâion vraye , fi eft-cc 
quelles peuuent eftre toutes deux vray-{êmblables,tellement quelles fè di- 
^uteront toutes deux par raifbns probables & apparentes,commc il lera^ 
monftré par exemple, aux Topiques. Etny-ariendeii cenain^dontle- uD'utUmàm 
Dialecticien ncntreprcnnè de dilputer de part ;& dautrë* ' Car des Piinci* mmtittm^ 
mefines des fciences^ qui ibnc indemonftrablcsja dialeCtique pemier 
difputer > Ôc rechercher tout ce qui (è peut dire probablement à Icn^, 
contre. Et par cela il appert que la Dialeâique neft aucunement, propre' 
pourtraiCter les {ciences,ccft à dire pour acquerirvrifçauoirfolide ôa im- 
muable :& que le Philolophe s'en doit {èruirfeulcii^eht comme dune en- ' 
tree pour parucnir plus facilement à la certitude Analytique , après auoir 
eltneu toutes Icsdoutcs'ôd difficultés de part ôc dkutrc^ ô: ayant trouua 
tout ce quifèpeutdirévray-icmblablcmentjskrrefterenfinàcequieft) 
vray. Mais qui sarrelterdit Amplement à la DialeCtiqae>il feroit agitéper^ 
pecuellemcntde contradiction en Ton EfpriCi comme vn nauire.battu de. 
vents de tous coites s fidnciouïroic iamais.de ce ce^bsimthobile,auque| 
gilt la v^yefciericcmais ce nèft pas icy le lieu de âotendré fur cc^ptopps. • 
CUtitâc^'dexem!2rqucr.caceft ethJsoit, que toute pxopofictô^ lyUogi,.. , ^ . ' 
ftiqueckft:vneaffirmâdon bu négation de quelque cholè : &! {lelleieârr ' , . 
vi»ye>cUecltAiialyuquc,ou ApodiCiiqociCbftidijîet'd^ " 
die eft necc(&ire,& afàs (qualités réqùifès ^ùr cilrc admifr en là denioh- - 
ftratton ,rdonè il fera parle aux Pofteriâares Aoftlytiqthesf: mais £i cUiè .neffi^ 
que probablttjce ^èra vne propontion dialeâique. . 

: Le TîBritME, ccftceenquoyfcrefQUttoucepro^ofitioiny<*cAâ^ 
cirfl^e S ubîcCt ou l'Attribué de toute pcopoficion-Çcft ce qim Jrurc pre- : 
cedcncnous auon$.^eUe fic^eiiif .» comhidni^ ce motfjTV;?^, . 

Si femble 



7Vn»r> 



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MO PREMIER LIVRE DES: 

fèmbteplus appartenir aux Machemadque$,quala(ciencc dudifcours, 
cane y atoucesrais quil ndl point métaphorique ny impropre en ceftefî- 
gnification^commc ilièra montlré cy après au chapitre des figures. 
^Sêgljme, ■ Syllogisme v»/ orMijin , en Usuelle cendmis chûjis eBâns fcfies, 
il s en enfuit ^hpue autre chop Jmerfe de celles qui snt eBepofies : ctfûurce qtte 
lefdstes chôfes Çonti. &y voulu traduire le texte d'Ariftote mot à mot en cefte 
dçfit^icion^dâutant quelle efl: fi exââe ôc il parÊiiâe>qubn nen peut chan- 

fâ: yne fyllabe (ans uîy-fairc torc^Et combien quelle foit vnpca obfcure, 
cft^ce quapres que nous ^onsAreu les figur^es^ellc nous fera fort &cile. 
Ceçendantelle le peut ainfi paràpbfafcnSyllogifine eftvneoraifon com- 
paice de deux propofitions.,ielqu«lles eftans pofees comme vraycs ôc af- 
fcurces,il scn cnfuiç vnç concluhon différente defdites propofitions,& ce 
par la force & vertu delà pofidoa defdites propofitions. La quantité des 
exemples que ftous en-verronscy après, nous rendra cefte detinition fore 
Êmilicre, Or le fyUogiûne eft ou ^drfaiB, o u ImfdrfdiB, 
sySi>gifmtp4r- ' L fi S Y L L o S M E paciàiâ»cHcccluy quinabefoingdàucune cho- 



fi*^ i&, pour monftrer lèuidence &la neceflîtc de fa condufion. Ceux de la 

première figure font tels : mzis les autres iibnt pas l'artifice fi par&idt. 
syllo^ifme im- - LESYLLaGisMB imparfi-iit,- cHl celuy qui a befoing de quelque : 
_f4rfM£i. chofc^ comme nous verrans que les fyllogifmes de la féconde ôc troifîe- 
tne figure, ne peuuenc monftrer bien euidemment la certitude de leurs 
coticluiions, C\ leurs PFopofitionr ne font tranfpofees ic renuerfêes pour 
r \' > ^. Icis réduire à la- prèmierc figure. Etpqur celle caufc nous parlerons au 
' ^ ' chapii^ff£ryuântde'la'bonuerjf^ohdespi;opoficions. Ilyaauflidesfyllo- 
gifioesT^ aufqiiels il eft bëfbihg d'interietter quelques termes^pour lier les 
uropcfitions auec la cohcluiion,comTne il fera dit aux Pofterieures Ana- 
lytiques. Et tout cela teft imperfèctron, , 
DufonJement -'-P ctv R: entendre dbùvicnt la forccdu iyllogifme,& cottiment la con- 
crfrincifede clufîon proccdc de la pofitiou des propofitions, il faut fçauoir que ccft 
^tUm, que 6Bre du de tûttr.oix Efire en tdut,^ Eflre dkdenui. Car la neceiïitc des fyl- 

logifmes , tant affirmatiS -que negat^ , dépend de ces deux petits mots, 
cbnime nous verrons maiiâèftement en Tartifice des figures. Ht par keux 
Arii^ote a conghu<qttela.difpofition des termes du fyllogifme félon Ikrti- 
fice de là .première iigurc eftlapliis naturelle. Et pourtant nous dirons 
quei^^f m detmi cë£^ le fondement ■ficjprincipe des -fyllogifmes affirma- 
ceft Jefitùtlm tifs,.&: SfhedkdienuliskSk leprincipe >&foridement des Négatifs. Elhi dit 
^mtt l%S!m <&irw :9ué)i^* f»f«i£,^eft:qiiand cequiefl attribue au Subieft,cftparcillc- 
ehaf.de tarti^ nfecnc atltibué à tourjcc qui eft compris fous ledit fûbieiSl , & riy-a nuUei 
fmetUfitKn pdrt'ic.dttddc fobieia^iaquelle Iktçribucue puilfç eflr^ dit- E^tdkdi - 
U fremmt fi- ceftquandl* AttribnSeftaic*duiifbieâ^&: ne peut eftre dit <&icune partie 
dbditfubiéâi- Noua-v^rrôo&tantofi; comme ces Principes foncadtuelle- 
ment en la première figurcilaquellfepDur cefte occafîon cftJ^cplusparfai- 
,.. âe & iliplusnaidc^. Mais ils ne^nt es autres figures qu'cncanr quelles 
fipcuaent redpirje)ila|>remiBrepar bxonucrfiondcs Propd(itions,donc -> 
pourceite'occ&fion<il4iain£nnpac figures. Ëc 

■J '.\ t-. ' combiea 



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PRIEVRES ANALYTIQVES. 141 

combien que cecy lèmble obfcur fans excmple,coutesfbis nous fuyurons 
Ariftote , lequel ria point voulu encrer en laràlice du Syllogifine , quau 
préalable il neuft parle de la matière de toutes .propofitions,& deieurs di- 
uerfès conuerfions (elon la diuerficé deleur matiere,àiin que nous fbyons 
garnis de tout ce qui ed neceflàire pour £iire vn iyllogimie par&iâ t de^ 
uanc que commencer aie conftruire. Le lecteur donc paflèra cecy lege- 
fementjfans Pilonner pour Ibbicurité dexes mots^Ihe dit de tomjbL tfire- 
Mrdéml: car la première figure le&luy.&ra entendre par&iâement. 

De trois genres de fropofiùom^^Mfohtés tO^^effahres ^ €5* 
• Contingentés. CHAp. II. 

rarggg^' O V T E s Propofitions font, ou , ce ijm eft jimfUment ^ 
^^wBwj^§ -r^yÂ/jvwf»? ,ou 2)ece ^aiefifarnecefiti y ou ceauiefi connn- 
J^^K^K^f^r. Etàcaufede celle diqcrficc de matière des Propofi- 
Ç^^ft^fl !:ions,quàndnous viendrons à Ikrtificc des fyllogifinesjnous 
en ferons auffi de trois fortes,& appellerons le vns 'Necejfai* 
reSyXes autres ^hColus^ ôc les autres Q0ntmgenrs, 

Les propontions de ce qui eft Amplement & abfolumenc,font celles ^[ffi^^*^ 
qui font vraycs (ans aucunecondition ou Lmitation, mais l'attribue ncil: ' 
conioint auec le (ùbieâ par aucun lien neceilaire & immuable : comme 
çn cette ^xo^ù^Qix:Tm çùrheau.tpncit» encores que cela foit bicnvray: 
tantyaque ceft Attribué^ffpir^nêftpointn eftroittemeritcûnioint auec 
cefubie^v xoré^au, que lun ne puifTé eftre entendu.fàns l'autre : tellement 
ççion peut parler du corbeau & de la iiature,lins parler de fà noirceur. Et 
combien.qualaverice de toute proportion abfoluëioit indubitable, H 
cft-ceqully ades proportions abfolucs , defqoeilès la vérité ne rseftend- 
pa5 par tov^ç> ains eil limitée de quelque lieu ou païs, cdmmé,poùr exem- 
ple,/! ie dis ainHjL'f couronne rie tontine fomé en tjuenouHleiCc&G pr opoiition fe- 
ra abfolue içn France feulement : car elleferoit feufle-en,Eq)agne vAiigTe^ 
teiTc, & adleurs. Autant en eft-il de toutes les loix éc ordonnances des 
Rois,Prince$,& Magiftràts. Ce font propofitions abfoluës aux lieux où 
çllcs fbhçobfèruees : car on ne peut pas douter queHcs ne fbyent vérita- 
bles Mna^sAfiflotene les appelle pas NeceIIaires,tarii:pourctqa£d*Accrii. 
bué dételles prQpofÀionfsneft conioint pâraucun-benr.neceflairè 6cm* 
muablç aue6|e,$ùbieâ>qûepource jquetdut cela's^bôlirayniour:lapà 
toute vçâ^:|ie(:$^iuh:$ efteteriîeUe, conuneil'diràiaik7oflel:ieuré^Ana-: 
lydc^âfiU.. ., . : -.sï^'-.f . ,r , . o- y /"«^ ■ -r-i'! 

Les j^f>poÇ^siabfplvës^ehtq^ 
necsjëiàf^^on ^i^on^voe forte de fyUo^unesMixtiés;.dont noustrait-^\ 
teroos ej^jflfx^^itcstfxcff^mom dbfpiiuf&'fontioït&e-' 
^ipctif^én i^MPSi âi/c^ipes: & eatatuliùrcs., tant bions| que:mâuuaisei 
k^$0£fêllifk>n3 iieccfiàifestqufenoùs àppeUero^Apôdiâiques ausiç 
iiuj;ç^ <^']^7p^m<)tittratioD>jne fè trouiient qukrjfffcie^ , defquéllësla 
vencee(|iopiJibl^ j&j^txr^^^^ la Thedo|fitt. 18c Mathématique* 

^ S 3 Plufteurs 



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142, PREMIER LIVRE DES" 

Pluficursjà faute dé fçauoir diftinguer les propofitions abfoluës dauec les 
neceffaires , appellent demonftrations tous difcours& toutes dodrines 
quîlseftiment véritables, & par ce moyen fè coiffent aiièment dbpinions 
erronées , & font âifcs à contenter. Mais ceux qui auront apprins aux 
Pofterieures Analytiques les conditions des propofitions necellaires , {è- 
ront difficiles à perfuader. Ce<^ui foit dit en partant , pouraducrtirlclc- 
Qttwt de sexercer diligemment a cognoiftre ôc difcerner les propofitions 
abfolucs & contingentés c&uec les neceilàires. Les propofitions abfoluës 
font fort communes , comme dit ell : car de tout ce qui efl au monde, 
fbit bon ou mauuàisy.otien peut faire vnepropofitionabfbluc. Comme • 
fi on dit. Que la famé efl bonne, Que les mdladies font f^tfcheufes , cela cfl abfb- 
lumencvray,& non neceflkirement , pource que les attribues defditcs 
propofitions ne font point cfiTentiellcmcnt conioints auec leurs fubiedls: 
ainfi chaque article de couflumc, chaque période des ediâis & ordonan- 
ces, chaque aphorifrnc d'Hippocratcs, chaque reigle de Rhétorique; 
Grammaire, & Dialedique,eft vnc propofition abfbluë. Et dâutant que 
pour ce commencement nous ferions empefchés àdiuinguer ces pro- 
pofitions abfoluës dauec les neceflaires ôc contingentes , nous modifie- 
rons les ncccfiaircs & contingentes, en les exprimant auec ces mots,/feJi 
neceffaire , owllefi contmgenr.rnais les cnonciatrons abfoluës feront exem- 
ptes de toute modification,& scnonccront toufiours purement. 
fr$f0j!t$êns j^^^ propofitions ncceilàirçs foiK celles dont les parties (ont con^ 
lomtcspar vnlie de ncceliite irtmiuablc, quenous appelieros ?^-^rjf^,quad 
nous ferons aux liures.de latDfmontlration , qui eft quand l' Attribué ne 
peut eflre entendu iàns fàicé mention du fubieâr» ou le fub'iét^ &bs £iire 
mention derAtcribué. Et,i proprement parler, les propofitions vraye-i 
xneiit'necefTaires ne iè tronuent qiien la Théologie, dontletùbieâ efl 
S>ieu i lefm Çhrijl^ ôc [on SgUfe» Toutesfbis les nombres & les magnitudes 
font aufli honnorcs du nom d<:temtcé par lés Mathématiciens, & leurs 
affcâions & propriétés jbarciHement: de forte que les propofitions,auC. 
quelles Iddits Attribues font conioints par foy auec lefdits Subicâsjïont 
réputées éternelles. Mais ce discours nèfl pas de ce lieu. U fùffic pourle 
pre/ènt de donncrquetqucs exemples de propofitions necêffàir'es. Etr 
Théologie donc cefte propofition eft ncceffaire , Tous ceux^'^mfihriufii^ 
psf4rfiyont^dix enuers i>ieu, Pource que le Subicâ:, à ^aupir^ T^jj» cf»jc 
qmfontiuS^s forjiyi efl éternel ( car ceux qui fbntiufHfiés par foy oint vie 
éternelle en Icfus Chrifl: ) & comme le SuDicft efl etcnïtl > àùflî eflf At^ 
tribuc, ^uoirfdïx enuers 7)Uu , qui eft propre à ce S ubieû , & efllié àuèc 
iccluy' icfun Uen itnmuable ôc néceflàire , dkutant que céft Avé,ûh^ckAuoir 
f^fnmrsVieUiCC^zàittUfmxMUcnfcience, ne petit & ne poiïrraia- 
mais eftrcei^édaiiy défini uns Êtiremràtion de cejSubieâ^ %CÇè\xàix de 
laiuftiâcation pacjU foy. -EnGïramecriecefteipropofitiôiieftâecëflSirew" 
Tom triangle dtmf-4f^Usjegd$tx à deuxiJmts ; pôurc^que lé. T^âgfeéft vn- 
des Subi^ib .delà Gfi6mccrie,Ieqiiel ell réputé cternetentàAc'^Uflêft çôtt-^ 
Hderé hors toacéisaiciçcecoruiptible &pçriflàble:dc:ce^ 

.* ! ^ trois 



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PRIEVRES ANALYTIQVES. 14J 

trois angles fgaux^À deux droits , ne Çc peut définir fans parler du Trian- 
gle. Ces exemples fuffiront pour, ccftc heure: Car il nous feudra traiâcr 
cecy amplemencaux liures cfcla demonftration. 

Les propoficions Conciiigentes font celles qui ne font tty neceffai. ^ 
rement ny ablolument véritables, mais il adment ordinairement quelies 
(bntvrayestcomme qui àitoïu II adment communément ^ue tous forejfeux font 
foures , Ilddmentle fins fouûent que les riches- font infolents. Ces propoficioni 
fbntirequentes es délibérations 6c confultations,&:tufli aux arts Meclia- 
niqucs : Car tous les Confeils politiques 8c militaires , tous les préceptes^' 
de 1 Agriculture , tout le traffic « tous les meftiçrs » font fondés fur ce qui 
aduient le plus fouuent , mais non pas neceflàirement. Ce mot donc de 
Contingenta dont nous faifions trois efpcces au liure de Hnterpretation , cft 
icyreltraint à ce qui aduient ordinairement 6c le plus fouuent: Car quant 
au Contingent» qui aduient rarement,ou qui peut audi toft ne point ad^ 
ucnir , comme autrement , ce {èroit peine perdue dfen vouloit difcourir 
par raifon. 

O R congnoiflânt la matière de toutes Propofitions,voyon leurs con- 
uerHons 6c reciprocations,fàns lefquelles nous ne pourrions bien enten- 
dre l'Artifice des lyllogifmcs , où nous allons entrer, ny réduire ceux de 
la ièconde Se troificmc figure à la première , qui eft la plus parfaire. Au 
demeurant, ceux qui cnfcignent qu'en ces liures des prieures Analytiques cotrettux ^mi 
Ariftote ne parle que de la forme, qui ell communeà tout Syliogifae,ôc ^'fi'"' f* '** 
ri ^ aucun c(gard à la maiierc,font conuaincus par ccfte diuifîon des pro- ^^«V ^rîl 
poficions en Abfoluës,'Neccflàircs,6c Contingentcs,qui ne concerne que 
Umati«rc des fyllogitees , âc non pas leur forme : comme auflî es ton- ^J^t^È^' 
unifions des propoùtions^dont nous parlerons au chapitre fuyuant,nous 
verrons qu'il eft du tbut neceiTaire dkuoir efgard à la matière , 6c niefinc 
Ikhidcc des figures fc reigle par la matière, 6c faut diftinguer Ikrtificc des 
fyllogffmes Ablolus dauec Tartifice des fyllogifmes Neceffiiires,ôc lartifice 
desNecciTaires d'auec celuy des cotingencs.£t de faiâ,tantsen faut quA- 
riftote die quil veuille parler en ce liure de la forme du fyllogifine feule- 
ment , quau contraire il dicexprclîcment quil veut monflrer dcquoy , 6e 
quand , 5t comment , Ce &it le fyllogifme , qui monilre clairement que 
cefte opinion (cholaftique (dédire que les Prieures Analytiques traidtenc 
de la forme du fyllogifme feulement, ôc les Pofterieurçs de la matière ) eft 
du tout efloingnee du fèns d* Ariftote. Et pourtant ie prie ceux qui 
pourront trouucr eftrangc de ce quen ceft endroit 6c plulieurs autres ie 
riay fuyui laiàçon vulgaire de drainer TOrgane , dêftre aduertis que mon 
intention eft de fuyure Ariftote , 6c que i ay mieux aime apprendre fbn 
intention dans fon texte mefinc, que dans les glofès 6c commentaires. Il 
ùmt donc noter quAnftote nous propofè icy toute force de matiere,pour 
monftrer cy après qubn peut difcourir dé toute forte de matière analy- 
tiquemcnc 

De la Conuerjîm des Propojkiom ^^ohtes^T^cefaires, 

Conm 



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144 PREMIER LIVRE DES 

Contingentes. ' chap. m* 

V A N T quentreprendre de. faire vn iylIogifine,ôc tirer vne 
cocluGoade l^oncion de deux proponuons>il faut enten- 
dre les couuar fio;is des propofitions. lappcUe conuerfion, 
M |Liand.on tranfpofê les germes dune propofition, failant du 
^ S LibiedrAttribucjôc .de r Attribué le Subiedt: ce quifefàit 
Ctnuerfi» fim en dcux façons, dont Funè sàppelle Comerfon JimplejC^znà les termes font 
t^' conucrtis ou tranfposés, fins qubn change riçn tn la propofition : com- 

me fi on dit , 'Nulle comète nefi^Ûotlley veftc proportion le conuertira iîm- 
plemcntjen è£mx^uheBothmj^comexe, L'auçr.e conuerfion sappelle Con- 
c»nHerit$»f4r ^^rpon far accidenTy quand ayant m js le * fub.icâ: ay lieu de lattribuc ôc lat- 
éccUcnt, tribué au lieu du fubie*5lj. on change la propofjtionquieftoitviiiuerfcllc 
ên particulière : comme fi Qn àxuTcits les gents de. lettres ^meml^f oixtccfiQ 
propofition (c conuertira par accident, en difant , Quelques yns Je ceux fui 
it^mentU faix fonrgems de lettres. 
rptitâtUco- N G V s verrons cy après vn graod vfage de ces Conuerfions : car par 
uerfioHdfsfr»- icelles on réduit tous {yUogifmes imparfaids à leur pctfeâion , on prou- 
ue vne mefme conclufion en diwerfes façons, on examine la confonance 
ôcconuenance dçs cermes.du Syllogifme. Brcfilfçroit imppfliblc dexa- 
miner Analytiquement vn argument par le moyea des inuruments Cri- 
tiques ,que nous verroniau liure fuyuant, (ans la ^conuerfion, laquelle, 
pour ceftc çaufcjil çd trefiieceffaire de fè Éuniliariftr j pour faire heureufè-. 
rnent les plus belles opérations de noftreOrgane.NDUS déclarerons donc 
en ce chapitre comment toutes propofitions Abfolucs, Ncceflàircs , ôc 
Contingentes le doyucnt conuertir. . . * 
CMuerf9nia ^ E s propofitions Abfolucs negatiues vniucrfèlles {è conuertiflcnt 
fêUis* cnvniuerldies: comCy Si mue yolnftt nefl bonne^nons dironsaulii queïvW- 

le chofe bonne ?a /? yolî^pté. Si nnl fedinep^x nefl homme de tien, pareillement aulfi 
^ufhomme de hierinejifedwux. . 

Les abfôluës vniuerfèlles affirmatiues fe conuerciilènt en particuliè- 
res affirmacines , non pas en vniu.erlelles, cotpme , Si toute iuSfice efi lonne, 
donc Quelàue chofe bonne efi iuSHce, Mais qui feroit la conuerfion vniuer- 
iêlle,en diunc que, Tom chofe bonne ejl iuÂce , il sabufèroic : ainfi , Si toute 
£>^rre:ciuileeJ{dangereufii\ACon\ict[epmic\i^^ fera véritable, que ^uel^ 
^ue chofe dangereuft ferd yw guerre cimle. Mais on ne peut pas dire que tout 
ce qui eft dangereux au monde foit guerre ciuile. lî but donc bien r^e- 
nir cefte diiFerence entre les abfolucs. vniuerfèlles ixegatiues,& les vniuer- 
(elles afSrmatiues : car celles cy fe conuertilfenc par accident , fie celles là 
le conuertidèntfimplemcnt. 

Les abfoluës particulières affirmatiues fe conuertiflcnt en particuliè- 
res affirmatiues. Siquel^ue yolufti ejî bonne, il seniuit qgc quelaue chofe bonne 
eji yolufti. Si £jueljue fedmon ep funiffable^ Quelque chofe funiffable e^fedition» 

Les abfoluës particulières negatiues , ne fe peuuent conuertir aucu- 
nement : car, encor que Q^l^ue anmdlne foit f as honnne , fi eft-ce qubh ne 

peut 



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PRIEVR;ES, ANALYTîqVEa. hs 

fcntfos dhe que Qt^l^t^ homme ne joitpof dmm^L 

Les Propofitions Neceflaircs. fe conuertiffcnt tout ainfi que les Ab- ctnuerfiMàn 
fblucs. Les vniuerlelles ncgatiu^s^feconuertiflènt vniucrfellemcnt.Exem* fro^étUnsnc^ 
pic en Théologie: Si ml de ceux jut fom. en Jejits Chrifè ne: font condamnis de fe^ "JT^^'* 
che, il s'enfuit auifi que 'Nuls de ceux ^ui font condamnis de fechi ne font en leÇus 
Çhrifi. Exemple en Géométrie : SimftfomBnk longmde ny latitude^nlH 
Nulle chofe qui ayt longitude ou latitude n^feuf efht ympomit. Exemple en la 
Phy/i qu e : Si nul cofps m f^ut efirt fans Ueu^ aufS» T>lulle chofe oui ejl fans lieu ne 
feuteflrecorPs. Les proportions. neceiTaires affirmàtiues/K>it.vniuer(èllcs> 
ou particulières ,(è conuertifTep^teii, particulières ^ffirmatiuos , tout ain 
quii a eftc dit des abfolucs, Sj tons^ lès Çentib, qm ontreceu la Jiy ChreBienne, 
Jontalfus de leurs péchés ,ils'en{tlit que quelques yn^'Je ceux qmfont al^fous de 
leurs fechis font ÇemUs qui ont receu lafoyQhreBiepne, Si tout triangle efi figure 
reBilinee , il senfùit que quelque figure reBilinee ejl triangle.^. Les Neceflaires 
particulières negatiues ne fe conuertidènt non plus queles Abfoluës par- 
ticulières negaciues : tellement que quanta la conucrfion , ilny atiullc 
différence entre les Propofitions necelFaires & abfbluës. 

QiA N T aux PropofitionyContingentcs , il faut noter que quelque ctnutrfvnda 
fois on appelle Contingent ce qui eft neceflairejouçe qui eft abfol Ument Conttn^nm, 
vray. Car ce qui eft,ou ce qui eft neceflaire, on ne peut pas nier qu'il ne 
puilfe aduenir: & en celle fîgnification les pxbpofition? Contingentes fc 
conuertiroht tout amfi que les NeGçffairts j&c Abi!oluës. Mais frce mo^ 
Contingent^ eft prins en (a propre fi'gfûi;çation.pour ce quiaduiei^t cafueU 
lement, çôme les Accidents inopinjqs^pu pour.cc^ qui fuient ordinaire^ 
ment & le plus foùuent, alors les ^roppfitions Contihgérites fe conuerti-^ 
lont tout autretnei}t queles Abfplùë^ ^Nccef&ires. Qç.quilÊiufiremar- 
qucr {pingneufeinent :.car au lieu que nous dirons qj4$,lp3 Propofitions 
Abfbluës &Necelirâires particulières négatiues ne f^i;'o»viem(rent points 
au contraire les Contingentes particulières negatiues Te conuertiffencfort 
bien. Exemple : Cejî yne chofe qui feut aduenir^ ^^^ fpfi^'^ f^f^ux ne foyent 
f4s foures^^u^i efi ce yne chofe qui feut aduenir que quelques poures ne foyent foi 
farefffux^}lit^y Jl^duiensfiuûentque que/tjues'ins des'plm'^cnrs de bien ne font 
•f^ Jes plus frisés: Sii^i àduient dfouuerjt (jae quelques yns des plus prisés ne font 
ifàs'les plus gems d f 'iitn. - T^Alc^^cnt que fi ie crduue quelque pi opofition 
ncgaouei, foityniuerfèlle ou particulière, laquelle ne fe puil^^ ' ' "\ 

en particulierciiegàtitt^C^àmemonftrera quelle neft: point Contingen- \L '/'[ 
.tc-Exemple^ie v«U3t fçatfair;fî?Géfle propofitiôn eft comingem^ ■ 
-ddumir aue auelaue homme ne Mt pat {haudm. ie verray fî die fepcàt t^nuer- -^'?"""t/^7 
or: dç vpyaaDquela çonuepe efwt^lic^aiçâuotf, Que quelque fçduant ne fait ^np^ftion- tfi 
pas:hmam M condu de là quelle ne pe*iftrfe èéi^Miâgteiitéél ,^€)Brî$îft Wife ««rigmr 
.rd^ebi&imble . queJes Ç<:)£lÉïgâ^ 

-tir eDparcicqliçresi^ï^gâtiuesf (ti^èllé' fcra'^dèrtftc'itfèftccy'> î*ùîs;que11fc 
aicflÀ«'cotingem«|,Telle.fe ôtf h*eèflàiM*bb^3bfdtbe.(Dc dir^ quelle foft 

T quelle 



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146 PREMIER LIVRE DES 

quelle efl: Abfoluc : car la particulière , Quelque hûmme nefifds fiaudnt, eft 
abfolumenc vrayc : & ]L\xnmcvù\\e,'Nulh0mme nefifçaudnt, eft abfolument 
feufTc, comme au fli lUniuerfclle affirmatiuc,7<?»r homme efi ffauanr. Autant 
en eft-il de ceftc cy , Quelque xyimmdlnejlfas homme. Car dkutanc quelle 
ncfe pcutconuertir^pource qu'on ne peut dire, que Quelque homme ne fok 
f4s ^nimdly cela me monftre quelle e(t ab(bluë. Mais ceftc cy eft contin- 
gente,^/^ Frén^ù'u ftrji f4ffç4udne:f onrcc quelacouerfè eft auflî vrayc: 
car Quelque fçéUé^mtnefiféis Fran^okydcSL à dire cous les f^auans hommes ne 
font pas François. 

C^A N T aux vniueriêUes negatiues contingentes , elles nefe conucr^ 
tifTent pas vniueHèllement comme les neceiTaires & abfoluës : mais par- 
ticulièrement. Exemple , // dduiem ordmdirtmem que nul fçaudut homme nefi 
éduancè aigres des ?rMKVi,cefté propofition (t conuertira particulièrement, 
lUduienr ordindiremem que quelques yns de ceux qui font ddudnces fres des ^rin^ 
ces ne fontfdffçdudns : car la conùerfe vniuerfclle feroit fauflè,à fçauoir,5«' 
nul de ceux qui font ddudnces fres des Trinces ne fufl fçdudnt. il appert donc par 
ces exemples, que la conuerHon des propontions contingentes eft da 
tout contraire à celle des NeccU'aircs & Abfoluës. 
Diffirenee en- ^ II Y A aufli vnc différence entre Ics Abfoluës ôc les Ncccflàires , en 
hlns^ZfilÙs ce que deux contraires abfoluës particulières peuuent eftrc toutes deux 
• ntcefdires* vcritablcSj commc,Çg^/^«^ homme ejl If dudm,Quélque homme nefifdtjfdudm: 
ôc les contraires vniuer&Ucs ablofuës peuuent mxe toutes deux (àufles> 
comme jToutdnimdl efi hemme^t^ul d$ùmdl^fi hmme. Mais en matière ne- 
ceflàire les propofitions contraires ne peuuent eftrc nycnfembleveriesi- 
bles, ny enlemble £iu0ès % d'autant que ce qui eft neccflàire eft vniuerfcl» 
voire éternel, comme nous verrons es poilerieures, de forte que H lâffir- 
matiue, foie vniuerielle» ou particulière , eft véritable , il senfuit que là nc- 
gatiue, foit vniuer&Uc ou particulière, cftfaufTe perpetuellemenc. 

^eâFiffim. CHAP. iiii. 

O vT ce que nous auons veu lufoues icy na efté qu'une 
encrée, pour nous conduire plus aifcmenc en rintclligence 
de rartificG &'ftruâui'ç. du fyllogifine , qui confifte ea 
j>i^efi»neo' ^^^Ê^^i croîs figurcs^ donc il Êiut parler maintenant. Maisdâucanc 
tre ceux^Hi re quon trpuuc çftrangç quAriftçfte nous voulant en{èt^er â 

^flttTéHêir^ Éiirfrvn fylbeumc,il nous parle de figurcs,qui appartiennent , ce fcmble» 
feiu térn^t plus aux Ajl^çmatlQi^ 

^jjO^^ifmefi ^ o^rt^yP^i^ ^ quAriftote pçcbc luy mefme contre la loy qifil 
.ntit quelque part^de nùfer de tranftation quand il eft queftion dcn^cigner 
&, parler proprement , il àut voir & ceftc reprchcnfiod eft iufte ou non. 
Et pour en iugcr (âinen\ent> il nous &ut icy.prattiqu^sr hiûge de nos Ca- 
tégories. Carilnyf rien qui ^pprconç.tant à parler proprement, 6c à fe 
garder detoutesti;^f>(li^pns & manière» de parler imprbpres,quc de rapt* 
' porter fh^uc mpc ài^^Qai^gçrijSi^ :Ëcâ^wx.qui tefca^^ 

moc 




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PRIEVRE^ ANAL-YT^IX^ES. 147 
mot àc figure y fuflent encrés^ en l-Ot^i^ie pap cède poste , an lieu de &âter 
parlaièneftre, ils eafreneveuquel^iMie0é(jbîâce>qiul£ veplentdem 
dccrop medicurc'cftoiifej^^iaececpûb^oœ . - 

* L B lyiiogifme, comth^cnoiis aùo0s^iX3dn jiadeiu^icioh; eAvne cipe- 
ce dbraiîbd. ' Maif jSorai&rv a tant ds^f^ficatipns /qmnapni: quélny a(^ 
fignerfi GategoriejrÉuic^ttre diligem'aî^cmar<^ entend par 

ce mot , aiiï^^c[uilcii'a eft&plus amplènwnv difirouru: eh k Catégorie de: 
la Quantité. Icy^dpnchoas ^eboDsIbrcnfon pourle nombre de laâi^Gn' 
ou fon(£hohv<jui ie Éùc par le mouucment; de la langue , du gofier , &c du. 
palais en 'parlant. Ceftc^^aiticùi nous monftre quei'Oraifen eft. Quatti 
cité, -^ac tfàùs âuotos vmeu la Cat^orie de la Quandto^ç loutmQm's 
bDeeftQgâXKice;der(midqDenonobl^ ' 
nous coirdoKMXs' aucc Ariftote que ce xidk point par iaCcident ny meta- 
phoritfuemcm^ qùel'QratolBéft Qi^ndte^ mais cblleOendellement,&. 
enbpiusexprefle-iigQifidanoûquiteftpbffible. Cela posc^il scnfuic que 
tout cfj qoiiappacticntipreprement au nomhrey&àla Quantité, peut 
aulïi eftrc proprement appropné ôc attribucà roraifon,&par confequciït. 
au Syllogimic. Orlaiîgur&appan:iem atoutcQuaiititc,tant cominue, - - 
commeàuxJignes &: magnitirdts, quak difcondnwe,iBâlnme au nombre" 
&àJ!oraifon. (Carces deux genres de quantité sïiniflent cnvnSubiei^t 
auquel ils communiquent toutes leurs propriétés.^ jrémme.il.fera 
monllré clairenient au premier liure desPofterieures Ana|ytiques,quand 
nous traiâetons dè' ce qui eft dit Tdrfoy^ ) H serifuit dônc , que com- 
mènodsata3haohTau,xra^nitudçs:tfcs-TGrmcs;dcsInterualles, desFi- Ldf^ure, U 
^ çiTcs, âuffi les pouuEonsînous attribuer aux nombres ôt ilbrailon, non ^"^^'yj^^ 
pasmetaphonquement,maisPariby>àlçRuoir par voecomm triUésférfij 
ae£ropnetcs«àcaui[equeIaquanùtj£cQimnueiei0iHt;& vjj^^ &L^n ^hr^fin. 
nicimefubicâ auec ladiïcaûtinnc Btquivoudraioailenir^^t^iQÉW^ 
parle en cecy impropr<nnent>iliàucqmlprouue «[iiEuGltd^e pâii^tt^ÀÉ^ 
proprement^quandilàppt^les nèmbirfs qua,rces. Ëtàkveritc Ariftpte. 
& ièroit merueiUeu&naent oublié > luy,jdy-ie , qui parle Q. proproment^en 
toutdsd^ofès, jcbifer demetaphoreicnlàrtifice du SyUogi(me AnaiydquQ» 
leqoelardfice éft (i exaâ > & requiert vxie vérité Ci pujde,iquil ne peut {ôu& 
fiiraucune ihi|>ropcpnuttitiore.de.paripi:i Mais ileu^aite dtf de&ndre Ari^ 
ftotéeaceilendr.Qitypmà/queicèmôt'iddiigure ippacdem en pnoprcàla. 
Catégorie de lajQuandbç cft quantité iibonunb aufffiile (yllogiCnè, qui 
eft vnedpcce dbrai^n cŒ qôandtc.' 'Ec de fàidli Ariilbte a tant cftimé 
ce mot àc figure , quilnc'là voulutdqna^r quarardficc Analytique. JGar. 
qaadil pàclera des autres SyUogilnie$>4urquels lartifice nèfl pasîi exaEt à, 
beaucoup prcs>iinapp^Uera pas.cidle'cpnftruâion \z figure yvazxsjifuahéy 
pourcc que toutes cno&s qui ne fc^t.pjoint Subfltàncc ou Quantité » k. 
peuucnt ea quelqucraanicre rapporter, à la Quàlitc,compiQ nous dirons 
plusàj^iaquandjious'^ftrierons'des.SyUogi^ \ç£^ 
qucbioat bien eflélbngtkes de Ja pci&dû>it ^ -ce^ 

«Ulxiî^reS. ■ -v/ji-tj'.'iJJEvj h t 'À'^'"^. . 

T i PovR 



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5';£âviR :jddnGçaKa<ii£;'ce{baQcdl£0^^ > id-^ttctnocer 

dEt|>iâennei:.liottjqti« dùl;i^à|^tfttO{^&^ctir^ ny: moini de: 

txtremts. trois,cermes,àtipttoktdeuxitt'>fft[cinfts»^^ darcpixk^t>n veuc: 

la>CQ«kkftoa'^ubi&vcut^coatit^ deux cxtniQacs»!qui.^6nrcDaioihcs: 
pKrjiberonkoixrtiBrroeit^tboiirfl^ 

desw^petnesisbcafuôiîauedlkiiunre^Kmibi^ iamàis en-la câir 

cbftont'Bt punrccqattJijadBs em^es;a{çauotf fc^m:^«i^a^ipelte]t^ 

oànouyveiToits>kniaieur«x«tfiine WcodcfioA.m&c.]eMetay&ijùtip^ 
piAïiSizJ'dmafewryiùûàAtïcfcBamctih^ >fiCilâitfrcjoùicTale 
— . if • miaeuccxtremevà Êaiu>u".lé. &i/ffi (fc.k conoufioa aacc lç:^tenôc mc^ 
ffMr. toycn, SAppeil^ u ff2£^0ri;dcnfn ]K>usrn&cixoa& vncrtsmiittc dcxeinples.£^ 

DVu^ienrU r'^ O 1 A dïuct&.'col^atiato jdorcetme ^eco^nsft tau&idjel&diuet^ 
<^«^r^rt' dtsf- dccièes» figures; / iGat ovv tl : -icri du/ihflipu 'dc&.dtftpL(aceemc$^> !ouilicrarsi£ 
dtï&ii, twhiQu aadâflKàusidecops&loa'iku^jiiteuen^^ 

ôii t-o'ucTroisfigures*;3iifjOKi /.mi^I mu^^: ::: rrr,-. kii 'itiv-L. 

le maieuv bmermqy qâi ûft i' Art dbbé-i^ l&c6a<^4linitfb 
é(bdib db m<»ràd^0acfrâm(^(l 

pburb^xjqVtfeU^defff y$>dismTa^ ^ct^ àetTas jâàtminepri 

£b^i;4*etikiainttii^tkn<pi:^ 

vmuerièlle ou particulière* Quancàlaconcluiîon * elle pcuffcft|g!rka0e 
Mvo*I j T vniucrfcl 




f 

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lEâ£iic.^epiyorpoferâ^jd<utc:ibùJ[^^ les^qua<iFé:n)odés^.pu j^eces,4ç 

douze atitr^quojaiâp^iUc oœdinakcnicut'J)iWr^>#/i^w> poiir.ceïô»Ari- 

fltroiiiiéMjùbn ne^pottutpit âcrJBcpour fov^gi^sk in^t^ircsiedà^B 
K^'àc^6tiatk^jnodie»<>u\etp«ces ces figures desf}ôtn&queiç< icho* 

din:d'œdÀk&£mad[etOtttfyll@gti^^ Ils .^ppe)l^ntjiQOcU:p<enticriç 

voy-clles^iiVa;$ inoc^ay^efijaebicc&n&flè eAr^ &arl£^es4.4c.pouuois 1^ 
chaCér de^'Kkmnejpais^ipArii^^ lâu^eiiri . Màis4autant 

qu'on y crouueraies fera recetioir en noAre langue , aufli bien quëa.klMir 

A, /îgnirie vnc propofipoa» ïWttBadSâi^l^ftw J;,;-.: , ; : j 
E, vniuerfelle ncgatiuc. .v.jrv;:*- vxx;v;»: ;.^î-. v^^l:; -.^ ■ ' 'rS 
I, parciculicre affirmatiue. * ' ,xlv *t^<î^ l > ^v.v ^v,^. *: ^1 

O, particulière ncgatiufMTvv'.v v \Tt * x .«t: . tv-^ i -^v o k-* o: ^'^ z::n 

^^ofiÙDA doijdlogt&^vâCsU^çoiid^jyli^ <e{l lâ^araue de lai&ço.n^c 

â^cts.mmc^ omânffiîco^vfagc^, <^WçjiQïiftY«(^ ^fr- 

deiyllogighescie lèpicmisrej^te.^j:î»Ate»:ic« pj^^^- 

communes en toutes fcicnces, & larcificeen eft plus iio^U^quie dçç^*^ 

ofitions purement abfoluës , la aàla^^MA^i&i^ ibat 
udq«ibsffflMnUla^«D^i|^ ^kv^ i \ i 



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^tijice des J^o^Jm^^^B^^ 



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tso -PREMIER tlV^E DES 

fi groiTier qui ne compiieiine'U &roe de ià conclufion. Aulfi les deux àu- 
tPek figures riont force xvf vertu , qubntant qiic leun propofirions etons 
renUerfces par le moyen de la çonuerfion, elles fè peuucnt réduire à cette 
lefrinciffe ^X* ^ ^ j^tïncifGyEBre Mt de routyÇs. trouue aiftacllement en cciyU 



quand l'Accribuc eft dit vniuerlèilemenc dun Subieâ:,(bus le^i 
on pr<md quelque autre chofe de laquelle ce melrae Actribue'efl au/Cdit. 
Confiderant de près cëfte de{cripuon,nous y trcnaerons noftre tyllogi- 
£xftic4tion 4u fille toutcnticr. Ces mots, QgttfUùttrttueefiJkynmnfrilemtmt^ 
frinciffc, EHïc guifient kmaieurvniuerfèUeaffirmaciue.«fmi^^/aff^W^/pr4«r^ 
dtc de tout. ^I^^p-^ ç.}.^ iftincmf de noftre (yllogifine, en laquelle nous auons pris , les 
fols , comme vnceCpccc compriieious leSubieâdela.maieur,à^çauoir 
fous ceux hd^ent U fof 'tence , ( car cfaft comme vn genre dont les fols 
fonc vne cfpàcc :) S)e Jd^uelle ce mejme ^trrihêi efi i&r,cëft la conclu- 
fion , en laquelle Attribué de la maicur,à fçauoir idymenrldwrT,.cà'mnr' 
bue à ce que nous auons pris fous le fubieâ de ladite maieur j; â içaùoir 

L A deuxième efpece ou mode de cefte première figure cft vniuerfellç 
negaciue, ôc sappelle aux efcholes, Exemple: . _ 

Ce 'NuljuereleuxncficcnJuùparldfdffiencf. . . - , 

la Tomoutrecuidê ejl t^uereleux, 

rent ^oncmloutrecuUen^flccnduitfdrUfdfience, 

- ' difpofition de te fyllogifme eft pareille a celle du précèdent: mais 
dkutaUt qifil eft ûegatiÇ fon principe cbft, Efire dicJe ml : Car Efire iitde 
'nuU cefi'ipMndkfutiéB'efiieBemintrepti^ tU tdttrAm ( voila la mateor n^a^ 
tiue)^ivf tomce ejlfrmsfcus UJirfMeâ ( voila la mineur affirmatiue.) efi 
dkfipeyfemtlemem [efmi$dudar0ii:woY negaciue* 
di^ofition (èra toute pareille es modes particuliers de cefte figure. 

' - L e troifieme mode ou e(pece eftpamculiereaiSrmatiucdc Appelle 
2>i»y. Exetnple: . i 

- Pa^ Tomce quiefi neceffditepur ldconfemdmfi^de mjbri 

h0nneur,ejî permis fdr les l^i 
ri Quelque viâkme^ efi ne^ffdbfe fmir U c^tjcntdtwt Je nêSht >it 

mlire hfinneuK 
i ,9dr^uiy-quelq$uyùlenceefi:fèrmfefdrlfshix. 
Le principe, 8$hre dit de /»iw^,sy:a?ouucEa tpuc ainfi comme au ptemier- 

L E quatrième mode eil particulier negatiÇôc sappelle fem. Exemple: 
' " ÎFc T^uBe mdljif^ dJulrere ne préfère, 
f"^'-- h" Quelqi^es md^hs desflùisgrdndsfonryndifons dJûlteres. 
o Tdrquoy qtéelquei mdifons dtsfluf grdndsne frôlèrent fomr. 
Lê principe négatif s'y trouuera çomme au^condmode : Vpyla des 
exemples deikrtifice des Syllogifraes Abfblusen toiis les modes de ta 
première figure, Et auant que dën donner des iyllogifînes neceflàii-es 6c 
' contingents , il yàut mieux ekpoler bfieaeihent ' Uircifiée-dés doux autres 

figures j 



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PRIEVRE-S ANALYtiqVES: 151 
figurcs,6c propfer âul& icelles des exemples des fyllogifines abfi>lus* 




Dekjcondefi^ç^ CHAP. VIL 

[A S E c K B figure , cHl quand je terme mecoyen neft 
»as logé çïacre les deux extrêmes* comme en la precedence« 
naisileilau deflfus des deux,c'eft àdirp^u'en toutes les 
|deu3C propofitions il tient lieu d'Attribué- Et pourrCefle 
icaufe AriUote dit ^ quea ceftjC figure le terme mecoyet^ eft 
pris de dehos > d'autant qml eft piins au delius des extrêmes i comnie 
nous verrois plus clairement en la {êconde partie de ce liure^ où nous 
parlerons dilmuennondu terme metoyen. 

En ceftt figure la maieur doit touHours eftre vniuerfelle, flacon- 
dufion touîours negatiue : 6c pourtant eft neceflàire quune des propo* 
ficions foie .ufll ncgaiiuc, autrement Tartificc fera vicieux en ccftc fecon- 
de figure, fitoutes les deux propofitions (ont affirmatiues. En ceftc figu- 
re on peuctrgumcnterxn quatre manières, comme en la precedcnte,que 
les Scholaiiques appellent aiafi , ÇjeÇ^t^ CumeShest F^Bmc » Séroco. U faut 
donc domer exemple de ces quatre modes des fyUogifincs composés de. 
propolitiinspuremeacabfoluësi çommeila eàéùx£kcn la précédente 
figure. 

c4r$ifce da SjHoôfmcs ahfilus en la féconde jîfftrc^ 
CHAP. VIIL 

A PRBMXBRE eipece OU mode de cefte figure cAvniuer- 
(Ac negatiue» & sappelle aux'eidioles, Céfdre, Exemple: 

' a Tnttfért^ux tient fes mdms en fin fim. 
té T^dr^mymdféirejfeuxneBhmme^^^eré ' - . . 
C E fyllogiGne> comme tous ceux de cefte féconde figure* & ceux de 
la troifîeme pareillemeric, font appelles imparÊûâs» au refpeâ de l'artifice 
de la première figure, pourcc que la disposition des termes ny eft pas fi 
naturelle ^ & ne monftre pa? fi clairement la cotmexicé de la conclufion 
aaec les propofitions , quec^nd Ikrtifice dl conftruit exi ladite premier 
re figure , 6c pour cefte caufe Ariftoce cnfeigne à reduirctôus les {yllogi- 
fincs de la {êconde ôc troifieme figure aux modes de là première figure, 
pour moriftrer leur certitudepar le Prinapc^^^ JirJêmt,Sc Eflrtditde 
ml y laquelle reduâion £^t par la conuerfion 6c tranfpofidon des pro- 
poGdonst6c les noms barbares, que les icholafttquesont donné à cbicun 
ddîlits modeiSy monftrent fitcilement comment lefdifiestranipofidons 6£ 
conuerHons fe doyucnt 6irc,pour rcduiretous IcfditsModesà îaprcmie- um^Z^'d^t 
refigure. Car prenûeren[ientil&utprendre^ardeàlapremierelettrede(l m»desdeUji* 
dits noms,6c &irela redudliotiau modeder^premterefigare quilècom- T^^T^^^g 
Toèppi^p&ikl^éfÈïtkt^ic^ Câmeftres, Jnntàmmtit 

qui ik conunencenc par C, ie réduiront ap mode de la ,j>remiere figure {"/"^j^'^irt 

^ qui * f"***''* 




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PREHV^R llV^"E DES r 

qïii.fe tôirxcacc par là gi^fmbleçtre,à fçauoir en CeUrem, le pource fair^ 
il en quelque fyflabc du nom de qilelque mode de la (ccoide ou troifiê- 
me figure nous uo^uons vne J", céftc lettre nous aducrti de conuertir 
fimplcment la propofition qui cft dénotée par ladite fylabc : comme, 
pGÙrfexcmplé,Ji6iff rèduitcîcfy^^ qui'cftfen CefdtiçnCelMrm,îi 

&xit coniiet:tir (unplement ia Maieunqui eft dénotée bar c&c fyUabé Ces: 
6^ 'moyennant ladite contierfion fimple laredaâîon fera fàâe.Maîs Ci en 
^ùck]ùe {yilàbe fibiis trcuuons vne M, cefté lettre nous adiercic qml &uc 
tran!polèr la-prdpofitiorï.qaieft rharquee par ladite fyltaie, ctft à dire 
quitfautthettrélaMaicùr aU lieU dfc k Mineui: ôc la Mmcir au lieu delà 
MâîcUr ^ commet pour ckéînpIfeV^^'^^^J^ic réduira en Cefre, cnûi&nt 
la tranfpofition fufditc des pfop;<)fiti6ns à caafe de VJrCy & :onuertiflanc 
là Mineur & con'dufiiDnfimplêmentàcaufedci'i'. Que flenquelquefyl- 
lâbeiious trbiïudns vn? > commue cnVdrafù & />/.«'«»,qnfbnt modes 
de la troifiertie figure, lé ?,qui eft en la féconde fyUabe,monlre quîl faut 
roiiucrtii* parciculierement là Mineur pour faire la teduiSkn en Vdri] ôc 
'/>rw. Et fi nous trouuons vit ^en la féconde ou troifiemc ijBabe, com- 
meeh Saroco SiC SôcarJo,ïes fcholafttqucs veulent <^ue ce ^ nois aduertiflc 
qu'un tel mode ne'ft peut aucunement réduire a la prcmicK figure. le 
confeflè à la vcritCi.qu.u ny a pas grade raifon <^uoir figuré ces tran](jpofi - 
tions ôc conuerHons par telles lettres : mais tant y a qu'il me ftmble qge 
cefte inuentipa» toute grofliere qUelie eft>ièrt de beaucouj> àk nemoire. 
quand on içait vhe fois ibs figp^facations de tes quatre cofiDnes^^ S, 
C» qui font udlcs i retenir, comme aûfl! ces quatre voyelles,«^jiE: ,1,0. 
«Q^eiâ quelcun iit^onre rsft^-de Pedantifine, ie nemp^che p«int quli 
ièâ'ace sU&n peut pa0îer, ou s'd a qiidquemeilleui: moyen pour rionftrer 
brieuement les reigles de la redudion .de 4a iêconde 6ç troifieme figure à 
kpremiere. .Orlcxemple que nous auons.tloané du premier mode de 
seiuniM de ^^"^ fècondcfigure , que les fcholaftiques appeUent Cefkre ; fe réduira ca 
c^e mCeU^ xCekrtmùÀtXz conuemoii (îtftpfe delà Maiem.eaGefte forte. . . 

\a T^uifdnffâwc tient fis mdmsèn. fin fem» ... t , 

1 rent ïï>$Àcàulpd^effiuxwi^kmmefidgeK . ' . ' 

Le iccpddmpdedcceflb figure eftauiU.vm^ 
-auxefcho1e*^<i<w^ii5r«: Exemplct . 
. Cam 7jm(l4nidrdretêtUk fient* 

coi^^eneresêâk.lefiaren: \ . . , 
; tces . Tdrjqntyin»Lfidelâ JtC9ttrdge,fKftJdf^d» . / ' . 

• La .redaâiondiè fait au^ en çâarent pr k ttïuifpQntioa 6c corii^eiH 
:£ûnjdfispFopo(j£&Qn$ figurées paç ks lettres iùlHttés en ceftcîjmnieçç]: / *^ | 
'Ce-. .^^tdfm'j^uileJcfiprjr^è^fi^ . yî^rjo-î:- ». 

.':J.k.3 T^U^drmieJfficreit^^ . p;0 o-îl^^. 

Le troiiIeinetno^dcxefteâgate<Apardculâ^ 



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P R I: E y KîE« ANALYTIQVÏS. ijj 

L A redudion fe fait en Ferio de la première figure. L^qtiatlîeme mo^ 
de cie cefte^Agareen: ajiffi ftaïttcuUer.negdtîf ^ Je àppelk S4ha. Exetnfïlc: 

co Ergo quelaues femmes ne jôntf as ferjonnes ptges^ . : 

Ce. m » e ; teutemro^usccox à^XoAc figureras {è ptut réduire àla- 
j^emiercfigul-Q^maisl^jbftnté dclàx<incl^ yierili^ parJ'Abduâi'on 
a rimpoiTibley qui cft ynii>&unxçnt,Critiqw j doncioetus parkrom;au, 
liure luyuanc. Qjjant aux-KBodes inucilçi deceftcftiçôadc figur€,qtii foat 
douze y nous nous eaiwww *^ commcdc céax.dc U première. Vcnon 
donc àla tr<iiûciitie figure^ & Toyonawâijartifice de&iyllogiûncs abfolus 
enicellc.- . ■ . . 

Vand le Terme metoyencftaudcflbusdeJ'dcux excte-* 
mes; cëft à dire quand il tient lieu de fiibîeâ en la Maicur 
& en la Mineur^ c'efl; la croifieme figure. Et pource queles 
Termes mctoyens , donr on-fe fiért ea cette figure , (bnt^les 
mdihdres^le tou<, 6£ ont peu de vertu/tellementqubn né 
eonçlpd'^ue paftiçutier6ftienc,Atiftocé^atre(bonne raifonËitni^ la der^ 
mère. Et ceux qui font mife la premiere,ont eftc plus curieux dbb^èruer 
W dichptomie^que de fu^f^ure la lumière <lu dircoiffs'naturel, dcrappor- 
tct\cs préceptes de TOrgane aux principes que nous en auons de nature. 

Ce sT E 'figure a dix modes inutiles , que nous paffbns fous filence, 
&/îxvtiles & dcbonvfàge, dontlesvns ont toutes les deuxpropofitions 
vniuerfèUesjôc les ancres en ont v ne particulière. Mais ny en cefte figure/ 
nyennulleautDek-fyltogifmene vaudroit rien, auquel toutes les dciix 
propofitipns (erOyent particulieres-Ën larcifice de ceftc figure il faut ob* 
temer que la Mineur foit toufiours affirmatiue,ôc la Conclufion particu« 
lierc, Les fix modes dè ccfte figure s'appellent ainfi, Ddrdtfn, FeUfrony Z>;- 
fétmts y T>mpy Tocardoy Fenfon, U &ut voir Artifice des (yllogifines abfoluS 
en tous ces modes, comme nous auons fiiiâ es autres figures* 

^Artifice des SjBogfmes Ahfolus en latroifiemejîfférc^. 

CHAP. X. 

A PREMIERE efpcceou mode de celle figure a toutes 
les deux prppofitions vniuerlclles, & ù. conclufion eft par^ 
ticuliere alfirmatiueipourtant eft appellee des Scholaftiques 
^4raptt. Exemple: 

D a Toute $oye emielUt U jkce, 
rap Tome ioye efi fdpei^, ^ . ' 

ti 7)$fK quelque fapon emieSlt U facc^^ 

. V Ce 





I 



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iS4 PREMIER LIVKE DES 

Ce fyilogifmc fe réduira çn ©*ry de laprcmiefc figure. " 

La lèconde ei^ece ou modea aûfu toutes (èspropofitions vniuerièU 
les, mais la concluiicFà èd; parttcaiierc ncgaciue pourtant eft appellee 
Feliftm, Exemple; ■ ... rr - . ..1.: 

pr9Htrkvo, Fe* 't>ldhommefdg^nej0hm^tmfênflaiftr'4if^^ • 
lap Toiéthopnme fage ejl p^pre À marner de gnmâs. paires. Do ncy 
ton Quelcm propre à mankr gr/inds n^éwts n9 Àùkmê^ f^fi^r 4iêVm 
^ en la cema^e, > " . 

La reduâton de ce (yllogifinc èrula ppctniore^gure fe fera cttF^riâ, 

Va troineme cfpece^a mode^de-cefte âgurcjSc'cotires les fuyuatites* 
rfdnt<|uune propoîidoft vniacrfellt", & ccfte cy a la conclufioti particu- 
lière affirmaciuc, & s'appelle aux efaholes Difitmk, t ■ cmplc: 
Pr*iterLiu Dïf- QueLjuesyMs i^ans Ucmurpur ^ ^rfrm-a^mis duTtoy, 

a Tom ceux ijm ont le cœur pur î^net dntVHp^rkyprôffrahle, 
plis 7)onc,ijueLfues ym de ceux qui ont V» parler projjitakle font a^nùi d$$ It»^ 
La rcdudion de ce fyliogifinc à la première figure fe fera en Darij. 

L A (juacricmc ëlpece ou mode eft auflî particulière affirmauue,& sap- 
pcllc aux efcholes 3^*ïf^. Exemple: , ' 

prêturLx^ Da Tous yuronp^es gourmands appourtront. 

< tif. .Qi^lqutsym'ongnes (^gmm^screuentdet'uhejfes, 

i Vomi^uelquesynsdecmx^qmmuentderkheffes app^mnnt, 
La réduction à la première figure & &it en 2>4;^«coinme du pçs^ceçlent» 

L A cinquième eipece ou modk eft particuU^C negatiue , & skppdiç 
auxefcholesJ^tffWi?. Exemple: -> . 

Prtntrkx'^ Bo Quelque hd0Êftir ^ prmndeur dé confeil ne fe peut fonder. ^ ' ' 
• car Toufe hauteur ^profondeur de confeil eft au caëur dunfage Roy, 
/ do . 1^ arquoy quelque ch(fè qui efî au cœur d un fage^oy ne fe peut fonder. 

Ce mode ne fe peut réduire à la première figure^ non plus que Baroco: 
mais Tun & l'autre fe confirme par l'Abdudion àTimpolEblc ,quieft vne 
forte de fyllogifme qui conclud vne abfurdité manifefte , & qui pour ce- 
ftecKTcafioned appellee /^w/'^l^/^r. Nous verrpns auliure fuyuant com- 
me cela fe fait. X * ' 

L^ fixiemc .ôc dernière efpece eft auflî panicuUere negatiue,& sappel- 
lefchôlaftiquemcnt Ferijon, Exemple: 
fn/urkiS» pc ^fd homme qmfe haBt trop de sewnchir ne peut eRre mmcent. 

rif Quelques Vns de ceux qui fe haShnt trop de s'enrichir font mme deflre fort 
deuotieux, 

on ^onc^quelques v«f de ceux qui font mine delh-e fort deuotieux ne peuuent 
eBre innocents, 
La réduction à la première figure (e fait en Ferio, 

Ùel Artifice des fjJlo^lmesNeceJfaires. CHAP. XL 

"""""".Yant prattique Ikrtifice desfyllogifmes Abfolusen toutes les 
' figures , il nous en faut autant faire des fyllogifmes Neceflàires 
3c des Contingents. Or ceux cy ne font pas toufîours compo- 
'ses de deux propo/îtions Neceflàires» ou de deux Cotingentes» 

com 




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comme nous 
Mais lesNeceflaires 



PRIEVKES ANALYTiqy.ïS. 155 

auons (licqileles Abfolus nereço)Faenc aucune mixtioi^. 
ïflaires Us <3ammgent»^(èv<^eâ^m^^lieRt^ 
occa(ion il&uc parler de larcifice de ceaW^^^^^fïtt^uci^ leurs propofi^ 
dons necelTairesà par^^'pî^^^nmîo^ai^^ lyfio^ 

Tâits ceux tpiifo^ten lepts Chrifl^ Vie» Us diffiut, 

"Doncytom ceux qui fontMijifitphr^fonihirs^ ni^ - 
Il N£st iabetbing de donner- eximpie de cous l«!»<i'tttrasmod0s& 
figures , n y ayant nuttè^diî&rente ea^rcles fyllogifincsl^Œ«flàircs'ô£ les 
Âbfolui qitfltic à l'Aràfice> de manière que chaam pïmrra pmttiqaer 
toutes lesîigûrcsdn la matière tîeccflTau-eifuyuant le patrcm des fyUogi- 
fhiesahfelus , quenous aaonsmisc^deuant, dcprouuerrartilice des iyU 
h^ifines nec«p'aires tout de mefine quelkrtifice des iyllogifines ibfolus, 
Cjauoireftrpar le Principe ^ift-f Àuie^m t^Efire iitâe.nd. Ilny aquunc 
difFsrenctf : c'çft que (i-on fait vn iyllogiime neccfTaire en la Seconde ou 
troifiemeftgure, qui |.yt lune de lès piopofitions particulière ncgacinc^ 
(comme ceux qu'on appelle SMrJû ôc Fetfm) Arijftotenç vèuc pas ^ubn 
eaprouuelartince pariAbduâionàrimpoàible, conime nous auons 
dic^uil&ck' &ire aux abfolu^y & cepoitt'-ce qûe rAbduâion ne (c pour- 
voit âire qu^en-oppoCànt vne proportion Continente à vne neccflàire: 
demauiereique lej^liogiime (èroit rt^jcte, 8&ne.ierott pas propre pour 
prouucr l'Artifice dun lyllogifine purement neceflairc : mais il-a a:ouuc 
vaautre moyen pourconfirmer larcificc defdits fyllogifines, quïl appelle 
Exf(//m», qui (è ^t en prenaoc fous le fiibiei^ dek cooclufioxi queloue ^jgffitwh 
cîpcce qui foit congnue ôc comme cxpofccaux fens, par le moyen dela- 
quc^ie on fera quafi toucher au doigt ôc à l'œil la vérité deidits iyllogifmes: 
comme pour exemple, Si le iyllogifiiie rieccflaire eft tel, 
Ba jous ceux qmfontajj^tàrts de [ amcur de^ieu muers eux i ont fdix é$tec 
f>ieu, 

ro Quelques vns de ceux qui font ce qui repuffu kU Icyde 2)ieu nontfoinf 
paix auec T>teu, 

co ^onc quelques ^ns de ceux qui ^ont ce qui répugne à la ky de Dieu, nefom 
point affèurés de Fumeur de 2)ieu enuers eux. 

L*A R T I ï I C E de ce fyjlogifme fe prouuéra par rEipofitio,enprenat 
quelque efpece coprife fous ce gêre,C^<w: qui fomce qmrejtfie ilaloy de pieu, 
corne Us adulteytsMnûcides»&* femèldèUs : &lc fyllo^Çnc fe fera en là mc^ 
fine figure que le prbçed^ent, à (çauoir en la fécond^ en ceAe manière: 

Tout ceux qui font afjeurés de tdmour de Dieu enuers eux ontpaix auec Dieu* 

T^uls homicides nbnrpaix auec Dieu. 

Donc nuls homicides ne - font afjeurés de tamour de Dieu enuers eux. 

Geste condufion cxpofe la précédente, pburce.quc reff^ecêeft 
tdufiours plus congnue que le genre : ôc ncanttrioins cfeft toufiours vne 
mefine coclufion:carlcs homicides font ce qui répugne à laloy de Dieu- 
Nous en ferons auuntdlm fyllogiime neccflaire tajBocdrdo. Exemple 

V X pris 



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15^ P REMI EU LIVRE DES 

pris des Mathcmatk|ucs. 

- car Toutes It^sfcmfmdgmudes» ^ r iif 

t do Ergq fulfic mag^àJk'f^^fM ton^meiifmrjfle» 
Lexponnonic feracnFîri^i'A»'^ des migoim-: 

des vneefpece deiaquettfton\dei^on(lrêrà;ie i^eûne Afi^ibué encefte' 
manière: - ' ' .' jv'v ■ ■■ ^ v:"" 

Fe .\}^f^Ji4kfW^.j0'^04rrlèirfic^ 

Voila dont: çommencoes>lyifogifmesi qui iw^èpejuuctttrc^ 
autre.figure,prouueçt leur artifice (ans l'Abdudion à rimpoflSBlcJaqnd- 
le to\icesfois feroit trc&otmepoar conuaiocre ceux <^ui voudroyetit nier 
lefditcs conclufioûs': nuis Aciftojefie s'en veut pas ieruir pour prouucr 
lartiftce de lyllQgifmes.qui fontpufemét Neceflairesipourcetjue i'Abdu- 
ââon nauroit pas tojutes iès deux proportions neceiTaires^ains^luneic- 
roit contingente; fie partant ne Semble pas propre pour prouuerlârtifice 
dkn {yllogiinie puremiCnt neceilâire. 0r pour cefteheureilnîeft queftion 
que de lartiâce. 

Chacvn pourrai' de fpymcfinedrcflèr des fyllogifiîicsNeceflàires 
encQutes.lesriisur«s,ob{cniant le mei[me artifice qui a elle expose aux CyU 
logiimcsi Abic^tts ; les exemples prendront de la Theologie,Mathenia* 
tiques> & Phyiique. 

^Airt^e des ^U<3fffifies^ Neeeff^res mixtes en U premierefigMX^. 

CHAP. XIL 

O V s difions,en parlant des fyUogiCnes Abfolus , quîls ne 
reçoyuént nul meHingc de diueriès fortes de proportions: 
mais il nen efl pas aitld des Neceflaires. . Car on peut Êire 
vnfyllogiflne qui fera neceflàire quant à lârtifice , encores 

Îuelune des proportions ne {bit quab(bluë> pourueu que 
^ ^ ,^ . ; lieu principal au Mogifinefoitneceflàire. Et fi on de- 

mancle quelle propolîtion tient le lieu principal ? Es fyllogifmes affirma- 
^"""'^ tifi ccft la maicur vniucrfcUc affiimàtiue , es négatifs c'eft mniuerfcUe nc- 
gatiue, Quelques vns vouloyent qtie ces Syllogifîncs ainfimeflcs depro- 
pofitions Neccflàiresi& Abfbluës nefijflènt plus Neceflaires. MaisAri- 
lloteauec tre(gran4e raifbn a eftadautre aduis :car quand vne cpnclu- 
fion, laquelle autrement de fby ne (èroit quabfoluc, dépend de propofi- 
tions neceflaires, ôc eft tcllcmentfondee fur icelles, quelle ne s'en peut (e- 
parer, elle eft à bon droit ccnfec ncceflaire : tout ainfi comme les Facultés 
que noftre ame nçxerce quauec le corps , ne font pas toutesfois mortel- 
lesjdauunt quelles font infeparablemct fie eirentiellcment coiointes auec 
la partie incclleduelle « laquelle cil immortelle»dc peut faire fes fondions 
(ans laide du corps. 

C'est 




-.3 



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PRI£.VRES ANAiYTIQjES. 15/ 

. <ÏE S t.-^nt jàï0& fort peu CQri^tum * pourqu^aq^oAriftote s'eft <^fit tf^-* 
aaillc après jlkrdficedercéslyllc^îâ»ç^ji)i^ ^ue l^an IVaa<;€(€a 

Buiàiiftcldilo VcrcKicmiqtiia ramiiflèroatçi! qu&jps tpeilteurs jcpmmen-^y 
camus ositrQrcâtiiuiiWsBIteuréï-Ariàlye^m) r^a- 
pefe'iilinobt^uiâ Aî»3llâ'<SccoutesJiÉMw^;ài90'âf^ tâm ^ sy trouuç ■ 

oyà fbymcTincçthyrarauxci^/ CciuîquilifeojC.i'Or^nc aux cfcholcs ont 
aufli accouftufliic de pàSctféns Cikno^toï^tçàtta^ç'dos {yllogij^snû, 
xt£S*^;i2uiaiiB acoroke X ieuft mi{oE2^1es dsr$ipkki qml ]f ;^bçaUG<m.p4? 
choifs CD Ariftotequi nbnc nul^6^|cibiis cepret^icce s^ifchfkppent dé 
tout cex]iulsneQtoad^pfls:aytnàns mieux iniuiiér ce diuin phuofophcy 
que de contfflFcrlcpr ignorance. Ecàja vérité Ariftotc a tellement ç.i^ché 
K>nartifice en cetlendroic>& donne desexempIesH efloingncs delç^ceU 
lencedeia dod:dne , que ce nell pas de merueilles Ci la plus part de^c^ux 
qui Ibnt! commente» ont pafle par deiTus fort légèrement. Quiconque 
ncntend parfatâenieotles Reigles dcl'iuuention du terme Metoyen Ana^ 
lycique, & neiçak coâitne vn mcfme problème fc peut traider ep toutes' 
les trois figures , ne forcira iamaK à fon contentement du çexte de nolltc 
philoibphe en ce paflagè. Ccqueiedy Iculcmentpâtm^icrçdaduer- 
cilTement aux cfprics gcnereux^qui ie voudront coromiiier.enrprgan^^a 
finqiulsne défèrent pas tant à la &çon.accouftu.np|çede leix}aiiier3,jqiyU 
ne safl^ârcc quîl y a encores plus à poiSter^que le volgaifene pen^ M:^is 
defirancà ce commencement dcxpUqutir .tu{àgedu;dic Qrgancî ençpjuff 
facilité , ie me contenccray de doniaer quelques exemples âmilic^^^ deces 
fyllogifincs mixtes ,& ne m'arrcftcray .point à défendre Ariftocc contre 
iudcmus &: Theophraftc, qui ont voulu.dire quel^Fd(ice de ces fyUogi* 
Tmesmixces lûftoit point neceflàire, ains abfolu feulement. Car ces di- / 
fputcs requerroyenc yn long dilcours , êc ieroyent difficiles à ceux: , qui 
manient f Organe pour la première fois. Mais après qiipn aura bien leu 
toutes les Analytiques, tant Prieures, quePoftericures, fi on reuiei>t à ces 
fyllogifmes Mixtes 9 on congnoiilra alors quilsontvn vfage bien plus 
cxceiïct, que celuy qui paroift aux exemples vulgaires,donc ie me fers pour 
le preiènc aucc Ariftotc. Car le vray, vlàge des difcidwirs mixtes de prppor ^''"J^Y^s* 
fidons neceff^res & àbfoluës, ccft la coniondtion delà Sapience auec la ^^^'i^"*»»" 
Prudence, ainfi qneM. Claude Aùberi Iktrefdoâementrernarqué enfçs 
cxcclleats Commentaires. Stppdleia SàpioBce les principes ôc condu- 
fions de Theologie^qui cohtiennëilcla doâti&e da Sitlat Eternel^qui.eft 
lavraycvetité neceffiure & eteAielle^ liais IftPriidetXce ne concerne que 
la vie ptcfênte de les precepces pour vâtteeh ce monde lioaneftemetM: 
Sci^on Dieiiyld(qpek pour ct$tttaùSt&àa, fimpkment abfolus , ôc^noa 
pas neceiTaires, dautant que ce qu Ariflote à^pellt nkccoSaire , eft éternel, 
ain&qcûliêraexjpUquéaux Boibkiearés.Analynques. Or puis que celle 
vie timpoint ecerncUe, Icapveceptcs^deiaJPrudencêy^i nappartiçnt qiâ 
cefte vie, ne peuuent eftre étemels. Tous les. p^lo^opibcs ont manqué 
en cela , quils ont ignoré le mariage^cefte pmdcacfi numaine % <aUec la 

V 5 làpiea 



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tsi PREMIER LIVRE DBS : 

{àpiehcé Aminc : de ctffypztznthtiû ^liaecikum^^ontinonftrc-'i^tills 
- ignoi::oyenc les vrayés feigles pour viaFél;i6ureu&mêrit,ô: vercueu&menij 
enterré >au(fi bien=^ue le. droit c^mitv pour[ttKnRerau ckL 'Maislâl 
Theôldgie Chreftiende accla-^çéllentvqitScllëeinbaraflêi'anii&i ùmsj 
* Caraprcs que^IcisPrdphi^es & Apoftrtsonten&tgné}âdoâhne<lei:dDt) 
ils delcendenlëuxemon^âtiôH^ ïdvureiffiiam la tnanieite de.Viiire qqela 
Chreftien doit Tuyarc en cêfte^vie;: tiefqùcUes -exhortations neiêroyem 
cji&bfbluë^ , non plus^ue lesfefieences dePkocylides , Tbedgnis , &ku£ 
très , n élles hé dependoyentdes^ràj)olîdoife néoeâËûres ôc ecernellies^le 
ia doârihe de noftre foy : & nef^p^:^ tellemeik coniointei. èo accor^ 
dances auec icelles ^ <]^ubflles peu mefler enfembiv^en vn diicoçrs iyllo^ 
giftique. Ceux qui ont diligemment leu la-Mctaphyfi^juc d'Ariftocey ont 
peu Remarquer quîl na pas ignore que toutes ces choies caduques & ter-i 
rcftres dépendent d'un principe éternel, & qud y a vne eftroitte liaifon en- 
tre Dieu à rhomme; mcfme pendant quil chemine en cette vie mortelle. 
Or cômc noftre philofophe ne peut auoirapprins ce iccrecque de la Sai 

Î>ience des Hebrieux,auili faut-il qull ay t apprins dbux lardâce xie ces fyl^ 
ogifmcs mixtes , qui ne font bons que pour demonftrcr la coniondlion 
de la Sapience auec la Fradence,comme,dk eft. Mais ou il a voulu cacher 
cela, ou il a pensé que cëftoit aflcz de donner bneuement les reigles dû 
cett' artifïceJaifTant à chacun à le mettre en prattique après qubn aura pluà 
grande tongnoif&ice des p^roponcions vcayementjieceflàires. Mécon- 
tentant donc daudir ïeiùeiUe les efprits, ôc monftré que ces^ogi- 
fmes Mixtes ne font pas fi inutiles comme plufieurfi eftiment,ieû donner. 
tylUpfitt^e- ray des exemples ùmiliers en toutes les figures; Leiyllogifme Neceilài. 
^^^'rf!^ re mixte au premier mode de la première , qui eft vniuer&l affirmati^tè- 
Itf,/' «tel: ' 

îlefi necejjdire ^ue toute chofe hUncht ét^ vxv cmUur qui di^fe U >e$tc, 
l^oiue neige eii blanche^, ■ 

Tdr^Hoy il ejh necejjdire ^ue tsute ne^e yme cotJeur qui dtJSife ht v^. 

Ie pren laMaicurde ce fyllogifme pour necertaire, pource que 
ceft Attribué, Couleur qui d^fe U y>eue, eft la définition de la blancheur , ôc 
partant eft àïtfarjey de la blancheur, comme nous verrons en la reiglc de 
nece(nté,au commencement des Pofterieures Analytiques. MaislaMi^ 
neuf de ce lyllogifme dft abfbluë fimplement, pource quil ny a nulle liai-. 
ton neceflàireentre fes ternes. Et ueantmoins la conclufion eft ncceflai- ^ 
re, qiiant à Ikrtifice. dar puis que leiubieâ de ccfte conclufion eft com-i 
pnnsibus lefiibieârdelapropofition Maieur(-<&utant.quela neige^ 
Vne chofê blanche ) êc que iattribué çft .àxtfffrfoy i ceft à dire necellàire- 
mentdufubieâdelapropontionMaieur,il^cnî^it qiâleft auffiditpar ^ 
(oy àc ncceflàiremenc du lùljneâ de là cçndufion. 

Mais HlaMaieurneft néceâàircyiacondulxon'nepoarcà cftrone* 
ceflàire, oresqaeU Mineur fùftiLcboâîù^ 

Tâurammâl dimejes feàts^ i / ■ , , i % 

Ilefimcijfdsrequ^mt^hùmmejht^eiim^ . . > 



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PRIEVRE^ ANALYTIQVES. 15, 

Donc four homme aime jis petits. , > 
La minevr de celyllogilme eftnecdEùre> pource quanimal eft 
àit f dr fiy . de \!hommc 9. de cîi de {a définition* Mais la Maieurncft point 
necefl;ure,eilaot bien certain que lanimal fc définit ùns ùirc mention de 
lamoiir de lès pecits^côme auHi on entend fbrt bien que c'eft que aymer fès 
petits, fans parler de Tanimal : ôc pourtant la.conclulion ne peut eftrenc- 
ceflaire. Car lattribué , qui neft point dit for py ncceflàirçment de 
Janimal , ne peut eftre dit far fiy ôc ncceflàircmçnt de rhomn?e,qui 
ell comprins fous animal. Voila pourquoy â a cftc.dit des le commen- 
cement de ce traidc, que pour feire le lyllogifmemixcenecellàire, d 
feut que la propofition, qui tient le lieu principal/oit neccflàirc, ■ 

A V T Â N T en fera ce îi le {yllogifme cft vniuerlel négatif Exemple: 
// efi nsceffaire emt rmUe chofe Planche nayt yne coulc/tr rajjimile la yeue, , 
Toute neige efi Hanche, 

farjuoy il efinecejjaire aue nulle neige nayt yne couleur gjmrajfemhle la y eue, l*^*f 
La Maieurdecc fyllûgiûnceftncceflraire,pource que l'Attribue eft 
le répugnât de rAtcribuc de la propofition aflSrmatiue neceflàire, qui eft, 
Jt&pfrlaveuè. Et pourtant la necèflité de la conclufion prouueparla 



pourtant la necemte de laconciuiionie prouuepar 
mdfme raifon que celle du iyllogifme afEnaati£ Et fi la Maieur neftoit 
necelTaire^ la conclufion ne le leroit pas auffi^ores que la Mineur fiifl ne- 
ceflàire : comme en ccft exemple: 
'tiul animal mutUefesfetits, - , 

// eji necefjaire que tout homme joit onmaL • , . , - . ' , r 

fanjuoy nul homme noutlie fes fetits, 
Ccfte conclufion ne fera point neceflàire. , pour la raifon qui a efté ^ite 
cjdeuanc. 

S I le fyllogifine Mixte eft particulier, il faut que la propofition vni^ 
ucr/èlle foit necelîaire, pour foiie la conclufion neccflàire:comme en ccft 
exemple: 

// efi necej[atre que toute chofe blanche ajt yne couleur ^ Âpfe la yeuè\ syO^^ m»' 

QuelgjHe otfeau eft yne chofe blanche. etjjmrt Mixte 

Vonc iï efi neceffaire que quelque oifeau ayt y>ne couleur qui dippe la ye$$ë, pmiaif^ 
Mais filapropofitionvniuerfellenëft neceflàire, la conclufion ne 
le fera pas, ores que la propofition particulière fuit neceflàire-comme en 
ceft exemple: 
Toutarnmalaimefes petits. 
Il efi neceffaire que quelque oifeau foit animai 
*Parquoy quelque ofeau^mefes petits, , 
Ccfte conclufion ne peut eftre neceflàire, dautant que TAttribué^qui neft 
point dit par foy U, neceffairement de lanimal , ne peut eftre dit par foy 
de toiièau, qui eft comprins fous animal. 

A VT AN T en fera ce , fi le fyUogifme eft particulier négatif, comme 
on peut voir par le mefme exemple, en commuant l'attribué en ion ré- 
pugnant. 

CHAP. 



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PREMIER LIVRE DES 

CHAP. XUl 

N c E S T E figure, dkucanc que la conclufioneft toufiours 
ncgatiucla propoficion negatiue y tient le lieu princi- 
pd^ tellement que û elle eft necèflàirc, la conclufion &n 
auffi neceflàire : comme en ceft exemple: 
fl'efinecejj'Mre qtêe nille chofe qmraffemble U>e$tt ne JiirUémch». 
- Tùùrcnèlge efiyiànche. ' - 

, .^ûtic a efi necejja 'tre nullfi neige ne raffimtle U yeui. 
'■ La neceflîtcdeccftcconclufaonerfapparentc. CarlaMaieurnegad- 
ue.eft réciproque, & fè conucrtic fimplemenc , ccft à dire , que comme il 
eft ncceffaire que nulle chofe qui raffemblc la vcuë ne foit blandic , aufli 
cft-il neceflTairc que nulle chofe blanche ne raffemblc la veuc.Et partant il 
eft auflî ncccnairc que nulle neige neraflemblclavcuc, d autant que la 
neige eft comprife fous ce genre de chofe Hanche . 

Mais fi lapropofirion negatiue neft neceflàire, la Ôonclufion ne le 
fera non plus, ores que la propbfition affirmatiue fiift neceflàire^ comme 
dnceft exemple: 

Hejl necejjaire '^ue tout homme foinmimaL 
' ' t^uUe chofe Hanche ne ft animai 

^arquoy nulle chofe blanche ne fi homme, • . 

Cefte conclufion ne peut cftre n^ceflàire^ pourcc que fî vous reduifez ce 
fyllogifine à la première figure par la conuerfion de la Mineur, que vous 
mçttrez au lieu de la Maieur , vous trouverez que la propofition y qui 
tient le Heu principal , ne fera pas neceflàire , partant la conclufion né 
fera^as npn plus neceflàire: comme il acfté monftrc au chapitre prcce- 
derit:car le fyllogifme réduit àla première figure^feroit tel: 
^ "ïstul animal nefiyne chofe hlanche. 

Il ef necejfaire que tout homme Joie animal. 
Tar^uoy mlhomme nefi^ne chofe Hanche. 

I L eft euidenç que cefte conclufion ne peut eftre neceflàire fimplc- 
ment, mais feulement entant que lapropofition maieur fe trouueroic 
véritable, elle le fera aufli. 

A V T ANT en fera il des iyUbgifines particuliers de cefte figure : fi la 
propofition negatiue vmuerfelleeft neceflàire, la conclufion eft aufli ne- 
ceflàire. Exemple: 

Il efi necejfaire que nulle heBe hrutene pitJôuee deraifm. 

Quelqf^evnimalejl doue de raijon. 
■ Tarquoyil efi necejfaire qffe quelque ammalne foit f as heBe irute, 

L A neceflité dé cefte conclufion fe congnoiftra euidemment,en la re- 
duifent à la première figure. Mais fi la propofition vniuerfeUeaflirmatiue 
eft neceflàire > ic que la particulière negatiue ne le (oit pas, la conclufion 
ne fera pas neceflàire. Item,fi lapropofition negatiue eft neceflàire eftanc 
prinfe particulièrement, mais eftant prinfe vniuerfellemcnt » elle tieft pas 
neceflàire, la conclufion ne fera point auffi neceflàire. 

^rt^ce 




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PRIEVRES ANALYTIQVES. i6i 

^Ârtïfice d€4 I^Uofffmu ^^^Qcejfaim <^Mixtes en la trotfieme . 
figwre. " f CHAP. XUIL - 

N c E s T ^figure , quand toutes les deux prppofîtions 
font vn'iuerleUes & amrmatiues,(] lune des deux eitneceflài*- 
re, foie la maieur ou la mineur, la conclutibn fera necellki- 
re. Exemple: 

Jlefinecelptire que tom homme foit raijcnndlle. 
Tout homme a Jeux fieas, 

Vonc il ejl necejfdire que quelque chofe qui a Jeux f leâs foit raifinnatle, 
A R I s T o T E demonflre la necemté de celle condunon par la redu- 
dïoh à la première figure : &c autant en fera-ce Ci vous mettez la propofi- 
tion necellaire an lieu de la mineur. Item ce iyllogtime Mixte négatif eft 

necefTairc: 

JleJ} necejjdire qn^ ml homme ne fûù btSie brme. 
Tout homme a deuxfieds. 

farquoy t! ejl nece[Jaire que quelque chofe qui a Jeux fieJs ne (oit pas hejle irure. 
Mais fî la propofïtion negatiuc ricftoit neceflaire , la concludon ne 
feroit pas aufli neceflairexommcen ceft exemple: 
'Mulcheudine Jortflui qùilne Joit, 

H efl necejjaire que toutcheudl joit animai , 

farquoy quelque animdlne Jorr point fluâ quilne Joie, 

Geste conclufioti neft aucunement necefTâire. Voila donc çoni- 
mcntles lylloeifmes "Mixtes feront necefTaires ou noil en cette figure, 
(pand toutes Tes deux propofitions font vniuerïcllcis. Mais quand fune 
àparticulicre , ù elles font toutes deux afErmàtiuçs , luniuerlèllë eftant 
JiïcelTaite ,1a conclufion le fera au(E : Que fi Li particulière feulement 
c/foic nccefTaireJa conclufion ne le feroit pas : comme en ceft exemple: 

Tour animal //7c_j. . 

7/ f/? necejjaire que. quelque ammalaytJeux pieJs. ■ 
^arqUoy quelque chop, qui a Jeux pie Jsy yetile. 

Il n'importe pas, foitquelefyllogifiiiefoit enS^-r/jf ouenî^^- 
zw^. Mais sil ny a qiie la propofition particulière ^ùi foit nccefûirc , là 
conclufion ne fera pas neccflaire. ' . \ 

Si le fyllogifoîe eft riegatif , & que la propofition vnioerfelle nega- 
tiue fôir neceffaire , la conclufion fera pâreillemerit necertaire. ' Mais n là 
propofition negatiue eft particulière, comme en 3ocar4oy orçs^uellè foit 
neceflaîrè, la conclufion ije le fera pas- le ne marrefteray point dàuanta- 
ge aces iyllogifmcs rnixtes, dautant'qiie pour déclarer leur vrày vfàge , il 
&udrbitprendre des exemples delà 'Theologie,-quî pourr6yci^^ 
difficiles pour cette heure. Refte donc à traiter de Ikrtilice des fylto'gi^^ 
Contingents. , . . 




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i6t PREMIER LIVRE DES 

*A p P E L L B Concingcnc ce qui neft ny neceflàirc ny im- 
poflîble,commcil acfté déclare au liùrc de llnterprccation, 
encraiAanc des oppoticions & confècutions des propof;- 
tions' modifiées. Lufàgc dçs fyllogifmes Contingents eft 
cresfi'equent en tous arts ôc difcipines. Car, oftec la Théo- 
logie , & les autres fciences , defquelles la vérité eft éternelle , touc le refte 

f>ré(que fc conduit 6c fe gouuerne par propofitions cpntingentesrôc tous 
es con(eils & délibérations des hommes prudents ne confiderent que ce 
Deiéxfirtesde qui eft contingent. Or il y a deux fortes de Contingent. Car quelque 
e»9nn^ent. fbisnous appelions Contingent ce quipeut toutaufli toft aduenir,com- 
me ne point àduenir :Et l'incertitude eft fî égale de part & dautre,quil ny 
a raiion ny apparence qui nous doyue faire pluftoft croire tun quelautre: 
comme,// fe peut ptire que te me tiendra.'^ iebont : Il fe peur faire atijù que ie ne me 
iiendrayfas debout, l'un eft autantlncertain cuthmelautrcy&y a telle égalité 
de raiïbn duii coftc & dautre, quen vain on delibereroitjequelil aduien- 
dra des deux. Et cfcft pourquoy , encores qubn puiflc feirc des fyllogi- 
fmes de ces chofès ain?i contingentes incertainement , toutesfois on n'en , 
délibère jamais, on hen dilcourt jamais, comme il a eftédit ailleurs: Car 
quelle refblution pourroit on prcndre,quelle raifon pourroit on amener, 
quipeaft arreftervne telle incertitude? Mais il y a vne autre e(pece de 
Contingent , lequel , combien qu'il naduiennc pas necellàiremcnt , lî cll-cc 
qui! aduient le plus louuent, ipit par quelque ordre naturel» ou aucrc- 
rnent :^cqmme pour "exemple j il aduient ordinairement qu'un enfent 
çroi(t,âui?c laage', quun homme gripînne quand il commence à vieillir, 
quifnefioririe terre tien labourée rapporte beaucouprôc ccft de ce Con- 
tingent qui aduient le plus fouuent que nous confultons & difputons, 
fur lequel toute prudence & tous les arts & difciplines iont fondées. Or 
cotnme Fufagc du Tyllo'gifrne Contingent eft trefample , auflî reçoit il gran- 
dévarieté en fon Vrtihce.Car non feulement il fe fait de propofitions pu- 
rement contingentes, ou quand celle qui tient le lieu principal eft con- 
tingente : mais foit que liine des ptopofitions (bit abloluëou nccefTai- 
rejppurucuKjuelune foit continue iîtc,fbit maieur ou mineur, la conclu- 
fibn (cc^ cpntingehtei ll fàut aufli noter vne chpfc fort rcmar<juablc tou- 
chant la'cônuerlioh des propoïîtions Contingentes * outre cequi en a 
défia çfté dit :: ceft quela propofitiqn contingente ncgatiuc (c peut con- 
ucrtir (fi) affirmatiue : car,\ri7ïyîf^w»7^^»f que nulhontfne ne coure , // eft aufi 
con^ngent , que tout homme coure , .& S'il eji contingent que quelques^^ffareffeux ne 
'fo^emf as rïchesjl êjl au^connngent qûé\^uelquesjfare^ foyehtriches. Et pour * 
id cmtingeH- çéttç occafion on peut faire vii îylfôgifme contingent de deujçpropofi- 

fent^nMerfir conuértir enafBrmaLtiuesaçpm- 

tndfSrmdtittc» meniit'eft* " * .. ■ . ' ■ • ■ ■ 

^Artifice du fyUofffmc (jm a toutes les deux propofttions contin- 
gent enU première figure^* . c h Lp. vu ^ *\ 

^17.. î /. , ■ .-Il 



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PRIEVRES ANALYTiqVES. iif, i 

des CfCtiXé 

Il efi cmtmgint tom vjùriers fint riches. 
Il ejl donc contingent £jue tous yftmers font feu cnrieux du ^oyaifme 
descietéx. 

C E s T exemple fuffira.Car chacun pourraaifcmà trouucr des exem- 
ples de tous les autres modes & figuresiie mectxay icy fèulcméc vn exem- 
ple dun iyllogifme Contûigenc composé de pures negaciues,pour mon- 
itrer luiàge de ce que ie viens de dire de la conuerfion en affirmaciue: 

// ejî conrirgem t^ue mds riches nentrenr au Xoyéumc des deux* ^J'^g'fi'* ^» 

IleflçonringentqHe ^ueLjues parejfenx ne font fst riches, Ergo '^^KêlJlmu 
Hefi contingent jue tfueLfuesfdrelfenx nèntrtntfdfdnroydimedes Cieux. 
Combien que la forme de ce fyUogifme lemble vicieulè » Ci eft-cc 
qull ne le faut pas reiettencàr le vice le peut corriger, conaertifranc la mi- 
neur en particulière affirmadue en cefte forte: 

Ile^ contingent ijue nuL riches nentrem du^ùydume des Qienx. 
Or il efi contmgent que tjuehjùes fdrejfenx fiyent nches, Erga 
// efi donc contingent ^fue ûnele^ues fdreffeux mntrent fét du reydunu des Qeux. 
Ces conueruons damrmatiues en negatiaes,ou dehegatiues en afSr- 
i»atiues,iè prattiquenc principalement es contingents du tout incertains, 
& qui balancent également d'un cofté & dkutre. 

t^ifice des jyUogfmes Contingents mixtes en la première fiptrc^. 

CHAP. XVIL 

Enon maintenant aux mixtes » qui ont la maieur abfb- 
lue, ôe la mineur Contingente. Exemple afErmati£ 

Qf^iconijue fe mocque du foure , // fe mpcqsu de cehfjf tjm d fdiS c^tùigt»tt 

le fourc^ mixtes. 
Il efi contmgent ijue tom ridées fe mocauentdes poures. 
^drqïêoy il efi contingent que tons riches fe moc^utnt de celuy qui djdiB le péure^ 

Exemple negatiE 
^ul mocijfàeurnUime celsçf quih reprend. 
Il efi contingent que tom ceux qui kdntent les fols fiyent mocqueurs, 
fdrquoy il efi contingent que nul de ceux qui hdment les fols nkiment ceux qui 
les reprennent. 

Exemple du mixte affirmati£dont la maieur e(l neceilàire,& la mineur 

contingence. 

Ilefineceffdire quetom ceux qm fntt dbonddns entifnSfO* chofes nece^dires 

fourlufdge <^ commodifi de ceBi yie Joyènt riches. 
Il efi continent que tom ceux qui font Irons mejndgers font dhonddns en liens 

chofes neceffaires four tufdge 0* commdite de ceHe >ic^ Ergo 
// efi contingent que tom Ions mejndgers fiyent riches, 
^Exemple du iyllogifine mixte ne^t£ d^nj^laMakureftaecefEure, &Ia 
' ^Mipcur contingente. 




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i<J4 PR EMIER LIVRE DES 

. // ejl necejpâfr ^i4e nnls de ceux jui ai^nJenr en iiens»^ chofes necejftires fûur 
la commodité de ceSle ^fie^ne Jiyent foint foures* 
Or il efi contingent ^ue tons hons mefhdgers abondent en hiens ^ chojis necejjai^ 

res pour U commodité de ceBeyie, Parquoy 
// ejî contingent que nuls hons mefnagers ne fcyentfoures. 
Cède conclufion neftpas feulement concingence^mais mefme elle eft ab- 
foiuë, \ 

Artifice des j^lloffjmes Contingenis en la féconde fifftrc^. 

CHAP. ?:viii. 

^^^^^^^ ^auroitfaircvn bon fyllogifinç en la féconde figu^ 
y. propofitions contingentes. La rai(on eft, pour- 

ce que la bonté du iyllogtfnie de la (èconde figure fè con- 
gnoic par ta réduction à la première figure , comme dit eft, 
laquelle fè fait par la conuerfion vniuerfêUc de la propod- 
tion negaciue vniuer{èlle. Or il a défia efté die que les contingentes vni- 
uerfelles ncgàtiues ne j[c pcuucnt conuemr vniuerfellement , mais parti- 
caliei*ement(eulcment:comme,pourexcmple,cefte propofitionjN»/f^rf- 
refjéux'ne font richesynz fc peut conuertir vniuerfèllemcnt : car il fcroit tret 
faux ife dire C^Qnuls riches ne foyentfareffeux. Et la raifbn pdurquoy elle ne 
fe peuc conuertir vniuerfellement , cëft pource quelle le peut conuertir 
particulièrement, comme il a efté dit au chapitre des conuerfions. Car il 
eftvrray de dirCiC[\içQueLjuesf4reffeux ne pnr pas riches ^ 5cau(fi réciproque- 
ment que j2«f/f/^f^r;c*Aw»<')3w/'^/''«'*^//^«x. Or cëftvne reigle infaillible, 
^ipUnotaàU que toutc propofition qui fe conuertir en particulière ne peuc conucr- 
t»Mch4»tUco' - vniuerfelle : Puis donc que Funiucrfelle neeatiue concineente ne (è 
pçut çouernr vniucrkHemcilt, le lyllogiuTie ne le pourra réduire a la pre- 
mière figiire,&par c.oilfequèntil ne vaut rien. Mais celuy qui a la njàieiit 
abfoluë,&:lamincurcontingente,(èra fort bon. Exemple: - • - 

t^ul redmt d mendtcùe ne freSh njf ne donne, 
; It e^ contingent que huttuftefreBé^^don^ç^, 

Il e(l donc contingent quetwliuBe nèfi réduit d mendicité. 
Qvj voudroit pourfuyure tous les tnodes, ce ne (èroic iamais ùxâ. 
Le ledteur sy pourra exercer de foymelmc. 

:L\ contingent mixtè le peut auHi âireen cefte figure dimemaieur 
neceffaire & dune mineur contingente! Exemple: 

Ilejl necejjaire que nulle chofe conforme àldloy de Dieu ne Joie ininùtii emers 

' * *îlejl' Contingent que tous lés confeils desfdgè 's de ce monde Joyent mimitié emers 
Vieu. ' 
■ -' ?^'a^ju(y^ il ejl contingent que nuls confeils des fages de ce monde ne fojent confir^ 
^mesd la loyde2>ieu, , 

gt^iriifce desj^lldp^èi^^^^ 

CHAP. 



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PRIEVRES ANALYTIQVES- ttf, 

CHAP- XIX. 

E sYtLOQisME contingent fc peut bien faire en cefte 
figure de deux propoficions contingentes, pource que la 
conucrfion fe fera de luniuerfèllc contingente afErmariue 
en particulière. Exetnpie affirtnan£ 

llefi comwgem ijue tous riches Mhediuo$if d'Afnis, 
Ilejlcommgenr quf tûus riches fane yulentSé 
Il ejl donc contingent cpte c^uelejues violents ontheduciup Jkmis: 

Exemple négatif. 
// ejt contingent que nuls hommes doBes ne font cruels, 
llefi contingent que tous hommes doBes penfem heaucouff^^ parlent peu. 
Il efi donc contingent que quelques yns de ceux,^ fenfent ieducofip p tAent 

feu^ne font point cruels, ■ 
Artifice du Contingent mixte, dont la maieur cft abroluc,&lAmi-. • 
neur contingente en la troifierac figure- Exemple affirmati^* 
- Tout fdux poids 0* f"^^ mefure efi dhomindhle deuofit Duu. 
llefi contingent Éfie tout faux poids fauffe me fure apporte ^dnJ froFfir. 
H efi donc contingent que quelque choji qui apporte grand pf^ffitefi atomindlle 
deudm^ieû. 

Exemple nègàtE; ^ - 
iidimuBe&'Vtolemnèfiagff'eapledeudnt2^^eft,'<:.: [ 
Il efi eomiffgent que toutiniuBf ^ Violent efi\crdim& redouté: ' 
// efi contingent que quelques lim Je eeuXsqmfi^trMts ^ redâutisjne fontpae 
aggre Mes i J)ieu» 

Artifice dafyUogifhtâ contingent nuxre (Ëihe'KËueiir neceflai^ 
Kîcdliiic Mineur contingente en la troifieme figure. 

Exemple affirmatif- 
^tfi necejjdire que toise ceux qm^joneîuffifiés pas y&y dfentpîâx ènuen'î^teUé 
Orilefi contingent que tous ceux qui fint i^sBifies par fioy njr^rrx leaucoup 

iafjliBions enceUo^ic^, ' . ^" ^ , . . 

llefi donc contingent que quelques y ns dicetsXjqf^^^ef^urent^be^^^Âdffli- 
nions en ceSleyiejant paix enuers ^ieur " ' \' ■ l^S^ , ^ 

Exemple ncgawL ; ; ^ î ; 
llefi necejfairt^ que nuls de ceux quifimt enïejks Chrifine ^^}j^9^^^\^^ p^**' 
leurs pèches. ' . _ ..... . , . 

Itefi contingent que toiês ceux qui^jint ir» ïefùs^Chrip'jontfiilù^^ 



deperfe 



ecution. 



Il efi donc contingent qùê^uej^)ym^ de.çeùx^^uifont jj4if.^jjfi,^^*'^i^^^^, 
perfecution^ font point -cinldmtKS pomtcurs pèches^ ' ' ^ ■■ ■ ^ 

C E ST E conclufioneft nonfculeiwentcojitm^ au{G abfo- 

luc.Ixlcacur prendra gardé que pour 1^^^ facile-. 
memIespropo(idonscôungehte$>ie Icsaymarquecs décem 
mgent : mais ce nëft que pour pliis de ^câitç: car quand ces naott ny eù£^ 
lûic point efte , elles nen icroyenc pas moins ccmtingentes^fic auroyent 

X 3 P^» 



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ic^ PREMIER LIVRE DES 

plus de grâce. Fay auflî marque les propofirions neceffaires par ce« mots, 
Il eft necejfaire : mais outre cela iay rendu raifon de leur neccflitc,à fin que 
le ledleur s'accouftume à congnoiftre toutes proportions par la confîde- 
racion de leur nature > encore qu'il n'y voye point ces mots de comingem 
ou necejfaire. 

R cecy fuffira touchant Ikrtifice figuré des iyllogifines , dont fufàgQ 
eft fi admirable , que toutes fciences ne font que vent & trauail inudic 
(ans cela. Carie iugementde l'homme eft vne mer agitée petpetuellc- 

' . ment d'incertitude d'opinions contraires , iufques à ce qiu l'ayde du {yl- 

logifine rendu à la pcrteâion»dont nous parlerons aux Lures (uyuans , il 

fe trouue en vn port fi tranquille & fi afièuré,quil ny a orage quelconque 

qui le puiflè troubler. 

^ ^ P Q V R conclufion de cefte première partie nous retiendrons qu'il ny 

J^j jênt^lus ^ plus difficile , que de ûire vne conclufion vniucrfélle affirmatiuc- 

MlfictlaÀ pnu car elle ne (è peut faire qu'au premier mode de la première figure. Luni- 

uerfelle negatiue neft pas fi difficile, pource quelle fc fait en (JfUrem de la 

première figure, & en Cejkre & CétmeBres de la (econde :1a particulière af- 

nrmatiue fe ûit en Ddr^ de la première figurc,& en Ddrdftt^Dmp^bL I>ifa- 

mts delà croifieme. La particulière negatiue eflla plus aifèe de toutes:car 

elle fè fait en Fem de la première figure,en FcSHnc & Saraco de la féconde, 

& en Feldfron^&c4uri9fic Ferifijf de la troifieme. Il y a vn autre Artificc,qui 

nbft pas figuré >quAriftote appelle Qiédhfii, Mais dautant quil nbftpasà 

beaucoup près u exa«5t que ceftay**cy,ôc nappartient pas fi proprement à 

l'Analytique, nous ne le meflerons poidc auec Artifice Analytique , & rc 

mettrons à en traiâer en quelque autre endroit, à fin que parla on con- 

^ch4^,i^Je gnoilTeqùil eftdebeaucoup inférieur àçduydontnousvenonsdepar- 
»^rr. 1er. 

l(fii^frmifaleidetar$$JkeduSy^ CHAR XX 

jÔ M B I B N -que nous ayons traiâé Ikrtifice du iyliogifme 
I afTez fiiccinâement » neantmoins , afiiidefoulagerla me- 
|^moire,il fèrà bon d'en recueillir icy fommairement les prin- 
cipales reigles. Premiereniehc donc nous retiendrons fix 
reigles geneniles' a toutes leis trois figures. 

1 La premibr'e, &(l quentoùt'fyUogilmeilfiiutquUy aycvne 
propofitionafErmatiue pour, le moins , pource qu'on ne peutnen con* 
dure de pures negàtiuies. 

i I L.. ï A V T qucn tout fyllogifhie ily 4yt vne propofitionvniuer- 
fclle, pource que dépure^ particulières dn^ ne |)eut &ire vne bonne c6n« 

dufion. -, . , 

3 II fav t t'oufiours que lUne dès 'propofitions pour le moins 
fbitfembh^le a làc&hclufion : cbft à dire, fila conclufion e(t contingen* 
ce , 'ou necé(Iàire,il faut auffi que tune des, propofitions fbit contingente 
ou necefiaire : mais fi la conclufion eftabfolucj toutes les deux propofî- 

cions 




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PRIEVRES ANALYTIQVES- /t€j 

doyucnteftre abfolucs. 

4 T o V T fyllogifmc doitcftrc compoiede trois termçs,8cnfettpcut 
auoir dauantag^. Ces crois termes doyucnt faire deux propofiaons j de 
vneconclufioa 

5 Le TERME metoyen eft en toutes les deux proponcions,0c neft ' 
iîunais en la concluHon. . 

6 Laconclvsion fuit tou/iours la pire condition, cbft à dke 

3UC (i hine des propodcions eft particulière, & lautre vnjuerfèlle , la con* 
uHon' ièra parciculiereid lune des proportions eil negitiue, & Huître a& 
firmatiae, la conclufion fera negatiue. 

O V T R E ces i\x reigles générales , il y en a trois paraculicres , à fça- 
uoir vne pour chacune figure. La première ccft qu'en la première figure 
la maieur doit toudours eftre vniuerfeUç, & la mineur toufiours affirma- 
tiue. La fècondcjceft quen la fecode figure la maieur doit toufiours cftrc 
vniiier{cllc,& la conclufion toufiours negatiue. Latroificme cert,quen 
la troifieme figure la mineur doit toufiours eftre afKrmatiue,& la conclu- 
fion toufiours particyliere. Ayant donc fiifHfàmment exposé ce qui 
appartient à la première partie de ce liure^ ceft à dire à Tarcifice du fyllogi-^ ' 
mt Analytique^ venpn à la féconde partie. 




SECONDE PARTIE. 

\)E l'invention des principes de T.OVS SYL-; 

LOGISMES ANALYTIQJ/ESl ' '\ 

Louange de rinuent 'tonjinaîjtujue. ùe la ^lethode tam 
oAnaljttcjHe que Tropique. Tourquoj la ^ïethpde ebt dî^ i 
[cours con^ïle plus en rinuention quen Vjirti^tçe ,dH Sjllo^ 
fffme, Tou^quoy t^ArîRoteatraiâ'él'jirtiftct^ekuant Un- 
uention. Pourquay Ufnuenùon qu'il enfeiffue icj ne pe$tt -» 
eHre commune a r Analytiques^ auxTofiquu, T)miJion - 
de la <^Methode' dAnaljtique,^ Pourquoj le ; TJerme oPIde^ ' ' ' 
toyen^ftappellé Trinctpe. c H A P. ' X X L ' ' ^ 



E s E R Q I, T peu de chpfe ^e fçapoir coitaîe ilfeutcôn- 
ftruire les j^Llo^imes félon li^^ce des irois; figures »ù ott 
na le moyen en m^in pour trouuer Icsiarçjiçnenta Analyti-4 
qués quïi fiut réduire a, cdlartijicc fylldgUiij^C, quadil efti 
queftion de d/(çpurir dç gpçlxjuçmaticjp quç cefoit. Ilcfti 
aisé à vn Architede de dreffer l'on b,iftin?Lent quand ila,(^s,matieres tQutcs\ 
preftes,niais le plus ditficileceft de trovMcf la; nia^ierçprpj)FÇ:pourrrceutti;éi 
quîlaentreprins. ^Vuffi'e.pHilotc^phe^traus^^ ujohuêd 




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«fig . PREMIER LIVRE DES 

Tes arguments de raifons^ defciucUes il fe veut aider pour conclure quel- 
que problème: car depuis qim eft venu à bout de Tinucntion, il atantoft 
drefle ôc conllruitibn diiçours fuyuiintles reigles de Milice. Il faut donc 
trauaiiler à bien entendre cède féconde partie, en laquelle Ariftote eofei- 
gne ceftecxccUctc Inuention Analytique; car .comme ce fecrcc eft du tout 
diuin Se admirable , auffi noftre philorophe a prins plaifir de l'cfcrirc en 
forte que plulieurs paffcnt par diflus fans lapperccuoir :de fnaniere qua 
faute dcftre bien entendu, il efl demeuré prelque inutile, au grand détri- 
ment de toutes le& fciences. Et la refponfe que fit Ariftote à Alexandre, 
qui fè plaingnoit de ce quîl auoit diuulgué fès liures,ne fe crouuequc trop 
vericablcjafçauoir quïlsfontcfcrics en telle façon quil ne faut craindre 
quïls foyent communs à toutes fortes de gents. Mais tant senfàut que 
la difficulté doyue eftonner le ledteur généreux , qu'au contraire elle luy 
doit feruir de lime pour aiguifcr (on efprit , & scfForcerdeftre de ceux 
quAJexâdre feroit cotent dauoir pour codifciples.Car,quoy que cën foie, 
la recompenfè eft fans comparaifon plus grande que le trauail : de celuy 
qui aura vne fois defcouuertlc fecrct quAriflote enfcigne icy en peu de 
mots, & en aura faiâ lexperience , il en retirera tant de proiSt , quil ne 
voudroit pour nen du monde Ikuoir change à nul autre fècret, non pas 



zfmes âiElixir tant adoré par les Alchimiftes , & après lequel tant de 
^ Hits fè rumeait : c»-,quand il Ikuroit trouuc,il ne luy en reaiendroit au- 
fùtt s dtftr^y [j£gjj contentement que dauoir grande abondance dbr : or,dy-ie, 

mme U Pierre - t r ^ rr P r ' t r ' • . 



lUnnentttn ***** 



V^ihfifhéUe» c|ui'ne peut rendre fbn poffeffeur ny plus fage ny plus fçauant, or qui na 
nen de recommadable ^e â rarité,or qui ncft qubrdure au monde pour 
le grand abus qui sen comet, or dont l'homme de bien ne doit poincfiii- 
re thrèfor,a fin de ne mettre fon coeur &afFeâ:ion en vne chofe periflàblc, 
chofèdu tout terrcftre,chofe qui (e trouue plus communément cri la poC 
fertion des mefchans , quedes vertueux : Mais le fècret quAriflote enfèi- 
gne içy, enrichie lame,&:non pas la bourfè : car àiceluy eft attaché la clef 
de toutes fciences, & quiconque laùra trouuéne craindra point le larron 
ny lefbldatilnecraindra poiru de leprattiquer de peur dcftre enfermé en 
quelque toaf,& en enrichir aUt'ruy^ line luy faudra ny fourneau ny pou- 
dre oy racine pour âirefès operatiôns. Il trauaillera deiour & de nuiâ, 
parles champs,jSc à la maifon,& plus il trauàtUcra,plus il prendra de plai- 
ur en fbn nauaildequel rapportâtà (on droitvfàge, il acquerra ce threfbr 
tant eftimé par le plus riche Roy qui fut onques', à fçauoir la fâpience, au 
prix de laquelle toute autre chofe neft que vanité. 
-Mais ie laifle'rày chanter les louanges dd çcfïe inuention admirable 
à ceux qui laurônt vne fois bien compri^e , & tafcheray de la déclarer le 
pins iàcilcmi&fit quHl me fera boffible: Câr combien que içlfeftime au- 
tant par defrus;touS les fècrcts deralçhimie , quelame & les biens d'icclle 
font plus excellent* que le corps ôc ce qui lê cocéi:ne:fî eft-ce que ie ne de- 
fîrerien tattt quede communiquer librement ce quil a pieu a Dieu m'en 
départir :& tant s'en faut quéie veuille imiter Tobtcurité desParacelfiftes, 
ou dexes bauari fophiftcs, qui vantent d*auoir Ariftote en leurpoffef- 

fîon. 



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PRIEVRES ANALYTIQVES. te^ 

/ion, & ny trouucnt que des Enigmes pdiu: abufer la kuneiTe , & fe faire! 
admirer en des queftions frmoles,{ans viàgc,&enueIoppecs diin langage 
qui feroit plus propre en la bouche de quelque Pythoniflc.que dun phi- 
lofophc , tant sen faut ^ dy-ie, que mon intention <oiE de celer quelque 
choie qui appartienne au vray vlage de- ce fecret , quau -contraire- le pîus ' / ' 
grand delplaifir que wycj ccft denepiouuôir eftre paf tout aCTe^ facilc-à 
moQ gré j& rendre ™xbàçùa capable de Vaddo n ner à ^ 
fiire. Car itf ne fa is pas de fo^inio de cclay qui difoit que lôbfturité vient 
definfuffifà'nce du Iciitour-j^nonpasdccelay qui elcrit: ie^ccbypluftoft 
qt^etous hâmmos font capables de toutes fciences ,ïi- e4les leur eClôyené 
bien enfeignees, & ny ar-aucre choie qurnous en degoufte, que rimpÈ<m^ 
iience dcceuxquifèmeflehcfouuentdevoaloit motiiftreraux autres ce 
qiuls nencendent pas euxinermes^ôc me metcray volontiers le premier-dê 
ce nombre en ce qui fetrouuera ilobfcutencell Orgine,qu'apres y auoir 
pense y & Ikuoir leu attentiucment , on nenpuifle ibrtir auec-contentf- 
mcnt: Entendant toutesfbis parler àceux que Dieu a doués des qualités 
& facultés naturelles qui lont requiiès pour manier les linres & les fciéni-- 
ces. Car quant à ceux qui font nés pour la charrue , cède viande ne leur 
cftpas propre, aufltJien font ils pasftiands : Mais quiconque la man- 
gera auec appétit , il ne doit point douter que fon cftomâch ne la digère 
bien, 2c nen face fon proffit. • ' ■ 

Donc, pour dircen peu de mots quel eft ce fecret que icftime&ma- ^"^'^Ç^^**^ 
gnifiefî haut , ceft U mnhsde de difcotérir de tomes chofes Undlynjuement. Il ffiUir'ir 
hut donc fçauoir que ceft que Méthode en gênerai , & puis en particulier f-dnt^etftfd^e 
<jueccftqueJ^f/Atf^f^«<r^w^«f,àfindcpouuoiriugerfi ceftchofequi ^rtie/''*'^ 
mérite dcn faire fi grand cas, Méthode en gênerai ncit autre cho(e quune MttM. . 
habitude des préceptes qui nous font' principalement & premièrement 
Jîecdiaires quand nous voulons faire quelque chofe par bonne rai- 
fon, La Ji^'^Wfeft définie par ce mot d'habitude, dautant que, com- 
me celuy ncft paslçauant, qui nala foience en la ttfte , encore qtul 
2yt force hures, auffi la méthode doit eftre logée en noftre entendements 
& ne" peut cftre autre part, & pour celle caufc ne peut efte autrement ap- 
pcUee cju habitude, puis que les Philofophcs nbnt point troaué de mot 
plus propre pour exprimer les qualités, defquclles noftre ame cftant or- 
née , elle {e trouue dHpofcc à faire ou comprendre quelque chofe : com- 
me, pour exemple,quand nous lifons les liures d'Ariftote ou de quelque 
autre philofophe, voyant leur fcienceôc doctrine, nous recongnoiffons 
qmls auoyentenleur ame vnefburcc admirable deiçauoir,puis que nous 
en voyons découler d:; fi beaux ruiffeaux-Ceftc fourceja ceft ce que nous 
appelions /ï<«^/Wé' ; ainfi , quand nous voyons vn médecin bien exer- 
cer fà {cicnce, nous dirons quîl a Thabitude desprecepcesdela médecine, 
ou la méthode deconferucr la fantc, Scchaffer fon contraire , à fça- 
uoir la maladie. Etcefte méthode gift principalement en Uprattique & 
en Ikôtion. Donc tout ce qui fe fait par bonne raîfon -y nous dirons qull 
fe £ûc par bonne méthode; mais dàucant que ce mot de faire eft trop ge** 

Y neral 



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lyo PREMIER LIVRE DES 

neral , nous en prendrons vn plus particulier ôc plus approchant decc * 
quAriftote enfei^c en ceft endroit. Nous dirons donc que Méthode en 
Mtthtdeen VOrganéiCefi l*hahtt$iJe dfsfreeeptes ^fint premièrement ^ frinc^dememne* 
torgéine, cejjètires pùtàrdifcourirde mutes çhpffspar tùnne rdifon* 
ilfmtdifin- li. V A donc différence encre la rcienccôi la Méthode : carlafcien- 
^"^iw'^'i çe ^^cquiercpar la méthode : & icy Ariiloce nous donne la méthode que 
fiteiice, npus.prattiquerons en toutes fciences & di/ciplihes : mais ilne nous en- 
fei^^.p^sles icience$&: dircipiines.Cellvaabus,quiefl:fbit commun ea 
ce temps,^ quAriftoce reprend aigrement» de confbndrela Icience auéc 
la \4echode de là fcience. Car comment congnoiftray-ie (i celuy qui 
tnenfèigne la TheologieiMathematiquej ou autre {cience,sacquitte fîdeU 
lementderondeuoir,n-ie ne içay la méthode quil doit tenir pour bien 
çnfèigner } Il ne & faut donc^e&ahir fi nous perdons tant de temps aux 
efcholes, veu que le plus foùucntny ceux qui çnfeignenc,ny ceux qui 
font en{èigaês>ne fçauent le chemin quiliaut tenir : Car le chemin céftla 
tnçtbode » ainli quîl appert par Ictymologie du mot grec :& comment 
tiendroyent ils bonne methode^quilsne i^auentla plus part que cbft que 
la méthode. 

. Donc, pour dire clairement ôc breuement ce que ièllime quïl feut 
fçauoir touchant la Méthode, (qui eft vnc matière dont on difpute (ans 
fin & ians cefie aux efcholes,) il y a deux Méthodes de trai<5ter & dilcou- 
rir de quçlquç cho{e que ce (bit : lune c>^«<</yn^»<',laquelle Ariftote cnfei- 
gne icy, & Ikucre Tofique ou ^utleBiejue^ dont nous parlerons en Ion lieu- 
Mèth$de<.^€Hd^ ; , Ïk A i méthode 4n4i^tii^iêeyCtjl- ^nehéiitude des préceptes necejjak^ipowedifcoHrir 
Jç, frptkmesifn Çopfitn^ yne fmii iuJk frMeme femlementj à Jçdu^ir la v^- 
mahle, 

ai^MMnpZ ^ * methûde diakBitfue , cefl. ymhatitude des préceptes necejjaires pour difcùU" 
^Hc. rirde tous problèmes probaikmem de part &*d'autre, à Jçauûir tant Ikffirmatiue que 

lanegatiue. 

En C£S deux Méthodes conHfte tout Ibrgane, lequel ncpeureftre 
bien entendu de ceux qui penfènt confondre l'Analytique auec les Topi- 
ques ou Dialeâique, comme il a defia efté dit plufieurs fois. 

Mais voicy deux ou trois difficultés qui le prcfèntent. La premiè- 
re , pourquoy nous donnons le nom de Méthode à la féconde partie 
de ce hure, pluftoft qua la première. La féconde, pourquoy Arillote ria 
mis l'inuencipn deuantrArtifice du fyllogifme. La troiueme , pourquoy 
nous approprions Tinuêtion que nous traitons en cefte partie, aux (y\- 
logifines Analytiques, veu que la commune opinion eft, quelle cft com- 
mune a tous {yllogifinesj 6c aux Topiques meimcs,aufli bien comme aux 
autres^ La reipon&àlapremierediîEcultéfe prend de la définition delà 
rtur^ii»y tin- Méthode. Car, combien que tous les préceptes fè rapportent à la Mctho- 
uentunejidf' de, & quon poiflë Comprendre tout l'Organe {ous CCS deux Methodcs, 
ft&€tmeth$dt. Analytique &Diakâ:iquc, fi cft-ce que , dkutant que la Méthode gift 
en la prattique , nous &uons définie par les préceptes qui font premiè- 
rement ôc principalement neceilaires pour di(coutir. Or eft-ilque Tin- 

uencioa 



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PRIEVXES ANALYTIQVES. V« 

ucntion efl: la première doACfious auons beibing^quand nous àuons à * 
aaiâer quelque matière : <cl;l donc â bon droit que nousjdonnoas le 
aom de mechodeà cède pame,laquelleconticnc les préceptes d&riftuea-^ 
rioDjpluftoll qu'aux CategorjeSi bu au lîure 'deTlntcrprctation,ou à quel- 
que autre partie de FOrgan^bs efloiif^eè de hiûgc , encores que tou- 
tes ces pièces là ibyent neceflairespour saider de ccQe cy. 

De celle folutionnaiftla' féconde difficulté; car fi la première cho^c ^fitt^ttr^ 
qui nous feit befoing , ecft l'inucntion ,^ourquoy Ariftotc ne & il; mifê feft^^ll 
au premier lieu ? Pluueurs iê font heurtes a ceÂe pierre , ôe quelques vns f^orU ttigU dé 
sy font trouucs tant empefchés , quîls ont confondu cette jpartie auec la 
précédente « combien que ta difièrence (bit notable entre urne & ^tre. 
Car on peut fort bien entendre lârtifice des figures » fans fçauoir Tinuen-* 
Qon du principe ou ternie metoyen:maisrinuention du principe ne peut 
efbeetitenduefàns lartificeEt ccttlaraifon pourquoy Ariftote amis V at'- 
tifice deuant. Car nous verrons au premier liure des Poftcrieurcs , que • 
par la reigle de bon ordre, ce qui fè peut pafTer des autres, & dont les au^ 
très ne fe peuucnc paiTer^doit aller deuant. Donc, comme celuy qui vou-* 
droit commccer a baftir vne maifbn par le toict, on pourroit dire à bon 
droit quil fjèroit malade p^r la ceruelle, d'autant que le toid; nepeuceftre 
pose que fur les murailles , & les murailles ne peuuent ettre fans fonde- 
ments, qui monftre qu'il faut par neceffitc comcncer par les fondements. 
Ainfi, puis quel^tiiîce du iyllogifinefe peut bien apprendre farls fçauoic 
l'inuention au terme mctoyen : mais il m impofCble dcntendre les pré- 
ceptes de cette inuention fans fçauoir au préalable Tartifîce & la conttru- 
aion du lyllogifme : ccuft eftc vne chofe ridicule de commencer parl'ia- 
ration, laquelle on ne peut aucunement mettre en vfàge , qubn ne fça- 
dtepremierement ladoârine des Catégories de l'Interprétation > âc 
piiocipalement l'artifice du Syllogifme. Car fi nous nauions appris cy 
Jcuant, que tout fyllogifme eft compofé de trois termes ôc de deux pro- 
poficions , lefquclles pofèes la condufion sen doit enfuyure , comment 
pourrions nous fçauoir que le terme metoyen ett la raifon« le principe,^ 
fendement de la concluuon? Tellement que chercher vne bonne raifbn 
pour prouuer quoy que ce foie, ce neft autre chofè que chercher le terme 
metoyen de quelque conclufion. Et comment ieroit-il podible de com* 
prendre les diuerfes compofiùons du terme metoyen, que nous verrons 
aux reigles de rinuention,fi on ne fçait au preallable les diuerfes coUoca- 
tions d'iceluy félon la diuerfitc des figures? Doncce qui a efté dit, que la 
première chofè dont nous auons befoing , cètt l'inuention , cela fe doit 
entendre auec diftindtioti : car il y a double commencement en tout art, 
& en toute fcience : lun quâd il eft queftion de prattiquer l'art ou la fcien - '^^'"^u^ 
^ & l'autre quand il ne sagift pas de la prattique , mais feulement de la ^^^j^^ 
théorie & con^oiflance des préceptes de quelque art & fcience, ainfî ^mtUnmm^ 
que Tenfcigne Ariftote au fixieme liure de la Metaphyfiquc : côme, pour ^^w^*^^^ ^ 
exemple , ceby qui veut prattiquer la médecine , la première chofe qiâl 
Êicapres aaoir veu le malade, cëift de luy ordôner ce quil congnoift ettre 

Y 1 neceflàir 



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n% ?P;R EM IcE R LIVRE D E Si 

neccflàireàia fàncc. ^ais <rcluy «jui voudtoiccfcrire de la mcdccinc,tant 
itvi £iut .<}iâ coinmença{bpaf là > que ce r^roit tout le dernier de Ton œu- 
ucC; Cacil parleroic premieremaiu des^ diemeofô: ôcde la cotnpontion 
dbscoirpsnaturels^deshiiibfjutis^déâ^fit^vira^^ deTamé &;ie5&culi 
tes : puis il viendr<)it aux' nialadi]es*& cauiciS|d'ic0|lés>ôc au^ Agnes 6c fyn|^ 
pcomes par Icfquek onks peut congnoiArej ôc fttialeriicnttrawâeroit des 
\ ,w rt? remèdes, de &rrce que la fin de Id théorique le commencement de la 
wit V. . ' pratcitjujérMitaiitencft U de tOrganejSil eft qaèftiotl de l&mttÉrfc «b prat- 
^v. v.^n âqaeynpiiSiCotDmenceronsnouredi£couFi|^rle5îUrg^ 

' cbnime.plus faciles à trouoer^Sc qui ouurent toutes les difficultés de parc 
& d'àucre, puis nous^rof» noftre concluKîon p^r quelque rai(bn analy-;. 
tiqucyamfi que fait ordinairement Ariftoce en lêâeicrits. Et neanirmoinsi 
pour bien enfeigner l'Organe , il a cftc neccffaire de mettre TAnalytiquc 
deuanr, ôc les Topiques apres^ tant à cauiê de la dignité de l'Analytique^ 
sjUc£tfint^f9 ^ pour propofèr la fin de TOrgane , qui eft le fyUogiime Apodidique, 
par lequel nous acquérons la fcience, que pource quîl appartenoit à l A- 
rîM, nalytique de traiâ:cr dcselemcnts & de la compofition du difcours, puii 

que la pcrfedtion luy appartient. Par ccftc mcime diftindiion de la dieo- 
rique ôc pratcique ^ nous rendrons raifon de la diipoficion quAnftote a 
obferuc en celle partie Analytique deTOrgane : car en la pratdque il eft 
tout miinifefte que rinuenrion marche la premiere:mais en la théorique, 
laquelle Ariftotc enfeigne en ton Organe, les Catégories vont deuanc, le 
liurc de l'interprétation fuit après, puis TArtifice du fyllogifme: èc eft im-* 
poffible de pouuoir entendre i'Inuention, G tout cela ne marche deuanc; 
Ëi; quiconque considérera de près ceftediipo{îtion,ily trouuera non ièU' 
£a Htcefitéo' lemcnt vn ordre admirable , niais audl vne conionâion H eftroitce & (î 
tftrttttf co,m~ nçceflâire entre toutes ces parties, q ue lime ne fe pôurroit aucunement fe- 

«M» de ctHt 11, ^ ^ * I 

fmt éutec U parer deiautre:CarnousYerronsquepourtrouuerlepnncipeouleter-* 
frecedente CT niccoyen il faut prendre les C&nÇee^mnts yxAnteceiem , 0^ kefugndm Ju 
J'î*"""'* SfAieSUde t^ttr^ué delà conclufion que nous voul<»is prouuer. Mais 
comment nous en pourrions nous{êruir , C\ nous ne (çauons les iigures 
pour placer le terme mctoyen au lieu qui luy eft conuenabicîcommeaut 
li de l'autre cofté, comment p^attiquerons nous lartifice , fi nous nefça- 
uons où trouuer nos arguments? Item comment prattiquerons nous ce 
qui fuit cy après du moyen danalyfèr toutes /ortes dëfcrits , pour en iuger 
pertinemment ,fi nous ignorons oiiil faut chercher les bonnes raifons, 
& comme il en faut conftruire vn bon fyllogiûne > Refte maintenant de 
rendre raifon pourquoy iay dit quAriftotc parle icy de Tinuention du 

Isrincipeou terme metoy«i Analytique feulement , &: non pas de tout 
yllogifine generalement^comme on lecient communément aux efcholes* 
^tthuett^ L A raifon ccft ce qui a défia cftc dit, queb méthode Analytique & la 
ho ^ù^eHfiigne mcthodc Topique font deux genres tellement diftinds & fepares, qiâls 



^Ttjhtttnce ne peuucnt auoir nen de commun^ Car celuy, qui veut trai(^rAnaIy- 
tnfrêfrtdHBt tiquemeot quclquc problcmc,il lïcnpcut padct quc duac part,a Içauoiir 
u^ifmt ^nâij j^ t^Qii ^Q^é . comme , $11 eft queftion de parler de IXcUpfè , fcauoir fi 



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PRIEVÉES ANALVtrqVfiS. 17J 

partie affirmâciue de ce problème fè craiâtra ah^ytiquemenc / pourcïc 
quelle cft vraycMâis celuy Ce rtauàâlerbit m Vâiï)|,^ui vôodroic fottftçnir 
la negadue par la méthode ahdytiqùe, dktïtant 'Quelle èft &ixftei là ùù au 
contraire nous traiterons 6c Ikffirmâtiué & k ftWatîtie pàt là méthode 
Topiqucjôc foufticndrons le pro ôt le coittl:à'm(mereinment;à quoy on 
void cîairemctit <Jue rinuencion analytique dft tbùte autfé <jue la Topi- 
que .:ettattt itnpoffible qucllntièntioades vrays prindpcsy&^^f^ 
des probables, foitvne mefiriechofè. - 

Mais voycy àquoy plu(ieurs feforit abùfêsj cïftque le principe ou àMi^é 
terme mecoycn ànalytiqueeft pris des Cànfeijucnts-y Antécédents y & %efu^. 
pims des Extrêmes de la côclufîon. Et Ariftote dit luy mefine, que le prin- 
cipe ou terme metoycn Topique & probable eft àufli pris dcfdits ConÇe^ 
i^uents y Antécédents s TLe^ugnans, Pourquoy donc attribuons nous cefte 
inuention,qai coïlfifte àtrouuei* XesQof^quents^AntecedeHtSy^Repu^nSi 
entièrement à l'Analytique, pour en deipouiBcf làTopique? 

R E s p G N s E* le ne nie pas que Argument Topique ôi probable ne 
foitvn argument prins du Confequent àc de 1* Antécédent, du SiïbieiSl 8c 
de l'Attribue. Mais il y ateUe dîfFcreace d*icéluy à l'argument Analytique, 
quil y a de l'ombre au corps. Cir* à parler propretri'entjkrgumcnc Topi- 
que neft quùne ombre ôc apparence de railon: . Et combien quîl foit pris 
aulTi des Gonfequents Sc Antécédents du Subiedï &dc rAttribuc, fi eft- 
ce que ce font Confequcfits 6c Antécédents fort commtf rts,ài: qdi ne font 
aucunement reftraints à vn certain genre , aiûs siccorrimodent à toutes 
diofe : tellement que neftant pas eflentielsj comnie les vriys Antécédents • 
îtConfèqucntSjlefquels l'Analytique recherche, ils deuroyent pluftoft 
cftrc appelles images ou apparences dkrguments , quarguments* Et à la 
vérité celuy feroit bien de loifir, lequel fc contentant de difcourir probâ-- 
Wementde quelque chofe,Voud.roitprçndrelapeinc dechercher les An* ^ 
tecedents& Conlequents parlés reigles quAriftote cnfcigne icy pour 
fAnalyciqucveu qu'il trouuera fes argunicts tous fàidls en les Topiques, 
quand mefme il ignoreroit entièrement toutes tes Anal}^iquesjô£nên 
auroit iamais ouï parler. Ce quayant bt^n confidei-é « le defpouille vo^ 
londers ceft erreur populaire,queles deusc hures des prieures Analytiques 
fcyent communs tantàcelity qui veut traider quelque problème analy- 
tiquemcnt, qtû celuy qui lien veut parler que probablement. EtpOur 
cngarentirlesautres,ienemepuislâucr de répéter que ces deut parties 
de FOrgancne (è peuuent méfier enfèmblc: Se qiiépluftoftles propriétés 
du Cercle feront demoftrees du Quarré, qubn pdiflê prduuer que ce qui 
appartient à rAnalytique,luy (bit ccmimuhcgaletnefitaucc les Topiques, 
fi ce nhd autant que la peinture fera prifé pour la chofe dont elle ell pein- 
ture, & l'ombre pour le corps. Ët, de grace,à'querpTqpds Ariftote auroit 
ilpristantde peme à diftinguerlkrtifice des fyllogifmes àbfolus, neceffai- 
res^ contingents,sil y a vn artifice gênerai de tpus fyllogifmcsîPtourquoy 
fe (kioit il tanttrauaillé à examix^er les ligures , 6c cnaque manière darga- 

Y 5 mentet 



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174 PREMIER LIVRE DES 

menter en chacune d*icelle: Ci tout ceb ne 4euoit (èruir quà faire vn [yU 
logifme de fi peu de vertu» & de fi peu dcforce,que celuy qui tiendra lo- 
pinion contraire men pourra oppofervne douzaine de pareille trempe, 
& fi nauray aucun moyen de men défendre, ay de maflèurer pluftoft du 
mien, que de ceux là f Vaadroit il pas trop mieux Ce repofer , que de tant 
trauaillcr pour néant ?Et de &iâ > qubn demande aux Aduocats 6c Ora- 
teurs , & à tous ceux qui difcourent probablement par lart de la Rhéto- 
rique, sils fe jfoucient de {çauoir les figures , ou Tinuention Analytique. Il 
eftcertainquilsfe mocquenc de tout cela. Car ils trouuent bien leurs 
raifonsparvn chemin moins pénible. Mais Ôci* Artifice des figurés , & 
rinuentionoù nous allons encrer , nappanient qiu celuy qui ne veut 

i)oint qubn face de contredits contre fes efcritures,oufiquelcunveut 
entreprendre, qiul Ce trouûe tant dâbfiirdité en fès raifbns , quil ayt luy 
me(me honte de (à contradiâion. Concluon donc,que celle Inuentioa 
Vft du tout Analytique, & du tout feparee de Tlnuention des Topiques: 
comme aufii !e lugement, dont nous parlerons au liure fuyuant , eft en- 
tièrement feparé du Jugement Topique,de forte que lUn na rien de com- 
mun 5c indiuis auec l'autre. ' , 
^^1*^* ^ ^ auant que dentrcr aux préceptes de l'Inuention^il faut encoreno- 
^fipu! " chofe : ccft que la méthode Analytique a trois efpecds,à fçauoir la 
méthode de traiâ;er les problèmes abfolus , la méthode de traidler les 
contingentSjôc la méthode de traiâcr les neceffàires. Car en vain Arifto- 
tc auroit il diuisé les propofitions en Abfblucs, Neceflaires , ôc Contin- 
gentes des le beau commencement de Ces Analytiques , fi tant les vnes 
que les autres ne fèruoyent â l'Analytique. Vray efi qu'il ne parle point de 
la méthode des difcours Abfblus,ny de^ Contingents à part^dautant que 
les reigles & préceptes du genre, cèft à dire de ilnuention Analytique, 
que nous verrons icy, leur lUfEt. Mais il skrreflera longuement à lêfpecé 
de la méthode Analytique, laquelle concerne la matière neceflàire^ pour- 
ce quelle a beaucoup de particularités fort remarquables, ôcauili pource 
que ceft la perfedion deVOrgane & de toute fcicnce : &c pour celle oc- 
cafion il a &iâ deux liures entiers pour celle méthode analytique neceC 
laire Se apodi<2:ique,à fçauoir les deux liures des Pofterieures analytiques, 
où nous remettrons aulfi à dire ce qui appartient à ladite ellpece de mé- 
thode en particulier.. Car ce que nous verrons icy appartient à coûte la 
; méthode analytique en gênerai : pource que, foit que le Problème q[uon 
voudra trai6ler foit neceïlàire, ou abfolu,ou contingent, il faudra procé- 
der par vne mefiiip voye à l'inuention de fbn principe Analytique , ainG 
que ieipere le nfionftrer par exemples en toute ibrte de matière. Que fi 
on demande, pourquoy cède partie, où il sagift de Tinuention du terme 
metoyen > e(l appellee Inuennon des Prmc^es ? il y a double raifi)n de cela: 
pêurquty h hine,pource que le terme metoyen eft la caufe de la conclufion , comme 
*^f^^pîn- nousauons veu par la définition du fyllogifme,où il a efté dit que la con- 
^ft' clufion procède de la pofition des propofitions , cë(l à dire que cbtl ]b& 
feâ des propofitions: or les propolitions nom rien plus que la conclu- 



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PRIEVRES ANALYTIC^VES. 175' 

fiofl) que le terme mctpycn, lequel eft en chacune d*icclles, & nfeft point 
enlaconclufionj ôi pour ceftefaifoûle nôm<}e^>wa^f conuient bien 
au terme mctoyen. Lkutre txiConi<^fi que celuy qui diwourc analytique- 
mcncnc prend pas Ton terme mecôyen à la vôlee j ains fe conduiûnt par 
b reiglcs que ni>us allons voir , monte iu(qucs au Ct>nrcquent fouue- / 
riin , ôc iulquaV Antécédent le plus vniuerftl, & là il trouue fes axiomes 
& principes irréfragables ccftpôurquoy principalement nous vfur- 
pons icy ce nfioc de Principe , lequel pour celte bcurc nous ne prêtions 
psis Cn^ment , comme en quélqueS autres endroits , pour principe de 
Gcdmecrie, Arithmétique > ou autre icience î mah hOus le prenons peut 
tout terme metoyen analy cique:car autant qUil y a de conclunons^autant 
yail cicnrincipe$> comme nous verrons plus aniplethent aux Pofterieu- 
r^ Analytiques. £c eft impoilible de dire que b cohcliifion puHTe ,efl:re 
iàns Principe: tout ainfl queMeâne peuteftre qubnneprefuppofèla 
caufèauparauanc 

Ie prie le Icâeqr de ne Sennuyer de ce long |)reambule, lequel ifcufle 
irefuofoiicicrs retranché, fi ie ne meftois propose des le commencement 
de ce labeur de tafcher pluftoft dêftre facile que bre£ Car après que Ton 
aura bien compris la doctrine de ceft Organejil lèra âifé à chacun dcfl fai- 
re des fommaircs &C abbregcs pour le foulâgement de la mémoire : mais il 
m'a femblc qml meritoit bien de (c faire voir vne fois en France tout 
cuticr* . . 

7)a Con/èquents, Amece^ntSi^ %epu£nafU. C H A p. je X t 

I c £ Il o N en quelque endroit de Ton liure de ta Diaina^ 
cion diti que ceux là font accomplis &par£dâs eu fçauoir, 
qui peuucnt trouuer les Confequents, Antécédents, & Re- 
pugnans de toutes chofês. Car auflien cela gift tout le fè- 
crec dé l'Inuention Analytique ; Mais ce grand perfonnagc 
ï iàiâ; comme plafieurs de noilre temps, qui Ipuety: & magnifient les le- 
crets contenus es liures de Paracelfe , où ifs ncntendent que le haut Alle- 
mand, comme on dit. Car la vérité eft,quc de fon temps Ariftûte eftoit 
fort peu congnu à Romme. Et sil euft eftc aulïi fiimilier cômeil cil main- 
tenant, Ciceron nëuft iamais permis quîl euft efté relègue en ce malheu- 
reux feio ur de pedancinxie où la barbarie la confiné par tant dannees:ains 
il luy euft £ii6t auoir place au Senat,en TOrcheftrcÔç en tous lieux les plus 
célèbres de cette grande republique Rommaine. Or ce que Ciceron a 
tant eftimé ëc prisé ians le bien congnoiftre , Ariftote nous Icnieigne icy 
auec vne telle làcilité, que quiconque voudra trauaillêr, fè pourra aflèu^ 
rei de iè rendre parfàiâ & accompli au dire de Ciceron^ Et ne faut point 
auoir peur de faillir , ou que Icxpetience & leipreuue ne correfponde pas 
àldperance^pourueu qubn fuyue mot à mot les reigles que nous verrons ' 
cy apres.Mais il faut trauaillêr* Car nous en voyons bien peu deuenir i^a- 
uans en dormante Aumoins Ariftote ne nous lepromec pas< 




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i7f PREMIER LIVRE DES 

^fiemUnde 'g^ premier IkuidcWypotir tçailoir ttQUuerles Antécédents &; Con- 
^htfc^sffLt!d feqMenis^defquels les Principes de tous fyllogifmes Analytiques doyuent 
fircrou il faut qH^q c0inposés , il ^\iZ dilpofèr les notions en bon ordre Catego- 
trJ^Jinljn- riqne:.;&: pourtant Annote repçte icyja diuifion de toutes chofcs , que 
€^pe ^Haj t aupns ddîa vqu en k prcmicre^partie du liurc des Catégories. Cëft 

quil y a.de$, chofes^lç^u^Uc^ tic p^uuenç eftfe dites dkucun liibîeâ^tnais 
d*iqelles. toutes autres çhpfès font dites. Il y en-.a d'autres , lefqiielles au 
fo^tr^repéuuenteftre dites du fubipi^t , mais riçn ne !pcut eftie dit d'i- 
celles : jôc Enalemcnï i^ y en, a dauçrcsr, l.efquelles peuuent eftce dites, & 
^fqùçlles âulTi on ,peut dirç quelque autre chofc. Si nous auons retc- 
{iii ^ qni a: efte dit^ -if^rt: am^enient de celle diuifionr au cinquième An- 
técédent de nos Çi^ççgpries, nous {çauons qu'au premier nîembrc appar- 
tienncnçlesindiuidiu.gufubiects fingulicrs,lcfquekiie font pas Catégo- 
ries, majs ce fopt lesrfondements des Catégories :. comme en la Catégo- 
rie d:;la Subftance , Ican, Pierre, laques , & autres choies lènfibles &; pal- 
pables^ qui nepeuuem eftre dites daucune chofèquepar accident, corne 
û on clic Que ce hlanc là cejl Socyates,^ Que cela (jui ùpproche^cejî lea?^ ou leurre. 

P ar Içfècqndmembredecellediùi/ionhousentendonsles dixfou- 
ucrains Ôc premiers : genres des dix Catégories , Iciquels il eft impoflible 
*^ doutrcpaûbi; qi^and -Oii' monte depuis les lUbieds fingulicrs contremonc 

en lbr4çc Catégorique, ainfiquil içraplus amplement deckré auxPode- 
rieures Analytiques. Au troideme membre appartient tout ce qui^ft en 
chaque Catégorie entre le genre feuuèrain lesindiuidus. 

D-E <tV Pt Y; . c ^.^^ ^^^^ di.ui(Jpn en imuencion de nos prin- 
cipes Analytiques ? Elle nous y lért, pour nous aduerur que nous ne de- 
uoriiiimais- prendre pour principe Analytique , ny vn indiuidu , ny vn 
genre fouuerain de nos Catégories: mais ayant réduit tant le Subied 
que rAttribué du pràbleme,que nous voulons trai6ter,chacun a (à Caté- 
gorie , & ayant dreffc les ordres on rangées de leurs Confèquents, & An- 
tecedcntSj comme nous verrons quïl faut faire au chapitre luyuant, nous 
prendrons noftre principedc ce qui appartient au troifieme membre de 
cefte diuifion^cHl a içâuoif entre le genre (ouuerain & les iiibiects fingu- 
liers', afin quil puifl'e tenir lieu tant defubiedtque d'attribué en noftre 
fyUogifme. Et quiconque fçaura difpolèr les Antécédents ôc Conlê- 
qucncs par bon ordre en chaque Catégorie , il fepeut afFcurer quil dret 
iera (on difcours Analytique en vn clin d'oeil , & (ans diiEcuIté. Ord'au- 
tant que le principe Analytique eft composé des Confequcnts , Antécé- 
dents , & Repugnaris-du Subie6t & dcrÂttribué , il eft neceflàire de bien 
entendre ces mots de Cohfequent, Antécédent, & Répugnant. 
ctnft^iunt. Conséquent ccft ce qui contient fous foy quelque norian,6c eft 
dé plus grande eftenduë : comme eft confèquent de l'homme ,6c 

fukltdnccQd confèquent i animât: car tout homme eft animal : item tout 
animal eft fubftance : mais toute fubftance nèft pas animal , ny tout .ani- 
mal neft pas homme. BreÇConfèquent ccilce qui eft au deïTus en tordre 
Catégorique, Antécédent dont céi ce qui eft au dcffouSjComme w^w/w-^/ 

/ eft 



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PRIEVRBS . ANALYtiqA^ES. 177 

eft Antécédent de fuhBémceràc tho^fm^cfk Antécédent d'animul: & Fr^ 
^oïs^iAUemdniJtdbenyktMceàent d'homme. Cela femblc bien àifc,comme 
il eft à la vericc en ces exeiriplcs. Mais quiconque ne sy exercera Tounenr, 
& par vne afiîduelle médication y fè troutaera bien empeiché à rappoitèr 
ainfi toutes chofes à leur .Catégorie-, Ôc à les difpofèr pai^n ordre : ô£ 
neancmoins ccft la première chofe <|uïl 6uf feire pour trouucr noftrc prin 
çipc analyciqucle vous laifle donc a pcnfer quelle f c^idicc il peut auoir es 
e&rits de çeux qui ont retranché les Catégories de ledr logique j vcli 
que les vrays Antécédents & Cô{èqi^m$ , deiquels tous arguments aria- 
lydques font composes^ doyuent eftre prifis dans Mendue du genre da 
Subieâ:.& de l'AtcribuéJequel genre il eft impoffible de trôuuer uns rin"' 
(lice des Catégories. Certes on ne fèrapoihtaetortà tels Dialeâiciens^de 
leur dire qiuls ont ignore les fondements de lkrt du difcours» & que leurs 
logiques en(èignentplufton: à iaièr qua diicourir pertinemment:&: quant 
à la (cicnce & parfaire congnoiflance de la vérité , ceft choie ièure qiuls 
nen approcheront i&mais par leurs préceptes. 

Mais pour entendre encore mieux ces mots de Cânjhjuentdc ^me^ 
cèdent y il ne faut pas penièr que toufiours le Confcqucnt foit le genre pu 
l'Anteccdétlelpeccrcomme en Ibxemple des fubftances que nous venons 
de propofer. Mais nous appelions aulfi Qcnfeauent i ce qui eft de Icflencc 
& conllitutiôn de quelque chofe, comme la tiffié en mathématique fera 
prife pour Confequentdu Triangle, encova qu'elle ne (oit pas genre du trian- 
gle,S£ ce dautat qucle triangle ne peuteftre fins lignc,& quea tout trian- 
gle il y a des lignes : mais la ligne peut cftre fans triangle, comme Ikmmal • 
peut eftre {ans l'hommcde forte qml y a quelque fimilicude entre le gen- 
re, 8c ce qui eft tellement de lèflènce de quelque chofe>quil peut fubnfter 
lauicelle: comme en ceft exemple laUgne eft de feflenceda triangle^ 
tellemcntqueslinyauoit point de ligne, il ny auroit point de triangle: 
inais la ligne peuteftre ôc uibHfter fans triangle , tout ainH que ce qui eft 
animai ne laifle pas dcftre animal, combien qtui ne foit pas homme. 

Les Confèquents Antécédents analytiques font touHours c&m 
mdme ordre catégorique, que ce dont ils font Conièqucuts & Antécé- 
dents, & font fynonymes: mais les confequents & antécédents Topi- 
qucs,ou probables,ne font pas fynonymes ; car ils font trop généraux, ôc 
conuiennent à plufieurs chofès de différente nature, ainfi que nous ver* 
rons. Or tout ainfi qùe ccluy qui &it fon compte auec des iettons , fc ^^^^^ ui'yeuâ 
doic garder de prendre des dixainespour des centaines, ou des centaines ^v» 

J)our des miliers : ainfi celuy qui veut difcourir analydquement £è doit ^w»: 
11 /• I r A i , me eeluy mtt» 

ur tout garder de melprendre en les Antécédents ôc Conlequents, de de fût fi» e^^fg 

confondre ce qui doit eftre au defltis en fordre Catégorique, auec ce qui ^'f^tUtiof, 

doit eftre au deffous : autrement il ne aouuera iamais ion compte , & ne 

Eourra venir à bout de faire vnc parfaiâe demonftration, qui eft la fin à 
iquelle il faut rapponer tous les préceptes de l'Analytique. Les répugnons j^,,,^^ 
font plus aisés à congnoiftre :car ce iotit ouïes contradiâoires, comme, 
:ou contràireSiComme^ bon^Hémme^i^audijroid : heureux» 

Z mdlhen 



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.7? V ^ £ M 1 E jR r L I V R D E S 

m4lheure^^L&sM^gti2Lns à^^ Coûtingccs ne fontpas fi contrai- 
çe^ quils ne paillent prendre: place en vn mbûneSabiedljCommeil a efté 
monlitré enlaconueriîon des propofidûD$ .Contingentes: :mâisl^sRe* 
pj^^ns des difçours^Necèflàiresianc cçUraient! repugnans^quils ne peu* 
ueiu um^;Çp;iueiMr au Subie<^ ny à TAtoribuc duquel ikfont repu- 
gnanS)Çomniçi|^eradicaux Poflemures Ahalydqaes. Entendantïnain- 
tcnf^ti^ue ccAque Cparçquent'&'AntecdddnCynou&encendons aûffi ce 
guia dit au cointpçnceh>ent dé ce cbdpkre> à fçauoir que les indiui- 
c^q^fi iipg4ilieres,ne peuu^oc feruît de Principe ou Mecoyen Ana-^^ 
j^que, poticce: quelles ne peauent dite dices^de choie quelconqae«Coni- 
xt^^^^tf^c expliqué ailleurs.. £t:tdut atnfique nous rdettons ce bout 
d^^m^as de tlos Catégories, aaflî faifons nous celuy dbnhauCjàfçauoir les 
gçncfes fopuerainsjdçfquels riea ne peut cftre dicNous retiendrons donc 
le j^erjiiêr membre denoftre diûiuon,àfçauoirtoutce quieft entre les 
de^ixlioats de nps CAtcg.ories;car là nous trouuerons nos Antécédents ôc 
Confequents, & tout ce qui nous fait befoing pour difcourir analytiquc- 
ment.Vpyon maintenant comme il &ut procéder à Tlnuention du prin- 
cipe pu ternie metoypn. 

, . •.; .char' XX il 

O V R faire choix des propofitions propres pour difccrner 
premurtrti- ^^^^^ de qûoy qûe ce loitjvoicy comme il faut faire. Premiçre- 
'H^mîiùw^ ment il faut diligemment confiderer leSubieâ: duquel on 
vÊuc difcounr ôc rechercher fes propriétés &c définitions, 
aumoins celles qui expliquent le nom,sïlabe(oing dexpli- 
cation,çomme,pour exemple,sil elt queftionde parler de lëclipfe delalu- 
ne, aiiant toutes chofes on définira ce mot Sclifje t en difànt que ccftA^- 
fcurçtfftjnent de la hmiere de U .En après il faut aufli côfiderer TAttribuc 

3uon entrepréd de demôftrer dudit Subieârfic sîl eft tel qull ayc befoing. 
eftre expliqué par quelque defcription àmiliere > on le deicrira âuifi le 
pliis clairement que faire fè pourra, à fin dbuiter toute obfcurité , qui cft 
toufiours fufpeâe à celuy qui cherche la vérité. Cela&âjil Ëtut chercher 
les Confequents , Antécédents , Repugnans , tant du Subieâ: que de 
ammtilfdMt TAttribuc. Et pour ce fàire,il faut réduire le Subied & TAttribué chacun 
à fa catégorie : puis regarder ce quil Élut mettre delfus Sc deflbus chacun 
fjjf»f>^cï- d^iceux en fordrè Catégorique. Car ccft le feul moyen detrouuerles 
ftfuents, Confequents Antécédents, dkutant que les Catégories nous feruenc 
dlndicepour nous . conduire aux vrays genres de toutes chofes : & fans 
celle addcclle iladuiendra qu'au lieu des vrays Confequents & Antécé- 
dents efTentiels à la chofè dont nous voulons parler , nous en prendrons 
■ de vagues & communs ,& bien fbuuent de faux , encores que nous' en 
tirions vne conclufion véritable:^ ne pénétrerons iamais àia vraye (cien- 

cc. 




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PRIEVRES analytiques: 17^ 

cc,de laquelle on.fc fouruoyèauffi toft qubn fàucàtrouucrk Catégorie, • 
tant du Subied que de l'Accnbué qu'on veut tx^dtiëà: y 

P o v R le regard des Repughans» quand nous iaïirôns douué Ics Rtpu- 
gaans denoftre Subied, ôcdénoftre Attribue jhodi'naurohs que faire 
de rechercher ce à quoy noftre Subiédt & Artribuérèpugnct,pourceque 
les proportions negaciues Ce corttjcrriflèniî Kciph>quement:5/ »!fiE/i*>*r^ 
fiefihmme :J<1 ul homme auft n^- afhre : & fi Taiièiè^ -ri^UgdâiitiàTAiïTWwr, 
/'i&^/w»^aufllellrepuçnantà/k>À'^ • -.-.:îr::ï';".' , 

Ayant afremblçnoscqn{^uaits,nbûsmfettfbns'àpâ stc»ndtuiiU, 
confticuent klTence de ta chofefcîu^ tious ''dèq^^àTârr^ coftilhie te gen- 
re & la diiFerence : puis ceux qui iàyueht tOufi6ut8lb(}ènfce^qtte noiïs ap- 
pelions ^rofres^ ^ niettrons aaffii'part 'Ceut <|^^neicDAulennènt.q^ 
comme accidents. Exemple , ^Animdly raifomable , r^hle , mcTtttyterrvBre: 
tout cela peut éftre dit de i*homme,mais diuei'lement:càifc,>^«w«/'cft fon 
genre : raifonnakUt là<lifFercnce {pecifique i r 'tffhté^ eft fon prbprêi ijuj fiiic 
toufiours fon eflence: & quant à mortel &7f>r^/?>r,cefont accidents rôm- 
munsjlcfquels ne font point de la deiraition de l'homme, aîhjcôhuien- 
ncntà pludeurs autres chofès qui font hors le genrt de l'homme. Il faut 
aufli dirtinguer ce qui peut eftre véritablement; attribué â ce dont nous 
voulons parler,dauec ce qui ne luy èft attribué que probablement ou par 
opinion: car plus nous artenîblèrohs de tcrmesïtâ'nt plus tolHicn^ .... 
nous à bout de noftre conclufiôn : ôç plus "ils (èroht vrayi iSc plus nous 
approchei?oiis'delaperfe6lion'deU<lemonfkàri<rift: " • = ^ ■ - 

D autant que voulant conclure vn proWçmèVmuerlel' , îious aùons f^w/'ww^ 
bcfoing depropofitions vniuérfèlles , nôus "ébelâtons. dpniequents ^ ' 
<p peuuetit cftxe attribues vniuerlèlleméri la cbofedontil ëft'q^àtion 
Àtcvettèrons ceux qui ne pfuuenteftreàttribtiésfquej>àrtiaiherement: 
coinme, pour exemple, ie ne cherchcray pas vn Conkquent qui pour- 
roitcftre diè particufrcremeht dé lean où Pfcrfé' fëûlenient : mais ie pren- 
dray le Cohlequerit ijuiferà dit <fc tout hOîhme^hiuerMcmdittt pour 
oftcr toute ambiguïté, il hiùtadioulter atibc'Jjropbfitiôhs l'ès'tnàhjues Ai-' 
niueriklitcjcorftrae 71»«f>?fl(/, i^*/rtf»^«f i^tr^menèCi 
on èll eft peine de ïçâuoir^ elles font vmuëtfellcs ou paiiiculieresïmàisla 
mar^déy cftaht, on eft hc>rs de Ccftepeitlé lai' ■ " ' ^ 

AvTAN T- en dirons noÉis des Aotëqédcnts p6ùHafncfme raifon,à audtriemrà" 
fçaiioir q^'dAtit chercher les AhtecédeAts .dUiSâMeâ prîns Vrfiufcrft^ 
naene&'fairfaarque duniuèflàlité (e conidiht fort liien au^t^rAnccccdent: 
comtftdV^toUt-exémpié i tfeft fort bien dit;, dénoncer en ceftc rnàoierc, 
Z5M*^é*i^^m^^î«wtertf/V■^aûtànçquela foité'Gategoriqué^nous nibûftre 
que l-ht)hn^ eft'Antecèdonc d*aniraal,&î pairtànt quanimai tft dit de tout 
hoitme. I^^is ceftcmàrqiie dUniucrfîlké^bïfe>*bit iath^ii^ioftiafelliu 
Conièquent: carce feroit du toutincptemè!y^2(i4éf,dé'dii:tqtiè^ 
ftieeft tout anûmaïaa^iinrc mcfoie repugneàvftc tcB^rhkniferc-jd'Enôn- 
cef> «B-p04irÉfifHt le Goiïf^uéntdoit kiy^*e^pùrétticnt ôt^^lSfoUittient ce 
dont iieft confèquentxomme quand on die que Tcm homme efi itmmttk 

Z 1 QX^ND 



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i8o PREMIER LIVRE DES 

CMfmtmrti- Ql^^ P Subieâjdont on veut difcouricanâlydquemenCjeft corn- 
prins fous quelque genre qui dl au defliis de luy en l'ordre Catégorique, 
on na que faire de chercher les Conièquents de ce genre qui ell au def. 
fus^ ny aufEiès Repugnanscxommei pour exemple, H ie veux parler de 
l'hon^ne, ie prendray ion confèquenc> (pii eft ^mnél^U nay plus que fai- 
re de prendre le confequencny le répugnant dknimal 4 pource que cous 
ces contèquefîts fie re;ppgDans fuperieurs fie plus généraux font comprins 
au çonfêquent fie répugnant de mon Subieâ:comme,pour exemple,tout 

cequieftCon(êqueaç4pl*Aninialyeftau(n ConCequent del'hommcjfic 
tout ce qui ellRepugcuuiti lanimal^eft aufli répugnant à Thomme. Mm 
il faut rechercher foi^gneulèment les Cot^eqUents propres du Subieâ 
proppsc; car clique d^cc a i^s propriétés , outre ce qui luy comiient i 
caiilç du genre. 

. . Semblablement auiC^iày belbingdelançecedentdugenréqui 

^^txu er ç^^^ dcflusjicnecherchcray pas ceux de lèlpece quieft au deflbus, com- 
me fî ie veux difcourir delànimal,ie ne prendray pas lancecedéc de l'hom 
memiais ie marrelleray 1 ^imal, lequel eilant Conlèquenc de rhommc, 
edaufli Conièquentdetoucçedontrhomeed Confêquent. Maistanty 
a, que ccluy sabuferoit, qui voulant difcourir du genre, rechcrchcroit les 
Antécédents qui appar^içtu^cnt en propre à Ic^ecc. 
s tii* rti- Ëtuc au(u âu-e an^aç 4^ Antçcedets fie Conièquents Contingents, 
^U* ceft à d^:e qiii {ont co^icquçncs le ^us ibuuenc à la chofc propoiièe, ou 

aufquels la choie propo&e^ft.contequence le plus fouuent. Car pour 
prouuec YP probloae.cqiuingenc , ilm bien force i£iuoir auffi des pro- 
' podcions cont^ngçiuâs; toutes deux ne font concingences^u moins 
faut-il q^^jefuiic ou la^cc^lef {oir» comme il a eftc dit en rartiîBce des iyU 
logifme^* conoLOgeocs, s ^^ir la;, condufion eft toujours Semblable à les 
principes. • : / -y 

HuiSUmerei' II N E fàûc iamais con^énter dâuoir trouué ièulemencles con^- 
if*' quencs du Subied ^ de l'Attribue proposé:car aucc les fculs ccnfcqucnts 

on ne peut £iire' vn boh. fyUogifinc, ^n(i que nous verrons cy après. 

O R dautant quil ap^c par ces reigles que les principes apalytiques 
doyuéc e(Vre composés d^ Aiicecedents,Çonfequcts,fic Repugnans» tant 
du Subied, que cTel' Attribuera $n que cy après on pmflè mieux entendre 
. lafTeml^lage deldics priacipçs>ie propoiçray icy vne figure où ces Antece- 
dents> ConièquentSjfie Rppugnapsièronc notés par des letures 
plus aisés àrctenir. Eç le^rs compontions fie vnions ièronc figutt^par 
des lignes. Et cefte figi^re m^efitne (èruira grandement poqr^£a9t mieux 
congnoiftce la force fie vertu defilits principes, félon qiâls ièroiit diuetlè- 
ment côposés deiHits ConlêquentSyAntccedentSyfic Repugnàns. Et mon- 
ftrcraaufli.comme^éiut^ifpo&r^ notions 1 quand on le yetic çmc^ 
en ceftelnuentiop Analytique. 

L'vsAGB ,dc cefte figure b déclarera au chapitre iùyuanc > où la 
compofition analytique feratcaiâec fie prattiquee en toucQ$ força &r 
x<»nples. 

Figure 



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PRIEVRES ' ANALYTIQVES. tSi 

' Figure de flnuemioû Analytique; 




Ctm/efme»tJm SiiieS, 




^Rfii^ qu'ilfaut obferuerfùur fraitiquer tinuemian des frin- 
c^es Amljtiques. CHAP. XXIIL 

E vx qui jfouillenc aux mines dbr & d'argent, trouuenc 
(buuenc de grandes richeflès » Uiquelles neantmoins ils ne- 
filment pas beaucoupjpource quelles font meHees auec de 
la ter^e ÔC de Ibrdure qui coùurc leur beauté & valeur. Mais 
après que ces métaux ont efté purifiés, & qu'un bon or&ure 
les a mis en qraque bel ouurage,ficeiûc qui les ont tirâ des entrailles de 
latcrre les'rcuoyent, à peînefe peuuent ils persuader qu'une cholè fî pre- 
. cieu{è leur aytpafle par leis mains, & que laiplendeurquilsy voyemfuft 
oadiee lbusia cirânè quifenuirOnnoit. Le mefineaduiendraàceux qui 
aorât icjuaiifê après l'inuêntion du principe Analytique, iuyuant les rei- 
^que nous'auons veucs çy deflfus : Car^ pounieu qiâls ie conduifènt 
%aant icelles , ceft vne cbofe in&illible quib crouueront le threfbr defi^ 
J3& Maispouf ce qu'il neft pas encore en oeiiure^ à peine peuuent ils croi-< 
itquilsMyent enleurpolleffioniiuiquesàcequils (çachent comme il 
faut r^uir, 6c quils le voyenc enchafle en vn fyllogifme Anàlydque:ce 
qui toutesfois dft bien aisé à faire : car toute la difficulté gift en i'inuen-' 
tïon , laquelle coAHfte és reideS que nous auons veu au chapitre précè- 
dent. Donc pour venir ^lu^ge, comme ainHibit que félon la diuerfîtç 
des conclufîoils qu'on veut dcmonflrcrjes principes doyucntcflrediuers, 
Anf{ot<i«tireigne en ce chapitrek manière de fe ièruir du principe qu'on 
aura trouuej>âr les reiglcs.|Ârecedientes, en toute {brtedë conduiions bu 
problemes,(oit vniue&ls aiErmatifi,ou negadÊ, Toit particuliers affihna- 
d&ott n<^t!&&^ commietfiâe''pat'l'aniùeiKil affinhatif , pourcc que cbfl 
ccluy qui eil-le - pl^is |>ropre pont traiâer tes fciences , ainfî que nous ver- 
reins aâiX'Poâferieaïés; 6^«nlËre tbits lesi^UogifmesJcplus parfài£tc'efl 

Vo'içi-doïïciâtmaiûer^def^rouuervtKcdhc^ premmrei^U 
fihïîatiuc par>l©pri'ncipc ou tfcrme metoycn Analytique , ccft quaprcs t^'^^^^^^f, 
auok oauaiilé aton ies reines précédentes^ il&àt conhderer les Antece- Cy^aiL^ 

Z 3 dents 



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,8x PREMIER LIVRE DES: 

dents derAttribué,&les Confeqùcnts ddSbbiB£t,dugueI onveutdc- 
monftrer ledit Attribué. Car Ci on peut trouuer quelcua- defdits Anté- 
cédents qui fe puifle vnir auec quelcun defdits ConfcquciVçs , ccft chofe 
fcure queTAttribuc fera dcmohftrc vniucrfellîBment de fon^bied.Etla 
force du Principe,qui {êra compose dadit Antcc^ient de rAtt'çibué auec 
ledit Confequenc du Subieftjfe peut voir par la figure qui a^é mife i la 
fin du chapitre précèdent: Car puis qu F ' eft en çouCE, & À eii«n toute, 
-sil fe trouuc yn c, qui foittout vn auec ï j il eft ncceflkire.qu'À fe trouue 
en tout E. Or pource que iay dit cy deuant que tontes fîbnf^ de problè- 
mes, tant neceffaires, (jiiabâ>lus 45c contingents , fe peuuent xx^iStst ana- 
lytiquement, ie le veriheray pâr exemples,qui feront pleiges de âion dire, 
éc ^miliariferont iufaee de ces reigles^leiquelles ont cfté iniques icy fi peu 
congnues , qiul femble prefque quelles ne facent que naiftr^: cèft ce qui 
me contraint deftre vn peu lor^^ en ceft,endroit,pourle jdefir que lay que 
noftre nation puiflè iouïr de ce rare & diuin inllrumend , lcqiicl,fans hy- 
perbolifer, fe peut appeller la raifon de noftre faifon. Nous prendrons 
donc en la Tncologie , qui cfl: la royne des fciences , ôc en laquelle feule 
il faut chercher la vraye vérité, , ccft exemple diia théorème affirmatif ne - 
cefliire, ' - ■ . . 

fremier exem- • Yom- les Çentils, qm mt ^^é recem en lepês Chrifli frftr atfous dp Usérs-jiechis, * 
^ '* En premier lieu, fuyqantla première reiglç du chapitre précèdent, io^ 

confidere le Subie6t de celle propofition > & l^^yant conildetîé-ietrouueï 

2uili neft pas fimplc, ains eft Umité par vjie cpnditio;i. Car iLncft- pas.did 
n)p|ement7~'m/fj Cemilsy mais Tcm Us CmUf fU retm )Iefiti 

Çhrtfi, le cherçhe les définitions ou defcriptionis de ces motsiC0iâ/j,dcW-.' 
ç$me$tilefHs Chrifty Gentils ibnt.ceux qui eicoyefît hors iWliatLce.qucOiar 
^uoitfaiâeauec le peuple dlfcâëLqui ignoroyent la loy: jeDfien^quixhe- 
minoyent es ténèbres de Jat riacurcnuixwinccorronipuë, plonges en ton-J 
te idolâtrie y &.qui 'n'auoyeiic point depaçt çn légliie de Dku^ l'ameirà 
toutes ces dcfcriptions ,poi|rmonftrer que là première chofe qiulfiuti 
&ire quand on entreprend de traiâefii quelque chofe, ^nalyciquctaen^ 
ccft de bien entendre clique mot. ' . : l . 

L A limitation adioui^ee à ce Subietl eft comprife en ces mots. Qui m: 
0iirrecei4senIefus ChriJ},lef^uds3iuS\ il&ut expliquer, ^eteM ej^lefiésphâfit^ 
cëft 4 dircjcomme parle (%mGt Paul,qUi ont ,efté entes .'eiqi Ie{u5 Chrift>quL 
foî\t faids nuembxej: de lefùs cihri|l,&; ladgpçcspoiy^^yç fin6nsjde Otèu^ 
Çgcy fe pourroit expliquejî encore5d'^yfln;^g^,nïais.ilJtHf5t!dteinonto 
Cp^j^jîlieiifeutfàirç, . ' - . ir. ■. :!. ' _ , ■ - 

R E S T B rAttriKfié dç ndflrfeprfiiilf TOcàiçaupirv^-^^jïtf^ir Iturr pe^ 
II &ut içauoir que cêft que pèché.(^ Theplggi^ns enf^igneati^ie pe^xnûO 
dépêché feprend-endiucnçsf fignfifie^tjojWiJpéiqQUQïil.lM^tcf^ 
ramaiTer icy : mais en ce théorème nous dirons que le péché neft ^ujQO^- 
^ . • chofe qu'une viçitMjfe qpalijiév qui 3uÇft4!ç^p?ndttë;iar js>pte kppiWicc 
- '•■ d'y^datn dî^uis la-çr^fti^^pn ^iç^hyx:li^^lmmà<>^ 

; ta^ijttipndje,ç^,4Ôa^^ 

. - ccrprec 



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fcrpretadoh^fi ççi teotSill la pttifew^laThebldgic : icai'mdri intcntidît 
néipk dcçWdèf laïlicôlbgi«'«aa^ mon- 
trer Itifage de l'Inuécioti du termô meCoyen ÂnalytiqUë en quelqué Icien^ 
ccqtstceCoii .. '. t n-'-: -j ••o-iq:;fr-' ^ ' 

A.YAJfl ir: ainfi expliqué touildBtttotsdô lïôffre-chcOréme , il iàut les 
rapporter chacun à'ia. CategoriéïLe SûMeâ éflr coitipris en ces mots, 
TmksÇemib^momefié^recemelt1efHs{^hrïflv Donciçobieil que ce fhoÈ def 
Ç(mdyÇXitmi quil iîgnifie vne elpit» d'iwnttïrièîi > àpparciciine à k Cate- 
goriexfa-i^fnraftante jûcantmdih^j rfàutanr quîcy hoas ne cdtifîdèfons 
pas les Gfidtib/chtàrîequîls font ïiditifnêS j mais elitânt quils font itceus' 
ed-Iefiis Chrift ,il faut cnercher la Oàt^gorie de cjîfteliniitauori,iÇfrm en 
lefm^Cffr^' Or quiconque aura bien ^pdicfcs'Gaïé^ories, eorignoiftra 
;uiBmencqae comnfie ce qai aefté Ëtiâ^Ôc celtiy qui a &idt,fontreiâci& du 
fécond genre par le temps pafSé ^ sàrifi <»0x ifià eut è0 receus en lefm Ç^hrifii 
Ibntsditifsiài ceiuy qui les'a recedS'i qui eft Dieu ^ a Içauoir rcladÊ au (e-^ 
coud genre, 6C parle temps paflct Et f Attribué de noftre théorème , à 
fcâui>ir^i/3iw4f^tfcéip,appartient auffi â« mefine genre delà mcfme Ca- 
tégorie. Carc^xfx qm-fm iJffoH^ font relatifs àc^/vy tfuiles aaifimyÇ^m eft 
Dieu patnoftre feigncur lems Chrîft- Ayant trouuélc genre catégorique 
du SubieÛ 6c dcl'Atttibuédenoftre thcoremc,ilnous faut chercher nos 
Confequents , Antécédents, &Repugnans dans la mefme Catégorie^ ôc 
en amafler quantité : mais pour ncftre trop ennuyeux en la prattique de 
ccsreigïes, iè ne proporeVay que ceux dontie me veux feruir, laiflant à 
ccluy,qui voudra scxerccr en ce bel eftudc, à en faire plus grâd amas, pour 
œres choifir ce qui luy fera plus âpropos. Le termd nïecôyen de ccfté 
œmonftracion eft amplement déduit par fainft Paul au huitième cha-^ 
pitre de Ifcpiftre aux Rommains : mais fen recueilliray feulement ce qui 
nrffira pour monftrer quïl eft trefanalytique , cbft à dire, quil eft compo-- 
fédu Confcquent du Subieâ & de FAntecedent de ^Attribué vnis ett* 
fcmble* 

Le t e r m b mecûyen donc s par lequel fainâPaul demonftre ccftc 
cottclufion, fera compdns en ces mots> Taits ceux tn Undrure Jejauels 2)ieu 
dcûnJétmne le pechl , 4^4nt emt^elejk Qht'tflfon fils. Car le Con&qucnt du 
Subieâ: propose eft cothprins en ces mots, tous ceux en la nature /efjuets:&C 
ce qui filit, à {çauoir2>/f« a condamne le feché^ctH rArttecedêtde rActribuc: 
carlavraye & feule caufè de Tabfplution du péché prins ainfi quenouâ 
lauohs ciefîniiàfçauoir pour cefteviciêufe qualité ,ceft la condamnation 
ou abolition du pèche en noftre nature' par rincafttatiôn dertoftre Sei- 
gneur Icfus Chnft : & ce Confequent & Antécédent sàccordeilt telle- 
ment , cjtuls compôfent le terme metoyen analytique de noftre demon* 
ftracion,Iaquelle nous drelTerons auptemiermode de la première figuré^ 
en ccftc forte, 

7"v$é^ ceuxy en la nature Jefejuels !Dîeu a condamné le feche , it^ane ehuoyefon jtU 

Jepi&Chrtflyfomabfou^ de leurs fechési 
Tùm les CenHby cnteBérecem én lefmQyifii fini Wls t cfefi à difc , 2>ieu 4 



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84 P R E.M I E ^ yL i V R E vDr E S 

xmid^mi le fiche ij^Um'Hdm^ 
T^quty ms Its Çnn^l^^^f^ eHi\nc0,m-en léfrs Chr^ fom alfius de lem 

; fechis.. . : 

Voila ctonc noftrc problème prouué par vn principe le plus analy- 
tique qiul eft potHble, & ne fduc la craindre qu'on le puiflè renuerfcr. par 
quelque raifon qgc ce foit, çoôimc nous ^verrons au liurefiiyuant, oui 
nous le.mectrons à iciprpuue de cous les inftrumencs critiques. Mais cèft 
affèz pour le prelèat de remarquer qucle terme mecoyeaj que iàinâ 
Paul a pris pour prouuer ù coBclufioa vniuerièlle affirmaciue » eSt com-p 
pose du Conlèquent du Subieây& del^ Antécédent de rAtttibné; 

O V T R E ceft exemple de Théologie, ièn donneray encores deux en^ 
madère necclTaire : Kin en Phyfique^êc Ëiutre en Mathématique^ fin que 
le leâeur choififl'e celuy quiluy iêmblera Iç plus facile pôur bien enten- 
dre Ùl reigle* Soie donc prins ce theoreme,qui appartient à la Phyfique, 
aueVameefiyne famé de l'homme y qui efl jmntorteUe, Qui voudra demon- 
ftrer ce tbeoreme» il faut que^iiiyuant noilrc reigle, il crouue vn Ancecc- 
dent de l' Attribue Jequel ie puiilc joindre & vnir auec le Conièquent du 
Subie6l. Reduifànc donc l'Ame à la CategoriejiltrouueraaudcfTusen 
fordre Catégorique fon Confequencàfçauoir SuiBance ^irituelle : C3x 
toute ame d'homme eft vne fubiîâce fpirituclle. UAntecedcnt de l'Attri- 
bue , à (çauoir de la partie mmonelle de rhomme^ccÙ. ce jui efi crei immédiate' 
mentde Dieté four fermer l' homme à fon image : car pyis que nous voyons que 
tout ce qui e(l compose des éléments cA perillable ôc mortel» il faut que 
les {ùbUances ipirituelles ne (byent point elementaires^ains quelles ayenc 
eilé créées de Dieu immédiatement ôcfàns matière : mais le leâcur fera 
aduerti» qu'en ces exemples ie me contente de monftrer feulement la 
compotition du terme metoyen , & ne mefl-en pas comme ie &roy', sil 
eftoitqueition de traiâer à plein ces théorèmes. Donc de ceft Antécé- 
dent aaec ce Conièquent fera composé le terme metoyen analytique. Se 
tous les termes de noftre lyllogifinc fc trouueronc en la Catégorie de la 
Subftance. Parquoy lefyllogifmevniuerfcIafErmacifferatel: 

Toute fuhSfance Jjftrttuelle créée immédiatement de Dieu four former P homme 
à fin imagey efi yne partie de l 'homme qm efi immortelle. , 

Tout ame d'homme efi fuhïïance ^iruuelle créée immédiatement de Dieu four 
former l'homme a fin tmage, 

Donc toute ame d'homme efi "pne fartie de l'homme qm efi immortelle. 

Qv_E LOUVES vns , peut eilre , penfcronc quece fyllogifme appar- 
tient plus à la Théologie quà la Phyfiquc y dautant qiùl fait menaon de 
Dieu:mais fi fbn Subieét ( à fçauoir l'ame de l'homme ) appartient au phy- 
ficien, ( comme perfbnne nen doute } il faut donc que le terme metoyen 
analytique^par lequel on demonftre l'Attribué propre de ce Subieâ;,ap- 

£artienneàIamefmefcience:comme nous verrons au premier liure de 
. demonftration : & quant à l'Attribué , que nous auons demonftré de 
c&Subieâ,à fçauoir i immortalité ^ cèftchofè fèurequelle ne peut eftre 
bien cognue de ceux qui ignorent les hypothefès^lefquelles il &utprefup- 

poier 



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poicr pour coni^oiftre la' neûdl&ir 

ayahtforméJe corps de rhottifn4C-dalitno|ïd*ktérré> Ik aniiiié^deiori* 
foufflc, Se la crtfé à ion image* tSar ccux -^Ui pcnfint larWc Toit âom^ 
poiêe de qu^uc tnaciere carruptibb commê là icûr^s^bà ^âe ce tlë foit 
que le cêmpecansent dir corps y notCK garde dâ^crèît^ qifellë fou.kiithor^ 
telle : & ceux àijui Dieu' ria pàs:6i<fî: la grâce dé rècohgnoiOre rhôfirieur 
auâlfflura&iâipar deiru&tous^^aim'<saramàux^(|ui eft de le$ aiioir créés à 
toniniagff &fembUnœ.,:-nefçauroyentp«iïlèr faut qiûly 

ayt quelque, chofè d'immon^ dc diuin e»4'homme. Cela' donc nous 
snonftre quil «ft impoffible à- cqux qui igaorairOieu , de parler porci-* 
nemnien&detaPhyiiqueycbft<à dire ae^ceoures de lanàturé, ny meâne^ 
dkttcune £ciencé; Ccil pourquoy Ariftoce adiouAe la metaphy^que, 
<êft à dire & Théologie, à coûtes iês œuures , recongnpiiTanc queians 
iccUe toutes les autres (cicnces ibnc impar£iiâe^. 

Mais puis que nous cherchons dcscxemplesdc conclufions afEr- 
^ladiies nèceflàircs, il ne&ut pa&.oublier les Mathématiques , leiquelles, 
entre toutes les {ciences, ont leurs dcmonftrations trefeuidcnccs : vray cft 
qmleft difficile de les réduire en fig4are,dautant que le metoycn ne fe peut 
exprimer en peu de mots : mais ceux qui ont quelque commencement, 
en laGeometrie trouueronr fexemplc qu&iepropoferay tresfacilejqui eft 
prisdelatrentedeuxienie proposition du premier liurc d'Euchde, j^ 
tour angle externe Je ejuelque tridngle qfée ce fûit yefi égal ditx deux angles internes 
J»itt triangle ^ Itff^ jomoffpoje s, 

P o V R demonftrcr ceÛc yniucriclic affirmatiue par le Confequent Trêifimetxm 
jaSubie£b.& l'Antécédent de rAtcribué, ilâut premièrement entendre 
. \csmots : mats ie prefuppoièray qubn içache deiia que cèft que ^nglt & 
Trmglf^tc ^ngle externe .fie Interne^ ^^Itemétif & 9fpûsi. Car les Mathé- 
/natique^ ne ie peuuent apprendre iinon en commençant par les pré* 
mierç tieibents fie principes , où font toutes ces définitions, Ceft excm^ 
pie donc ncil que pour ceux qui ont leu le premier liured'Ëuclide, iu^ 
iqucs a ladite trentedeuxieme propodtîon.Quant à la Catégorie de-tous 
les tntnes. de ce thcoreme,eUe eft aiice à trouuer : car le Subieâ,à içauoiir 
Idngle externe Ju friable, ceà vnexjuantité continue limitée par celle con'« 
iixiohièxfeméi<pi cft relatif du premier genrcjcar tout externe cft exter- 
ne au regard de quelque interne. Et l'Attribue , ^gal a deux angles internes^ 
eft auffi relatif du melme genre. U ne rcfte plus que deprcndre le Con(c* 
quenc du Subiedj&rAnteccdent dcrAttribué. Le Confèquent du Sub- 
icft 5 à içauour de l*angle externe du triangle , ce fera Vdngle en gênerai : car 
/iw^/f ciftfcgcttrc, ôc/iw^/f -mi'rw cft vnc efpece dànglc, L'Antécédent 

de TAttribué, xk&. à fçduoirde /^^«<//>/ de langk 
■ externe ^itmc denx'dt^s imemes qtd li^ fint effoses^ 
f : ceftqiiclângle extèrâe. du triangle peut ^re di- 
. uisé par vne hgne parallèle à* vn cofté du triangle: 
coinmèti le Yoid ence{be.figure,qùe iangle exter-^ 
-i):ne A c Q dl:diuisc par Ltligne b c qui eft parallèle 

A A au 




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{ur ces parallèles a £ pj^t que UmglcJ AC .dft égal ro{vaIt!«nutif,qui 
eftACE^ Itçmta.Ugn€<koke&D, donniUïtrarlcs mefines>pacj^les>lkn- 
glç, externe c & fé ouue ^1 à laDg^ mtcrne ç B. A,^^ 
de qui regarde vers j^çTme pai:t , comme cela jcfk decLuc .par la vingt* 
aeui^eme proppnùoQ dudit premier Uaf&d'EûcUdeJEc partanttout i an-^ 
gle e;çcerae a c d eft égal aux deux angles internes A 5c b.> . La. demonflxaÀ 
don donc Te comprendra en ce fyllogirme delapremiere figure. 

T^m angle f.em i^re Jmsf fdr ym hgne. fdrdUele 2.yn co3i/Je queL 
eue triangk que ce foiti telement ^piim -dutrt soSi duMs triante yemam à tom^ 
mer^ur lefMres lignes f4tydSeIes ^ yne partie JuJir angle ainfi diuisé jace v» angle aU 
ternanj^ à tnn des angles internes duait ttiangUy'^ fourre foràe psce ynjtngle exter- 
ne off$sé à >n autre anglf interne dndit triante regardant yers mefme fart ^ jir 
les mefmes parallèles, tout angle , df-ie^ quifetét eHre iànji dimsé, efi égal aux deux 
Angles internes dudtttrtangle qui 1$^ font opfoses. 

Or efl il que tout angle externe de quèlque triangle que ce fiitfeut efire dmsien 
ceBe façon, 

Tdrquoy tout angle externe de quelque triante que ce fiit ejl égal aux deux an- 
gles internes dudit trianglty qui font of pesés. 

E V X qui nbnc rien veu d'Eucude^nçntepdront du tout rien en ceft 
exemple. Mais ceux qui y font versés , confcflcront qull ièroic à defircr 
que quelcun bien verse aux Analytiques ^ vouluft entreprendre de mon- 
ftrer par TOrgane lëxcellence admirable des demonftrations de Mathe^ 
macique : car comme on les enfeigne vulgairement , il {èmblc 4pioû les 
remet pluftoft au iugement des (èns y quaux reigtes dime vente ecernoUe 
& immuable. Qui voudiroit eiclaîrcii* cède demonftration ^ & la pour^ 
fuyure iufques à^s premiers principes, il fkudroit faire pludeuis fyllogî- 
ftnes , & fuyure Tordre des Antécédents ôc Confequents félon les reigles 
de noftreInuention:mais dautant que mon intention ncft pas dbnfcigacr 
la Geometcie , ains feulement de donner des exemples de nos reides, à 
fin deftre plus briefiay compris toute la demonllration en ce feu Ifyllo. 
gifine. Or ayantdonnc; trois exemples, des reigles de Tinuention Analy- 
tique en matière peceflàire(pource que ceft la plus excellente,& qua icel- 
le {êule appartiennent les liures de la Demonftration,qui eft le chef d'ocu^ 
urederOrgane)il fautauffi donn^vn exemple dhn théorème absolu. 
Nous prendrons donc cefte (èntcnce du 2.4 chapitre des prouerbesde 
Salomon, L'homme fage^ prudent eft puiffant, 6c pour monftrer que le tcr;^ 
me metoycn,par lequel Salomon^ prouué, eft Analytique, nous rédui- 
rons en premier lieu les extrêmes de cefte conduiion , c'cft à direle Sub« 
iea & l'Attribué, à leur Catçgoiie. Nous fçàuons quc^^^f & prudent font 
paronymes deriués de iâgefle ôc prudence, qui Ibnt habitudes, ceft à dire 
qualités du premier genre. Salomon prend pour conlcquent de ce fub- 
ieâ:/W«i?r;>, entendant par ce mot toute fàcùUc ou difpofition de feirc 
bien quelque cholè* Car tout homme ûge &: prudent eft induftricux: 
niais tout induftrieux pas iage ny. prudent : & ce Confcqocnt eft 



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PRIEVllES ANA.LYTIQVES. 187 

aufliynehabitude, autrement il ne feroit pas bien pris, sil eftoitclkutre 
genre & Catégorie que le Spbie£t dont il eft Confcquent : Il prend aufli 
Ikntecedent de Tmjftm-i qui eft l'Accribuc de fa Conclu(]on. Cell: Âtcri' 
bue eft vn Paronyme de puiflfance ou faculté , & appartient auflî au pre- 
mier ou au fécond genre de la Qualité , car U fécond meinc au premier. 
Donçpour l'Antécédent de ^w^wf, il prend fous le mefine genre de la 
tnefme Catégorie Tmfjdnr k faire U guerre , ^ ^mforterU vi^atre : car tout 
puiflant à fùire la guerre eft puiflknt : mais tout puiflànt nbft pas puiflàntà 
Èire la guerre: car il peut eltre puiflant àquelque autre choie.. 

VoYLA donc lârgument Analytique de Salomon; 

Urncùnéfut d tmdHfiriefde fntucir faire U gterre^t^ étmhryîBoirt de fes ennemû, 
ejlfmffétnt* 

QukêmjHe efl fdge cJr pmdem , d V'mduihie de fournir faire la guerre , <^ amir 

yi^oire de fes ennemis, 
T^arquiT^^quicûnijue eft fage <^ fyudentieflfuiudnt. 

Mais noftrc luriiprudence eft elle fi incertaine & fi muable, que iiMeUrnrifim 
nous nen puiffions tirer aucun exemple Analytique ? Au contraire il dence fe peut 
ny a rcigle de droit , il n'y a belle dccifion en tout le Cours , qui ne loit ^ ■ylf^jj""'''" 
fondée lûr vnc railbn Analytique , commciefperecn faire voir quelque 
cfcbantillon vn iourauec lagracedeDicu,fiic voy que la Franccprenne 
plaifir à ceft eftude : Car ie ne puis afTez déplorer la calamité de ceftc di- 
uinc fcience , laquelle eft fi mal" menée par Tignorance de TAn^ytique, 
quil fèmble que ceft excellent & du tout diuin temple de luftice/oit con- 
uçrti en vne cauerne obftrufe & tencbreufè , où rien ne (bit aflèuré , où 
toutes chofes (byent confufès > fans ordre , fans méthode , aulieu que 
ceft la lumière qui doit efclairer toute la vie humaine ^ au lieu jque ces 
gruids lurifconiultcsRommainsnbntefté moins cuneux de bien ordon- 
ner leurs efcrits^que de bien policer leur republiqucy ôc oncprefquetDuC- 
iours reipodu de toutes queftios àuec vne raifon a ^bUde, quencores que ' 
quelques vns dëntr eux vfent fbuUcnt de ce mot ;/ femUe^on 4 offoren^ 
ce^ix eft ce que ce na point elle pour fe garder de n»(prmdre en doutant 
toufiourS) naf&urantiamais rien» comme les Sceptiques j mais çk eflc 
pour monftrer quûls ne parloyenc point auec vne autorité abfbluc , com^ 
me les Rois ôc Princes,qui ne rendent autre raifon de leurs-ordonnances 

3ueleur plaifir, ains quils eftoyent Iuri£confultes,fèconduifkns en toutes 
eliberations par la raifon» fbit que leurs dif cours |»rocec|a{rent fjmple^ 
mentdun grand fens naturel accompagné diine gcaodc expérience ,ioit 
queftant pour la plus part grands pnilofbphes> ils ayent eu aufti licon* 
gnoifl'ance de TAnalytique. Nous prcndroris dohc pour exemple tresfi- * 
cile Se trcs^milicr de noftrc Inuention,laloy trcntcdcuxiemc du tilcrc du 
DepoftauxDigeftes, où Cclfus cc>ncludauccNeruacôtreProaJusi^»V?i ^/^^ 
maaere de depojl -vne lourde fauve ( que le lufifconfulte appelle lata culpa ) efl txtmfU, 
dûl, pour voir fi la raifon qu'il aniçineeft Analytique. 

I fi prçfuppoferay> pour neftr« point trop loilg, que tous les mots de 
ce problème foyententcndus, & qubn f^acne que ceft que ^^JirjSnvrrôs 

AA a, doi ^ 



mtemt 



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f88 EREMIER. LIVRE DES 

Jal & JepefiDonctcnsxnt les mots pour expliqués,il fiut chercher le genre 
Catégorique du Subied ôc de TAttribué. Le Subied eft compris en ces 
motSiLd lourde faute en mdtiere de defojl:^ l'Atcribuc c*cfl: doLCc Subieâ & 
ceft Attribué font de jncfme genrcCar /-< lourde fdute^ccfi rn faift commis 

{>ar vue grande negOgcncC'* &tdatfai6teft rclaufpar letempspafleàcc- 
uy qui la:fai(fî, comme il a efté expose enla Catégorie des relatifi. Et la 
limitation adiouftee à ce S ubicd,ceft/f dautant qucn ce problème 
il ne sagit pas de toute lourde faute , mais feulement de celle qui fe com- 
met en matière de depoft. Ec le depoft éft auili relatif du meime genre. 
Car le depoft prefuppofevn depo(ant > qui a dépose , &Vn depohtaire, 
qui a ceceu le depoit , qui ibnt auffi relatif entre eux , comme agent & 
patient , & tout contraâ eft contrat de ceux qui ont contraâé. Le dil^ 
■qui eftrAttribuc^ell auffi du mefme genre de retauÊ : car (j)Our nous re- 
fouuenir dcicxcmple d'Ariftote ) comme ce ijui a e fié chatte t& relatifs» 
^uia chauffé ,z\nCi le doljCfirelztifi celu^ ^id.fdiBdoleufement^ Puis donc 
que le Subic6t ôc l'Attribué de noftre problème font d'un mefme genre, 
il faut que le Confcqucnt du Subiedt & l'Antécédent de l'Atctibué foyeht, 
auffi du mefme genre , à fçauoiir du fecond genre des relatifi , que nous 
auons appelles relatifs par puiifance & énergie. Le lurilconfiilte prend 
pour antécédent prochain de l'attribué Idfraude.Q^i toute fràude eft dol, 
mais tout dol neft pas fraude, pour parler bon Rommain ^ d'autant que 
-ce mot de jrdudei&^tcà toufiours en mauuaife part:mais les Latins vfent 
de ce moti^/en bonne ôc mauuaife part. Mais pource que ceft Antécé- 
dent eft trop efloingné du Subieâ,voire quïl femble que dol de Jrdude Coït 
vne mdfm^ dioferdc que cefoit feulement vne Metalepfej dont nous par- 
ierona eu-la derniôre pmie deceliurejc'eftà dire IbxplicationcKinmoc 
par vn autre, leIurifcon(ultedifcoaranttrefenalytiquement,& liane t^ous 
-lès termes trefeftroictemcnt;prend encores vn autre Antecedec (bus ceft 
Antécédent fouuerain &c treiprochain de l'Attribué. U prend,dy-ie,pour 
Ancecedentde ce mot/rétude^Cf ^uiftififAtfdiitenhnne jiy confaence, de 
fouH ce fecond Antécédent il en prend derechef vn autre, quîl explique 
ainfi, JKtoindre foing des affaires d'asurt^ ijue des pennes. Tous ces Antécé- 
dents 4^ TAttribué font auffi Conséquents du Subieâ. Car toute lour- 
de faute au depoft, cbft^moindre foing des affaires d autruy que des-(îen- 
nes : ôc tout moindrefoing des afiaires d-autruy que des uennes , ceft vn 
Êift qui neft pas de bonne foy : & touç Éiiét qui neft pas de bonne foy, 
rieft pas exempt dé ftaude. Et tous ces Antécédents ôcConfequents font 
relatifs du fecond genre yà fçauoir par puiifance & énergie , & au temps 

{}afle.; Dpnc, pour^nalyfer larefponfc dcCelfus, il en faut fiiire trois fyl- 
ogifmes,& commencer par Taxiome qui eft compofëde l'Attribue auep 
l'Antécédent fouuerain de l'Attribué : car le commencement de tout di- 
fcôurs ceft l'axiome > ainfi que nous apprendrons aux Pofterieures; Et la 
fin du difeours >cbft qqand on defeend depuis ledit Antécédent (buue- 
rain,iufques àce quieille plus prochain du SubieftJDonc le premier fyl- 
logifin^eeft tel: , 

' - ' Tm 



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tRIEVRÈS ANALYriQVES. 189 

Tofêt ce tjui Tiefl fas exempt dé jrduâey efi âoL 

Toute trof lourde faute -e^ mdtïete de defofinefi foi éxen^tt de jraudt^ • 

Donc toute lùw^de fdut^ en matière de defofi efl doL 

Combien que la mineur foit negariuc , fl eft^cé quil eft aisé de la 
6ire affirmatiuc.cn diftnt, efinon exemfte de Jraude\z\x lieu de, nef fas exem^ 
fteiejraude : à fin que lafbrmedu fyllogifine nefbit-vicicufe. Mais iemc 
fuis accommode à la manière de parler U plus Êmilierc: Oriefecond 
iyllogifmc prouuecefte mineur en ccfte force: ; 

Tout fdiàf am nefi fas de bonne j-éy^ ejl mn-exemft de^Jraude. 

Toute lourde faute en matière de defôjtèfiyn faiBaui nefifas de bonne jiy. 
• Donc toute trof lourde faute en matière de defojî ejl non-exemfte de fraude, ' 

L E lurifconfulce prouue derechef cefte mineur par ce troifieme fyU 
logifine. 

J^ûutfaiélsfor leejuel il offert tjue celuy,!t lafyy^ copfeience du^uel'ûn 4 com" 
mis quelque chofe^mn a fas tam defomg cjue desfiennesfrofres^ nef fas de 
bonne fy. 

Toute trof lourde faute en matière de defofiefiyn'faiB,farletjUelit é^ertijui 
celify, àlafoy<^ confcionce duquel on a commis quelque chojès nen d faftam 
de foin que des pennes frofres% 
Vonc toute trof loi^de faute en mdtiere de defojl efi V» fdi^ qui nef fas de bo/y 

ne foy. ■ - 

Voix A vne decifion la plus Analytique quil eft poflîble : & tout ce 
difcours eft tellement liéjqueProculus,ny homme du monde,ne le Içau- 
roitrenuerfer. Et lartifice nous fera encores plus manifefte aux liures de 
kDemonftration. Car combien que ces proportions foyent feulement 
àfoluës>& non nece(Iaires,fi eft-ce -que tout ce quil faut obfèruer en tor- 
dre des parties du terme metoyen,pour ioindre trefeftroittement TAttri- 
bucauec le Subicdl , y eft treffbngneulenlénr gardé. Et fi les lurifcoqfyU 
tcscftoycntîveries eh l'Analytique , il ne faut point douter quilsrefpon- 
droyenc plus (blidement quils ne ^eoucnt âire^neftans conduits que dun 
iugcment natupel,lequel sépare ailemeht,sil neft guidé parles diuins pte- 
ccpces de rOrgane,ou sîl neftcon&mmé par vnc creflongttc cxperienctf. 
Refte,pour pratciquer noftre principe fiir toute forte- de matierc,dèrt voir •'^''«''«fl*- 
vn exemple en matière Contingente : laquelle vient fouuent en vfagc és " 
délibérations , & principalement eh matière dcftac. Le Conieil qu^clii- 
tophel donna à Abiàlon i'&c lequelDieu nepermift pas eftre iuyui^pouf- 
cequil voûlotEfauucf Dauid, ieruira de preuue pôuf ntônftrerquel-A- 
nalyaqueneft pas moins neceflàire aux Confeillers d Eftat quaux Philp- 
fophës. Achitophel confelloit à Abfàlon (lequel auoit-chafle Datiid Ton 
pcre de lerufàlem, & seftoit fàid proclamer Roy) de rùiner le parti 4e fon 
pere en diligence,&: luy courir fus,auànt quil euft le Idifir de le renforcer; 
& ceconfcit y dit Icfcriture fainde , eftoit prudent. Aufli fera il aisé de 
monftfe^ que ce di<cburs,fur lequel il eft foddé,eû da tout Anafytiquc. 
Lbpiniondoncd-Achîtopïie!eft,qpe ■ = ' . i i.. ... 

Quiconque entref^ftd dkfurfer ymr'^amfi s doit ffémftèment djfaiBtr le fam 

A A 3 <ùntr 



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190 PREMIÈR LIVRE DES 

contraire. 

Toys les mots de ccfte propoficion font aflTcz clairs. Rcftedonc 
de crouuer la Catégorie tant du Subieâ: que derActribué:à fin que par ce 
moyen nous voyons fi le Confèquent&l'Antecedetfont de mefmc gen- 
re & Catégorie , ôc pris fclon les préceptes Analytiques. Le SubiejS cft 
compris en ces mots,Qmcûni^uâ emrefrend ^ufurfer vnrûyaumeyôc appartient 
au fécond genre des relatifs , que nous auons appelle relatifs par puiiTan- 
<:c & énergie : car celuy qui entreprend , cëll cetuy qui peut faire ou qui 
, çft preft à faire , qu'on appelle en Grec (fun mot qui (ignifie aâif oufa- 
âieux; ôc fon corrélatif ccll rencrepriiè^ qui vaut autant à dire commence 
qubn veut faire , ou ce qui eft &t{ablé , tellement que l'entrepreneur & 
ic.rentreprifè fë réfèrent mn à lautre , comme ce qui peut eichaufTer 6c ce 
qui peut cftre efchaufFc font relatifs. Nous prendrons donc pour confc- 
quent de ce fubied en la mefmc Catégorie , & fous le mefhie^enre, Qut- 
cm^ue a conittré ^ fdiB ligue contre yn eBat. Voyla defîa la moitié de noftrc 
principcjlcqucl cil le vray Confcquentde noftre Subied:, car quiconque 
entreprend dufurpervn royaumejil a coniuréficfaidliguecontrcvnEftat: * 
Mais quiconque a coniuré & fàiâ: ligue contre vn eftat , na pas entrepris 
dufurper vn royaume.Car toutes ligues & cÔiurations ne fe font pas pour 
vfurper vn Royaunte : & qui plus cil, tout Eftat ncilpas royaume. Ét les 
Eftacs Anftocratiques ôcDcmocratiquesfontautantfubieds aux ligues & 
coniurations que les Mbnarchiques. lallegue tout cecy pour monflrcr 
que ce Confèquenc eftde plus grande eftenduë que le Subictfl. 

E^xAMiNON maintenant rAttribué r qui eft ex|>nmépar ces mots, 
ibit frçmptementajfùlâr le parti contraire, Ceil attribue dénote vne aâion 
qui tend à vne autre aâiop finale, laquelle aâion finale eftcaufè finale 
de cell Attribué , & parunt eft 1* Ancecedenc de l'Attribué : Car eficores 
que. a^i regard de Tordre du temps la caufe finale fliyue laâion,qui tend & 
fe rapporte à icelle côme à fbn but , fî efl-ce que la caufè finale va deuanc 
par droit de nature,come ainfi fbit que toute caufe précède par nature ce 
dont elle eft caufè. Et pourtant nous prenons celle cauk finale pour 
noflre Antécédent, eftant dune mefme Catégorie auec rAttribué. Or la 
caufè finale , laquelle fe propofe celùy qui va aflaillir quelcun , cèll de le 
vaincre & opprimer. 

AYANTdonc noftrc Con{equent& Antécédent, nous réduirons le 
difcours d'Achitophel en ce fyllogifme Analytique: 
. Quicon^sàe a coniurt faiBligue en '^n eBatfmr of frimer le farti contraire , le 
4oit ajjaHIir fromftement, 

QniconqHe entreprend dufurper V» Royai$me , a comuri 0* faiS ligue en yn e§lat 
pour opprimer le fdrticontraire» 

7ar/fUûy,<jmcàn/pée entreprend Jkfrrpervn royaume ydoit ajjaillirpromptementle 
parti comrdire, . . 

S i les difcours de Machiaucl.cftoycnt baftis de ceflc fàçpn^ il ne fè- 
roit pas fi aisé de monflrcr en plufieurs endroits fon ignorance & perucrs 
iugenOLcnt, comme il cft à quicoa^uc^^çamainl'Organe Analytique^âc 

en 



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PRIEVItES ANALYTIQyES: 

€û fçaic bien vfer. Et fi Dieu cuft permis qiMbfalon euft compris com* 
bicnily aucic de poids & de raifbn en ccconicil, & quil leuft fuyui,il luy 
en euft mieux eftc. Cacil sen&ut beaucoup que celuy de Chufâi ne 
M. de celle cftoiTe $ comme chacun pourra congnoiftre en examinant & 
raifon, comme nous auons Ëàâ cefte cy* 

Les Princes.doncâc leurs conièillersvoyencicy combien F Analyti-* 
que leur peut fèfuir. Au demeurant le leâeurne^ doit point ennuyer 
de cefte multitude dbxemples^lefquels l'ayderônt grandement à compren- 
dre les préceptes :2c efloic befoing de vérifier ce queiky mis enauant, 
que toute matière iè peur traiiSter analytiquemem, pourueu quon n'en- 
treprenne que de défendre le parti de la verita Et pource que le fyUogï- 
finevniucrftl afHrmatifeft le plus çxcellent de tous,& le plus propre pour 
la demonftration j ainfi que nous verrons cy après , iay aulïï eftimc eftre 
ccceflaire de meftcndre principalement en ceil endroit , à fin de pouuoir 
, ellredàuucplusbriefenccquireD'edelapracciquedeceftebeilelnuétion. 

A PRB s luniuerfèlle afiirmatiue il faut voir comme on (èdoic {èruir stctndirfî^U 
(krinuention Analytique pourtairevneconclufionparticulicreaffirma- f""" f^"t**<^ 
due. La reigle quil y faut tenir , ccft quil faut prendre T Antécédent tant rtl^u^^ht* 
de TAttribué que du SubiedL Et la bonté dUne conclufion tirée dun tel 
principe fe peut demonftrer par nofftefigure de rinuention Analytique. 
Car su fc trouue que c & G , suniilent foyent vne mefine chb(è « il eft 
forcequeA(êtrouucenqudqueE,puisquAeftCon(êquent de toute, 
&Eeft ConlequentdetoutG. Hfàut donc prattiquer câle reigle furies 
tnefines exemples que la précédente , en Ëiilànt les concluiions par- 
ùculieres. 

Premièrement donc,au lieu que nous auons prouuci^ w»jfilff Prmîertxem' 
ÇemkqmoMeBirecemen Jefus Cht^f(m éttfôus deleur^ nous prou- ^^^i^'''^' 

uerons particulièrement que Qmtljies CemHs,ou bien iyns des Cemls^fintai' 
fûHs Je leurs peches:6c pour ce faire nous retiendrons le mefine Antécédent 
de l'Attribué, duquel nous nous fommes aidés en la reigle précédente 
pour prouuer lumuerfcUc affirmatiue : mais au lieuquauec iceluy nous 
prenions le Conlequentdu Subiedl,nous prendrons vn Antécédent, 
comme ksFrdnçoisy ou quelque autre nation : car tous lesFrançois,coîn- 
•me auffi tous autres peuples , hors mis les luifi , eftoyenc pourcs Gentils, 
ennemis de Dieu au parauât que dbftre receus en lelus Cnrid. loingnant 
donc cefl: Antécédent du Subieâ à TAntecedent de TAttribué , nous ar- 
gumenterons ainfi : 

TtfMf les Franç0tSyen U nature Jepfuels Dieu 4 cânidmni le jfeché^éèyane enUff^i 

lefus Chrijlfon filsjfmtdhjoui de^ huh pèches. 
l^cus les FranijotSyCn U niimre deÇauels ïï>ieu d conddmni le fechi ayant enucyi 

lefus Chrifl fi» fils, fini ijfus des Cemifs. 
^dramy quelques imsde ce§êX4jmfine^m dés Çeniils fine alfius deUw^sfe' 
. chés. 

C S s T argument eft en Darapti de la troifieme figure , & fe pourroit 
aiièment réduire en Darij de la première : Mais ce nbft pas ce que nous 

auons 



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19^ P R\E M r E R L I V.R E DES 

auotis à faire poUr ccftè heure, CixSt prefentemenc de noter > que pbis 
eue i' Accribué 4e la x:6clù(ion peut eltre dk vnitiertèllemenc de rÂmecc- 
qent du Subied ioinâ àl-Antecedct de rAccribuéyôc que le Subieâ peut 
çflre.,dit^mbkbletnc^t defdics Antécédents, ilseniuit que rActribué 
peutaufli cllreditenquelquefàçondu Subicâ:,àfçauoirparticukcrcmct. 
îç né nùrirrfte plus à chercher les Catégories du Subied: & de l'Attribue, 
d'autant que-cela a eAé dcHa ùiâ en la leigle précédente. Mais ii fè £iut 
foauenirque c^l touitours la première chèfcquil Êmtfàirc pourtrouoer 
le principe Analycique^oyant au preallable expliqué les mots par leurs de« 
finitions, sik (osit obfcurs ou equiuoqucs. 
Ud^ut^n Par çefte mefme reigle nous prouuerons noftre exemple de Phyfî- 
dereigîe. quc particulièrement > à-içauoir que ^uel/jue 4me tjl immortelle, en retenant 
r Ancecedenc de rAtcribué,& leioingnant à TAntecedenc du Subicâ,qui 
içraramederhQniiTxc. Leiyllogifinedoncièratcl: 
- "To^te ame d'homme çreec imneJiàtemem Je Dieu, fo/^r former t h fimmeajin ■ 
image yeflimmmeSei 

. Tpm ame i* homme créée immedidtement Je Ditu four former t homme àjin 
image e^dmê, , - 

7)o»c^uelci»e ame efi inumrtellc^ 

Qvi voudra reduiitfexemple de Mathématique àlameftne forme, 
fie de U fecM- ppurta Lairc par la melme r^igle , en railant la conciulion particulière 
di rti^U, en cefle (orte \ Qj4elqt$e angie efi egaldux Jeux étsgks imemes Jm trum^e^ 

N o V s :r0tie.odrôs le mefine Ancecedetde l' Attribué que nous auions 
prins pouï la pjeuiie de luniucrfelle ^Ermatiuc: mais au lieu du Confe-. 

3uént du Subied nous prendrons fon Antécédent, & pour Antécédent 
e ce Su^ieâ:,^«^iV,nous prendrons îan^e externe Juman^:c3X tout angle 
externe.dun triangle elîangl€:mais tout angle ncft pas angle externe dim 
' ' • \" triangle. Noftre iyllogifme donc fera tel: 

Tout angle externe Jâ é^t*elejue triante ^léecefoityqmpeuteShè Jiuise farine 
ligne parallèle À yn.cofté:judit triangle tellement qiiun autre coBédudie triangle ye^ 
fiant k tomber fitr lefdites Ugnes, parallèle s ^yne partie duJit angle Jiuiséfiit >» 
^ angle alternatif à l'm deù angles imemes JnJit triatigle, ^ loutre partie fiityn an^ 
gle exteme_ oppose à V» éuareangUimerne.JuJilthangleyfnrlesmepnes ffaraUeleSy 
regarJant "^ers mefme part ^ le Jit angle externe efi égal a Jeux angles imtmes 
Ji$Jit triangle. 

Or tout dngk externe j ijmpei^ elhe Jiuip Je ceBe façon,cefi V» angle^ 
Ergo ^ueljue angle ejl égal aux Jeux angles internes J un triangle* 
C H f ç V I? po'urr^altèmçnt &ire le mefine de tous les autres exéples, 
qui ont eftc proposés en la reiglç precedente,en prenant vne conclu(ion 
particulière au lieu de liip.iujerlellc ; comme Icxemple du vingtquatriemc 
chapitre des proùerbes fera &iâ:.partiçulier,en difànt , Quelijue fage ^pru- 
Quâtriemt J^M efpM^anu\^tmçx.oj^n^ rAttribuc, 
txemfie, nous auohs défia cr'ouué eh la reigle précédente, qui fera aufll An- 

técédent du Subicél. L'argument donc fera teb 
Qdçonque pemfaire lagiHrrey(^amk yi^^^ 

Qmcon 



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Stxtemeexem- 



PRIEVRES AN^ALYTiqVÉS. 193 

Qmcique feut faire la guerre,^ auèir\iB&ire de fes efmemis,e^ fage ^frudent, 
7)onc tjuelijuefage ^prudent ejl fmjjant. 

Semblable ME NT} pour prattiquer noftrc reigle en lèxcmple d*A- . . 
chitophclj nous changerons noftrc conclufibn vniuerfèllc en patticulie- 
rç, ôcpour Antécédent du Subicft nous prendrôns Tùutfils de Eûj, & ad- 
iouftant rAntccedcnt de TAttribuc tel qucn Ifcxemplc vniuerfèl, le di* 
fcours (c réduira en cefte forte: 
Tout fils de r&yayanrcommv^faiSf ligue contre fm pere four le friuer de jon 

eÛaty doit ajfiitlir fromptement le farn contraire^ 
TùHt fils de roy ^mtcomure ^fiaiB ligue contre ftn f ère ^ four lefriuerdefon > 

eïlat, entreprend dUjurper le royaume, 
I>onc tjuelejues Vns "voulans yfitrper le royaume , deyuent aJaiSir promftement lé 
parti contraire^. 

On pourra par le mefîne moyen accommoder lëxemple delaloy ^ 
trentedciixiemc du Depoll , en fàifànc la conclufion parciailicre en cefte 
forte , Quelaue lourde faute epdoL Et pour Antécédent de noftrc Subie<St 
nous prendrons faute en matière de depofi. Les Antécédents de TAttribucï 
que nous prenions au Syllogifme vniuerfèl , fe ioignans auec ceft Anté- 
cédent du Subieâ, le Syllogilme particulier iêratel: 

Toute fat^e en matière de depofi , par laquelle il appert t^ue cehty auquel on» 
commis le depofi nirn a pas tantdéjoin que de ce qui efi fteny ejl doL 

Toute faute en matière de depofi , par laquelle il appert que celuy auquel on d 
âmisle depofi ^n a pas tant de ping que de^eqmefifienjefi'pne lourde faute,. 

7)onc quelque lourde faute efi doL 

E T noteros icy,que la raifon eft mànîfèfte»pourqu6y ceiyllogiTmefë j»##rf«»;^4f 
fcicn la troifieme figure, ôcpourquoy k coclufion eft particulière. Car ^if/„'^^umé» 
puisque le terme metoyén eft côposcjtant de lantecedent du Subie6t,que fecnUtnifif 
fl[e!ànteccJentderAttribué:&rAnteccdent(comeilaeftc dic)efficomme '"'J^S*'"'' 
lélpcce au regard du gcrcdl appert que ce terme metoyen ne peut eftre dit • 
ay du S ubieà ny deÎAttribuéjtout ainfi que feipece ne peuf cflrre dite du 
genre: come,pour excmple,on ne dira pas qqel Animal foit hommetnais 
tant le Subieâ; que l'Attribué doit cftrç dit du terme metoyen. Puis donc 
quen toutes les deux proppiitions le terme nietioyen ne peut tenir hea 
que de Subic6t,le fyllogilmc ne Ce peut conftruirc qu'en la troiffelrie figu- 
rfrîCar cefte diipofition ne peut eftre qiicn làdtte figure: & pat tOnfe- 
quent aufG k çonclufion ne peut eftre que pattiùuliere j cothnic il a efté' 
dit en Iknifice des fyllogifiîiés. Nous vcrrofts 'çy après cncor vu autre», 
moyen de conclue là pajrtîculièreâffirmariué. ■ v ' ' : ' ^ 

Mais il Icra bon de voir auparauorit comme il fiiut codure analyti-' l^"-^'^'^^' 
quemcnt vne vniuerfelle negatiue. Lcmbyén c eft de prcndrcpoùr prin-' j.^^ ^->«f 
cipcou terme metoyen (^onfequent du SntieB a^ecle Repu^antdtf ^t--\ »ti^ 
miuéy pour conclure en la première figure : & la ncceflité de cefte con- 
dufionfcvoid aufS en noftre figure. CarfiF&Dsuni(ftnt,ôcl6ntvnç\ 
mcfinc choie, A ne fera non plus en p, qu'en p, qui eil (on repugiianc. ''^^T^pJC 
r eft en tout E! Il senfuit dbnc que A ncft cri nul E. Mais <î on Vertft argu-^ i*r -y-r 7«- 
memer en la féconde figure ,il uutprendre k Confequent •dèrA'rtribué' -rr/iflrii^4/i. 

BB auec 



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194 PREMIER LIVRE DES 

auecleRepugnancda SubicfL £c la forcedcce principe Te voidauflî en 
noilre figure : Car H b & i [ont vne tneCne choie , puis que b eft en tout 
A A neil çn nul e,(coDimeainn foit ques eft tout vnauec i,qui eft leRe- 
pugnant dç E,) il s'enfuit que a neft aufljl en nul b. Il Êtut, donc prattiquèc 
* CCS deux rcigles fiir nos mefines cxeniplc?: Carçcftle yray moyen de 
prouuer vne çhofe à chaux ôç à fable, de ne /è contenter pas delà proba- 
tion affirmatiue , mais y adioufter aufli la negatiue , pour réfuter tout ce 
qui répugne à la doâxine qmaura eftc confirmée affirmaduemcc. Donc, 
premierexem- ayant prouuc cy dcuant que Tjfus Gentils i^jui ont eHértcem eulefm Çhrifijint 
jiemtrtiu"' *^^f^ ■ ^^^^^ ^■/'w i il faut prouuer maintenant Que mis Gentils yqtà ont efli 
receus en lefuf Qhrifli ne font condamnes de leurs péchés* Ariftotc nous appren- 
dra aux Poftcrieures,que les demonftrations negatiuesnçfèççuuenc bien 
faire, fi laffirmatiue ne précède. Car les principes affirmatils font. la me- 
liire des negatifs,ainfi quil fera die plus amplement quanid nous parlerons 
des principes négatifs. L'Attribue donc de noftre prppofition nceàciue 
ccft le répugnant de f Attribue de ^fErmatiu? : car il ny a rien de plus ré- 
pugnant à l'abiblucion que la condamnation. 

Qv^A N T au Subiedt , il eft tout de mefine en cefte cy, quen cdle là, 
finon que la particule negatiue y eft adiouftee. Puis donc que noftre 
principe en cefte reigle doit eftre le confèquent du Subieâ aufli bien 
quen làfSrmatiue, il nous faut retenir lemeime principe que nous auions 
en la première rei&le , y adiouftanc la par^içule negatiue tout ainfî quau 
Subieâ;,$c ce mefmc principe compose du confèquent du Subied & de 
Tancecedent de l'Attribue de laffirmatiue, {èraauftirepugnarlcderAttri- 
- ... bucdc noftre negatiue. Nous argumenterons donc cncelle forte: 

' "Mulsde ceux yen U nature depjuels Dieu 4 condamné le feché^ éppmt enttfyiJefm 

. Chnififonfilsyne font condam^s four leurs fechés. 
. Tonâ les Çentilsj ifui ont eiîé receus en Iffus Chrsfl, font teb^ cejlà directe» a con^ 

damné le.feché en leur nature^ ayant enufiyi kfus Chrtfifon fis, 
. TarûHoj ntfls Gentils , am. ont eité rectm en lefrn Chr'éy ne font condamnes four 
leurs pèches» . , . 
C E S arguments négatifs ont quelques fois plus de force que les af- 
firmatifsiMaisil eft impoffible dèn bien iuger fans avoir. U preuuede 
TAffirmatrae. , - - 

N. o V s. accommoderons a^ément nos autres, exemples. à c^fte re^e: 
s/cêHdexem' car nous prouujcrons quçnulUam^ d'hommencfimnelle , fomvf.^ue mJlet 
t^' fiiBance^srieueile crexe de 2)ieu immejiatementfaur former Vh^mt i fop ima^r 

Tuifitmtextm ge y nijl mortelle. Item par le meÇne artifice apg^.prpuueronsfiv^'m/:^^^ 
ty,\\:.,:-- ^- externe t de aaekjue triangle -^if^ce. fiit, nêjt inégal, aux 4^ux artgles i^ftem^S JMdit 

; triangle ^^ùfçijfnt opposés :fotfi'^e^He nul ^ 
-i.v .1 parallèle à y;^ colté de jjueLp;^ tri4$fg^ 

' triaf3gley>enantàto7ntfrfirje0tes liMesparaSeJes^,)fnfpa angk^dûàse' 
■ jace V» angle alternatif à /fw dej ftngle^ internes -dttdit triangle , brv/k«/ï»r partie^ 
- s ... d*ieelffi^ facf vnangle externe opposé à yn autre âr^k^in^erne diultf, trèangk fiirJeSx 
" y mefmsf^âllfks y0^regardari^ymmefmefart^:mlt4 angle ^dy^rtymfiinegd 
. » ... jckx dcif^afgjes:ff^mes d^diftri^^le qui Iffjf^fint opposés, ht. çe terme metoyen 

>' ' ' eft 



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PRIEVRES ANALYTIQVES. 19$ 

c(t confeqaentduSubieâ, comme-il eftoiten h demonftradon af&r« 
tnatiue. Il eft auiC répugnant de l'Attribué^ pource que TAtcribué eft ré- 
pugnant de l'Attribué de Ikffirmaaue» duquel il elloit antécédent. Û ny a 
donc rien plus aisé^ que de le réduire en la&rmej à fçauoir en CeUrmt* 

Item nous prouuerons Que mlfitge & frudentfàfifoAle f fource €pte tmly ^Mfrirmut^ 
ipù a rifulu^hie Je jca$mrfdire lagnerre tT -fiwir yiBâire de fes ememisyncfi fithle^ f 

Item qùen'ml iefofli^ne lourde faute mfi exentfte de dolfource epien nulle cho' dn^nitme m? 
y?, en Uéjuelle nous ne fo$htms en bonne foy ts* wtfàenct tShe mems diligents ^uèn f^' 
nos paires frofres^pne lourde famé nefi exempte de doL 

licm^que nuhouLtht^furfferl^n 2^oyicumejH doit en dit^dnt la^er fortifier ^'txifmtxtm^ 
lefdrri contraire, pource aue nul, ^ui a coniuri <^ fdiB ligue enyn ejlat fom offrir 
mer te parti contraire^ luj doit donner le loijir de Je fonder. 

T o vs ces principes ou termes Metoyens (ont confequents de leurs 
Subîedts , comme il a edé monftrc és iyllogifmes affirmatif5:ôc font auili 
répugnas à leurs Attribués , pource que ces Attribués {ont les ccpugnans 
des Attribués des exemples ^rmatiÊ^ qui ont efté déduits aux reigles 
précédentes. 

VoYON maintenant comment runiuericUe negatiue (c peut aufli premertxm^ 
prouuer par le confêquent de l'Attribué & le répugnant duSubieâ^au fltdeUquét» 
mx quen la reigle précédente nous prenions le confèquent du Subied ^^^^ih* 
auccle répugnant de TAttribuc. Nous rcricndrons encores les meûnes 
acmples,à hndemonftrer toufiours^auantage Uibondance que nous 
apporte rinuention Analytique: Mais nous changerons noftre conclu-* 
non tout au rebours de la reigle précédente : Car la nous retenions le 
Subiedl de la demoftration affirmatiue , & prenions le répugnant de l'At- 
tnbué:icy au contraire nous prendrons le répugnant du S ubie(£l,& re- 
tiendrons TAttribué delà demonftration affirmatiue. Au lieu donc que 
nous difions que ISluhCentds ^^ui onteBérecemen Jefm Qhriflne font, condamnés 
four leurs pèches, nous dirons à cefle heure que J>luis Çentils, font demeurés 
en leur yieil ^dam^e font abfom de leurs péchés. Car demeurer en Çon yiei! ^dam, 
ccftle répugnant delh-e receu enlefus Chrijl. Ayant donc ainfi changé no- 
ftre concluTion .» nous prendrons pour terme metoyen le conièquenc de 
l'AttriiMié de noftre première demonftration $ lequel par mefme moyen 
fetrouuera répugnant dii Subieâ de ccfte cy, pource que ce Subied eft 
le répugnant du Subieâ de la première. Nous prendrons donc" pour 
conlequentde ceA Atttibuc fintaifiiis deleurs^echés^^uoirfaixenuérspieu: 
car tous ceux qui font abfbus de leurs pèches ont paix eiiuers DiéU:i;ttàîs 
tous ceux qui ont paix cnuers Dieu ne font pas abfous de leurs péchés: 
comme noftre Seigneur lefus Chrift &c les fàinâs anges , lefqiiels nayans 
J>oint péché nbnf point bcfoing d'cllre abfous de pechc , & nean?moins 
ont paix enucrs Dieu. Et ce mefme confèquent de l*Attribué eft auili le 




ijui font ai fous de leurs pèches ont pi 
"Hids Gentils, oui font demeurés en leur Vieil ^dam^ nontpdix enuers i>ieu* 

' • • ' - < ' BB 1 Ergo 



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PREMIER XIVRE DES 

• £f^nuh Çe7mk,qm font denuuris en leur Vieil ^ddm» ne fontdtftm de leurs 
^ pèches, ■ ' 

>Cb fyllogi{me nedemonftre pasiaraifbn nylacaufède fà conclu- 
fîon, |>ource que le terme Metoycn ncft pas pris encre le Subied &, l'At- 
tribue i comme en la reigle précédente, nnais eft au deiTus 5c hors d*iceuz: 
car le con{èquenr/comme nous auons dit , cèft ce qui eft au deflus en 
tordre Catégorique. Nous pourrons donc figurer la difpontion du ter- 
me metoyen i duquid nous nous Tenions en la première figure , en cefte 
forte : 

' i>it*fif»*ndéî AT TKIB y ^\ lS[efimc9nJamnés Je letmpedéi. 

termes du hU -, , V /■ 

UAe en U TERME METOYEN, 

première fyt- î«« c/? dejfus du suM cr Ceux^ en la nature Jef^ls ^ieu d cmJdmni le pechi, 
éudefomdeVMHé,c'e/k ayant emmé fon fils. 

tùre ctnfi^uent de l un ^4H' J J 

recèdent de tMttre, 

V B I E C T. tJuls Çentils qui ont eBe receus en lefus Chrifi. 
Et CE terme metoy en ainfi pris, fùy nanties préceptes analytiques, 
efttouHours la caufè pour laquelle l'Accribué eft en Ton Subieâ. Mais 
. Tinuencion du terme metoyen en la féconde figure (è doit repreienter 
' . ainfi. 

DiMtUndes TERME METOYEN, Ceux ijui ont Poix enuersDteu. 

termes du3l- ««/.î««ry, / ^ ^ / , ^ 

logifme enUfe ATTRIBVE. iVf font aIffoHS de leurs pèches. , 

cmdefgnre. ' S V B I E c T. l<luls Centihyauifont demeures en leur yieil ^dam. 

ftnrqneyUfe- I L s'e N fauc bcaucoup quc ccftc figure rfayt tant de force que la prc- 
tmdtfgurenU cedcHte, dautant que le terme metoyen eft pris dehors , & non pas entre 
^^^^U^l le Subied & rAttribué,& partant'en cefte féconde figure on preuuc fim- 
jiw'wT, plement quîl eft ainfi, &; non pas pourquoy il eft amfi : car ce principe 
eftant au delTus de F Attribué , ne peut eftre aucunement caufo de Tinhe- 
rence dudit Attribué au Subied. A cela void on que cêft auec treigran- 
de raifon quîl a efté dit cy deuant au chapitre des Antécédents & Con- 
ïèquents , que comme çeluy qui fait vn compte auéc des iettons &ii vn 
rang où {ont les centaines, vn autre desdixaines,vn autre des ynités,ainû 
celuy qui le veiit exercer en TAnalytique, doit auoir les Catégories de ce 
quîl veut traider deuant foy , & ranger lès Confeqnents & Antécédents 
çotr^me iettons lUn fous Ikutre, ôc le garder de les confondre , autrement 
il tietrouuera ïamais fon compte^ non plus que celuy quiprendroit des 
dixaines pour des centaines , ôc qui ^bbrerueroit diligemment tout ce 
quîl faut Kiire^our bien ietter, 

I l feraaise de. réduire tous nos exemples à cefte forme, enprcnantles 
conséquents des Attribués , & les répugnons des Subieds: comme en 
T^û'^M- noftre exemple de Phyfique , nous prouueros que nul torps composé de con- 
tritmerei^ Z^*'''"^^ éléments nefi immoTtei Etpour confequcr^t dc ceft Attribué immortel^ 
nous prendrons yceamfeutf dire festonnions horslecorfs^ & ceGonlccjûenc 
derAttribuéeftaufliEUîpugnant de ce Subied^ *?/?r* «w^w/ de contrmres 
éléments : car tout ce.qui eft çpnxposé de contraires j;lements,çll corps,ô£ 
pourtant ne peutfàire Tes fondions hors le corps. Largumenc donc lèra 



en 



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PRIEVRES ANALYTIQyES. \^^ 

en CdmfSbrs : 

Tout ce qui efl immortel fem faire fes fin^Hans hcrs le corps, 

'Nul corps compose de contraires éléments ne peut faire fes fondions hors le corps* 

Donc ml corps compose de contraires éléments nefi immortel. 

Ie ME contcnceray deces dcuxexemples,pournennuycr lelcdteur. cin^iùemerei^ 
Pour prouuer vne conclufion particulière ncgatiue, il faut prendre lance- 
cèdent du Subieét auec le répugnant de 1 Attribue. Et la veitu de ce pnn- eulUrtiugm' 
dpe k void aufli en noftrc figure. Car fi d & G fc crouuent eftre tout vn, 
il eft certain que A ne (èra nô plus en G^quen d Ton répugnât auquel il ne 
peucëftre* Or eft il qu'E eft en tout G:il s'enfuît donc que A ne (èra pas en 
quelque e. Exemple : sil faut prouuer que quelques vns ijfus des Gentils ne 
^mt point condamnispour leurs péchés , il fendra argumenter ainfi: 

Nuls François^ en la nature defquels 7)ieu a condamné le peché^a^ant enuoyé fon 

flsi ne ^nt condamnés de leurs péchés* 
Tous Françoisycnla nature defquels Dieu d condamné le péché» 4tf4ntenuoyéjon 

JtlsyfintiJfusdesCentitf. , 
farquoy quelques ijjus des Gentils ne font pas condamnés de leurs péchés. 
Ce terme meroyeu eft compofcde rAntccedent duSubie6k&du 
Répugnant de l'Attribué, ainfi quïl aiaeftcmonftrécy deuantr&pour 
cefte caufe ce (yllogifine ne peut eftre conftruit qu'en la troifieme figure; 
lelaiflTeray au ledteurde s'exercer fiir les autres exemples. Voyladonc 
comme nous nous ayderons de noftre inuention Analytique pour prou- 
uer toutes fiertés de problemes,tant vniuerfels affirmatifi ou negatifs,que 
çarticuLers affirmatift ou négatifs. Mais dautant quîl a eftc dit au Chapb- 
trcdes conuerfions des propofitions , que la particulière alBrmatiue fè 
peut conuertir ( comme, fi quelque homme efi ^mmal^'il /enfijit àuflî que 
queLiue ^mmalejthomme ) Ariftocc donne cncores vne reiglç pour prou- sixUmt reigU, 
UCT ccfte conuerfe analytiquement : ccft quîl feut prendre pour principe fur^rButterU 
Antécédent du SubieSt auccle confajuent derAttribué. Noftre ligiire 
nous mônftre que ce fyllogifme eftrenuerfê. Car fi 3 ok trouuent firmanue, 
cdretout vn,G leraen tout a toutainfi commeB : &e fera en tout B,touc 
ainfi quil eft en tout g. Dé là toutesfois on ne conchtra pas que a foie 
Tniuericllemcnt en tout e , mais la conclufion fera particulière, pourcc 
que la propofition vniuerfelle afHrmatiué fe conuertit en vne particuliè- 
re affinnatiue. Nousprattiqucrons cecyïurle mefine exemple queno -^^s 
auonspriscy deuantrCar nous auons proiiué <{iic Quelques y ns:ijf^def 
Gentils fine afjous de leurs péchés, La conucrfè dom: [ctz"^^e(ques i'^s^'a^jêtis 
de leurs pèches font ijfus des Centils » laquelle proiiucrà par v^;*, terme^è- 
toyen,auquel le confequent de l'Attribué feh foinaa'iscîàntecedcnt dÙ 
Subiea,& fera le fyllogifme en la troifième figuré', dautant que hmétt^ 
dent du- Subieâireftraint le confequent de rAttribuèexemple, 

Tous François (ccft Iknteccdent du Subiedt) qui ont paix enuers 2>ieù(;ch& ' ' 

Iç confequent de l'Attribué) fontiffùs des Gentils. 
Or tous François, fjui ont paix ens^ers T>ieu,font ahfous de leiprs péchés, 
Tarquoy quelques yhsa'hfoùs de leurs péchés font i^usd^^ 

BB 5 Le 



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i5>8 PREMIER LIVRE DES 

Le Icdeur pourra practiqucr de roymefine cefte rcigle aux autres 
exemples. Si quelcun demande pourquoy Atiftoce nenleigne point à 
prouuer la conuerfè de lapardculiere negaciue,auiE bien que de laffirma- 
tiue, ccft pource quelle ne Ce conuertit point» commeil a eftc die au cha- 
pitre des Cpnuernons. 
seffumereigU II y A aufli vn moyctt pouf prouucr vne coHclufion vniuerfcllepar 
^Zyniu^rpL vn pfindpc particulier^ mais le (yltogifnicfcra hypothctique,à fçauoir en 
icpJ^n^rin- prenant Ics antecedents tant du SuDieâ Que de l'Attribuc. Carfîc&G 
^ partuM- jjj^çj^^jjiçj^j en vn, & on prcfiippofc par nypothcfc que £ ne le trouuc 
quen g , il &enfuyura necdiairement qu a fera en tout e. £xemple:S*il eft 
quedion de prouuer que lame eftvne fubflance, au défaut du côièquent 
de ce Subieâ ame ,ic prendray Ion. antécédent , & diray ainfi par hypo- 
thefc. Si tm des^mecedenrs de Jkme efifrouuéeflre Ju^Bmce, {comme Jt ie frouue 
que l'dme de V homme ejl juh^ancej)4ccorderezS^o$4s 4fue toure 4me ejè jitlfjiancef Cc^ 
la accorde prouuant analyciquemenc que quelque ame eft Subftance > ce 
foa autant comme fi iauois, prouué que toute ame efi fuiftdnce. 

Ainsi, sileftqueftionde froautt que tous hommes, de quelque condition 
quils fiyent,p feuuent retirer en temfs de fe§ie^ dautat quil eft difficile de trou- 
- uervncontequentà ceSubieâpourleiomdre à iantccedent de l'Attri- 
bue , en compofer le terme metoyen , ie preiènteray quelque antécé- 
dent dudit Subieâicomme Us J^^^^^^ôc demanderay ainfiiJ'i ii frotme 
qmlefiferrms duxMagiJhatsde je retirer en temps de j^ejle^ccorderet^lfousfdf quil 
efi fermis a routes perjinnes de toute condition défi retirer en ten^i de peBe? Et ce- 
laaccordé,fi nous prouuons par noftre inuention Analytique qiâleft 
permis. aux magiftraa de fe retirer^ cela nous ièruira de preuue générale. 

Le mesmb {èpourrafàirepourprouuervnenegatiue. Carfio&G 
s'^emblent en vn,ôc on accorde que e ne fe trouue quen ce qui eft mar-. 
qucG,ilsehfiiyuradoncqueAnc{craennulE. Mais cefte preuuc,com- 
me dit cil, dépend dune hypothefc: comme,pour exemple, il faudra dire 
ainfi. Site prouue que hme de l'homme mfi fas'vn tempérament y m'morderet, 
yous pas que nulle ameniJlyntemperament^Et celaaccordé nous ferons noftrc 
preuue de lame de l'homme fuguant la première reigle de noftre inucn- 
\ tion, &: nous foaplus atsédeprouuer que lame de l'homme nèftpasvu 
tempérament, que de le prouuer de toute ame en gênerai. 

En CES reigles donc, que nous auons amplement déclarées par tou- 
tes iortes dêxemples , nous auons veu où il faut chercher , de comment 
^ulli ii &ut difpoièr toutes fortes deprincipes ôc arguments Analytiques, 
èc neft poiHble de les trouuer par autre moyen^ôc ny apoint de plus court 
fiy de plus afièure chemin pour paruenir à vne vraye Icience^que par lëx- 
ércice affidu de ceftç.Inuention Analytique. 
atHfêfitUns O * à fin quayant aflcmblc nos con(èquents, antécédents, & repu- 
inuttUs dater gnaus , nous He trauaillipns en vain à en compofer des principes dku- 
numetPjen, f^çon quecc qui fcfl contenu aufdites reigles précédentes, nous ferons 
. aduertis qiul y a trois compofitions inutiles. La première du Répugnant 
du Subieâ auec le répugnant de TAttribuc. La tmon efl manifedcpour- 
i • ; • «que 



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PRIEVRES ANALYTiqVES, 19$ 

ce quevn tel principe ferotctoatès les deuxprbpofidons negadues. Or 
auôs nous veu quba ne peucriecoclure deoeuxpropofmons negaciaes. 
La féconde côpofition inucile eft ducôfèqùent de L^Accribaé auec le con- 
fequéc du Subic^bLaraifon^pource quun tdpnncipe ne pourroit encrer 
qu'en vn fytiogiimedela (ècondefigure^caril hc'paurrok tenir autre lieu 
aue d' Attribue en toutes les deux propofidbn^. Mais ce fyllDgirme de la 
kconde figure iêroit vicieuicponrce que coûtes les deux proponciot^s lè- 
royeuc affirmatiges, qui eft contre Artifice de ladite figure. La troifienie 
compoiition mutile eil de [antécédent de l'Attribue auec le répugnant du 
Subicdl , pource que le fyllogifine nefe pourroit fiiire qucn la première 
ou troificme figure, & ne vaudrott rien, dautanc que la mineur ièroit ne- 
gatiue contre les reiglcs derartificc defditcs figuras. Tout ainfi donc que 
cydeuantnous auons figuré les bonnes certaines comportions des 
principes Analytiques , nous repreienteroEis au^ ces trois compoficions 
inutiles à part,à fin quelles ioyent tant plus aiièes à voir^ôc qubn sen don- 
ne de garde quand on voudra craiâer quelque matière. 

Figure des compoiîtions inaçilcs def principes. . 




Novs lùuons dpncque Hxmanierçs dccompoficions Categori-^ 
eues des principes : caria ^cieD^ eft hy^^othetiquc: 6c poutte que la 
ngure^qui a efte nû(ê cy deuan^.pbjtjrroit ..dftre difficile à caufe de ies én- 
trelafTemencs^en voy cy vng autre qi|i fera pbts.farilç à mon jugement. 



■*;t: 



leeettfè^MéntJttSttiieéi / \Le refu^n4»t4e t^ttt^ité â freuueKyaiucrfne^at en U \.fi^. 
lfe9nfe^Hemrdtt»AtmkMé\ .jLtrefH^HémtUsttkiîH ( >«« J'^fmurrpnegdt, tnUx.fig, 

l'MteccJêfft Am SMé'ttêl V / Xf re^uendntâe l'^ttrijfmé- V i / farric. nt^ét. »m U jW^. 

A FIN que ceux qui Icvoadrqmèccrctt'^éiiTeiefte excellente inuen- 
tion Analyciquefe pudflètu fecilémenr {cfuir dif lafiguf c que iay mife cy 
deuant«pourdtûioler leurs Anteccdetots j Côî*feqtïént^',& Rcpggnans, ie • 
recueillirày icy reicon(èqnènti5vanceced^6'<^ 'êb fdj^pgnatis du premier 
exemp)e:qA4 ia ^ deduiâipar totrçcs les 'r«lglé^^ Ihi^^drédlce intiendon. 
Carc^ difpofîtiondesTcnn^^îçportevwewe^^ di- ' 

fçpurs quba en veut baftîr. Et/cecy pourra fci^uir de patronf poinrdreirer 
toutes iQnes.dedircoarsAn;^d^U€s en coôccs^ictènces. . ■ - ^ 

• Confcq 



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xoo PREMIER LIVRE DES 

Confequcnt. Confojuenc. 

Tous hommes yUt mu fdix enum 

Mfi qut Centib, 2)i€U. 
tpn cm eUp ncms 
en ItfSts Chrifi> 

Repugiunc Subicâi Attribue. Répugnant. 

_Tou$^ cetfx ToHs les Centiby font alf^us de leurs font conddmnis de 

depnearent en lettr ont eBi receus fechis, fechL 
yieil^^dam. en ùjm Chrj/l. 

Aintcccdcnc- Antécédent 
Tms Frdnçoisy en la ndtujre def 

j . allemands >. Ira- tjuels 2>ieu d con^ 

liens y é?*r- np^t^ont damné le feché, 

eBi7:e€tus.en.Ief»s éc^ant -emUrfé Jepu 

Chrifi,-. Chrifijmfils. 

• C E s T exemple fufEra pour mpnftrcr comme il fiiut feirc, & comme 
il Éiac auant toutes chQtësxhercher lès^cdnfèquents > antécédents , & re- 
pugnans , qui cft vn cilude le plus vtile Ôc qui apporte autant de con- 
tentement à vn gentil efprit, que nul aiitrc. 
Eat»Hrdf- Or POVR le bien fèruir de cefteinuention, il feuttouCours prendre 
jcèHrs il f4ut les confequents du Subiedt les plus vniuerfels qubn pourra, & monter 
kt^iome. ocgrc en degré , tant que nous trouuions 1 Axiome ou propolmon 
compofcc de lantecedent le plus vniueriel, auec l'Attribue de la conclu- 
fion:lequel Axiome cft la fource & origine de la vérité de la conclufion: 
Ec n'y a demôftration aucune, laquelle nayt fon Axiomerce queplufieurs 
ignoransjne peuuent difcerner vnc propoficion ou théorème, daucç vn 
Axiomç. Drk-jnaicur du premier fyllogifiii£,quc nous auonsfaifSten 
Explication dola prcmiicrcircjgjiç de cediapitre , neft pas Axiome , à (ça- 
VioiïyTàmceHXyemla nature depjuels Diet^a copdamnéle ^eché^oyant enffoyejin flsy 
fomakfûHs de lem fechts ^ dâwGiflitiqai& ie puis monter encore plus haut , &; 
trouuer vn antécédent plus prochain de ceil Attribue atlone de leurs fe^ 
^xifmesiUs chés. Mzis l'Axiomc fera té\,î^àusceux jffe %)[eu ^hfoutfontabfous de leurs fe^ , 
îriT^""^'*^ fAÀ. Car ceft antccedéiTtç-& cèft Attribué font tellement conioincs,qubn 
ne peut plus chercher de terme metoyertentredeux pour les conioindre 
dauantage.En Icxemple de Pi^yfiquç TAxionie, çft tel. Toute. Çnhftéme^fita^ 
créée de î)ïeufour eflre immortelle, ejl immortelle. m Icxemple de Géométrie 
lera j'Axiometel : Ce dûstfles^jff^riesf^màerà deux anglesmternes de ^ptel^ue 
trian^lt,efî au^i e^alaufdffs dngis s internes dudu en lëxe$n|4e pris des * 

prouerbes r^xiom:efofi^j/r-g*Sî* ehifes grades Jint-^ande fuif- 




Qmcon^jne i^eutofffinnierJe fart^fomn^ài^dàte^ diligent à l'eiffaèÛn'At dau--* 
tant que çes Aj^iomes font non feulement vchcablcs,nKas auffi premières 
cau{es de nos conçluliçns ><:elài nous aâcure que noscbncloilûns font' 

' trcfbon 



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PRIEVRES AMALYTIQVES. lot 

tfdbonncs, pourçe qu'on ncles peut nier fans nier auflî IcfHits principes. 
Car en ces antécédents fouuerains & vniucrfels font compris aufliles . 
CQnfcqucnts que nous auons pris pour fàircnos fyllogifmes. 

Ces reigles de la practique de noftre inuention Analytique confir- cofirm4tiajt U 
ment ce qui a eftc dit en la première partie de ce liurc, que tout fyllogi- Carttficedu jyi 
fine ne doit auoir que trois termes > & deux propofitions , & quîl ne fe f** 

/*• i • r 1 u r remet de Im" 

peut faire qucn lune des trois figures, dont nous auons veu lartmce 6c ma/î*» 
llruâurc cy deuant, Carquand nous vcnons à comppfer noftre princi- 
pe, nous vniflbns deux termes enfèmble , & ne lès prenons que pour vn, 
commcî Antécédent dé rAttribuéauec le Confequentdu Subieâ;,ou 
bien l'Antécédent de lun auecTAnfecedent de l'autre, ou autrement lîiy-. 
uant les reigles de noftre Inuention ; & la compofition mcfine du priii. 
dpenous conduit à la dUpofition de lune de nos trois figures , comme 
les exemples qui ont efté déduits le déclarent manifeftcment. Etmefincs » 
quand les termesdu tfieoremequbnveut dcmonftrer, font liés &con- 
ioinâ:scftroittènient enfemble,(commeles conclufîons neccflTaires) cela 
mefme qui eft antécédent de rAttribucjcftaufficonfèqucnt du Subied: 
de manière quil n'y eichetautrc compofition. Et lunion*des termes eftanc 
tcllcjla neccllité de la dcmonitraiion eft inuincible & immuablc,conimc 
il lêramonftré clairement aux Pofterieures Analytiques. 



^ue/cf reiglcê de V Inuention ^Anahjtique feruent aupùotit 
froumr *vne conclufon par l*Ahdi0ion kVmpofmtu 

CHAP. 3CXIIIL 




O M B I £ N que tdutes les preuues que tlûus auûns £uâes 
cy deuant par les reigles de noftre inuention Analytique 
foyent diredles , fi eft-ce que ces mefînes reigles nous peu- 
uent aufli feruirpoui: prouuervnechofè par vne manière 
de préuue qui s'appelle Vïmpopkle , par laquelle 

on précipite celuy qu i voudroit nier vn argument véritable, en quelque 
abfurditc manifefte , comme il lera plus à plein exposé au liure luyuant: 
mais icy Ariftote veut mônftrer quefbn Inuention eft vniaerlclle,& quel- 
le a lieu auili bien en ccfte forte dkrguments, comme aux auttes, pource 
que toujours le Principe doit eftcc composé des Antécédents U Confè- 
quentsdes ex:cfemes deh condunon , dc^que ce qùi aura efté prouuc di* 
reâemeat lèprouuera auec les mefines termes parTAbduétionà l'inm 
polfible. Or cela jd peut mcfmc voir en la figure de noftre inuention 
Analytique t-Gar pour prouucc que a en nul £, nous ferons l'Abdu-^ 
âion en cefte forte : fi A eft en quelque &,ilsenfuitdoncqueBeft auifi 
en quelque e: car B eft en-tout A. Mais il eft impoffible que B Ibicen 
quelque E : il faut donc çQ^f^ffer que A neft en nul e. Mais peut eftre 
que cela seritendra plus familieiremcnc par exemple. Prenon t cas que 
quelqu'un nip^çfte cboclufion aegïtiue ti:c(aehtable> Quf nuls Je ctnx ^ 
" ' ce [m 



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tôt PREMIER LIVRE DES 

Jomenlefusfhr'tfine font condanmis defechL Par les Confequents & Antécé- 
dents > on fera vn lyllogirme qui luy monllireta Tablurdité manifèfte qui 
senfuy uroic de (à contradiâion. Car on argupienteraainn en la croiue- 
me figure. Par voftre dire. 

Quelques yns de ceux qui font en Jefus Çhr^fon condamnes de pèche. 
OrenU ndturede tous ceux qm font en lèfm Chr^^ieu 4 condamne le feAi^ 

4^ant enuoye lefm CJmJl Jinfk^ 
^arqttoy quelques yns de ceux en la ndturt defqmels ^ieu a condamné le feché, 

ayant enuoyt leJSfs Qhrip Ji^ fis ^ font condamnés de fedjé, 
C E qui efl: faux & impoilible^ pource que cela répugne à l'Axiome 
deTheologie^ x:^xt%Que nuh de ceux^enlanaatre defquebVieua andanmi 
le ffché^ font condamnés de fe^étCcU à dire que nuls de ceux que Dieu a ab- 
fous ne font codamnés de pechéJlâucdonc aduouër noflie conclufion 
negatiue, à fçauoîr , i^ue mus de ceux auijine tn lefis Qhrijl ne fontandamnés 
defeché, La preuue (èfera tout de mdmeen tout autre probicmcsibk vni- 
uer&lou particulier, affirmatifou negati£ Cartoufîpurs Ikrgunieut,par 
lequel rabfurditc fe conclura , fera compose des confequents & antécé- 
dents du Subied&de l'Attribue. ££ pourtant la preuue qui aura elle 
feidtc parl'Abduftionà finipolTible fe peut réduire à la preuue dtreâe: 
êc rcciproquemcnt la preuue diredtefè peutreduk^àTAbdui^îontCom- 
inc nous verrons au liurefiiyuant, ny ayant autre différence , finon qu'en 
la preuue diredle toutes les deuxpropofîtions £bnt vrayes,lâou en lAb- 
duâion fune despropofitions ell faufTe* 

DesfyUogfines Hjpothetiûjtêes. CHAP. XXV. 

OsTRB mefme innendon Analytique ^èrt aufll pour la 

freuue des ^Ilogifmes hypothétiques. Caria preuoede 
hypothefê empruntée fc doit&irepar vn fyllogiltnç Caic- 
goriqu& Or dautant que nous luuons point encoitspar- 
Ic de ces fyllogifincs hypodietiques, il en &ut traiâer ta ce 
lieu cy. Car combien que leur artifice ne foit pas fi exaâ que làrtifice fi- 
gure, fi.efl-ce toutesfois que ceux qui cfcriuenc analytiquemcnt s'en fcr- 
uent fort fbuuent , tant en l'Abduaion à Timpoffibkî qui eft vne efpece 
' dciyllogifme hypothétique) comme auffi csprofyllogifmes qu'on Élit 
ry pottfTAllemtler les parties du metoycn delà àemotiflration. 

T o V s fyllogilmcs hypothétiques fe comprennent fous ceflcdiui- 
^^^^ ' ^ "^^^ ^^^^ tellement hypotlietiqucs, qulls fe peuuent re- 

tîtttféis. duK? â l'ai tifice fignrc^ôc à ceile cauïè saj^ellcnt Hypothétiques far^nalogte, 
Les antres ne fè peuvent reduirit en %ure, 6c ceux cy s'appellent hyforheri- . 
ques parQiMlité. Nows pàrkroitt premièrement des hypothétiques par 
Analogie- . 

IX V A trois géfitès de l^llogifmes hypothétiques par Analogie. 
»w (irtesiU £ ^ premier gefite.ciftquandRine dcspropôfiiions ouhypoihcfcs fi- 

J^i"' Le fecondgcM^cciVquandtonefcfiMitrehypQthefcoupropofition 

. w ~. bypoth 




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PRIEVRES ANALYTIQyES. »oj 
hypothétique a vne mcfinc fin,& les commencemcncs dmers. / 

Le croineme genre, ccft quand les Hypothefo ont vnmeime cpm- Mxtn^ltdek 
tnenccment , mais leur fin eft diiFerence. Exemple du premier genre» frtmimfint* 
quand la première hypothefê finit par où Ikutre commence. . 
«Ti/ efl hûmme^l efi ammdl 
^ïltfiammdlytl a Jintiment, 
Ergo 5 il efl homme ^il a fentiment» 

Ce fyllogifmeeft proportionnel à la première fii^re.Scsypeucredui' ^^p^^refr^ 
re en ceftc forte: :^^:!^ 

Bffft9$$thmmHeétfennment. 
Exemple dufccond genre, quand les deux hypothefe ont les f^A^^ 
tommencemencs diuers,8c u fin lèmbtable. 

S'ils Je meurent en iettrwil^Jam, ils noncf oint faix emiersïïHe»^ 

f ib fintdtliue Je leurs fechisy ils 0m f dix tmtei^7>ieH. 

fdrtju^ s'ils Jemeunnt en leur ^fieiLdJdm^lne fintféu difitts Je leurs fechés. 
Ce fyliogifmelc rapporte à la fecondcfigure:car les deux hypodscfes, ^*['^^ 
qaioncvnemefme fin, fe changent en deux propofitions où le terme far mm- 
mctoycn tient lieu d*Attribuc,en ceftc forte, %ll^ti 

Tous ceux ijui font dijius Je leurs Péchés ont f dix enuers ^ieu. rt. 

7^ulsJemeurdnsenleuryfietlu^Jdmn0ntfdixenuers2)ieu, * 

Tdrijuoy nuls Jemeurdns en leur vieil ^Jdm m font difous Je lettrs fechis, 
E XE M p L E du troifieme genre, quahd toutes les deux hypotheiès 'xtmfle^kr 
ont vn mefmc commencement, & la fin différente* tr^nmfnto. 

S^Uefl homme i il efifdrnàfdUtJe rdijon. . 

S^Jefihomme, il efidnimdL ' ErgO ^ 

Quelque ch^e fdrtiàfdnt Je rdifon efi dmméA, ^ 
Prenant nour terme metôycn le comnticncement de ces deux hy- ^^ff^f^ 
^theicsjnous ferons vn fyUogtfine en la troifiâiléfigaife en cette fbne: Ltsw ^ 
Tout homme efidnimdL ' V'-^ 

ToitthommeefifdmcifdUtJéf^^on. • Ergo ' J^^'^^ 
^tfuitehofefdrti^dmJèrd^ânefidmmdl! 
P V I s que ces hypotheuques Anâlogiqu^ fe rieduifent à nos figures, timmtim 
Ëiiàge de Imuention du principe y eft marti&fte : car toùtèi te quantes ^^e^ti^mt « 
fois quenous en voudrons iugcr pertinemmet,notis les réduirons àlcur ^^'^ 
figure,& verros en premier lieu sil iiy a nulle imperfediion crtlcellc: car fi i^e!^^*^ 
lamineur oftdit ncgatiue en la première & troîfiéme figure^ou affirxnatiue 
en la fecôiîdé : bref fi l'artifice de la figure cift vicieux , nou$ iugerons que 
fbypothedque Ibft aufil , & ne doit eftre admis : mais fi l'artince eft^on« 
'alors nous examineros le terme metc^en paî: lés relies de noftre inuen- 
tioililâqueHe parce mt^cn nous feit aufii és hypodiedques. Voyon- 
niaintânantquels font ceux que nous auons apptUé hypothétiques par ^'^^^ 
Qualité £/. ^ 

G B v it cy font telleinenc connttil:a àrotttfice figuré, quil eft .du tout 

ce X impolE 



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Z04 PREMIER LIVRE DES 

impoflible de lef y réduire. M<ûs on reniaraue deux pardes en la maieur« 
dont lUne c(t ce qupn.veut prouuer par le yllogirme hypothetique^com 
me quand ùm(k Paul éât,S$ Chrifiefi nfifcite mm refufàterons : ce qiul veut 
produer^cbli ^jut nous reJiffaterâ»s:Sc pour cefte caufè Arillote appelle cefte 
partie ce ijui efifroposidu commencement ^ encores quelle (bit mile à la fin de 
la proportion. Et l'autre partie de la maieur cèft rhypothefe , q'ubn em- 
prunte pour prouuer ce qui eftproposéxomme en rcxertiplc allègue l'hy- 
pocheii emprucee ccft^Ç-è/^^rp^^/, UqueUe hypoth 
vn terme metoyen, d'autant que ccft vne proppfition entière compofce 
dun S ubieâ & cMin Attribué , & pounant celle {ôrte d'hypothétique ne 
fc peut aucunement réduire en figure : & toute fà force vertu confiftc 
(cujement en la connexitc qui eft entre le Confêquent l'Antécédent. 
Car on argumente de ce qui va deuant à ce qui iuit après : & ce qui va 
dcuant ou l'Antécédent, cëft ce qui eft emprunte : ôcleÇoaièquent, cbft 
ce qubn ycut conclure hypotheciquement. 
vimjitn Àts hy Ç B 5, hypo^eciques par qualité j(c diuifent en connexes ou conwmBs & 
ftthetijHesiéir, d^oif^, I^cft côhk>iiiâ&6iicoane3UÉ (è fubdiuilènten trois efpeces,& les 
qudUtt, ^}j)^^g^^n^zxxç^^^ l^^ d'hypothétiques par 

. . L^Â première cfpece cmiittÉiâixe hypqthetique» cèft quand nous re- 
^" 3Sp^ifmes prenons 1 hypotheie empruntée en la mmeur, 6c concluons lautre pame 
c^Mçmes \^ propofition hypothetique,ceft à dire quand par ^ffirmatio de l'hy- 

' potheft empruntée nous concluons affirniaciuement ce que nous vou- 

lons prouuer. Or auant que venir à lcxcmplede lartificedc^ces/yllo- 
gifmes^lcfquels nous çp^pofons de deux parties>dont kipçs'apppUe An- 
técédent 6c l'autre Confequcnt , nous ferons aduertis que ces mots d'An- 
«cecedent&Confèquentonticy toute autrefignificationqucquandnous 

1)arlions cy deuant des Antécédent^ & Confèquents de rînuenqon Anal- 
ytique t car en ceft endroijt Ant.ecedçnt ceft la première parpç que nous 
auon$ appeUeehypothe{è. empruntée, Scie Confèquent ce^^ 
fion priacjpale:teUement que T Ahtecedet en ceft cndrcdt c'çft V^e Enon- 
dation, ôc le Con(êquci)t auffi : mais en .l'inuention du term^.Metoyen> 
leConfequentdcrAnteced'encibntterraesott panies dei*£aotidacion. 
pf^L^eêM Exemple 4? kfrèmiçr^-éfpcçe du ^{^^ 
A'fm^f'- ■ . ■•5ï{;/»r^fy?r<?j5^/>0 :.ru ' . 

. , -Ôr Çhrifieftref^àfiix ^fjdl m i ' ? ^ ' . -r--: . 

^t^^xfZ figure^ çn,^cna«liÇiï^./)?fpJÏ^,pour ;:ei^:qpoyiis5&^ 
fifcMt redtùn bufeut : GaT ccft Anf:qçede{^(ft Chrift'efireféf^é y eft composé dfl^dwc wr* 

mes, dcfiiueJs,C*/^ eft k^Su^e<a , âç refi^mt^^ î'Atpibuç ^ de feroe. qpc 

noustrouuepnsq^tr^tert)lesen;çefthy|>otheàque.N^i^,çç^ Si^i^ieâ; 

de la conclu(îop,r¥^^rfnw^};AtiQibuc iCprift., le ^ubiedl dorÀ^tjyîcdcnt 
. ouhypothe(è,rr]«^;ûr,l'!ÀttnbucduditAntece^^ Comment donc 

roit-il poifible dfi baftic yn fyUogiiipc figuré de ces quatre termes i veu 



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PKIEVRES ANALYTIQUES. loj 

qiùl a çftc dit cy deuanc que tout fyUogiftne cft coqipoie de crois termes 
ièulemenci te n'en peut auoir dauantage > Et û vous prenez Ckrifi eft reju^ 
fée pour \n terme, UnmsnJùJamvm,pom y nz^ il vous manquera 
le terme metoyen pour Sûre ioindre ces deux-excremes. ^ais la forci: de 
ceft argument ne confifle pas au metoyen , qui puiflè ioindre TAntece-* 
dent auec le Confequcnccar cela eft défia prins comme accordé , que fi ■ 
rAnteccdeht eft véritable yic Confèquentie iêra auffi, & ceiaprefupposé 
il ne &ut plus samulêr à chercher va metoyen entre liin 5c ikucre^ns feu-' 
lement il iàut bien & categoriquemeht prouuer Thypothefe emprun- 
tée ou Antécédent : comme,en noftre exemple, il nous faut prouuer que 
Cluiflr e(t reiùfcité. Ce que nous lèrons par la première reigle de noftre 
inuendon, en cefte forte; 

Celff^f dusjuel i>ieu far ps fropheter d die ^tiil rejufàtfroiry efi rejhjcitf. 
Chnjljjtcelt^ dttqtulÙUufdrfesfr^hetes dfredu^mlrejkfmerûic, Ergo 
ChrijleJire^citL • / 

Le pancipc de ccfi?llogifmc eft composé du ConlcquencdeC/'r^, 
qai eft Je Subieâ, & de l'Antecedenc de VAttribué efirefufàri.CzViCXimvm 
nous anohs dit, que la ligne eft- le Confèqi;ent du triangle , pource qiâl 
£uit quiEy gardes lignes .deu^ que pouuoir faire des triantes. Ainfi ' 
pouoons nous prendre ces mots» Qfuff diufmlS^ieu fdr.fi s fr^heres a f re- 
dit, pour Conièquent de Chr^ > pource quil &loit qi^l jnift prédit deuanc 
que Ie(ûs Chrift foit venu au monde: &'aùfil pource que ces mots» Cebtf 
it^lPàttJ[fndieSorit^^^ quele nom de noftre làuueur lefus 

Chrift^Ëq^ioiiftant à ce Coiêquent du Subied ces mots, qùil refufiireroit, 
nous auojisl' Antécédent derAtcribuc^rr/fl^/f/:carlespro[dieCiesdeiâ 
ntarreâàqncQîDyent comme caufes neéeiraires,^le(queUes on teppu-* 
uoic du tout afTeurer qûU reinfciteroit. Aywcâinli anaIyuquement|>rQu- 
uéce quen4>usauions emprunté ôc prins cùmmeaccordc,la conclufion 
de no(bê.hypothetique dônéureaufti certaine , à caufe di^ la concei&on 
quiaura efte&i6£e, quenprouuant que^ChritleftrerufcitOiOhaçcorde 
que nous «fiifcitcrons* iv! ... : ï 

LA&conHe«{pecc d'ir^Méetijuc coniciffB par Ariftoceau ,jtèmlitfttf 

deUKiemédqs fEopiques ÇvnficmiomrmMfie, pour- autant qubn conclud ^^^f^^fy' 
bneganonxÛi'AncecedeAc^laniçgattoaduCoii^ f^^f^ 
<k& t^xxtiû vebout;s dë kprosedence efpeceicn laquelle ohconclâd Mir^ 
idolConfequenc por^bfirmiuioa: dt 'J?AÎtfecedèAct comme qui 

£ T icy au contraire on argumente en c^e (bite:' 
S'il eft dnimal, il a fintimtnt^ .V ^ i .\ ... MxmpUdrik 

Orilmpointdefimiment. ll^*^"'" 
Ergp UneflfÀs dmméL 

Pov^ft veanctceftccoiMdufim,4£kiKkii^ . . 

ce 5 quelque 



4 

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^oc PREMIER LIVRE DES 

audque principe Analytique > comme il a cftç ùiSt en Ibipece précé- 
dente.' 

r^tecedettt M AI S il Ëluc coufiours prendre garde quel' Antécédent fbitcom* 
tVfim)7cS P"*^ Confequcnt, comme ïcytdmméddi fous cefdéffemimm:c2ix 
fijntiù, /kffimu/eftle Subieâ decell: Ataribaé 4M0irfennmem,Vrzy eftque ceft An- 
tecedento^iw^'f/en: réciproque aucc ce ConC&qncnt atmrfinà^nt, celle- 
mcncquil {èraloiHble de prendre lequel on voudra pour Antécédent 
ou Con{èquent. Mais Ci lua eft de plus grande eftendue que butreiilfau* 
dra quïl foit Confequcnt : autrement on ne pourroit pas inferer la ncga- 
tion de l'Antécédent par la négation du Confcquent^ilneftoit compris 
fous iceluy. Il faut aufli remarquer qu'on ne peut pas conclure la négation 
du Con(èquent par la négation de l'Antécédent , comme > il nesêniuit 
pas que ce; qui neft pas homme ne loic pas animal, pource que le Confe- 
quenc tient lieu de genre au regard de l'Antécédent » comme li a eftc dit 
fouucntcsfbis. 

Trùfiemtfit- La ttoifieme e(pece,cUl quaiid ayant prefupposc la négation dç 
tedtsfiwnexei l'Ahtecedent pat U négation du Confequem, nous venons a conclure 
A>|p^''f««- Ijiffirmaiion «fcl'AnteccdeBt par lSiffirmationdQ.Confequcnt.Exemple; 

SinsddmmalhèftfukUBddmeurO* i c$mtpMn, l'homme 4i^nkjtfmfitfià^ 
ieB k douleur fFfkc9rrufmn^ . . • • i . . 

^J)(Caist9UtémmdlefifuhuBdj0iJeuri^icmifmn^ 
ItânfMirdmc^l'hommeeJlfuhUBàdùukmtr^mrufmn. i 
Combien que en noflire hypothefe nous ayons mis lâoimal àu pre-s 
mier lieutôcl'hoipme au fècond,tant y a que l'homme ne la^.pâs.dcilre 
Antécédent > ôc animal Conièquent : car il i^e iàut pas tant regarder àb 
diipontion, quaia fignification. PlufieurSy à &u'te d'y prendfo^gtnicsià- 
' buiênt aiièment en ces hypothétiques conionâtÊ. * ; - : 

L A preuue de cède concliiHon, commedes précédents, dépend de U 
preuue qui (t £:ra de l'alTomption par vn fyllogiune figuré y&. duquel le 
principe fera pris fuyuant les xeigles de hodre inuention. < . .;.. 
^^^^^ Restent maintenant les Hypothetiaues dtpon&fi >,àu{quck tl nHl 
^^^â^r ppit^t queftion d'Anceoedtxit ny de Gootequent comnieje3lCQni0n£ti6: 
V . . .. . . mais du premier membre s £bcond membre : Car au lieu qùe4cfi Con- 

- ' ' ionâi&u>nt compo& Conftquetit 

font composés dun pre^^rmembre 6C;(Bia£ècond Jéiquois ine fôntpoiiic 
Antëced^ç ny ConTeqAtitntJUn dcËiuâic^aios au coiitmi£'fQ&t loffo^ 
Htés tellemem immédiats j que fit Rm eft, Ikucre ne peut eftre, & fï lUaiieft 
pointai &ut que l'autre foit:autrement sll y-A-qùjelqttç n^yéàeQcitedeux* 
nous ne conauons rien. Or noi^ ferons quatre eipeces dc;>tieuk cy. La 
Trtmitreefif première ccft quand par l'affirmation du premier memkttkU^ju con- 
%iphf^^ cluonslanegationdtt&çfind,.Exenf»jJcc ^^.rn- . '. y,; 

jim^' -.^ : Ouileftiour^outlefimùB. .-...v.» . \ • . 

llmjl doncpds ntUB, }. .- r-- 

ftctnitf£tcf feconpç e(pççe> ^^^and jpar£iffifitado& tdu&:oad atmbre, 

; / ' Oft 



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PRIEVRES ANALYTIQVES. 107 

on côndud la négation du premier, i&xemple: 
Ou ihjhiùuryou Uejlrmi8. 

MdK îleftnmB. ► , , 

Il seHffiitd$ncqmlnefl fMs io§tr. 
La troificmeefpece,ccft quand par la négation du premier membre^ Tytifimtrfi» 
on conclud ^rmation du lecbnd. Exemple: 
OuileJUûtfrfCuilefimiéh 
Mais il fiéfifds tour. 
IlepdûHCfmB, 

Ces TE conclufîoQ ifeft valable quiés contraires immediacs. Autre- 
ment ^sument ne fèroit pas bon de la négation àlkfSrmation :| comme 
il efteuident en ceft exemple: ^ 
Ouilefi hUnCiûuitejlnèir» ^ 
MdfsilnkllfasUdnc, ^ 

Il n*est pas necefraire:Carilpeucefl;reverd>ougris^ ourougCi 
ou de quelque autre couleur. 

A V T AN T en fera il de la quatrième efpece , quand par la négation j^uéurimtt^ 
du fécond membre on conclud ^Sirmation du premier. Exemple: 
Ou il efiiour, ou ilefl nmB, 
MaisUnefifâsnmâ. 
Ilefidsnciour, 

le jçay bien qu'ordinairement on réduit tous les hypothétiques en s.ft£^»Bmfi 
lylloeifmes figurés : mais après y auoir pris garde deprcs, ic me fois rcn- JJ^^'"^? 
du àlbpinion de ceux qui tiennent qtûl cîl impoilible de les y réduire. ** ^ 
Car voicy comme on rait la reduâion de la première elpece dè ces dif- 
ionaifs, 

Qudnd il efl iow, il nèfi f4$ nmB. 
Mdkilefiiour, 
Il nkfi fds doncnmB, 
E T par ce moyen ils difcnt auoir fàîd vn fyllogifmc en /ms.mais slls 
difeiic que ccfte maieur foit negatiue,il faut donc qiùb Tinterpretent àin- 
fi ; LdnuîBnefipdfiùur, ou hicnle iournefifas nuiB,^o\xx nier TAttribuc du 
Subieâ:. Que sîls énoncent ainfi, il leur fera impoflible de former leur 
fyllogifine, au moins il fera du tout ridicule, caru £iudra dire ainû, 
LtiourrkflfasnmB. 
Ji^dis le tour ejl tour, 
* Le iûtfr nefi fas nmB* 

M A I s la vérité eft qubn ces hypothétiques, d ny a ny Subied>ny At- 
tribué, ny terme metoyèn : ce qui eft aisé à congnoiflre par ce que le ver- 
be fubftancif eft répété deux fois en la maieur, qui monftre qùnii mcm- 
bretieil ny nié ny affermé de Ikuareitem slls prénent ces moxs^dnÀilefi 
Mw,pjour Subied, & ilneft pas nuiB, pour Attribué,il ny a donc que deux 
tepies en tout le fyliogiunetentre lefquels deux termes ils ne fçauroyent 
trouucr aucun terme metoyen qui fou Conlêquenc de tun , & Antece- ' 

dent 



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ro« PREMIER LIVRE DES 

dcncdelkutre. Concluon donc queccfl: trauàillcr en vain que de les 
pcnfer réduire. Mais la preuue fc fera comme des précédents , en prou, 
ûant l'un des membres catégoriquement , ceft àdirc par vn-fyllogi(me fi* 
gurc, auquel nous prendrons le principe parles reigles de noftrc inuen- 
tion, laquelle par ce moyen fe trouue ncceflaire en tous fyllogifincs, cane 
figures & catégoriques, que qualifies ôc hypothétiques. 

Deladmifion. CHAP. XXV. 

E V A N T quAriftote cuft trouue cefte admirable inuecion 
du principe Analytiquejiks anciens iê fèruoyent de la diui* 
iîon: laquelle neancmoins ncft quunc partie de Tinuention 
Analytique : Car en difpofànc chaque notion en fa Caté- 
gorie fclcn (on ordrcnous trouuerons les vrayes diuifions 
ZdJsuijît» né de tous genres. Mais Ariftotemonftre par plufieurs bonnes raifons, que 
»uSe farce fil- la diuifîon (cule na aucune force de rien conclure,& en donne ceft cxem^ 
pie : S'ileft qucftion, dit il, de prouuer que l'homme foit animal raifqn- 
nable,fiie nay autre moyen de trouiicrmon principe,queparla diuifion, 
ie diray ainfi , Tour animalejl raijonnahle ou irraifonnable. Tout homme efiam- 
délaie ne concluray rien, finon,Ergo Tout homme ejl raifofmabU oh 
irraifonnable ^OM bien il faudra qubn maccorde de grâce quîl ncft pas irrai- 
Tonnable^à fin de conclure fur cefte hypothe(e,quil eft raifonnable. Mais 
il eft euident que cefte conclufîon ne procède pas de la force des propo- 
. Hdons, comme il êft requis par ladefinition du fyllogîfine. Dauaucage la 
diuifion. eft du tout inutile pour réfuter vne mauuaiie opinion , & me- 
fmes Si\ eft queftion de difputer pt obablement j foit dç l'accident > ou àn 
propre., oy du genre, comme nous ferons aux Topiques , la diuifion ne 
nous y peut ayder. Maisfurtout il eft impolfible de faire vne demonftra. 
tion par la diuifion. Car nous verrons cy après qucn la dcinonftrarion 
il faut que le terme metoyen foit au deflbus du Maicur cxtreme,ccft a Au 
re de l'Attribué d;; la conclufionicc qui ne fepeut faire par la diuifion, en 
. laquelle vous prenez pour terme metoyen toutes les diiferences du gen- 
re enfemble,de (ortequil eft toufiours beaucoup plus genefal que le ma- 
' ieur extrême : comme en Icxcmplc proposé, lattribuc ou maieur extrême! 
ceft raiÇon?Mhle , & le terme metoyen ceft dmmal réùfonndhle ou irréiîfinnahk. 
Tenon nops donc ànoftre inuention Analytique : Car ilny a point 
dautre moyen pour &irc vn bon fyllogifmc , foit en philofophie , ou en 
quelque art oudifcipline que ce foie, que delçauoirtrouuerce qui eft aux 
cnofes dont on veut difcourir , & ce en quoy lefdites chofès ^bac y c'eft à 
dire les Antécédents & Conièquetics , ôc en amaffer abondance , puis'les 
çonfiderer en trois termes, foit pour confirmer ou pour réfuter. Et Ci on 
'Veut trouuerla pure vérité, il fiiuttrouuerles vrays Antecedêts âc Coniè- 
quents qui font tant au Subieâ comme en l'Attribué ; Mais il on fc con- 
tente de difcourir probablement , il ne (ê faudra pas tant trauailler , ains 
fuifira detrouuercfcs propofitions vniuerfelles, qui foyent probables 
rcceuës par opinion, comme il fera dit aux Topiques. 

Les 




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PRIEVRES ANALYTIQJES. IÔ9 

Les reigles de rinuencîon Analjztique monftrent auifi qite le princi- 
pe/oic aflirmatif ou negacif,ne doit pas eftre cela mefme qubn veut prou- 
ucr par le principe. Item quïlncft pas beloingd^îtrouaer cous les Côn- 
fe<juents & Antécédents dun Subiedl & dun Attribué, ains quïl fuffic dcn 
auoir quelque certain nombre. Iten) que le principe du {ynogifine vni- 
ucrfèl , foit affirmatifou négatif, doit élire autre que celuy du particulier, 
foit affirmatifou négatif Noftre inuention donc eft vniucFfelle,& a lieu 
entoure; fciences & difciplines , comme dit eft. Mais il faut que cha- 
cun fçache làire choix des propoficions qui font prppres à fà fcience. 
Car chaque fcience a beaucoup deprincipes qui luy font propresjlefquels 
ne fe peuuent trouuer que par ceux qui font grandement verics en icelle: 
comme, pour exemple , ceux qui font bien expérimentés on Aftrologic, 
ayant dihgemmenc obforué les Antécédents & Confequems , tant des . 
Subiecls que des Attribués deladite icience,iI^trouuent auement lesprin^ 
cipes par Icfqueis ils fondeurs demonftrations. Ainnc^ ^ft-il en toute 
autre icience.-pourueu qubn nbbmette rien de ce qutcfrS^^Ëique cho- 
{è,ceft à dire qubn Içache fidèlement recueillir les AMMQ»<îents de Confc- 
quents , & les ranger par bon ordre , on demonftr^tdat ce qui fe peut 
demonftrer : éc ce qui fe pourra demonftrer , (ê j^^lllMH^^w^W^iÉë 
autre moyen : ôc Tœil de lèxperience eftant ioinâ auec les préceptes du 
diicours , on rendra toutes (cicnces parÊiidement accomplies, Icfquelles 
autrement feront manques, H lun ou ^utre dcâut. 

Novs finirons donc icy la féconde partie de ce liure, en laquelle 
410US auons veu comment il faut chercher les arguments Analytiques, 
ccft à dire quel doit eftre le vray ternie metoycn ou principe de quelque 
conclufion que ce foit, & comment & à quoy on doit prendre garde en 
toutproblemc. Et combien que pour le commencement ccft eftude foit 

treflaborieux ôc malplaifant , fi eft-cc quensy exerçant &accou- 
ftumant,on y trouuera vn contentement ineftimablc. Et ny 
apwit déplus courtenyplus feurevoye pourlèren- 
dre fotidement fçauant 6c dorâe, que cefte 
cy.Venon maintenant à kcroifie- 
me partie de ce liurc 

DD TROI 



i 

N 



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10 PREMIER LIVRE DES 

j^^'i^ ^^^^^^^^ ^"^^^^^^^^ ^ ^-^ ^^^^^^^ ^ * 

TROISIEME PARTIE. 

COMMENT IL FAVT ANALYSER TOVS DISCOVFLS 
ET ARGVMENTS, ET LES METTRE EN FIGV- 
,RE : ET COMMENT LES FIGVRES SE 
PEVVENT REDVIRE ET CHANGER 
DE L'VNE EN L'AVTRE. 

lyeVvpige^ mceptédeccUetroifiemeparnc^. 
CHAP. XXVIIL 

A V T A N T que ny les Orateurs, ny les Philofophcs,ny les 
Poètes , iiufenc en leaK«&rics ny ctt leurs difcours de lyl- 
logilmes iîguiés iebgOàwreigles que nous venons de voii; 
maisa» 06i»arâb<lilpa^^ qui font les plus exercés'eiL 
• dkes reiglss ioaiStoiiÉa&riBilicac ceux qui cachent dauanca- 
ge Leur arci£c3>fi»c|rir&rnoi?entdfam^iC^ amplifiée, ou par Ibbfcu*- 
c^d^ A^l^wb jmitiÉiii tÉ^ue^no ni^ nous (erui- 

roit de peu pour le pmtciqbc i liwftfi j|'iir nous oyons ^lifons/fi Ariftote 
ny «ofliadioufte celle dernière partie , où il enfeigne comme il Êutana- 
*^aljfir, ^y.{€ï: tDÙs^ ek:rits& toas difcours. fl appelle ity rechercher les 

principes de quelque conclufîon,& en retranchant ce qui eft dt iliperflu, 
;& luppleant.ee qui défaut, & ce qui eft ncceflaire pour accomplir le dî- 
{c5uj:s,reduire ouvn linre ouvn difcours enfyllogilme/uyuat lartificcdc 
la figurcà laqnelleil appartient par là difpôfition de fes termes : à fin que 
voyanr Jcs arguments en leur vrayc forme,nous en puiifions Luger certai- 
nement : car commeladifFolution des métaux defcduurfelti^r perfc<ftion 
ou imperfètfiion^di ceftc diflblution ôC diflc^liondes-citrits & ratioci- 
nations,nous fera voir à l'ctfl tout ce q^uïl y a de bon ou de mauuais.Et ny 
a rien qui ayde tant noftre' iugemeh&'ïjcar/ouuent vn bon orateur nous 
efbl ouïra tellement auec les couleiUiB^deron éloquence , quencores qud 
foie defnué de bonnes raifons, ilnous pouffera ouil voudra. Quclquet 
f6is.:^u(fi vn graîid ^hiloi* phe fera fi bref & fi fimple en fes ckrits , que 
nous pafferons par deffus fans les prifer & poifèr comme ils méritent , fi 
nous ne fommes exercés à fçauoir diicerner le corps dkucc la robbe,cëft 
à dire laraifon& largumentdauec Fornement du langage , & reconenoi- 
ftre toutes les parties du corps du difcoursj Se la côpofition, difpodtioni 
& accord qui efl entre icelles. Etfi tous ceux qui trauaillent à lire les li- 
ures, tant bons que mauuais,auoyentcefl:e fcicnce d'analyfêr,il eft certain 
quils profEtcroyent dauantage aux bons efcrits , & ne fèroyent pas tant 
endômngcs ou corrompus par les mauuais^ &augeroyentplusiainemenc 
des vns & des autres, 

Comn^ent 



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PRIEVRES ANALYTiqVES, »ii 

Comment il fe faut conduire qmnà on tiîeuianalj/èrqftelqué 
àfiours. C H AP. XX IX, 

O N c , la première chofc o^fy^ faire (ayant en premîéf 
lieu remarqué la concluilon piipfdp^d^.^c quelque liurè ou 
di(cOUfs } ccft de crouuer les propofÏBions defquciles ladicd 
concludon cil tirée : car du commencement cela fera plus 
âilc,quc de vouloir du premier coup rechercher les termes 
dont leldites proportions lontcompofei-'s. Ayant crouué Icspropoh- 
rionsjilfàut remarquer quelle eft la Maieur ou la Mineur i ce qui eft fore 
ai(c,congnoiflartt défia la conclufion. Ilf-àutauflî prendre gardclaqucU 
le des propofitionseft générale , &: laquelle ell parciculicrc ; & lune ou 
laucrc dehut,il la (âut fupplceri Car le plus louucncfoit en parlant ou en J- . 
cfcriuant , on en fupprime quelcune, dautanc^qijçljpcft ailce à entendre: fj^^t^i^^ 
comme quand lâin^ÎPauldit , que l'homme a^^^éffrouf^ fomc les chofes f»p»^ê$inêp 
jfti fim (ie Vieu^fdurce quelles luj fom folie, il eft aisé de voir qu e p oui' réduire "f*^* 
celte fencencç en (yllogifine^^^ùf/uppleer ^ ^aieur, laquelle doiteftre 
compofeedu ternie raetoyQaiauçiç;.w^i^4^^^C^^ LeiyJ^o* 
^linc cil donc tel: iSbhÊ^'- ; : 

Ce ijui (homme onimdleBime Jilîe^ il ne taffP'ôuUjê point. 
Les chofes qui jont de te^rit de j^ietf, t homme dmmal les eSHme filiez 
Tdrquey les chofet ^mjinedc k^k de î>ieu [h$mme émimal ne les dffmmi 
point. 

Ayant réduit le {yllogifrnc en fa forme , alors nous dxathinons le 
terme metoyen par les reiglçs de Tinuentipn Analytique. Or le terme 
mctoycn céft, eïiîmerfilieyWie^ T Antécédent fupremc de l'Attribué 
fmuerfùint, L axiome eft donctrefbon d^ Ceft Antécédent fupreme^auec 
i Attribué, Ce tfion eHime folie onnetAffromefomi* 

Qv^E LctyssFois la mineur defàudra: cdtiiTne en ce pafla^e dé 
iâin£fcPâuh^M& de ceux ^tfi Jim en lefits chr^nefom cpnddmnés de pèche four-^ 
cejuecetâx^ui font dhfous devienne font point ctmUmnis, Il faut entendre 
fte mineur, Or tons ceux font en lefrn Ch/ifi pnrdifim de 2)ieu> 

C E fupplemeni; des propofîtions fera fort aise» po'aru«u qu'on aye rc' 
Cenulârtificcdes Hgures,&iugerar.ori ÎQcoadynent^ les propolidotnibac 
bien pri{ès,& bien'di(pofees, eti retranchant çt qui eft iiiperftu ôc ne dok 
point encrer au fyUogiCne, & {ùppleant auffi ce qui dojir<e%^B3piflip«fiàire- 
ment exprime pour uire la co^nclufiondaquelle eftant mani&fte on coa- 
gnoift aifement le terme metoyen , pource quîl faut quil foit réitéré en 
toutes les deux propofitionsïmais il neft point en la conclufion. Si donc 
en ce que nous lifons nous trouuons le terme metoyen ioint aueç TAc- 
cribuc de la conclufion, nous verrons .auni\to(l que ccft la propofiGÎon 
jnaieur : & sil eft ioint àuec le Subied: de|;^conclufion,cçft^a mineur : ^ 
sil ny a que lune des deqx, nqus verrons quelle cil cqlîe qui defàur^& iêlon 
la diipolltîon dudit tcrmeinetoyeanous .fç^^oas.iuconcineiit à quelle 
figure il appament, . . . . ,ti, ..; ^ 

DD % Vi 



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iii PREMIER LIVRE DES' ^ 

0e^UzS^îe$diffkf^ CMap. XXX. 

L ADVIENDRA quclqucsfois, quencores que nous ffou- 
^^■^^3 uioni tàiis les termes dû {yilogifrne, n$;anctndins nousfe. 

rons cmjiefchés de le réduire en figure , fi ndu» ne ehaa- 
I^^B^^S geohs fes tcnnes,& les interprétons de forte que la concli^- 
£?^^^S&£ion«ii fôit euidente : comme en ceil exempte; quîe donii^ 
icy AWftotCi • " 

Crejkineftfcmtpty^àHcêejhamoiHilafuh 

Ce Jont làchofe efl cem^fee eBdntoBi» Uâitf chofe ep oShe quaht^ tpédnt, 
ErgoXfî farries Jé la juhftance fonrfuhftdnçes, 

N CVS voyons bien q^eceftc conclufion dépend defditcs propq- 

(itionSjSc que la raifon d'icelîcs y cil comprifè : mais nous ne viendrons 

. ■ . iamais à bout de réduire ce fyllogifme en forme, fi nous nufons dim re- 
mède qui s'appelle eh Grec J^ffr^f/^^/f^ qui eil quand on prendra vn mot 
pour en cxpo/er-^ifi âdtré à dke quâind^^^ changccc oui eft obfcur 
çn v nt bHEite^' pluir8fflèfei^^^ica dbnc qu c la maieur de ce fyllogiCne eft 
ngjgaàaev ft rlft fe t lte eray fe iÊÊSXl^ jÊS^u Wûteieï lefcns en aucune ma* 
niere:&:dirayainfi, ^ . ' , 

Ce^imeBantoBiûBé laJSA]f4fiice amc y ejt fuhflance : cbft à direiCe (ans 
quoy la fiibftance ne peutcflxe , eft: fubllance: £c la mineur slnterprecera 
ainfi,^ - . • . < 

Or les fdrties de UfuhSiance eBansoBees , U futïhmceprd o^t auec elles ; Et 
alors la codclufion îcra mànifefte. 

lisenftàt donc jue les parties Je la fuhfianceyfont fùbflanees, 
Quclquesfois au lieu de quelque mot nous prendrons la définition, 
pour efclaircir dautant plus la vérité : comme au lieu de lecUffe de U Lune^ 
nous dirôs lohfcurcijfemeTUoufrïuation de la lumière que la Lune reçoit du Soleil: 
&au lieu dlin mot nous enmectrosplufieurs,oubienaulieu deplufieurs 
nous nen mettrons qùun , pour elclaircir le difçours ôc le rendre le plus 
intelligible que faire le pourra. 
^Htrtfirttdt II V A encores vne autre foité dé Metalep{ê,quand au lieu dim nom 
MttéUfff. qui fignifie qualité , on prend ceiuy dé la perfonne qui a ladite qualité» 
comme il Eiuidrbit faire pour rcdairccéiyllogiône en figure: 
"Ruh maladie néf fanti: • 
Tout homme feut eShethUtade, ■ ' ' - 
Ergo ml homme neflfm. • i ' ll 'làudradireainfi» 
Islul maladif neft foin. 
Tout homme ejlmalkdif.''' 
Ergomélhpmmfiùfffai^. 
O N appelle cela chan^eflkï mm abfiraiBs en concrets , ou bien Us concrets 
tn atftr 'aiBs , {Aon quîl eft Expédient pour cfdaircir daùantagc la concla- 
fion :&fiïi? tout nous chahgétbns tout ce qui peut apporter oblciirité 
ou ambiguïté: Éettcmcn^quc fi la multiplicité des mots obfcurcitjkrgu- 
ment> nous tacherons à le rendre briet:fila brieuete nbcts ettibrouillc, 
' * nous 



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PRIEVRES ANALYTIQVÊS. li} 

nousvfèrons dcpcriphrafc. Car pour bien iu|jèr dun arguménc « il &ut 
rendre tous fes termes les plus Ëicues «jubn pOUrrà. 

l^uSàritu. ' ' = CHAP. XXXt 

1 T N lifant çjuçj<]ne autéur.naus tjrpuuons quclqueconCr 
aucnce qui ne (oit dilpofee fclon larcificc Jes ^gures., hous 
cpangérQiîs .ia d^oiïtioii pour là! mettre en |îgi)i:é:^ômme 
qui dirpit îûttfii . ; / ' 

r ■ Cxf^ èfihpmme, efl onimaL 
* Ce qui ejî dnimal r/? fu^Bance, . 

Vonc ce qui efi homme, efi ful^fidnce, ' 
C E S T çonfcqueocc cft bonne : & neancpjpjns ce ncfl: paivn (y{~ 
logilme:poiirce que le terme metoyên tient fiéu'd'^|imdé en U m 
& dc::Subïfidî: ■eh la mineur : ce quinelèfàkjcn auçune-figffieVMa^^ 
cbit vh&forccdc conièqucnce qubn appelle,i'^>> laquell^;^ £^ C2tv 
ptieuièfCo'mmeil fera monftce au liure iuyuanc : &pourjp!ê(îe caufejl (àut 
voir d fcs termes & peuuenc rediureipo ^^ogjilA;^ ceiluy cy s'y 

.mettra fort bien. ']'.'.'■■ r. 

71»»/ ce qm ejl animal e^frtlfance, - '^jijptT^^iir^;^;^^^ -• 
.. ' Totêt homme eJtdnimaL Donc : >fj j.^^ 

Tout homme 

Qv.E fi le Sorices eft tel quîl ne puifTe le réduire en fyllogifmei nous 
pouuons conclure hardiment quil eft {bphiftiquc > ôc quil. ne^vaut rien: 
mais fi on n'y prend garde de pres^l eift aisé. de sabufèr, à cauid dek gran<- 
defimilitude de la difpofition des termes du ^llogifine &,da Sôriccs , & 
mefmesilya encores dkutres manierdi de ratio cinations plus appro- 
chantes du {yllogifine que le Sontes,& qui, valent aoiS peu* Voyia pour- nu raifi» jui 
quoy , pour (c garder de route tromperie ; il Ëiut aupir uir le doigt. les rcir- f^'^^^Pil 
gles de l'artifice du (yllogifine, & tenir tout rc{oki' que toute ratfon qui ne ^rfT'î«/»r 
k peut réduire en vn bon fyllogtfinc, ne vaut rien t & encores pour eui- t'"/ ^ f'- 
ter toute tromperie il eft trefiiecefTaire d'adioufteri chaque propofition tf^j^j^Sp^f- 
la marque de u quantité^à içauoir à la propofition vniuerlêlfe lafnarque fi^ » 
defi>n vniuerfâlité, ôc à la particuhere la marque de ià particularité, c6me ""^ 
défia nous en àuohsefté aduertis en Tinuendon du terme metoyen. Bref 
il ^ut eftretreûToigneux k confiderer làrtifice, à ce qiulny ayc du tout cicn 

4 redire. .•_■■-.■'■..■...■■» 

' . , - ' ■ ■ ■ 

§lue le çhangmnem des cas n4bererien cn l'étrùficeduJyUop- 

CHAP. XXXII» 

L ADVIENT quelquestoisquil ne fàudrapas changer les 
motsi mais il ^udra pianger Içs. manières de parler. ; com- 
me pourexempIe>ayahtdite;^làM4ieiir>7<7iKf ceùx^^omen 
lefus Çhrifljônt ^>;î.i^^(^/^x,ilia*ttdrà en la Mineur;,J^rmifif 
ceux qui jotu en ïepa ChnflUsfechis font remis , pour conclure 

DD 3 enla 




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;4 . E M I,E:|L L I V R E DES 

«n h crpinome figure > Qjfjfl^ues yms Je ceux dtfqHeb les fechis fru femt fm 
Iftenheareux. Cède cli.uer(itc de CdS^êmceuXiiuMsçeux^znoii^ dpicpoinc 
troubler» & encores moins en François quen autre langue : Car nous ne 
changepnsjQue lar^icle^ n nos declinaifbns, au lieu que les terminaifbns 
dçs noms Grecs & Latins changent en les déclinant. Quand donc nous 
cfônfitferons lés termcis à part, nous les mettrons au cas que les gramma- 
rièns appelleht droit ou nominati^âc èn'Adibe latlgue c'eft cduy qui feul 
dctbûi l'es cas peut eftre exprime (ans artidé: comme en ce(lexemple> 
Qeux tjuifone en lefm Qhrifi, Mais en la propofition entière nous ne lirons 
difficulté de dire, de tous ceuxy ou d tous ceux > ou en tom cemx^A<Mi qml fe- 
ra expédient pour former Ibtaifon. 

^ DeU%edujâ€afidn^ / ' CHAP. XXXIII. 

L S E trouue par fois des conclufions , lefquellcs ne (ont 
pasab£akiësi <kSik dire fimplcs & pures {ans aucune limita- 
tton ou rcHriâiion : mais foi^ Conditionnées ficlimitees, & 
ccfte condition ell exprimée par vne manière de redouble- 
mcncccomme sil tàûc prouucr, ^w/jy a yne fdence Je U iuSHce^ 
entdnt cpitlle cjl honne^ ce mot,entd?tt ijue^dcnote vn redoublement ou rcdu- 
p!ication,qui donne vne certaine condition & limitation àccfte conclu- 
llon, laquelle eft aucunement difficile à analyfcr,pourcc qubutre les trois 
terttïçs du fyUogifmcnous trouuons encores celle reduplication.laqud- 
ietious ne ^aurions coinmenc difpoter , (I Ariftote ne nous Icuft appris 
•en ccft«idroit: C'eft quîl faut ioindrc ccfte reduplication au maieur ex- 
trême, icpropoferay ce fyUogifmc tout entier , lequel lèmbicra vn peu 
^bfçur en noltre langue , dautant que pour mettre le Subiedfcau premier 
4ieu,& r Attribué aâ: fécond» il £iut rcnuerfcr noftre manière déparier 
accouftuniee; Mais pour rendre lelyllogifme en fâ figure , on eft con« 
craint diifer de ccfte tnm^ontion. 

. Dece^iià efibùndy dfcienceentémtipilefihûn, 
. Ldiumce ejl bonne. 

'P-drijudy Je Idiu^txUydÇience emdnt quelle efihomtCj. 
O N diroit en commun langage, i/jr ^ir»r fàenceJe UmSkty Sc non pas 
Je U mfHce ily d fcience. Mais* la tonne du (yllogifine requiert celle diipo- 
fkion^ laquelle (èpouuoit bieitaddoucir enviant de quelque autre ma^ 
niere de parler , mais il ma {èmblé bon de retenir celle cy , à fin que fi 
quelquesfoisle leâcur en trouue de telle,il y foit accouftumc. Qui vou- 
droit parler plus clairement en François, on diroit ainfi: 

Les chofes bonnes f eussent efire reJuites en fcience , entdnt quelles fine bonnes, 
Ld iulfice efi chofe bonne, 

Ld tuBice Jêncfeut efre reJmte en fcience entdnt qûeBe ejl bofme, 
A V demeurant>il ell apparent que celle reduplicadon doit edr e ioin- 
ût àl' Attribue : car qui la mettroit auec le terme metoycn,ce (croit vae 
redite du tout fiiperflue^& fi le (èns feroit du tout ;dtâré, pource que telle 

redup 



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, PRIEVRÇS ANALYTIQVES. iij 

reduplication cft mife pour qualifierrAtcribué, & pour donner à enten- 
dre qu'on ne veut pas dire fimplement que la iuftice puifle eftre réduite 
en fcicnce,mais quelle y peut élire rcdilite entant quelle cft comprilè fous 
le genre du Bien. Quant au Subied , la reduplication ny doit pareille- 
ment eftre adiouftee, pource que le Subicâ: de ccfte conclufion eft /im- 
pie, & ny a que l'Attribue qui foit limite. 

De tjirticle, de là note de la ^ti^ntiU. 
. , . , CHAP. XXXIIIL 

^^^j^^^ L - F AVT auffi prendre garde aux articles. Car ceft autre 
^^ftBra^ choie de dire la yolpfti efllieHi que dire j la yoluptl ejtle bien: 
^SgK^^ pource qucn dilànc la. yoluftéefi ^/f/;, cela ne lignifie autre 
g^^J^^J chol'clinon que la volupté cft vne choie bone:mais quand 
^^BlMMJÊm Q çgji jfieHyCeR arcicle,/p,denote que ceft le fùmerain 
iif;7,de forte que ce petit article change infinirrîét le lêns,& principalemct 
en la langue Grecque. Quant à la noce de la quantité, foie vniucrlèlle ou îitttdtUQHé 
particulière, nous auons veu au liure de l'Interprétation de quelle impor- 
unceelle ert,& comme il&ut prendre de près garde à f«i dilpofition : C^r 
il y a grande dififerencc entre cette propofitioa , Secrètes efi tôupùurs in* 
tetltgible , & ceftc cy, Sûcrates imetligiiù , ep toufioftrs^ Là première cft verita^ 
bie : Car on peut toufiours entendre que iTgnifie ce moc de Socrates^en* 
cores que Socrates ne foie point, Mais-ileft ù\xx dédire que ceft homme, 
qui cft fignific par ce mot de Socrates , foit toufiours. Item j iiy a bien à 
dire entre cefte propofition,7ffirf A^/ww^ efi dnimal^ ou bien T^urhotnme ejl 
tm MmmaLLsL première eft vraye,& l'autre faulTcMais cbft alTez de ramen- 
teuoir cecy brieuement , ayant défia fort amplement difcouru du lieu de 
la note de la quantité, tant en l^tifice des lyllpgiimds , qu'en la doâriiie 
dcsEnonciftions. ' ■ . ■' . ) 

OhfertMtiontamhMt.h demonjhafiofudec^la^ematiquiu* 

GHAP. XXXV. 



Me, 




O I CY ync cîiofe quipourroit;p!â||:cftre,empefcherquel^ 
cun qui yp\iàx'<piit\3is^lyi^^^ 

macique^ ççftqjiul verra q;ue;p^kHrjda£K:pftrér yne^cnk 
ftraçioa yni^cr^éllfiXtf.Qffl^^;^Pltf 
^^^^ ^t^^J^M^JJ^^ 
glc (êhu&le ôcp4p^ble3j^efcbrcje;qi%S|l;i^^ 
vn fit^gufier. MziiÂ.ncù^t^fQji^ 



lours ïon Sùbiccl; vniuerfellemem :Jautremcnc ce ne ferait pas démon- 



Que 



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i<f PREMIER LIVRE DES > 

^HphsfyUoQfmes Topiques fi peumntat^tanaljfer. 

CHAP, XXXVL 

Es ryllogifmes Topiques ou probables fe pcuuent auffi 
biei\ analyfer > tellement aue ii qudcun difpute contre 
vne définition {elon la metnode que nous en verrons au 
fixiemcliurc des Topiques, nous aduifcrons aux termes 
de fès fyllogifines. Mais pour euiter la conâiHon, nous ne 
diipuccrons que dune partie de la définition au coup , comme du genre 
ou de la différence : comme , pour exemple , fi on veut diiputcr contre 
cefte AiifiniûoaiieaueftyTte humidité fotakie y il ne faudra prendre âU coup 
que l'un de ces termes, h jmùde,o\x f arable. Car qui prcndroitla ^cfkmion 
enciei e pour vn des termes de Ton iyllogitxne^il scmbaratTerûit p^f rop. 

^■ 

Comment la ^Uoffjhmhypotheticiues fi do^uerUamljfcr^ ' 

CHAP. XXXIIÏI. 

Vant au:: fyllogiimcs hypothétiques, il a efté cy deuant 
È die qu'ils ne ic pcuuent réduire en figure , pource que leur 
l^f force dépend d'une conccilion ou hypochefe que l'on em- 
prunte , comme il a elle monftrc cy deuant en ceil argu- 
ment de (aindt Paul , Si Çhnft ejî rejufcuéy mus fvfrJcite>ons,][ 
faut donc prendre garde à la preuùe qui fera de ceft Antecedent^CJ&i^ 
efinfufcné, 5: lk^alySr*n cette tbSfoSî'*^' -* ' ' ' ' ' 

Qmconéjue e/l le Mepds promis de 2)ieu p4r tctis fes profhetes, il eprejufcitL 
Or Chrtfi ndyde U Vterge Marie efi-k Mepas fromù de 7)ieH far nus fes fro* 

\pheies* 
"p-arcfuijy Chrifi ep rejitfciti, 
E T sil éft befômg de'prouuer ehcores cefte mincur,nous dirons ainfi, 
Qeluy auquel conuiennent toutes les chofes prédites du Jde^as far les prophètes, 

ceji le MeJSias promis de Vieu. 
Or à lefHs.ChrtJlmt^ delà ifitrge M^arie toutes etschvfes cvmùetment, 
Tarjuoy le fus Chrijî efile MejSias promis de^ieu» 

Ces fyllogifmcs donc , qui ne font plus hypothétiques. Ce pourront 
analyiêr.tant par les reig^s de tartifice des iigures,quepar celle de Tinuen* 
tioh du termcimetoyen : & les trbuuât de ttiilc,nous rie douterons point 
que les hypothétiques rie foyéiït bons i pourt^equcla'connexitcderAn- 
tccedent &c du Côçrfèqucnt cft accordée tellcmct,qae pi'ouuant Rih, l'au- 
tre efl: ceiïu poui/ tcmc prôuué.. Chanta TAbdu^ioti à ritripo(nble,fi elle 
ièiàic pan vn fyllogi&ne hypûthi^âérâ qualifié , céftâ dire qui ne fe puilfe 
reduiAieh A^me)c&fiù^nm^et&ii^^^ rhypochéie em- 

prunteejComm&és^^àmresifyUc^finiéshypbdietiq^^ quant a la con- 
çlofion princi^alâ,dlpeft admiie par rby^hè(èdEt {èroit en vain qubnfè 
trauaiileroit à roduiteeu figiiro v& fyUogifine hypothétique qùaliné. 

^èUreéêâiondesfiff$resdèVHneàl'a$are. 

CHAP. 



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ÇRIEVR.£SvANALYTIC^ES. zij 

•CHAP. XXXVÏJt 

E NEST pas aflèt d'auoir réduit toute braifûti en fyllogi^ 
TmcSc le {yllogifmcen propofitiom,&l€s propofitions.en 
termes^maiailert auflicxpcdiétdc fçauoir^omc vn fyUogi- 
fine dune figure fc peut réduire ta vne âutreitâtppur nous 
exercef en iaru^ce du fyllogifoe,qucpour mieux congnbi- 
ftre la certitude des conclufions,&parfeirelcs fyflogifines,qucnous auonS 
appelles imparfaidts, à fçauoir ceux de la féconde ôc troiùétne figure, en 
icsrcduilânt à lartifice de la première figure, cjui ell: le plus parfaid, dau^ 
tant que le principe que nousauons appelle E^re du de tout & E^-editde 
jw/,fe voidaâruellementen lartifice de ladite figure,c6mc il a elle monftré 
en la première partie de ce Iiure,aulieu qu'il ncll es autres figures qu'en- 
tant quelles fe peuuent réduire à la |)remierc : qui a elle cau(e qu'en; 
parlant de leur artifice, nous auons estb aduercis de ceile redudipiQ. Majlt^ 
icy nous verrons comment touslyU^irmes fe peuuent changes diine fi-; 
gure en vne autre,excepté ^ocarJo de la fecande,$c Sarm de la troi(îemç^ 
refquels,à caufe de la propofition particulière negatrac, qui ne fe peut^ 
conuertir^ ne le peuuent réduire en autre figure,çan;vnae 4{^i<L f*fti^ 
Pk£ M I B.RE MENT douc^quautau iyllogifme vniuerlèL^rin^iÇ^^ ' 

b<p^egdefp 



ne ie peut conclure qucn la première figure. Û neft doric 

trauaiiler aie conuertir en aucune autre , fi ce ncft enly;q|4*Mff ^^^ï*^^^' iietUâièinUk 
lier. M^is laniuerfel négatif de la première figure fe peut réduire à laie- fremitreffurê 
conde,en conucrtifTant vniuerfcUemenc la [^roppfition vniuçrfcUc negarJ ^ ^>wi£, 
tiue, qui eft la maieur. Exemple: ■ . , V 

Ce ^uh de ceux que i>ieu akfôfUinejImt condamnes ^ 
la Xom ceux qui font en lejm Chriffjom dhfom de Dieu, 
rent l>^uh donc de ceux qui font en le fus Qhrijl ne fom condamnes. 
C E^Uogifine de la première figure ie réduira à la fècpnde parla cpn-^ 
ucrfion vniuerfelle de la maieur. 

C c ^uls condamnés ne Çont ah fous de 2)ieUé , , v 

Tom ceux qui font en lefts' Chrijl font.ahfous de 50ieu, ^g^ 
. rc ^HlsdeceuxquifomenleljisQhnJlnefantcondarnnés, , ■ - j 
" S £ M B L A B t. B M B N T aufli la (ccondc lîgurc fe réduit à la^pi;eijiier^ ^^'Zir!^ 
par la meftne conuerfîon voiuerfelle de la negatiue vnruerfelle , u le^)lo- Ufnmm, 
gifine eft en C^y^r*; mais sU eft en {^i<i?/f^y^ il fera befoing» outre ladite 
conuerHoi^ de trapfpo.fèrles popontions^ôc mettre lamineurau lieu de 
lamaieur , d'autant qu^la première .figurepe peut admett;rc,yjie minçujf 
negatiue. Exemple: 

Cam Tous ceux qui ftmt àhfous de leurs, feché^^tnrfaixenuers Dieu, 
cf. , ^ ^idsde ceux qui Jemeurenrenleur>ieil%^dam MWfai^ e^ 
, ÛCS iSi^. donc Je ce JintaiJiufJc 
leurs feckes, ■ ■ ) .a\ . \ 

jC^ppvç^TissAî^T.JaproppÇtion.vni^çrfç^^ ■ . \ - 

pgj^c aj^l^ de la:m«tteur^no^ 



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xis PREMIER LIVRE DES- 

la première figiuc. Vray cft que nous Coticluïons lâ Cônucrfe de la Con- 
clufion , & pourcanc il faudra conucrtir éiicom cefte Cûnuerie en cefte 
force: " ' 

Ce Tou£ceuXiiuimfaktPi»ei^i)imneiemi^ 
h 7%HS ceux qui font aifoMs Je leurs pèches i ont f dix tnuers i>ku- 
renc 'P^rqu^nuhdeceuX^quifimdlfimdeleurifichajnéd^ 
' Vtnt^Jam, Et réciproquement. 

f^uls Je ceux éfui demeurent eh leur vieil yAddm ne Jitft ahfous Je leurs 
feches. 

'Mais lî la mineur du fylIogifiTie de la (êcôûde figure eft particulière 
ilegatiue) il a moyen de faire la rcdudiôn à là première figure, pource 
qu'il a eftc dit que les prôpoficios particulières ftegatiues ne (cpeuuct con- 
ucrtir, & ne fc peuuent aufli trâfpofcr au lieu de la maieur,daucant que'la 
pfemiere figure ne reçoit point de Maicur partiCuliere.Ec pource que Ari- 
itocea troLiuc que ce modeicy , qui sappelle , ne îc peut réduire à 
Ikrcifice de la première figure , il a inuenté vn âucre moyen de monftrcr 

bonté pari'Abdudion à rimpoilible.» donc nous parlerons auliure 
fuyuant. ;i ,^!r-î«*^in-%^^iï^»^ > Ai*». 

j^etU^UitJetd La première figure (c peut aui& changer en la troifieme: &toutfyl- 
^àUnjim^* ' Ibgifine fàiâ: en la première figure le peut réduire à la troifiemc , en con- 
ùerctflàntk mineur affirmatiùe,tant vniuerielle que particuliere^enpàrd- 
. n . T ciiliere âflSrmâtiûe. Car par ceinoycn le terme metoycn tiendra lelieti 
^ ' . dulubiedï en Kinéôc l'autre propoHtion. Et la condunon fera particu- 
* * ' litre; Eieitiplccn^-rf/^-^r^.* 

Bat Tous ceux hâtent Ufdfienceiét^mentUmort^ 
ba T^omlesfùùhdijjentldfafience^ 
ra IDonctoHi les fou dymentld mort. 

C B llogîfme fe réduit en 2)dt^ > en conuertilTant la mineur en par- 
ticulière affirmatiue. 

Da Tous ceux qm haijjem la fdfience dyment U mort* 
ri Quelques ^fm de ceux qui hdijjent la fafiehce^ font fols* 
j Êrgo quelques fols dûment Id moru 

Exemple delareduâioodufècûndmodedebpremier^figuréeÀ 
: latrçyifiettici " ■ ' ' . '. 

. i... ... ^Hulqueteleuxneficmdiàtfdrldfafience, 

" ' ■ la Toi^dmiiàeux ^oktrecuide ejl quereleux, 
'-^'-fent ^àkcmèldmlfituusd'(!^'»mk(^ 
hk fcduâioit cft toute pirdllc qu'au précèdent. 
Fe 'Nul querèUux nejl conjsàt fdrU f^ience, 
ri Quelque quefeteux efi àfiiretmd^e ^ dnAitieÉtx* 
foh Î^MCquelquf dmiitieux oùtrecuideniflfa^Cânduitfdrld p^iencê, 
' L B S autres moÛ€& fe fedtiifent tout demefinei àfçauôir étii>4' 
tj^y bc F^rio en Fer^on* , 
j^edunUm deU ' L À "troificme figure fè tcÂiÏc en la rnefmè martîère i lapfctAiarè-W 
tryfamefgure \icô^^t(ionàt\iiûi^^^ quctout îfyttdsifinc delâbôi&cfe- 

' • " ^ figur 



e 
re 



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t 



PRIEVRFS :^NAtYTÎX5^ES. ■ tt» 

. figure fç peut rapporter z jDar^ on' Ferte deîa |w-chTiérej excepte SocarJû, 
.àcauiè-de (à prppoficion parcicuherc negafciûeVfegiï^le ne fepeut'con- 
ucrtir, coiïinic il a efté dit au chapitre des çoriùcruons. Et qqi conucT:^ 
oroiclaminêur^qui eftvniuerfèlleaffirnladtie, en particulieceaiSrmaciue» 
(comme elle tic . (fe peut conûercir autremeiïr, ) ori nfen pourrakfàirevh 
fyllogifine-auec laditè particulière hcgatiuc;rdïutaÂt quil eft irîipoflîblc 
de rieti eoticluFc de deux proportions particaheres. Ces redirâions font 
;uices,&lai&ray ail lefteûr'afcs prattiquei? for tels exemples qiàlvoudra. edHmvndeU 
La iccoridéfigure fc-feduit àla troififcïhe parla conuerfiondellinc ficondlfi^nrck 
jlDfautre propofitipnjà^aoùir'dè Rmiuerïèllcnegaciûe en vniucrfclleae- Uttêifitm^ 
,gatiac,& de IkfBimatiuc'foirvniuerlelie ou parncu}iere,cn particulicrc af- 
:£iînatiue,dontilfaffiradebnillef TO-exenipc: . ■ ' • » 

Ce l^ulionm€lnagernf 't:enr fis mains eii^Àji0, \ 
(à TûiUforejjeux rient :fts mains en fonfew, • 
re 7^ar^f^oyi7f!/iy4r^Jfeux?tr/hlf9nmeJhageri ' ■■■ - ■ i 

Il Cg cediiic en J enjûfj, 

Fe "Nui tCTfant fes mains en fon feinne/l ion mefnd^'vï 
ri Qmkmttnantjes mams en fon fein efl fayeljeux: 
■ Son- -Quelque farejfettx donc ne^ foi bonmefna^ek' 

A-i y s i ; ie changer^-atriG en f 'mjonj'm tranfpofànt les pro- 

pcfiti^nst-apEes ie^ auciF couemes;âdonieur& coËfctîGtjins>a'(ça'uoir laffir- 
matsue f^icabeieme^,& la iiegadue vnmttS^ïMikt^'ht^I^Jlino Ce ré- 
duira au mefnK modë peuples nierme5^tcmaernohs,fà^ foicbeToing 
d'aucune cranipofîtkm. 

Qjr ANT a 5-ov(»,commffiltie*fe peut réduire à la première Egure, 
auffi ne peut il à la troinemercaril eitimpoàîble de &ire la réduction dU- 
nciîgure àikutreiàns conueriion , delaquelle la particulière ncgatîue eft 
du tout incapable, comme il a efté {buuent répète : & par ce moyen elle 
cmpe^che qpeie^Uog^{hi%yâuqucl dfefe çrôui^^iltife 
figure en vne autre. • ^ • . ^ 

L A troifieme figure fe réduira parles mefmcs conuerfions à la fecon- j^d^sti^^deU 
de. Tcnten les modes qui concluent negatiuement: car la féconde figure troifieme figurt 
.ne- co^iclid point affirmatiuemcnt:Mais Felafton ôc Ferifon fc reduifènt en * W^"'»^* 
Fe^tinô. SocarJoneCc réduit aucunement, pour la railon quia elle dite 
enSar^cû, 

ObJeriuUion touchant les noms infinis & pri»a4ifs. 

<^HAP. XXX'IX. 

O V S finirony ce liùrc par yne obfèruation fore neccflàirc, 
tant pour bien ànalyfe4é!i termes de quelques propofi- 
tions , que pour bietirtoïtendre plufîeurs pailages en maers 
auteurs, ôiijiQUS garder dd mefprendre en certaines maniè- 
res de parler, lefquelles font fi approchantes lune de lautre, 
pn les pourroit prendre lune pour lautre, & les confondre, 

E£ % qui 




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ixo PREM. Liy- DES PRIEV. ANALYT. 
flui ne içrok ^ulae^dfiJt» clî^^cc quil y a entre icellçsicbft <juïl y a dif- 
toenc^ entrc lcs ne^oonsy le$ aoins infinis,& les noms priuatiÊ. La nç-, 
gatiqn aft pUisgepie)t^6^ae W nom infini plus geacxai 

que Jçnqçi pHuatif. ExemfiçiQffCfWjHe efirnuBtefimn iu9^9\0iifmfinfit 

Itc^t^aïq^HtmfifM ti^fbmfifmfêm^n^^ arbre nfcft p$» iuftc, 

Çcrfi nblipas inhiftc poimânt: & vn pmc cn&nt ^^m^xdkfmm^^iCpX 
nfcft pa^pourtant i»«^#:cnçoi:c^ qtâl ne foitpas iuft^v^ <i»,cç mot j». 
py^^n-^kfh.comn^K^^^ ccfte<litfcrcçç fc pcuçciK;c^csïcmar. 
, qacrpar cccy, ccft que dctoutecho^ An mondeii fe pçut dir^e^^^m 
iuBe^ elle rùfi fat mSft ipais il ijieie peut pas dire de toute àio^ ^Ht&tfik\ 
utfh ou nmfic. Car les chofes ùianimees Jcs ammaux defrailbonables, & 
tout ce à quoy U iujIHçe hc peut eftre attribue*^ ne font nyiuftcs ny iniu- 
ftes. Ariftote traiâe cefte matière fon amplement en endroit :Mais 
<&utât qùil en a efté ia parle au liure de Tinterpretation, Ôcqueces noms 
infinis, comme norè^e^ft^hemme, mn^feufle, font de peu dii&ge en no- 
ftre langue, ce bref aducrtiffcmcntfiiffira pour aducrtir celuy qui veut 
cxaftcmcnt analyfer quelque difcours , de fc garder de changer témérai- 
rement les négations en noms priuatifs , ou les noms infinis en priuat£. 
Et finirons icy le premier liure des Analytiques, auquel nous auons 
tcu, comme il faut conftruire le i^'Uogilme, ôc les moyens de 
trouuer les arguments Analytiques , U auffi comme 
tQUteii^odnatiôn toute preaue fe doit nip« 
porter aux figures , ou bien ellç ne 
doit pas eftre receuë poor 
- Analytique. 



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D Ê S: 





fr: 




PRÉFACÉ 

'Près auoir veu lartifice des figuresj'inucrîtiôn dct 
principes de tous fyllogifmcs Analytiques, &: com- 
me cous difcoursfè peuuenc analyfer 6c réduire ée 
fyllogifmes , & fe changer dune figure en vnc au:re: 
il faut maintcnanc apprendre les moyens de iuger 
^ congnoifèffc fi le fyllogiTme, cjuenous aurons Faid, 
ou qui Hé^ièfa 

propose ■ daillÉUrs j fera bon ou 
non, ôe-étt«feïk*pàlItepoa^ en deux 

paroolMlMdft eafeignt le iugâÉi^t Analyti- 

qucidc lafècojâidedlcombfievnrupplefflcnc £rArdfice^u fyltogifine, 
^oarce i^t&lle'trfôAftre commétôtis atg^cïâcs ptittttcnt eftte^ppèfces 
tla ferme ^{ipxic 4u fyllogifme» pour iugcr dtMear vertu 6c valeur. Ot 
comme Urdficé 6&rinuentian doAtnousauonspadé^u liure prccedenc, 
appardene en propre àU partie Analytique denoftre Or^ncàafn &ic le 
iugemet dont nous traideron^preientement. Voibpourquoy quelques 
vns ont mal dluisc Ikrc du difcours enlnuenCtoft ôelugetnesit : Car îi but 
premièrement feparer TAnalytique dkiieclaDialcâiqQe> c6mmenôu^ 
auons faidt des le commencement de ceft Organe, à fi|i de ne confondre 
point l'inuention & le iugement Analytique , auecffiilueDdçéEk..⣠luge-' 
Àamt dcsTopiques ou Dialcâi<)tie# 



PREMIERÊ PAA'ÏXÊ* 

^ Este premfeèé^ti i i M i ^ <tediirifi^«(i^trQis ; 
mçIncAnîdytiqueK&it en trois façoÀit,^ 
chàrtgeanr& diueHIfianc la diipoââdiaïf^ 
Iogi£m€,aa fup|>lcaneccHqm * ' 

EE 5 






/ieuifi 



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s E C ON D L I V R E D ES 

hiierè nianiereilu lug^tnem Atéyécpàit^s f^oo&àoùei^ dbne ckok 
fe qui e'it fort necÈfTaire pour s'en kruir & bien aider : ixfk que pour bien 
iu^er dUn difcours, il£uic crouuer la fource' ôs* pcemier principe de la ve- 
- ricc ou fkufTecc de la cpncluHon quon Teut examiner. Car Ikyanc trouuc, 
nqai iè|jleQa^cleiu|;enienc.enièraplùs &cil&^.fijai&auâf^no^siiug^ 
toùc à^oup ^ tout^e Autc&pend dunetneimo^ofigiii lAibrons 
i«y?^»e'7w" nous donc ces fources de vérité ou feuflèté? nous les trouuerons es fyUo- 
foj^!!!t^tstU» gifi^'ics affirmacifs vniucifels principalctnent- Car ceux là contienncot 
ncnt pUfieurs pluficurs conclufions fous eux dcpend^te^ toutcs dc la vcrité dutime- 
etnchjitMsfim principe : de force que (i je lyllogifme vniuerfêl afifirmatif" eft bon & 
analytique,, lattribuc.de îa concli^fion pourra çftre dcmb^^ftre par vn ni"^ 
fine .argument de tout ce qui fèra contenu, tant fous le.ccmve/nccoyenj 
que fous le,fobie6t dudit iyllogî(mc vniuer(èl,ainfiqiiU appert parccft 
exemple prins de l'Êpiftie de iain^ Paul aux Romn:iains>i;niîl£ûc ce iyl- 
iogifiue xniueriiî: " . , 

Tw cfupc f^font touches en leur dme p4r le, fitinS 4'*^ trt^mdin'ftfiii' 
p»m4^l'Am0urdé2>ieHfnuerse$ix^oncPdix,en^ . 
. Xm <^ ijmfommBifiis fdr fpy fint t9Hchii en lèmémê Jim (r<f<t'ft^m fifHh 
nurude ta/nourdc.T^ieu fmiirs eux. > • 
^drifuoj tous çeuxûui font iuBips[fdrfeymtfénxemêm& . 
D.^ CE iyUogifme en, dépendent plttfieurs autres :;car -{bas fç.téni» 
^ ,0ietoyen. Ceux ^mfont foucké^ ^ ^ y^ww? 8^nt.dmtnfcèrtdmfe^, 

àfnenc de ùumurde 2>ieu.eméers euxjhpoUtc préd p]^{ieu)cs tertne$;comm^ 
Ctux^ui ontenti^e.m ceïlegrdt^e, far. LufuelU mm dtmeurmsjeimes , ^ mm 

glori^ms' en le^fMnade U^oir^ .dt.i)ieH* 
£euxqui(è glor^encen0fff;efiofK 

Ceux di^uelsj<ffrej^nengendre fatienoi, ^ U fdtienct exferience^&^ texfe-^ 

. rience e^erdnçe.^ 
Ceux defyuelsje^erançe ne confond fdint. 

■Tovs ccuxTà, dy-ic, font comprins fous le terme mccoycn deçe 
premier fyllogifine, à fçauoir , ils font touchés en leur dme d'un trejcenainfenti* 
mm-ic de1Di»u€nmn ^ux : tellement que iî cdle première démon* 
ftration eft véritable, ( c.omme-elle iHt à toute efpreuue , car céft la vérité 
* merme, ) il senfiiit que tous ceux cy ont paix enuers Dieu. 

S£MBLAB.L£M£j«T .coucce<|uire peut Comprendre fous le fobieâ 
de laïfnctmê-deiinpâftfationycomm^^ les.imfsm^isJaCem^iMfiélUs 
Crrcsilei^en^ihs ,ks frémçpàf mBifis, & iufqqcs^tuxjubic'fts finguliers, 
. comipp j^nâ:Pij»i;p>i^ Pa(il,,& chaque homme iuftifie , 1' Attribuc;dç 
ikpikfjcpadwfion wiucrfdle conuiendraàxousc^^ Donc^ p»w 
]hjb?n i]4gçr.dctpiit^!e.dî^ faut tomnijemrer jkut fexatnen de cefii 
^i:gn»^jre ^cpqqftraçion vniuecielLe^ac luy appliquer tes intlruments cd^ 
^^^^9^^>^y^9J^^^^^* EtppUcùncpQurcft» boii^jotiquiè 
' . . ' . ; ' il eft 



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PRIEVRES ANALYTJqyES. %ti 

ildlnecciTaiféclecongndiftreqùels fyllôgifincs font les plus Vniucrrds, 
céft à dixe, defquels On peut tirer plus grande fuite de cotifequenccs ; car 
(îictcrmc metoycn diin fyllogiimc j qui en comprend pludeurs autres 
fous foy^eft boti>voila tout vn grand difcoiirs examiné, là où s'il }ie(lt)on . 
& bien ptins, tout ce qui dcpend d'iceluy sen vaà val lëau. 

Or IL ny^a point de doute qti*entretou$ les fyllôgUMes, les vniuëf- t^'^^^^C 
{ck de la première figure > tant ^fmati& que negatih, embraflènc plus fîm^»iitefftUi 
grande lutte de conlèquences que tous les autres: car dautant qu'en 
dite figure 1* Attribué comprend tant le terme metoyen que le (ubieâ 
(comme nous auons veu en làrtifice de ladite figure ) il senfuit que tout 
ce qui fera compris, tant fous le terme mecoyen, que fousle Subieâ^ fe-> 
raaulfi compris fous lemefme Attribué: & par codfequent fepeutprou- 
uerparvn mefmeiyllogifme. Mais il nbtieil pas ditlfi en la féconde figu- 
re, dkutant quen icellc le terme metoyen ncft pas compris foas l'Attri- 
bue, ains au contraire T Attribué eft compris fous le terme metoyen, qui 
cft fon confequent : dont appert que les termes qui ierôyenx prins fous 
ledit metoyen , ne fcroyem pas compris fous l'Attribué, 6i fte fê ponr- 
roycnt aufli demonftrer par le mefine fyUogifme : ains tout ainfi qucft la 

f)retniere figureon ne peut rien prendre lous l'Attribué : dautant quice- 
uycftant plus gênerai que les deux autres, ce qui feroit compris (ous 
luy> pourroit nêltre pas compris fous le terme metoyen, ny fous le Sub- 
ieâ,;pouriè réduire en vn mefine iyllogifineypat la mefme rdfon auflî en 
la féconde figure il tieft pas loifiblede prendre d'autres termes fous le 
metoyen, qui eft au defTus 5c plus gênerai cjuè les deux autres x mais s3 (é, 
tioaue quelques termes fous le iubieâ , il ny a poitit de dbute que ce qui 
auta efte dèmonftrc du Subieâ dufyUogiime delà fe^otlde figure 
^femonftrera aufli de ce qui fera copris fôus iccluy par le mefnieprincipe* 
N ovs chercherons donc les principes & lafourccdêlaveritéou 
feufleté es fyHogifmes vniuerfels:Car ils comprennent vn grand difcoufs 
fous eux, &: principalement ceux delapremiere'figufe. Quant aux parti- 
culiers, Icxamen que nous en ferons ne nous foruira que pour eux. Car ^^^'/«/ffî/fr 
le fubie£t particulier ne compfcd point dkucrei tértnedôusioy,âu moins miifimUme- 
Amiuerfels; Et quant au terme metoyen cïu fyllbgifme particulier dau- "z^" 
tant quïl eft reftrâintà vn &bie£tparûculicr ; àti ne peut non pluspren- ^-J^' (^f'f"- 
drc dkutrey termes fous luy, au n)oins pour les réduire eh vh mefiricfyl- 
logifmc iViùirc cncoresque Ics.dèuj^ prbp.ôfîtidris foyent'vniUerfeUcs, 
comme en ccft exemple; '-:'*• • • '-'-^'^ ' , ' 

Totts ks F^ân^disien U nature defquels îDieu d cûHH^^U ftchiy étjàfèt enuoyi 

Tous les'Frdft^oisi e^U nature dep^Ms S)ieù d^nddhml lé péché \fofk ijfm des 

■' Centdsi- ■; ■ •. 

'î>âht/jùf^i^esyHf^,desCeHtlljiânt " ■ 

Eu tk mineur dcceMo^ciic'fïcSûbi^^ 
culiere cft'attribirc vniuerfelicmenr âu terrhîe rhfctbyêÉl , <^ui tàottftrei cjue 
étendue dudic tkïetôyeneli: tellement reftrainte i i^tfelle hcxcedë point le 

Subieél! 



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w4 SECOND LIVRE DES 

5 ubicd particulier. Puis donc qubn ne peut prendre d'autres termes fous 
le Subiedt particuIicr>moins en prendra on fous le mctoyen, qui le trou- 
uc tellement reltraint audit Subieâ,qml eft compris (bus iceluy^ 

^'^iptt Q^ELovEs vns.jvoyans quAriftote parle icy des fyllogifines qui ■ 
ne tràisie ffos conclucHt pluHeurs chofès , répètent en ceft endroit les Conuerfions des 
propofitions , dont il a cftc parle au commencement du liurc précèdent, 
Jitittu, pource que la Conuerie de chaque propoiition doit eltrc tenue pour 
prouuee,(i cellç dont elle eft conuerie eft prouuee:commepour exemple, 
sil a edé prouué i^ue tout homme e/l émsméd conuerfè cft auflî véritable, à 
f^auoir que ^ueiijue ammaleji homme, & ainfi en toutes proppfidons la 
conuerfe fuit celle dont elle cfl: conuer&j comme nous auons vea : mais, 
fous corredion , ce ncll pas ce dont il s'agit en ceft etxdroit. Car la cou- 
uerfion de la propofition fe fait fans fyllogHme, & pourtant il en a elle 
parlé deuant làrtifice du fyllogifmctMais Ariftote nous a voulu icy don* 
ner ceft aduertifl'emenc , qui cft neceflàire pour bien prattiquér le lugc- 
menc analytique; àfçauoir que nous regardions toujours au premier 
principe , qui fe trouue és fyllogifmes vniucrfels , pource quïceux eftans 
bien examinés , il nous fera trcstacile de fuyure leur progrès , iugcr par 
meihie moyen de tout ce qui iè peut tirer d 'iceux. 

£n combien de manières on peut faire une concbêfion véritable 
far des faux frinci^. CHAP. IL 

* A v T AN T qu'on pourroit pcnfer qu'un fyUogifine eftant . 
conftruic felon les reigics delkrtifice des figures, il ne (croit 
befoing dcn faire autre examen , Ariftote monftre en ceft 
endroit que ce leroit peu de chofedefdites reigles de larti- 
tice,voire & que bien fouuct on sabufcroit aux principes,fî 
on n-i quelques mftrumcts Critiques pour les examiner,Càr bien fouuent 
au lieu dés vrays Antécédents, Confcqucnts & Repugnans, on en prend 
detàux,mais fî probables,quïlfcroit impofliblc de les difcerner d'auecles 
vrays , fans les cfpreuues que nous verrons cy apresrde (orfe que ceft vn 
des beaux fecrets qui (bit cri tout l'Organe , de fçauoir con^noiftrc fi Ici 
terme metdyeneft composé des vrays Con(cquents>Antecedent3,&K.e-. 
pugnans,ôu non. Ceux qui ignorent ce (ècret»fe payent (bugent de éiuf- 
lemonnoye,&:penfàns rc<;cuoir vne bonne raifon, ils embraflcntvnc 
nue pleine de vanité commç Ixion. Ônl ny a rien qui empefche tant de 
difcourir anailytiqucn^ent , qiic iabus quAriftote delcoaure en.ce chapi- 
tre, qui eft, qu'une conclufion véritable fepcut faire par vû faux principe, 

6 mcfmes en larrificc des figurçs : de fortp .que quclquesfois,, combien 
quela conclufion loit vrayc , toutes les deux propofïrionS (crjQtQt fàufics, 
ou lune des deux. Item eu dlçs feront du tout fàuflcs ,,ou en particxom- 
me Ariftotp le mppftre en ceft cndrgit par exemples en toutes les-figurcs, 
ôc en toutes les manières dç conclure en chacune d icelles. Mais iliuffira 
denpropoiervnpûdeux exemples, ^laiffer le fuxplus au lecteur pour 

sexcrcer 




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PRIEVRES^ ANÀLYTlQyES: tiy 

sexercer à la recherche dùn tel abus , à fin ^ de sW garder : Il faut chercher 
les exemples de cecy es efcrits de ceijxrhîfîjuels rctietttténtlà doctrine vc-* 
ricable en leurs conclulîons , mais ils la prouutnt mal , ôc j>âr vn principe 
faux ; tt>mimfaifoyçnt^:Bax qaï dif«mfôycnt'dc rEclipie de là LUrie,èn 
force <}uil5 énmûhaoycntlxKziic^àicUitiOion de la lumidre dd la Lu-» - 
ne, ôc argufticmoyent^pfirj ' j * ^ 

Toutesfiiâ ^ qudntes ^ùily a Eclifp de LwnCi Id bmùeredèU Lmeifitptin* f^xl&'^U»» 

te» ■■- ehtfiêH 

Ergo tomsfok & ftdnres flil^ a, Sclffe Je Lme , U L$m efi frme dt U lié- ^«^,f""*^ 
mère ^Ik reçoit Mé $imL «- . \ 

TovTEs CCS deux .propoficions font faulTcs 3 à fçauoir k Maieur, • ' . . ■} 
pouFce qac guand la Lune eit prriuee de la lumière du Soleil , cela n'ad* 
uient pas paraucune extindion cpi& &ce de la lumière ed la Lune:mais 
ccftparrinterpofidon dclaterre, qui priue la Lune de la. lumière du Sp* 
leil. Ec la Mineur cil auflî fàufTc, pource que quand il y a Eclipfe ce neft 
point que la lumière delaLunefbit eftainte , comme {çauent ceux qui 
ontteu la Théorie des planecces. Et neancmoiris la concluHon eft véri- 
table. Lbxempled'Ariftoteeft plus familier, & cil tel. 
Tûute pierre efi animal. 
T9»t hamme efi de pierrç^, 
^ 2)poc tvttr homme efi' dmmd!, 

Lt s deux propofitions ibnt viâblanent &ttflcs , & neantmoins h 
conclunoà eft treuiraye. Le mcfme Çe peut voir en vn i^llogifiiic nega«* . 
n£ Exemple: : 

T^ul homfne nèfi animdL 
Toute f ierre efi homme. 
7)oncfmSefierre rnfi animal* 
I L peut aduenir auffi que lune des proportions fera Vi:ayei de Ikutre 
£iufIè,comine il fe p eut voir en ceft exemple Êunilien 
Tout ce tjui efi de fera eorfs, 
^1 Tout homme efi de fir, £rg0 

^1 Touthommeacorfs, 

^\ La maieur efl: véritable , la mineur fàuiTe , & k conclufion véritable: si Umitit^Jé 
Mais il faut noter que fi kmaicur eftoic entièrement fauflc, kconciufion ^f*0^J?'^^ 
Diiil ne pourroiteftrc véritable, encore quek mineur le fuft,au moins fi le fyU. t*»r fd^a U 
W\ losifinc eft en la prcnûerefieurc. Exemple: .c$»rLfim ne 

icf\ Tom a$nmalefidefir, • V» U fnm^rê 

Tout homme efi ommaL '^pw*» 
Srgo.tmtthommefifi défier. <■ 
D'avtaiît quek MaieurèH datoutâu(Iê(c(iniitne il appert pât 
kconcrairc, kquelle eft vraye , car nul animal nStft de (èr) encores que la 
Mineur C«>ic vêtitâUeJa çb&clûfioîi toutes^ eft dutàiwâaflciiMais fi la 
Maietir niïft Êiuflè quen parcie,k coaclufioa pourra eftre vraye. Exemples 

FF 7W 



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xK. S^E€:ONn:.liïVR£ DES 

maU U f^Uf celle r^cîn-U: condt^fô;^ eft .yçr itahk» Or 'combien que ic 
naye baulé des exemples quen bathara , fî eft-ceiqueieinefmeiieycdficjrs. 
- ei»ï(f^jy^^.Q^n,tà<toy& yî^,la\c(toclùfî6nnckiffcrapas4cfo 
:oresquelamaieurrokdutoutËiuire.'Ëxempleen,<J!i«^ . .. ..\ 

.--.T^ . ■•_ . 

'Que]^ue chofe Hanche efl neigç^ 



ixtmfh inn Qv^ A N T a la feconde figure , la conclufion peut eftf e verirablc , fok 
"^cÉcttfiMe^ <ï^c to.ùtfes les deux propofjcicdM ifoycnt fauffes , ou fuac ou Jautre , fok 
-yritye tT U qU^lcs foycHt du toucfauffesbu ctiparuc^ainfi qué chacunpouTra vcri- 
^HutctnXj- les mameres dafgumenter en ladke figure. lemc comentew 

^wv. raydètl amenervh &ul exemple^ou toutes les deux propositions Ibnc du- 

«!>ut.'fauflcs. 
i:.- .Tmt arhre ^ammali 
..■ 'NulcheuMn'fffiammaL 
Ergomlcheualnefidfirc^ 
 V T A N T en eft-il en la troKi^e figure > ôc en ameneray vn fèul 
exemple ^ pour monftrer le chemin à ceux qui: voudront exercer à re- 
chercher Ibrreur du&ux principe en coutes'ks maQicrcs dargametits en 
tQUtes ies figures:Car ibitque!t0utesiésdeuxpropoiicions (byent du tout 
Mxem îemU ^^^^^ oucn oaftiC'foit que la to^icur ôu minjeur foie fauffe , la condu-^ 
trnfame^^ iioH^pourraeftre Véritable en la troifiemefigurc. Exemple:;. 
ISlul^gneneJÎMfHfndL 
Tout cffie ejt noir. 

Ergo ejmli^ue choÇe noire neltpas animaL 
. ^ y L& quilappjert quen toutes figures on peut conclure vray par des 
ïaifons du tout feufles> combien plus aifcment prouueroit on le faux par 
4e faux ? Nous auons donc bon befoing de quelque coupelle excellente 
j)our^xaminer les propofitions & Ics^coclufions des lyllogi{mes,à fin de 
«nous garentir de toute fauflecé. Mais fiir tout il faut examiner fbingneu* 
• ïcment les propofitions : Car fi elles font toutes deux vraycs , la conclu- 
iîon-ne pcuteftÉe que véritables eûant trefcertain qubn ne peut proauef 
, le âiuK p^le.vj:ay , encores qubtx pmSe prouuer> aumoins uire iemblanc 
de prouuer le vray par le fiiux. ' Venoh donc aux inftruments Critiquer 
du premier moyen du lugement Analytique : à (çaaoir ceu3È qui exami- 
.; nent la vérité en changeant ôcdiuerfifianc la ditpofition des termes du fyl- 
iogifoie qubn veut examiner: pour quoy feirc Arlftoccpropofc icy qua- 
OJC^nftrumentS'dircouccxcdlcncs. 

'.]:■■ ■ ■; Z\ i ';■ : ' . . -O" r 

' ■ ' CHAP. 



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PRIEVRES ANALYTIQVES. 117 

CHAR Ilf* 

*A V T A N T qifAnftote nous a aduettis deuant^quilfaat 
chercher le Principe > & forigine du vray & du iàux^ es fyU 
logifmes vniuerieb» qui embralTenc planeurs confèqueuts 
J^buseuxjd nous donne en premier lieu vn inftrutnent Cri- 
' ciqu^ qui çft propre principalement poUr examiner leflitJ 
^Ilogiimes viiiuer(cls,qui sap^ellenc frohamn C^rç^déùre^z<\^^t eft de tel** 
le venu , que nous ferons aQeurcs, que le fyliogifme qui endurera cefte 
e(preuue 4 fera vrayement Analytique:^ non kulement naura aucune 
propoficion fàuflc , mais auflî aura fon principe prins des vrays Antécé- 
dents & Confèquents , fans aucun mcflinge de vcrifiniilitude Topique* 
Cz^lïif^rnmtnisz}^f^tC<rdeiùHfrohdtiûnCirc$da^^ quil fauttour- ^t'i^f^'w f"** 

ner & rcniiotfer comme en rond toutes les parties dun difcours Ànalyti- * 
q^c.. Ce qui fait qiiandtous les termes du (yllogidne font tellement 
proportionnes Içs vnf aux autres , quils font tous réciproques mutuelle- 
mentjdeibrtequauec lacoitclufion ficla cot^ueriedune-dcs proportions 
on puific conclure ^utre propontion. Oriiy a deux forces de Cerclci 
ïunparÊiidjôc lautre impar&ia. 

Le cercle parfaiûjdrtl quand non {culemcnt la cùnclufionôt les ç^^i^ 
propofitions,mais^UiflilAsconuerlesdesproppfitionsôcdela conclu- r^'J^» 
iionfèprouuent parle^tçrmes dUn niçfmèfyllogifme, tellement quauec 
trois termes on uit Hx fyllo^ifmes. Il ny à que les excellentes demouftra* 
tions qui puifTent faire ce tour entier : écdautantquclcs dcmonftra^tions 
YDiuerlèlles afiirmatiues ne fe font qu'au premier tnode de la première 
£gare> qu'on appelle .^«cr^irfr^, il £iudra donner auiillexemple de là pro- 
fcation circulaire entière cri 

Le cercle imparfaidbycëfl: quand il faut emprunter quelquçcho- CetcU tm^^t* 
fc par Hypothefc , pour monttrer la rçciprpcation des termes, comme il f**^* 
fc verra par le? exemples. Npus examinerons donc Iciyllpgifmevniucr- 
fd affirmanf que noUs auons proposé çy deuant çn l'Inuentiop Analyti^ 
que,par ce premier Inftrument Critique. Vray eft que pour égaler les cecr 
mes,nous prendrons le Subic^llcplus vi>iuetlcl àc réciproque aacc l'At- 
tribué, comme aufO nous^ons ditau comméncement dece liure quun 
bon Critique doit commencer par l^fyllogifinc leplus vniuerièhpar- 
quoy , au lieu quen l'biueficion Analytique lious cOticluyons ^1^ tvKf les 
Çmals ^fm:fnIeptsChrifi:fm ^l?fi,tffMkf^f.^fH^\'* nç>u$;fioclurons m^in- 

demande pourquoy nous naaons pris le meime Subied en TinuQntjpi^ 
des principes : céft d'4\uàQt5|VLei^rinf^ej(^Ç4pii 4u principe, il fdqii prendre 
Je confcquent du Subieâ; de, ihonllrçr eiiidcttimc^t comme pn^e peut 
diftinguer dàuec le S^ïi^t^b^cè qui eull elle. fprtdtfEd)ç « Cl \c «^onl^uenc 
&leSubicd euirenc.<f^dep4reillé^èftdti4ii,ç. Caronncuftpeufçauoir 
quel d"csdowx<nifl;e(ièj609fequerit4erai4'ç^^^^ Qipnt 
au termeflKtoye^, liow prj?ndrpoSjiçy Icfeliucraii} metojcn , qw.cpi^v 

FF a ftituc 



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1x8 SECOND LIVRE DES 

fticueraxiome,&:rou$ lequel toutes les parties du metoyen entier peu-, 
uent eibe comprifes : Ikppelle metoyen entier tout ce qui eft neceflàire 
jpour lier trefèftrbitcement l'Attribué auccléSubieâi'comttie dieràjsltis 
amplement exposé au premier liurè de la Demonftradon : mais nousne 
y , rbcudilirdns pas icy tout ce quil ùut exprimer |>our conidindrc l'azio- 
itie aàec la conclunôn, & (aire l^Demohllrati^n eciticré>pÀii^e qdece^ 
là feroit trop long. Donc, pour pramqlier noftré Cercle crl-^^^wâcemplt 

tuUiredufia» iresfacileJcMoffifmevniucrlHaffiiTnatif fcrat^: • 

%lMfftm4tif. Premier Mogifinc. / . 

Tous ceux ijUe ^ieu a aifoHsjim dijins dt feehk 
ToHS ceux qm font tn le fus Chrifl, Dieu les aàifom. 
VoncnHsceuxftifintenh^Chrififontdhfousdepechi. * 
Second (yllogifme retiproque. 
S t « E s T E Demonftratiôri cit Analytique^: tous les termes récipro- 
ques ( comme ils doyuent eftre par les reigfes de là Dcmbflftration que 
nous verrons au iiure fuyuant ) nous les tournerons eh cinq fyllogifines: 
d£ premièrement par la concluHon de ce fyllogifmc ^ la conuerk de la 
Mineur nous conclurons là Maieurcn cefte fprte: 
T^iis ceux ^ià font en le fns (^hriji font ahfom dtf eéhi*. 
ToftsceuxijHeDieudahf&HSy^menlefmChnfi, 
ïï>onctomce$ut^ue7)ieuadhfùfis^fdntéAfom defechi*. . 
i ' t Troificmc fyUogifine réciproque. 

fT'ÉM parla tonuerfè delaMàieur du ptemier ^ogiinie auec la 
cûndunôh (que ic prendraypout Mineur) ift-coneloray la mineur dudic 
pftmier^llogirme çn cefte for^^^ 
' '-' \ Tvm ceux 'j^ui^m éAjom de fechiy 7)ieu les a aipm. 
Tpus ceux ijui fint en lejiés Chrîfi font dhfous de feché. 
' Pûi$cf9US ceux'^uijint en lejus rhri^ 

Quacriemt fyllogifinc réciproque, ; 
Item lamaieur du trbifiemc fyllogifine(qui,cftlaconutt<c delà 
Maieur du premier ) fc prouucra par la conclu/ion dudit troiiiemeiyllo* 
gifiiîé auec la cbnucrft de la Mineur,en cefte manière: 

' T^ûUs ceux ^uifone ef^IejSs Qhrif ^ieu les a dhfms: . ; 

.TpusceuxqmfotuayfousdefecbifomenlèfusChfî^» 
\ S>mc t9us ceux fint dèfius de feché2>^ 

Ciiiquîeiticfyllogifme rcciproqua- 
'I.TEM là conùéric de la Mineur du premier ]^llogi(me & prouucra 
^a!t-Ia conclûfion du iècond fyllogiûne auec k Conjienè éc ù Mùosa^ 
tcliefortc: ■- ■ 

Tèus ceux qui fi^t^fous dè péché fint en lefus Chrifil 
iTims^ ceux qutS^ieuddlfius fint aêfius de ptK-ki,-^ ■ 
^ - ' ^onctmceuxijtte^UùÀdifit^fifu - ' 

Sixicnié^iyllogifme rcQproduc, - ' 
F i N A t E M E N la Coniierfc de là Cofvcttiûofi du pnétnieriyDogi- 
fine^iè coiu:iurapar la conduCon du cinqui^t^logimieaaccJaCon- 
- ■ ~ ■ ucrfc 



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PRIEVRE& AN'ALYTIX^ES. tx^ 

ucrfe de fa Mineur en cette manière: 

Tous ceux if m fmt dbjhus de fecht, IDieu les 4 dkjèuù ■ ' "i 

I>ûnctûus ceux ^uifom aèfius Je'fèchéifnt eh lejks Çhriji. 
V o ï 1/À ' comment il hnt examincrjçournof , r^uirer vn fyllogirme 
Vniueriel auant que de le receupir poar ' Analydque» Et celuy où ndu$ 
trouûerons toutes ce$ reciprocatiOiis ,ftc doutons, aucunemehc <juil ne 
foie de fort boa aloy» z • • 

L t'È'> fyHogifmcs vnitièrfëb negâtifi fc mettent au^ au cercle, maià ils fJIïwX^A 
nefoittquûRftultôur pàr&ift. Soicpifinsl^tàéfme-exeiriplc, cnch^n» tmjmf^niucr 
géant l'Attribué en fôn f epugnant,pour feire le fyllôgifme tiegatiC ■ ^^^f^ 

'^■uhéfteuxijti^'^yi^^abfôussnefi ' , u, ■ 

TùtU'ceux ^uifént¥i%!efus^Chr9fiyiieules itakfius. 

^ttr^tiôynuls deceux^uifof^ePffejus Chrijlnefmtconidfnnis 4iefêchï\ ' 
Par kconclunon aeccfyUôgàmtauecU ConuierfèdelaMineurie 
concluray la Maieur. 

tiuls de ceux ^ui font en lefus Qhrifine fm condamnes de ^chi, 

Tousceux jueT>ieu4 abfouSyjontenlefusChrifl. 

Voncnuls de ceux tjtée T>ieu'a abjous ne Jone condamnés dépêche. 
Geste première efjyreuue fuccedc fort bien : mais ie ne puis pâflcr 
outre tcarie ne puis conclure la Mineur de mon premier iyllogifme par 
la Conduâon & la Maieur : d'^ui^iu quelles font toutes deux nf|fiwiies. J^^'^' '"'^f^ 

TovTEsFoiîi àfin de màftftrcr quc ccftcMinc^^ 
cre(dfcir0îctemen£^ee aiîbclesdeti9e negatiuesv:^f^ot<i4inuem ' 
çon de Cercles qui) appelle impa^â, pource qtÂl faut Emprunter queU 
que chofè par hypotnefè > hors lesterttîcs du jyllc^girmè proposé; Car . 
voyant quiteft impofliblc de conclure ccffc Mîûelir affirmatiue par la 
Conclufîôn , àuec h: Conuerie de \i Maieur , comme il a au Cercle 
parÉii£fc,Kinc &: l'autre eftant n6gaTkje> il change ces ncgatîuès cti affirma* 
ciuÀi(aQ^ aucunement illterer le fens,ôî&rain(t fôn^Cercle: - ' ' syUt^ifmeem 

3)e ms ceux defjuels on fem dire qùils ne (ont f^me ctnddmnis diftchi^ pn 
fem dtre-aujà'heeè^airement ifiie ÏÏ)ieu les a akfous, ■• 

Or de tàHs ceux<jm^ eh Jefue Cln^^ùn'festt din m fint fmt tùnda- 

■ ■*)més de fechi, ' ^ • ■ ^ 

î))>Éi: de tâiis ceMc fdfmt enlejk'ChriJî mfet^d^ ^Ar t>ΣU les a difouL 

Ce iyllogifme ett hypothétique , &fàiaàla âiçôte-dés fyîlog^et 
Topiques touce^ls il •approche' foVt près de l'a^tfe £gori^ r car il y a 
trois termes & trois kitèi-u^lcs, cfeft ^^re trois pr©pôî|tio«8, au Mèù que 
les hypothétiques^ dont nous auons^pa^ cy deus&it i titn ont <}ué iieux: 
& p^ôttrtiarit Ariftbté a db'nné yh hom paftii^l^ 
firitti'«e1kppelleO^^i^>0^ié^ 

que , tant y a qmt # ttoH^ t^tîitf VOÎkttie le' fj^églfiik ^tégôrique ou 
figure. ■■^*""-'- ■ ^. ■'■y'./^^ ^ ■ 

L B fyilogiCnc particulier affiriîlaÉif 'ae peut Ôàflf <ju\tn feul toiir pat-- 

FF 3 hiù 



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»,o SECOND LIVRE DES 



. : Êiid. Exemple: 
^â^Z'Ei '^^^ ^^^^ 1^ ' dirons, font dtfôm iefeàL 
i^ifmtMrric» Quelques Fran^eifi jônt dh^m de Dieih 
t»U ^ ^»nc quelques Fran^0k [ont ahfùm Je fechi 
PlHTt. L A Mineur Te peut conclure par vn cercle par&iâ en cefte force: 

TmcemcqmfontéiÇ^m iefeaiKÇ9mdjfÇ9miê^ieu, ■ 
Quelques François fent dhjom de fexhi, j 
Quelques Frdnçûû font dbfiits de î)ieu* ' 
Mais la Msûeur , ( dàucanc qiûlle eft vniuerfcUe ) ne & peut coodu- 
re par la côciuflon fie là Mincurjefquelles font touces deux particulières, 
itpartûuhtr fyUogifînc particulier négatif ne peut endurer le tour en aucune 

négatif ne fe manière, pourcc que U Maieur> qui c(l vniuerièUe,ne fe peut prouuer par 
^'^U cCrA*/ Mineu r ôc la conclufion qui font particulières, ny la Mineur,qui eft at 
nâtt p4r U Cet' firmatiue, par la Maiçur la conclunoa, qui font negaciues,n ce nbftoit 
tUtmfotfuâ, çnvfànt delà probation hypothétique ficimparfaifte. Exemple: 
Isluls de ceux que 7)ieu d 4h fous ne fom conddmnés de f eché. 
Quelques François jont dhfotts de %>ieu. ' 
2)onc quelques Frdnçoù ne font foint conddmnis de feche. 
Le Gerclc imparfàiâ: le fera en cefte forte: 
Ve quelques yns de ceux, defquèlsônfem dire quils ne font f oint tmJdmnis de 

fêchéiilfefeut du^dié^qucïï)ieule^ddhfou5. 
Or m fent m de melques Frdnçoiti qiiils ne fontf^ine epnddtmtis Je fechL 
D^onfenc dire de quelques Frdnfôiéqm2)iei0ksdiéfi^ 
TnUthn ck- La probation CkcuUite.a lieu aum en la (ècpnde figure. Et par icdk 
'^ifJt'-imuer' examinera tant les Mogifines vniuericls , qqele^ particuliers decefte 
fcl négatif en figurc. Excmplc du fyllogiunevniuerfcl: ' . 
UftcMdefiH- Tous cewcquijh^dijim de feche entfdijcenuers pieté* 

^ ^ids de ceux qm demeurem en le$tr yieU ^ddm mntf dix enuers 2)ieu* . . 
2?onc nuls de ceux qui demeurent en let4r vieil ^ddm ne fintdbjim de fechi 

. Par UCk>huerièdeUMaieuraueckcohclui)onieconciuray iaMi- 

neu r en cefte mefine forte: " 

Tous ceux qm ont f dix entiers Dieu fontdljom dè fechL 
. T^^.deuuxépHdeme^emenUur^dedJkddmnefontdlffom de^che, 

Voncmds de ceux qui demeurent en leur vieil t^ddmnontf dix enstefs Pieu, 
Mais filisxcmplç proposé eftoit en C eCtre , cfcft à dire que la Maicur 
fuft n^atiue» la reciprocaàon ferpit la première figure, npii pas. en 
la fécondé. Exempfe: . 

3^0k ie teux if^fint'^nddmnés de fàcki mntfdix emêers 7>ieH» . - . 
. } TIm çeux quifim^ hftés Chrtjl. omp4x emêers 3?iem> ■ - 1 . 

T^^nc méls deScfSfsç, qm pnt en lefiff Chrifine fenticonddmnis de feckL 1 . • . [ 
Par U'Concljt^n&lacoQiifîrredfîlaMineurQniiecond 
teâement k Mafe^^vinais (à cpnitef : $c le fyllo^ibie de cefte recipi:s>r 
catioafè trouuera en I4 première fi^re^ en coÂe fortç; ' 7 

'Nuls de ceux qui Jont en lefm Qhrtjl ne font conddmtUs de fiche. 
Tmmx.fiimifdk mêers^k^$pi»tenlefiis(^hrifi*' 



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P R I E y RE S A N A t y T I QV E S. xi\ 

&reiçiproquemenc,- . - , ■ . ' ;':v- - ■ .r 

Cëstb prob^iQH, Circulaire s'appelle atiilî imparfaiâe , dautant 
qu^ll£^chq.ngedeiîgpre> &ne conclua^pas difeâeQ3entce.4)ii!ilfàut con* 
clarcvaiûsa>.Qfo.ifV.dWneconu«ïpftbn. ' • 

A N T aux fyllogifmes j)articulièf s de cé^ figure > poiircv que hi- frftdth» 
ncdps|)rpppfiuoî>*^v'nittcjMjç,*ô£laut« cft euide&c que "^/'^f^ 

fumuolelknepoiiirr^ particulière Jiierse»U/h 

negaciue fe peut dcmonftrer par vn cercle parfàid : commeypour exemy caàde^Kn. 
pleja mineur <(k-ce^Uôgifine» qui êft parciciilieré negatiue^ièpourra 
circuler. 

Tom ceux ijuiftaudijim Je fechi 9mféix enuers %)ieu* 

QutlijHts Centib mnefas fdix enuçrs ^iesh ■ 

Vonc /quelques Gentils ne font pas a^feus de fechL 

Par la conuorre de la maîeur auec la conclu/ion > la mineur, qui eft 
particulière &: negatiue^ (c prouue en la mcfîne figure. 
Tom ceux /jui ont faix enuers T>ieu font ahfons de fechi. 
Quelques Çennls ne font f as ahfom de fechL 
Vont quelques Cemtls nont fds f dix enuers T>ieu. 

Mais fi la maieur eftoic negaciue,la probation circulaire fe pour-» 
rcic faire en la mefmç figure , maiielle fe fera par le cercle<in^ar&iâ> en 
cmpruntaut quelque.chotehors le fyUogifme proposé; Exemple: 

j:^ubcondamMsJefeche'nefrmdlff9Usdf2)ie$0,., 

Quehpfes Juifs fintatjius Je 2)ieM. 

'^onc 4jUfl^s luifs ne font f9m condamnes defeehL 

N £ pouuant faire le cercle par&iâ , on s'aydora de rimpatËûA par le 
fyUogifine que nous auons appelle Comme fartroisi en cefte force: . 

Ceux dont quelques y^ns ne font fointcênddmnisdt fedfi y quelques "ms Je ceux 
lafontahfous JeDieu, 

Orejl'il que quelques Juifs ne fintf oint coffJdmnis Je fechéi 
■ 7 onc queLjues Juifs font aifous de fechi. 

O N s E lert aufli du Cercle en la troifieme fieure, mais non pas tôuC oçUpnUnti^ 
lours: \Z^x4ara^ en premier lieu ne sy peut aucunement accommoder, tnifamt'^w 
ny />/<<yjf(?»aufli 3pource que les deux propoficions font yninerf^les en 
liin & en lautre > & ne (è peuuent prouver en c^ile figure ^ où la cbnclu- 
iion eâ toufiours particulière. Mais e/r/^joMÊr fè peuc circuler. Ëxenipk: 

Quelques V«jr de ceux que Z>.ieu a ahfom font ijjiu des CemUs* 
: T^m ceux que jPitM dhfous fontahjiuf defeché* 

Donc quelques yns de ceux qmfont aifius de fechi font iffus Jes ÇeHtils. » 

P A R la conclufion 6c la conueriè de la Mineur on prouuera la Ma- 
ieur en la mefme figure. ^ , , , - 

Qùflqùes y^ns Je Ceux qui font dhjous de feêji fintijfùs Jes Çentils^ ' ' 

Tflw iêux qmfiintalfjous Je feche 7)ieu les dhfnus. ' 

%>^nc quelques \ns Je ceax que Dieu a ahfous Jineijjus Jes Cemils» 
' Maii 



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>3i SECOND LIVRE DES 

Mais la circulation du jfyllogi&ieen î)atTfi ^ ne {èra pas H parâiâe: 
Car elle hc fe fait pas en ccftc mcfîne figure, ains en lapremicre , Içauoir 
eft en ïï)arij , & ©utre k fyllogifmc , il Êiut prendre la conucrlè de la con- 
dufion pour achcuerbprobation circulaire. Exemple: 

Tous ceux^nU Mmre JeJ^uels VUtf^i cvnJdtM^ k ffmtjimvtifi^ 

Quejifues ym de ceux^n U ndture depjuéls Dieu d condamné le feclréfint Imp. 

2?tf»r ^l^ttes vntdes luifs fiï^ dhf&us deftéiL 

P A R la coouetfè delà M^eur auec la concluflôn^ on conclud la con- 
tierfedelaMineuTitcllement qmlfàucencoresvne coiiueriionpourache- 
licrlcCercic ■ 

' Tous ceucc /fm font ahfoHS de f ecki î)û» 4 tonidmne k ftcln en le$tr nétwti. 
Quelques Jmfs font 4ppus de fechL 

Doncijuelefues Imfsfmttels^ue jDieuét condamné Je feché en leurnature. 

reciprojquemenc par la conuerfion , Quelques ims Jeceux^ en Undtm 
Jepjiéels T>ieU d condamné le fe^jt^ font luifs» 

Le syllogisme en ^(^rW^ fe peut circuler par vn Cercle par&id, 
pour conclure là Maieur par fa concludon, & la conucrfè de fa Mineur. 
Exemple: 

Quelques yns de ceux que IDieu d dljius ne fontPasiffus des Çentils* 
Totés ceux que 2>ieu d dbfousfom ahfous de Péchés 

2>onc quelques V»J de ceux qui font dhfom de fechént font fas ijfus des Gentils, 
L E Cercle ie £dc en la meune figure p our conclure k Maieur. 

Quelques l^ns de ceux tfuifont aijous de péché ne font fas Iffus des Gentils, 

Tûus ceux qui fom aifous de pecné^ieu les d dbfms* 

3)on!cquelques V»x de cemc^ que Dieu d dhfw^ font jas '^m des Centils* 

Mais cixFerifin le Cercle na point de lieu , fi ce nîeft par vne proba- 
tion imparfàfâe & hypothétique» Exemple: 

^uls de ceuxique Dieu d-difius nefintconddmnés* 

Quelques yns de ceux que Dieu â dkfâus fontlmfs* 

Donc quelques >ns des Juifs ne font f as condamnés. 

Ie NB puis conclure la Mineur, qui eftafSrniatiue>par la conclu/îon 
& la conueriè de la Maieur, qui font toutes deux negatiue5:maisi*ufe 
dune probation hypothétique, qui a trois interualles en cefte forte: 

Çeux dont quelques "vns ne font feint conddmnis dt fethi » qutlqmes yns Vieeux 
fint aifous de Dieu^ 
. Quelques yns des Juifs ne font fas tendamnis de fechf* 

Denc quelques >ns des Juififont dkfous de Dieu. Et réciproquement» 

Quelques y^s de ceux que Dieu d atfous font Juifs. 

C B cercle , quelque impar&itî^ quil fbit, monftrc la connezitc qui eft 
cntretoiis lestermes decciyllogiime. 

Du fécond inîirmm£* Cmqtêe^ipéi see^eBe ^tAmifirophe 
êHObmrfion^ CHAP. Il I L 



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PRIEVRES ÀNALYTIQVES. ^5 

£ SECOND Itiftrumenc Critique poifr examiner lesdi*. 
Icours Analyti<jues,a vne vertu admirable pour rcdrc la ve- 
nté delà fàuflè ce trefeuidcnte. Ceilinftrumenc eft appelle ^tifiNfi^ 
Anciftrophc en Grecv ou Obucrfion en Latin, parvne trefl 
belle métaphore. Car comme les mariniers appellent An- 
ciih'opheou ObuerHon ouand ils tournent leurs vaifleaux depouppe à 

f)rouë>& changent les voiles tout à Toppofite, ainG ceft examen fè fait par 
bppofite de la conclufion du (yllogirme qu'on veuc examiner auec lune 
deies proportions pour conclureK>ppontc delkutre prûpoHtioa Voy- 
lace qu'on appelle Obuerfion ou Antiftrophe en l'Organe^pource quon 
jprend le contrepied de la conclufion prôpoice. Que u la condufion du 
fyllogifme de T Antiftrophe fe trouue véritable, cela monftre que la pro* 
pofitiondu (yUogifme qu'on examine , quied oppofite à ladite con- 
cluAoni eftfàuflTe : &au ,contraire>(i ladite conclufion Ce trouue fiiuflèi la 

f)ropofition oppofite fera vraye par ncceflitc. Ceft inftrument eft excel- 
ent pour iuger des iyllogifines vniuerfèls ôc neceflàires » comme des D^^ 
monftrations de Théologie* & Mathématique. 

Or. rAntiftrophefcfeitendeuxmanicresjàiçauoirouparlbppofi- jif^g'^^j^ 
tion concradiâoire, en oppolant les propoficions vniuerfelles aux pani* mMUns, 
,cuJieres» 6c les particulières aux vniuerlèUes , ou par Toppofition contrai- 
re , en oppofànt les vniuerfelles aux vniuerfelles , & les particulières aux 
particulières. Par Ibppofition contradidioire , on iuge certainement de 
toutes propofitions,tantnecciIàires & abfi)luçSi que contingentes, pour- 
ce que deux contradiâoires ne peuuent ianuis eftre ny cnkmble venta- ^ 
bleSy ny cnfèmble ^iilTes, ains toufiours lùne eft fàuflç & l'autre vr;^e , en 
<]ue!que matière que ce Toit : mais par Ibppofition contraire oh ne peut 
iuger dime propofition contingente, comme ainfi (bit que deux propo- 
ficions contraires peuuent eftre enfèmblc âuflèsen matière contingente: 
mais on iugera feuremcnt d'une propofition necefTaire 6c abfi>luë , pour- 
ce quen ces matières Ibppofition contraire a pareille forcequc la con- 
traaiâoire ,xomme il a eilé dit au liui-e de llnterpretation. Il faut donc 
donner exemple de TAntiftrophe en toutes les figures , 6c voir comme 
elle fêÊutjtant par Ibppofition contraire,que par la contradictoire. 

P o y R commencer par la première figure, nous reprendrons Icxem- Dtt^eijht»^ 
pie de théologie que nous auons mis cy deuant en Tlnuention des prin- ff^y» U fn* 
cipcs des fyllogifines Analytiques : car,commc celuy qui veut affiner fon "^'/jS-"- 
or , prend bien la peine de le raire fondre par fcpt fois : ainfi celuy qui eft ' 
defireux dâcquerir vne fcience folide , 6c en laquelle il puifTe entièrement 
acquicker , ne fe doit iamais laflèr de tourner 6c virer iês arguments > 61 v , 
les cfplnchei; e|i toutes les fiiçons quil eft po<Sble. Ctm qui dédaignent 
cefte peiiie , en font punis comme ils méritent : car au lieu dbftrc vraye- 
nient fçauans^ ils (ont mifcrables opinateurs toute leur vie. Or la (cience 
n'eft que pour ceux qui ont la patience de (bnderla vérité iu(ques àa 
•fonds de (on puits : Ce quiTe&it en examinant vn fyllogifine par toutes ' 
les ei^reuues de nos inflxumencs Critiquesy la répétition defquelles (em-- 

G G bler» 



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154 SECOND LIVRE DES 

blera peut dire malpkifàntc à ceux qui ne fçauent.pas combien il eA aifë 
de fe trom per au ion 6c au ^oids dune raifon > Se combien il eft difficile 
de dilcerner ce qui eft feulement vrayfemblable dkuec ce qui eft du tout 
vray. Mais ceux qui cerchent la icience par&i6):e dcimmuable^prendront 
vn (ingulicr plainr ( ainfi queictpere } en la prattique de ces Inftruments^ 
& Ikyanc vne fois acquife^ils en receuroncvnevtilité incroyable, ioit 
pouriuger des efcrits dkuccuy» (bit auiG pour pcfer leurs difcottrs, à fin 
dên eftrc àfTeurés auant que de les mettre en aoant. Donc le fyihogifine 
vniuerfèl afSrmatif» quenous c^rouuerons parrAndftrophe ouObuèr-. 
fion, fera tel: , 
syiït^ifme-yM- ^"^^ ceuXytn U nature depjueb ïï>'m a conddmné U feché» étfM emtoyi finfbf 

En la namn de »«f ceux qm fonr en leftts Qhrifl 2)ietf a cmdétmm le fechL 
^onc rff/fs ceux ejuifonren le fus Chrififont dhjoHS de feche. 
Si QVELCVN vouloit nier qi5e ceft argument fùft Analytique 
6i prins des vrays principes de la Théologie , ie m^ puis ayder de TOb- 
, uerfion ou Antiftrophe en quatre manières: premierement-parla Ma- 
leur & la contraire de laconcluiion de ce fyllogiune, ie concluray la con- 
traire de fa Mineur en QdmeShes. 
PremierjjU»' '^^^ ceux^en Undture defquels 3)ieu a condamne le feche» ajfantemt^éfin^ 
rgijme •yutrjif. jontdbfous de feckL 

'Rulsde ceux ^ font en lefis Chrifi ne jônt abfoue de fechi, 
. Tarauéy nuls de ceux am font en le fus fhnfinefintde ceux enla ndtmt defanth 

: ^ .V o ^ A N T ce (yllogifine de rAntiftrojdie C\ tresfàux & fi rcpugnanc 
* à laidodtrine de la TheoIogie,ie congnoypar là que mon fyUogtune vni- 
' uerilcl aflîrmatifeft creiànaly tique, & que fa raifon eft priniedesvrays An- 
:tecedents ôcCon^^uents du Stibieâ; & de l'Attribue. Maisie ne me 
contente point de ceft eiTî^yains comme par cefte première e^rcuue, 
conclu d la contraire de la mineur de mon lyllogifmc , icn feray vne ic- 
conde pour conclure la contradiâ:oire de (a maieur. Ce qui iè fera par 
la contraire de fà condufion auecfà mineur : & Ikrgument lera eafc^ 
lapton^ 

setêiU JyUtfi- ^t*ls de ceux aui fine en lefrt Chrifine fme aifius de fechL 
fmt»tntrfif En lanature detomceuxquifomenlefmQhrifi^ieuactndanmi Irfecbuée^^ 
enueyifonfils, Parquoy 
Q^tl^ues yhs de ceux » em la ndture dej^ls 2)iei$ a cmJoffmé le fechf^e Jim 

fasahfousdefechi. 

Il nb fè peut rien imaginer de plus £tuxqae cette condofion: Car 
-elle contredit a ceft Axiome ure&agablede Théologie, qui ^ cjuemr 
^.ïï>ie»aahfrMsf<m^fmdefechi^ \ 

Cbs deux Andftrophesibnc&tâesparlbppofitioa contraire; A^cn 

{)eutencorcs Élire deux antres par Ibppofition contradiâoire. Car par 
aMaieur auecl^ contradiâoite delà coociufîoa duiyllo^fine propofî^ 
ie cbnclaray U conusutiâoi^eule ià nlineut en 3mw€9. tem par la con- 

tradi 



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PRIEVRiE.$ ANALYTIQYES. 2.$$ 

màiEt^kc, de 1^ cohdu(^|idecç 9içfiq^^llogi{aie.|>rc^<>sé at}eç.& Mi« 
neur. le concluray là contradiâoire dct ia Maiegr ^^im/r. ^t4n 
toutfls àes &<;oiis les I^Uçgiimes obucrfîfs (ê trocmeroac ces&ux : qapy 
voyant ie fuis alTeuré que mon fyllogirmc vniuerièt^ifiiin^dfeft p:da 
lytique. le Ujitimy au IjE^^r à dtdOfer. de luy mefine ces deux derniers 
fyllogilmës obucrHÊ. 

P R ATT lAy o N maiwnant noftre Aiitifirophe âaivn ^Uôgifine vnî- 
uerfri {négatif de là f^rjchiiere figure. £t pournxcinfl:^ en combiéiide. 
forces vfi ar^meiiç, pe^c eïlrçrcnqersc «^reprencua iwôrc mefine eteoQr 
plcj en changeant l'Accribiié en Ton k.cpugnanc>cofnrae nous auons faiél 
en rinuencion des principes. Donc noftre vniuerfel négatif (èra tel: 

'Nuls Je ee$$Xf €» U nstur^ dèfjueh 2)ieMd muUmni ie ftmi » étfétm imt^fin sjMme'^^U 

Tous ceux éjui font en lefus Çhrifi2>ieM 4 WfJdmnt Ufeché en kur jmurt^dnt ^ttnf^"* 

î)m: nuls 4e cejàx ,jjui fine in lefm Çhrifi^ 1 ne fim Ç9nd4mnis fpmr lemfe-- 
chés^ 

I& ,&ray eoucaUcàntdciyllpgiftnes obuei^ pourex;|nfuner les.pro* 
poritions de cèiluy-cy,que iay ùiâ pour le precea^. Premièrement par 
la Maietir de mon fylio^^gnei auec la coi|traire de fà coaclufîon , ie rcn- 
Bdlcray fz Mineur^ Cefére^dc tobûerîif ièra tel: 

fluls de ceux,en U ruuwre defjuels 7)ieu d comUmné le fedfi | ^nntemiêjifin ^f^'^^^J 
filsinefimçon4dmpisf09^lçutsfedlls.^: . (ÏA 

T$0èt ceux^fiMenl^s.Çfn^ fmet^^ :DoiSic ' 

Je ceux amfifu en Jefm Qhriflne fini[^ux en, Un^nm JffyiKlsi *J>ie0 d 
cêmJdmnilefeckiét^enueyififfils^ 

It£ M par la contraire de la concluHon de tnon ^Ilogifîne vniuerfèl 
négatif* auec {à mineur^ lie renuerièray, ia maieur en I>sr4fti en cefte iojrtc: 

Tous ceiéx qui fins en lefus Chrijitfont cenJéSmnés feur leurs fechis. . /'^jl2!fl!^'* 

Tous ceux ijui font enl^m (%rfflS>te»4<mildmnékfeéien teurnétmr^étne 
emifiyé fin fils, Parquoy \ 

QueLjues y^ns Je ceux > en U nétmre JeJ^uels jDieu d cvnJdhmiU feche^ 4tf4nt 
. enuejff fin fils, fi^çe^f^mnésfp^rJm&feçhé^ 

1 1 E M par k Mûeuc de mon fyUogi&ne voiueiièl n«gati£s^uec U cdn- 
tradiâoire de (à cqnçiufion» ie coaçlji^iisqpda coiiçMij^pire <fe iàiiÂM^r 
t3xFe0me. Et finalement par la. coQtrt^Uâpire 4e.|ar|B09fiufipn 4^pe||}c« 
ùac fyUogiiîne auec ^ mioeur iç v^mp^CK^yi^ Pî^aièpir. 2>iptm^^. Uiçi:» 
é& i cbaçup de drg(^ c^ deux def-niers fyUQgij(p)^ ç^erS^. > n( 
donc que tout ce que ie conclu par]*ARâlïrppne^A$l'«^9x»iSt rfpp4gàjic 
aak briàeip^.de T'heiolp^i:>ie luis a>(^L^ ^cei^ilft^^VjQiiiqd^e» 
gatifeft'CrjefwalytiqttîÇv-:/;.. . ; 'iî-i' J ^ ■'''■•v/ r: 

I«Bsifytbgiunie?.pft«ti4uliers àthfmakx^fiffmi^ 
négatifs , fe pourroyent aufli ezapainerfac TAnciilMpbie;» a i^o^.par 
foppofition contra.4»%pit:e icuUlOP««c»4^oppai^ 
xnenc ÏAsmS^oplhcjimm nuUe.y^fMA^t Jic poi^E^ rjt niierlf r^ji line 



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z.y<î S EJCOND LTV RES DES 

ny^âi^r^jpFopofiïidïi. Soit pris pour "é^ftmple ce - ^Mogifine pamcuber 
afl&fe^cirdelàprcmierc*figurc: ; u 

Donc quelijsus Imfs font édfim de fechL ' ' ' ' ; 

ûatf 4'A!frtiftrophê ^ kiconôrâldiélion. Car parla cbnçmaiâQwe <je U 
ct^tofi^datibclk^^itfAir>ph'c^ la c(>ncra4iâoire<ie'laiàaieur 

^Jhteiéntyfy:- p^ië nature de ijtéètai$ei li^S'^iè$k^ eMamrU le feéfti^étfémt eméeyejon fis, 

ifueLjues tms' Je ceux , en /rf-*i**0nr defj»els\2>ieu a cânJanfne tefecki^ 

Item par la Maieur du iyllogiune propofé auccla cotitraditiéhMre de 
fexîphcKifioiï, orf eè^lutâvia' cdirtradidtoîre d<S^fà Mirtcur-cn CâmtSresy 
en ceftc manière: ' - 

jff jyBoçi- *^^^> '^^ hatkré^^epjkels pieù Jt- cm^nmé lè fédmi^t^ént enmyi^jon fis» 

finc9hHcrJif {ifint ^kfius de fecf^r.' '■ 'i M- 

'i-T^ulsJuipnejimt-difiufdefecI^^^ 

"Nids Imfs ne fontdecefàX\enlki§kâ^rè'étf^ feàfi^a^m 

L A Ëluflecé de ces iyllogifmes '^i>ùerfiê ,'ltt5iÀftrela venté de'^pftre 

é^^^irfjh» pfi^.'^licraflSrmi^ii; Maià.pâr'teppôfticm W^ 



-i.c'- -il..- 



: ^éus-c'èûxy en là nature def^uA -pkk d condamni le ^thi^^dm em/oyéjin fkr 
) font dhfoùs de féchk ■ . - • - ■ . . . .^-ï . . 

'' Qn^iillùesNifsHtf^^ -Dôftc 

En U nature de quelques lutfs Dieu rèt f m cônâamni Upechè Oiam mèûyefm 

C E S T E conclufion , dy-i«s wc^remicrfe iutuncment U itîiiîeur du 
^togffiiiépropla^é, iÉÀl¥ibicn-<|(fé^itiy foit^ôhffaire'îpôiir^^è iiux 
pfdpôriHohs pàrfkikteï*» cWïli^àWésJeeirâ deûâTVfiiycsî 
véYciiAktntc&^^t^ kfithi w 

iiÀdèur^déyuelj$k^f^':U^àHm de dkequb'^/n» nUfa^'t^nJ^^ 
^^fi^enÙnÀtèédi^^^^ 




imppillble dën venir à bouc par tbppondonconcràlt^^ « poâ^4:]^«toa^ 
ni - OO ' défia 



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PRIEVRIS ANALyXIQVES: 137 
defi^ eftadit en laitifice des figures , qtie ckinc particulières ne concluent 
rien, - i 

L> NT i 53r»OPHE.dw fyllogifinepafdjcùUçr. négatif fera tout de 
m^faic^jà i^uoil- par foppouciô coi^^âdiâoire-Carparfàmaieurauec la 
contradiâoire de ùt concluHon on renuerfèra fa mineur en Cefdrr.'Sx.i^^ 
lâ.eQanadi<itoùe.de fâconclufion aueC'&i^niikuriojtijfënuerièraiànuicur 
taPdttJi, Or ces exemples monfaenç que fobuerlion des (yllogiCmes de snjneiUfgm^ 
la première figure {p^rtouiiour? en ia fccoodct ouiroKiemc figure, à ^^-a^'lj^^fi 
içauciren ,U féconde, pour rcnuerfer lamineur , & «n.k croifiemcy pour u^fmL ^ u 
rcnucrfer la jnaieuj:. Goàcua prendra tel exemple <juïl luy plaira poiir sVx- frcmiere 
erceren lu{àgedeceftlnftrument,fc fouuenant que pour eQ>rôûuetvn 
difcotu^iufijuesau bout^ il le .iàu^pàflTpr par toulcçsinllnimencs.'Çmi- 
queSf Ouoy ^ue.celafembkennuyeuxt,ôckfairecafktpâiâiBrmacii;ranco{l 
' negauC t9<o£oft vniuet^l^^coA parciculieh cpmdxihau$ auons faki eh 
rinoenùôn des principes des fyllogilmes Analytiques.. .. ^ . , ■ , 

L'oBVERsioN ncft pas môin& ycilè pour iugcr , des iyllogifmes de la Det^^nri/n^ 
féconde figure , que pour iuger & examiner ceux dclapremicrc : VKiy eft ^^rf» Ufifêit" 
quenlbbuerfion du lyllogifmcde Là fec.onde figure il advient qiiclc fy\- 
logifine orbaprlifiicft.pasfpufiours/.feniblablcà^ldyqub^^ 
i'Obucrfion: Car queiquesibis il i^4^i;macif,^Qrçvjqaetoui;kâfylr 
logiitnes de qeile figure foy«nc negaCi&.:iSc ,âra pacticujieri encor«s que 
celuy qui eft proposé (pjkviiiuerfd. Sfj^^dàn'c^MinspefyUogirmcvni- 
ucrfel negatifen , : * 1 " •^ - \ 

ceux ijui dej^Hf:0ff ^^i^liJfiilit^^ppfttf^M . j < 9»C9XDK.ét^ 

6rgon$Us de ceux qui demeunnt du Vieil ^d^fpnt.pi^^hf^^^ 
O N renuerfera la M^ùetfr ôc la Min^i!t^de\ce^lld^îln)eVcane parleurs 
contraireaiquepar teéKs .<i<;2otradtâdii:««; Et le^llo^ln;^ bbuer()fiè crou- 
uanç toufio^irsiàusi 6c.'rçpiJgiianc aMx.prihcipes <fc Tfccolpgiç jibenfcy- 
ura qii^iç |yJlogifo<: pipposc feiia :tr«(Jfti*lytiqiijCi,;Çr#j^rcme:otidonc 
par la Maicur dudit fyllogilme auec la contraire de la c^onclu(îon,oniion* 
ctid Uies^^ccaire d^flaMiapur c» ^.a/i^Ki^ ;<îar'!e fyUogifnje icw çcl: . . 1 * 

T>onc tous ceux qm dji^9mr^nt.40 'ffifdw^^dd^ ^Mpm emert ^i^t^* .. : o j ; 

liiftM jpy:W.MMï^diwckct»nn«i^^^ . 

J>[mU de ceux demeurent émVteil[Ud/^ifm^ , ! /. f^u^^*' 

l^cncijue^uesynsdeceuxqmfomayfousdefecU^^^fm 
manières par roppohtion ^exmr^-à^^^Màxi»^^ 

imc proposé àific4^ki;:ao^<iiâ;tk4^^Y:<^^ la t^n- ; 

cradidoire de.£i)MMà&^:à#^ " 
re de ià condufion o A tiM^Auga fat<f^nfc»ièiftok^<ife Ù Mineur eo^^r^. 

' G G '3 flcft 



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i3§ SECOND LIVRE DES 

Il eft aisé à chacun de drcilcr ces deux derniers fyllogi(mes obuerHÊ. 
n^kUidt Si LE lyllogifae qubn veut examiner dl en Tfyirf , par {à maicur 
/ '^nt^ffht aucc la contraire de {à conclaHon, on rcnucrlcrala mineur en QeUrent, 
Cdktt^^*^ P A R fa Maieur auec la concradiâoire de fâ concluiion, on rcnuerfe. 
ra fa Mineur en /W7*tf. 

Par iacontradif^oiredefaconcluljon aucc£i Mineur oareauerie. 
ra fa Maieur en ^rftrif^/À £c fînalemenr, 

P A R la concradiâoire de Ùl condafion auec ù Mineur on renuerfe- 
ra (à Maieur en î)^4mk ou en Déàfi^esi tra^o&nt les propo(mons.Cha- 
cun choifira vn exemple à (Hh plaidr^^ niefines le précèdent fiiffic , cane 
^OMtCtfareyÇ^tYOMxCdmeBres. 

Qv^ A N T à l'Anuftrophe des-lyllogirmes particuliers de la lèconde 
figu rebelle ne iè &ic<|aepar IbppoHtion contradictoire, non plus quecd- 
le des particuliers de la première figure. Soitprins pourexemplece^- 
logifme en />i?;»*. 
pBm/me fitr- 'SfuJs cmJamnis de ff^rhe ne Çmt ^Ajim de Dien» 
ftliJo Quelques Imfs fm difiiis de "Dieu, Donc 

Qffel^ues Imfs ne jùntfds conddMnis dtfeché, 

P A R la Maieur de ce fyllogifme auec la concradiâoire de & condn* 
Hon on renuerfera (x Maieur en CeUrenr, 
rrtmier£,iït£t~ T^ub cetidamnés deùechénejém^fim de'2)ieit, 
meoiMofi/: T$i4sJuififont,ci,nddmU$deféch€. DoïlC 

*Nul$ Itéifs ne font ahfûus de 2)ieu, 

Item par (a Mineur du fyUogifme proposé auec la coacradiâoire 
de (à conclufion on renuer&raià Maieur en2>^/Se'7^ 
stcmi^hît- Quel^iues Imfs font éhfnts de 
fmto utrfif Tins luiji font cênddmnis de fedfL Donc 

QuehiHes Vnsde^eûk,éf$fiJiHtcêndéfmnés de fechi^nr^éjms deJDiêu, 
Il NE le peut rien direde plus faux <]ue cela eh Théologie : d£ pour- 
tant il ell indubiuble que noftre lyllogifine particuUo: eft u«naly- 
cique. - 
j(ti^td9 Lamtistrôphc ièfefatoutdemefine fi lelyiloeifine particulier 
Ai*ri^^' eft en ^-r^i^fv. CarparlaMaieur auec la contradiâoire delà côcluiionjon 
'Baro^. renuerfera la Mineur«n T^iidru: 6fipar laMineurauec lacontradiâoirc 

de laconclufîon on renuerfèra la Maieur «n 
fêfefMtKùi II* ippcn par ces exemples quenîccfte figure tobuerHon peut- renuer- 
tifiryhtdesjyl ferlaMineur, (èfak>tou(îoutsenUpremierci^ur«:&pour<mUc^ 
^fÉn^^^* Maieur, elle le feitettlatroificm*. ^ ^-^ . ■> • 

iftî-^Mfijh»' L'antistr OPR^E des fyUogifiimde4acroifiemei(gure{èfe(a|Kû^ 
t^»^*^ l«meritparUcofitra4î<^^ ^ \ 

ptmtpfftrt. ^ prins'p0|M'cixcnBplcct'^)^<ïh* A46^ci!(|ue, éiiaïc eodftslcs 
■ deux propoficîori/ (bctt viduerÊiles, en 1>éa^n: 

m4ri/MDara- - Tmles Frdi^mifàcreyemmMuCM y:i^>.i 

. • 1 ^- PAR 



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PR^IEVRES ANALYTiqVES. X39 

P A R la Mâieuf de ce fyllogiTine àueç la contradiâoire de Ùl conclu- 
fion on renuerfera fà mineur en Cefdre, 

"Nuls ijjifs des Gentils ne font dhfom âe fecliL ^^^^^Z 
TûPtslesFrdnçoJsj qm crsyentenlefm Qhriftyfont ahfous de feché, ^^'^ ^ 

' Efgo nuls Françfiii croyamen lefits [fnifine font ifjus des Gentil^* 

Item par la concradiâcire de conclusion auec ù. mineur on ren- 
uerfera fa maieur en QeUrent. 
TifulsiffusdesGentilsnefintdifiusdepeché. ^ZibS^ 
Toits hs Frdnfûisi qm ireyênttf^ïefm Chrifty^ntiffus des Gentils, 
î)onc nub François croyons en leji^s (Mifi^ ne fontahfous de feché. 
Si LB fyllogifme propose eften />/^^M»,lbbuei:fion ie fera par la i^igUsdtVoi 
coticradiîaoïre de la conclufion aueic lamaieur,pour renuerfèr la miacur *"ry^" ^"i^^ 
inQdmeihresx ôcpar la contradictoire de ladite condufionaucc la mineur, pf^/'"^*^ 
pour renu;;ricr la maieur en "Barhard, 

Si LE fyllogifine proposé a liine de fespropofitionsvniuer{èllcs,& 
l'autre particulière, T AntiArophe fe fera pareillement par la contradidrpn. 
Soit pris pour exemple ce fyîlogifme en „ 

- Tous ceux qm croyem en lejtts Chrfjt jom ébiom de pèche, tituEtr affr* 
Quelques yns de ceux qmcroyent en Iejk(%riflJontImf3, tMttfenDAô- 
jDonc quelques luif s font dhfous de feché, 

L'antistrophë fèreraparlacontradiâoiredelaconclufionaucc 
la maieur pour renuerfer la mineur en rf/2rrf« ^^^^ 
Nmis Juifs nefonrdifûus déféré, 

TwamcquicreyentenJefus Chrijljintaijius Je feché, , Donc 
"Hsds diceuxqmcroyenttnIefmCbrMnefmelmfi, 
' I T B M par la contradiâoire de-la conclufion auec la mineur on ren- 
uerfera k maicuren /m». 

- Sr LE fylloeiftneproposccflcn2>^w«f , l'Anciflrophe fe fera par la ^'f^'f^ 
«^(Hitcadiâbire de fà conclufion auec la Maieur,pour renuer&r la Mineur 
en Frfimo-: Scf^uch contradiâoire de ladite conclufion auec la Mineur, DiOmis. 
pour renuerfer la MâEÎeur en ^<p/*r/r»f. 

Si LEfyllogifinêpropose eft en\?drW<9> rAnôftrophe fc fera parla ^ s^hUtéU 
contr^didtoirede la conclufion auec k Maieu,rpour renucrfcr la Mineur ^ 
en ^oroco : Se par la coniradiâoire de ladite conclufion auec laMiileuri bocuIoT' 
pour renuerfer la Maieur en Sdriérd, 

Si fyllogifme propose efl en , rAntiftrophc fê fera par la j^Utdt 
contradiéfcoire de laconclufion auec la Maieur pour renuerfer la Mineur i 
en Camépts : & par la contradiâoirê de ladite conclufion , auec la Mi- f^j^^f^T 
neur;pèur reitueHerkMaieur en2>i<ry. , . ' 

E N t fi s T B figure donc la concradiâoire de la conclufion ijeiiuerfè ^^yXlf^/f^ 
ttbé 6c &utre propofitiott^ais l'Ôbuerfif de la maeufconcludcn 1^ pre* tifhéfheÀesj^l 
L miare figure, &c«luj^ dé k Mineur eh U féconde, p^perrdon^^^ U^fmtt U 
I exemples^ue'céfirlnftrumenteflxllmti^randôc^ trtt^tm*. 
tes Ic^s-figutiâs y U oppofàùc la vericéâù^nfonge,'^&i!lu^gerceftaineinec 
de fim & de &ut^ Vôyoftihaîntenaâtle tfotfi^ne ^fttuiitetir Critique. 



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X4» S E C O N D L I V R E D E S 

'DuJroifteme mllr$ment Critique » qui SéfpeBe j^tduSion à 
rmpofible. CHAP. IIL 

E TROISIEME indrumcflc Critique s'appelle ^UuBim- 
À rimfopilcy pource que par iceluy on ametne comme par 
force, & en dcfoit quii en ayt, celuy,concre qui on s*cn fcrt, 
en quelque abiurdité inconuenient im^oflible. Ceft in- 
ftrumenc eft dUn crefgraad vfage. Car il ny a probleme,du- 
quel on ne puifTe iuger par ccmpyen : Et a cela déplus que le précèdent, 
qubn son Teit , non (èulement pour efprouuer vn (yllogi(rne défia fàid: 
mais fi toft qubn appcrçoit quelque propofition fàuflè , fans attendre le 
iyllogifme entier, on pourra monltrer les abfurditcs & impoffibilitcs qui 
^iliMirtî- ^^'^ ^"fi*y"^ût par le moyen de ceftinftrumcnt, lequel au demeurant a 
fpjtt^lc refem- vn grand rapport & conuenance auec l'Antiftrophe ; car lun & lautre fc 
sir fercdela concradidoiredelaconclufion qu'il veut renuerfer:Iun& lautre 

' retient les mefmes termes du (yllogiûne quii veut efprouuer : lun & biu- 
tre iê prattique en toutes figures.Mais fi eft-il aise de les feparerfun delau- 
^^U^fl^Mf Premièrement par ce qui a efté défia dit,quauarlt que fè pouuoir 1er. 
fere»tt dduec uir dc l'Autiitrophe, il faut auoir vii fyllogifmc tout faid pour Tyappli. 
i'^ntifhtfht, qygj. LàoùrAbduaionàrimpoffible eft dune telle viuacité&: prom- 
ptitude , que par icellc , celuy qui ell verse en quelque (cience , ôc qui a 
iès Confequencs , Antécédents, & Repugnans en main , fi coft qiul void 
vnepropofition Répugnante aux Axiomes ou Condufions de {à fcien* 
ce, il void foùdain Içs abfiirditcs qui sên en(îiyuem»& les Sm recongnoi- 
ftre à celuy mefine qui auroic mis ladite propofition ^ufTe^n auant. Item 
l'Antiftropbe exaniine ièulement les prp^ofitions du iylloçiime,maîs' 
l'Abduétion à rimpoiliblc s'applique tant a la conclufion quaux propo- 
rtions. L' Antidrophefe fait tant par la contradiâion que par liTcontra- 
rietc, mai^ T Abdu'dion s'ayde feulement de la comradidtion. Finalement 
l'Abduâion àTimpcflible a lieu en toute matière , foit nccefl&irç j abfo- 
luë, ou contingente , dautant que la contradidion difcerne le vray daucc 
le &UX par tout , comme il a efté fouuentesfbis répété. Mais l'Antiftro- 
phe ncil exercée ieurement qu'en la matière neceffaire pu abfoluë , à caufe 
que Ibppofition contraire n'a pas à beaucoup pre$ cane dc force que la 
contradidoire. 

Ctmmntd • PovR confirmer <juelquc problème, & monftrer fà venu par cefi 
^^nfm^^fàr inftrumentjilfeut prendre la concradidoire ^ndit problème qubn veut ' 
t^UtaUn d confirmer : comme > file problem'bcftparticulieramrmatif 3 il l^tpren- 
/ imfêfi^u. .j^^ ^ contradidoire , qui eft vniucrfelle negatiue^ Il 6ut %\x& auw. 

main quelque propofici'pn ^de la vérité de laquelle on ne dou^c point. 
Xarpar ladite propoiition vraye de qui rie iç peut auec la 
doire du problème prQpose(laqMelle eft ^ecefiàk^ment {mS%J[i ledit pro- 
blème eft vray,) on fèral'Abdudioaàrimpof&ble: Et bien ib^lKHiclcf 
bons auteursfeièniéntdeceftçpreuuèparrAbdudion,auUcu<}jU.ÉËQprw^ 
ue dircde:pour,ce quç.qûclqu^loifrileil pbis ^ dcçpauaintrs U ipcn- 

fbng^ 



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PRIEVRES A1SIAI.YTIQVES. 

fpngc , <jue de prouuer la vérité. Mais Euclide ( lequel ie nomme com- 
me'Vh'pdt:ang6n.del>ou4i{coWs^⣠hme^ duquel peut feruir de 
patron en toutes fciences ) a ccfte couûuraeique.prwieremcnril cxàmi- 
aeià dc0iboft|'atioh|)4i;ie'Ccrclé,puiis apx^ il vient àl'Abduâion à Tini- 
pol^ble. Voyondoncfu{age de ce bel inftrument en toutes les figures, 
& premièrement en la première^ 

Oà :prQUÙe£a toujtes rortes;deprob]eme5.parrAbdu(5i:ion.àr^ Det^dtOf'^ 
fible en la première figure , fors que luntuctfèl a^ffirmatifi La raifon eft, * ^"«/'îfS^ir 
pource qucn l'AbduâiOH ilÉwt que la contradidoirc du problème qubn J^urS^'^ 
veut prouuer fèrae de Maéeur du de Minèur. Or la contradiâoirede hi- 
niuerièlle affirmatiuelèrapsùticulierenegatiue, laquelle ne. peut eftreny 
Maiei]r<aU|tfctniere figure» pource quelle eft particulière , ny Mineur, 
pource quelle eft negatiue. Mais tous autres problèmes , hors IkfErmatif 
vniucr{èUepouueront par l' Abduâion en la première figure : comme, 
pour cacifiple,-dlfeut prouuer cefte particulière affirmaciu,e,^/^i^/ Jmfs ^JJ^'^/^'^ 
fontédfçm Je'pfchéyfoar dire T Abdudion oflti prend û contradi6toire,îii»Zr u^^m^f, 
li^m.jamahfQm <^^c^/>laquelleioingnant à vne proportion oongnue 
jôcaccordoB «ftrevraye,on argumenteaiofi en Ferio. 

. ' )Qwd^$GiUms de cèfçc^en U naatrc d^fejuek T^ifii.a cfnddmncU ftchi^emJmfsJ 
\Ef^sxjmtjfêeSi y/r ctwc, j <n U n4wre Jrf^ifels. 2)iei^ d conddtmi lefccht >ne 
i'j'.l ■.^fMvîhfmJçfechi,'^* r.; ■ ' . .. ' /• 

Ceqvi eft impofliblc:& voyant cefte conclufion fi abfurde, il faut 
, «jaouëAiqu^<i|ttelcune des propofitions/eft-ÊiMire > pource quil eft trei^ 
Jeeixiûn>qaè deux propoficioÎM vrayes ne^p^H^nt rien conclure.<^ue de 
j m^[vîAaà&%X'}Axnmt^]ï^^ la faufieté 

/ôiten^aMaieur. Et parcon(equent,iàcontradiâo1re.eiVcrerMei:itable, 
à fyxkQn*i que quelaufs Imfi fiàr édjim Jesféelft cftce. qiâl.âloic 
prouuer. Luniuerfelie negatiue le prouuera'pooC'«U.meffnes{-^CQti^me, 
pour esâmple^'^ qoslcuiii^otttedt: cefteprop^âcHKi Theologique,N^/i prévue infr»- 
de cfux. am demeurent en kur^ieilysiidmn^ne^ÇH^^lSm J^'feehiJkloixLikïon fe f.^*' 
terae0^ï^i«jieacdtelort«: - . .i. . . . ' * 

Tw'^x^'^^âmidffoiêidtfrcht mfatxemtfrs^ki^^. 
I^tef^ueiimt dt ceux^ fd demèérent en leuvemUidimi^m ^Çms itfechi. 
(CéftlacontrâJiâoire idirprobieme. qiàl Êiufi pkôwuer, laquelle con- 
tadi£boire;jciitiy.>qui nie leiorÂblcmo jel]:» cô«téaifit ide recduoir ^ puis 
^îaea tc^u^ «^iès^lu mpndfi îLfiiutadmiûiëXfltttte otili'lâmxctpd^tiâaG la 
^sxnfiradîâton. ^ ^av j- -j , :r.uji\v \ \ • 

IDonc éjftelques \ns dece^x)f»i JilMmnm^Jefkiiiiiit.*:*4 



C B im^âil^^av !Ç'lieoloéie.^^<lâucanB que laMàieûr eft 

indubitable il^uit}uc la 

diâoire eft vrayerqui eft ce qiâl ciloicprawHUà v\^^<\ . ' . V 
-i^V'B^riÂtmiarpdunqBwhfipii^^ Pm^^WV^ 

iHH aion ^ 



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Ml S E C O N D L I V R E D E S 

ne{è pcucnicrenThtolc^e. 
T0f*s Imp fométkfm ftchi» au dire de eeluy (jui nie le problème pro» 

pose. 

T>onc t»HS îmfs fint membres Je ïejus Chrifl* 
^ Ce quieft&uxdcimpoifîble, L*Abdaâion^èpouaoitattffi£ikeca 

Celdrenti en prenant vne Maieur negatiue. 

*Nub de ceux ^mjint dêfins Je feehe nom reùm le p$itt tpd leur tfttkofirt, 
Teus hijs font dl^HS Je feche. lùt^- 
J^nUlutfsmHtreiettikfdlut^mUiiyeSHt^trt. 
C E qui eil mani&ftemenc £uix. La Mineur eft donc fitiflè^dc con* 
tradiâoircpar contcqucnc véritable. 

I L appert donc par ces exemples quon peut ^roouer trois fortes de 
problèmes par rAbduâion en ia première iigure» a{çauoirie$ problèmes 
négatifs tant vniuerfels que particuliers, & les jpaniculiers afEcmanÊ. 
«. Mais parrAbdu^ôàriRipoffiblecnlafecôdefîsureiQnpeutprou-- 

; l'impfifiUe uer toutes lortes de probleilies,tantvniuerleïsamrmatib OU aegatiB>que 
wU/inMdtf' particuliers affirmatifi ou ncgatifsrCar en premier lieu hiniuerfcl affirma- 
tif, qui ne le pouuoit prouuer en ia première figure , fc prouuera en ccflc 
cyrcômc, pour cxcmple,sil eft qucflion de vcrincr que tout T^ridn^dmk 
'^«j''^^'^'^'^^''^'«*''''*'''»i'fcprouucraparrAbdu(îti TinipombleeB 

Tûut cetjm à mis dngUs egmx dux Jeux dngles tpa foie inte fip»\ droite 
iéMtpêf Vue dutrt lifftê JmUy étf k dn^Us egamc À Jeux-Zr^tmiiGAtA 
indubitable par la 15 propofitiaii «du premier lidre-dcsEten^eiui 
d'EucIide. ' / \ ' : 

QueLfue trktngle fkfât mk dn^es egdm d Jeux Jbrem. Céft la contradiâoir 

re du proUeme propose. 
Erp^ueujue rridngltfiUfWMfù dnglesegduoc dm Jemcd^tijmfAkyui^ 

ffteJrêkenrnidutjuryft-dupT^ffuJrêite, 
Ç E quiell impofuble^ comme le demonflre Euclide en la tremedcak- 
xieme propofition dudit premier liure. Il s'enfuit donc que la Miiwurefl 
fau(Iè,fir que fa contradictoire efl véritable. Mais dautant que ceftexem- 
plepourroit ettre obfcur^àceux quiribntcAudic en Miujietnarîquc.>XieV 
prenon celuy de Theolog^^ qui eft trcs&cilei S'il eftqndftioa.iic pou^ 
uer cefte vmuerfèlk afiirmatiae. Que t$m eéêpefnfiiûeiàiejm CJtrifi fiatdl^ 
fûus Je feche , prcrunt la contradiâoire auec vne propofi^n K^tâycdcao- 
cordee,nous ferons PAbduâion en cei^ fbrce^ 

Tous ceuXf en Id ndture Jepfueb Dieu d conJdmni le fedje^fontéAjim Ài. fechL 
Quelquesy^mJeieme^dfmemleJm^kril^ V 
2>4»c jtMljufs imsdemsc^fiur w^f^^ii^ fmtek ipé^iAk tA.ftm 
emJdnmile fechi enlairmttmt. * • ' \ 'f- u " » •. '■ioyi.tv • ■ ■ - 
pf^muditfH^ C e qui efl' jvocokeiiHSic&uk en^:l^^ Lepcoblànpt^liardcu- 
^"^9^^^ H^tiffirmsKiffèproaaèni«ài'^^ 



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PRlEVRBSn ANAL<TïïrQVES. 

$îl6ut vérifier quc^uel^âs Imfi fon^famH^^ l'Afewfaâion'à Fimpofllble'fc 
peut ftire ainfi en CameShrs: . - " V- 1 .v - , ^ 

Tous ceux fâf vntcreifià îepu£iif^ fsn^mùis^ fc'ek«ftiftdabitai5lcnîciiç 

. vrayancBhéolag^W : A.v .i.;-j;i;,lilif;i, r-^ t-r.. JL ..'1 

^uls Imfi ne fontfdm^ii^hfk la eoïttta^iâokç^la pJoblerne; . ' - . • 

[mâ Pauijôc tous les Apoftres,èfl:oyenc Iuifs.Si JacohwadiâoÎFe dû p^ô^ 
blême c(t mtic au lieu de la Maieur, TAbduAion fcnraÀ ^efdrje.^ ■ ^ v 

Le problème vnm«lcL«egatif&pit>aWenuF<^^ ^euue^'fr»* 
cun doucoic de ce i^ToiAtrtKsmlfJmem^ Jthtt^^f*^ 

l<[d'rMMtlkntleBat^&:ftë4»t:lepl^ <S^. Idmriti d^'Mt^^denèjl Bkfni^ 

ïî^wj , Cela cft indubic4falemcntv^ay;^^ ■ • ■ ' ! ' 

7)aHc.^ttibp^ fedmanasm muUe ftàulùShtt,^ ne yMle.fomt les Uix e37*'/kMS«-; 

C B qâijd2iinppfibld:-autFemem le iodiicieux ne foroit pas ièditieux. 
Leme^rnc£è^ponrrapràtci<Juer encoces p^s cïaireiueiit en vn cxemple-de 
Theolpgiff;ou.'Mathemaacpic* . : . j • 

Lh problème parucuUcEncgatiffcpromic tout d«nwfnicrcornrnesil prmedMfrt* 
éut prouuer que aueljHerJmfi ne fontfMs-eeindii^mis <t;p«A<',on ferai- Abdu- ^^"^^^J^**- 
âion à rimpoifible en prenant la cot£ailiiâ!oice dcccfte particulière auec 
vne pi:opoutioaxecetic.pbifi: vraye^'Ui ceiSiéicmQ : . ^ : . . 

!ÈiiêU^U:m(Xt^ en U f/tfmtÀkfftfb. Sikk d-tfnddnmi.lt.peAirne fintfûfkU^ 
nmisiefechi, e:.;. 

Tpttf Juifs fine conJkmkh A ^eche,'- ..^ - i ■ 

3)oncenla nature Je nuls Juifs Z>iem m cmdénmiUfe^ rce qui eft notoi- 
rement faux en Théologie. U appcffc doîic que toutes {orces deproble- 
oies fe^ibottentpAtrAbckH^Hon à limpo^blcen lai^ 

Pajcb-'illeme-nt auiStoïKproblmies iè prouveront par rAbdu- Dtt^hâmmt 
ftion en la croificme figure. Exemple de funiucrfel affirmatif, Tom * j^'J"^'^^ 
fcience^^ kohne^ Ce problème fc prouucra par l'Abduâion en SocdrJo: ^mn! 

Quelijuefcienceneftpa^ bonne, CeftJa coiitraditfioirc. PreMiudi$fn* 

TomefamceeflM^ie^ieu. Cela £«: indubitable. 

VpnçtpHl^ue dmJ^l)ieunefif4r^bim,Cc\siC&i3L\xx ^impoiKblë^&pOUr'» 
tant noltrciprobletnc vnmerlcl affirmatif cil véritable, Exemple daparti- ^^^^^ 
ca]icrzSTmztï(:Quel^ue£uerreefJe^laifanteà2)ieu. Cela feprouueia. par kienupmUH'^ 
^fj6éxi&^vim>ferif^u-.. j ■ ^ \ .t. . . .. ^ Unâffmâttf 

: 'HitU^^rreneftJe^Uifdmr^mieu. CeftlacontraditSkoire. ' ; ; : 

Qyel^e guemJh»ixefrfnÀcÊmret9m4^ 
. . •j^^lf^ooftrtuqttètrc^i . ..1 1..-..- a/v. ; . 

S),0m'^Hel^Hi.cbife.^^i'sentre^rewÀc 
. . re-icVicu^f Fauximponiblc^ doncinoiVc proUbmcpamculier ^r- 
lOati^eilvfây. fo^fcmple dre RinHitgfelintfgâc£ > - rmutyîm'^ 

HH X iÎ5f/î<«! ''^ 



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^44 S E C ON D L I y R E DES 

. " Tm dudiricieUx eJUJçUtrc. 

L'Abduâion iê pouuoit auili £ûre en^4n^,prâ%uic la oontradiâoire 
pour Mineur. Exemple éupai)aucoUer n<iga 
îul^^n^. Q^'tf*^^^^^^^fit'^^^^- Quilcnkroiftonlecombaïtroitpar 

lierneg4tif. 

' Qi^Lfue Vâbfrr^ ^nfdefL^rtr jhêOutf de U chmn 

Ce qui eft impouiblc Ces exemples monftrenc que tous proble- 
mes Ce peuuent confinncrenxtilt figure par rAbduâionii Pinipoâible. 
Mais daucant quf celle preuue cft obliquelâc iridireâe» ilfâuc trouuer 
jieduflUnde moycH dc la Tcndte direâc. Or il ny a rien déplus aisé': car auec les me- 
t^l^fuÀk ^^^^'"^^ dcrAbdudionàl'imp<^blc,on-proii«Kradireacmentla 
proportion qu'on aura prouuee obliquement par (à contradictoire: & (x 
l' Abduâion seft âtiâe en la pcemiere figure, Ic-fyHogifinc direâ conclu- 
ra en la ièconde s*d eft négatif^ ou enrla croifieme ^ eft affirmatiE £j^m* 
ple:Nous auons cy deuant fiiiâ cefte Abduétion cnla premiotc figure: 
Tms ceHx^uiji^aifius Jefuchfjimmemkres de Chrifi. 
Tem lesJmpfmiiifom de f^cki.' &îg<> 
' TousUsIwsfaàwtemlf^sdeClm^, 
N <ivs réduirons cette Abdudion à vnfyUogifine dircâ en 9joinv» 
par lequel nous conclurons le.problemc propose , qui eft particalier ne^i* 
gati£ . 
Tms ceux (jmfont shjijés de fcchéfintmemhrs de Chr^ 
Quelques Imfs ne font fés membres de neriff. 
2)0nc aueLjues Imfs ne font fés alfins^de fedie. 

Ce deniierfylLgiimes'appeUediteâopoutceqiâl condnct direâe- 
fnént le problème proposé»au Iku que rAbduâion monfiroitieulemcnt 
Ëkbfurdicé de (à contradiâbîrcj. . . 

Si TAbduétion a eftéâiâc enla iêcondcfigure, elle fèxedairaen vn 
^ogifine dîrc6t dclapcnuere^gure. 

Et SI TAbduâion a eftcËùâe cnla troffieme figure, la rednâion 
fe finra en là première figure ou en la ièconde ; fçauoir eft en la première, 
n la côncluuon doit eftre affirtnaciue , & en la Seconde , fi elle doit cftre 
neeatiue. 

C H A C V N pourra pratttquer cecy en tels exemplcs^âc en teUemaue- 
requU luy plaira: Qur il trouueratousfcs termes dans le fyilogifine de 
TAbduâion : & eftanc aduerti en quelle figut e il Ja doit réduire, pour fiii* 
re Ùl preuue direâe, il en trouuera fiuilemeniï la diipofidon , de iêra bien 
de iexcxcex fbuuenten cecy,à fia de 6 bmiliarifêr raiage de ces beaux in- 
GréiUyfd de Or ceftuy cy entreancres b vne force admirable. Carilcon- - 

t'.jtkhmNfit craint les plus opiniaflresdefe-Midreàla vérité: Uraonfbela cerdtadc 
i i m f ^U e , ides{Hrindpçs«lcfipekne&poiuroyieaci^^ 

firme 



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PRIEVRES ÀNALYTIQVES. 145 

firmclcs propo|(itipfîSjpbicure$ ou douceufes-^Ec parciculiereR^ent quand 
ildlquelHon de larcifîce des fyUogi{mes , l'Abduâion à ritnpbflible cA 
acccd^ç pour ciprouuerlcs ^UogiTmes en Sarofo ôc SocétrJo^ Icfquels 
nq/èpç^ent réduire àU première âgui'ccomtné cous les aucres:mais 
ils ii^yerifîeac par Iç moyen de cefte Abiduâion :co^mc>sil eft queftion 
dçf^^ninçr ce^llogiime en 

^o»c qf4<l(jue ajùmdlwJlpMi tldpc. 
Qvji youdfoitnierceftcconclaConylâbilirditélèfoicapparent^^ -, 
rAbdudion a rimpoûîble} qui Çc &ioic en cède force; . '[ ' 

Tmt émimdleflhldnc. Cbl^La contxadiâioa du problème propose. 
Tout homme efi ommaL Vray indubijracble. 

Donc tout homme eft bLmc, Faux impoflibie . Car qui poun pic nier que 
]es Mores ne foyent hommes? 

CoNCLvoN donc que tout problème, quel quil foir, fc peut prou- 
ucr par toutes les deux façons , ccft à dire tant diraâemenc, que par T Ab- 
dudion àTimpoifible. Et tout fyUogifinc direct peut cftrc réduit en 
Abduâion,& coure Abduction peut eflxereduiceejn vnfyllogifme diredb 
parles meimes termes , ainfi quil fc pourravoir fur cous les exemples que 
nous ;iuons donne de rAbduâ:ion> de force que ce que dit Ariftoceeft 
tresvenuble , que la preuue direâe fie fe peut ièparer de celte qui iê iàir 
parrAb4aâionàriinpoâible. 0; 

ksOfpoJkUé CHAP. VL . 

E QVATRiEME înftrymcnt Critique examine la conuc- 
nance 6c coherece des parties dUn trai6fcc ou difcours:Car H 
noftre Criuque trouue toutes les parties ioindes enfemble 
auec vne fi belle harmonie quïliiy ayt aucune repugi>ance, 
mais au contraire quelles & coniirment lune/Iaucre, il iuge 
que le difcours ed Analytique , daucant que la vérité eft coufiours & par 
tout fèmblable à fby mefme. Mais sîl remarque que ce qui va deuanc ré- 
pugne à ce qui fuit après , il raflemblc ces répugnances par ce quatrième 
înftrumcht, lequel pour cefte occafion s'appelle E^reuuef arles Offoftes^&c 
monftre euidemment que ceiuy qui difcourc de cefte iaçob, nonfeule-^ 
ment il ignore l'Analytique» mais eft mefine dcfpourueu de fèns com- 
inun» tout ainfi que sll nioic que cela fuft cela : C'eft^ourquoy fàinâ Hi-^ ^Uttre t tU 
laire dit que les contradiâions des foU &infenses(èrueac pour mon- UrrM-^ 
flrcr leur folie & vanité. Ceft inftrumenc eft dlm merueilleuxviàge pour 
eipelucher les efcrits des fophiftes. Car quiconque {è fbntoye de la véri- 
té» il eft impodible qiulfè garentifTe de tomber en pluficurs répugnances, 
de qixilne (e couppe foauent. Mais ils coaurent ces cûtradivtions le plus 
qims peuuent, foit par vne confiifiioa ^nlong babil & embrouillé^ foie 

HH 5 par 




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S E C O N D L lVR È ^^D E S - 

parc^uillations, ou àutxcnienc., <lcmàmcrc quïîs feftiôûïfleht ceux àui 
noncenmaiii 'ccftrinftfumenc poùr'dcfcçmunrkuri tromperies: Ccftc 
mattiirë dkrgumcntbfr pàr les Oppoiîtcs^appotcc yneKonccôc corrftifion' 
mcrudfleiileàceux Cjbi^laiffent.-f'rc^ Cai iflemblant les contradi- 
(Shbnrqni eftoyenî: 'cachées en vitlongdifçours>'&: les rçduifant c4i4n' 
fyllogimie , la conclufion ne peut eftrë autre ^c^Ià' négation dunt pr^^^ 
poHcion identique, qui eft la plus groflierè ignorante qui! ât pomble. 
Mm^titUeffft- Il faut noter que ccftc clprcuuc parlcsOppoftesncfccoiiftraîtiatnais 
/ffÂ-^-^*©^/'^ en la première fi^re,mais feulçmcnten la icconde 8c âoifîeme : éclà rai- 
ft9s. fbacKj-^durcc que cnlunc ôciUdtfè prop6fition.,,il fetit nier & aiffianer, 

vne mcuncchow dptt mefine fubiéfitï ce qài rrebiétic eBrc en la première' 
figurc/cn laquelle cé qui tient BçudèiiibicAet^ fi Wireur,tient lieùdat- 
tribucen laMineur. IJ^xemplc'quAriftotexlontie'eii là féconde figure eft 
teh; \ \ ' ' ■ ' ' • ■ ■ ' 

, 7}>me jcience ejl honne. 
• ■ "Nulle- fàencenefik'm^. ' Donc 

Quelqarjciertce nefif^faencr. ^ 
Qureft-cc qui nauroitbohte dUne telle impertinence? & ncantmôirii au- 
tant defbis qubn fc contredit, autant de fois on tombe en ceft intonue- 
iiicht. Vray eft que quêlquesfois on ne scn appcrçoit pas,pourcc que la 
contradidion liâl jias'du tout fî exj>rêfle qucn Ceft exemple vrhâîs fi ce 
qti'ônaffirme (Rm^genrc, oh Ic.vieiit à nier de lèffpccc , encores qubn ne • 
donnepas expreflèmct àl'efpecele nom dugenrc^fî dl-ce quefiib^clitc; 
{bra toufiours pareille:commc,pour exemplcifi quelcun aduouë que nul- 
le fôèhce ne conHite cn opinipn « gc neantmbins il dit que là^-^èidccine 
confille en opinlîon , combien que la répugnance ne foit pas- es^relTc, fi 
<ft-ce quîl sfenfùyura la mefmc abftirditc , à fçauoîr que ^*^lfff^fii/nce tùlf 
fas fcience, pource que la médecine eft comprife foui ce genç^^^f»^: car. 
il.ne faut pas tarit regarder aux mots^ qubn ne regarde prïh^i^.tdHent i 
leur fignitîcation, V X !" ' ' 

Av demeurant,encor que ceft inftrument prenne fon'n<«ç^ j^^ 
pofites , fi cft-ce que tous Oppofices ny peuuent pas ferûir^ mats feule- 
ment les contradiiStoires & contraires. Câraucc dciix propofitîons coi>- 
traires ceft inftrument fe drcïTe en la féconde figure en j^efire ou Camefiresy 
& cri la troifieme eii Fel^rof^. Et aucc deux çoncradicïoires on conclud 
' en la féconde figure ,cii />i&*^ 6c IBarocê , & en la troifieme en TMrio & 
Fer 'ijin. - . . , ■ . , - [ 

Mais daiitiaht qucn la conclufion il ny d quuh feuf terme qui tient 



gi'rimç : Toutesfôis nous difcefnôns.ainfi les figures, cbft que quand 
ïfitions dppôfîtcs , vn mclme terme deiic- ticd îd'At- 

comtne en noftrc: exemple 
ù(^uellhftrumêuc"èlîcbnfticuit en'ïa fécon- 
de 




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PRIEVRES ANALYTIQVES. 147 

ic figure:6c fi au coiitraire vn mefmc terme eft pris pdur Subiéâ eii totw 
tes les dcuxpropontions Opponscs , & neDcrepôinc en là tonclufioii« 
nous dirons que cbft la croiu<eme figure. Ceft inftriitnent rcfuira,tant 
pour dcfcouurir les concradiâions desiàufTes doâmhcs , que pour con*- 
uainae ceux qui ne veule{ recongnoiftre la necci&tc^côueriancc, fie har- 
monicj qui cft entre toutes les parties dim oeuure complet 6c atùtlytique, 
Novs iêrons aduertis qubn peut argumenter par les Oppoutes» 
foii qubn oppoiè vne négation ùnffe à vne affirmation vraye v ou bien 
vneaffirmauon ùxxtk à vne négation vraye. Il eft àuffi en noftrè chbix de 
prendre pour Maicurou Mineur telle partie delbppofition que bon 
nous lêmblera, cëft à dire mettre laffîrmacion deiiant la négation , :ou au 
cocraire Ikffirmation après la negacion.Tefté difpo^ition eft en noftrc vo- 
lonté» pounioi feulement que nous regardions de ne&ire la mineur ne- 
gatiue en la troifîeme figure. Au demeurant noûS; regarderons ce iqur 
nous {èmblcraplus propre pour &ire fonneriafbrce de Ta conclufion:car 
iiyenadefigroisiers^quilsneiapeuuentcomprcndrey ôc difcntquAri- ^ 
ftotc samufc en ccft endroit en vne chofe du tout inucile:mais il vaudroit 
auunt qmls diflent que le iour neft point iour. Se queux mcûiiesnefont 
pas eux meûnes, que de nier la vertu de ceft argument. 

De deux iMcesy dom f un fe commet is preuues éireBes^ €5* tau^ ' 
îreéiAhdH&imskYm^fMç^ CHAP, VIX . 

R.ISTOTB ayant exposé hifàge des jnftnimems analyd- 
quesyil remarque icy deux vices & fautes trefiiotad>ljes ^leP 
quelles ne fe peuvent defcoUurir par lefdits'inftruments: . 
dont Urne eft fort fréquente es prcuues & arguments que 
nous appelions direâs^ ccft à dire qui concluent direâe-r 
ment le problème proposc;:ôc l'autre fe trouue (ouuent en lapreuue oblL^ 
qucquife&itparrAbduâipaii*impoflîb}ejàiin queceloyqui veutcn- 
treprer^dre de difcourir de quelque chofe >(è garde ibingneufement de 
tomber efdices fautes : si) les trbuqe aux difcours des autres, qiul les r&- 
iette incondnent>fàns ièniectrc çn peiiie cfen&tre plus ample efpreuae. . 

L e premier viçe,appattenaat aux raaociaations direâ ^^l^^ 
le vulgairement?fim» dumncfe.CdSi quand on demandeik qnbnprend ^«v^ Ufrt^ 
comme Axiome mdahi(aote .çda me^^^.qliî^eft en .dî|jKice.^tcUement »*'^*r^ 
qubnprouue ce quieft^^.pQQttFJ9^ed^ pâ^ Jb^ 
autre chofè qui defpend de la preuue de ce doW ilàgtt , do nuinicrctque 
celuy qui com|nef Cefte âate ne prouue Mocuo^mimc oe ^w^bit entre- 
Pris. Vray qjie deméndirkfrimff ^cmf m m ffm lMt^i^ux^mms^ Digireiuttn^ 

/nêrcft comme le genre, Card(^ui5qu\iod&ot]is .cAvideui&çn;qdolq^ Htfntmtrfm* 
maniçtequece>foit,cotnn)e.slfncpeUti;ftre:i»d^tjenbû^i^ . 
logi{(ique,oufiles pco^fiçioins fpAtjM3tamt>U!|du5'.<k^ 
conduiion, bref depuis q^;|^;»:qttc^l^vià^ 




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i4§ S Ev<^>Q H D! /.t ir V R E . D E S 

^UQgi£|[»^ pn pçyf .dirpi ne pro^u^ xim » encores ijue la faute tiy fou 

jDi^»»»^' Ei>?;^ciWrfl9H« ?ppf!V,Wvp^i»PPdH |>ria^ Et Dojurbicn entendre 
(^\A^ej(^Ç(.çç^ÙL}^qy^ çjfxe tout ainUi}ue des chofès cpz 

nms y ojpxis^ fe^lbîteçjMiJ^s. fournUfent. elles mcfincs la lumière pour (e 
£îirje vpir,;^ny a riç^ iquii^spuitre rendre vitit^es pbsclairemeat qu'elles 
n^çifpçç :-f;o{t|ime kj^Je^ ie&^ftrcis» h iôli» & autres corp lumineuxanais 
les^utreSfnerepeuuc^Cf^oir lùtniere qui n*efl: point 

eii,^lf;i^/aat2UUyepre£^ cppfes que nous, agitons 6c comprenons etl 
ooftiç^ceademeiitççgrlç^ foixtii claires dcfi mani&ftes délies nie- 
unes^quç qe(|èi;çdte(cjaifçr^u Solçilauec vqe chanddlc,dèn chercheraa^ 
çi^qiçpréuue :.çotrirhp quan4.£udide dit que parties égales adioufteesi 
paçtijCJî egal/çs. iQ t^p^ çgiil) cKi qi^ele touteft plus grand que la partie,& 
tejs aucre^X;ioipeSyqu|p^^,euxnie{niç$ la première preuue de leur ve- 
' n<4)^ pour çefte r^i(p%i9n|;appellcspnndpes,pource que nous ne pou- 
u ons cfie^cher plus auantia 'ca^lc.de leur vérité , tellement que ce fontles 
bornes Ôcpreniicres barriere^^d^ toutdifcours : mais les autres cho(ès,qui 
ne. font pas principes, ( comme les conclufions des^fyllog^fmes ) , reffem- 
bl^4t aux, corps qui n'ont point de lumière en eux , & ont bcfoing dcftre 
efclaircis dailleurs. Quand donc oo.diicourt de quelque choie qui a be- 
toing de preuue, &c quau lieu de preuue on jprena cela me&ne qubn veut 
pro.uue^ t ck& cout^inil ço^n>,mç -qui efta)erôic des peincux^s en vne caue 
ou ^ijt^lieu ob^ooùil ny àuroitpoiiu4e lumière , je cuideroit quela 
beauté defdités peititures fc deurdit taire voir d'elle mefîne. Or comme 
là'pbincureymieique^^u^ quelle pûifl*^^ ne peut pas fournir la lu- 
mierepàurki&ire voir :aitn(4>touteconcluCony quelque Véritable quelle 
poiiTe eftrc!, doic eftre e&laircie <&illeurs^ qïic par loy mefiàe, cbft à dire4 
mut ccoauecleprihcipeydpqueldependkivericé de laconclufion , dciu-; 
fqucsià-ceqifônîayctrJï^aé ccprincipcjon nevoidgoutè cnlacôclufion. 
V Gr il n'y a rrcn de plus-ficquent aux difcéurs de ceux qui ignorent Im- 
uention Analytiqucque cô vicedepètitionduprincipercar atous coups, 
au lieu de prendre le c<3tt(^q«cnc du Subic6ti&iantcccdcntde l'Attribué, 
ils pcrinpnt-on le Subieébmefinc, ou l'Attribue mcfmc, en changeant 
feulcmcnif les» Iraiotsîcoçmiejpour-exettipt^sîls- veulent poulier ccftè con^ 
ib^^^«j^ à\\ff^niToHstu!Hxqmf0iii-kfèpsf^é^ difcôurrOn^ 
fifuAf^ énc«(l»anfniîepc:"i ■ii'^b no r ■ ;/ *• '.^ .-•••y, *'■* ■ 

•j: ]ik»irtJuuttk3(mmiù^i<*^' > ^' i • ^' r ' 

--. £Qz^'di^céulp BevttU&pâsVfi'bdutoiij, &i ruffit,bour leïèfQfcélrjd^^nion- 
fttccqivan^eodp0nrpfhïdp«,Ë^ faut deh^3fi^ex;.tl^r ceuM 

k^T..!v.;.^//. fim:cdipiiBpâajn&&^«^ de&utre;t!éB^tnenô 



T>' i.,\î;v, A *.-, 




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PRIEVRES ANALYTIQyES, m» 

Tom ceux juifim mBifiis ff4r ^oy^ pntU faix de Idcofi^ciencek 

Ergsïls ompaix emers IDicu, . ' 

C AR auoirUf4ixJeldCânlae»ce,àC4ttoirpithcemtfr^ 
meTine chofe , èc partant il ay a point de principe ny de raifon en ce fyU 
logifmc, pource quetrc qui eft prins pour principe cltrActribuc mcfincs 
de la quellion , defguifé ieulèmentpar vne dluermé de parier:& fi on âd« 
meccoit vn tel fyUogifine , il en &uaroic venir là de dire que toutes chofes 
feprouueroycnt & feroyent côngnoiftre par. elles mefmes : ce qui ne fe* 
roitpas moins abigrdej que de dire que toutes chofes voyent par leuf 
propre lumière : Ôc toutcsfois Tignorance de l'Analytique rait quîl ny a > 
rien de plusfrequcm en nos difcours, querelles fautes: ôc non (culcment 
csdifcoursfimïliers,mais auffiauxfciences. Or commeily a pétition de 
principe quand le Subiecl & le terme metoyen , ou bien quand le terme 
mctoyen ôc TAtcnbué font vne me(mc choie , auffi y aura il pétition de 
principe fi le Subied nell point diftmguc de l'Attribué, Car le Subie(5t 
dcfaillantjCommefera ilpollibie de prendre le confcquent dudit Subiedlî 
L'exemple quAriftore donne dececy fe peut réduire en ce fyllogiftne: 

Toutes quantesfois que les angles alternatifs frnt égaux, les lignes fonrfaraU J^J^J j^rte^de 

Ules, ^ feùtiô eU friti 

Toutes <^ quames fois jue les lignes Çont farallelUs » les angles alternatifs font, 
égaux* 

Donc tûutes ^ puantes fois e[$êe ks lignes fin faraSeks , les lignes fint faralUles. 
Chacun peut v oir que ce difcours ne vaut riem 

Ce vice de la pétition du principe lè.peut commettre en toutes le% 
figureS5&: tantoft il eft enla Mineur, tantoft en la Maieur, ôc quelque part, 
quil foir, il gafte entièrement le difcours. Mais , dira quelcun , fi ccft vicc; oiieâù»* 
de prouucr vne chofe par elle mefme , il faut donc reietter la probation 
Circulaire , qui eft l'inltrumcnt par lequel nous examinons les plus par- 
fiides demonftracions. JR.c(pon{c:Combien que laprobation Circulaire 
monftre que tous les termes du fyllogifme font reciproques,fi eil-ce quil 
n'y a aucun vice au principe : ains les proppfitions dufyllogifme , quiell 
examiné par le Cercle , font trop plus euidentes & plus manifeftément 
vrayes , que la conclufion : car elles font caufès. d*icelle j fi le fyllogifmc 
eft Anfdy tique ; mais parle Cercle on congnoit Icgalicc du princij)e auec 
les extrenies de la conclufion. Et encore qubn' toiime les mefnies termes ^ 
en diuerfes fkços , tant y a qu'il ne fe peut pas dsre qu'on prôuue vne chofe 
par elle mefine,dkutant que le ternie mecoy^ eft confcKjuent du Subie£E 
& antécédent derAttnbaéide iK>npafr le>Subicâme(me ou le mcfme 
Attribué^qui eft proprement ce qubn appeUe P^emion-Ju fnhcife.Ez quand 
il y a pétition du principe au fyUogilme A ne fèniiroit de rieff da le cir- v « 
culer. Il fera encores parlépios atnplemtné de la pétition dû jirincipe au 
S Ikiredes Topiques. . :o u - . 

L B fécond vice aduicntaux'fjïll)Ogi<pacs,par lefquels' on vent prowoef dt'^77fe]!M 
vne conclufion vericable^en mcm^aatkbfiipdisâjQUtià conf nadiârion par ^Wn- /r^^ 
rAbduâio»aJrimpofBblc,4maiul IéttiMif«i<Ki> Terme ^ïiiceoyèn dô '^^T^^'^ 

II l'Abdua 



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50 SECOND liVre Dés 

rAbduâion neft pas pris des antecedeats ôc confèquents de l'Attribué & 
du Subied^ félon les reigles de rinuencion Analytique» ains tft tellement 
efloingné d'iceux> qutl eftimpof&ble «de les conioindre: comme, pour 
exemple,n quelcun voulant pronuer ^uele Diamètre dttft4rreefiiHc$mmett- 
furahle^ vfoit diine telle Abduâiûn» que autrement qui le voudroit liier il 
tomberoit enl'abnirdité de 2leno » lequel diroit^Mr/»3' ^ ^ointde monue- 
punt: ileil certain quecda (èroit à propos comme Magnihcatà^Matines. 
&luy dira-on à bonne raifon que telle abfurditc ne peut procéder de 
rhypochefe fur laqt^ellé il la veut fonder : Car qu'elle conuenance y a il 
du diamètre du quarré, (oit commenfurable où incommenfurable» auec 
la queflion du mouuement ? De manière que quand bien on ofteroit 
rhypothefè de Zeno , labfiirditc qui seniùyuroit parla contradiâoire de . 
noiîre problcme,à (çauoir, Que tout diamètre du quarrc eftincommcn- 
furable, ne laiflèroic pas' de (êprouuer daillcurs, dautant quelle ne dépend 
aucunement de ladite hypothefc, & na aucune conuenance auec elle, 
corne il lera remarqué auxElenches Sophiftiques. Ain(i(buuct il adulent 
quetlans tran(portcs ou de chaleur de fa difpute , ou de haine contre \o- 
pinion qu'on veut conuaincre , on dit <^ue ceux qui la tiennent nient la 
toute puitfance de Dieu, nient la diuinite delcfus Chrift , quils nient que 
lefus chrift ayt veftu noftrc nature. Mais ceux^qui en iugenp fans paffion, 
congnoifTent aifèmcnt que le plus fouuent les impoflibilités contre lef- 
quelles on déclame C\ haut , ne {e peuuent pas conclure analytiquemcnt 
par les hypoçhefès iur leiqaelles on les veut fonder , quand mefme Icfdi- 
teshypothéfes feroyentbienprouuees eftrefàuifes. Orpour iègarentir 
de cefte faute , te pour bien Êiire l'Abduâion ,il £iut que fon terme me- 
toyen foit cônioint auec les extrêmes , tout ainfi que lesi^llogtGnes di- 
reds :au(n auohs nous veu quellin fe réduit à lautre : tellement que le 
terme metoycn eft ou du tout eflomgnc dcfdits extrêmes, comme en fe- 
xemple proposé, ou quilayt communication auechinlêulemenc, & non 
auec lâutre , T Abd udion ne vaudra du tout rien. 

^g'/^ faut monUrer le premier faux^ oppofknt^ im fre- 
mierwajyîccomairicreparl^Slenche. Et comme ilfatU 
euiter leé deHoun Jbpkïliques* C H A P. V I IX 

I^^^Pres quei^rle moyen^inftruments Critiques ^donc 
nous auonspaj:lc.cy deuancjonaura congnu qu'un difcoors 
^ ferateUcment vicieux j que non feulement il a quelque pro- 
poiùioa&ufle^iEnais auffi que laconduûon nen vaut ricfli 
il &ut incontinent defcouurir la première fburcc ôc-origine 
du faux : car comme la vérité de tous difcours & preuues Analytiques dé- 
pend de quelque origine & Axiome, qu'on appelle fremeryra^ , lequel il 
faut trouuer auant toutes diofespour difcourir fbiidemenc de quoy que 
ce (bit : aitiG pour conuaincre vncerreur^la première chofc quil&uc £ûre, 
cHt de defcoutinriÂiburic.dcibn fondement , car nous ccouueroos en 

fin 



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PRIEVR.es Aî^AltTÏQVES. 151 

fin (juïl prouicnt de quelque faux Axioixie,- qui sàppelle 'fymïerfaux^xy^- . 
pose au 'Premier Vr<fy , ccft à dire à quelque Ax'iôme (i euidemment Vray, 
<jae IpS^netcâAc lùn aiiprcs de laiuftre , il ny aut'i fiuBc difficulté à difcchief 
liiri dâLiec|àùcre.Quepleuft àbicu,que Cous^ccux qùi femeflcc tfclclaircir 
& détendre la vérité jlceuffcrït Bien prattiqucr c6cy. Mais le malheur de 
rioftre lîcclc eft tèl, qiie chacun femcfle dcfcrii-e ôê dchfcigner ; auaËt 
(jucl^duoir comn>ent ilfauc bien eferire & bien énfei^nerl Atîfli voidon 
que la pluïparc dçsefcrits dé ce temps vicilliffeht ô£ ftieurcnt auaht leurs 
^ears. . ^' • , 

O R. comfncil fly a rien dé plus nccedaire pôur fc gârder 4bft^etr6m-' ^^t*»*' '«^j**- 
pc que de remarquer, foingneufemcnt létaux principe , aufli ceux qui" 
éous yeulenc trô'ni-per nont rien plus en recommandation , que de le c'a* ries. 
éher le plus qulls peuuenc, en prenant des deftours fort longs,& extraua- 
gAîls poùT^oùs cilourdir de telle forte , sils peuuent , que nous nepuif- 
lions-deuitrôr où nousauons commencé à nous fouruoycr. Comme par 
excmplejlivnfophifte entreprend deproiiuer, Qj4e U luxure eflyne choje- 
trejJiuhéiUraifeypicnoy^ni biê quil neft pas aisé damener vn home qui au- 
roit tant foitpeu ,dc rcfte de raifon a aduoucr vhe fi i'mpertinfenteconclu- 
fibn, il prendra vn grand circuit, &c propofera pluficurs demandes en "ce- vefi^urs Sùfhi 
AcmùlvctCyCejuh^ ton neflttffdf fiuhaitrAle^ Et zys^ntc^ ^'y*f^v 
ile entrée fore plaunblcjil pourfijyura ainfi. Ce ijm efi cefmenahle à'fd nkeàrei • 
nefi bon? Item, Ce mi ep aggreahle aux fens^fi-il fdf cûnuenaèle ^ U ndrtire?^ )^ , ' 
Icem , La yolafté nefi elle f as aggreé^le du fem f Item , Ld luxure nef-^e f as yne 
yokftit ' ' V . 

T o V T E s CCS pfopofitions ont tant (fkpparence , & fbtit telleménc 
îointes lUnc à lautre, quil ncft pas aisé de dcfcouurir où gift le vénim. Et' 
neanpmoins,àyant accordé toutes ces demandes, nous ne fçaùrions' eui-, 
ter la conclufion , quoy que nous, la dcceftons comme fa!(? &-'Vi!aine-- 
Quelquesfois inefmcs va rusé fôphillej pour troubler leau JaUantagc,- 
confondra l'ordre de (es demandes, afin dbfter tout moyen d'èlé'fiiyure à' 
latracc&defcouuriroù il- eh veut venir. Puis ayant obtenu pir fur-' 
friniëtOutê tellerelponfequil aura voulu, alors il renfilera toutes fespro- > 

fïofitions dételle Ibrte.quil en tirera fàconclufion,quelque abfurdequel- 
c foie. Les Grecs appellent ce fophifine Sûrites, comme qui ^roit^masy sentes. 
pourcequîl fe fait par vn grand amas de propofitions, & cftoit en vogue 
du temps de Socrates &Platon> ainfi qu'on le peut voir enfèsefcritSjdku-^ 
tant qi^riftote nauoit encores de(couuertlçs tromperies 8c déceptions^ 
qui font cachées parmi V ne telle multitude de propofitions ,& làuoit? 
cncores enfeignc [artifice du fyUogiûne : Mais depuis Ariftote toutes ces» 
finefTcs font tellement dcfcofmertçs, qUelley (ont du totit bannies des éf-f 
crits &di((fours des bons auÊcuirs. On donne Con:^muncmcntceft<S$em-' . 
pleduSorites: ' ^ 

QmiKfitiienidortiien. ■ ' ■ . ■ . S 

' QmJ^rr tien ne pèche jnflnr^ 'î^' . ' .-L r: , 

Qm ne ff chef oint fera jkuué» - * ■ - 

II % Srgo 



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15* S EÇPND LIVRE DES 

Q^A kD nous voyons ces concluCons ridicules j nous nous moc- 
quoas de celles capàpnsyppurçe qiul ny a fineife ny artifice qui nou$ puif. 
& ernpe&her dcn congpaiftçe la vanicc. Mais quand les mefmes fineflies 
& artifices font appliques à quelque matiepc plu? obfcure, alors nous 
nous laiflèrons tromper & coiffer dbpinions erronées, U a donc cftc bien 
Mojrnttcuirer ncceffaire qaAriftocc nous -cii aduercift. Or Je moyen pour cuitcr ces at- 
Usdep(*rsc4' trapdires, çcft de trancher court à ce fophifte',& ne luy laifler feire tant, I 
^^hî^esf" demandes , ains luy dire quil reduife (on argument en fyllogifme eâ 

tel^figurèquïiluyplaira:CaifileSoriteseftbon,ii{ê' 1 
• ■ ^. ou^çrpis lyllogifmes, félon la quantité des propofitions,& sileft vicieux, 
le yiçe fe congnoiftra incontinent ; & par ainn nous tirerons le fophiftc 
hof s (à tanière , 6c luy monftrerons le iour malgré quîl eii ayc. Car fila 
conclufion du iyllogifme fauffe » nous mettrons auili toft )e doi^ fiu- 
le premier faux, qui sy crputtcra fi apparccqu'ilcnaura honteliç mcfinc.. 
Au demeurâc>depuis que nous laurons amiencà ce poinâ; de réduire fon, 
difcours en fyllogifine , il nous Éiùdra fi)ingneufemcnt prendre garde à 
la difpofition de les prppofitions , à fin que voyant ce qui. sên peut con- 
/ ■ , ,,, c.lufer.notis les examinions fi bien queaious n'accordions rienlçgeremec. 
Ltsfrffftjttiàns Car ayantaçcordé les propoficions , ilny a plus de moyen dcmpefirhcrla 
accordees»»nne conclufion -, telle. quclle doit eflre par lartihce des figures : comme peut 

^'r!ht!ldlZ- ^^^"^pl^> auroit acçotdé que 

J^fan. ^jdyienmflàfuiry ^ . Item que. 

Trouve yoluptééfi hienp 
force I^y {croit; daccorder aufli que w& voluftp neft i fmn Autre- 
ment ce feroitvne pure impeainence , ne trouuantrien à: redire aux 

f>ropoficions,ôc ny ayant nul vice en la figure,de fiure difficulté dâdmettrc 
a conclufion. Et Fart du difcours nepfèi^e point dautrc remède à vnc 
celleinipertinence , que de fuir la conueriation de ceux qui en (bntafle- 
âcsy ôcjçf recommander a S. Maturin:mais celuy qui neft point defi)our- 
ueu.dè iugement naturel,, il pefiïra les propofitions auant quefê hauerde 
rcipondre puy ou non : comme en lèxemple proposé il remarqueta que 
cette prppofîcioli eîft anibigue, 
. Tome yolafte efl tien: 

Etppurtant, auant que delapafler^ il sefclaircira comme onentend 
ces mots 4c y^ûluftéi^ de ^/VxiEt félon Tinterpretation qubn luy donnera, 
il accprdiera pu niera ladite propofition, & euitera par ce moyen tout in- 
çonuGnicnt. Donc,apres qubn aura defcouuert le premier faux dbù pro- 
cède; quelque fàulTe conclufion, il faut incontinent luy oppofèr vn pre- 
mier vray , &; eonuaincrpns par ce moy<:n le faux fyllogifme vn vray 
Eletuhe fyU^gif 1^**^ qui l^^X iç*^^ opposéxcft ce qubn apçiellefifr^c^f : comme, pour 
exemple, fi quclcun auoit demonftré lecliple de la Lune par lêxtindion 
de la lumière delà Lune,nous ferons vn Elenche,par lequel noui demon- 
ftrerons ladite Eclipiê par (à vrayc caufe , à fçauoir par Tintcrpofition de 
U terre : ôc par cefte oppofition du difcours vray ^ Analytique» nous fe- 
rons* 



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PRÎEyilEg/i^-NALYT'IQVES. , 153 

rons> commc.Qfi dit^i&ixçpiecrç 4cwx coup? ; car nous confirtherons la 
vente , & defcouurirons Icrreur ôc la Êiuflcte par mefmemoycR. Nous 
parlerons 4&çecy plus at;nplfinentauxliu^^ 

donc ce qui appartient à la première manière' du iugement Analytique, 
quiconfiile en,la coUpc^ictji^^^^ 4^ J^llogiune 

qml âut examiner. 



.1'^ -.-.r V 



-A -, 



D.» fécond moyen M tugév^nt An^ù^^e^pom4:omger U de^ 




*A V T AN T .^uojle iugemçpt Analytique tend à congnoi- 
ftre la fçiencia pai:6i<Slej, & ^\x& la fcience ne peut çftre par- 
Fai£te,fi elle eft.nKsflee auec qut^quç dpinipn erronée : Ari- 
llote traide icy. dùnt fecond. nîoye^ du iugement Analyti- 
que, lequel ne conûftej pa^.caat^n la cplloçaiipn ft: di{po- 
fition des termes du difcours, quenla correâion de quelque erreur qui 
eft en Ibpinion. Or on peut' errer en troi$. Q>anieres, méfmesen ce qubn 
fçait aucunement & en panie : ^ ces trois , màpicres dêrrer en ce qubn 
^2dt font appcllees par Ariftopî</f«y'//«;p.<^ ftf^/wtf», laquelle déception il ^/''«/"'«m 
fàutdcfcouarir, S?la difccrrtér d'*ucclaftîei>ceparûi£tçparvniug^ 
Analytique, 

. Là première cipecc de la dçccptionrdQ|ûmoii î çefti^uand^ premereefic 
quun attribue , lequel app^irticût premiçn^lEtfiCte^^^Wry^^.plufieurs fub- «</p detef>ri99 
icâs du tout diftin<iis & fepârcs lUn de loutre, ne'conuienne qua lun d'i- 
ceux. Ik^pclle appartenir |premieretne^-^ pÀr. fqy àdeux fubied:s,quand ^partemf 
latcribne ne conuientpointifunàcaufcdelauge: comme, pour cxem- ^^^^T^^'L^. 
pie, Çenm sartribuera à t homnic&à faoinialîmaiî il neft attribue à l'hom- * 
me qtâ caufc d'animal , & non prenxiçreînent.. Nous p^^ndrpns donc 
lexéple de ceft erreur en (âmét I;iqaes,quiccç^Jîfndpeux qui scxçufoyent,L 
difànt que toutes tentations vcnoyent; d^DiçÛ feulemêt,âç non pas aufli 
de leurs cocupifcences, comeainii ibitqjtjiel-E^rùure iàtUide attribue ce 
mot Tmer\ deux {ùbieâs diuers eniciereihent ,à^auoir àQieu Ôc à nos- 
concupi(cences : & pouruhc faitiâ laqu^ nous ^dubtitde nous garder 
de cefte déception dopinion^jenrcuidat qupJDiçiinous tente quand nous 
nous laiflbns tenter à nos concupifcences- - 

Cest erreur fepeutiemarqtMrer^tai»«e9.kî^cestceme^oùrexem- ExtmfkdeU 
pie, en la Médecine on reprend 1 Auerroës de ce quïl a' pcnlc que le pre- /««iw? fer- 
mier fubieft de la folurion de coniin«Mtç,c*eftpitproprenîçnt la partie fi- ^l^p^^^^y 
milaire. On reprend aufli cewx qui ontxlit.quUfâiàloitcorifiderer enk; 
partie iriflxumentde {èulemerit. .Etceuxiy.ôi Auerrbcç fe font trom- 
pés en cela , & ont eu vne fcienccmcflec aUec ri^orançe : Car Galien a 
monftré<jue la folution de conrinuïcé cft commune cgalêrnent, ta.n't aux. 
parties fimilaircs, quaux inftrumentales,îçllQînet quelafcience de Galien,. 
au prix de celle des autres,(è peut appeller pac^iâ^ .L« difçpurs donc de 
GaucnfereduicencefyUogimk: î i- 

H 3 ' Toute 



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Il 



i54 S EC: O'Nf D 'Li E b E S' 

Toute maladie quiefi tnldfdràe JhnHdrie^enVihHmmeMàkioff^ lèsjiff 

éHms namnSes, * * ' ; ■ - 
TouteJolùHon le cofmnuUeeJl maladie eiVd yartiè fimildret^ V» rirtSm» 

/ 590»ct9t^efihtn0ndeeffimn/^ré'empéfih^^ ■ 
Mais le<iiîcoursd'Atierrocscft tel: 

Toute rpalaJie de la partie Itmilaire ojfenfe les jinBions natwrtles, 

TouteÇolut'tondecomirmïteéflînklàdiedel^ Donc 

T'ente folitmn i/f commité ojfenfe les fonFti(i^1^>3âd(ûpèHts. 

L A Icience qui cft côtnprik en ce difcours cft ioitxSte auec de Tigno- -i 
rance : lacju'élle ignpraitC^'coHrte^fois eft ibpinion pliiftoft'qrfïadi- i"i 
fcours : car il ny arica au4itcôuf5<jui ne foitvfayimaistantyaquunbon 
médecin iugera quil tft mapquç quAikepf oes a ignore q^uè la folution | j 
de continuité cil comu^eta^lt■à'la parcie fimilaiFe,conime a l'inflrutnen- 
' taie. Son difcours doncncft pas Analytique. Autant en eft-il de ceux qui 
dilcouroyentainfî; - ■ 

Tome mdddie de la farûe in^H>nemdle offefife les ^nBims^ 

Toute folution- de continuité eB nialadie de ta f Ortie i^îhumentaU, Donc 

Tomç folution de çontifmïté offèrtfe les fonéHofUi " . 

Il 7 A tout aucant d*ignafance en i£e difcours, quenceluyd'Auer- 
roës.Et celle déception dbpinion Ce delcouurira par les rai{bns,quimon- ^ 
firent que là folution de coric^niiïté éft pretnierèment & parfby , tancea j 
la partie inftrutnentàlcjqû'tifl k^milair^ , leiquelles Galienacraiâees am- 
' plemencw = "• ■ .v'i.u:'; ■ • j : . 
sec»nJeeg-ece E SECOND crrcù't^ii'l^ôînïon ,'c*éft qua^d onalaiciencevniuec- 
de dtceftionen fcUe, mâis à faùcc dêxperîéttitè antie peut appliquer cefte icience aux cas 
l o^tnttn, particuliers. Ccft crreurfe trouué en cciix quL'ont longuement eftudic 
en quelque ftience,fàns lauDiFiamaiS fnïfcen pra£tique; Carils font bien 
fouuent fi impertinènts jqiiîl vdadroic tfop mieux quils euflent iexpe- 
riencefàn'skience, que là liri^ciribe'friîs expérience; AuHi ceux qui ont des 
procès fe trouuec trop tiiieux du confeilde ceux qui Içauct la routine du 
^ palais, que dé ceijfx qui i^aifém beaucoup de Grec & deLatin, & peu. ou 
point de^Frarn^ois; Et lés nialadeâ;fé fîecont ^uftoil de leur £inté à quel- 
que vieil Apom-icaire bien «£^tlmenté^ua.va ieune médecin qui fçaura 
ton Galiê & fon Hippocrates fi>r le ^oigaCar de. quoy icrti vn lUrilcôn- 
fultedel^auoir'coutes kïniaiïÉlnfiAîS ét droitj ôs^lauoirles glofes ôcles do- 
âeurs à coinraaudetacfiC'y sfl' ne (çaft refoudre fur yn îàiA particulier 
. qui luy fera proposé ? Et idcqudy fcrt à vn inedecm de dilcourir en vnc 
confuitation de la.folutidn d^icbntii^uïté,oU'dequelque autre poindl de 
(z fcience, s'il ne fçait ce qul<ë{t bom^particulierenient au malade qui Ikap- 
pellé ? Aitifijdéquôy fcrci!-vn:Matt^nmicien de içauoiren gênerai qiic 
tout triangle a trois^angics! égaux à dtux di*oits,éil ne fçait quant & quant 
quece triangle là , fie ccftuyi là tous- ceux qubn luy fçaaroit prcfenter, 
ont trois angles égaux à d^uk: droits ? Çfcft,dit Ariftotc, comme qui G^zw- 
roit en gênerai que toute mule eft fterile>ôcdo^utciioit neancmoins ù quel- 
que 



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PRIEVRES ANALYTIQyES-/* MS 

que mule qu'on luy monftreroit pourroit porter , & ne fcroic pas fterile. 
Celle icience donc (èroic fort imparfaite , Se pouf cefte raifon eA appel- 
le erreur en ccd cn4roit , par Ariftoce » où il nous veut aduercir des opi- 
nions qui nous peuucnt empelcher de paruenir à vne vraye icience 6c ac- 
complie* Tant y a toute^is que ceft erreur neftpas du tout contraire à 
la icience, car il confifte en l'ignorance delà ckote finguliere ,& la fcien- 
ceeftvniuerièllerde manière que ceftpluftoft defcâuonté dcfcience^ 
qiûm dilcours d'ignorance j qui fe doyue oppoiêr a la Icience j comme 
nous verrons au premier liure des pofterieures Analytiques, que les lyllo- 
mfmes d'ignorance sbpporent aux fyllos:i{hics de \à fcience. 

Le TROISIEME erreur en lopinionelt le plus groiiicr de tous, celt ^^4^ dtee^tU» 
quand on penfc qu'une conclufion véritable dépende de propoficions tnVtftntM. 
uuflès, comme ceux qui croyenc que rEclipfè de Lune fe fàifoit quand la 
lumière de la Lune venoic à s'efteindre, & toutesfois & quâtes qu'on croit 
vnecholèvraye par vne fàuflecaufe, comme quicroiroitcn matière de 
Théologie, C^ue tous ceux qui font en Icfus Cnrift ibntabfous de péché, 
dautanc qu'ils font parfàidbcment iuftes en eux mefînes : cède icience 
faoit nicrueillculcment ignorante : car la conclufion cft vraye , mais vne 
telle cauièleroit tresËiuflè.Cbft comme qui voudroit demonftreren Ma-^ 
thématique que tout triangie a trois angles égaux à deux droi^ par la qua- 
drature du cercle t ou tel autre làux principe. Lbcemple qu' Ariikote don-* 
ne de ceft erreur, eft tel: 
Lemdlejlhien* 

LetUnefimaL Donc 
LelnenejUien, . 

Geste conclufion cft trefùraye: mais les deux propofiti«tis font 
tresfàuflès.Celuy donc qui ne congûoiftroitla vente de ladite conclufion 
que par telles propofitions, {evanterpît à grand tortdbn auoir la Icience^ 
veu quelle eft embrouillée aucc tant dërreur,& que lei&ux ne peut iamais 
engendrer vérité : Car , combien que quant a l'artifice & difpofition des 
termes onpuiffefâirevncçpnclufioflvrayeaujecdespropofitionsfaufte^ 
fieft-cc qu'il ne fùut pas pcniçr que telles fauiïes propofitions puitlenc 
cftre çaulèdune conclufion véritable. Autrement nous receurions Icfdi- 
te& propofitions iàuftes comn>é Yiayes>qiii ièroit bien nous eftoingner 
du Dpn chemin de la iciençc;; , . 

IDiy irmpeme moymd» làgementj AmlytupêeiContenaat^ fix 
re^es tombai kiàfcùmiimpbe^és. chap. X. 

N c E s T E troifienjf, partièdu lugetnent Analytique Ari-^ 
ftotc enfeignèa iuger &: examiner les di^ouirs cp de 
plufieurs arguments impliqliçs enfctM jans qu'il foit be- 
foing de réduire àpj^rtçnaq^cj^H^^^^ ^g^j;;e,£tpour 
ce faire il donne lixtçigjes, " r _ . ^ _ 

La première reiglc eft ceUe :.C^uiUidIei^^^ conclofion, ^f^^'r*^ 




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X5<r SECOND LIVRE DES 

foie affirmatiuc ou negaciuc , font réciproques , & fè conuertiflènt mu- 
tuellement fun aucc Ikutre,!! ell Aeccflàire que le terme metoycn foit auffi 
réciproque , ôc Ce conuettiflè auec fun Se lautre deiHits extrêmes. • £t au 
rebours ,{i le terme mccoycn eft réciproque auec hin â^jâutrc extrême, il 
sen(uic que lelHtts extrêmes font aufli réciproques entre eux » comme 
nous en auons (aiâ lexperience par la probation circulaire : de forte que 
parle moyen de ccfte reigle , nous iugerions de la circulation & recipto- 
cacion des termes du fyllogifine^fans le réduire en figure. Mais qui vou- 
dra eftcdrcladice reciprocatîon,ille fera parle moyen du cercle. Donc les 
exemples de cefte reigle feront pris de ladite probation circuiaire,qui eftlc 
premier inftrument Critique. 

senndereigU. L A fecondcrciglc eft telle. S'il y aquatre rcrmes,commc,pourcxem. 

pie A,B,CjD, dcfquels les deux^à fçauoir A,B,foyenc réciproques encre eux, 
& c,D, pareillement réciproques -mucucUementrsil ell ncceflaire que A du 
c foit en quclqûe chofe que ce (oit : nous conclurons quîl eft neccATaire 
que B ou u loicauHi en ladite chofe. £c pour entendre cccy plus facile- 
ment, nous mettrons des termes de quelque exemple fiimilicr à chacune 
de CCS lettres. Donc a foit Sjlre jans commencement 0* namiri. b, 8She pn^ 
mortel, c^x^iuoir contmencement&ndimtL i>»SfiremorreL S'il eft neccfTairc 
que toute cho(è foie fans commencement & fans natiuitéj ou bien qu'el- 
le ayc comniencpment & natiuitc , il eft auffi neceflàire que toute cnoiè 
foie mortelle ou immortelle. Eudide au cinquième liure de fes Eléments 
ùk toutes fes demonftrations par ces reigles des dilcours impliqués > 6c 
prend pourreciprocacion ou répugnance ridcntitc ou diuerficc de pro- 
portion. Ccfte kconde reigle ailigne à chaque terme fon contraire ôc ré- 
pugnant par la rcciprocation. 
_ La troifieme reigle eft la conucrfc de la précédente. Si A ouBcon- 

^U, uiennent a quoy que ce loit, & c ou d ^ pareilicmenc : li a & c font reci- 

proquesj b ôc D le feront aufli. Reptenon donc Icxemple précèdent. S oit 
Aj ^uoir commencement : B , IsTdtmr point Je commencement : c , €^re mortel: 
Dj E^e immorreL Ayant ainfi di{j:)Osé- ces termes , nous argumentons ain- 
fi : Dautanc que toutes chofe ont eu commencement,ou nen ent point 
eu: item toutes chofès font mortelles ou immortelles : fi A 6c cccfti 
dire, ^uotr commencement fiî E^re mon'elS^m réciproques, il senfuit que B 
& D le font au(B,àfçauoir , ^moirfomt eu âe' commencement ôc Efireimmêr-^ 
teL Cefte troifieme reigle condud la rcciprocation par la répugnance 6c 
contrariété. " / - : ^ ■ • '-'^ * • 

L A quatrième reigleeft cefle : Si .c<>tMn^t à tout Byëcï tout C> tel- 

^rtemertt' j^jj^çj^^ ^^^jj ncpuiffe eftrç atiribuc à nulle autre chofè,finon autant quel- 
le fera comprime fous llin bu lousliitrc : fi b conùientà tout c , il eft ne* 
celfairc que a & B toycnt recîjproqUes.^j^^^^^ Appellon a , ^mmdî 
B, a^dmfenàmentx iil^m Ces termes ainfi rangés» nousar* 

guiÂenterons en (:el!ti%rt^:b^ûtan»qiK; tout ce qui a fencimenc eft ani* 
malyôc tout participant de raîloh eft ^îthal,cellement que animal ne peut 
éftre dicifaucunéafitréchoie', noûs-concluo'ns que fi to^itcc qui eft par- 
ticipant 



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PRIEVRES ANIALyTrqLVÎ& %if 

dcip:ait de raifiarn lemimeac » ^ s'enfuie <]ttr animal èc vpxit i^ncànitnt 
foncrcciproques. Cefterdj^ donciuge-delaiiecïpro&àdûn des termes; 
parlesaccributions, qui font tellement vniuerièlleSi quèll^nc peuuenc 
conuenirà nulle autre chofè. - \ ' . 

La cinquième reig^eell la coAuerfe de la prêéedehte. SiÀâcB côn- Cm^^Hmrtk 
uiennentàrouc6, dc.c &; b fbaciâiproques» ilienfuit ncce&àirement 
«{uèLA conmeiKràtoutB. ExempleyS^it Ac><!Mnw/)&«9i«9r^^ 
Cibinmr ; d'iatitantoucA de B> cUtà'Ciire4râM/& ^ém:fit0^4e.nt«^<itk^ 
uûnnentMllenwnci^ôut hommes ^^frad^ itum font 
teciprôques: il âmTait que^4ïMW£ooQ^ent.i j^rtuir ^^'^ fieçaltiJe-m^^^. 
i dire riwrrf ^ petêtrire e/i ^mmuLCeàc reigle^ & la pr«c0deniie>iont de 
gèaml v£age pour iuger des itiduétions* dont nous parlerons cf après: Et 
poui en entendre mieux iaprattique^nous en donnerons eiicor cdftexiïm^ 
pie. Soit A eflre de longue V$e,^ n4stoirfointdehil§y Xjtcerf o*t»m t^ ^tmtek 
mnhuux, Siddncr A fiCB , Vefl; adiré eH/y de Ufiff^e yie , bcnéut^rfoimdr 
ink, peut dire dit du cerf tSr de tous dutresMmmmx defareàte ;7j<^rir,tellemcnb 
QOC B & c , cfcft à dire ce <pà no, fem de. Itle , & /r cerf tp* Attires tels dmmdH^t 
(oncchofès réciproques y ilri^nfuicqae Ar€cii2k&x^eftted4Unffie^>iei {t^ 
raditdetout c, ce(k z dire de rout ce juinaj^oint de iiie. Gefte reiglecon- 
dud parla Wipfocation dcstolrmcs,quel Accnbuécoauientà ron Sub-* 

La s I X I E-MB «cigle eft admirable entre les autres , ôc cft (fi^^treT-* 
grand viâgeés cho&s où iiefchet comparaifon. S'il fe prefente quatre 
termes> donc les deux > comme a> b , myenttcUemeht contraires l'un à 
hutve y q¥ie Km Cmt plus à deHrev que bucre y^ks 4ctfx ancres , d >^ c« 
ibyenc au(fî contraires cntelleforte >que limvadle mieux que ^iimT^ fi a 
^ic ioinâsienimblevalènt mieux que B& D jprins aum en(èmbiè,il 
sSftl&itquv A tour ièul vaudra mieux que o tout ièuL 

Po vu plus facile intdbgence de cède excellente reigle, il ièra boa 
dèn donner piiffieors exemples, ôcies di^oièr feloû i'iocendon d'ArUo^ 
te. Lepremier exemple donc iè figurera ainfi: 

■ A B 

' Sdmé» ■ . . J^dhtdieé - 

D - c 

Il EST aisé de prattiquer noftrè reigleiur ccfl eïemple.-Carfànté 
tt maladie font tdlemenc contraires j que la (ànté eft trop plus â defirer 
que la maladie. Etpareillemcncpourecé 6e richeflès (ont oppofees en tel'» 
le force, que les ncneflcs valent mieux. Nous argumenterons donc 
Si £uué auec pourecé vaut mieux que richeflès auec maladie , il ^nfiiic 
donc que laikntc eft plus àdefirer que richeflès. Il ne £iut pas oublier lè* 
xemple d' Ariftoee ; qui eft du tour gentil, de femble eftre pris du conuiue/ 
de Platâ.Il eft queftion de (çauoir ce qu'on doit defirer le plus en Amour; 
fi d:ft kmitié& bonne ^:^e de ià maiftreflè, ou bien la iôliïflànce char^ 
nelle. Ce problemeièponnoittratâer abondamment par les lieux qac 

KK nous 



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xiB SECOND IrlV RE DES 

XHi«9i«wÉoQs 9a tppiCemç.liuro <des iTo^iqxies;; nuls .poiu 6 YeC}a(ire 

ï> . ■ .r.rtî.-: ' ! ' ■ / " . . " J j 

, 1C B 1 icermes aioii âiipoicSjil «ilguineiïcer enctâ^rcc : Sicdoy 
rftcrop pliis^eaitux.'qui aUsi)onnèsgriù:es defaauaih^flèâdarMranu^ 
vè» ienoQfès que la iouÙEkncie chàm^eiuy foit denkc^olrcèluyi^iiii^ 
pQtcçTConicià: quevce foie bïom(îaËnocjcharneUc, & eft luu> il^sietiiùftiioRc 
qu1lvd«£ mieux eftreaimé,^ac de iousr-^tûirnèll^ 
in0J:ifti« c[ucla fia'du boaâthour -^ft l*amk iaiouïâ£ncc;dp 
corps napparticnc à l-amouiique enuot; quelle ayde^urparueniï à U fia 
principale, qui dH'ami^c. • • : 

Il Y A vn bel exemple de cefte manière de compïiraitoïi en rEpiftrc 
deiàittct Paul aux Philiopicns au premier chapitre , où il dk qu'il neiçatt 
^.u^.choifir, &fe rcfoult après, fayt^aftt celle reigle, au moins.'cefte rciglc j 
oéOfîftre^Uilchotficbien. ■I^;cetmfsiontifidbAâde9&i^:aiafi'diip 

-dcio^KipiiiWiiyh 

. .kfmChr^ . .-:i^»irâriiiihCMjp^jtf&:^ . ■ . ' 

/Ces. termes i^iniîrâii^Qsc^^oiisiiigerûns facilement que le bien com« 
inundei$ £glifes eft tellemencopposc au bien particulier de £ùnâPau^ 
tjuil doit eilre pre&rc.. Et la mort de làinâ Paul> fuyuie dUnc vie étemel- 
le ôcbienhcureufe > cfk aufli ttop plus à detircr pour luy > que ^ vie en ce 
monde)k)inteauetl»eaucoap d& nûitt^Si&ccfauaux. 

Ces cho&s donc ordonnées en refte faij'on, nOu!s argamenterons 
ainùG : Si le biâi commun des Egli&s > qui eft auancc par la vie de ùmGt 
Paulpldne debeaucDup de nùfercs iSctrauauzy-eftà proèrer au bien parti* 
culîer de ùinSt Paul,qui eftauancêpar ù. mort>kqueile le mettra en la vie 
«ternellç de bi^euieofe tCmes âinâ: Paul idoit plus dêfirer le bien 
ccyftW^ des E^iièskqiieiainiirt ^.cncotes que par icelle il patoiemie à la 
ioaiflantc de la couronne qull tectursi au Ciel. Kous apprclidrofls aux 
Topique à dilputerces comparaUbns ^robablemem aepait &<£uitre: 
mais ce moyen Analytique eft udâflèaïc^ trc^tompcpoar toutes dé- 
libérations. . : ^ 

D^AVTANT quunc grande partie de la prudence humaine con» 
lîfte en telles comparai{on$i& à fçauoir choilîr de deux biens le meilleur» 
ou dedeux itfeux le moindre , il ne^ta pas inutilexkn propoiSrr encores 
va exemple. Pceaon iecasquuaPrince ou voe republique «L^cte le* 



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PRIEVRES AiNALXTÎ<^EjS. 

^Ufl des deux lii,y eft le plus expêdietic, Ott,4^r ^^in^ iapaix^^iE; jcs 
vqin,n^> pu 4&sieifo)rcer de^çci'Qiike &augme^i r<^|v^{la(.^ 
bieiu qui luy font prei^ncés , la paix.dlin cofié >/^4^^g^£J>^i^QP deibn 
eftat de laûcre. Il dl qucftion de cEoifif le meilleiK^; {4ous ptr^ôqti^oas 
ainlî noitre rciglc: 

D C 

Il eft certain (|ue la paix &k guerre (oftt 'tellehicnt contraires, que. k 
paix eft autant à defirer, comme la guerre eft à fuïr. Item l4ugmentation 
de léilat,ôc là conièruatîon d'iceluy, (ont chbies tellement oppofces, que 
laugmentatiôti vaut trop mieux ^ ô(principàtemèi;it(ik<0Alèruatio4-eft 
ioifite auec quelque fncomodicé. Pour nous refeudf e donc en cfe choix,' 
nôus ârgunienteroris ain(î : Si la paix auec la confeuacîon delcllat («n-r. 
cotes quily ayt quelque incommodité) vaut mieux que la guerre auec 
augmentation de lé(lat:Il scnfuit donc quela paix pf ^^^^mû&HWt ixiiem^ 
& eit plus à délirer que laugmcntation de Icftat. 

E T sil éft queftion de monftrer que le choix & cledliôn qui (t fàit pat 
ceftc reigle eft crcfbonne, on pourra argumenter ainfi ;Puis quîly a com- 

f}arairon entre la paix 5c Ikugmentation dé kft;^t, il faut par necelHté, que 
a paix foit autant^ ou moins, bu plus à deârcr que raugmentatioii dé Je- 
ftatrpource quen ces crois mots amamflm^& m^mtovxt cômparàiTôn eft 
comprifa Sidonj:nous prouuons que la paix rfeft pôinC egalentent \ 
defirer > ny moins à deHrer , il Ëtudra par neceinté quelle (bit plus à de-* 
firer- Or que ces deux biens foyem égaux , & autant.à defîrer run com- 
me l'autre, il ne le peut faire par noftre hybotheIc:cc quifc prbuttera ain* 
fi. Les biens (^ui Tont également à defirer,ifikut que leurs côtraires foyent 
également à hiïr. Cela eft indubitable paf la natuté dç^i cot;:aires.Et biens 
cgaux ioinéh àuec maux égaux demeurent egaux,par la reigle de Mathe- 
manque,qui dit que fi 1 choies égales on adiouftë chofés egales,!c tout eil - 
egal.ïffâu droit donc que la paix aucclacofcruacionde Icftat fuft toutau- 
tant à defirer que la guerre auec l'augmcticion del'eftat.'mais cela ncpeuÉ 
cftrc par noftre hypochefejayâtprcfiipposé que a ioint auec cvùut mieux 
qucB ioint auec d. Puis donc que ces deux biens ne peuucnc élire égaux, 
refteà prouuerque la paix rieft pas lctnoindre:ce quife prouue ainfi: 

C E qui eft moins à defirer , fôn contraire eil aufli môins à fuir. Si 
donc la paix eft moins à defirer que l'augmentation de TEftat , il seiifuic 
quela guerre eft au/5 moins à fùïr que la confèruation de l'Eftàt, laquelle 
con(eruat!on «ft icy prin(è pourcontraira ideraugmencacion. Et par con- 
séquent le moins bon ( qui à ce compte eft la> paix.) ioincc aucc le plus 
grand mal ( qui eft la confèruatipn) ne peut cftre plusà defirér qué^k plus 
grand-bien (qui à ce-compte feroit Taugmieatajcion} au^cic ihi^irtdre mal 
(qui eft la guerre.) Mats cela eft contre noftr^hypptbe^bcar H^D^ ^uons 

KK %■ prefup 



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i^o SEC^OND LIVRE DES 

ftc&tppoëé'i^ pdti$'{^ôtir accordé, qu^ la pak auec la^rotiicruation vauc 
miietix qttô TaugincïKatiénaUec la gQ«rre. Cûnduon doticqaepuis que 
f ar^nôftreliypothcfe A-ifcft nye^ ny fnoinilre que t>i il fiiucpar ncccf- 
fîcé quïr'ioît 'plusgranrd; ' - ■ 




$ E Q Q H DEPARTIE. 

, .V- • r.,^-'-- „ ^ ■■ • CHAP. 'II. 
isg^^f^f^ ' C^T*E*^onde partie nous verrons comme toutes for- 
'^'^ " xes d'arguments « difcours, quels quîls foyent , fe peuuent 
réduire à Tarcifàce du SyUogiune:& pour cefte raifbn ailefté 
dit des le commencement de ce liure , qu'il (emble que ce 
l'oie icy comme vnfiippicmcntdcrartincedu fyUogifinc. 
Toucestbis il ne Êiut pas pcnfcr quAriftotc trouble Con ordre^ou quïl ayt 
dcu ioindre ce qu'il crainte icy,à lapremiercparticduliurcprcccdenLCar 
làil;^ enfeigné l'artifice dés fyUogiiincs Analytiques , après lequel artifice 
il eftoiç ncceftairc dé monllrcr Tinucntion des principes demits iyllogi- 
fmcs Anaty tiques:àutrcment fordre cuft eftc interrompu, fi noftrc philo* 
fopfiic euft vpulu traifter des autres ratiocinations,lefquelles ont vnc au- 
tre inuen.tipn,& n'ont aulfi lartificc fi exad que le fyllogifine. Mais ayant 
acbeuc tout çéqui appaiticnt au fyllogifine Analytique, tant pour Tarti- 
fîce & inuention, que pour le iugenlcnt, il a commodément mis à la fin 
dç ce liure ce qu il faut fçaupir de toutes autres ratiocinations,pou r mon- 
ftrer en quoy elles lont difFerentes du (yllogifinc, & comme elles s'y peu- 
uent réduire , Jautànt que , comme il a eftc dit ailleurs , tous autres di- 
fcours nbntforcc ny vertu quelconque, qubntant qu'ils ont quelque rct 
(êmblanceauec le (yllogifiné Analytiquedaquellereflèmblancenous con- 
gnoiftrons quand nous {^aurons commet leldits di(cours ou arguments, 
fe pcuuçnt réduire à l'artifice du fyllogifine. Et cfeft ce qu Ariftote traidlc 
. çn cefte partie, où il niônftre comme flnduBiûn , l'Exemple y l *^iJHêKûH» 
VlnBémce^ FEnthymeme far ce ifm ejl w^femtUhle 0u far lefigney & le ^Uogifme 
Th^offMmufHe, fe peuuent accommoder à l'artifice fyUogifiigucà fin que 
parledit artifice nous cpngnoiflions la force de chacun aefdits argu- 
ments > lefquels aufiî nous traiâerpns chacun à part j & commencerons 
^ par rindudtioq* 

J^eVfiûluSim. CHAP. XIL 

IndVcTIOK, ik Avi!totc,ci{kf*^fé^ le m^imé^exiremi 
»n€09§d$id mêekméiiiur extrême efi an terme nuteyét.._ En ces 
cinq ou ux mots Ariftote a compris toute U nature de 
rinauâion,dc en quoy elle cildifierenté du iyllogifme.Car 
nous âuôns veu cy deuanc que le progrés du fyllogifine eft 

tel, 




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tel,qtii(tatiâi^d ^ti&t^AixribUé ôtt Mâ:i«âf c3ttr«ltl.è^ èft au tnoiadre>ccft à 

dire au Subie^a^pi^ lé termè irtttdyÉnvlequd' terme lirtttdycn du Sj^llogi- 

(me ell la câufe de rinhercncc de TAtcribuc au Subied : Mais l'ïilduftion 

au cortttàlfc^^buùevi^^cîAttèibuécft aiît^^ metôyenj par tfcsjui dc^ ritJMm» 

uroitetoéSiibicdlf aii -i^Hogîftne. Exemple: S^il faut prouuer par lndu- 

^on, Q»e toi» dfwhdt^^lrf^uéliwoHtfff^ longue ytè i nous àu 

Tm cerf i umkPft stoiéi ckeUéd , tout homme > ^ totêf diUres ttîi étmmdmx fini 

ToHè 'diâ^Hèik^ léfjîéefs m^Hé fbmfié hiUi font où terfsi ou aÇnti^ oU ckemt/Mtm 
h'ommeSiOutets dutf^iébèmdux, 

fdtjiiùytous émmdféXykpjuels mntfâmt Je iUésfifftJi bnff$e vie, " ^ 

Ils£mbl€ à voir l'Induâion àànfi expolèe , que ce foit vn bon 
fyllogilrtic ert idriétra i lifiâis il y a bien à dirè : Car le vray Subidâî de 
Accribuc EJfrtdt longue cbft ccqui cft pris icy pOar tèrifle Mecbyenisil 
f(jauoïr, le tefjfi Idfnt Je clfeuétl^l* homme. Et ce queTinduftion prend p^l^f Ktdnnhnie 
Mineur ext^cme^ ccftie corme metoyen du fynogifme>qu*|iM»teidyfc*^ ' hna.'han m 

Tùits animaux i Jepjuels nom point de Ulefont Je longue V/f . 

Le cerfj l'ajhé, le cheuàt, l'homme,^ tels autres dnimaux^nlont Point Je hile, 

2)ûnc te cerf Pjfneje cheualJ'homrr»e,^ teb dutres ammduXijoht dé longi^e yieï ... 

Il EST aisc'dcrugérqucceftcdilpoficiondulyUogiljTieeftcrOpplus 
naturelle, que celle delmdudbion: Car ce terme mecoyen, 'Naydntfointde 
bile , eft le cottiequcht fîiprcmc de tout ce qui petit eftre pris pour Sub- 
icd de ccft AtcriDuc,^^ dé longue yie : dc ce nieune confèquent fupreme 
eSk auffi antécédent treiiiniuerlel dudit Attribué , qui font te^ conditions 
requi(es au terme mecoyen Analytique^comeil a e&é dit en Tinuétion des 
principes des (yllogifmcs Analytiques. Mais ilous âifôns par Tindtiâïon 
ce que nous né fçaurions &ire parle ^UogiTme r car les Axiomes & pre^ utdxUmesfi 
micrs principes ne fc peuuctprouuer par le fyllogifmc,d'autaht qùîls font 
au plus haut degré , èc neftplus poffible de crouuer'vn conièqùent par 
delfus , qui puiife (eruir de terme mecoyen > qui ell la raifon poùrquoy s, 
nous appellerons ceb Axiomes /^xmr^À^ au liureiuyuan&Ne les poutiant 
donc conclure par le {yllogirtne, nous les conclurons par l'induâiQn: 
commeiKè voici en Icxcmplc proposé,dontlaconclufion cft vn Axiome 
de Phyfiquc. Aiafi, ^il fauc prouacr en droit, Qt^ tous contraBs legumtéi ont 
tîli introduits far le droit desgemsi nous ferions cefte indudtidn: 

Les coràrdEH de fermutdtiony de yentty Je f refit Jt hcéuion , 0* tels dutres cén^ 
trdHsy font introduits far le droit des gents. 

Tous contraBs légitimes fortt^u fèrinmdtiùn i on >ente, tn kcatien^nfrefii 
Ergo 

Tous confraSs légitimes font irurejmts far ledrokieigents^ 

Ainsi enThc6logic,sUfaiteicprouûcr^ 
lUhy dé î>'tene]t inimitié enàersT>ieUy il ne itf|»oijrt^lt pascOïidurcf Var vn 
(^logifine^ autrement il neferoiCfas principes <na&d feprottuci%parin-< 
du^Qdcn cefte forte: 

KK 5 7W» 



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gim i Umtêrpmrs Z^i^ji^^ i l^^héi^ émets k f^ch^,^,f^^a^rmi 
efmers2?ùif* - ■■. ], '.'A, .. vl.. -'i •:;"> 'ili;^ . .:- 

dBimrêfugname d Idfftpér àtt*ers 2^ei^ j[^ dr(4 ih^Mi. ^^^^tieflffshm, 
Tar^Mcy tout ce /jui njiffe aldUy^U 2)ieu '^inmm/^enuep2^e^ . v , , 
B RE F , la conclufîonde l'indudîon eft toufiours vn Axiome^ Car 
par l'Indu^on ou enutneracioa 4c tQ»s .1^ fiihicif^s p^l^^C)<UIIict:$ «.J^ous 
concluons que l'Auribué cftenfon Antecedencvniuéri^JeqJdclneQ* 
droiclku de mecoyen au fyUogifin.e. . Et pouc-Ëùr^ l!indudtia^,p^d^de> 
il&uc faire mencion de tous leidits fubieâs particuliers , o^ dp^^n^^à en- 
tendre en quelque fàçoi> <[Ubn làs v^uccpprendre couv Ci9Lr4on^«{i pu- 
blie quelcun , celuy qui {èr^oubUc (^ruira.d'infiaiKCQU^xc^pcionçpn- 
cte.l^i.ome quon veuc conclure icoipme qui ktotït cd^lt^^i^onyTcut 
homme d Jeux pieds , tam. ûijidfê d d^ux fieisyErg^ touftdiûmdl d demc^fh^J^ : on. 
luy oppo(èroit rouces les cfpsces des belles ^ quatre pied^' rCor ppur fai- 
re rinduâion p^arfaiâe il âloit cQmprendre.coMCes rese^e<^6$ dç cefub- 
• ' iect vniuerfel, c^wW/. . , > 

Les Inductions ont auflj celle propriété, quelles font plos accom- 
jint^nu^^Ht ^^^^^^ capacité des gents fimples5igro(ficrs,quelefyJilog^c-^our- 
leT plm'^nf cc qucllcs circut leurs conclufions des cho{ès:CenfibleS( & palpables : Mais 
les lyllogifmcs font trop mieux reccus des ects dpdtesjpource quîjii ^rou- 
uent Se démontrent pourquoy & par queUe caufela cnofe cA:, là:ou l'in- 
duction monilre feulement quelle eft : comme ilcft aisede congnoiftre 
par la çonferencc de l'iududlion auec le iyllogifme. , Aritlope cpdfèram 
uin auec l'autre dit,que le lyllpgi(me ell plus coagnu par nùure,6c l'indu- 
âioa eft pluscongnue à nous : mais ie renn^tsraux Pofterieures Analyti- 
ques à^xpliquer ces mots, flêtg conpm fdrndtum, ^ 4 nom^ qui eft vnc des 
bettes diftinàions de toute la Phirpfophie. Nous pouuons dire plus fa- 
cilement , que la congnoilTance que nous âcqipferons par Tindgction ed, 

Elus iènfuelle» & cdle que nous acquérons par le ryllpgilme edplus intcl*. 



De I* Ocempk (f Tarakie. 



CHAP. XIIL 



X E M P L £ , cell ^fHdnd.ônfrçu^ Mm le ffuùeur extfeme cêtwient 
dtf terme^ metayenaifar ce ^ r^.ptnUdile du mineur fxtreme. Ce ' 
que nous entendrons par ceft exemple : Prenon pour fîib- 
ieâ o^miricur ëxtreme, CquAriftote. appelle Jjc troifietne) 
Ldmerre^f s s^^vieps contre Us Tietdîns. î^c n^ieur octrc- 
m^ou premier, foit , ififermàeiffe. Çes.dpux termes cpntkntient la con-. 
duflon quilj&utprouuer.piu:fexempk^(çau^^ 

niens Je Fdire U gêerre dux Theb'éùm : mais pour difceràet le Subic^ i}kucQ 




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PRÎEVR.ÎS AKALYTIQyES, U| 

rAttribocî&SiffigiîàricbatUnfonprot^ ........ 

Êçon, Fdin U^ffimi Ah9^ Thehtùns f4r les i^thimens $fi mfè fmnàeufe^ 
Nous prendronvpour terme metoyen^yi/rf la guêtre, à fis Ve^wjequel ter* 
memocoy^ti ilûtttcftrfi^dkcbdrd qmlccmuioht à noike &bieà:^ëft a di< 
re , il faut quil i^oA^^fiii^Jétguerre iérhlTMiMfS efi fa$rt l4 ^etre k fis 
v^^w, autrement il feroit mal àUcguc» Item il faut encores vn quîicriema 
terme,qui foit quelque cholè Semblable à noftre troifiettie terme ou (ub« 
ii(^é(^AM|ti4là0%c^ki^ coàuiende pAtii^meitt.v^|<]i||^>quatrie'. 
me terme àonc&t3etf$tkt^hém^ 

cours fc dreflèra en' cède forte : Fake U guerre ijes 1>6ifiks ceft >ne chùfe femim . 

re U fféerre aux Theidms eji ynf chùfe femicieufe. Et pour pretiuc àè la 
icttr^fim)^ cOtployeradid» qu^riemc«^mè}?^w>vr ^}uil a èsH fermekuoc^ux 
Ih^^ èimrf4Bk^utrre duxThéMfevieftVhàyms, Ët eft perrhH de ixfi 
iia^^Ak\Mmit\J^ àt plu(i<ursidU vient à propos. E| 

par ainf) Ii?3:em|ilQ«diti|ttatfteme tfermeman(fe^4que noflfe mài^arVnji • 
ucrfcUc cfl: ventaUe. Mais ceftepreuue par Içxemple eft fort dcbileîpour* 
xfi>qW<^l^-p«ii%allegilftr plufieuts exiceptiSs à lêncontre,cOmme 4ts Rom* 
Mxvès i8£^aiaiu:£ftviiaticÀa^^^|urieibnt accmës pjjLT les guerres quils ont eU 
contre tous leurs voifin»» ilîbuficsfois la plus part des Maximes des poU* Méittm 
tiques font tirees^des exemples , comme les Axiomes des Philûibphes (e tles Pêtin^ti 
«oUiCtf^pa^ les indu'âions^ Aufli ceStMiidniè^ iK>Uticniç$ ne font bue fi 
cotmgenteSi 6c font lubieâcs i beaucoup^ i|iltaticcs> (i on ne prend gar-^ ^^Us. 
defbmgneu&menc à toutes les dtconitances ; pour adftraindre le plus 
quil eft polBble Wmaxime générale à la concluuon. Ceft pourquoy les 
hcâuea^ttâa^ijioàsLroiit diligente ï remarquer îufques ad&-m«mdre& parti* 
cuUriccs : pource que la moindre eft fulEfàncepour changer tout vn difl 
Goursj nAi^iftotedcdaEe ficrin^^mehtdainacui^ dcliïxeftlplei en difànt 
<)uc ceinHhpQîlutvni pr^nijc generaleMj^ 

Jicfr^.'VJiK pi^uue|actkûlié£epour fair&vné CMcIufion gena^aW, tnais 
ccfi^Vne: prdaue. paxticulicre d'une> concluHon particulière y qiiand & b 
preiituf iSc'la GoncluÀoh fomcomprifes Tous vn mefme terthe^màîs Itma 
cft pliifi manifcfte que Ikucte, comme en Ifexcmple pf opô$é j fé^e U^tm 
éttâx Thetains^^'j^ U fnerre iftiw?/'*f?«/?/ifont compris Ibus ce terrti€_^;- 
re U ^erre ijès yoî/ins:xx^ti il eft j)lus congnUique Ki'ttribue due ftOùs vou* 
ions prâuuerconuienràilcxempleî qu'à la concluHon !<^it a dire^ il eft 
pjû^ccriaia'que la gmsrcè cohercles Pnoceniès a efté p^rniciëufr, pouf ce 
<]ue cela eft MGaaductûi pdtirtanc dOu$prcfK>ns cela pour pt^Éitttfr 
que la guerre contre les Thebains ièra aufti pernicieutè:puis de cemptett* 
ue ôc concloflc^it.patticftliM'f nous eolligèoi;^<^-N{iUim6generak>^ 

Les paraboles &mnUitudestipa^^ 
^reuue. \Am m iîcm tjue Uixiemplcna qoc^atfCMiimtSjb parabole on a 
,^<}icH»les trois font fcîmUai:M aux'ttîois ^a^i»* Noa$ preildrom àt 
ptft.^wfppl6de p2^ 



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Dttfârdtkt, Premiers termes propôles nuc- 



SECOND LIVRE DES 

Termes (emblablesioii 
pard>oliqQes; 



Qeli^ ferfeueri en U dêflrme 
4e lefmChnfi, mmhfi^fktes ff^e- 
ÇHtiens* ' 



B 



B' 



c ' 

tpts fidèles, 

St 6m voutoicdifcourir des premiers termes Auëment de &tis:parai> 
boic , il ie faudroit aider de llnùendon Analytique : mais on Ce. ièrt dé lâ 
parabole & iîmilicude, pour s'accommoder aux pkis sroffiers. LBmtiînc 
. parjibolepéutcfl;repropo£:enegatiaemenceiiceftftiorcç ' - ^ , 



-.1 

\ 



Celi^ éfmne ferfetêere foint en U 
JeéhÎMe de lefm . Chrifi , é$ms fnceomie. 
mx fefficurionff , 



Cebiy duquel U mdi^ vie^fm^f»^ 
îtt éns efifutieBe MKxèmm dé '• Véà 
^de.leéu, -i 



B 



Ceb^pmnefceutefomtlefiisChr^y Qebtf epi à ^d^ frr\Kimefm 



Judét^ ^fenJfldUes* 



Vhùnmn mal dtbtise^'imf^ndem. 



Qv E n.onexpdme Seulement les termes de la Amilitude, entaifknt 
les premi^is aufqueis elle ferappme*» comme Ëutiefùs Chrxft en quel- 
ques endroits» alors h parabole approche de lânigme. Or comme en Ib- . 
;jcemple nous auos prefupposc fans aucune^preuue que les Thcbains ibnc 
yoinns des Athéniens, tout aînfi que les Phocenfès font voifîtîs des Thc- 
bains. Item nous auons prerupposé que les Thebains ie ibnc mal trou* 
ucs dauoiriàid: la guerre aux Pnoccn(es : auffi en ces paraboles il ÊHit quil 
foit mani^fte que fàind Pierre, & {àinâ Paul^ & autres fidèles ont eicou* 
té la parole de lefus Chrift, de ont tafché de la mettre en cffe^L Iran que 
chacun icache que l'homme aduisc » quia fondé fit maifon fur la rooie, 
eftaileure conue coateslesiniures de Iktr ^.de leau : car cela ne ic prou* 
ue point. . . 

Del'A&Mt^ft. CHAP. XIIII. 

Bdvctiok, cbft quand il eft bien certain que kniâriciir 
extrême conoienne au term^ metoyen : mais il eft autant 
ou plus incertain ù le metoyen conuient au Sabieâ» com- ' 
me il eft douteux Ci le maieur extrême conuienc audit Sub- 
iedbc^àdirel'Abduâion eftvn ^dlogiimc, duijad buna- 




tour 



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teuÈ, quelacônclufion : donc Ariftoce baille ceft exemplie;: j. <. ; r:o - 
Tffure fcience peutefire enft^^èo^^l^ 
Ldu^ice ejl yne fciencc^, , . i 
2)afC UiuSHce feut eBrç~p^$g»0C^y^ 

; It4îi;MA>:wfti qftinilHWMblr.maiffo-miftw 

tesfois fi elle ed autant ou plus croyable que la conc1u^p:n i et lyllQgiii^i 
sappellera w<<^^i^^iii.i)(^ Auuè€bo^^^«\iine'<le]paEdVf^ti.oa^ 
£tiâe : Car la parfaide dempadr^ti^fî;» iè5-.cérmescçUeihen^ cohiointSi 
quilny a rien à denrerv^lfHenmdiHjtor durubieâ (bit en 

dçfççndam de l^tfibuc s^^\^Ç\ïh\t^i'}AM^^^ y.ne 
cfçh^ où il y ^ Éiute de quçj^Hçs e(che1on« \ çar ^omWaque Ip termc^ 
mctoyen foie bien ipi^t .^\içip;lactrib«è> fi çlVce quîJlcft efl^ingné- de çju- 
fieurs degrés dauec le fubied ^ Icfquçls il faudr.oit rempkr. pour parfaire 
la demonftration. Que fi lefdics degrés, tie pcuucnt cup^îcniplis , pour 
parachcuer la coniond:ion dç$ excremicés dune partie d'autreje difcours 
ne mérite dcftra receu pour Analytique, .Qaappçlle {ïu/Ti Ahduâion, 
quand il défaut quelque chofe , voire fi peu que ce'foic , poi^ faire ioin« 
die le cçrnK inetoyen auea.l«^ut>ieâ:3 conin>e en ceft exemple: 

Tem ceux ^ue î>ieu d d^f&fts finr hprs Je $»m^ cetuia$iméàfiih 

Tm ceux if m fo^en lefm. Chrijl^ fomahf^mM 2)ieu, 

C e {yUQgifine ainf^ fi9)l;rerQit vne Abdu^onxar il &ut encorfes ad-i 
iouiler.queiquc choiè^u terme metoycn^pour trouu^ la mineur> & dx? 

tCainfiî . ;;r, . . 

Tom céuxy en U n^fur< defquels 'pieu d ctihiâffmele fechi^ éP^anttnmye fonfkà 
jônr akjott^ de "Dieu* 

EnlaTuttHre de tomftux.<p^i font en hfm Chriji IDieu d cenddninile fiche, 

7)ùnc tûm ceux ^ font en lefus Chrift fint dtjous de DieUé 

£t s'il manqu où encores quelque cnolè, & quil fùftbefbingdkd-» 
ioufter quelque partie au metoyen , le fyllogifiBcXerob encores Apago-j 
gique. Mais quand le metoyen eft accompli , & que tous les interuâlles 
font reniplis,aJors la demonftration cft parmiâ:e.pkutatit donc que l'Ab-' 
dudion nedoic^eftre receuc pour demonftration , Ariftote enavoulu 

Sarler ic^ià fia de Ictclure des patfaiâs difcours Apodidiques > defqueb 
parIeraauxPolT;ericutcs, . , i , . ^ 

^J S T A N c E, en ceft endroit^ ce fi vue fr^ojinon centrmire i >ne 
\prop0j/mn,ôcptuzcAré tant negatiue qiiAffirmatiuc , tanc- 
' vmuérfelle que particuliera Et n elle eft vniucrfelle/oit ne- 
gatiue ou affirmatiue , elle.fe doit conclure en la première 
figure: & fi elle cft particulière, en la troifieme. Exemple, fil 
quelcuti foufticnt, Que les contraires napfdraenneTtrpdf. 4 mefmefcience^on luy 
pourra oppo{èr vnelnftaace vniuerfelle otij>articuIiere. 




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z4is SECOND LIVRE DES 

L^N ST A N CB vniacridleaiHrmânue(ccondqraenkprenMcrêfigu;< 
re en celle forte: , = 

Tùus&ffoJimdffdrtiennemiymmefmefciefKe* 
Tûus contréùres font ^ffofites» E^g^* ' ' ' 

Tûns^mraires dffdràefinene à ime mepm fcienee* ■ * ^ 

figurcîcnçèftefôtte: " - 

^ 'Lèitffcftsfdktm i2t freitiimesjmikiêmrdirts. 
i^'^^ncilt^^tasiontpmm d^drtumt^ d^ 

. i A r ^ôntrak-eàiïfli^ Kl qaekunTûuftienc Ikffifmaeiue, à (çduoir Qifi m 
éêHtrdwes A^f^tnàfmntit >né mefmc fdence, on luy .oppôfcra vnc inftancene- 
gAriuc Vfïiùeflèllfeen làptemiere hgare,«n cède manière: 
- T>JhIs offôfées^fkffdrrienncnt i mefme fcience. ^ ■ 

ToHs<:ùnrrdim'\4>m àffftfftes, . ■ Parquoy 
■ ^uls côntrdireshdffdmènnéntd mejf^ 
M A t s l'Inft^hce patxiculfere negatiue iè con0ruic en latroinemefi- 
gurcj en céfte forte: 

Qe qui ejlincongnu^ ce ^ efi am^u, tùfpdrnéftrfits à mejme fciencr. 
Ce qui eJHncongA»y t^ceqtd eft t9ngm fonrchofes co^dirts. 
Donc quelques contrdïrés fiUffdrnennent féu à mefme fcience. 
O R es denfônftracioris vniaçrfelles » & quand on veut trâiâcr c^ad- 
quéchoCè éxaâetiiénf , il &ue toufîour^ faire les initances fic obieâtçns 
vniueffiéli'efrvCdmâi^H fera amplement és liures fayuans; Uya 

quelques autres fortes cf Indances, comme par ce qui e(t côtraire,ou (êm- 
blable, ou par cequi eljt probable^iefquelles nous itferueronis de craiâer 
aux Topiques. " ' • 

L A féconde figUre ne vaut rien pour rinftance,pource quelle ne côn- 
clud point afSrmatiuement, & pource aufli que l'Inftance ne feroit pas fl 
manuelle , ôc auroic bc^oing dëilre prouuee par d'autres ptofyUogiimes: 
cequilfauceuicer. 

Del'Ent^mme. chap. xvi. 

Nthymeme Ccft vn fyllogifme imparfai£l , qui prend 
fon argument de ce qui ell vrayfcmblablc , ou de quelque 
FTésifimildU, ^8"^ neceflaire. Or il y a grande différence entre yra^fem^ 

Uaile ècjrgnf : Car on appelle ^fr^^emhldkU court propofi- 
cion probable,foitaffirmatiueou negatiue,comme quidi- 
roit ainfi, Socrdtes h^t^rilhphdne : c4r^riHofhdneh4tftS^cr'4àes :Çt fcroit 
vn E nthymeme prins dUne Maxime fort vrayfèmblable^qui qkyQtff cefi ym 
(^ofe ordindire de hdïr ceux qui noue hd^fèm, Bre^ nous appdlons:vrayfèmbla-< I 
j^»*. blevnepropofition contingente, MaisIeSignzapprochefortdelapro-» 

f)ontion Apodiâique : Car Hle (igne eft, il faut que la chofe foit auiu , ^ 
1 le figne doit aduenir, il faut que la cho& adttienne,foic deuanr ou aprcss 
tellement que le figne ^c vne proportion necel&ire ou abfbluc , & plusj 

certai 




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PRIEVRES ANALYTiqVES. 
ccrcaine beaucoup que le vrayfèmblable , oui ûcft que contingent. Car 
quand on attribue la cauiè à Meâ,on appeue cela StM^àC laprop^tion 
eu neceflaire t comme G on dit mfijmrs^s fiitfieU Lune fBfmte it U 
hêmien quelle reçoit du Solàly Utem eJlmtrfêfetJiimnrakmm tmrtteSêkU 
<Sr Id Line* Ceft effed^à içauoir U fri^té^ Je Ukmiere Jm SM en la Lim» 
cft Hgne neceflàitto de la caufe, qui eft rintcrpofitiô de la terre entre le So- 
leil ôc kLunc^ & la propoittion eft neceilàirc. Mais quand ifefFeâ*eft dit 
du figneièulçmenCy & non pas de U caufe , la proportion néft pas ne* 
ccflàirc, âins abfoluë (èuleméti comme la pluipart des Aphohimos d'Hip^ 
pocrates& comme en ceil exemple , Ceux ^ui pmgrdtU éffetitd» refurdu» 
ne mdldJsey ^ mângint heancûnf ^dns monurer leurs forces , Us je chdrgem try Je 
yidnJe rCeft argument ell ablolu de pon pas naceiTaire. On peut donc 
dire que ty^Wf scftcndplusloingquelc>r<5^wi/rf^/p;j)ourcc (^uctout ce 
qui cft vrayicmblable neft pas vn ngne*ainsil y a des fjgnes qui foncpro- 
pcfitions oeccfiaires & apodiâiques , ou en approchant fort prcs. Les 
Grecs ont vn nom propre pour exprimer le£gne neccfTairey car ils la|h- 
pellent Temimn : mais les Latins ny les François ne pQUucQt cxprin;Lçr j|i 
mot» (^ixcn^fantjtffteneeeffdire. 

Or comme aitui (oit que tout argument puiflceftreappellé Entby- 
même « ( car Enthyn^emcpçut tignifier tout ce qui eft en ii^iit, } toutéd 
iois, Cjiak^ U nom de poète, qui eft genecal>a eftc &i^ propre & |)articu- 
iîcràHotnare & à Vifgileuuiu le nom d'Endiymemc eft demeure propre 
à Surgumênt qui eft pri^s du figne ou de çç quiçft yrayfetnblable , pouF^ 
ce quecekiemblc eftrjS forcj>roprepourargamentcr,ficprouuér q|içlqiiç 

choie., ^ ^ 

E T combien quauxEnthymcmes pnuif^n|et6uHOjir$ tbne pu lïu-. 
treçropofition (& pour ceftç caMle nous,^^pnsdit que};Ènthymepiccft 
vn iyilogiime inàpar&i4)toptesfois np^qi^fia baillerons des exemples cpus 
enticrS] 6c o^•toutes Icf proportions ierptit ç^^primecs , à fin dç powoîf 
inieux dirccraerlBsfigoi;^ ÈKm^exJu figneenlapremkreBgure: . 
j Terne ftfiemfùd dm Idiàefi^^ i • : 

CeBefimmefiJml^^, ^i^j, 

£ N L,A . ^pi}dt:6guff fe^ceno^lc <ka ugpç f^n tcL 

Exemple du Hgne en la troineme figurr. . 

.j.- 3>encmiitardu^e09ff^^^ ^.^^.^ , ■ 

y OiVjf MT çesBntt^n^enws ainfidi^^toit^ifl 

2t!ic&rg^in«)t du Ciepç en la îçconde ûgf^^ip fp^^i^w iQulf 
llogiime cftman i(^ftementyidçux,Mi^lF.<M 
yCrma^ttct ^ -^la conduCon a6fll y ce que ^iiiconde 6ffac ne peut ad- 

tt »' mettre 



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1 




xé9 S EIC ON D' LI VRE DES 

ttiettré. d Va\iC i^as (iauaftcag6enla troineme : car toutes Iciî deux 
propoficions font particuliercs,qui eft vn vice cti toute figure. Refte donc 
la preùiieFe figure ieulemenc , eft laquelle Argument du figne eft trcfcer- 
' tain 6CfiecdIàiït;ûlamaieure{lveritàble^ 
- Lfis- orateurs,qm(è(èftientdes£nthymemes,nexprîm^^^ 
tt^jslâ deuxpropontions ,aiils ils fuppritnent tounours Kinè éu-lkutrci 
fnaÂ'îl eft aisé dcljt &pplcer : éch conclufidn t^onftre fi chKôn la ma- 
têur ou h ïAihàxr quidéiaiit; Car (i le maieur^ extrême de ki conclunon 
cft^eri'lâ pix)po(îtionrxprinn*iEiil'ffadtafoppfecf^U filtmi^ 
rté>jf ex'tréiti'cy^cft, iltâudra fiippleèr la thaieur. 

'î)>^^U<^fi'^^hjifio^of^jqm. ^ .CHAP. XVII. 

E SYLLOGISME PhyfiogDomicjuc cftauflî vn argumct 
pnnb par !efigneJappcllelyllogifmePhyfiogn6iniqiic,quad 
parles /ignés externes de quelque animal oh \ient'îcôti- 
gnoidrefes aïFLxlions ôc propriétés naturelles. Ces argu- 
ments (ont Analytiques & trefproprcs pour difcourir perti- 
lesaffeâitns ncmiiiciic dc la nacuic des animaux : car Ic^ éircdHons natutèllé^ naffe- 
tutMreUeséffi' ftcrit pas iculcm"^iyc4kb«i, ï& Itsfiutenccladiftiiigucr 
acmtUcnft. jfaaec lesafe^Hdnshôn hacaïiâfes,<x^ 

dèfdefquelles ohine'pèut iu^fciffliiThyfiQgiîbfftietcoT^^ extra* 
plq; Sfqiideun ^fchiêiA la Miiliijbé^, 'éticoféà ^Mt 6ce- qucl^'îié chàriî 
^iB^c tnfoil^arhéitàqfiâlIîeKn àpbtrtlahfe a t€ced*qt|^qu cHoféifi eft-cd 
t^tbH tôrfi^i^rfêft «xdMiiifie^^^ àppafoift rfcn par de- 

hors, pource que la mufique rCcftpas naturelle : mais les affcdiions naîà* 
raStiiÇ^fWthë^à'îhblèré A aiitfts dupldités, 

iffjtSèëht Itr téhJjlcrahwitt*i% 

ksihiptlnièVl^cktafti'figint^ ^yl- 
k^èîïfet*â^}>ïir'iC6fey iUgèfbh«{èif^ffifdK6ift' W^^^ 
les réîgW^acft^dôrthtArtffdti^éii'cti^ 

la vrayc Phyfiognomic. Ccfb^h '^^fikUiàî^c^l*^^ affe- 
<^tions naturelles qui font propres à toute vnc ej^bt^toiiîïftéîçbb^exem- 
ple, Lafortitude'ôc rpagnanimitc eft vne aiFeatQH hàïûïfelfci^cixconuient 
atoutclcfpecçdes liî6*$?![fiaa?dA^ 

terne 4e cefteaffeûion naturelle, quifètaâLlûfl.^ârâltehVaflt^^ 

Ipece des lions, & pourtant il faut auffi confîderer*^ Sé^^'^iVà^adite 

efpece. Ecleiignedecefte aiFeâionj céftquilsoncia ei^l^^lt'&Wn- 

S £ coNDE MENT, il &ut {çauoirquelef ^a^d^Kflïi'^tltt^ddû^ 
à toute vne efpece , peuucnt aufli trouucr en quc4t{ill^i%jlU)âfti*dune 



' *^ étions 



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PRIEVRES ANALYTiq^ES. 

ûions a£ |>Fopriecé's ndCturelies pâr lesiigneSjSc cbn.tàk^rayel^byfiogtio-'- 
mie. Et pour réduire le di^cOiKS Phyfldgno»iique i^jkrcificâiyllogiftiqtie, 
le fyllogrfme^fe conftfuira en laprcmierf figurcjCft ttfftè fôtté: ; 

Toi» ^imdaxifd'mt Us ifxfi^emitk ff'4Hdts,fûfkiMiM'Èfté firnmdt Hdm^i^ 
. Tpiis le'sùùniâfiths tisftimrés^fukr. -i^r^' ' i i • 

- En ■ ccfy\\Q^cA^^x^mtm9VS^ m^ttéret-^ 
trcme ( quieft Mcâion nacaiiette)'lq'tfe!t^e^rd<{aës^aâ(li:tiï^ 

pan. OrH tant par rterri}fcéque chtt«^ chéiiu^éfi- 

pottrçc que chaque afeâion^ al&âîeteTîW âm^ édwaiilé'ii^çc^ii parti- fr^^J^"^ 

culicre , comme die a efté. MâfS'k ttttfltç meioyen* iôre-^l<>grffrieti&ti ' 

pas réciproque atwc te Gsi>ie€t Oap iity^orbien <jbt|tre9utti^ 

imesil'f a de» hckffm«9t|Bronc*Mto?ittc^^icé« grâ^ 

que par cefmcfo6iMto;reA>oni j»4i&nWidtt&^*coi^^ nacu-^ 

relie dequelqiJ«s»hdmnEMfir/-.- 'ii: '-?:nrrn clai-.nbno 

Il feroic doticafi9i'de'rê(râ^0^d'pflr:aei^fyMi(9^ 
quesles nacurelles affedbios^^hique^ei^disedknimauxjd chaqueefpece 
nauoit qu'une afFe£tion nacurelldCMfWtf ^uandlfclfpecc à deux ouplufiCurs 
tffcdions naturelles, clic aura auffi deux ou pluncurs fignes, puis quamfi 
ftque cKamieaf&âicnafon/imc. Comeoic dpncj}Ou££aoadi(cerner 
es lignes , pour IçaTOirWtmcfcmen&fluun réf. iiënfc eilngnc dune celle 



a 

ces lignes , pour IçaTOir^yincfcn^nM «^fi "g» 

afifeaioii, & celfigneSrt'ftgne'âïmca^^ pour exem- 

pje^cuulit que tes lions ont auec leur forcitude naturelle quelque âçon 
oe moralité, ôc ^uils font volontiers part de leur proye , ôc la diftribuent 
aux autres beftes. Par quel moyen donc pourra on diicern^r le figne de 
la libéralité dkuec le (igue de lafbnitude?Ari(lotcen donneicy le moyen: 
cbil quil faut condderer quelques indiuidus dtine autre ef^ece , qui ayent 
luaedefdites aifeâions leulement^ôc voir lequel des deux lignes le trouue 
efHits indiuidus : comme |^^|^f!^B|^i^^^ > conddereray les hom- 
mes qui ont la fortitude I^^c^J^@S^'^SJ^^ Iblpece dc^ lions s encû- 
Tes qulls nayent point de liyMM^fimM trouue que tels hom- 

mes ont les extrémités grande/^J^ooSK^w extrémtés grdndes , eft 
le/îgne de la fortitude i^curq^èt^]k^^^^ce des lions qu'aux indiuidus 
diine autre cfpece. ^yj ^gy ?^ 

Par les lyllogifines Phyfiognomiqucs on peut difcoùrir non feule- 
ment des afFeftions ôc natures de chaque e(pece , mais aufli de la {ympa- 
thie ôc conipiration des choies naturelles entre dlcSirapporcant les rïgrïes 
des animaux auec les Hgnes des plantes ôc autres cho(ès animees.Car cha- 
que maladie a Ton Hgne, &c chaque remède a Ton Hgne pareillement. Ec H 
quelque gradPrince vouloir rechercher l'anatomie Phy(]Ognomique,cô- 
' meahuâ autre&is vn Salomon, il n'y a point de doute qubn trouue roit 
des chofès admirables:car au lieu des côpoHtions fophifbques de nos me- 
decinsjOntrouueroitvn remedéiîmple & naturel à chaque mal^ainfique 
MonHeur de la Violctte^poëte U médecin treièxcellent, Ô£ trefuersé en la 

LL 3 recher 



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%yo SECOND LIVRE DES PRIEV. ANALYT. 

recherche de la aacure , Ik doâcmcnc rttnarquc er ion grand Miroir du 
inondcEc qui $excrceroic diligemment à la congnoiffance des ûmples,il 
crouueroic que chaque maladie ie pourroic définir par Ton remède natu- 
rel, & aufli chaque remède par la maladie àlaquellc Dieu la deftiné. 

Mais pour&irefeaiureceftecxceUcnceanacomiePhynognomique» 
il &UC que monfieur Auberi condnuë ce qu'il a coincncc lur Diolcoride, 
où il monftre les relations 6c cooipirations de chaque maladie à (on re- 
mède par k figne» & dtieflè ainfi foo difcoitrs. 

Tttff cbfip mdmmre ^^pdaU ftgte de la mdUMe ,mJu yemm Je ^Ijue ttm^ 
mdl^ Je lé fdràe fittieSe i IdJin $f»éddJie^ àfi k remeJe JuJit >emm em mttléJie, 
Orlff ferfemsire éle pgH tMmtUmce Ju ferfem» ki Céfns mr U figne ^ 
ftjfemkCmce Je I4 ratt^ Imk s k fyite Jm àrm, 6ec. 

Pemc U ferfeméùre qfi k remeJe emfre k >emm Jes ferfems , les câfres fent 
heftmes émxnuekmx % V9rtieefihmmeildJemmgté^en Jescirensp flc 
ainCdewcref. Maisilittfikdàuoir monftre en ceft 
endvoic la manière de tels difcours. A tant 
noûis- finirons icy auec Ariftoce . 
nos Prieures Aoa^ 
lyciqties. 



•j'i::'. ..'^ . 



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" 1 



ANAL YXiCiyÇSr '~ 



O V, 



JpE LA JDEMONSTKATION. 




P R E F A C E- 

& QVE L'OR efl: entré le^mcmax^Jelbieif 
encre les aftres, l'homme-em^etes anîmau^^ 
là DemoAftrationeft cëlstmtf fine encre rou^ 
tes (b^cï de difcoùrs' & ratâocinadon^ : Câr 
ccft la périeâion & le chef d'œuure Axt 
fcbiti's, ôcla fin {Principale de tou$ les precc-' 
pces Ahàlyciques. Pappelle DemonftFation 
vne excellèmè efpedcde Méthode Analyci^ 

3iie^ qui appartient en propre ausc fbiçtlcïes 
eiqudlesk vérité eft heceflairè & ecernellcy 
par laquelle lèule rhomnic peucparuenir àvn degré de congnoiflànce 
exempte de touteincenitttde>ignoranceV& faufTecé^crop plus haut de plus 
àflTcarc quelbpinion.Ariftote doncayanc donc és deux liures précédents 
les préceptes de laMcthode Analytique en gcneral,il dédie les dcuxfiiyuâs 
àceftc exccUécç efpecç, en laquelle ifenfèignecomrheil faut difcourir par 
fcience des problèmes tieteffairesrcelleméc que,au heu que la do<5trinc,qui 
cft comprilë es Prieur çs,eft générale à tout fyllogifeie Àhalytique,dc quel- 
que matière &en quelque figure qu'il foif, c^ des Poftcrieurcs eft parti- 
culière à lè^ecedudittyltogihne Analytique* quil ^i^^A\t7)em9nBrdnmi 
donc la matière e(l tôuHours neceflaire^ôc (econftruit lèulemcnt en là 
prcmicrefigure. Voyla toute la diftinâibh quil y a^ntre les'Pôfteiieures 
&Prieure£ Analytiques. Or encor c^uèles Poftérieares (byeiit diuifeci^ en 
deux huresyfi nej(àuc-il pas penlcr quîl ^ àyt deux eipeces de Méthode dc- 
mônftratiue. Car la vérité eft qull hy eit a qu'une ; &; ^ue ces deiix liurcf 
ont vn mefine fubied, à (çauoir/^ pe*mnBraneh, Et ce quiêft deiMonftré j^ifinSi^ém 
de ce fubiedten llin & l'autre hure, ccft imeyerire necejftire : rnab le premier premier trfi* 
liure traidc dune forte de demonftration qui cft cft«iduc 8c diUingùee 'p'^^^'j^ 

^ pat 



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I 



V7^, PREMIER LIVRE DES 

par plufieurifyllogifnie^ .^QtnmeHçâj^tparla^^ continuant tou- 

^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ 

lUneoôus prenonsidfi'^ri^cip^ 4!^^^M^^^^O'^^tt^^<^^ 
à dire au regard de nQÙJKO^zàsé^eiSt^'^ti^^^ fatprenons de ce (j^i 




eft plus fqngnu &qpiyadcuant-parii^urf.,Ai^j;eri^rlijM:^ Ariftotc 
enfemnc h dcniqpftràcion pai: ce ^uî 9ftfiplu.s œngiuà iTqusl^ ^ {ccj>nd 
il faicla mcfine demonftracion par ce <jviî eft plus congna felon nature^ 
ou au regard d^a nàcuVjC: (teJ^Ui fqlc dij ict^li^n^c i}tian|4 pf efenc pour 
diftingucr ces deux liurcs liïn de Ikutrc;. Car nous expliquerons cy après 
CCS mots fié con^ud neus^ Ô^^ Idndture , & verrons que toute dcmonftra- 
tien, tant célîc'cjiÏAtillbrrehfeigne ehreprétÂier fiurccomfik celle quil 
traidteraau fecondjprendfes principes de ce qui eft plus congnu (împle- 
mëni:& par nature, pourueu quon Entende les diuerfès {jgniiications de 
ce que le phiiofophe appelle /'/«f congnHfarndture : Icfquelles bien enten- 
dues accordent des palFages qui fembleroyerîè dircdlement contraires, 
^i^isaàaoç. toutes }:h.o^ês il, eft necelT^ire pfopolèr icjr brieaemcntb 
(pmraaircdjtCQuccepA^miçrliutç.. "^^ , 

: rTpy T ce'qu^riiWe tFaiAecnce.^remierUufèylè rapporte aqu 
- j)|i|içip4les parties. . Ea la. prciîMere j à. hn.qubn ne pcnfc quil fc crauaillc 
paur'pçanc^ ôc quil cherche yrt^çhof? quine peuteftre> il monitreqye la 
dcinpni^ranpn ^ft,5c que le-dKçours.liumâin niïft point fi infini, qubn ne 
^.pv4^,lptorner 5^ lier tQuties iès pàracs par vne heceSité immuable. £t 
paC't^^^Tc m<l>ycn il dit. qùç cçft qucdemonftratipn , & de quoy elle eft 
compblce, 

,-^>;;En la {ècondeilexanîinelâvraycdeftiqnftration,& à laquelle feule 
appartient le nom de Demonftracion puremepc^ iii^iplementi par dau- 
tres moyens qujp parles jnftruments Critiques,{^auoireft enlbppoiànti 
la.damonilration iniparfàiâe, qui prouue feulement que lachofc eft, & 
ne rend pas la railon nj la caufe pourquoy elle çft : f)^ aufC par Ibppofî- 
tiôn derignorance,,tafit de celle qui a^es axiomes, principes, conclu - 
fions oppofees auxaxiômes , principes, & concluilons de la dertionftra- 
tion (comme (ont les fyllogiimes par Icfqpels on (buftient Içs c^:c^rs & 
^ulTes doânnes,)cotnnic au{fi de celle qui eft du tout ignorancciliHbnc 
jmbiic d'aucune opinion ny vraye ny faufte, mais feulernenc nie la de- 
mpftftration. • 

En LA tfoifieme partie dmotiftrc comme il £itu lier âçcinientei; 
toutes. Içs parties de laOemonftr^Qn> ôc^-fi la conclufion eft efloi^nee 
de laxionie ou propofition principale ^comme il les faudra faire ioindre 
par plufieurs termes metoycns , qui foyenc comme degrés 04 cfirhelons 
pour4efeendre de-lUnàlautre. Et en ceft endroit Ariftote réfutera ceux 
qui penfi^yent quil riy çuft point de bornes au difcoun humain, & que 
ce fuft vne choie: infinie; 

■ ' En 



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POSTEK ANALyTiqVES. ^ 17» 

En la quamegacpîirtieilfComparcJaDanonftradon(qùieftlaplu9 
parfii^e, ôc la plus accomplie raciocination)auec cous autres fyllogiuncs 
analytiques, & lafc.ietio$:plus cx^âciaucc cclkfquijcftmoins exadeïôc les ' 
choies qui fuJuienncnt le plus fouuent.ou ibrcaiccmenc>aucc les necedài- 
res : de ce qui (è fçait paif iaence , ^ec ce qui. & congnoïà par les ièns: 
Iccm ce qui gill rç!c|i|:ç»^Uec ce qiiiitc cbn(ifte qùeiirlbpinion:& fitia- 
lemetit ilconfcrç auffi'laiçienco auec IbpinionL • 

S ovs.qç^ quatre pç^ic^s. nous verrons des doâones' du tout àdmi- f^^'2Tu!i!nf 
xableSf Ôc û^ lefquelle^ il <ll impof&ble que le plus braue eiprit du ni OH"- Je U DtmêB' 
àtSc derucloppe dcs rcpçbrcs de rinccnitudc ôc ignorance ; car la guide -A^'»»- 
de noilrc difcours çcft T Analytique : de la perfedion &c le chef d'oeuure 
de l'Analytique , c'eft la Dcmonftration , laquelle a efté iufques icy ceHc- 
ment cnîbrouillec par les pcdans qui fe font méfiés de manier Ariftotc, 
qujlfc peut dire quc^y deuantfon Organe aeftc plus admirable que 
proffitable. Mais» £il plaill à Dieu noiis donner intelligence & patience, 
pour nous faire p4a:ibrafli:r ces liures des Poftcrieurcs ; ie ne doute point 
quîcapeu dte temps on ne voyc toutes les {ciences en leur pcrfe<fiion , ôc 
que les bons elprits amMcurs des, loctres ne reçoyucnt vn frui<$l merueil- 
leux de celle 4o(îtrine,Uquelte C)ieu a permis demeurer fi long temps en- 
fcuelie, pour en orner, ôc honnorer nollre fiecle. Et pourueu que nous • 
ayom ùiÀ noftre pro^t des liurçs.ptecedonts , nous ne trouoerons ïien • 
de difficile cy après, i 

'M 

^jffU.éfcQUTS de l%ammeeft borne qketOHtt fiience C^. 
difiiplme efijondee [ht queUfiM w^um^ àmif^tSy 0* far- 
tam^epidj ^^triionfrrMion:. c H ap. . t 

L n'y' a -rién qui apporté tant de'difficultc i k fcicncc de, 
biert .dîfçpuriri ôc fur" tout àlacohgndiflancc de la Dêmop^^ 
fttacioh., que l'ignorance des principes , qui font comme 
le^bbrilçs de toute. tatiocination. Car ceux qui pcf^ç que, 

ment les vnes 

bout , ncpeuuent"<îfy}fe''qml fbit ppffifc 
faidcmcnt, &: ne fôïnriamais contents^ eh le^^ 

uent où sarreftèr i iife^fôngnoiilraric ay où ils ' doy.uept.ppmmencec leur^- 
difcours , py par aâ ^ fau t fi nir : ,'de ïortV quaprés g4pn, les a p^y^ tleç, ; 
meilleures Taifbns dû m'ôtidé. jls demandent cncbres;PQarqaQ.Y.,j6i en- . 
trent en yn iabytmthe; dou us ne l^aur^yeQt lortir : lipùj li nous^jaypnsî . 
vne (bis pat où il&ut ehtfè^'encefte^â^iriçredu.difç^ 





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^74 PREMIER LIVRE DES 

auffi coft le bout> 5c f^aurons^^auffi ou il nous £iut repofêr. 
fitt'e^lfi» Or IcGomtncnecmentdc tout difcours , ccft quelque principe ou 
dcmenrs tU M- aïiome, duqucl ia vctité foie Ci cmaine & fi man&llejquelle ne fe puifTe 
jcfitrs. prouuer par aucune cau&plus certaine ny plus fnani&fte,4e nuuiiere que 
celuy qui voudroit qu'on luy rcndift raifon dbn axiome > ne fèroit pas 
moins ridicule , que celuy qui voudroïc, qubn luy allumaft vne torche 
pour luy Elire voir le Soleil.. Comme» pour exemple , il on demandoità 
vn Macnematicien pourquoy choies égales adiôuftiees à cho&s égales le 
^ tout e(l-il égal : il rc^ndroit À bon drok , quUnen peut rendre aucune 

. raifon plus euidente, que celle qui eft contenue en ceft-axîome mefm^ à 
fçauoir que puis que les parties (bot ^alesiii£iut par neceflité que letoat 
foitegaL 

L E : principe donc ccfl; comme la barrière dbù il faurpartir^quand on 
v^ur dilcoiirir : ôcla fin du difcours ceft la concludon, laquelle pourbijen 
ô^pcrcincmment difcourir, il faut her trefèftroittcmentauce le principe, 
&ç monftrer quelle dépend d'iceluy neceilairement. Donc, tout ainfl que 
ceux qui veulent bâftir prénent garde fur tout à bié ictter les fondemccj, 
aihfi quiconque veut que fon dilcouFs le conduife à vne Icience certaine 
& iolidc, doicauant toutes chofès bien edabtir fe^ principes. Et de fàid, 
flnous confiderons toutes les fciences, tous les ans ôc dilciplines , où Ion 
fefêiï du difcours,.nous trouuerons quelles font toutes fondées fut des 
piliers, à içauoir fur quelques congnoiflànces & notions quil&ut eftablir 
deuantquc dbntrer au diicours defdites (ciencç5j,art$^ & di(cipIincs:com- 
menous voyons qCiEuelidscomnâmcc tous (es bures de U Géométrie 
par leurs prinapes^ians lesquels il (croit du tout impcflible de lien encên- 
dre en Cts Demonftrations. Autant en eft-il en toute autre (cience:5c non 
feulement es fciences>mais en quelque a^^ quft cefoit, en'tout fyllogifme, 
en toute induâion^en tout exemple : bref en tout difcours >foit analyti- 
que oilautre, il fàùt touGoùrs preiiippofer quetqu)s maxime qui foie dc/ia 
congnuc à celuy auquel on veut prouuer quelquechofc , foit par fyllo- 
gifme^ exemple, indudhon, ou autre manière de preuue. Et ce- qui doit 
cftrc dc(ia.congnu,ccft ce que nous appelions principe^ pu m^meiPuis- 
dont que toutes dïfcipllncs, & tous OTfcours , quçlsiqjôls p^tifTcnt cftrc, 
ont leurs principes ou notions anticipées , defquclleslçurs conclufions 
font tirées , qui pourroit nier que les difcours des fçiences nccefïàires 6c 
immuables,que tious appelrons Apodid;iques(cçtt a dire dempftratifijou 
fàiâs par demondratiôn ) nayent adlli leurs principes , qui font les pre- 
mière^ four ces defqueUes il Éiut puifèr toutes lé^ boncluuons > j&c fentree 
dela àirriereqiûmût'j)afler pour pamenir ayne^ fçience folide & im- 
miiable : Ayant dohc'eftabli les premiers fondements' de la Dcmonftra- 
tion;&reicâclbrrèii^ dt ceùx qui nkncqùil y aytdes principes lefqucis 
ncfc peùuent ny ft'éii6dôyucntdemonftrer,& par lefqucis on dempnlbe 
tout cé qùi fè doit demônftrcr en qiietqueïciençQ que ce foit^ il fera aise 
dt dtcflèrle baftîrnêt cy 'aprcs3& rçfutcr ceux qtii luçnt qi(ity ;^y]tdepion- 
^ fhàtibil^& diûlfoik'i&pofliblfràeia^ quîlny ayt que te- 

' - ^ dire. 



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POSTEÎl.: ANALYTî<^VES. lyj 

dirc> 6c (]ui coQtence cenetnenc tioftre inftUtgctïClijqutliey ac<{^iikï(te en« 
tieremenciàtispouuoir rien rechercher <iku»ug^. Car celV erreur ne ^ 
procède que de Tigaorance des principe^qui (bfscles bornes Se barrières 
des dilcour^vde de ne (çaaoir cohioinare^itroiccemct ces principes auec 
les concluions. 

Av DBMEVRANT CCS principTs nc sSicquiepeAc iiy par icicnce H/ 
par demooftratioDjCOninie sunfi foie q^ils précèdent coatéfcience& de- finceJt^rin^ 
jlionftration , mais la congnoiflance despeincipes eft plus claire àc plus 
iunibere à noilre entendement qu^aucune (cience : car comme les cou^ 
leurs font cuidentes d'dlcimefnics à nos ièns;amîila veticé des principes 
fe nian&lle de roymc!(meitiofti««niiondcmAenc> lequel aufli etl appeiti 
paries Philoropnes principe des principes, citant quil ne recherche 
point ailleurs la caulè de layer;cedespdncipc$,ains il la prend en foy 
mefine^tout ainfi qUe noftvc oeil ndrechcrthe point de raiion pour croi- 
re que le blancell blanc , pource quil le void afTcz de foy mclme. Cc(k 
pourquoy auiG ces principes ibnc appelles Notions anticipées. Mais N»tUHS4»n^ 
l^auoir (\ ces notions (oni naturellcB en Thoorme ou non , c^l >^ 



ition qui fera traiâcc autreparc : car pour ce commencement il fuftt de ^ ^^y^. 
fçauoit quil y a des principes d£ Notions anciciptes. Et&ut t^auoir quil c^mdUurtda 
y; en a de deux fones : à fçauoir liiAcpar laquelle 'ittous •con^Api^O'cis que '^"""^i^^' 

tfit àc &utre par laquelle nous i^auons cet^ùfi^ &^<e»tenïto«s'la'(if 
gnificanon-des mots. Eteft maiii&ileqticces^Notion^iibnti'iiioutdi- 
ilinguecss fictijeii doyiienc^oqfendre:carilya^ji0choft&,-()erquelle5 onf9ntf^im»a> 
nous auons bien la congâoi^GtticC' qidBttes lmt;^<^bien qite nous ne fj!'' ^^'h*^ 
{çachioas que cèibcomme povtr^semple^il iity a<tluy qui ne (^ache qu^il 'f^^^JT* 
a vue ame > mais de dire que cbft (^e liiflie ^appartient qu'a ceux qui 
font bien verses en PhiloropbieGs Theblogiieftaconiraireil y ades mots 
dc{qu<^ nous (çïuons la rignffitattonj& dfrMuntèien quedfcfltmaîs nous 
ne Içauons il ce quielingnifîé paplceuzt^eà nature ounom contmc 
desPygmees>dcs Centaures3de^Chimore^,n»c^ i(fo<Hifi bk^ 
CCS motsfïgnifîent, maisnous^îgniidrpaiilVfteift-oiUuc Qnnatofcou non. 
Toutes notions anricipees fonrdlMcou -y«»w/i<î^y^ou^/#'ffyf^)M ; suUmf» 
pourrios donner infinis excmpksldeJTne» 6t dw autres ôrt-ccki tes- fcicn- iun»tfnsén~ 
ces difciplincs : car liiuaUer plus loing^ic#^rittdpe deMètA^hyfique, ' 



Its tn fn 



lequeLeft lo iondemenc de^ïoftre Qrgane> Qj^$êtms^€h^mUlfijcmM(M'm Mphncn. 
U negfàm^^mtMe^ céft vAe iM«ipciia]Midp«h^«M/«'#/l, per- 
Ibnnencpeat ignorer qaocdtd^nonciaiiô^Mtfli^&ttvsvMtaMe^^ 
logîe»^ mmctjpi h/tihiU it ^S>iei0ejt ieptg^r^Mè iMeè^Qrfu^fSt y ne 
nodon ztmcv^t^sdd ffLhwix ^eft(niatil«nadqt»t,^/»«/;fi le$ tiiw* 
nsy^fiÊtrmtej du cenm 4U€imi^i0fCiT[àà>é^idei'; n^tidâ-Amici- 

fiippo&rjqudqnes tdkte notions ai>oicip0è$<^>rtMri4 fitt^^Hjîi-G^' -er- éftif&n^s 
oc ionc les pnnatieres iovkot% de^^ordi^Mi ^demoitflrraâdii;; Sctn- '^Ç^^/^* 
blabicnttncauflî les nôtkftns:aiiâoip«cs j4aA}Odil«|f4ioas auoim^àppcUees 
ywr doyacnc procéder m mmmCckM o c i f i m 4c dtfc yiî i lH ^^^fngne f"'- ' 

MM X ea 



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i7€ P^ï^J^R HVRE DIS 

en Tlïe<?logip ^ge*è^^fftçfittitf>.Gbi3W:>Iuûi(X, Loy»Fo)L EnMathema. 
pque» q^e qçft que lepgràâLU ligne» le cda^^c&c & on ludj^rudeoce, 
iqu^ cidli^ueie 4roUil^^r^<;t^d^i^ae€^quclibe£tc,te^ 
fîbli^ci<>iv: ^ aii]^ idftiDtv succès tgmm. de chaque iacnce , il cft oecct 
{aire de Tçau oir que ccft & ce qiûls fîgnifienc , auant qu'entreprendre dbi 
difçQusir. B^i'4ieft:jœp9lIiUeidef^r p«rcinemnaent deqaoy quece 
i^sMétjinf 4n- ipi£,.qtt^ ces deuxjvnioos Af¥idf>ce$ ne prcc;edenc , à i^auoir que ce do. 
''"tlit/u'â! -quoy -cyi vçqc.tf4(îej:eftien joature:^ cnercheclt 
^M^athn'' Iciepcç dpiÇp qwiiOQft-pôiai) fcquc^^ aufEqaeccft. Comme, 

pour e¥^mp)e, Ç\ qt«ddmauu!prfiod de deoiQoAreCrl-imnKUtalicé délai 

ine,op laxçrurrc(â;»M'4^i^'P^l<^f^^^CQ^ doki&ire^uatqafe 
i]encr!?c ffn iài d9nio'nftc%tiop>ccft de monftner par quelques chofës maiii[. 
t<£(le^qurjqcla.elï, ceft^^^npirqucicsam^foiumuiaonellest âcqiicl<]p 
£Qrpsreiu(ckcnt:aucrcix>&qti^W l>elWt: (cnoic-cede rechercher les csafcs 
dyne çWW^qiiclle on dibu»? ^ i:llQq|it ou Donî c^me quelques vns &nt, 

. • .. V qiiivculw dçmoniberfPiwntU piâaç.PWofopW rouiinc. 

cal çn fol,^ font cftcor ÀDWnftrec qiH celafoiciâc que ccftcipiare fe crou^ 
- . ^ , tHc. fi 9QIU auomido^H eefie notion anàc^ee»^ /tf c/r^/^ ^^lots il 

X. &m dcic:Urçrjf .*.n0l| pasirf oar laildiair exaâemem , ( car cela ne iê 

po^r fi0ijçndf:e:qae ù^Mêcitk^vatithmck&àont nousvouioas'parloi: 
-cptjnioç «ilQftâusftiao 'de dem<|nftr«i: ks nf&âibns des angles, niinglq^ 
^^ -, OU ^U4i;tc$>Lil.w» ^fÉWÎf aiipamam ^ cbft. quua angle ^ ou qnar- 

f Àau vp rri^n^:{;^»i9q$ise^ 

. .. ... rcftaAiidi(«î'4rsj ^ 

.T.« iconiii¥uidlkià^pncu^ popreauigar 
3diine^l9.\Har\d^*/<P4r^lk»!^pr donc «vatsnot que dbntrer aux proccpces 
4e la dcm0i)ftractPB,jjliî|iKtiuc^iloar ayons celle congpoii&nce andd- 
^çf^sÇi^ noArç en£endfim€i»*.;que la dQmphftration edyccft à>direquil y a 
:V.n^ «t;$cQlkfl(^.^ du<lQftt<paii^iâ» imxç^ diicours , qui s'appelle 'Dem»»- 
firdttini .qw ocmpruni» tittif^ ïvffoàidtyfQtxi Ëdre conclufionyains 

ces'd-ic^l^jî^ou ïqiK wbi^ef rions^ Itein il £iut f^auoir que iignifie ce 
,fnoc dpd<pma,nilrecmft>iteap|>eU^oil& lêxpltcation de ce moc^tMOM 

àladtiièfeiiottde csbyiqeiiveuidi&ount dsjqui^lque choie, d&iogerdl 
: eft b(câing)^nU)t)ftà£^^l^^ ciitiattiriyftunioâ, 
. À€nrd«.f)e^aaii^eKxiQttS^mt«BtÂi^^ void : comme 



lesnm»ns4n- 



. tmfui .^ft <lwi^»>ft«ec qwfcyi^^fcdij^fc ^ 9m Uimre«reoible qudqt^etfois: cara- 

rmf»ntc.0mm*^ ]j^^f;^g^jftMm9^ iyiihyinMMfimM>nMriMnei& ptobjfclftt <k dialeAi- 

. j > i' . 1 \ * que; 



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POSTER. ANALYTIQVES. 177 

quoi car nulle fcience tie,detnoi»ftreièft^ruic^es:4iiais la dlaledfcique a 
cela-» co^me nous verrons , publie peut dij^uter d^s pdndpes de toutes 
pences ^di&riptincs. 

Ayjlnt enchaqi^efcicnceic ditcipkm ces première^ nocionsonci* amMtttttt 
cipees, il faot Us fçiuok accommoder, &sea-tirerldsconcUj(foiis vniueA iS^atifanctJe- 
fcMespnmimmeotypuisapMslespardGulierendtquicôqueent^^ bien f^^^'f^ 
ces applications des notions aoticipees,il fepeut dire quil fçait tout ce <|fi 
ie peut fçauoir : comme pour cjcemple » en Théologie , de cefttf •MCiOH 
«uilàpe^ Qu€ tQHtci ijd refifle s Id loy de ^itmtfi di^UféfU âDim V nous ti* 
•fOtispsiemierementcediKioursvniuerlèl: 
: €9 refiSh kUky Je2)ieu efi de^Usftntit 'î>'teu, 

• Tùutci jui ^ cmtf^^re à U chdriri tnuers ii frochdin reftfh 4 U Ity de 2)ieu, 
' 2>onc nut ee^m ep îêmtrdft i it ch^'ui imêers le frodum efi de^ltufam i 

En APRES, cefbe congnoi(Iânce vniucrieUe nous condoic à la parti* 
culiere » en eftendant la màimc notion anticipée à totit ce qui peut cûre 
comprisiousicelle : Car par ce principenous concluons^ que rmrhçpmci^ 
Je, têur dJitlrere ^ uurlétrrecms reufe emie , t$me jfdme efi deJf Utpotte d Vsetf , 6c 
auflî ceffihenùcide jumteUuitnretdcemmùy dc cds autres cas Angulicrs. 
{àrte'<|ae les notions andcipeesyldquellcsfonc trcHimuerfelles^oi^s con- 
xIuifefflEidques à la congtioiflànce des choies fingulier^ : Ca ril É a ilb dft t:^ 
pogves ^ue nous voyoâs en cdd exeipple ^iê doit &ire 6À toutes feiea- "^^7 ^'^'7^ 
ca. - Et àroir peut de cho(â dauoir fèulemeac la congnoiffiince dè ces pre^ T^mfupZfii^itt 
«ieresMtioils vniaericifes^fîon ne defcend iorques auxe^^ ^ ^' 

Tc iufoues aux choies ângolicres compFifes<{ôiis ^celles :FCdmtt}e' pour ilCr^ 
exemple-, dequoyièrt à vn politique dkuoir ceti^ cohgnbiCTartce an- fit&ie^s jîBgth' 
xtcipce*, que tout ce qui eft contraire à lamànutencion lie I^at-legiti^ 
■memehteftabli eft iniuile , Al ne^çait Ôfi congnoift diAint^èn^Att^par". 
ticttlteremmt, voire iufquesaux cas particulietis, ce^^i^^Êft contraire à 
Jèftat^ait^yquéferuiroitauNfathematicieB^ei^auoirque <;ho(ès égales • 
adiouftces à<^hofès egaUa^roncdu tout egalcs^de là il ne (^itdefcendre 
aux an^esegauxy 3c en leur appropriant cçAeffia^u^ deoionftrer léga- 
lité des angles externesrSt internes de toucefrfîgures^puis àa tPtangljCj&^fi- 
:aa|cment de riroTcele, fcalcne, ^ equilateral,^ finalomiMt'dkti cctuian^ 
^e de d^aJ9^ cel. La congnoiffance donc des notioAs vm&eri«li«s eft con^ 
«^^in^pttrfiù^e, iu^es>^<» queparlrftioyea d^iéele^oiiayèài^uis 
i>oongnoi&nËe diftin^^ par&^â;^ des^âil^ieâs fmgulices deTditre^ t^i 
Qons vniùer&Ues. Et r{y a point dkutre moyen ^pprendre-ac p^ofliter^ 
£)it attt ieceres>fi>it en tout àfft ^ dkcipline^duSippliqaant c^^nétiotis vnii 
oecièUei aux fia^eâs (itfguliecsde e[iaqu# fèîen^e^àt^ où di(GÎp1ine.^Sd^ ^ 
tptOT-vi»^ant que toutes itidnces depen^byencainâdes noYioh^i alfidd- ^^^J^ 
pees, « pensique ce qi^n apprenott ce-'moilde |i'eft^c quufte rt>uuc^ tutts^ 
«ance-œ-ce^ue Mune auoi^iéc^ deiiMM^tteftcb^a^smetf' âit)^lec6rpj, 
pai£int«« pouvoir rd^n^t'«^a«miilnti^Menon,qiiîf()uft4iï{^if 
ounovf^iàppMhMs âi«|^utttH|sapfMnoîMdek m^neqmëous l^à:- ^J^^*^ 

MM 3 uons 



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P R E M.I E R L J V Ik E DES 

^ uons : car> difoic-il , Ci nous lûuions nulle congnoiflànce andcipeci no» | 

ne içaurïons rien apprendr^pource que nous ne {çaurions acquérir aur i 
cunefcienccqU|^lafaueur de quelques principes qui nous foyentdefa j 
congnus. Ecfitious auons ces principes ôc congnoiffances andcipces, [ 
nous auons^defia la (cience:car. > pour exemple «uae Çs^ que tout ce qui ^ 
eft contraire à la mahucenuon de Ifeftat eft iaiuftc > ie içay quant de quaac j 
:que les iedicions , ligues, cooipiradons, guerres ciuiles, mefpns du Pria- , 
ce, violcmenc des loix, bref cource qui peuceftre compris fous Menduç \ 
de C€ gepre , contréùre à U ménutinMn de IcBdt > eft iniuile; Mais Socraioi ^ 
refpondoitmal, fàuffa corrcftion, en dilknt qiiapprcndrc ncft quuntic. 
minifccnce. Car nos Théologiens luy prouueroycnt bien que les amci 
commencent dcftrefeulemcnciors que Dieu les loge ca chaque corps, & 
•quelles ne (ont pas de toute éternité. Se nbnc point auflî eftc créées dés la . 
création du monde , de forte quencftans point plus anciennes que les 
corps , elles ne Ce peuuent relouuenir de rien. Mais il y a bonne re- 

j(£^nf9 d Me- iponfe à la fubcilicc de Menon : Car il ny a nul inconuenienc de dire, que ; 
nous f^ons en quelque manière cela mefhie que nous apprenons par 
:te moyen des nouons andcipees:mais après quenous lkuonsappris,noufi 
•le^auons dUne autre forte^queq^andnous nauions quele^Hites.nodoos 
anticipées : comme , pour ezeoiplc > fi toft que iay cdle yntuerii^e coa- 

Îjnoidaacc anticipée, que couc ce qui eft contraire à la manuccndon 4e ^ 
feftat eft iniufte , le {^ay zuJSx eh quelque manière quelles coa^îfacioai, 
Z ligues ^monopoles Ibnciniuftesiihaisie ne lefçay que confiiiemcat» [ 
T . ^ pource que ieiuy pas encore appris que cela ib^cootiuùre à [ 

" ^ ^ après queie ^ray appris y Cok par expérience ou par difcourâ , alors k 
- .^ içauray diftinâemcnt jparfeiâiemcnt que cela eil iniufte : autrement, 

■ .fi la congnojlTanee confufc &; vniijerfelle nous donnoit quant & quant ! 
_vne c3:a(St<.& diilinâe congnoiÉfancc des fubicdts fingulicrs coatpris fous i 
iceile , nous nîaunons quefàirede demonftration,nydartny aoébinc 
comel'M df- ^quelcotlquè : Car là den^tonllracioU} voire; tou^ difi:ours>tead à ce but,de ^ 
frtnd. àdindrecp quieftincongou àce quieft dçfia c^angnu. Voylapoiirqucy 
nous difons queceluy qui apprend, il i^aicxkfia en quelque manière ce 
.quilappre;n4)^ l'ignore aum en quelque manière : cQmme, pour exenv»- 
.ple,ai.GfQtn«Bne€eluy qui acdlë cpngn.Qi(ranceanticipeeyquunciignc 
droite tôbantfiirvjieautielign'e droite &ittài^ours*deuxan^es droits 
ou égaux à deux droits^ il Ct peut dire qiul ff ait en quelque manière que 
iîingle; externe de tout tdangleeft plus gtand que Fangle ùiterae qui, luy eft 
opposé : mais ce fçauOdr là eft tellement connt$>quil ne peut eftro appeUé 
' ' '' • fpoqce>iii(qi^àce'queparvabondiicpur$on appli 

ceftç^oncluiiomcar la nodon andcipee ne donne rien quuoe congnoif 
; ' ^ ifUKf 'yiiiùçrîçlle de cQnfafe>ittfi|ues à ce quelle, sefclaircit ^ /q pai^ par 
.-. kdelîionftrauail, qui .eft la Vfay« méthode dHppretidre,.&p^;Wquelip ! 
nous venons àcQngnoiftiiië diiUn^çtnent to^ eft conshiu fous 
lefdits^pr^ticipes. 'Ilfàutdonç çoafeOVrqu^.qtt^dnousappocft^iis quelr 
>■ ^ qucfiàcaçf^iious appK&giA9i«cii<)a9lqMfï jmt\iffp^ Q^h nw&iç <}uc nous 
" , T . . ' fçauons 



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POSTER; ANALYTIQUES. 17^ 

fçauônspar la congnoiiîàncévhmerfeUc'dtô^ toute k 

fdence dépend : toptesfbis nous nions à $ôcracesj quâ'hous n'apprenions 
rien. Car^uandnous apprèhons^^aêt^ùé fcience, & ^ue par lapbficion 
duprincipé nous vehoni à cbhgnôiftrt li Vérité de quelque conclufîoh, 
nouî apprenons parce moyen la conclufiqn, & venonîalâ congtioiiîre 
toutdbhcàutrc rrianierc,xjue nousnefâifions pas <juànd ndUs nccon- 
gnoiflîons <j[uelc principe : car la congnoiffànçe c|u principe eft confufc 
ficgcnerale, mais la congnoiflàncc , que nous appeflorts icience , laquelle 
nous acquérons &: apprenons par la den^onftration , elle eft diftinâ:ç , 
paifai£te, exempte déboute coriFufibri, ôc'nous Codùit par degrés iufques 
auïindiuidus ÔccHoïcs finguliercs. ' 

Ai^'ÀN'T donc posé celle maxime tréfjxrtatînfe & trcïùiïntablc, que' 
toùccé que nousapprenpâs;&ïdwce<^^ Àâds bongnoiflbns^iioiis 
prei'iîbns le cdngnâil^^toHë^Hâyeii'de quelques nodohs anticipées, 
qui fotit les prcmiciwt^CTOe$ de toV dif^urs , & lelqiiclles nocibnsjân- 
ticipçes^ftcndent iufqaes aui chbfcs fingulicr« > ainfi quilâ dÂémbnr 
ftrc par exemples, Icrfeur de ceux qui penlcnc quîl ii^/jtyt ny 6nds ny ri. 
ùe au difcôurs, eft (î'tnanifefte , qulHemblc ne meritètic^ure combatt^ 
dauahtâgc: toutesfôisji fin de iatisfaîrè entierbment a ceux qui peuuèht 
cftre imbus des raifons dcsPytriioniens3 & Sceptiques & tels autres en- 
lieitiïs dcis fcicnces, lèfquels pour (c flatter en leur ignorance veulent faire 
croireqmlcftimpoiSbledefçauoir quelque chofepàrÊidcment, & de - 
borner la ratiocinatibit de Thomnie,' notas reprendrons encore ce propos 
cy après tcftanc beibipg àù prèallable dé declârer ^ue cé{^ que Deinon-* 




'Vt. r. 
. > 

- ;V 



ÔvR biéhéritê'iïdrôqùccciî^^^ 
^niif cnprcitiier lieu en quoy 'contîffcïeytay ôcparfaidf^î^- 
p:6\txéSt nous ne cherçpQûs là d'eifibnfc^ que ppui;. 
iicqucrirla'feience.dohc yf-(f»iM^à4&^ri parler proprem s^t^t^ 



ment fçiaîffl5;c[iie dVc'eûx qtii fe penf^rié^îftre, enc^ycs guns ne le rpyerii^ , 
pas : Mafe (Pcjûx là ont U 'vràyè COiS|hbî(ïanGc des caj^fis de ce ^jk^ ^j^^ 
ucnr, & céiïi^ cy la pe^fenÉ âiioir. Or il ny ^ ' mo^^ 
ne tfi'e^ite ^ëpftre peié'isî'CohïIdere rneurèment : & quand nous lènteh- 
drodsîBiét\;nôuir.Verroris que tel seftifhé'è'ftre bien fçauant, lequel sîl exa- . ^ 

tofttcWïèli^onne ôém^^ ^ 7 7 

clud 



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i8o ?%^}ilEK tJYR DES 

çlud coucc^aiitre congâoifTance , fprs çelle qubn a par la caufè : t^tnent 
que ce qu£ nous congnoifTons feulement par les {ènS|Ou par les effeâs,ou 
en quelque autré manière^ que paE la cauie; par laquelle u chofe cfl;,noiu 
ne pou uons dire que nous en ay<>ns là (cience. Les principes donc^ibu* 
tant^ que hàûs knogeons au deflus de toute çaufc, ^oi^ ne Icsiçauons 
pas par Tcietiice , ains par intelligence j qui ell encores vne b^^it^4ç plas. 
excellente que la fclet^çc. Mais^hors nus les pritiqpes qui font premières 
caufcs delà içiencejilï.Qile clipiè ne (c.peutcongnoiftreparËiiâement que 
par fâcaufe. 

Ld/mneeefi I I Y A Vnc partKutârîtc fot^ remarquable en ccfte définition , cfeft 
BmmMUe, ç^uil hut ^f^^^ cotignoilTance que nous aurons de la caule, nous appor- 

te vne celle certitude e(i noflre eatendcmcnc , & nous contente en telle 
façon, que nous foyons trçfafTeurés que noitrc congnoUlincc eft trefue- 
ritablc , Ôc que coût ce qui ne saccorde auec iccUe eft Ëiux , Ôçnê pjBUtcn 
àiicu ne manière eftre aucremcnt. Cecy monftre la différence quify a en- 
tre lopinion pleine d'incertitude àc Icgerecc, ôcla vraye icience^ laquelle 
demeure a lamais immuable ôcinuanablc , tellement que quand nous li- 
ions vn1*Ë{cot ou Bri,cpt5 qui senueloppc en les fubcilitcs, eniorcc q\ûl 
diïpute perpcçuçljenj^çtA§t^e fe ^eutraoudrr de nulle ç^oCe , nous de* 
û6iisJncod^pe^t.^pn^^ i^s^(!Q;^pEs foncau^ «floingnés delà 



nr fiitncïquc met ics prcccpte$ qwî^ aoji^^ ,Ye/jppsc^ ces; hures, par Iclquels nous lora- 
^.AHéiffifu^. rons dé^ y amies incertaines' &'periÛeufes .de tbpinion « ôc paruiendrons , 
au port ddirc de la Icrence > pénétrant en cnàque choie luiques a la cime 
de toute congnoifTance humaine i Car quiconque aura acquis TAnalyd- 
que, ne flotter;^ iainai^ eniïe*d?tux çaux, ilncsarreftera^qinten licainal- 
alTeiiré^ôc ne le fôuruoycrà iamais du droit chemin : la ou celuy qui en cft 
ignorant^quelquc fuffifànce quif pulÀTc auo'ir dailleurs , il eit touuours eh 
craincc, ôc ncfl: iamais content ca loymeii|nc^:.Car<:pnibien que le iugc-^ 
riiént naturel fîc Icxpericncc puilFc beaucoup., n^çd-çc qu'il etî bien diffi- 
cile, voire impollible,quil luffile pour acquérir la vnyelcience,lî onncft 

: . . - ^ M ifciS%^t*tfi^SS^4t ^ fur iptit des. E-gftcàei- 

DemSfrâtUn, ^^^^^^^ ^ 3^^;*^^^^ eft aiïc de dire c^yç ccttque 



fritteipes de U ti<5n 
DemiShrtuiên. ^ 
F 




f)ropres 5c adftraint$ àcequi fèrâ-dQnipftré^ i^.quc latconclufîoix {èp tcU 
A. ^ - . • - ^'4™A!^P^^^ ilâirer j>puf auoiryné ^ ^cûpî^ie., D^cinc donc 



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PORTER. ■ À N AL Y 1 1 QV ES. 1 8 ï 

que tie ces conditions dès^principes dépend la certitude immuable de la 
dçmoilftrationyillestautconndererchdcunéàpart. ' 
' En premier lieu les principes de la demôftràtiôndoyuenteftren'r*^/; 
carlafeuflêtc ficlcrreuriie pieuuçnt iuoir lied eiila ftience: Etcomme 
ccluy feroif ridicule qui rechercheroitla fcience dUne conclufion fauflè^ 
aufli fooit ccluy qui voudrôit dcmônftfer vrie cbncïdfion vraye par vn 
Éuixprincipercar combien qu'on puifTeÊirevhlyllogifmc, donc lacon- 
clufion fera véritable, cncores que les'prOpôfidérts foyentfàufles > com- 
tnenous difionsàu prèmierliùredes Priéure's, tahtïy à que les fiiufTes prb- 
pofitions ne peuuent donner lafcience& Vr^econgnpiflàncêdé la con- 
dufiou : dautant que ce qaineft pôihtj hc p'eut éri aucune manière eftre 
caufè decequicft; - ■ 

Secondemb NT il fàur Ckit le5 pHilcipes foyenè prtmers^ ceft à di- ' . 
re tels quus ne le paillent demomtrcr pâf-au^urie caulc precéqentciâutre- 
mcnt ik ne ferôyent par principes î & rieferôyénÉ pas (ùffifiihspour par^' 
feircla Demonftrationtcar pour acutoir \à fiiienté entière, iliaudroit auoir 
cncorcs dâatres principes pourles dèiniortftrcr. GrsBs'fôric premiers, ils 
feront aulB immeJidtsiCiiric principe -hcft àutî^é choie quune propofitiort jit$rtttdt4ts* 
immédiate , ccil à dire vhc propofitîon tcmpofeê' diiri Attribué ôc d'un 
antécédent dudit Attribue , qui by eft tellciftenfc cbnibintj quil rieft pàî 
polSj>le de trouuer aucun terme metOycn ehtrë' deu^ pour lés'lierplus ' ' 
cftroiacmént: &eft eùidentquefi laprppofitioh neft iinmediate, elle 
ne peut cftrc principe : cârle cermèj inetoyeft , par lequél oh denionftrc - 
ra rinhercnce de Kâàibuc eti fon'fubifeéhifa tdufiburs dcùàht t comme, 
pour ejderhple, fi en Théologie onmcttôit ccfe prbpofiticrn én auaht 
pour ipïixici^c i- Que tomcefkcijui font hd^^^^ Jiisî 
ffeché ,^yiuemàl)îeui àn&AaCtroit^: càr ccft'vne conclufion, laquelle 
fainâ; Paul demonftrc par fon metoyén àpodiïflique au fixicmc chapitre 
dc(bn:epiftre auxRommains.Mais<eftepropofitioh èltimmediarcj Tout 

cauïcfupremc , ceft à dire lantcecdenl pluspirochàih de ceft Attribué, 

poffible dé trouuer aucun terme pôiir cbiûoindrcf^pius cftroittëment ceft 
Attribué auecle Subiett. Ainfi eftMathfeftiati^ùe,téfte propofition, ^^y^ 
farties egttles ddioujhes à fartks egaks i ie tom eft egttl , eft immédiate ^ ne 
peut demonftrcr paf iuCun nietoyen; 

Ci s icrbkcondki<itai»desprrnçipes,àiçânoî 
appardcnnerre aux prindpes abfolittTièrit><icft à dit^^ eftafns confiderésén ^ / 
eux incfincs, & fiins-auoii: efgàrd à la cpnèliifion. Les trois qui fuyuent 
tes comparent auec la'conclufiotfyà laqUefe on lèsVéut adftraindireià fça- 
Ûoity/pttlsfi^ptt cOffJê Je Itdifé conék^tkj-^'^di Ik frète iénui^ fayenrftm bon- 
gm ^nicelte, Et en ce peu démots eft'dôràprîfc vne grartde ^ànk de la'do- 
ébiné'd^f!ërrifeàiraè.^t pbdm bien ertteiidrc. 

Donc cciiccàn^ibtiytàuJhs^del^iWf^ CénfetÀtUcZ- 
Car k prineipeeft dduÈlfemcnE caufec<c1ajcàhfelâlîbiî;;â fçauoir câufèdc 

' • NN Ton 



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x8x ' PREMIER LIVRE DES 

{on cftrej&caufèaufn dela&trecongnoiftrccome^pour cxeinple,riatefw 
pofîdon de la terre encre le Toleii &c la lunc,cHïla caufc par laquelle t'Ecli* 
pfe e(l,& cêfl: aufli la caufe par laquelle nous congnoifTons &c detnoftrons 
que ceft que rEclipfe , ôcle principe ne peut eftrc vrayc caufc de la con- 
gnoiflance, silnell aufTi vraye caufe de Icilrc ou exiftencede la chofe. 

fmàinu. Précédents, Celle condition dépend de la précédente : Car puis que. 
les principes (ont caufes de la conclunon, & font notions anticipées , lc(l 
quelles font les commencements de tous difcours , comme il a die mon* 
ftré> il eft indubitable quils précèdent la concluHon, &: que la condufion 
ne peutcilre,fi les propofitions,oùcft le principc,ne fônt pofees deuant. 
p^tMnm Et COMME Ics principes vont deuant, aufli font-ils plus congnus 
(Se precongnus , qui eft la dernière condition :car autrement ils ne fc- 
- roycnt pas principes, àc ne pourroyenc eftrecaufiss de congnoiflànce,s'ils 
auoyent eux mefmcs befoing defire congnus par quelque autre chofe, & 
siis nau oyent en eux mefmes la lumière pour faire voir cognoiftre leur 
vérité , comme il a elle dit ailleurs. Or ell-ilà noter en ccll endroit , que 
I ces mois^Precedenes flm cûngmyk prennent en deux façons^ fçauoir oa 
au regard de nous & de la capacité ae noftre entendement , ou au rcgird 
de la nature des chofès conuderee en foy , çomme il a eilé defia touche 
en la préface de ce liure : ôc cela sentendra aiièmct par les cxemples.Nou$ 
rlits etuffM a appelions fflmcetigm àmusi ce quifèprefènte depluspres ànosieas>com- 
mcleschofcsfingulieres & palpables » lefqu elles vn homme groflîerSç 
ignorant comprendra bien pluilqlhqucles choies vniuerfellcs , lefquelles 
, font efloingnees des fcns,ôcfontpuremêtintelle(ftuellcs.Etpour ccftc rai- 
Ion il a cftc dit ailleurs,que Tindudion eil propre pouf difcourir auec tel- 
les gents, pource quenl'induftion nous prenons toufiours les chofes fin- 
gulicres pour terme metoyen:çar ceux qui ont l'intelligence peu exercée, 
côprennencplus aiiement ce qui (è prelente àleurs(èns , que ce qui en eft 
«floingné : tellement quils ne pcuuent apperceuoir la venté dUnc propo- 
rtion vniuerfèlle,(i on ne la leur monftre au doigt 6lï l'œil : & cfeft pour- 
. quoy IcsphiloCophes ont inuentc cèfte manière de discours , qui s'appelle 
Induâion. Ces choies fingulieres donc vont deuant (ont plus con- 
gnuesau regard de nous tant (èulemét. Mais en ceft endroit,quand nous 
difons que les principes precedent^dc (ont plus congnus, cela ne s*entend 

phuctn^tm pas ain(i, mais il s*entena au regard de la nature. Car combien quArifto- 
f^néture. ^yc ignorç la corruption de la nature humaine ,. & 1^ rcftauration que 
nous attendons après la reiurreâion : (i eft-ce qiul a tiré cefte diftinâion 

* de ce qui eft plus congnuàhou$^ à la nature, de lântique Philofbphie 

des Patriarches, defquels les Hebrieux, Egyptiens, & anciens philofbphes 
ont appris les beaux termes qui (ètrouuent dans leurs e(crits,âc encre au- 
tres ceÀe belle di(litiâio,qui eft vnc des principales cleâ de toute la philo- 
Jophie,par laquelle nous fomtpcs inftruits, que çobien que qxiaiit à prc- 
fent les chofes (èniyblès nous fpyent plusiàmili^rcs. ôc plus c^ngnucs , ù. 
cft-ce quau regard 4e la nature^de laquelle nous auendons la reftauraiion 
.par£û4e , la ciongnojiflânce parjes Idées des ^^(iniâons c(l p|xaûerc & 

plus 



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poster: AUALYriQVtS. tti 

flm nacurelles. En cefte fignifioado axiomes & principes piecedenc ^ 
foncplus côgnusxomme, pour cxemplê» ceft axiome >>àgles egdttx adiom* 
fiis i dftgksegdHxfomt9m egdux» e(t plus congnu> ôc précède celle conclu** 
(iQïïyQue tom mMngle 4 mk émgksegéuxk Jeux Jfoies : fOisrcc que l'axiome 
nabefoin dkutune demonftiacionpour (t faire congnoiilre c&uantage^ 
là où»pout comprendre la verîcc de cefte côciunon^imudroic commen-^ 
ccrpar ledit axiome ou principe. ËtenPhilofbpbieyquandon dicflm-^ 
planent ôc abfolament, que quelque choie précède àc eft plus congnuë* 
cela fe doit entendre de ce qui eft plus congnu par nature.^ 

Mais ilTemble^diraquelcun^qued Ariftotediticyqueleiaiiomes o^«^é 
U notions vniuorièlles vont deuanc &c font plus cognues parnacure, quil 
comredit à ce quil cnfèigtie au commenccnjient du premier liure de . 
Phyfi<n}e : car là il dit tout an contraire, que les axiomes vont deuant» ôc 
font plus congnus au regard de nous ic de nofire capacité ^ non pas au 
regard de la nature» 

Ceste difficulté neftpas petite. Mais en voicy la vrayefôlution. Les jmSmm». 
axiomes ou notions anticipées peuuent cftre dites plus congnuës & pré- 
cédentes, tant au regard de nous, que de la nature en diucrfes coniidera- fi^^f^g^g 
âobsxar en compariifon des indiuidus èc chofes fingulieres & fentibles, fUsn^mie^tst 
Icsaxiotnes & notions anticipées précèdent âc font plus congnuës par ^^'^^^ 
nacure:cx>mme en ceft endroit , où nous comparons ces axiomes de nature, en Ji^ 
la demonftration .auec le terme metoyen de Tinduâion , iàns doute «'îH^ 
nous les appellerons précédents &plus congnus par nature. Aucon^ 
traire^ pallàge (ufdic de la Phytique, dautant quAriftote ne les compa- 
re plus aucc les chofes (ingulieres&fenHbles, mais illes compare auecles 
dehnitions parfai6tes,lefquelles contiennent lldee accomplie de lëflènce 
des chofes, il eftvray de dire qu'en cefte confidcration les axiomes & no- 
dons anticipées (ont précédentes de plus congnuës au regard denoftrc 
apacité, ôclcidites définitions font précédentes & plus congnuës au re^ 
gard èc la nature : comme,poar exemple , Eudide en la crentedeûxieme 
propofitioa de Con premier ihire des Eléments de Geometrie,dcmonftre 
quetout triangle a trois angles égaux à deux drotci,par ceft axiome^^iîk»* * - 

tfftttx dàmBis i Mtigfes eganx font rem ^^^«Xj-lex^el axiome il adftraint de 
approprie à £i.conclunon par pluHcurs propoùtions précédentes.- Mais 
par booârine du Uure fuyukAriftote le tranchera bien plus court, pre-« 
nant do premier coup pour terme metoyen k définition de cefiie egsuite, 
qui comprend iommairomcnt toutes les pacties^uEaclide raffcmUe par 
i^hifieursdemonftratiom* Conférant donc ces'dfluxdemonftrations en-*. • - , 
Rtnble) nous dirons quËucItdcy qui va chercher lâstome ou iiotion aa^ 
fiapee, dooionftre par ce qui eft pkis congnu aattvgard de noftri' àkpz^ 
cÎDc : làoù Ariftoce demoûftoepar ce qui précédé; ^ eft^plus congntupas 
nature. Car la fcience qui sacquiert par vn diemin plus jcotfft , 6e. oiù ap^ 
proche plus presde la ciefinicton , précède par^nature celle qui Ce &it pax 
vn plus iongcircuit.Mais ilny apoiiit de domoqtus cefte brieueâ^on dû 
demonftrer eft beaucoup plus difficile 6cfim «ihKiice> quiCiedlequi i^&ii 

NN X par 



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■ *^ 

i84 PREMIER LIVRE DES 

^ar laxiome. Ec pour ccfte mCan Arïftoce eni^igne premièrement laplus 
facile voye , si (çauoir la demonAradon par ^iome : Se au liure Ciyuam; 
il'ihonâreralapius difficile ^ar la voye la plus coune dcqui fcrcduicàla 
defînicioa : & en cède (ignihcation nous auons die quen ce liure Âriftote 
tf ai(Sbe de la dcmonÛracion qui fc fais par ce qui eft plus congnu à nous» 
ôc au liure fuyuanc de celle qui (c demôftre par ce qui eft plus congnu par 
nature, combien quelune âclautredemonilration fe^ceparcequipre. 
cède &c efl plus congnu par nature.A Hn donc de ne sâbufer en ces motst, 
Trecedenti(T fitts conpm à nctisyoufdrnéture^ taut retenir que les choies fin- 
gulieres, queqous touchons & appréhendons par Icsiens, peuuent eftre 
dites ^recedentei & plus cùngmis au regard de nous {culement 6c de noihe 
gtofliexe capacité. Au contraire les dcikntions exactes ( leiquelles com- 
prennent vne parÊuâefcience en peu de mots) (ont freceientes fksm' 
parBéUure lèulement. Mais les axiomes ou npdons anticipées > font 
precedctes & plus cognucs tant à nous que par nacurediçauoir eft à nous, 
au i-ezard deiditesL exaâes definidons : de par nature»en comparaiibndes 
choies (Ingulieres. 

No.vs recueillons de ce que defTus, que le frmàfe de U immSinmm 
fni^fti»» ^- epvnefrofojïnon immédiate. Quant à la prônofîdon , ccft vne parde de U 
_ ■ contradidion. Car.au lieu que la propohdondialeâique ou probable 
.V . peut eftre lune de lautre partk de la cotradi£tion, (pourccquck dialeâi^ 

ciea ditpuce laffirmadue ôc^la Do^ue)la propofitio Analytique ne prend 
que la parde de la cootradtâûui qui eftveritaUe, de maniei;e ^ue ù lâffir^ i 
madon e(l vraye,la negatio ac peut efire propoHtion Anaiy dqup:& prin- 
cipalement elle ne peuceftre deinoa(lradue.Parquoy la propcûGtion pro* 
bable, âc quineil* pas Analytique, s'appellera Enonciation : car l'Enoncia- 
tion comprend toutes les . parties delà contradidlion , tant laffirmadue 
quela negatiue : Mais lapr^spoiition, qui aura les conditions {ufilites>oe 
ctittrMiêH, peu&eftre que lune ouikutrc. Quantà iaContradiâdon,c£ftvneoppOT 
udon fans, moyen , cUl à-dire quil £iuc «par neceffité .qpmc: parde iois 
Dmifiê» Jts vray e , âclàucre ËuiÂTe. -Les parôes de là coiftradiâion » (^âiJ' Affirmadon 
frmcifti, ^ \^ Negacion. -Or i^.principe demonftradf (ç diuiic et» Tinefi: 6c Axio- 
^xitmes, mo yfic Ët^hefefe iuodwt&«a Hypothefè & Definiciom .LèfrAxiomcsi 
ibiit'ièmenccs fi claires èc certaines , que lesdifciples les^caûgnoiQcnt de 
j^,. entendent-dbux meiGnes/ians précepteurs Les Thcfes ncfbm pas du tout 
fi£uQilioiïes^ ^neftipôs ncceflkire querles difdples les enteMçmxfouL 
meifmes.: mais iU les ippreiinent deceux qui letrr en{cigoetit.Los loences. 
ifffêthefe. UHypotfaelè,cbflE l'une oâlkutre pard&de la oontradiâion'»corainc quaa^ 
DtffùMn. on^it-queiceia ettoiuiieftipas.. LaI>eAn,iiiahojllceqiudeckii:c)qtie!^ 
qufJ^fticïdequelqu^chod&quece foit. Ceftcdiuinon dâstpmuripcsrera 
expo&eampdemeitt cy apros^^ quand noc{5-4>aidcrons des/dHiikrcDces de» 
principes. . Mais pour la conduiion de ce^CTipitrfiioas rctiendroos^^o 
nous rïedeuçns receuoicauci|ne propoIitÉonpourpritieipe dc'dodvân*'. 
ftraticu^ en^laquelle mifi&ne.croQueroqS'toudes les condidonsui^en 
Gâr:pi^jqde)lKHàîeaoeBft^ & 
\ X V\ ' ■ ' la 



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POSTER. ANALYtIQVES. x$r 

ia demonftrauon n'cft demonftracion^qtiéntant aiie tes principes font tels 
que nous les auons déferles, fi quelque cho& demiiloic aux principes,no- 
ftrc fdcncc fcroit imparÉiiâe. Il ne fuffit donc pas que nous ayons vnc * 
congnoiffance anticipée des principcsitnais,qui plus eft,il £mi qûlls nous 
ibyent plus congnus.-quc ceque nous voulons dcmonftrerpariceux,v6i- 
rcqmlny ayc rien déplus congnu'qiâceux. Car tout ainu queCefàreft 
plus ^noni de Pompée que de Ciceroti ^ dkacant qui! neft ennemi de 
Ciceronque pource quil {tiicle parti déPonipec:auffi le principe doit 
cftrecrop plus congnù que la conclunon,dkutant quenous né congnoi& 
fons la condufion que pajr le principe, £t , qui plus eflr, il ftuc qucricn 
ne nous fbk plus congnu qae laéiuflèté de cë qui eflropposcau principe 
de là dcmonitration. Carpourauoircefte;iciencc{buae 6c inimuabie, 
laquelle nous apporté vne certaine afleuratice que nous ne f^aurioiis eltre 
deceus, il£iut que nous foyons àfTeurés que tout ce qui ne s'accorde aueà 
irosprincipes,efl; faux ôc abfurde, & que toutes les côclufions répugnâtes 
à nollre fciencc feront fàuflès &; erronées : autrement , fi on na celte afleu- 
wucc,ce rieft qubpinion & non pas Icience, Vray çft que pour congrkoi- certitude 
ftre parf àidemenc la certitude des principes des îciencès , il faut eftrc na- „ C^^^'^' 
turellem ent bien difpofè, ôc auoir le cerneau bien thymbré : car fi la tefte f M<Jr <^ 
cft mal fài<Sle,il riy a kierice ny difcipline qui la puiffe rhabiller,comme en ^" 
«à/court Platon en vne fienne lettre aux amis de Dion : 8c ceux qui font 
naispourles œuures leruilesôcmechaniques,q^ue le mefine Plato appelle 
gents de plomb & dc&t, nentendroilc iamais rien aux diicoufs dhn Eu:>. 
dide, fie Ariftote , qui ne & laiflêni; manief qiâauc; ames dbr & d'argent: 
Mab outre le bon naturel, 'A fam encores vue ^ande expérience «eftade^ 
& exercice: Car combien quunieune en&nt apprenne aux efcholesles 
principes de la phyfique ou autre (ciienoe; fi eit^ce quUeft impoflible qull 
cftcongnoiilè la certitude, iufoaes à co que laiooguo expérience luy ap- . 
porte ^ciïfte; afleurance. Sembfabiement celuy quieft deibauché à tout 
vite> ne peutcongtioiftre les principes deblèic^ceriiorale. L'inhdiftê» 
au(E ne void goutte aux prifoopes de Theoio^ : mais la' congnoiflànce 
de ceux cy ne vient ny dé nature ny dcftude, mais dime pure grâce de 
Dieu (upernatutcUe. Or Ariftôte parlera en la ^cbude panie de ce liure 
de Ibppoficion des prindpes (k noltee dempnftnttion aux principes de 
l'erreuF d£ ignorance. M^s a3^t dit queitbfk que demonftration , Se 
quels da^nc- «çftre iàs principes »-d £ujcpdRttcrjif s erreurs conçrdires i 

^&vx qui 6rîty<ïidi^<rtitfèri«»te<teari . 
^ibn, fontiJiùifés cft deux! i^sfiesi cBi<|!aifttefteirliiyhs dic^^ 
fènticranent t^Mly ^ des ^ttttÔÇ>fe9i»&^o!l'feit pbffiblede 
^én fçauoii^ abfo!dmënt i &''lës^à^^ 
co»|èfièût bfba^^^aroWkdein^h({riKion'i titzin ch eficét 

NN 3 ik 




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1 



3^8^ PREMIER LIVRE DES 

its lapéruertifTenteauerementy pour ce quik confondent les principes 



auec conclunons,& veulent queles vns (è demonilrent également pat 
x^tti les autres. Quant à ceux qui (ouftienncnt la prenûere opinion « qui éft 
"j^ aubn ne peut rien fçauoir abfblumeht Jcur fondemct cft^qiûl ny a pobt 
de principes indenoonftrables, & que le discours eft infini : de aoyant c&i 
la, ce neft pas de merueilles sils aoyent auiS quil n'y a point de demQn- 
ftrationt^utant qubùil ny a point de premier,il ny a point au(& dcdcr- 
nier^ de manière quUiteft pofsible àleur dire de rien £{auoir par ià cauic 
& ne di(courçnt ny ne preuuent rien qu*hypothetiquemenc , dcnofent 
|>rendre aucuns principes que par conce{ision : comme quand on dit , Si 
cfU efi» cecy /y? : & n on ne leur accorde gratuitement leur nypochefe,ils ne 
fçauenc où ils en font, & ne peuucnt faire vne preuue catégorique, aain- 
gnans qu'on leur demande aulsi preuue de leurs principes, & quils nen- 
trcnt en vn labyrinthe infini. Mîus il ne faut autre raifon pour rcfiitcr ccft 
errcur,què la Icntcnce qu* Ariftotca mife au commencement de ce liure,6c 
laquelle fè prouue par l'mduâion de tout ce que l'homme peut i^auoir. 
Que coutç Icience, toute difcipline , & en vn mot tout difcours,de quoy 
que ce foit, .dépend de quelque notion anticipée. Gefte maxime eft li vé- 
ritable, qu'il nm pas pofsible de former aucune exception ny inftance à 
Icncontre. Car la notion anticipee.eft compof*» dlm attribue auec Tan- 
tccedent fouuerain dudit attribué qui eft fî immédiatement iointauec 
luy,qu il ne ic peut demonftrer par aucun autre terme:Etqui di<n:chetoit 
la caufc pourquoy le tout eft plus ^rand que (à partie , pourquoy en tou<^ 
te contradi^on vne partie eft vraye & l'autre elrfiiu(re,,pourquoy cbofts 
égales adiouftees à choies égales, le toutcftegal, on luy diroica bon droit 
quii cherche ce quil a deuant foy; . Car ces principes portent leur lumie- 
it auec eu¥i& ^onc plus euidents à noftre intelligence quele Soleil de mi- 
di à nos yeux. Puis donc que ces notions arréftcnt noftre di(cours,& ont 
vne vérité fi certaine ôc fi matiifèfte , qu'il ne iè peut rien requérir dauaH-* 
•tagc, quand nous auronsioiuâ: & allié noftre principe auecla conda- 
fion, en (orte que rien ny manque , £c que tous les termes fi:ronc adiuftés 
& appropriés mn à laucre , comment pourra on nier que la demonftra- 
ùhittHên de parfaire ? N4ais voicy toute leur dcfenfe:Par la définition me- 

ïx ^miSfent finc ài AviSioïc, fçdféoir ctft cttftfft&tSre far U cdufe, , La demoiiftracion donc 
ff^*»** ne peut fubfifter, fi on nc.congnoift les pincipes, fi, dy-ie,on ne les con- 
nêiB/(4Mur. ^^Q^ par leur caufe^ pource qté&acremene ce tic ;<crôit pa» (çauoir : puis 
donc quil &ut toufiours chercher la caufè y c'eft autant conHne-^tti dier- 
SêUtiêi^, cheroitle boutdc Tinfini. Refponie. Cefte définition doit entendre 
de ce qui ie {^ait pir demotUftfation, comme les condufions dèïltien- 
ces rmais la côhgnoiflance des prindpr^ lie s'appelle pas fcience * pouice 
iMt$B^»€t, quik ne fe d^nUoi)ftre|K^int> mais die s'appelle imBignue ^ g^ui^wga 
congnpiflànçe cnc^plifs .cxçeljçme que la Icicâce , & qui eft li fàtn^cre 
& fi conformé à la-nacurç 4ç; Boftte intelligence,qu'elle entretenu k nom. 
Ceux qui voycnt tpn^ryQeaùiere dans la mer> sils veulent £çaùoir de 
quelieie^o^ jcjle vient ».ili^j:iempnçcnt coqsrpmont iufijues à iaftsturce, ^ 

l'ayant 



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POSTER. ANALYTIiQyES. à; 

l'ayant trouuce ils ne paflcnt pôiiic oucf^ Ainfi pour examiner vnc de- 
tnooftradon « il faut remonter depuis la condunon iufques au premier 
principe^ ôc voir (i le fil du difcours cft bien continue. Mais ayant crouué 
cefl'e lource » il e(t impolUble depafler plus outre. Car encôres que lej 
principes ne le congnoiffcnt pas par demoftration,tancy a qulls fonc plus 
congnus que ce qui fè {^ait par demôftracibnjpource quils en (ont caufê, 
comme dit ell. Celle opinion donc â efté liiflîlàmment combattue* 

A N T à lautre,qui eft de ceux qui di(cnc que les principes (e peu- ^f^^finJent 
uent toucaufli bien dcmonftrer parles coiiclufîons,que les conclulions %!%ri»df€i 
par les principes, elle nell pas moins abfiirde. Ec cnlàiûntfcmblançde 
confenerquify ademonftracion, ilslarenuerfcntdatout. Ceux qui ont ' 
fuyui ceftc erreur,{c font fondés fuf ce qi^ls voyoyenc,que quelques cho- 
fès naturelles dépendent tellement les vnes des aunes > qu'on ne peut di^* 
fcerner entre la caufê & lèffeâ ^'comme , pour exemple , le Soleil ayant 
efleué beaucoup de vapeurs delà terre» il pleut > & lapluye mouille la ter^ 
re, la terre eftant mouillée le Soleil en tire beaucoup de vapeurs^ des va^ 
peurs renient la pluye,par la pluyela terre eflhumeàee^derhumeâation 
reuiennent les vapcurs,& celte rouë tournerafans fin & fans çeflië^uiqucs 
àcequilplaifeaDieudclarreller. Mais combien que celle reuolutionôc 
reciprocation iètrouueen quelques choies naturelles , H eft^ce qull ny 
en apas beaucoup de tclles:ôc quand on veut parler de la demonllration, < 
il faut parnecelnté diilinguer les principes dauec lès conclulîôns : car 
puis que les principes font plus congnus & précèdent pat nature fa con* 
clulion y comme il a edé monftré au chapitre précèdent > quoy qu'on les 
tourne & qu'on les renuerlè tant qu'on voudra ,ils retiendront touHourî 
leur vertu ôc propriété} ô£ ne peuuent iamais eftre confondus auec la con- 
cluiîon ,ellantimpoflIble que ce qui c{llacau(è& précède par nature, 
puifle élire lclFe6l ôc eftre précède, li ce ncll qu'on prenne ce mot de pre^ 
céder à double entente>à l^auoir au regard de nous^ôc par nature : Car la 
caufe précède par nature,fic lei&â précède au regard de noArecongnoil^ 
làncex'ell à dire,nous cognoi(rons plulloll les enedls que les caulies. Voy-* 
la poUrquoy, comme dit aellé,nous nous aidons de rinduâion^laquellc 
ndus fait congnoillre ce qui précède par nature par ce qui précède au re- 
gard de nollre cognoifTançe. Mais Ci ainli elloit quil ny eult nulle dil&re- 
ce entre laconclulion ôcles principes^ilscnfuyuroitquunc choie le pour- 
roic demondrer par elle mefme, ainli quArillote le monllre en ceft etv^ 
droit.Or combien qu'en la probation circulaire les propolîtions le prbu- 
uent par la conclufion^toutainli que la concluHonlc prouuepar les pro- 
polîtions, H ne faut-il pas penlèr que celle probation circulaire confon^ 
de les proportions auec les concluions. Mats cell vn inllrument Criti;- 
que , pour congnoillre légalité ôc proportion qui doit ellrc entre tous les 
termes de la demonllratioii , laquelle égalité neantmoiils noAc pas la dil^ 
i ferçnce qull y a entreles principes & la cOnclufion. Et pour le regard de 
[ la fuldite reuolution , qui le trouue en quelques chûlès naturelles > mais 
1 fon rarement , il ne faut pas penlcr queUe doyut élire en la demOnllra- ^ 
' non: 



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x88 PREMIER LIVRE D£S 

tian : au contraire ce noftpius demonftratipn, files propoildons dépen- 
dent des conclu/iQnsjtout ainfl queles conclufions depôndenc des pro- 
pontions. £c Cl nous nous fouuenons de ce qïii a elle oïc dies conditions 
des principes , nous remarquerons ailèment la diâerence qull y a âe lUa 
à laucrc , & ne faut autre relponfe pour réfuter ce dernier erreur. Carks 

{►ropofîtions précèdent toufîours, & font plus congnuës pàr nature, & 
es conclufions vont apres,& font plus obfcures, ainfi que chacun pout- 
ira remarquer en toutes fciences, Coneluon donc contre le premier cr- 
ireur , que le difcours neft point infini , ains quïl y a des principes inde- 
monftrables qui en font le commencement, lefquels appropriant deuë- 
mencàlaconclufîonpar les reigles que nous verrons cy après , nous ac- 
quérons vne fcience parfai6le Se accomplie. Contre le fécond erreur nous 
conclurons que ceft vne abfurditc de dirç quil ny ayt nulle différence en- 
tre les principes & la conclufîon, & que. toutes chofès fè puiffentdc- 
monllrcr. ; 

DestroU rpgies deïademonUratiân. CH AP. Il ii. 

Ov s auons veu en gros que cçfl que. demonftration > & 
quels doyuenteftrefes principes. Or dautantque ce que 
nousiçauons par demonllration doit eftre fi certain quil 
ne puifTe iamais eflre autrement , il faut que ta demotiflra- 
l tion foit non fèulenient vraye , mais necefTairc. Ce qui ne 
ipcdifc' eftre , i\ fpn priricïpe ôc toutes fes parties ne font prifès de là nature 
mcfme ôc cfTerice du fubie6t & de l'attribué de fa conclufîon. Pour con- 
gnoiïhc donclèspropofîtionsneceflaires, & pôur fçauoir commentil 
s'en faut feruir pour conflruire la demonflration , Ariflote nous donne 
trois reiglesjdont Tinuention efl fi admirable, & llifàge fî vtile, que nous 
^ommenda^ lie dcLions point plaindre vn peu de peine pour les bien entendre: Car 
dt U Démon- Ics ayant vRc tois compdles , nous v prendrons vn plaifir ineftiniable : & 
iïrrffwff. fans icellcsil t^ift pas pofliblexlefaire fbnproffit en aucune {cience:& 
principalement ceux (|ùi ksj^rttileptenfcigner,trouuer trois petits 

lifotSj^icfquelis eftahsbi^n cij^ndus, & bjen prattiqucs, fèrbyent fumfàns 
jfràÏÏt'iÉïtfâmir tôut^ le^ fcientès én leur naturelle dignité. Ces diuines rei- 
gles ont eidc iriemeiHetifement qbfcurçics .par la barbarie de quelques 
fcholaftiques, qui fe font arreftcs à des qucftions & fpeculations inutiles, 
au Heu de chercher liiCige de l'Orgahe, Et ceux de noftre temps, qui ont 
vtyùlu nous. deUuirer delà feruitude de cefle vieille galocheric , au lieu de 
remettre la dodriht'de l'Organe , fur tout ces trois rei^es,eri léur cn- 
rler, ils ont tout rénuersé deffus deffous, lenc rfamufèray à queftionner 
ny aùec les vns n^ àticc les autres:mais ie tafcheray de déclarer lufàge dcf- 
dites feigles au'eC telle fecilité, qucchacun ^eri puifTeferuiraifementj&nc 
BrietttexfU- ^^^"^^^^ /^^"^ auànt quc cç <[UeicfHmenecefraire pour comprendre le 
e4ti$» dts fens qui eft caché fous la brieuçté adriiirable de ce diuin Phil ofophe, 
ties -jp ^ ' b R É N toute demonfhatioh le 5'»è/f5cèflrcônfingicla bafc ôcJc fon- 

demcnc 




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POS^TE-R;! ANALYTïQyES;: 

iffxiçat le<}uei il ÊmriîKttre dçuaat toutes .choiics : la fin à laquée tendis 
la d€|nonftratîoii>pbft de dempnftre; tK^ttribuiprofre de Ton Subieâ. Le 
moyen pour paruenkÀ ceftc fin , cefl: dé prenqre im frinife conuenable » 
Scdu tout approprié à ce: qubn veut demonftrcr , te. que licn ne toii mis 
ciicrclcpnnçif^ ô^]acoaclufion.>quine foir priscoimne des entrailles 
dp ^bie<îl ôc de rActrit>ué , ciA à dire quil nefiut point s'arrefter aux ac-» 
cj(lentsa-tç]înï;3.>.n3àis ilt&utl^necrer etl la nature des choies. Voyia èn 
peu de mots ce^uHriftote^î^p^ Oemoni^ation..' £t poor nous con- 
duire en ççlle ^xçi:lWïM:çjjopçracion>il nous, donnç cck trois peçts mots, 
ie(ûutjf^foy,jy'nèuerfeli\çï<:^Sk^i nous cimpcfcherQnt de nous fouruoyer 
quand nous chcrependrons de traidter! quelque chofe par Dcmonftra- 
don. Et fi nous liions les œuuresdaùtruy >:il$ nous {êruironc comme de 
pierre de touche oour congnôiftre ce qui eft dcmifè , & ce qui eft à reie- 
dcr en tout ditcours demonftracif Ecà fin que nous puiflions auoir 
touCours ce quadra^it deoant nos yeux^ ie j/ropoieray-preaiiercmcnt ion 
vfage brieuement,puis ic Icxpliqucray plus, particulièrement. 

Comme, ledifeours dèmonlbaciLoft mpbs pat^ddetous^aufll ^'^J*^'^' 
mefemble il quAriftoteen apjis lesreigles fur le module le plus pari&ié^ rtigUsdtUdtm 
'qmleftpoffible,àfçauoirfurlabeauté.ôcixcdlenccdcs^o^ deDieir ^•^^^ 
enla'-reationôcdiïpofitioa de la nature. .Laquelle beautés excellence: 
coofifte principalepient en trois poihâsi içsuoic eft en Ibrdre &: difpofi- 
tion de toutes choies^en Jeftroitte Uaiiods èc coîonâioii d'iceUes^âc en lë*' 
gale diffributipn de ce qui appartient a chacune en particulier à toè^ 
tes «en gênerai Ariftote d6lic doàne icy xes trois > reiglès i pour pounoir 
rapporter ceftemefme b^avtéjô^ excejlençeà noAre dîfcours. Car par cê 
mot ^tf/iî>*r il entend Ibrdte ôc la diipoficî<in de toutes les parties 
monftrç. leur, çonioniftionnçceflfaire itïfep^ablc:& ymue^eleg^e ena^ 
que Attribujç auec (on propre Subiefti &ie principe ou metoyen atiec 
fun & kuETç , rendant par ce moyen à thacun ce qui luy appartient , 
pilant toute cQnfofian pac vneiufticefiexaâ:e,qiiy ne sy Trouuc dtf rôUt 
ricnàredirci'ôcpour ccibîcaûfe nôu$;appellons pe Tâury\oy:doxdfcif/4)^ 
jî>, Içy de n^CoJÉkcc; ôc v»/«^^/?/>loy:de ioilicîc ou egalemcnc' Ayant àiniî 
figuré ç^rpigles fu^cipi^enaentjnous'lescxpUquexonsnaajin^ 
cuneàpart.. - ■ 

jE: B 1^ RhëcôricîeQs q^^liJuesiPJulotfophes ên(wv» " 
,g^ent par.vQisinBni&c <h pirec»ptcsïàt(^auotr;cotxime il fzùti 
ranger Çc di^ofet touC;(â£:&i»rsLp3n^o<i ordre , Ariftotè> 
.nous J^pprçnd Icdut en vAm^t. £t:ccmatj .ocft^ qtul fà^ 
\ce^meft4ii9Ù(yiti^çmp!S^j^\4fPém^^ pp4uue«&jû[tie nous ca'J 
tendions ce guArill^ocç appelle Tfemhnwn VcrrQnsqoejç.emot empor^i 
te vnc dilpohcianla plu$;naçbr€lle:&lîipjbsfiitol«qj^ 
imttçx en toute matiere.i4^i{^ptè d^ne q^daré ainu ce^quil entend par ce! 

O O mot 




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xs^y PREMIER LIVRE DES 

e» ^uelauf^unTi oh tien féiljttesfiis efi^ ipéelqmsfrit nhfifut. Il appert donc 

SuAriubte appelle de Mtt^ ce (|ui eft touûôurs ôcfâns aucukie exception 
e tout ce de iquoy il eft die ié. tom. Cecy sfentëndïa mieupc par les exe^cs, 
quepar aucune defiiiidon.Ariftoce donne deux «xéples de ce quil appel- 
le mtMimmahàit A^JI dermthffmme^car sll eft hoinme,il^ft anîinal:6csil 
eft vray maintenant de direque Socrates êft;b0mme4left àuflî Vray main- 
tenant de dire quil eft animal: i Bref rhomtpe ne iôra ian^ais , qiul ne foie 
au{& anirhal. hem [aligne eft de tout triangle : car tant quil y aura trian- 'ii 
gle , il y aura des lignes , & iam»s triangle ne (èra (ans lignes : ôc (i nous \i 
pàuuions monfbrer que quelque homme ne fuft pas animal^u que quèU l^l 
que triangle fuft fans ligne /nous dirions > que linimal ne (èroit pas de 
tout homme , ny la ligne de tout triangle : Mais dkutant que tout hom- 
me eft animal , de nul triangle n^ft fans ligne , à cela nous congnoifTorïs 
quclanimal eft de tout homme yôcla ligne de tout triangle. Cesexem- 
Detout,7r pies monftrent qaAnftotepcend ce mot^^./iMKrendeux nlanieres:lapre- 
fitmd f» iriMe uii^rc,ccft quand lè genre ditdc t wee leipece : cmime dmm^l de tm 
' lMmme:srrdifin9Mtleidetmtche0dliderm'é^^ 

raifemMe. La (èconde manière, c'cft quand ce qui entre en la conftitu- 
tion dune choie, eft dit eftre de toute ladite choie: commela ligne eft de 
tout triangle, pource quelle entre en la conflitudon du triangle. Se que le 
triangle ne peut eftrc uns elle veacords qt&n fie puiflè pàà dire que le 
triatigleioitbgne^commenousjdiibns que l'homme eft amn:>aL Voyla 
disncfomnie Ariftote entendxe motdetm, Vôyon donc<!è quoy ctcf 
nous (êrtàlbrclre. Toutainfî que celey qui veut baftir Vne niailon>il 
' Ë^titpamcceifitéqmlconîmcnce par les fondements , (car comment 
pp^rroit otiaÛeoir le toîâ, Ç\ les rnurailles ne font dreflèes pour leibu- 
ftçnirific comment dreftera^tilesmûraillesynies fondements ne font 
ietcés ? ) Ainfî en tout dUcoors il fauttoaHoufs que ce qui peut eftre (ans 
le xeftc du dilcoiirsific (ans quoy le refte ne peut fubfifter/oit mis deuant. 
Puis donc que legenre peute(h:e.(ans^ipece, m^us Ic(peceac peut (ùbfi- 
J^er (ans le genrc,legenre iradeuant,en quelque (cience ou diiciplineque 
c^iToit^ Item,pO(urce que le triangle ne peut dfare (ans lignes^hy les lignes 
fans poinâs , celuy qui en veut di(courir pertinemment doit commen- 
lârfifU cer par lè poinâj puis venir àla ligne, & pais au triangle. Et ceft lailifpo- 
'^^iâZtm fition quAp^(tow^b(crue et^iQtijQrganff ^Ç^dklunt'qaè.ks'Catego- 
ikii^f/^WIr ries font de toute enonciation en la dernière (ignificatioA de ce mot de 
fi» orgé»*' f^^^ ciftà dire, quele$-<>acegprks , ou fimplés termes , entrent caU con- 
ftitution de touteenpWiadonrftC.fenonciadon en la me(nie manière eft 
Jlr»k(yllogi&ie>Anilotea^mi$ cequi cdde touty deuant, àfçâuoir lesjCa- 
tegories,&^es:enonciadoAs après >ôc le (yllôgi(trïe après letionciadon^ 
Carlefyllogi(meae peut non pluieftreiânsenonciadôns , ny l^noncia- 
tion (ans Catégories , que le n^iahgie (uns ligne , & la ligne fans poinâ. 
Icem,daufant que le ^fogiftie eft de toute demonftration en la premiè- 
re (igniiicadondç ce-mot ( car k dembnftradon eft vne clpeccde 
: *^ fyU 



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POSTER. ANALYTiqVES. xpt 

fyllogifme) Ariftotc amis le genre le prcmieo&lèfpece âpres. Cefle rei^ 
gle donc tnondre Ibrdre de difpodcion dcÈ Cubitiks de tous craidlés Se de 
coûtes les parties de chaque traiâé ù difcours* Pareillemenc auifi , sil e(i 
befoingxle diuifer vn œuure en plusieurs liures > comme l'Organe d'Ad-' 
dote ) u reigle^r r^xfr monftreraen vn inftant quels doyuenc élire mis dc- 
uanc> èç quels après : Et ne Êiuc point chercher dâutre reigle dbrdre en 
quelque (cience & en quelque art que ce foit CâfTfor^re obfèrué par 
Euclide en ù. Géométrie^ ôc par Hippocrate en Ces aphorifmfts. Ccft Ibr^ 
<lrc quAriftote aiîiyuij non ieuiem,ent en fon Qrgànâ.^nëi&b eh tQi^i 
amures. Céft l'ordre qui a efté Tuyui en tout le droit Roâiipain $ comme 
ceiay quiaura untfoit peu d'entrée en TAnalytiqne le pourra sàfcment 
cottgnoiftrc pat les paraticles de Moniteur Cuias , tant fur les JDigeftcs, 
que fur le Code, qui iont les commentaires lesplmaofl^ques quifè 
puident requérir (ur le droit Rommain. Car toutes les continuations des 
titres foattirees de cefte ioy Je tout: ôc C\ elle eft violée quelque part,il£iut 
confelTcringcnucmcnt que tordre eft viole. Tout le beau premier tiltre 
des digcftes traidc d.e la iuftice & du droit qui eft JenutiZa regard de tous 
les tilires fuyuans:pourcc queccft le fubieâ: vniuerfel de toute laiurifpru- 
dence, ôc les {uyuans déclarent les efpcces du droit,ôq>aniculierement du 
droit ciuil. Le fondement ou iubieâ vniuerfel ainn posé j dautant que 
coutic droit concerne ou les pcrfonnes^ou les choies, ou les actions » le 
traidlédes perfbnnesaelléàbon droit mis deuant>pource que l'hom- 
me eft dcuant toutes choies créées, par nature»comme il a eftc dit en Tin- 
tcrpretation de ce mot Jeuémt : ôc les perfonnes font Je me au regard des 
Ao&s : pource. que rac^uiHtion , la poflèflîon , & propriété des choies^ 
prcfùppofepar neceflite des perfonnes qui les acquièrent &poflèdent. 
lté les perfonnes & les chofes (ont Je toue,z{X regard des aâi6s:car les aâios 
font à cduiè des chofes &c des perfbnnesEt comme ces trois parties prin- 
cipales font difpofèes par la loy Je ecttts aufli font les tiltres compris fous 
iccUes , de manière que les derniers ne peuuenc cftre non plus entendus 
fans les premiers, que le toiâ dime maiibn peutfubfifter fans les murail" 
le$quileiouftiennent,nyles murailles fans lefQndement.'Bre^tantquil 
y a de bons auteurs , foit philofophes , iurifconfultès, ou autres ^ ils nonc 
point fuyui ny inuentc d'autre ordre que ccluy quAriftote a compris en 
ce mot de tûut. Aufli la il pris dlin bon maiftre , 6c aux œuures duquel il 
n'y a rien à rcdire:Car qui confidercra la femaine de la création defcrite au ■ ^ 
premier chapitre de Gencfe,il ytrouueracc mcfrac%dre garde inuipla- tout frifi 
olemcLDieu créa la lumière le premier iour,& la fcpara des tcnebres.Le fe- ^ '^^'l 
conà iour Dieu créa leftenduc , qui eft depuis la terre ôc les caux,iu(ques ertét**»* ^ 
aux cicux,pour feparer le hquide d'enhaut dkuec le liquide démbas.Le troi- '"m*^' 
fieme iourDieu fepara la mer dkuec la terre^ôc fît produire à la terretoute 
herbe & tout arbre portant Écniâ ôc fèmence léon fbn efpece. Lbrdre 
iVNf^dy-ie^eft apparent en cefte creatio.Car comme le triangle ne peut eftre 
£uis ligne,ny la ligne fans poinâsjainfi la terre ne pouuoit produire her* 
be ny atbreiquelle ne fiiftfeparee dkuec la mer. Elle ne pouuoit cftre fè- 

OO X . jwee 



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, P R ÈM I E t LIVRE DES 

parce d'aucc la mer , que la mer ncfuftpremicrcmchtfcparec de lair & da- 
cicl. Itemlair ou le ciel ne pbùuôjchi' rien produirc,& cftoycrit comme . 
chofesmortcs,quc la lumière neoft cfté cfcccau parauât,entcndàhtparla, 
lumière ceftc chaleur gcfiètatîucf,qui cft le principe detcftrç de totrû^'clio^ 
fes.Et comme Ibrdrc delaioy^fwWfè trduu en ces trois premicirk ibuts,il 
ed aufli euidéc aux crois (ublèquentsxar le quacnembibur(aii quel fur çrcc 
lefoleil &: la lune & autres luminaires dii firmament) rëfpondàil'prefÇiicr 
iour,auquel fut créée la lumicrc:lc*cihqtiieme(auqucl lespoiflbhs ôcies oi- 
feaux furent Cr):'C5}refpodauiccohd^àui:^Ûeifutfkiâclafe^ de l^rôc 
dé Ifeaaila fliïieme qui eft la c;ç;àtio des animaux terreftres Ôc delhora- 
me Vrefpohd au trd^the » auquel fût rendue la terre (êiche {ëparee delà 
itwrs criti- Et duYa|^it'3ç éCs loiirs vicnhenc les iours critiques,quc les mc- 
dêcf ni'ôblifC^d^^ : car le premier donne indicé & pro- 



nofli|w^'HTf qt^^tdeme , ôc le quatrième du fèptfëme , aihfi que Icnfeigne 
HIppocrates eh fes Aphorifoes. Mais ce que nous y auons à remarquer 
pour cefte heure ^ çcfft.tpï^re {èulëment lequel y efttojitpareil quaux pré- 
cédents., .Çai l'homme , qui deuôit dominer fur tous Icsanim'aitx , ifeuft 
pas eu^dominacipn fur eux dés {a nainance,slls nculfent c&c créés aupar- 
auarit luy : I.a terre ne pouUoic produire (es ânimaux,quclèau & lair (qoi 
aaoyenc efté premièrement iëparees ) neuflènt auffi receu la bcnedidion 
depo^uire & multipliér : & ny la terre ny Icau ny lairneufTent rien pro- 
duit, fi le loleil ôc la Itiqc & les autres fignes neuffcnt elle créés deuant , a' 
fin dcfchauffer,huniefl:çrjôc préparer la terre Icau & lair^pour les rendre 
capablés-degcnerati5& mulciplication:brcflefoléil&lalune&Ics eftoi- 
les tont déroute pfodudlion de lair & de Icau & de la terre : & les poiiTons 
3c lés oifeaux & les anunaux terreflresjonc de $0Ht au regard de rEommc: 
car ils ont efté dr^cs pour Thomme^ôc {ont en quelque manière de {àcon- 
ftitution, co^nt quiu font ordonnés pour fon viflre & pour luy eftre af- 
fubieâis. . Qçàcluôn donc quen tout difcours Analytique , (bit demon- 
ftratifou au{rei$$lé^ue nous prenions nos principes de ce qui précède 
au regard de nous> ou par nature , il &ut perpétuellement fuyure cefl; or- 
tesUHresiUU dro de la reiglci/f tout. Au demeurant, puis quAriftote met ceftereîgle 
demtnflrdtUm ( laquelle nappartient qua Tordre , quoy qu'on veuille dire ) entre lesrci- 
V^^^n^iu- gles delademonfl:ration,cclàmoftreqiûlncntédpasparjccmotde</«jwff- 
lifmfeidahtt. iZr,rfrttf» vnlyllogifmçfiinplemcntcomposé de fes deuxpropofitionsô: 
deûconclufionrc^our feire cela, uneuft poinit Êdu autre loy J!f fwtf 
que le principe de tmi^ denul^ dont il a efté parlé en lartifice des fyllogi- 
fines;mais fon intetion cft dcnfcigner come il feut traifter toutes les fcicn 
ces, & corne il faut difcounr de toutes chofès , qui peuuent eftre réduites 
en {cicnce,ceftàfçauoir des neceffaires fie eternelles,aufquellcs appartient 
la VemnSharton, Qx il ny a rien plus nece{raire,foit pour bic enfeigncr,foic 
pour bien apprendrejquçlebpn ordre. Etpourfiire vn difcours demon- 
ftratif, il ne faut pas feulement faire vn fyllogifme , mais il faut première- 
ment eftablir fon Subieâ:,puis il faut choifir vn Attribué qui luyfoit 
propre , en après il finit chercher vn Axiome *qui (bit conucnable. Cela 



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il,** 



POSTER- .ANALYTLC^ÏSt î z^s^ 

Éiâ i il £iut iûindre èç (èrm ccft Axiome à Isùtûhélvi&an pànaueresjtec^ 
nies rainHque iKW voirons cyapres.>Etent^ . . 

-ccflaire j-que^n&t>rdcé bdifiroius &roit comt^ie mr^ondoiàhslusnieiip. ^ 
Car ccTftïbiei^ que celuy,tjui)a rAnaJyu^ue,puifl^,<jirw dbon fcnibfe 
«nclôrrc tôucfon^ifcours ca vn fyllogiîme,fi'cfl>cc(qua<quaiil wcinfiuffi 
il fc dilate, ôC/COirtniç ditPlaton, itûidiaftir va flcuuie doté do^fcaddhfc ; ï*".^. 
oudeiàplume. Cbddoncà bbn:dirolt;qùAciâQCea'iini6çéffal4re^ 3^ 
jM^i^Jîiqaelle ^ic<liipofer cotacs les parties^ de.q'àdspe oradreiqup " 
ceroity&lèdcitauflirecnerdieireachaquademoh *. 
te cfeirtonftration "il feue <jue, rAcnrrbiié fbic Je tourAc Subiedl : coinmc, 
poulr^xomplé,en ce Théorème d'Eiiclidc,^;^^ touttriangk a trois angles égaux ' ' ^ 
^ ^«ix tf^irr^ceft Attribué, 4iM/r/;rv0;«i^Zfj égaux kie0i^t^^(&à&x.Q\iX - ^ 

triaQg^er8CsUribftottdêtôutariâiçle,&quilj .; ; 

ricuft pitfint ceft Attribué, ou qui ne Icpflipas t i ilBo nrs > illeroit inj^pcrfîît- ' . . , 
bde de deraonftref neteflkirement .quccourtrianglc a Q:<ns^angles égaux 
àdeoxdroics. VeaDnmaincenantàlaièc«û4|Brdgle.^<rt>r . ..«.nfi^ 

Vie ON (^s- vent traifber quelque fçience analytique^ 
mené, S: (ur toucpar demonftration , il ne fe doit pas con- 
tehcer de garderiordre, mais, qui plus eft, il Ëtut quetôUtes 
les parcies^de fon difcours ibyent lieés & coniointei <fiin 
lien de neccffité immuable -ôc infcparable. Et pour entendre 
quelle doit eftrë ceftc neGeflitc quAriftote comprend fous ce mot parfey^ 
Uconuientfçauoir que^i<r/J)i fe prend en quatre manières. ' - . 

L A première manière de ce qui eft f^rfr^ > cbft quand ce qïii tùJftm Premier»m^ 
cft de la définition de ce dontileft de tout : Czx ccftc reiglccfttoufiours J"^?'.'''^^" 
coniointe aucc la precedcntecmais celle cy lie les termes trop plus cftroit- 

tcmehtquelareigle«/fw«f. Donc, comme nousdifiohs que la ligné cft , 

de tout triangle, ôc bnirb^ de tout homme ,'pource quen tout tri^ngk il 
y a des lignes, & tout homme eft animal : auui nous dirons que la lighe 
difar fiy du criatigle > & Iknimal c& farfiy de l'homme^ d:(bà dirc^ue ces 
ternies font liés & cohioinâs par vne . neceflité infeparable , d'autant que 
laligne'eft de b définition du triangle 5&£inimâleft delà definitioti^de 
rhommeiqmmonftreque ces termes font liés patyneneceffitéia'^i»s 
cftroitte quîl cft poffible , comme ainfi loit que rien néntre en la dehhi. 
tion, qui néfoit de Icfletice de la chofe définie* Or eft<-it jquç chaque cbô' 
icneiepeut{èparerde fon efTencc Donc tout ce qui cft /^i^rjE^ eh-cdbe 
preniiere manière^ cft au(Ii</<f r^^r. Mais toutcequidl 'JetoufiicA^^fiir 
fiy. Exemple; ' Les lettres, ôc les fyUabe^font Jeuure catégorie &: enoncta- 
tion : Car il cft impofliblc de former vh mot iàtis lettres Se fyUabcs VmA 
nylcsletcrcs nyleslyllabes ncfont^^ryJydescategoTîesnydclcnoncia- 
tion^ d autant qu'en la definirion de lénôciauon il nejl Éùâe mendon ny 
de lettres ny de fyllabès >^ encore 'iïi6ili$ en'4a d^nkioh' du ^ilog^lme. 

06 j Et 




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»5»4 PREMIER L I V R E D E S 

^ ^ Ariftotc a exclus les lettres ôc fyllabcs de fon Orgàne.^ 

i?#rf «y^ti»/ Mais en la grammaire les lettres & fyUabcs font f^rfiy de TOraifon , ainfi 
j^r^S*' ^cUc cft tràiacc par le grammairien, & font de la dcfinition de TOtai- 
lifw^Mt! entant quelle luyapparticnt.yoyla pourquoy les bons grammairiens '. 

commencent toujours leurs grammaires par le traidlc des lettres & fyL 
i^T^CéZ^ laboïïQuaataux Gatcgories&leliuredcrinterprctation, quiconticn- 
ime*,deCim- ïîclit ladoibriac dcstcrmcs fimplcs ôc des Enondations, Ariftocene Icsa 
'£^'**ol>°rc«re «xfon Organe, pource que non feulement les Catégories 
fént cpnmuu vontde toutc enonciatioQ, & lëndnciation de tout fyllogi{|iie> mais, qui 
trepffnitfg* plus eft,les Catégories lônc de la définition de inondation, & lênoncia- 

la deiînitidit^du fyUogifinc Ces parties font donc liées cnitmble 
xxemfUsieU /i^ry^)! , d:ft à dire par vne ncceffité immuable. Ainfi en Madiemadque 
'^'^T*^ ^^?^^^^'^^p^^fiy^^^ ligne,&latienc^-*ryîy du triangle e.o la phy- 



mttrt 



fy^^m etMti £ologie debttiedccineon diraque Tes éléments du corps humain font 
Jetettet, ^^^^ fculf mcut dc touc tcmpcramct du corp$,ac le tempérament du corps 
Je tout , au regard des efprits vitaux fie de la chalcurnaturelle : mais^ qui 
pluseft, les éléments du corps humain, font /^^^^ du tempérament, & le 
tempérament eft<''<^yîy des efprits fie delà chalear namrcUe. (f^ar la cha- 
leur naturelle 6c les écrits ne fe peuuent définir , (ans 6irc mention du 
tempérament : ny le tempérament, fans les cléments du corps. Voyla 
comme il fiiut que toutes les parties des fcienccs foyent coniointes fie liées 
cftroictcment entre elles , pour ny rien meller dérange , fie qui nappar- 
tiçnne neccfiairemcnt ôc proprement àlafciençe. Ainfi la lurilprudencc 
■ eft non iculemcnt bien diipofcc en ces trois panies,?«3fî»»^j >C^ffi^iU 
n^Bwns ; mais aulfi ces trois parties font liées eniemblc trefeftroittemenc 
car il eft impoflible dcntcndre les aûions , fi on nia parle des chofèspre- 
^ 0iietement,fic les chofes ne iè peuuent aufiî entendre {ans les pcrfonncs. 
i^XTufolT SECONDE manière de ce qui cft farfiy^ccA quand l'Attribué 

eft conioint par vne telle neceflitc auec Con Subieâ, qiul ne peut eftre de- 
x>igfrtnetde ^'^^ ^7 ^''^^^^u ^i^^ ^ubieâ. Ilv a donc différence entre cefte manie- 
Ufrtmmt tr Parfis « fie la précédente : Car la précédente confidere tous les fiib- 
ficêMJe mmit- ic^s de ToenuFe demonflxatif» fie veut quils ibyeàtliés ensemble ncccf&i- 
remeotycn commençant par les plus fimples', fie pourfuyuantiufquesaux 
plus compoies : comme u a eftc monftrc par Exemple de TOrgane en la 
uaiibn trefèftf oitte fie trefneceflàire qui eft entre les Cat^ricssl'Enon- 
ciatibn, fie le Syllogifme , fie comme auftl le mefine ie peut remarquer en 
Mathématique entrele poinâ, ta ligne, le triangleien Mededne entre les 
éléments, le tempérament, les eiprits : en luriiprudence entre les perfbn- 
nesjes chofes Jesaâipns. Maislafèconde manière confidere les Attri- 
bues de chacun deiHits S ubieâs,à fin que rien ne leur foit attribué,qui ne 
leur appartienne neceflàirement : comme en l'Orne , que ce qui eft dit 
des Catégories conuienneneceffairementaux Catégories, ce qui efttrai- 
âc au liure de l'Enonciation appartienne neceflàirement àrEnonciation, i 
fie qiùux liures du fyllogiûne il ny ayt rien qui ne conuienne neceflàire- 
ment au Qrllogifine. Ainfi en Mathématique > que tout ce cjui eft dit du 

poinA 



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POSTEH. ANALYTIQVES. X9S 

poinâ luy conuicnne fdr foy^ cc& à dire ne^eflairemcnt, & ne puiflê eftre 
entendu ny dcfini.iàns le poinâ. Ce qui eft dit de la ligne pareillementy 
dccequicftditdutriangleaufli. Ecain(ienTheoIôgie,en Mâdecinêjcn ' 
ludiprudence^ôcea toutes fciecés, qui les voudroit tcaiâer apodiâiqu&- 
Tnentyà rimitatioadun Eudide 6c Ariftoce, il (audroit prendre garde que 
chaque Attribucfuft côioinârauec {on Subieâ en ccfte féconde manière 
Atfdrfcy, Pour donc àâ!àbî^jiaLi&mBm^^ 

fsy dauec Ja première, noùs dirons quen la precedetm; lcfSu}>ieâ; qui e(t 
nusdeuant»entreen la definmon du Subiedfuyuanr, duquel il Q.\k.farjoy: 
commcj pour exemple ^ l'enondation qui tùf^^foy du ryllogifmeien la 

Ercmicre manière dcparfoyycntrccn la définition du fyllogyfme. Mais en 
.{ccondc manière de jp-o-y^j, le Subicâ: , qui eft au deflbus dcrAttribuc, 
entre en la definitio dudic Attribué, quieit àitparfoy dudic Subiedxom- 
mc^pour excmple,on diraque^^r/; ôc/w^^/V c&farfoyàu. nombre en ccfte 
féconde manière de par Joy , pource quii eft impoflîblc de définir ccft At- 
tribue fétir OH impair y {ans taire mention du nombre. Ainfi, amirmié dn^ 
^ts égaux k deux droits eft vn Attribue qui eft conioindfiinfeparablemcnt 
auec le triangle , qui ell fbn Subieâ > quil ne {è peut définir {ans icduy. 
Ainfi vnry ^faux eft farÇoy de Icnonciation^ cèft'a direcil neceflàirement 
enicQonciation :pource que rien ne peut eftre vray ny faux (ans rOrai- 
ion ou enonciation. Ainfj toutes dinercnces {ont f^^'^py de leurs genres, 
U tous propres font par fiy de leursfùbicâs en cefte iècocnde manière de 
fdr jiy:c6mc2\x0i les accidents Jefquels emportent leurs fubiedbs quant fie 
cux,& ne s'en peuuec (èparer : commtCdmm^mteux^fo^lexif^otiif ar jSy 
de leurs (ùbieâs, àfçauoir dii Ni^de hlamlfA duCerticaityetihûùfcpndc 
manière de^4fry07)pource qiâis (ont ceUementhcffô^conioiilâsauécbuxj 
qmls ne te peuuent entendre ny définir fans iccux^'Ainfi (jreer'eautes-chôjè^ 
refufciter^iuhifierSotit attribues àDieu par ceflié-maniere de farfdy ;:Câï on 
ne peut fçauoir que ccft creer,iuJîiJier, refufcitrr^&ns faire mention de Dieo^ 
Et comme tout ce qui . eil^i{/rtf^i;;^<<i>- eft nombre: aitiH quiconque a 
créé toutes chofès , quiconque refufcite les morts; quiconque iuftifieles 
pecheurs^eft Dieu. Or en lademonftrationnon feulement lès parties de tviw /es termes 
lacoclufion doyuent eftre ainfiioinâ«infèparabJcmentFuneaueei'âatre,^ jfJtc^Hj^mir 
fçauoir eft le Subieél auecrAttribué,mais auffi lesparaes des prop'ofitiôs. cz/J V/ 
Et de Éda il ne peut eftre autrement': Car puis que nous ne medtons riert p*rMt>^tem- 
entre IcSubieâ & l'Attribué àc la cpttçlufion , que les ConfèqueiSts<da 
. Sabieâ Se les Antécédents de l'Attribué» ('aiiifi qiâl a:efté dit éndvhiïen-' 
tion des principes des ijdlo^ifmes Analytiques^}» lêSubieâ ô£ l'Attribué * 
fi>ntioints cnknd^teiieceflairementr ily auraaufficonionâtion n^ceflai-* 
re entre les Cofèquents du Subiecl &les Antécédents dei' Attribué: Item 
entre l'Attribué & les Confèquents du Subieâ[^'6ceiitreie Subieét S^les 
Antécédents de f Attribué. Qui toudra auotr exemple detotït cecy^ôc 
confjderer comme toutes les parties delà dembnAratibn fonrioirfdtcs 
enfêmble parneceflîté immuable,quil prenneles-exiemples de Theologici 
Mathématique, Ôc.Phyfique,quionceftémis cy dcffiisen rinuention des 

princi 



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PREMIER LIVRE DES 

priticipcsdctous fyUo^lmes Anal^ques. 
Dtce^uicft OvTRE Ics excmoles allègues Aiiftotc en donne encoresvntrap 
par foy fàr plus cftrangc,& duquclk Hcccllicé cftplus obfcurc quc dcs prccedcnts: 
Tf70^il^!r quil dit que quand vn nombre cft appelle efùUmre ou fins Unième: 
Be ^ue d'dsttre y que ces attributions font neceflfaires par cefte féconde ma- 
niere de fdr ft^ : Les Arithméticiens appellent nombre equilarcrc ^ cday 
qui fe fait pair la multiplication d'un mefme nombre^com* 
me quatre fois quatre ront fcizexar cdlc multiplication rc- . . * * 
prefcnte vn quarrc parfàid , côme on void en ceftc figure: ... * 
mais le nombreplus long dlin coftéqoc dautrc,ccft celuy . , . . 
qui Ce fait par la multiplication dbn nombre par vn autre» ..... 
comme douze eft nombre plus grand dun cofté que d'au- 
tre, dkutant quil ie fait en multipliant crois par quatre ou deux par Cix : la* 
quelle multi jnication rcprefence vn par 
rallelogrâmc plus long <fun coftc que .... 
<Ëiutre,commeilfe void cnccs figures. . . * . • . . . - 

Cecy foie dit pour la dcclarauô deces , 

mots ndmhre e^fàldtere m fins hng dit» C9' 

^/^iif i^rrifiMais ce qu'Ariftote diticy,quc ces Attxibucs,e^mldteré,i(^flut 
ImgiuncûSifud'dutre^iQjçïitparfoy du nombre, cela fembie de prime 
ceJbrt incroyable^veu que ces Attribues peuuentcftre entendus & définis 
laos parler du nombre,VQire.ôchappartiennentpas proprement au nom^ 
bire, mais aux lignes 6c auxirgures copofees deslignes, comme au quarrc 
ou au triangle. Donc» pour entendre la ncceflitc de ceftc attribution , il 
fàucfçauoirjqueles ndmbres-.ôeles hiàgnitudes>encoreque ceibyentgen- 
rcs diftinâs & {èparcs,£omme il a eftc dit en la Catégorie de la Quantité, 
Il eft^cc<juîls{c peuoftnc vnir enfcmble , de forte que ce qui eft' propre 
aux magnitudes , cft mfSi parfoy des nombres : Vray eft que plufîeurs ne 
peuuènc comprendre la neceflité de ces attributions , dkutant que le fiib- 
i^Gt quicâ: compQsé^dd nombre & delà quantité continue iia point de 
npm:mais les Mathématiciens le peuuent entendre : car on void au dixie^ 
•*r . «V me liure des Eléments d'Euclioe que les affedions & propriétés des 
.: V, 0ombresfoncdemonftr'eesdelaquantitc,& en l'Algèbre les propriétés 
/. \ &aiFeâions de la «[oancitc font demonftrces du nombre: qui moniliœ 
- • bienquil&utqueces fubieâs ainiflfent&conioihgncncen vn {ubieâ^ 
ptiis que les propriétés ôcâflfcftionSii qui font dites cfrentiellement ôc^io» 
^ d«f&tn&:(ont auflL^liEejS' e({cndellemcnc àcf^foy de laiicre. Cette com- 
munication de proprieccs » qu Ariftoie appelle tout dlm moc ^^commo- 
dénonS^ vaxà maniteftcmcnt en l'homme, qui cft vn fubied compofc de 
deux natûrcs,Kine ntofticlle &::^utiieimmortelle:]efqueUcs àcaufc de leur 
vnion en ce fubicib compose .communiquent chacunes leurs propric* 
tes au (itbietl deiKwnmcdclunc oude làutre nature : tellement qac Si 
les Athcïite.&.Epiûtiricns peuuent fouriur dattribucs pour morAret; 
la mortalité de l'homme, , nous en pouuons fournir autant ou plus 
pour demonftrer fon iihmortalitc , dâutant que telsattribués ne pcunent 

cftrc 



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. FOSÎTER/ ANAIiYTlQYES. ±97 

eftcf : jlç^nis ûos ^r0Èbe£C;her Uçf^u&^mVpç-pacuf ç immorcçlic-: çom^ 
mCjJ^iCOJi^iiqiilaçiiçijdç Pieu>. l^ift^nçt des tvorribrps> les dcfekjipJiis, les 
ii^çpurs analy tiq^icsj^ô: af Q4i4tj!<îu«jSr>.&; fiïî^iblaWç^ opérations > qpi fonç 
^t^uQs?.^ }Vnvm%j^ qu€ par 

dçs.paflag(:s.de;lçfcficure {àin£lc , qui attribuent fo propiîLetiçs d'une des 
lî^cuieS:def!noftre:8çigoçurIclusrGbri^ lautre 
nature : icpmme qpand l'ApoIbre ditque 2?;>« drej^anJufonfangf^^f^ 
qlife lEc quand le Qoncile de Nicee appelle la beiioifte vierge Marie me- 
rcdcDiei^. Carrelles attributions font non {eulemcnt véritables , mais 
réelles & neceffairçs , A cauiè de l'union perfonnelle des deux natures en 
lefus Clïnft:iaquell,s vnjon eiLint réelle & neceiTaire , tellement que Dieu 
cft homme, ôccdl boinme, qui eilhls de la vierge ,cft Dieu , la commu- 
nication des propriétés dune natute au fùbieâ: dénommé de lautre , eft 
aufli réelle 8>c neçeffairç, le dis au fubicd,cntanc que les deux natures font 
vnies,ôc non entant quelles font diilinâeç Qc cçlle vniré du (ubie^. faic 
que ce (jibièdt: cil quelqucsfpis dénomme par le 4110c de Thomme (igni^ 
fi^t^'homme-Dieujôç quel quesfois eft deiiomp p^r le. moc de Dieu figni- 
fiancceluy quied Dieu-homme. Mais cefte vjmo^ ne ie crouue en nul 
autre fubied^ainsellperfonnclleau fils.deDieuiâns:a^ exemple. ' : 

La (roifiemc qianicre de/'^rj^ m'onAre k neceiCté du f^^^ 7y»ijttmemé* 
dccoucev^èrdence oudi^çpurj appdiâique :lequçl{ijbie<5t d ^ paF 

Icfpndement qui perce couc îcdifice , & ûns lequehoiïc Ic rçftç nç! pour- 
roicfubâftçr. Comme,pourexemple^ Ariilote Voulant efcïirçibnQrr 
ganeil â conHderé le iyllogi(tne analytique , qui eft Iç fubieâ: de là prç- 
■ miere & principale partie , pour voir fi ce fondcmçi\jp çft tel quon pçi^ft 
baftir vne fcicnce là deflus , pour demouftrcc le» afFe<^ions propres de çc 
I fubicdt, à fçauoir vray & faux. Car il ncuft peu traidcr analytiquenacnc 
la dodtrine du lyllpgifme, fi le fyllpgifine nc&okfdrfij en celle troifiemç 
manière de fdr joy , cèft à dire , que çou t ce qui eft en ccfte première partie 
derOrganefe rapporte à ce fiibicâjôc nepeutfiiWiftcriansiceluy. Ainfi 
le Théologien diraquelcfus Chrift vray Dieu Ôçvr^iy homme clllcfub- 
leâ neceft^re & far Jiy de ià feience : dkucànt cm>n ne peut rien deinon* 
ftrer en Théologie ims lefus Chrift^quî > en cftlie j^çj^Lforidement entier U 
accompli^ iàns lequel toute la fdencfide noftrç ialut çfit renuerfpe entiè- 
rement: ôc pour.çefte occafion rÂpctil:re 4ic qi41.a posé le fbndem.enc 
coqimevn bon arçhii;eâ;e, 6c que^pcf^one njcn,pe«E!mettre vn aucré.Bc ' 
j pourtant quicoqi^c veut trai(3;çr dignementla vraye Thcologie^quieft la 
\ Chreftienne^il fc doit prppoler fpi^ {Libie<3: d&l\ipio.du4it fubieâyconfide- 
i tant çnfremier degré Dieu>aa^^ il î^t diftingiier crois perfona^s vnie^ 
i en vne eHeoce] en iëcond degré Ghrift , ^vk^fA les natures à<i Dieu 
f &;deJlî'bprtînicfont,vniesp^rfo^ncllemcnt : c.nq/pifiçmê degrc l'Eglife, 
qui ^ W corps de C^?ift > cpnaa^ç diç ÏApp&s:i^ l^compulfemenc dç 
i . , PP ccluy 



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^ p it> E M LE R'i L I y R ctyjs s 

cclùy qui accomplit t^tes d^o&^éâ'tôus > laqadlè ^ vhiè itoèe Ctirift 
my ftiqucmcnt j conAme parlât 1«i Théologiens v'cefomcnc que ^nos os 
font(lcsosdeChrift,'& Aûftre diak éft chair 4e & chair. Ce'sfiibîeâs 
dl^hs aiflâvnisj^lc^Vnions diftingucesfélon lèuâ'degi^iil^aisc<ié 
bâftir &r vn cet fondefïieïu tootes les demonlbfàtidhls'^heolog^ques , td- 
Icmenc que le fondement fera <f6t & pierreries exquifcs, & toutce qui lc-i 
ra bafti là defTus refpondra à la nature èc excdlencc du fondement^ ccft l 
fçauoir en nedifianc rien là de^us qui ne foie ff4r foy du iondeiiienc , 8c ne 
puitlè éftre entendu fkns iccluy : mais fi ce qui ■eift:cdific n'cft f'frfy dti 
îubieâ , &ne refpond àla nature du fondement , il fera fèmblableaut 
efteufcs , au foin -, boisjôc autres chofes viles & periflkbles par le feu du iu-i 
getncnt Scefpreiiue apodiitiquc, fi on examine là manière de traiâérî 
Donc, pour reuenirà noftrepropos , comme (ans la première fijbftahcci 
les fécondes ne pcuuene eftrè , ny tous les accidents, ainfi que nous di* 
fions en la Catégorie de la fiibftance , auffi en toute demonftration dè 
quelque (cience que cefoit, fi le fondement neft bien posc,ilcft impoffi- 
biederien édifier qui vaille. Etparcecy nouspouuons congnoiilrela 
fauflctc de la doârine de Mdiomet & de tous miferables Payens & ido** 
lattes j qui ont voulu ^aflir dcs religions & béatitudes fur autre fonde* 
nient que noUre Seigneur lefiis CbriiL Ce difoours ma ièmblé tveceflài- 
repour entendre le droit vfâge de ceïte troifiemë manière de f^rfiy , & 
pour rnonilrer que lesVrayes &pariàiâe$demonfbrationsappartiennà)c 
a la Théologie , ôc que les autres foiences né fùWîftcnt que par quelque 
manière dunion de leurs fiibieâs auec les fiibieâs de la Théologie. Ah- 
Acte déclare ainfi cefte ttoifiemcmaniere Acf^jiy : cbft,dit-il,cc qui ricft 
en aucun fubied & neft dit daucun fubieâ:mais eft vne eflfcncc fiibfiftant 
par.foy-mefme & feparec de toute autre chofc. En vn mot donc la pre- 
mière fobftancc, comme cecy,ceU, CctA dite c&tcffarfiy yZn regard de tous 
accidents par cefte troifiéme manière de^^ryJ^:comme,i*tffrrfw leradit 
eftre jf4rjoy,pourcç quîl neft en aucun fubie6l:,ainfi quïl a efté dit en la Ca- 
tégorie de fa fubftance : mais iUnc neft point farfiy , pource que blanc 
ccft vn accident qui ne peut eftre qu'en quelque fiibic£k. j 
^itétrieme nu II, Y A cncore vnc quatrième manière de^-fr^ïy , Quand On adiouftc 
wrw par jjjj^jjation ou condition au fiibieiS: , par laquekc Iktcribué luy eft 

conioinânece(Iàjremefic,& fans laquelle il nyauroit nulle accointance | 
nyafEnito.entre eux ,^tsen faut que l'attribué foft f^^^ du fùbicâ: ! 
comme,qui diroit^^^^^ tomhontmtsé^féixenuers IHeu^non ièulomenccdfte 
enonciacion ne fetoit pas nécèllaire ^ mais mefines elle ne (croie pas véri- 
table. Mais adiouftant vne condition'^neceflàire à ce fiibie<fl , comme fi 
on dit, Tous hommes iuil^ispdr fay, ontpdix emêers jDietf , cefte limitation^ 
Bips far ^^adiouftee à ce lubieâ /»Mf A^^wf^fj^rend cefte propondon ttei^ 
necelfaire : d'autant que ceft attribue , âuàir fdix emers Vieu , ne peut eftre 
défini ny entendu finonenfaifàntmention de là iuftific^tion parlafoy. i 
Il eft donc aise de diftinguer cefte quatrième manière àcfdrfcy de la leçon- ! 
de.Car la {èconde eft iàns condition ou limitationxomme quand ondit* 

que 



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POStÊR. ANALVTK^ÉS. i^i 

Q^\t tout Tiomhre ep pair i OU impair ,£jue T>ieucree ^Vtmfie ,refufckè:m2t\s cteffe ^ 
quatrième manière <irme & munit- k fubiedt dHhcconditionjfinski<jiict- 
\q iliùuroit nulle puiflince de retenir latcribuéi & defe le con-ioifidre nc- 
ceirairemenc: comme il apport parlëxemple alleglié. VdXçéHt <|uacricî- 
me manière àtpar foy la Théologie demonftre tous Itfs attribues qui cotf • 
uiennentaux membres deChrilhencancquiIsfonErecdu^enkfusGhriA: 
coinmc , pour exemple , quand nofus d^Sos, Que tém ceux jUi fine m îefiés 
(^hri/lfinralfiifs Je péché, ceiiccondïtionfe£hte»/efia Chhfl» rend ccil attri- 
bue neccflaire & parfiy à ce Subicd. Ainfi en ceftc enonciatipnj CeBuy 
làijmalagor^ecùuppeeefirHùrty c«ft Attribue "jf/? mortjQiiparfiy en eofte qua*- 
trieme manière : dautant que le Subieâ: eft qualifié de U tmk de la ntoré. 
àiçauoir pource qujla lagorge couppee^ Pareillement quand on dit que , . 
/ ' homme ^ui hoir rrep de vin efi mronme , cela eft liit par fiy en ccfte qu atr iemie 
manicre:^ar l'iiirogneric eil en Inomme à cauft de celle linvitaiiônià fça- 
uoir* pource quil boit trop de vin^ Mais^ il faut noter que toute condi^ 
tion adi ouftee au fubiedt neft pas cau(è:Ôc que ce mot de Condition scftcnd 
plus loing que ce mot de Caufe , tellement que toute caufe eft condition, r^tec^nâU 
mais toute condition neft pas caufe , dautant qué la caufe nentrc^ i'amais ^'^^/y^^ 
en la conclufion de la demonftration: car ceft le meroyen de la démon- 
ftration s or le terme metoyen nentreiamaisen la conclufion,commè cha- 
cun i^aic. \a, condition donc appointe au fubieâ: dUne propôfldoti, 
iëra cau£cy car elle tiendra lieu de principe terme metoyetï \ mais' en la 
coturludon elle ne fera iamai9appelleoGau&,ains condition (éulemenL 
Ceflie quatrième manière deparjiy , èc la féconde àui&,{è trouue tant aux 
conclufïons de b demonftration quaux proponcions. Car fi la conclu- 
fion eA necelFa^e» à plus forte raifon les propofition& defquelles dépend 
la coticlufion le doyue^teftrew 

.No vs auons donc veu tout ce qui eft pdrfiy : 62 deUorts fôiri- 
gneufemcnt retenir ce qui en a cftc dit. Car fi nous voulons parlet 
par demonftration dcquoyque ce foit , il nous taiit abftenir de tout ce 

3ui ricft point par fiy, -Or pour ce taire plus aifement , & pour efclaircir 
auatïtage cefte reigle de nccèflité, nous oppoferons à chacune manière 
de^i*ry3)r vn^maniiefre datcributionaccidcntale, afin que nousfçachions 
choifir celle qui cAparfiy , éi teietcer laccideintale , comme no valant rieh 
du toucpour la demonftration. Car y commeb fcience eft oppofee a ta- 
pini5i ainfi ce qui eft par fij eft opposé a tt qui eft par accident. La fçiénw 
ce recherche Iblfcnce , de cequi tilparfoy de Icflcnce; mais laceident iicft 
point delb(Iënce,& pourcefte eauîè doiteftre reieâédelafci^ricc. - 

Don Cià la première manière de parfiy,noas oppofons les Accident*, 
lefquclsipres qu'ils foyent de tout lefubioâ: * fi eft-ce qu'ils ne font point J^^J'^^p^J! 
de la dcfinijion : comme nous auons dit que les lettres 3: fyllabes rlc font foy. 
point p^r foy des Catégories ny de Ifinonciïttion , ores quelles feyeint.dc S 
toute Catégorie & Enonc^tion^ Pareillement fi on demande pdurquoj . pf^v^t^in 
nous auons obmis les cinq voix de Porphyre en ceftc première partie- cic r/iy >«V.; Je 
l'Organe lefquellesonaaccQuilut^édemectre toutaucommence^ne ^^2Smift$ 

PP * cêft, ^ 



Digitizect^y 



3àd PRfeMI^ll LiVJftÈ DES 

ceft dkutant cjuencores quelles foyenc de tdute Gàtcgôric & Èr.cnciation» 
fieft-cç quellçshe (om point fétrfoy des Cacegories,riy des Enoncintions, 
hy du lyllogifinc analytique. Gar. tant les Enonciâtiôns queles lyllogi- 
fines analytiques fom définis fans faire tnchtion dèfdites cinqvoix: mais 
cil làdialeûique { qUicftla féconde fartie deTOrgahe ) fcrdi^res cinqvoix 
foht nôh&uietnçnc Jeroutf,tù3iïssiixu\ f^rfiy desenoticiatiôns ôciyilogi- 
fthesdialeâiques j & ehtrehtenlâconftirutipn defdite^Enonciacionsfic 
lyllôgifînes: comiiie quand ôn dit. Que des contraires , lesgetéfts , lesff^rie- 
. tés, les Jefmims , les d^erences j les acàdeHtsfeht cpnttdires : cela ne fc peut en- 
tendre qubn ne fçache que ccft que genre , differehce, profre^ & dcfini- 
tipn, DonCjpoUr reueniràtîOftre propos , fi eti quelque difcOursdc- 
hibnftratif quëlcun vôuloit vler dune prôpdfitich, en laquelle le Confc- 
qùcntdu Subieâ: quil J)rc»droitpour îônaferinetnetoyeh , fer oit de tout 
le Subieâ, & ne fcroitpoint/'^ryç)' , on luy dirOitque fon argutnent ne 
ferctitadnaifEbleîcpiniiie,pbUr cxcinplej silàrgoinentôit en ccflc for- 

71>ut ce qui eeh^pAsé de lenres oU 0ahs cft \>rây oU faux, 
^Toutes enenaatipns cïr jyllogi^es jontcomfcsés die lettres jytlabeSé D onc 
; Toutes emnciaticm ^ ^hgtfmts fini "^ifr^s mfduxi ■ 

li NE faudrôit,dy^ic,rcccuôii;ViiteIarguineiît|5C)urdctnonftration, 
,J)purcè qiièlès lettres & fyllabfcs hè (otit point/*rj^ de cesfubicâs,£»ff»- 
àoiim & SyUogifme.: tnais |>ar, accident feulemchc , ores qùelies ibyentde 
,%Q\3S les 3ubieâ;$. Que curolis bous donc dbh tes de Rapfôdeurs qui di- 
fènc tout fur toutes chofcs,'& font Venir tout te qUils fçaiient à f)rôpos? 
le crpy qu'on iielelir fera |)oint d'iniiue rdc dire qu'ils nelçaucntpas bien 
les reigles de lideinonflrationt 
teauièftêpfiJ- A LA lècondehianierc de Ce qùi cft/^-f^yp^i Tôus oppoftrônslésa 
se ét U jectndé Çidénts qtïi font t^llctnent attiAucs à Icuis iubieâs , quils peuiicnteftrd 
*w^/<«îfr par jj^i^ faj^g eyjf . comme qui dlroitj Tourcorkettu ejlmir: combien que ce-» 
la loit tresvray,tant y a que ccÛ Attribue îv^Wr^ncllpoint^-^/y^ de ce Sub-* 
ieft Corheau , potyce qu'il peut eftre défini & entctidu Lîns icèluy. Pareil- 
lement qui dirtiit zMxyToutegueirye ciùileej}fermaekfe^cc!t vne J)rQp<)fition 
abfoluëjtiiais elle iitlf pas iieccflTàirejdautant ijbe tt&.Aitnhiicj'erfficieitfei 
peut cftre enteiîdu ôç défini fatis ce Subieft , à fçaUôir fahsfàirc tnentioa 
de U guerre ùùile, Aihfi ctficfiopolniojI^Xelipmihrelhexhè efi\^rdye,^ 
pas f arfiyjikm^iï^ qUe ceft Attribue yr^ peut eftre défini (ans faire tnen-' 
jcion de la religibix cntèftienhcxat tout ce qui dl vrày h'eft pas lâ religion 
chrcftiennc. Si djûficlcs propbfitions abfoliicS iie fontpaâ reccuàbles 
en demonftratioiix.les.'contingchtcs le feront beàbc oup ihoins^ fic ihôiiis 
encore ce ^ eft ÈxtrauagantiX>U licentieux , ôU.hyperbolique , du iidi-> 
. çulc, DÛ téméraire; . 
ce^u'te/êppé^ - À LA troificmc manière <le et qui c&pàr^ fay j hôus ôppô^crons ici 
m^rft'^pif f"Wâs caduques, & qui ne font pas fermes, & nt peuuenc pas foùftenir 
(6y, f ic porjtér vn edifiçe dernoiiftratiÇ c<>rtitne ncSi^s âuons dit qu c là religion 
de Mabpmet ne p6u£ rien valoir,p6urce que U i^ndeihent iien Vàût rienf 



Digitized by VjOO^ 



\ carcefubiédincpéuffouftenircequelbnaivouluéd^ 

la iuftificacion , fàtidlificadon i vie éternelle , & foiiiferain bien de Thom- 

! me. Autant en efl-^il de tdus -ceux qui hiétccnrvn autre fondemenc que 
lefus Chrill Dieu bénit ecerriellemerît; Ainfi en Mathématique ceux qui 

Eenfcnt qucle lubiedl" foit quelque chdfe cdrportfUe & palpable, comme 
is triangles ou quarrés quils voyént àroéil,il cïl certain qu'ils sabufcnt 
au fondement : car ces cno(èsien(ibles foncVâ^duquesôc ptërifTabl^^^^ 
le fubieâ des Mathématiques eft vaiuerièi & (eparef d^ cofuté matière^ & 

!>arconfequent éternel & neccf&ireJt^m lés fiibiéâsd^laMetamdrpho- 
è d'Ouide , &c de toutes les fiâipns poétiques , les liurès d'Amadis i Ri-- - 
bêlais > & touls tels iàtras,(bnt oppple& aux mbieâs necéflàires &t f^rfoy cri 
ccfte troifiemenunicrtf. 

A tA quatriemé manière de ce qui éfl:^.<</- yi)r nous qppofonstdus cê^Hiefitpfi- 
! .accidents qui font attribués au Subiect qualifié par vneliniitacion qui """^ 
I nappOrte aucune iieceliite de liailon entre i Attribue & Ion Subiéct,cdm-- pacfo^ 
meli on àxt^n tel fe fourméndnt eriyn tel lieu il a tonnéyVtic tellé attribuCiori 
(èroic accidentelle* ôc non pôirîÊ^<ïr/ojy;.car cefte coiidition neliérAttri- 
I bué au éc le Subieft par aucune necdlicé. Donc coutcsces attributions, 
Icfquelles font oppolces à ce qui cAfar y^,doyuentcftre bannies de tou- 
tes îciencés. Et ii quelcun en y(c en Théologie, nods dirons incontinent 
quïl nefcrit pas en Theologien:fi ccft éii Matheriiàtiquejnbus dirons quil 
lied point Mathernaticicn : & ainfi ci autres {ciences. Et par ce moyen 
oblêruant fbingneufément cefté £:conde reiglé , nous parlerons 6c ejcri- 
irons toufiours nccclTaircmcntj 

£)e U reigle de [uHice ou ÈgaîementjyappeiieeVnmçxlth 

CH.AP. VII- " : 

Ësf É troifîemerdgfeeft vneloydéiuftice&cfequité^ 
elfc veut ^ûc tous les termes du diîcours foyent tellement 
prdpdrtidtincsl'uriàrautrc,que Ri?! né foit point de plus 
grande eftéridué ny plus gênerai que Ikuéré i a fin <Jue cha- 
cunàyccc qulluy appartient, ôcnônpas dauantige,!* Attri- 
bué éftânt égalé au Subiedt , IcSubiédàrAttribué^ôcIeSubied&irAttri- 
buc au principe. Ce neft dôné pas âifez; de traid:er toutes chofes-parboh 
ordre , &: que toutes les parties du difcours foyent liééîipar vne néceflité 
immuable: niais qui pllis éfi: il faut (Juc chaqué Attribue ayt fon Subieifh 
pro|)artidnnéôie^lc: bt qUe chaque conclufioh foit auffi proportion- * 
nce éc egalce a fon prirîçipé. Mais U faut noter que lès deux reigîes de roue . . 
&^^ry3)rdoyuent' précéder telle dy.' C^r les aécidetics qui né font point ' '" ' ^ 
compris fous lefdîces reiglés , ont vhé'naturé fi tnùâble & inCdnfl.inte,' 
quîts lié fèpéuuent égaler à aucun cértaïin fubiecSjt/ Donc quand^l'Attri-' 
bue catîùicntàtôut fon Subied', écne conuiéntàrtullé autre. dïofé quà 
foiî Subiéd jOu quand leprincipé cdntiîent à toutela conclùfîon ^ &;ne 
conuiêt â riuilé autre chofc,nous Aixà'Cii c[uun teV Attribué bu Vit ï!el prin- 
dpc cftv;»fe<'>/?/&i égalé' f car vcïyla cdmmécenlôÉ''scntfenclcn céiï eiv 

PP i àïoiti 




Digitized by 



joz PRÈMIÉR LIVRÉ DÈS 

^ ^ droit:cbmtnc,potir excmple,en Théologie ces Attribués ReJemj^reur^Me-, 
tf^Ls'^sul'. '^''<''«''>-^^''**'jfontvniuerlels, ceftà dire porportionnés à lefus Chrift 
ùUst^^ési vray Dieu & vray homme, pdurce quils conuieunent à tout lefus Ckrift, 
considéré en Tes dôux natures , non pas à fune (èuleménc,comnle ont dit 
quelques hercciquès : ôc ne eonuiennenc à nul autre qui Ie(us Chrift^ En 
Mathématique ceA kttx^xxk^dmirmkan^ei egduxk detéx droits tdymufrjély 
ccft à dire porporciorinc ^ égalé du^triangle : pource quil ^onuienc àtoac 
triangle, & nappai tiencà ric^n quau triangléi le triangle auili lèra appel- 
lé le Subied égalé de ceit Attribué: Doncd quelcun le vouloit attnbuer 
à la^w/'f , il fdroit repris par ccfte rcigle : Car le Subicdfèroit de plus 
grandeeftenduequc l'Attribué, dautant qiùly a plufieurs figuresjlefque'- 
les nontpas trois angles égaux àdeux droits, commele cercle , le quatre» 
■ Ibualcjôcc; Etfi quelcunlc vouloit attribuer à /'/Ji/fi'/f (qui eft vnèefpecc 
de triangle ) il (croit encore repris , dautant que l'Attribué (croit de plus 
grande eftendue que le fubieéticar tout ce qui a trois angles égaux à deux 
droits neft pas Ifoîcele j ôc l'ilofcele ria pas cefte propriété entant quilcfl 
ifofcele , mais entant quil eft triangle; Ccft comme qui àiroxti Tomhom^ 
me 4 mouuefnent : ccft Attribué amirmouuementkx oit de plus grande eften- 
due que ce Subied homme -, dautant qu'il conuicnt à plufieurs autres cho- 
fes qua rhommCÈ. Odnc quand les terme:^ font bien iuftement égalés de 
Réciproques entre euxiils (ont conioinâs par vne ntcéSxik la plus eîlroit- 
té quil eil: poffiblc d'imaginer : car mefmes ce qui eft far fay kra dit eftrc 
par accident au regard de cé dernier degré de neceftué i sll neft égalé de 
proportidn'né (elon cefte reigle. Comme,pour exemplejle jèmimem fera 
dit de l'homme par accidentiôc duoirtrots dnglesegdux à Jeux droits fera dit de 
/*//î/?f/f paraccidentjdautànt que thomme neft pas lepremier Subiedt éga- 
lé du fenùmentimns lanimal: & tifofcete neft pas le premier Subie<ft égale 
de ceft Attribué, duoirtrois dn^es égaux d deux droits^ mais le tridngle : & to^- 
tesfbis,dautantquerhommceft animal, & rifofcelc eft triangle,nous di- 
rons quelc fcntiment efkfdrfoydci'hàmmeiQcgiuSx auoir trois an^es egd%xï 
deux droits tfft fdr foy del i^ojcele. 

C E V X qui n'entendent riertén Ariftore, l'accufent d'auoir efcrii des 
feigles, lesquelles il na (ccu lu^ mcfme prattiquer en efcrits : mais sils 
eullent fceu comme il les faut analyfèr, ôc rechercher le S ubied: & l'Attri- 
bué de chaque traidé,puis examiner le mctoyenpar lequclils (ontcon- 
ioinâs,ils euflfent appris lintelligece de ces diuînes reigles par lulage quils 
\x^i^$ti\ èn eulTent crouué en ceft auteur meime. Et (ans (brtir de noilre Organe^ 
^UpE^Juml ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ dQrihrerfretdàonleSiihk&CkikfEmnad' 
infin ot^a»t. ^^^y T AtCrrbuc cèft vrrfy oùfdux en première confidcration : car iâ prcnii»^ 
rechofêenquoy nousrcmarquons ceft Attribué Vr<çy <ûryî<«x cfeft l'Bnon* 
aation,Et ce Subied eft entieremêt égalé à ccft Attribué. Aux Prieures Ana- 
lytiques le Subied ceft le ^llogipue^^vd^ti^ue XAtmhucccil ^ray oupt^tn 
féconde côdderation. Carapresauoir examiné le vray ouiuux cnl'Enon- 
dation , nous lexaminons au fyllogifme : & ce Subieci; eft du tout pro- 
portionné à ccft Accribué. AuxPoftericures Analytiques le Subied ce^ 

U 



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liiJemj(^Sfrftion ,\'Axttibnc cêft yray fiU:fif¥P'S kf^'*^S ibrre que ,quoy 
que déclament les Momes d*Ariftote , il 2 trefëxadement obferué fes rei- 
gles.:Bn Mathcriiatique auflijiqui pircïïrffa. garde à tous les problèmes ■ 
fie c^oremes tl'Ëuclideviltrouasca-par cduc le Subiëâ ainli prppor- 
tbànéaa^}Attribue::dc manière xjbe ibQ ncp^l2e|^l^tre,fic^^p^^^^ 
moyci^: tobtfis: les . pactks.die la dmonSxaxion VtolR<^'çÉeftr!? reciprcM 
ques,ikiirjKMaiichDâci^i^^ voiâ:]{iArto^6b'htiun cir-* 

culairwon qupy fecongnxjiilJa pcrftadoftjdu difcouri défirtônftratiÊ^^ais • 
c$c&otcs tnatericUes on'j(e crouuE fouuenc bien empelché a crôuuerlc trMuer/sJ>»' 
prciDtîS:5iibkô<gal€:comnK)pour cxempIcylesMcdéç^^ difpatericfbrti 7*' thdin-ieSfs, 
quçUftlcprcmiciiirbieia: delà faculcé quiÉiiclcûngyfçàuoif fi cëft îe 
ccear, oa lGfoyc,)OU les veines, pourcc que toutes ces p«wties aydent à la 
gencràtion-du lang.,' Âiniî les Phyficiens difputentdu preiilicr fubiccV 
dû- chaud , du. froidjAc de ptuficurs autres chbîês : car à caufe de la confu-' 
fiou dcs.accidetKs,qui fonr meflés es chofès matericllesjla congnoitrancô 
de rfaonameell tellemciic embrouillée , quil n'y a rien de plus difficile en 
quelque fciencc que ce foit, que rechercher ce qui eft le premier Subiedl 
de chaque Attribué. Mais les prccepcey Analytiques n0us conduironCaU 
plus prcs de la vericc,autant que le iubied de la fciencc le pourra permet- Jlnefunt^M 
tre:car la vérité eft qu'on ne pcut^as traiftcr la médecine auéc telle certi-^ 'mejmTcerticl'^ 
tudc que les Mathemat;qaes>quiionc exepces de toute mâtiere, &par dor^ •» «r^/Sf/ 
fèquenc de toute incertitude. £t iàut ^fucirceftâ dilbreciosl de (è-côtéhtc£ ^HofSà * 
en chaque fcience diine ncceffîcé & certitude côaetiable à ion {tîbie^lOr 
pour recenir plus idfèmenc lufage de ccfte diuine reigle i & laquelle noxii 
garentira d'infinies erreurs en Ibbferuanc en toutes inaEieres fubiectès à 
demonilration^ il fera bon de (ç&uair cpmmé' Ariftote! la defcrit. Car it 
eft mcrueilleulcment bref, & comprend en deux ou trois mots tburcë 
qui en a efté die. LlZJmterfdyAiZ'Ai ctficei^mtfi de rout,far jiy , ^ entam ejtlil 
- ejl ce ^titl ffi^ Nous entendons défia ces mots, Jè tout & farfey^SiL cbft ce que 
nous auons dit cy deuant que les deux précédentes rcigles doyuent ellr0 
ioin<£les aucc celle cy,mrf»/^«//^r^ ^«//f^, ceft à dire que l'Attribué ap-^ 
parcicn ne proprement & premièrement au Subiedt : car, pour exemple, 
le femimem ncii pas vw^n^/aThommc, dautant qui! ne luy appartient paà 
prcmicrement , ccft à-dire , entant <juïl eft homme : Mais il eft yHitierfel de 
propomonnc à lànimal ,cariHuy conuient premièrement, cèft à dirCj 
entant quîl eft animal, fi: ne peut cftre attribue i chofe queltonque,queU 
le nç foït Animal lèftime auoir fuffiiàmment expliqué tu(àge de ces troià 
reigles de la demonffaration;» lequel eft finecefliàire à quiconque veut ma- 
nier les Icicncesauccproffit , que quand Ariftotetûtoroitiàià: autre cho- 
fkeaÛL vie que.nousidoner ces trois petits tnots,potir trouner quafi en vn 
dind'œillbrdreynecdfitéinnnuable, 8c égalité exaâenleut proportion-^ 
ne^e quil faut obierner eh tous difcoars Apojjiâiques ^fonnoHi même 
délire immortel à iamais entre tous les amateurs d<e feience fi£ de vérité* 

^eireû.erreHrs^HL» il fi fafêf garder p<ntr fi bienayder de la 

reigh 



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Prtmtner- 
ftur. 



304 PREMIER L IV RI DE 

V T ^-N T que lïilâgc do la (ufiiite. reiglo eft neceflàire poiu 
demonArer parâiâçncBC » aixtam dl^il aiic de {c-crofnpeé 
à la bien:pratû<)uèr : î^t neananoihsC nous 3^£uUons,n(n«s 
ne fijâurions Y^nir iboHt défaire vjic bonnc^demonfttâ^ 
ck>n j;definition,ny diuilion* Cxril eftimpoffifalcdcxpo- 
fer diftindcmeiu les djafinitiQSjdes Suhicdsôi Attribues propres eitqucl- 
que.fcience que ce foie , qu'au ;preaUabl6on! ne les ayt dcmonftrcs : com- 
me Ariftocc enfeigné dclesdBtnonftrcr en ce bure , à fçauoii: en égalant 
trcsiuftementles Accribués propres'^auec leurs Subiedls par cette reiglc 
de légalement. Ec quantà la diuifion , il eft impoffiblcdc la iàire exaâe- 
mcncqubn ne fçachc file Subicdt ell vnique, ou aly adeux Subicdls di- 
ucrs,qiai ne ioyencpoinccompds'fousaucû genre, oubiensUy avn Sub- 
ied gênerai qui comprenne lous foy les Subicds particuliers. Ce qui ne 
fe.pcut auili congnoittre quep^r le moyen de cette mefine reigle. Donc, 
à tin que nous nous en puiillons dextremem aider, tant enladenionftra;- 
tion, quen la définition, diuifion ^ noftre philofophe nous aduertit de 
trois erreurs > lefquels nous feroyent fouruoycr en la recherche de noâre 
premier Subiccl égalé. Le premicrt^ quand on eftirae qiul y ayt quel- 
que Subieâ vniuerfel outre ôc par detTus le Subièdt ou les Subieéts fin- 
giliers. Le fécond erreur cêlt quand plu/leurs Subieâs finguliers font 
çpmprisfous vn Subieâ voineciel : mais daucantque ceSubiect vniuerfel 
xû point de nom , onfè pqrfuadequcchacùci deidits Subieâs' iinguliers 
foicSubieâ: premier. Le troificmc enreiir ccft quand au lieu du Subied 
yniucrfel on n'en prend qu'une efpece. Quiconque sachoppcra en lun de 
ceS;trois erreurs , il ne viendra iàmaisà bout de fiiirc les termes de fadc- 
monftration réciproques , ny de bien définir, ny diuifer. Il les faut donc 
expofer plus amplement, ôc donner exemple de chacimàpart. Le pre- 
mier meurjdifions nous> ceft quand on chcrchevn Subied vniucriel où 
il ny en a point : comme, pour exemple, il y avn Icul premier Subied de 
la fource du mouuemenc, & du fenciment, à f^auoir le cerueau. Si donc 
on cherchoitvn autre Subieâ par detTus ceftuy cy, ou bicnGjubnvouluft 
dire que le cerueau, qui eft vn Subieâfoiitaire 6c indiuiduyfc pcuft diui- 
fer enplufîeurs e(peces de cerueaux , celeroit tomber aa.preinier erreur 
que reprend icy Ariftote : comme aufli, qui Youdtûit comprendre deux 
ou pbifiears Subieâs folitaires, & qiii nom point de doârine commune 
fous yn genre comniun > comme font ceux quicuident ^ue l'Analytique 
ÔclaTopique foyenç comprifès fous quelque genre quils feignent elhe 
lepremier Subiet^i: vniuerlel de la Logique » & làdeflustls confondent 
Tinuention Analytique auec tinucotion Topique, & leiugemèht Analy- 
tique auecle iugçnjcnt Tôpiqae:Et de là vient quils ne peuaent définir la 
logique bien à propos , ôc nioins encores bien dillinguerle^ diucrslub- 
icds de chaque liure , & leur attribuer ce qui leur appartient proprement 
& premièrement. Car les deux Subieâs déTAnalytique ^é delà Topi- 
que 



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POSTER. ANALyXlQVES/ 

que font Subiedis premiers , 6c nen fiuc point chercher daucre au deffus* 
Ainfi en Euclide il y a deux diuers Subiedts du tout fèparcs , à fçauoir la 
magùmde & le nombre : & ne faut pointchercher de Subiedt vniuerfel.fous 
lequel ces deux Subicâs finguliers foyent copris» Et sil y cuft eu vn Sub- 
icdvniuerlèl, Euclide en cuft parle, ôc des attributions générales propres 
audit Subieâ,deuât que de traiâer defciits Subieâs (Inguliers^ôc de leurs . 
affefHons. Ainfi en la lunfprudence il y a trois Subieâs du tout diuers, à 
fçauoir les ferÇonnes , Us chefes , &■ les afHons : : & (croit sabufer de les vou- 
loir comprendre fous vn Subiedt gênerai. Il y a des dichotomiftcs* 
qui commettent des fautes les plus impertinentes du monde en toutes 
kiences , à faute de le donner garde de ceft erreur : car pour trouuer par 
tout leur dichotomie, ils forgent des Subieds yniuerfels où il n'y a quun 
Subied fingulier, ou plufieurs Subieds finguliers qui neic peuuent ny: 
doyuent comprendre fous aucun Subie6tvniuerfeK 

Le SECOND erreur ccll tout le rebours du précèdent: Car parle sectnderreuri 
premier on cherche vn Subiect premier & vniuericl où il ny en a point: 
&par ccfluy-cy on penft qu'il n'y en a point pu il yen a , cncores que ce 
Subieû vniucrlèl riaye^oint de: nom : de force qu'à faute de le congnoi- 
ftrcron égale TAttrihue^qui appartient au Subiedt vniuerfel,auec lesSub- 
icds particuliers : comii>e faifoyentles anciens, lcfquels,ainfi que dit Ari^ L4fr$^^reiêt^ 
^ ftote en ccft .endroit , demonttroyent la proportion alternatiue ou com- a'm^!7nde*l 
muecparticulicrcment , àfçauoir des nombres à part,ôc .des lignes à part, fniefarEucii^ 
&des,tempsàpart,aulieuqujelle (c deuoicdemonllrcrvniucrfellement fi^nJl^fuwi 
de tous leiqits Subieâs par vne mefme dempdiftracion:ôc de]fàiâ Arifto- defet Elemers^ 
te dit que de fon temps on la demonftroic vniuerfellement. Or les eents 
dottes , qui ont bien manie Anltote par çy; oeuant , le lont trouues cm- // teUe rxifin 
pefchcs à deuincr ce qoAriftote vouloir dire en <^eft endroiticar il eft cer- f'j'^ " ^ ^ 
tain quïl ny a point de Subied vniuerfel, auquel on puiffe rapporter les tlUufidl'c^À 
nombres, les magnitudes,les temps,& les cofp^ folidcs,commc pluficurs n-'crf^rtattrl 
elpeces fè rapportent à vn mefme genrermais Monfieur Aubri prend icy 
ce mot de JemonBrervniuerplIe^ent y non pas dun Subie(3: gênerai com* Uaufi êfi eîU 

Fenant tous ceux cv , mais diin Subieâ: compose de quelques vns 
de ces Subiects ynis-enlcmble., Ariftoce donc veut dire que la Tropornon ^«r, 
commuée nefèdemonllre pas feulement, desnombres ipart s ôcdes cemps 
àparc , & des folidesà pai^t: mais elle fc dienîonftre de tous ces S>ubie6t$, . 
ou'de quelques vns d'iceux.yn:^ enfcmbld.VGOfljme des. nombres & des 
magnitudes vniçs enfemble en Siubiedï j^ri'çoresque ce Subic6fe com- 
posé rvayt point de noraj^&ccfte demof|ftr;^|iQn sappclleravniucrfellc. 
Item celle mefine proporuçniè demonlîréra des nombres & des temps 
vnis cnfcn^blccn yn SubieiJ^^çpmmc ils_ s^piJÎènC en la Mufique , ) & ce 
Subiedt^appelUra aufli vniucr'frl,au regard de çhacû de ces Subiedts pris 
àpart. Donc qui pcnfacoitque chAci^n defdits Subic^s particuliers fuft 
premier Subieâ de laproportio commocf^ ^ quelle ne fe.peufl: demon- 
ftrcr diin Subie6t vniuerjÊycéft a dire cojnposédetoas ces SubietSts , ou 
de quelques vns d'iceijx vnis cofemble, jl ^Jibpfcroit, toipberoit en 1er* 

■ * Q£L- «ut 



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30^ PREMIER LIVRE DES 

reuF que reprend icy Ariftoce. Et pour bien prattiqucr la doftrine de ce 
£fifim p^^^gç ^ jj £^^^ garder de confondre les Attribués qui fe demonftrcnt 
de chacun Subiedl à part,ôc Ce dcmonftrenc auffi dun Subiedl compose 
de plufieurs Subieds particuliers vnis enfembleen yn Subied: Il &ut,dy 
ie,(ë garder de confondre tels Attribués auecceux qui fc demonftrcnt tel- 
lement du S ubied compofé,quela caufè en rcfide feulement en lune des 
parties duditSubicâ: composé :comme,pour exemple, fi ic dy que/fji» 
(^lyrifl 2>Uu homme éi répandu fin fang four fin egUfi; ceft Attribuera fçauoir 
teffujîon Jufitn^sViz conuiet pas egalemenc aux deux natures de lefus Cfarifl 
confi derees a part» d'autant que la caufè de ceft Attribué refide feulement 
en la nature humaine > Ôc neft dit de la perfbnne de noftre Seigneur lefiis 
Chrift dénommée par la nature diuine,que par communion de proprie- 
tés. Mais fi ie dy que lefiis Chrifl T>ieu ^ homme eJlMediareur, ceft Attribué 
fe demonftrera de lune & de lâutre nature également , ceft à dire quela 
caufe par laquelle lefus Chrift eft médiateur , refide non feulement enla 
nature diuine, mais aufli en la nature humaine , combien que ce foiten 
diuersefgafd:& pourtant il faut diftinguer fbingneufement ceft Attri- 
bué dauec ceux qui font attribués par la communion des propriétés, def- 
qucls nous auon< parlé en la fécondé manière de farfiy.Yay pris ces exem- 
ples de Théologie ,pour déclarer plus fiimilieremcnt ce paflage , qui cil 
des plus diiSciles. Donc,pourreuenir à noftre propos,quand Ta propor- 
tion commuée Ce dcmonfbe ^un Subied composé de nombres 5c ma- 
gnitudes, ou de nombres & tcmpsj Ariftote veut dire que la cauiè de ^- 
tribùdon né refide pas feulement en lUn des Subieds, mais en vn chacun 
d*iceux pardc(iliercment auffi vniaerfètlcment au Subied compose. 
rn'iHerfet mh Voyla quant à Itiniucrfel qui eft composé de plufieurs parties. Mais il ya 
^m! ^ ^^"^ vn autre vniuerfcl, qui neft pas compose, ains eft comme vngcnrc com- 
prenant fous fby plufieurs efpcccs , lequel na point de nom , & neant- 
moins eft tel,qubn tiepcut demônftrer TAttribuc fins ledit Subied vni- 
uerfel , qui na point de nom , dautant que ledit Attribué requiert dcftre 
égalé à vn Subied de pareille eftendue que luy. Pour exemple,fi vn Phy- 
ficien veut demônftrer pourquoy les heufs^ les mourons y ^ les cheures , ^ 
lescerfi nontpas des dents en routes les deux mâchoires : puis qui! void que ceft 
Atinhxxé 'imuoirfds de dents en toutes Us deux mafihoires , conuient à tous ces 
animaux,illc doit demônftrer par vne raifori comune à tous , & mefmes 
déclarer en quelque façon qiul prend fon Subied vniuerlcllenicnt,& qiul 
nattribue pas cela aux beuÉ entant qmls fi^nt beufs , ny aux cheures en- 
tant quelles font cheures : mais quîl Èittribue aux vns & aux autres,pour- 
ce quelles ont quelque chofc oc commun: comme en difànt , Toutes 
heShs à corne, Ainfi ceft Attribué,r/^f rr^^^/m^eonuient à lair^à Icau , au 
fi:u, au verre, & à plufieurs autres chofes.Dônc qui voudroit demonffa'er 
ceft attribué ou de lair, ou de Ibàu > ou dii fêû, où du verre en particulier, 
il fè tromperoit en Tegalement de fès termes » dautànt que Tair neft point 
tranfparent enunt qu'il eft ait ,'hy l'eau entant quelle eft eau , mais il faut 
chercher vne nature commuitejà tous ces Subieds particuliers , laquelle 
- y foit 



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POSTËR. ANAI^YTiqyES. jo; 

foitla c^ufèôc le principe de celle quàlicéj e^retran^aftHC: Se combien 
<Juc ceft